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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie Française
Expert Onirien
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De Rhône Alpes
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L'amour avec des si

Si je tombais à genoux
Devant ton image
Irais-je plus vite à nous
Que par le langage
Deux bras étreignant une ombre
Suffiraient-ils
À tirer d'un regard sombre
Des projectiles

Si les mots pour un moment
Cessaient d'exister
Si tu prenais pour amant
Le plus entêté
Parmi les hommes qui tremblent
Quand tu souris
D'un sourire qui ressemble
À du mépris

Si sous un manteau de neige
Ton cœur est au chaud
Le mien même pris au piège
D'un profond cachot
Montera vers la lumière
Tiré d'en haut
Par une jolie fermière
Comme un seau d'eau

Si le soleil reste encore
À te regarder
Quand se dresse le décor
De la nuit fardée
Entre dans ma chambre et plonge
Au fond du lit
Là les chimères en songe
Se multiplient

Jean-Claude Barbé
1944-2017

Contribution du : 12/07/2019 01:52
_________________
Ecrivez ce que vous désirez écrire, c'est tout ce qui importe, et nul ne peut prévoir si cela importe pendant des siècles ou pendant des jours.
Virginia Woolf- Une chambre à soi- Publié en 1929
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie Française
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Fort connu, mais je le présente ici, tout de même, s'agissant de mon premier coup de coeur pour Mallarmé… J'étais alors étudiante, et si bouleversée par son côté baudelairien…

Apparition

La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
— C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.

Stéphane Mallarmé, Premiers recueils, 1887


Contribution du : 27/09/2019 14:23
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Inspiration ou poésie...
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie Française
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Doute

Tu m'as dit: " Je pense à toi
tout le jour. "
Mais tu penses moins à moi
qu'à l'amour.

Tu m'as dit: " Mes yeux mouillés
qui ne peuvent t'oublier
restent longtemps éveillés
lorsque je me couche. "
Mais ton cœur est moins grisé
qu'amusé.
Tu penses plus au baiser
qu'à la bouche.

Tu ne te tourmentes point.
Tu sais, sans chercher plus loin,
que nos joies sont bien les nôtres...
Mais l'amour est un besoin.
M'aimerais-tu beaucoup moins
si j'étais un autre ?

Paul Géraldy

Contribution du : 28/09/2019 12:54
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie Française
Maître Onirien
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Merci à Luz qui m'a rappelé de faire un petit tour dans la poésie de Buko.
Celui qui suit est un fétiche. Un poème qui te fait éternellement habiter dans la lumière de la création, d'où qu'elle vienne.



l’air et la lumière et l’espace et le temps

« …tu sais, j’avais toujours ou une famille, ou un boulot, un truc
pour m’en
empêcher
mais maintenant
j’ai vendu ma maison, j’ai trouvé cet
appartement, un grand studio faudrait que tu voies l’espace et
la lumière.
pour la première fois de ma vie je vais avoir l’endroit et le
temps pour créer. »
non, mon petit chéri, si tu dois créer
tu créeras même si tu travailles
16 heures par jour dans une mine de charbon
ou
tu créeras dans une petite chambre avec trois enfants
pendant que tu touches
l’aide sociale,
tu créeras la moitié du cerveau et du
corps
explosé,
tu créeras aveugle
estropiés
fou,
tu créeras avec un chat qui te grimpe dans
le dos pendant
que la ville entière vacille sous les tremblements de terre, les bombardements,
les inondations et les incendies.
mon petit chéri, l’air et la lumière et le temps et l’espace
n’ont rien à y voir
et ne créent rien
sauf peut–être une vie plus longue qui te permettra
d’inventer de nouvelles
excuses.


Ch.Bukowski

Contribution du : 25/11/2019 20:37
_________________
Personne n'est Étranger sur Terre.
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie Française
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Haha Hersen, est ce que s'inventer des excuses, ce ne serait pas une forme de création. Ok je sors (m'inventer des excuses)

Contribution du : 25/11/2019 21:31
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie Française
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Plus sérieusement superbe extrait terriblement lucide où l'on reconnaît bien la puissance du maître de la folie ordinaire

Contribution du : 25/11/2019 21:32
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie Française
Maître Onirien
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De banlieue tranquille & terrifiante
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Bukowski... Vous avez raisons, bien trop longtemps que je n'en ai pas lu !
:)

Dictée

La libellule est un mammifère
elle se nourrit d'éponges
et de morceaux de bois
La libellule fait l'amour
sur le toit de la trigonométrie
C'est une amie de l'agriculture
Elle dévore les aigles
les poètes pieux
et tous les objets brillants
Souvent elle se suicide
sans mise en scène
sur l'injecteur d'une comtesse
après une crise de mysticisme
Respectez son nid
protégez ses petits
qui jouent à la banque russe
dans les cafés mal famés de la périphérie



Et c'est d' Achille Chavée .

Contribution du : 04/01 15:10:40
_________________
" C'est en écrivant qu'on devient écrevisse.. "
Hans Arp
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie Française
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Le pardon.

Pour peu que votre image en mon âme renaisse,
Je sens bien que c'est vous que j'aime encor le mieux.
Vous avez désolé l'aube de ma jeunesse,
Je veux pourtant mourir sans oublier vos yeux,

Ni votre voix surtout, sonore et caressante,
Qui pénétrait mon cœur entre toutes les voix,
Et longtemps ma poitrine en restait frémissante
Comme un luth solitaire encore ému des doigts.

Ah ! j'en connais beaucoup dont les lèvres sont belles,
Dont le front est parfait, dont le langage est doux.
Mes amis vous diront que j'ai chanté pour elles,
Ma mère vous dira que j'ai pleuré pour vous.

J'ai pleuré, mais déjà mes larmes sont plus rares ;
Je sanglotais alors, je soupire aujourd'hui ;
Puis bientôt viendra l'âge où les yeux sont avares,
Et ma tristesse un jour ne sera plus qu'ennui.

Oui, pour avoir brisé la fleur de ma jeunesse,
J'ai peur de vous haïr quand je deviendrai vieux.
Que toujours votre image en mon âme renaisse !
Que je pardonne à l'âme au souvenir des yeux !

René-François SULLY PRUDHOMME.

Contribution du : 16/02 16:01:07
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie Française
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Edit Erreur .

Contribution du : 16/02 16:11:45
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Re : Anthologie Onirienne de la Poésie Française
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De banlieue tranquille & terrifiante
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Une vie

"

Celui du clan qui mange du fromage
celle du clan qui boit du vin rosé
se sont mariés — il n'y a pas si longtemps — c'était la fin de l'âge
lente chute de l'époque triste où toutes les persiennes
étaient fermées

Leur nuit de noces fut une pourriture vivante
un flux de sang
de sperme
mêlés à des crachats
La fiancée secouant ses mèches enivrantes
s'endormit tard et soupira

Première augmentation c'est une neige de médailles de faux cols blancs de jupons neufs et de pièces de dix francs
Premier enfant c'est une moisson sordide
d'épis de viande
d'osselets et d'excréments

Les dimanches passaient comme passent les couleuvres
souples et froides dans les herbes gluantes
d'une rosée aussi sale que la sueur de travail
distillée toute la semaine sans la magie d'un front en sang

Les enfants s'ajoutaient aux semaines
les semaines aux dimanches les habits aux années
habits coupés à coups de serpe dans le champ gris des manufactures lainières
dures et sombres et longues comme les jours d'été

Ils vieillirent
LUi perdit toute virilité se dessécha s'aigrit comme du lait
ELLE s'enroba d'un lourd manteau de crêpes de mi-carême
peu sculpturales
à rendre le veau gras jaloux

Cependant
l'horloge tintait semailles sur semailles
les enfants grandissaient
devenaient plus bêtes que des oiseaux et de plus en plus laids
Les maisons constellées d'ordures ménagères
se renfrognaient
dans les rues en tringles de rideaux

Plus tard l'épouse fit la moue
parce qu'elle avait assez du lard et des prières
le mari s'enrhuma
puis se mit à saigner comme un bœuf de l'urèthre

Alors les chirurgiens taillèrent
les croquemorts vinrent
les vêtements noircirent
les enfants héritèrent
et trois mouches bleues volèrent aux fenêtres

"

Michel Leiris - (1901 - 1990)

Contribution du : 14/03 10:26:17
_________________
" C'est en écrivant qu'on devient écrevisse.. "
Hans Arp
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