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Addis Abeba merci aux lecteurs commentateurs
Onirien Confirmé
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10/06 07:48:20
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Bonjour,
À vous tous, merci pour vos premiers commentaires et pour vos précieux retours.
Voici quelques clefs pour mieux comprendre certaines métaphores, bien que le but, comme certains l'ont compris, c'est de créer chez le lecteur des sensations plutôt que de lui transmettre une vision du monde qui, au fond, ne resterait que très personnelle. Mon Addis Abeba, n'est donc pas Addis Abeba, mais un aspect de cette ville tentaculaire.
Même si on se décrit toujours lorsque l'on écrit (c'est amusant de réaliser que lorsque l'on dé- écrit, on défait l'écrit) ce qui m'intéresse est justement la distance de l'auteur avec une réalité qu'il arrive à transcender, seul moyen de pouvoir échapper au tsunami émotionnel que généreraient certaines situations.
Avec toute ma gratitude.
Krish


Je me souviens de ces montagnes qui entourent "La fleur nouvelle". Enfant, les silhouettes des montagnes sur les plateaux de Castille me faisaient penser à des géants dormant sur le dos à la manière des gisants. En écoutant attentivement, j'aurais presque pu les entendre ronfler.
Je me souviens de l'odeur de lait caillé, de racines fermentées et d'urine qui flottait dans les brumes des fumées d'eucalyptus qui accompagnaient mes marches matinales jusqu'à mon lieu de travail.
Je me souviens des matinées d'hiver où la pollution masquait la mairie, en haut de l'Avenue Churchill souvent embouteillée par des véhicules crachant des fumées noires et épaisses.
À mi-chemin, au pied de la statue du Roi Ménélik, je me souviens des jeunes soldats estropiés au cours des combats contre l’Érythrée. Ils mendiaient la journée tout autour du rond-point et, la nuit venue, ils cédaient la place aux enfants de rues qui se regroupaient pour y passer la nuit, la tête contre le piédestal et les pieds vers la chaussée. Comme un soleil et ses rayons. Les plus chanceux (ou dominants) se couvaient avec les emballages en plastique de matelas et d'électroménagers.
À la saison des pluies, je me souviens de la camionnette municipale qui passait à l'aube pour y ramasser les éventuels cadavres.
Je me souviens de ces femmes en haillons, un enfant sur le dos et l'autre dressé à poursuivre les passants et à apitoyer les conducteurs aux feux rouges.
Je me souviens de ces jeunes femmes parcourant 25 kilomètres par jour, pour transporter sur leur dos deux fagots de bois que je soulevais avec peine lorsque je les aidais à charger.
Je me souviens de Rosalie, prostituée, qui travaillait pour des clients nationaux avec son frère serveur et sa mère cuisinière, dans une des boîtes de nuit populaires.
Je me souviens et je remercie la vie de m'avoir permis de partager des bribes d'un quotidien avec tous ces gens qui ont contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui.



Contribution du : 06/11 01:12:08
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