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1 Utilisateur(s) anonymes
Ce qui berce et pourtant... |
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Maître Onirien
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Inscrit:
09/03/2013 09:32 Groupe :
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Ici, je vous remercie tous pour vos commentaires.
Écrit au fil des doigts ce texte aura la signification que vous voudrez bien lui donner, le sens que j'y ai mis est en ce sens accessoire. Heureux de voir qu'ici est toujours là, oniris oasis où s'abreuver de mirages. Je vous souhaite à tous de trouver un chemin, à travers les mots, sculpture toujours imparfaite de notre âme. Bien à vous
Contribution du : Aujourd'hui 8:47:54
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La compréhension n'est pas nécessaire à la poésie, mais la poésie est nécessaire à la compréhension. |
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Re : Ce qui berce et pourtant... |
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Expert Onirien
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Inscrit:
08/04/2022 10:50 De Tannhäuser Gate
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Ici, c’est aussi parfois ailleurs…
Vous m’avez fait penser à ce conte qui s’intitule « Ici 1 et Ici 2 » qui se trouve dans le livre de conte « Le conteur amoureux » de Bruno de La Salle (fondateur et directeur artistique du Conservatoire contemporain de littérature orale (CLiO)). Je me permets de le laisser sur votre fil de remerciements par ce que je trouve ce conte vraiment sympa, même si c’est encore mieux de se l’approprier et de le raconter soi-même à sa façon… Merci pour votre retour Bien à vous C’était un homme qui avait un nom embarrassant, il s’appelait Moi-Même. Il habitait au quatrième étage du 11 de l’avenue du Général-Leclerc dans une ville qui avait un nom oppressant, Ici. Il avait une femme et trois enfants et souffrait beaucoup d’une vie par trop ordinaire. Un après-midi, il s’est décidé et il est parti. Il est parti trouver cette ville extraordinaire que tous ses amis avaient visitée et dont ils avaient rapporté maintes histoires extraordinaires, cette ville nommée Ailleurs. Il a pris ses chaussures vernies, il est sorti, il est descendu ets’est retrouvé dans la rue. Il a traversé l’avenue du Général-Leclerc qui se poursuivait par l’avenue du Général-de-Gaulle qui aboutissait place de la Libération. Il n’était jamais allé plus loin. Il a fait le tour de la place. À l’angle, il y avait un tabac, puis une banque, la pâtisserie Chocolat, puis une banque, la charcuterie Salami, puis une banque, le commissariat du 22, puis une banque, les avocats « On va tout arranger », une banque, le restaurant « J’ai plus faim » et enfin la rue Victor-Hugo. Il n’avait jamais vu cette rue. Ce n’était pas son quartier. Il s’y engage : il y a des maisons, des magasins, des portes cochères, des magasins, des maisons. Il marche. Au bout de la rue Victor-Hugo, il y a un panneau : « La ville d’Ici vous remercie de votre visite et espère vous revoir bientôt ! » Bien sûr ! dit-il, et il enjambe la frontière. Il marche, il marche et il regarde, il voit des maisons, des magasins, des portes cochères, des portes cochères, des magasins, des maisons. Il souffre de ne pas voir assez de différences dans cet inconnu qu’il découvre. Il s’impatiente, il se fatigue. Il s’arrête pour se reposer. Sur un banc. Il s’assied et puis il se couche. Il a mal aux pieds. Il se dit : « Je vais quitter mes chaussures pour dormir et les poser soigneusement dans la direction dans laquelle je dois continuer. » Il le fait et puis il s’endort. Pendant qu’il dort, un balayeur vient à passer et tourne soigneusement les chaussures de l’autre côté. Il se réveille, regarde la direction indiquée par ses chaussures, se les met aux pieds et recommence à marcher. Voilà qu’il découvre devant lui un panneau : « La ville d’Ici est heureuse de vous accueillir et vous souhaite la bienvenue. » Il regarde, il ne comprend pas, et puis tout à coup, il comprend : « Il y a deux villes qui s’appellent Ici, et moi qui viens de la première, moi l’idiot parmi des millions d’idiots, je viens de découvrir la seconde. Il faut que je sache exactement comment elle est », Et il enjambe la frontière. La première rue où il arrive est la rue Victor-Hugo. Quelle coïncidence ! Elle est remplie de maisons, de magasins, de portes cochères. Elle aboutit à la place de la Libération. Il commence à se douter de quelque chose. Il fait le tour de la place. À l’angle, il y a le restaurant « J’ai plus faim », puis une banque, ensuite les avocats « On va tout arranger », puis une banque, ensuite le commissariat du 22, puis une banque, ensuite la charcuterie Salami, puis une banque, la pâtisserie Chocolat, une banque, un tabac. Il comprend tout : les banques sont en train de tout envahir ! Mais il comprend aussi autre chose : – Et il y a deux villes qui s’appellent Ici, Ici 1 d’où je viens et Ici 2 où j’arrive. Elles ont les mêmes rues, les mêmes maisons ! Il a soudain une nouvelle révélation : – Si ces deux villes ont les mêmes rues et les mêmes maisons, elles ont sans doute les mêmes gens aussi, je vais peut-être rencontrer mon double. Et il s’en va à toutes jambes vers le double de sa maison. Avenue du Général-de-Gaulle, avenue du Général-Leclerc, 11 avenue du Général-Leclerc : elle est bien là, c’est la même. Quatrième étage. Sur la porte, une plaque : « Monsieur et Madame Moi-Même ». – J’y suis ! C’est ici ! Il sonne, il entend : – Allez ouvrir, les enfants ! Et il entend : – On travaille ! Et il se dit : « C’est comme chez moi ! » Une femme lui ouvre la porte, elle lui dit : – Où es-tu allé ? Il lui dit : – Madame, je sais bien que je dois ressembler beaucoup à votre mari car vous ressemblez beaucoup à ma femme. Mais je ne suis pas votre mari et malheureusement vous ne pouvez pas être ma femme parce qu’il y a deux villes qui s’appellent Ici et elles ont les mêmes rues, les mêmes maisons et aussi les mêmes gens, je suis en train de découvrir cette chose extraordinaire. Et voilà qu’une nouvelle évidence lui apparaît : – Et d’ailleurs, non seulement il y a les mêmes rues, les mêmes maisons, les mêmes gens, mais ils font les mêmes choses aux mêmes instants car je puis vous assurer que votre mari, comme moi, est parti à deux heures moins le quart de votre maison comme je suis parti de la mienne et qu’il est en train de parler à ma femme comme je suis en train de parler à la sienne. Et je préfère être ici que là-bas ! Sa femme se dit : « Il est fou ! » et elle ne sait pas quoi faire. Elle lui dit : « Entrez donc prendre un café ! » Et il accepte. Il se dit de son côté : « Elle a l’air très aimable. » Elle lui fait un café très très serré comme l’autre ne lui en avait jamais fait. Elle l’invite à dîner. Lui mitonne ses plats préférés,ouvre une bonne bouteille de vin, sort du cognac qu’elle avaitcaché. Couche les enfants. L’invite à s’asseoir sur le canapé, lui demande de lui raconter toute son aventure, l’écoute sans l’interrompre. Il se sent bien d’être écouté. Et lorsqu’elle lui propose d’aller se coucher, il accepte, tout excité. Le matin lorsqu’il se réveille, avec le café au lait et les croissants au lit, il comprend encore autre chose. – Je ne sais pas vraiment s’il y a deux villes qui s’appellent Ici, si cette femme est la mienne et si je suis moi ou un autre, mais ce dont je suis absolument certain, c’est que je suis beaucoup mieux ici et maintenant que je n’étais hier et ailleurs, et je vais donc rester là, sans regret pour ce que ce que je quitte et sans remords pour ceux que j y laisse…
Contribution du : Aujourd'hui 10:19:57
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« Deviens ce que tu es » |
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