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Langue de taire (retours)
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Bonjour à tous,

Le poème Langue de taire met en mots ce que je suis en train de traverser dans ma vie en ce moment, les choses qui m’habitent, la voie du silence comme un chemin de découvertes et d’introspection (aidé par le confinement…). La poésie se fait alors médiatrice de sentiments : elle prend "voix" et parle en images sans avoir besoin du son, comme une langue des signes (comme une langue dessine).

Je me suis retiré dans ma "bulle créatrice", un soir, pour coller au plus près de mon ressenti, l’investir entièrement. Dans le foisonnement des idées, le poème s’est écrit rapidement, très rapidement, et n’a exigé aucune retouche par la suite (ce qui est particulièrement rare chez moi, qui ai souvent tendance à beaucoup travailler mes textes). Mais voilà, je n'ai pas senti de le retravailler, sa "vérité" toute nue me touchait.

En effet, j’ai vu le poème se dessiner sous mes yeux comme un dessin d’enfant, surpris par la spontanéité du geste, ébloui par le mélange des couleurs. Oui, il y a quelque chose de l’enfance dans ce poème, les jeux de mots parlent tous le langage de l’émerveillement retrouvé, mais le regard surplombe tout cela : il est celui d’un adulte ébahi, saisi, sans voix, devant l’indicible grandeur et l’ineffable beauté d’un paysage intérieur à peine dévoilé, le temps d'un instant.


Je réponds ci-dessous à quelques interrogations ponctuelles :

Luz : "l’eau tonne quelquefois" est bel et bien un jeu de mots intentionnel.


Vincente : seul le titre m’a posé problème, et l’image de la "langue de taire" m’est venue le lendemain de l’écriture du poème comme une réponse providentielle, un choix plutôt très judicieux du fait de ses multiples sens, tous en relation étroite avec le thème. Cela dit, ton argumentaire m’amène à regretter ce choix, car je trouve aussi, comme toi, qu’il en "dit trop pour chapeauter un texte sur la difficulté de dire, [et qu’]il serait presque contreproductif". Je dois reconnaître que tu as raison, ou du moins, je partage tout à fait ton ressenti sur ce point.
Alors… quel titre verrais-tu, toi ? (tu n'es pas obligé de répondre, mais si le cœur t'en dit...)


Angieblue : c’est vrai, à partir de "ma langue est poésie", les images peuvent paraître moins inventives, mais cette fin nous ramène au questionnement liminaire, pour y répondre. Sans doute suffit-il de la lire comme le dénouement d’une histoire, après les péripéties, voire comme un decrescendo succédant au climax. Au pullulement des images, candides, succède une prise de recul propre à la "sagesse" ; une conscience (a)grandie qui se goûte elle-même, un apaisement bienvenu.


Harvester : non, je ne pense pas que mon poème soit "mièvre", "convenu" ou empreint de "fausse modestie"… Je vous invite à le relire au regard de ce que j’ai pu expliquer plus haut.


Donaldo75 : je ne trouve pas ces formules "artificielles", même si je conçois tout à fait qu’on aime moins ce style d’expression et qu’on lui préfère des "phrases plus complètes". Chacun ses goûts. C’est juste ma manière à moi de m’exprimer.


Bellini : je pense qu’il faut investir émotionnellement ce texte pour dépasser l’aspect "surfait" ou "préfabriqué" que vous lui reprochez. En surface, les jeux de mots n'ont pas vraiment de saveur... Enfin, n’aimant pas spécialement les jeux de rôle, je ne connais pas Donjons et Dragons.


Un grand merci au CE pour la publication de ce poème, aux commentateurs d’avoir exprimé leurs avis en toute honnêteté (heureux que certains l’aient beaucoup apprécié, désolé que d’autres soient passés à côté) : Luz, Melorane, eskisse, Corto, dream, papipoete, Robot, Vincente, Angieblue, Harvester, Donaldo75, Bellini et Gouelan.

Contribution du : 24/08/2020 16:56
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Re : Langue de taire (retours)
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Bonjour Davide,

Sans vouloir trop déflorer cette terre qui parle dans ton titre, je te proposerais :

"Dans la langue taire"

qui introduit de plus souplement le premier vers :
"ma voix ne veut plus dire"

Ainsi l'association synergique des mots "taire/terre" est conservée. Mais je me demande même si elle ne serait pas plus encore suggestive, peut-être avec plus de discrétion, moins montrée du doigt, ainsi : "Dans la langue terre".

Mais ça ne reste qu'une idée parmi d'autres qui n'attendent qu'un éveil inspiré...

Contribution du : 25/08/2020 12:17
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Re : Langue de taire (retours)
Expert Onirien
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pieralun, Cristale, merci beaucoup à vous deux, maître et maîtresse du classicisme poétique, de m'avoir accompagné sur ma langue de taire/terre.

Vous remarquerez que les vers, dans ce poème, sont exclusivement des hexasyllabes/octosyllabes, parfois brisés (avec leurs déclinaisons : 3, 4 et 12 syllabes). Un libre un peu classique, donc, juste un peu, un chouia de pas grand-chose...


Vincente, merci beaucoup de t'être arrêté me répondre.
"Dans la langue terre" est une intéressante proposition qui amène mélodieusement le premier vers, mais je pense que l'effacement du "de" (entre "langue" et "terre") peut être déroutant pour le lecteur. C'est à voir...

Contribution du : 26/08/2020 12:50
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Re : Langue de taire (retours)
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Oui Davide, tes vers chantent ta musique et je pense que c'est le rythme qui, sans que je ne le calcule, m'a attirée vers ton poème. Je ne sais pas si tu l'as lue, mais une onirienne, dont je regrette l'absence prolongée, Arielle si je puis me permettre de la nommer, écrivait de la poésie libre avec un art inouï de la destructuration de l'alexandrin.
C'est un peu ce que tu as fait avec des exa, octo, alex entiers ou brisés.
Merci pour ce sympathique retour.
Cristale


Taire langue
comme une langue tue venue d'un monde inconnu dont toi seul connais la voie : Terrelangue

Contribution du : 26/08/2020 14:32
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"La poésie est avant tout effraction. Elle cherche à plonger plus loin que les effets de surface. “
Jean-Pierre Siméon
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Re : Langue de taire (retours)
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Oh que oui, j'ai dû lire tous les poèmes d'Arielle (ou presque) quelques-uns figurent d'ailleurs dans mon fichier intitulé "Poèmes ♥♥♥".


Je suis, comme toi (et beaucoup d'autres), très sensible à la musique des mots, à leur chant, et ce, même en libre. C'est marrant, mais je ne fais pas exprès d'écrire en hexa/octo, ça devient instinctif lorsque je cherche une musicalité.

Ah oui, je tenais à rectifier un point : je n'ai pas écrit ce poème d'un seul jet en quelques minutes, je l'ai tout de même travaillé, peaufiné, mais dans un temps restreint (environ 3 heures, je pense... ce qui est peu chez moi). Si les images me sont venues très rapidement, la mise en forme m'a demandé un minimum de travail...

Bon, j'arrête de parler de moi. Je parle trop pour quelqu'un qui parle avec le yeux, à pas feutrés...

Merci Cristale,


Rdv en Terrelangue sous le dais de l'aurore... Là-bas, il est conseillé de mettre sa langue dans sa poche après l'avoir tournée 7 fois dans sa bouche.

Contribution du : 26/08/2020 18:25
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Re : Langue de taire (retours)
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Merci pour ce retour, Davide.

Contribution du : 27/08/2020 03:03
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Planet Earth is blue and there's nothing I can do (1969, David Bowie)
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Re : Langue de taire (retours)
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Citation :
Merci pour ce retour, Davide.

Avec plaisir Donaldo.


LeMat : Merci beaucoup pour votre commentaire.
Pour répondre à vos interrogations, les deux derniers vers me sont venus en dernier, comme une conclusion logique à ces pérégrinations intérieures... Cela dit, il m'est déjà arrivé, comme vous, de construire un poème à partir du final : dans mon sonnet Le chant de la mer, par exemple, le dernier tercet est la première strophe à avoir été écrite.

En revanche, je ne considère pas mon texte comme un "brouillon", même s'il peut en avoir l'air, les images qui le parsèment sont pour moi pleines de sens et sont certainement nécessaires à la compréhension desdits derniers vers. N'est-ce pas ? Pour le titre, je partage votre avis.
A tout bientôt !

Contribution du : 27/08/2020 16:47
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Re : Langue de taire (retours)
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Bonsoir Cristale, Davide

Un de vous deux sait il ce que devient Arielle ?
C’est vrai qu’elle sait parfaitement fractionner l’alexandrin, mais elle excelle également en classique.
J’avais adoré le texte qui suit et je me permets de le rappellera à notre mémoire collective:



Mouette médusée par l’eau grasse qui luit,
Cognant au ventre lourd des péniches recluses,
J’ai longtemps tournoyé du côté des écluses,
Le long de quais que ronge infiniment l’ennui.

Alors que je frôlais, gracile, d'un coup d'aile,
La lente digestion des gros chalands repus,
Leur torpeur ampoulée, ces déités mafflues
Ignoraient les échos de mon cri-sentinelle.

Lessives alignées comme une allée de sphinges
Leurs plus folles lubies empestent le mazout
Et bercent mollement leurs manches qui s’égouttent,
Mornes chaos pincés sur une corde à linge ;

Car ces monstres piégés aux mailles des canaux,
Rotant dans le courant le trop-plein des cambuses,
Courbent au ras de l’eau leur étrave camuse
Et ne lèvent jamais le nez vers les oiseaux.

Contribution du : 28/08/2020 00:00
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Re : Langue de taire (retours)
Expert Onirien
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Larivière : Merci beaucoup pour votre commentaire !

Le passage "un vert nacré de souvenirs / où s'évaporent les nuages" est une image très simple en réalité : les nuages désignent simplement la tristesse, tout ce qui m'a "embué" l'esprit et empêché de voir clair. L'opalescence de la nacre me fait penser au blanc des yeux (l'œil n'est-il pas, un peu, une perle ?) comme à celui des nuages. Enfin, pourquoi le vert ? Parce qu'en vrai, j'ai les yeux verts... Si j'avais eu les yeux bleus, j'aurais sans doute écrit "un bleu nacré..." !


Merci beaucoup pieralun pour ce petit partage poétique. C'est du bien joli presque classique !

Contribution du : 02/09/2020 16:34
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