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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie du Monde Entier
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Alejandra Pizarnik
Poète argentine, née près de Buenos Aires le 29 avril 1936, à Avellaneda.


« Alejandra Pizarnik fut un grand silence mis en mots. A peine un moineau aux ailes de condor : poète immense » (Cristina Castello).


La découvrir ici > Esprits Nomades

_________


LA CARENCE

« Je ne connais pas les oiseaux,
je ne connais pas l’histoire du feu.
Mais je crois que ma solitude devrait avoir des ailes. »


LA CARENCIA

« Yo no sé de pájaros,
no conozco la historia del fuego.
Pero creo que mi soledad debería tener alas. »

_________

FIESTA

He desplegado mi orfandad
sobre la mesa, como un mapa.
Dibujé el itinerario
hacia mi lugar al viento.
Los que llegan no me encuentran.
Los que espero no existen.

Y he bebido licores furiosos
para transmutar los rostros
n un ángel, en vasos vacíos.

Alejandra Pizarnik, Los trabajos y las noches, Editorial Sudamericana, Buenos Aires, 1965, pág. 106.




FÊTE

J’ai déployé mon état d’orpheline
sur la table, comme une carte.
J’ai dessiné l’itinéraire
vers mon pays au vent.
Ceux qui arrivent ne me trouvent pas.
Ceux que j’attends n’existent pas.

Et j’ai bu des liqueurs furieuses
pour transmuer les visages
en un ange, en verres vides.

Alejandra Pizarnik, Les Travaux et les Nuits, Ypsilon Éditeur, 2013, page 46. Postface d’Olga Orozco. Traduction de Jacques Ancet.

_________


LA LUZ CAÍDA DE LA NOCHE

« vierte esfinge
tu llanto en mi delirio
crece con flores en mi espera
porque la salvación celebra
el manar de la nada

vierte esfinge
la paz de tus cabellos de piedra
en mi sangre rabiosa

yo no entiendo la música
del ultimo abismo
yo no sé del sermón
del brazo de hiedra
pero quiero ser el pájaro enamorado
que arrastra a las muchachas
ebrias de misterio
quiero al pájaro sabio en amor
el único libre »



LA LUMIÈRE TOMBÉE DE LA NUIT

« verse sphinge
tes larmes dans mon délire
pousse avec des fleurs dans mon attente
parce que le salut célèbre
le jaillissement du néant

verse sphinge
la paix de tes cheveux de pierre
dans mon sang enragé

je ne comprends pas la musique
de l’ultime abîme
je ne sais pas le sermon
du bras du lierre
mais je veux appartenir à l’oiseau amoureux
qui traîne les filles
ivres de mystère
je veux l’oiseau savant en amour
le seul qui est libre »

Alejandra Pizarnik, Les Aventures perdues [Las aventuras perdidas, 1958], Œuvre poétique, Actes Sud, Collection « Le cabinet de lecture » d’Alberto Manguel, 2005, page 56. Traduit de l’espagnol (Argentine) par Silvia Baron Supervielle.

Contribution du : 06/12/2016 09:51
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie du Monde Entier
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Poème de Barbara Köhler



Meubles


Quitter toute sécurité,
les phrases utilisées, taire
le dit jusqu’à ce qu’il aille,
jusqu’à ce qu’il aille aux choses,
qui se dressent immobiles dans la pièce :
la table
les deux chaises
le lit.
Sortir, fermer la porte, laisser
les choses pour elles,
pour toi.

Tout ainsi se transforme,
et vient le temps :
nous nous rencontrons
dans l’autre, une autre fois
la porte s’ouvre comme ça,
assis sur les chaises, attablés,
assis sur le lit, nous rêvons
encore une fois au retour du bois
dans les forêts.

***

Möbel


Alles Verläßliche verlassen,
die benutzten Sätze, das Besagte
verschweigen bis es geht,
bis zu den Dingen geht,
die im Raum stehen unbewegt :
der Tisch
die zwei Stühle
das Bett.
Hinaus gehen, die Tür schließen, die Dinge
stehen lassen für sich,
dir zu.

So wird alles anders
so wird es Zeit :
wir begegnen im Anderen
einander, ein andermal
öffnet sich so die Tür,
wir sitzen auf den Stühlen, am Tisch,
auf dem Bett träumen wir
noch einmal das Holz zurück
in die Wälder.

Contribution du : 11/12/2016 15:18
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie du Monde Entier
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L'expressionnisme Allemand regorge de joyaux, telle que la poésie sensationnelle et sombre de Gottfried Benn. Voici un extrait du très controversé recueil "Morgue" de 1912.


SCHÖNE JUGEND

Der Mund eines Mädchens, das lange im Schilf gelegen hatte
sah so angeknabbert aus.
Als man die Brust aufbrach
war die Speiseröhre so löcherig.
Schließlich, in einer Laube unter dem Zwerchfell
fand man ein Nest von jungen Ratten.
Ein kleines Schwesterchen lag tot.
Die anderen lebten von Leber und Niere,
tranken das kalte Blut und hatten
hier eine schöne Jugend verlebt.
Und schön und schnell kam auch ihr Tod:
Man warf sie allesamt ins Wasser.
Ach, wie die kleinen Schnauzen quietschen !

Gottfried Benn, Morgue und andere Gedichte, Berlin, 1912.


BELLE JEUNESSE

La bouche de la jeune fille qu’on trouva dans les joncs,
Avait l’air tellement rongée :
Lorsqu’on ouvrit la poitrine, l’œsophage était tout troué.
Dans une tonnelle, sous la rate,
On découvrit un nid plein de jeunes rats.
Une petite sœur était morte.
Les autres se nourrissaient du foie et des reins,
Buvaient le sang froid et passaient là
Une belle jeunesse.
Leur mort aussi fut belle et rapide :
On les jeta tous ensemble à l’eau.
Oh comme leurs petites gueules criaient !

Gottfried Benn, in Le phare de Neuilly, revue n°2, 1933. Poème extrait du Cycle « Morgue » (Morgue und andere Gedichte, Berlin, 1912). Traduit de l’allemand par Yvan Goll.

Contribution du : 11/12/2016 17:07
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie du Monde Entier
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À l'horizon


Ce qu'est le temps / Je le mesure à toi
À ta chevelure / que tu coupes
Au regard / qui s'éloigne de moi
et lorsque tu cesses de pleurer

Lorsque tu reviens
lorsque j'entends tes pas
(montant déjà l'escalier)
et la clef qui tourne / dans la serrure

Et quand tu refuseras
d'être ma mesure / le verre
sur lequel se dépose mon souffle


Am Horizont


Was Zeit ist / messe ich an dir
An deinem Haar / das du schneidest
Am Blick / der von mir geht
Und wann du aufhörst zu weinen
 
Wann du wiederkommst
wenn ich deine Schritte hör
(schon die Treppe herauf)
und das Drehen des Schlüssels / in der Tür
 

Und wann du dich weigern wirst
mein Maß zu sein / das Glas
an das sich mein Atem legt
 
 
Sepp Mall, in Landschaft mit Tieren unter Sträuchern hingeduckt, 1998, Innsbruck.

Contribution du : 14/12/2016 21:45
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie du Monde Entier
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Déclin

à Karl Borromaeus Heinrich

Au-dessus de l’étang blanc
Les oiseaux sauvages se sont enfuis.
Dans le soir souffle de nos étoiles une brise glaciale.
Au-dessus de nos tombes
S’incline la face brisée de la nuit.
Sous les chênes nous balançons dans une barque
d’argent.
Toujours tintent les murs blancs de la ville.
Sous des arcs de ronces
Ô mon frère nous grimpons guides aveugles vers
minuit.

Georg Trakl


Untergang

An Karl Borromaeus Heinrich

Über den weißen Weiher
Sind die wilden Vögel fortgezogen.
Am Abend weht von unseren Sternen ein
eisiger Wind.
Über unsere Gräber
Beugt sich die zerbrochene Stirne der Nacht.
Unter Eichen schaukeln wir auf einem
silbernen Kahn.
Immer klingen die weißen Mauern der Stadt.
Unter Dornenbogen
O mein Bruder klimmen wir blinde Zeiger
gen Mitternacht.

Georg Trakl

Contribution du : 21/12/2016 12:07
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie du Monde Entier
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Balzac - Raymond Carver


I think of Balzac in his nightcap after
thirty hours at his writing desk,
mist rising from his face,
the gown clinging
to his hairy thighs as
he scratches himself, lingers
at the open window.
Outside, on the boulevards,
the plump white hands of the creditors
stroke moustaches and cravats,
young ladies dream of Chateaubriand
and promenade with the young men, while
empty carriages rattle by, smelling
of axle-grease and leather.
Like a huge draught horse, Balzac
yawns, snorts, lumbers
to the watercloset
and, flinging open his gown,
trains a great stream of piss into the
early nineteenth century
chamberpot. The lace curtain catches
the breeze. Wait! One last scene
before sleep. His brain sizzles as
he goes back to his desk—the pen,
the pot of ink, the strewn pages.



Balzac - Raymond Carver


Je pense à Balzac en bonnet de nuit après
trente heures à sa table de travail,
la trogne fumante,
la chemise collée
à ses cuisses velues tandis qu'il
se gratte, s'attarde
devant la fenêtre ouverte.
Dehors, sur les boulevards,
les mains blanches et grasses des créanciers
caressent moustaches et lavallières,
de jeunes dames rêvent à Chateaubriand
et se promènent au bras des jeunes hommes, pendant
que des fiacres vides, passent en cahotant, puant
le cuir et la graisse d'essieu.
Tel un énorme percheron, Balzac
bâille, s'ébroue, marche d'un pas lourd
jusqu'aux cabinets
et, écartant les pans de sa robe de chambre,
dirige un jet de pisse majestueux sur le
seau de toilette d'époque
romantique. La brise soulève le rideau
en guipure. Attends ! Une dernière scène
avant d'aller dormir. Le cerveau bouillonnant,
il retourne à sa table - La plume,
l'encrier, les feuillets épars.

Contribution du : 21/12/2016 23:20
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie du Monde Entier
Maître des vers sereins
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"so much depends
upon

a red wheel
barrow

glazed with rain
water

beside the white
chickens."



William Carlos Williams, 1883 - 1963

Contribution du : 04/01/2017 01:03
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Un Fleuve
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie du Monde Entier
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Emily Dickinson

Poème sans titre extrait d'un recueil de 40 poèmes : Lettre au monde.

Le ciel - est ce que je ne peux pas atteindre !
La Pomme dans l'arbre -
Pourvu qu'elle pende - vraiment - sans espoir -
Voilà ce qu'est - le ciel - pour moi !

La couleur, sur le nuage en voyage -
Le pays interdit -
Derrière la colline - la maison derrière -
Là - se trouve - le Paradis !

Ses pourpres agaçants - les après-midi -
L' appât - crédule -
Enamouré - du Conjurateur -
Qui nous a repoussés du pied - hier !



"Heaven" - is what i cannot reach !
The Apple on the tree -
Provided it do hopeless - hang -
That - "heaven" is - to me !

The color, on the Cruising Cloud -
The interdicted land -
Behind the Hill - the house behind -
There - Paradise - is found !

Her teasing purples - afternoons -
The credulous - decory -
Enamored - of the Conjuror
That spurned us - yesterday !

Contribution du : 26/12/2017 19:22
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Le léopard ne se déplace pas sans ses tâches (proverbe africain)
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie du Monde Entier
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31/01/2014 22:04
De quelque part entre ciel et terre
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VITA NUOVA

I stood by the unvitageable sea
Till the wet waves drenched face and hair with spray
The long red fires of the dying day
Burned in the west ; the wind piped drearly,
And to the land the clamorous gulls did flee :
« Alas » I cried, my life is full of pain,
And who can garner fruit or golden grain,
From these waste fields which travail ceaselessly!”
My nets gaped wide with many a break and flaw
Nathless I threw them as my final cast
Into the sea and waited for the end
When lo ! A sudden glory ! And I saw
The argent splendor of white limbs ascend,
And in that joy forgot my tortured past.

Oscar WILDE 1881


J’étais debout près de la mer où nul ne vendange,
jusqu’à ce que les vagues humides eussent couvert
de leur écume ma face et mes cheveux ;
les longues flammes rouges du jour mourant
brûlaient à l’occident ; le vent avait un sifflement triste
et les mouettes criardes fuyaient vers la terre :
«Hélas ! m’écriai-je, ma vie est pleine de douleur ;
et qui donc peut faire provision de fruit ou de grain doré
sur ces plaines stériles qui s’agitent incessamment ?»
Mes filets avaient ça et la bien des larges déchirures,
bien des fentes ; néanmoins je les jetai pour tenter ma dernière chance,
dans la mer, et j’attendis la fin.
Quand ! ô surprise ! quelle soudaine gloire ! Et je vis
monter la splendeur argentée d’un corps aux membres blancs,
et cette joie me fit oublier les tourments du passé.

Contribution du : 27/12/2017 08:50
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"Les mots peuvent être "impuissants" et pourtant ils sont tout ce que nous avons pour étayer nos ruines". Joyce Carol Oates
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie du Monde Entier
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Yes ! Je suis contente de lire et découvrir des poésies de poètes.èsses étrangers. Vous faites des choix très beaux.
Gros gros coup de coeur pour le poème de Sylvia Plath (#1). Le genre de poésie que j'adore. Merci Fugu

Contribution du : 27/12/2017 10:14
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Le léopard ne se déplace pas sans ses tâches (proverbe africain)
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