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Mimoza : remerciements
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Quel régal et quel honneur de recevoir tous ces retours !

Cyrill : Votre commentaire me va droit au coeur. Je ne peux pas espérer mieux que provoquer "un frisson d'émotion" : il est troublant qu'un texte à soi puisse entraîner un effet sur le corps d'un autre. J'ai apprécié que vous parliez de précaution et de pudeur, de tendresse et d'admiration aussi. Bien sûr, l'"implication" du narrateur a des "limites" : il ne peut pas "sauver" Mimoza, il n'en a pas le pouvoir, il ne peut pas faire grand-chose finalement. Je suis très heureux que vous ayez apprécié la dernière phrase. Merci.

Perle-Hingaud : C'est très important pour moi de ne pas verser dans la "mièvrerie", de chercher une forme de justesse, de sobriété, de concrétude aussi. Ça me plaît également que le narrateur soit bel et bien présent selon vous ; il s'agit en effet d'un regard, d'une relation interpersonnelle. Je suis ravi que mon texte vous ait plu.

Dugenou : Merci d'avoir perçu de l'humanité dans ce texte. Que rechercher d'autre, après tout ? Je suis touché que vous ayez été touché.

Donaldo75 : Un grand merci pour ce deuxième passage sous l'un de mes textes. Je comprends tout à fait cette critique de la deuxième personne du singulier, je l'entends souvent et la partage régulièrement : ce procédé peut paraître m'as-tu-vu, un peu facile, comme une volonté de forcer l'implication du lecteur. Je suis content que ça fonctionne selon vous ici et que vous ayez pu être embarqué dans le texte, que vous l'ayez trouvé poétique aussi - loin de moi l'idée d'embellir la misère ou l'injustice et loin de moi l'ambition de reproduire la douleur d'un réel qui ne m'appartient pas en propre : il s'agit simplement d'écrire un texte, avec ce que cela suppose de couleurs, d'atmosphères, de moyens.

Plumette : Vous me faites aussi le plaisir de me lire en double exemplaire ! En sus de la tendresse, je suis très satisfait que vous trouviez également un sens de "l'observation" à travers ce texte, j'essaie souvent lorsque j'écris d'être attentif aux gestes, aux détails révélateurs, aux signaux faibles qui permettront de brosser un tableau cohérent et significatif sans devoir en passer par de l'explicatif ou de l'analytique à proprement dit. Content aussi de voir que vous connaissez le territoire lyonnais dans lequel se déroule le texte ! Mille mercis pour votre gentillesse.

Vincente : Quel beau commentaire réflexif ! Lequel ouvre des perspectives. C'est une volonté de ma part de rester flou sur certains détails, a fortiori lorsqu'ils sont statutaires, institutionnels ou autres. Je ne les considère pas essentiels, je préfère que le lecteur ou la lectrice se fasse sa propre idée, j'essaie aussi de ne pas parasiter une forme d'autonomie poétique du texte avec un excès de précisions sur le contexte. C'est très intéressant ce que vous dites sur la progression du texte à cet égard, sur la "consistance émotionnelle", la place à part entière qu'occupe peu à peu le narrateur. Encore une fois, il s'agit bien d'un point de vue, d'une rencontre, d'une interaction.
Je ne sais pas si le narrateur est un "bénévole associatif" ; pourquoi pas, mais il pourrait tout aussi bien avoir un autre statut. Peu importe, pour moi, en l'occurrence, dans le cadre du texte. C'est important pour moi que vous ayez perçu une certaine organisation, une certaine économie, je crois que j'essaie de faire attention à la manière dont ça respire, dont les informations sont amenées. Vous avez raison, le début du texte est certainement plus "factuel", plus englobant, puis peu à peu la focale se rapproche, se rétrécit vers les corps, vers la pratique. Il est également précieux pour moi que vous ayez relevé les passages à propos de l'horloge et du retour sur la terre natale par ordinateur. Merci pour tout.

Esquisse : Flatté de vous avoir attirée vers la section Nouvelles ! Satisfait que le choix du "Tu" vous ait semblé judicieux, touché que vous ayez trouvé de l'humanité. Des "petits moments partagés", mais oui, c'est aussi simple que ça, en fait ; je préfère ces détails relationnels à de grands discours. Merci beaucoup de m'avoir lu.

Bandini : C'est super sympa de votre part d'avoir pris à nouveau la peine de laisser un retour sur l'un de mes textes ! Votre commentaire est particulièrement bien écrit, je comprends parfaitement chacune de vos impressions de lecture. Oui, c'est vrai, ce texte-là est différent du chat de maman : plus bref, déjà, ce qui peut expliquer en partie la différence de souffle ; et surtout, comme vous le dites très bien, moins ambigu, moins souterrain, plus frontal, plus univoque. Je comprends en ce sens que vous l'ayez moins apprécié. Je l'ai écrit autrement, je suppose, en raison du sujet, des thématiques, des motifs ; je n'ai pas cherché de double-sens ou de menace diffuse, j'ai fait le choix d'une sorte de simplicité pour décrire cette relation, certainement parce qu'elle n'est pas triadique (dans mon texte précédent, il y avait trois protagonistes) et parce que le narrateur n'est pas engagé de la même manière.
Votre remarque à propos du tempérament du narrateur plutôt tourné vers la relation intime, minuscule, plutôt que vers la communauté, me paraît particulièrement lucide (bien vu pour la phrase relevée), même si je suppose qu'il y avait embryon de communauté, émotionnelle, familiale dans Le chat de maman. Le fait que, pour vous, le narrateur "brille par son effacement" m'émeut beaucoup : quelle belle formule. Merci infiniment pour votre regard perçant. J'espère que mes prochains textes vous emporteront davantage !

Robot : Votre retour particulièrement doux et bienveillant me fait vraiment plaisir. Je ne sais que répondre. Merci !!!

Malitorne : L'expression "bons sentiments" m'a toujours déconcerté ; qu'est-ce à dire ? Ce que je perçois derrière cette formule, personnellement, c'est un côté fade, superficiel ou artificiel, sans profondeur ni justesse, comme quelqu'un qui fait étalage de manière ostentatoire de sa charité ou qui affiche de la gentillesse creuse, par exemple, sans avoir réfléchi à la complexité d'une situation, ou encore qui offre un cadeau simplement pour être remercié, récompensé lui-même de sa vertu. Bon, j'espère que mon texte ne ressemble pas à ça. J'ai essayé, justement, de ne pas tomber dans la facilité, j'ai essayé de transmettre quelque chose. Idem pour "tire-larmes" : j'espère que mon texte, c'est pas Les petits mouchoirs non plus. J'espère tout de même proposer quelque chose d'un peu plus épais, d'un peu plus dense. C'est vrai qu'il est tellement facile de verser dans le pathos, dans le misérabilisme. Je ne veux surtout pas instrumentaliser une réalité douloureuse étrangère à mon corps afin d'en retirer un bénéfice esthétique et narcissique. Autant que faire se peut, j'essaie de trouver les mots qui me semblent les plus justes et les plus respectueux. J'ai très peur de la récupération et de l'ingérence.
Après, pour le "registre émotionnel", je ne sais vraiment pas trop ce que ça veut dire : j'écris surtout sur ce qui me touche, m'émeut, et lorsque je lis des textes, je cherche aussi souvent à être touché, ému. Est-on jamais quoi que ce soit d'autre, même s'il s'agit d'un récit violent, paillard ou intergalactique ? Après, voilà, mon domaine d'écriture concerne souvent l'intime, les relations humaines, c'est comme ça et c'est pas forcément "tire-larmes" ; j'essaie de saisir sans trop de théâtralité, sans trop de travestissement (il y en a toujours un peu) des choses du monde qui comptent pour moi, voilà tout. Merci encore !

Bellini : Je vous suis très reconnaissant du soin apporté à votre long commentaire. Vous reprenez certaines grilles de lecture posées par Malitorne à propos des "bons sentiments". Comme lui, vous me faites plaisir en disant que je ne les "étale" pas et que l'empathie, la générosité sont ici inhérentes à un cadre professionnel, à un devoir d'aider de manière certes humaine mais également rationnelle (on pourrait développer en quoi l'aide aux migrants relève tout autant de la nécessité sociale que de l'impératif moral - éthique et pragmatisme n'étant en vérité pas aussi décorrélés qu'on voudrait le faire croire parfois, mais ce n'est pas le lieu).
Je n'ai à aucun moment voulu cacher le sexe/le genre du narrateur ! Je n'ai pas voulu le montrer non plus. Ça n'a pas d'importance pour moi dans le cadre de ce texte. Que vous ayez perçu un homme en amont de l'indice grammatical m'intrigue toutefois. Merci de remarquer une certaine complexité narrative : cet aspect technique, dorsal, m'importe beaucoup lorsque je construis un texte, comme je l'ai déjà dit.
Bien sûr que le personnage de Mimoza transforme nécessairement le narrateur ; il dit même : "Je sens chez toi une détermination qui me rassure et me terrifie. J'essaie à mon échelle confortable de m'en inspirer." Comme pour les autres motifs, je n'ai simplement pas voulu traiter cet aspect de manière développé, autrement que par "petites touches" : cela aurait pu faire basculer le texte dans un versant explicatif, discursif ou démonstratif que je voulais à tout prix éviter. Le sujet du texte, pour moi, ce n'est rien d'autre que ces moments concrets partagés.
Je suis étonné du même coup que vous trouviez que mon texte ne "remet rien en question" et qu'il "se contente d'être le porte-parole d'une sous-classe paupérisée par l'égoïsme des peuples" : je perçois mon texte comme une vignette, un petit morceau de réel entre deux personnes dans un cadre particulier, rien de plus, n'y voyez là aucun étendard politique bien-pensant ou hypocrite. Que les motifs évoqués aient nécessairement des implications sociopolitiques, d'accord, mais pour moi ce n'est ni l'intention ni la substance ni le bien-fondé de mon texte. Mon objectif n'était pas d'interpeler le lecteur sur la précarité et la discrimination que subissent des groupes entiers en France, mais simplement de décrire une relation particulière. Du point de vue littéraire, je préfère presque toujours montrer les choses menues que déclamer les monuments.
Votre remarque sur la phrase "En vérité cet exercice scolaire n'est qu'un prétexte à notre échange humain." ne manque pas de me faire réfléchir, moi qui comme vous ai horreur de l'explicatif ! Vous avez raison, celle-là est un peu directive, or je déteste prendre le lecteur par la main. Peut-être que je la supprimerai. Cela dit, ça me paraît important de glisser (car je pense que je n'en fais pas des tonnes non plus) qu'il y a toujours de l'humain dans le scolaire, les écueils fonctionnalistes, productivistes, la déshumanisation et les injonctions de performance prospérant toujours dans ce milieu comme dans d'autres. Vraiment merci Bellini.



Quelques lignes pour finir :

La dernière fois j'étais au café et je t'ai croisée en train de mendier. J'ai fait semblant de ne pas te voir et je sais que tu as fait la même chose. Tes yeux m'ont fui et tu n'es pas venue à ma table. Cette pudeur violente et rationnelle signifiait que nous avions tous les deux honte de toi.


« L'école est un lieu admirable où les bruits extérieurs ne pénètrent pas. J'aime ses murs nus. » Cette idée d'Alain est fausse. Les bruits de ta vie pénètrent quotidiennement l'école et ma tête. L'autre jour, lorsque tu tendais la main pour quelques pièces, nous nous sommes ignorés pour protéger la fragilité de notre lien, et non pour protéger une fiction de virginité de l'école, lieu comme les autres où chacun emporte avec lui sa conscience, ses problèmes, ses vêtements.

Je pense à toi et je sais que ta journée ne va pas être radieuse. Je sais que tu vas jeter le désert de tes yeux sur les choses qui te manquent. Je me demande : qui es-tu ? où vas-tu ? quelle est la nature de ton regard ? quelle adulte pourras-tu devenir et quelles figures peupleront ta haine ? Tu connais tout de toi et pourtant tu ne peux pas savoir combien le creux de ton corps est politique, combien le creux de ton corps est un souvenir sauvage de l'organisation du monde. Entre ton corps et le mien il y a quelque chose d'intolérable que je dois assumer.

Contribution du : 25/11/2021 20:04
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Re : Mimoza : remerciements
Visiteur 
Je comprends en ce sens que vous l'ayez moins apprécié.

Peut-on dire d'un bon texte qu'on l'a moins apprécié qu'un autre ?
J'aurais pu écrire le deuxième, je crois. J'aimerais pouvoir écrire le premier. La différence est là.

Je suis ravi de votre succès.

Contribution du : 25/11/2021 23:51
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Re : Mimoza : remerciements
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J’ai lu attentivement votre réponse qui me permet de mieux comprendre vos objectifs en écriture, de mieux cerner l’écrivain que vous êtes. J’avoue être impressionné car vous avez l’air de savoir où vous allez, ce que vous cherchez précisément à retranscrire, l’exact opposé de moi qui rédige à l’aveuglette. Une idée me passe par la tête, je la couche sur le papier sans but ni dessein, qu’elle plaise ou déplaise.
Vous me donnez l’impression d’être un auteur engagé, du moins avec ce récit, même si vous vous en défendez : « Je ne veux surtout pas instrumentaliser une réalité ». Le fait est que les gens de gauche, les humanistes applaudiront ; la Génération Z pour sa part grimacera...

Contribution du : 26/11/2021 09:19
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Re : Mimoza : remerciements
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Keanu,

Je voudrais d’abord vous dire que vos retours sont aussi intéressants que vos textes. On a l’occasion d’y creuser vos intentions, ce qui pour moi ajoute toujours au seul plaisir de la lecture. J’aime discuter à propos des bases romanesques que l’auteur a choisies plutôt que de planer à quinze mille dans un brouillard cotonneux. Mes avis restent modestes et personnels, même si j’ai l’habitude de les défendre avec conviction. Enfin, vos qualités d’écriture m’inspirent le respect. Il n’est ici question que de la structure narrative de votre récit.

Citation :
Je n'ai à aucun moment voulu cacher le sexe/le genre du narrateur ! Je n'ai pas voulu le montrer non plus. Ça n'a pas d'importance pour moi dans le cadre de ce texte. Que vous ayez perçu un homme en amont de l'indice grammatical m'intrigue toutefois.


Je ne dis pas que vous avez voulu en faire un mystère. Il m’a juste semblé que vous aviez cherché à ne pas sexualiser le personnage de l’assistant social, car enfin il est rare qu’une grammaire non calculée permette de dissimuler longtemps le genre. Or ici, une seule expression dans votre texte de 5400 caractères permet d’établir le genre du narrateur : « On va regarder l’Albanie tous les deux ». J’ai donc été amené à penser que cet aveu vous avait en quelque sorte échappé. Mais je dis moi aussi dans mon commentaire, en accord avec le vôtre : « Il est vrai que la caractérisation des qualités humaines n’a pas besoin ici de choisir son camp ». Il faut dire que le mode narratif du TU ne donne pas souvent l’occasion au narrateur de parler de lui et que donc il n’est pas invraisemblable de faire disparaitre le genre sans même avoir cherché à s’en préoccuper.

Citation :
Bien sûr que le personnage de Mimoza transforme nécessairement le narrateur ; il dit même : "Je sens chez toi une détermination qui me rassure et me terrifie. J'essaie à mon échelle confortable de m'en inspirer."


Permettez-moi de ne pas être d’accord avec vous sur ce point. Ce qui à mes yeux disqualifie le narrateur dans la transformation réciproque des deux personnages (car c’est là où pour moi se situerait l’intérêt du texte), c’est le mot « confortable ». Ce mot lui retire toute faille personnelle qui trouverait sa possible guérison ou analyse dans ses rapports avec la petite fille. Pas de faille originelle, donc pas de transformation, donc pas de romanesque. C’est en tout cas ce que pour ma part j’attends de ce genre de récit. C’est pourquoi j’ai fait cette remarque :

« Et de cela vous ne parlez jamais, de sorte que le récit ne remet rien en question et se contente d’être le porte-parole d’une sous-classe paupérisée par l’égoïsme des peuples et un appel à leur conscience. Autant de banalités que la plus exemplaire dignité humaine est incapable de faire partager efficacement à tous les trépanés de la solidarité. »

Cela ne m’empêche pas de comprendre les intentions qui ont prévalu à l’écriture de ce texte. Je dis juste que le fond me parait insuffisant par la banalité de son message et ne résiste que par la qualité de votre écriture. Mais que des lecteurs soient enthousiasmés (je lis assez peu les autres commentaires et toujours après le mien) par les qualités humaines du narrateur ne m’étonnerait pas et ne serait pas critiquable. Ce n’est toutefois pas une option que je retiens dans mes critères. Moi-même je ne pourrais pas envisager de traiter ce genre de sujet de cette manière. C’est d’ailleurs pour ça que je suis curieux de ce que font les autres.

Citation :
Mon objectif n'était pas d'interpeler le lecteur sur la précarité et la discrimination que subissent des groupes entiers en France, mais simplement de décrire une relation particulière.


C’est précisément la prétendue particularité de cette relation que je ne cerne pas vraiment dans votre récit. J’y vois au contraire une relation assez banale et attendue entre un assistant social et une petite rom albanaise. Une relation à sens unique puisque le narrateur n’est pas caractérisé, comme si finalement il pouvait être remplacé par n’importe quel autre assistant social qui aurait la même empathie que lui. C’est donc bien qu’il manque un retour vers lui, vers sa propre existence, qui en plus n’a d’intérêt que si elle n’est pas vraiment « confortable », sans qu’il soit ici forcément question de confort social. Ce n’est pas comme si vous aviez choisi un narrateur extérieur qui se contenterait de filmer la scène. Ici le narrateur est impliqué dans l’intrigue de manière prépondérante, et la fin me laisse en manque d’une révélation personnelle, d’un nouvel équilibre, les siens précisément. Ce qu’il m’a manqué dans votre récit, c’est la confrontation morale de vos deux personnages.

Mais vous avez raison de penser que vous n’en faites pas des tonnes, car vous savez préserver la misère humaine de toute la putasserie (caractère d’une activité par laquelle on cherche à plaire) dont la recouvre les mauvais nouvellistes, les mauvais romanciers ou les mauvais poètes. C’est pour ça que j’ai aimé votre texte beaucoup+

Je serai au rendez-vous du prochain.

Cordialement
Bellini

Contribution du : 26/11/2021 09:45
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Si tu n’as pas besoin de gratter ce que tu lis, c’est que ce n’est pas de la poésie.
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Re : Mimoza : remerciements
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Bonjour Keanu,
J'ai en effet la réponse à ma question : choix de l'auteur de rester dans le flou.
Les lignes complémentaires sont vraiment terribles car elles illustrent ce qui trop souvent arrive à des enfants comme Mimoza....mais pas toujours.
Ellles soulignent de manière magistrale l'étroitesse de la marge de manœuvre des intervenants auprès des réfugiés, d’où qu'ils soient.

Contribution du : 30/11/2021 06:09
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Re : Mimoza : remerciements
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Merci Bandini d'être repassé laisser un mot !

Malitorne, merci beaucoup à vous aussi. C'est vrai que j'ai un certain recul sur mes propres textes, simplement parce que je mets longtemps à les écrire ; je les travaille, les pétris, les réfléchis beaucoup, afin qu'ils me semblent formellement fluides et justes. Je pense que c'est lié à ma tournure d'esprit, tout simplement, et aussi au fait que je fais attention aux sujets que j'aborde, à la manière dont je les aborde, aux personnages que je dessine. J'aimerais bien, parfois, écrire plus spontanément, mais je n'y parviens pas ! Chacun sa façon.
Je ne sais pas trop ce que signifie l'expression "auteur engagé". En tout cas, la recherche d'émotions intimes et un besoin de dépeindre une forme d'attention au monde me poussent à écrire, et non quelque espèce de militantisme.

Bellini, c'est adorable que vous preniez ainsi le temps de développer à nouveau vos sentiments de lecteur à propos de mon petit texte. Je suis ravi que mes longs développements (je ne sais pas faire court) à ce sujet vous intéressent ; j'ai toujours peur de paraître trop bavard ou trop enclin à parler de mes propres créations.
Je comprends tout à fait votre point de vue concernant la "transformation réciproque" des deux personnages, un aspect qui n'est pas abordé dans mon texte. Lequel est assez court, descriptif et centré sur le personnage de Mimoza, c'est vrai ; il faudrait certainement à ce sujet écrire un autre texte ! Cela étant, m'étaler sur ce qu'une enfant migrante pourrait apprendre à un éducateur franco-français me paraît aussi potentiellement glissant : j'aurais peur de verser dans le démonstratif et le cliché en développant un pareil motif. C'est pour cela que j'ai souhaité mon texte essentiellement descriptif ; comme je l'ai déjà dit, je n'ai pas voulu qu'il porte de "message" ou, pire, de morale (les lecteurices peuvent en trouver une s'iels le souhaitent), j'ai simplement voulu dépeindre une relation concrète. Quant au terme de "confortable", je ne pense pas qu'il retire toute "faille personnelle" au narrateur ; j'ai simplement voulu remarquer que, si le narrateur pouvait "s'inspirer" de la "détermination" de Mimoza, c'était à "son échelle" qui est sans commune mesure avec celle de l'enfant en question puisque lui ne vit pas dans la rue, a un toit, de la nourriture, des papiers, de l'argent, un métier, un statut, une maîtrise de la langue, etc., etc., bref, une situation socioéconomique "confortable". On peut aussi voir une esquisse de faille personnelle lorsque le narrateur dit qu'il fuit les événements collectifs dans le cadre professionnel et qu'il ne peut pas vraiment expliquer pourquoi.
Mais, vous avez raison, le narrateur n'est qu'esquissé, et ce que décrit le texte peut en ce sens paraître générique. Mais là où c'est particulier, là où c'est incarné, je pense, c'est que des situations concrètes, des moments partagés sont dépeints (l'horloge, Google Street View...) avec une tonalité forcément singulière.
En fait, je comprends donc l'intégralité de vos remarques : c'est peut-être davantage la voix derrière le texte qui est particulière, plutôt que la factualité de ce qui est décrit. Et oui, outre le "confort social", le narrateur doit bien avoir des failles que j'aurais pu engager dans cette écriture de la relation avec Mimoza. Le fait est que j'ai tenu à pudiquement brouiller la figure de ce narrateur.
Vos remarques sont intelligentes et vos réserves compréhensibles. C'est un vrai plaisir que cet échange, merci !

Merci beaucoup Eclaircie d'avoir pris le temps de lire et de formuler un retour sur ce texte. Je suis heureux qu'il vous ait plu, que vous ayez retrouvé quelques lieux de votre ville d'origine et je suis ravi également que vous ayez relevé mes quelques lignes ajoutées dans cette section ; je me disais qu'elles étaient passées inaperçues.

Myo, merci d'avoir trouvé de la délicatesse, de la simplicité et de l'émotion. C'est vraiment important pour moi. Au plaisir de vous lire prochainement.

A bientôt tout le monde

Contribution du : 06/12/2021 14:41
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Re : Mimoza : remerciements
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Bonjour Keanu,

Comment pourrais-je vous critiquer d’être bavard ?
Nous sommes ici un certain nombre à aimer aller dans le détail. Un membre a même traité un de mes commentaires de blabla ; rassurez-vous, j’ai répondu avec mes mots et porté haut la banderole de tous les blablateurs…

J’aime les auteurs comme vous qui défendent leurs textes, non pas par une sorte d’entêtement orgueilleux et parfois vaseux, mais par une vraie cohérence de chaque portrait et du parti pris narratif de se concentrer sur le personnage de Mya. Tout ça est parfaitement justifiable et j’ai bien compris la focale de votre récit, « lequel est assez court, descriptif et centré sur le personnage de Mimoza », comme vous le dites vous-même.

J’ai donné un point de vue de lecteur qui a aimé beaucoup+ votre texte pour ses qualités littéraires, lesquelles pour tout dire sont les seules qui m’importent. Les autres sont plus efficaces en téléfilms.

Je vous remercie de vous être mis à ma place et d’avoir réfléchi à mes arguments. Ils n’étaient pas là pour convaincre, vous l’avez bien compris, mais pour exprimer un sentiment d’auteur face à votre thème. Je suis rassuré de savoir que nous n’aurions pas tous écrit la même histoire, et je me réjouis toujours de creuser les idées d’un auteur de talent comme vous.

Voilà, Keanu, je pense en avoir terminé avec mes commentaires sur votre texte (j’entends d’ici votre ouf de soulagement)

Cordialement
Bellini

Contribution du : 06/12/2021 15:59
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Re : Mimoza : remerciements
Visiteur 
Citation :
Keanu a écrit
....je suis ravi également que vous ayez relevé mes quelques lignes ajoutées dans cette section ; je me disais qu'elles étaient passées inaperçues. :


Ces phrases ajoutées en fin de remerciements; faisaient-elles à l'origine parties de la nouvelle ?

Éclaircie, curieuse.

Contribution du : 07/12/2021 13:06
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Re : Mimoza : remerciements
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Un dernier grand merci Bellini.
A bientôt, j'espère, sous l'une de vos productions !

Non Eclaircie, ces quelques phrases n'ont jamais fait partie de mon texte Mimoza ; elles sont venues à part.
Posez autant de questions que vous voulez, votre curiosité est la bienvenue !

Contribution du : 07/12/2021 18:31
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Re : Mimoza : remerciements
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Merci beaucoup AnnaPanizzi d'avoir pris la peine de déterrer mon petit texte. Ton commentaire m'a vraiment fait chaud au cœur. Je suis très honoré que tu aies apprécié. Au plaisir de te lire bientôt !

Contribution du : 10/06 12:38:11
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