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Remerciements pour vos commentaires de J'ai mais peut-être un autre en vain cherché le soir
Onirien Confirmé
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31/10/2025 15:59
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Merci à toutes et tous pour ces lectures et relectures attentives, parfois enjouées, souvent dubitatives, incontestablement généreuses.

Je voudrais dire quelques choses, je veux dire, je veux bien dire des choses, mais je me pose moins comme auteur que comme lecteur de ce poème, qui m'échappe et que je ne devine qu'à ma place un peu tiède de personne qui a pris la plume, mais qui ne la tient plus.

Il n'est pas facile d'avoir conscience de ses influences. Rimbaud, et sa lettre, certainement, Verlaine et sa Nuance, peut-être bien, Aragon et son vers : "Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard", oui, je me souviens avoir été agacé de moi-même à rentrer dans les rails d'un poème que je ne connais que trop bien, d'être si banalement un récitateur mauvais et non pas un poète. Mais les paons font souvent la même roue, les manchots et les autruches sont de faux oiseaux d'après certains, mais ce sont bien des dinosaures.

Je pense à ces vers d'Edmond Haraucourt :
"Depuis cette nuit-là, spectre qui semble vivre,
J’attends très lentement l’oubli qui nous délivre,
 Et je compte tout bas ;
Je me balance au vent du Sort qui me soufflette :
Et l’on croit, en voyant mon rictus de squelette,
 Que je ne souffre pas."
Qui sont ceux d'un nébuliste public auquel tout le monde a accès.

Merci Curwwod. Merci Passant75. Merci LeCavalier. Merci Eskisse. Merci Cristale. Merci Million. Merci Cyrill. Merci Lariviere. Merci Chlo. Merci Louis. Merci Donaldo75.
Pardon Eskisse de vous avoir fait attendre.

Est-ce un jeu ? Une blague, un pastiche léger ? Daniel Arasse écrit à sa collègue dans le chapitre consacré au Tintoret (c'est publié dans "On n'y voit rien") : "J'ai l'impression que, toi, si rieuse d'habitude, tu n'as pas voulu faire joyeusement de l'histoire de l'art. Comme si c'était un devoir professionnel de ne pas rire, ni même sourire. Ce ne serait pas sérieux."
Je ne suis pas le Tintoret, et je n'ai pas de penicillus en main, mais j'ai tendance à rire au milieu de la poésie, des musées et des églises. On m'a parfois dit que c'était irrespectueux, mais il s'agit d'une incompréhension face à un déboulé ontologique auquel je dois me confronter pour ne pas succomber sous le poids des choses. "Je l'entends dans le rire énorme de la mer" est un vers absent dont l'absence pèse et sur ce poème, et sur ma vie.

J'ai collé des souvenirs, des sentiments, et j'ai saccagé ce poème, comme Artaud les siens, parce que se ménager une porte de sortie est le moyen des lâches de garder coûte que coûte la face, même lorsque l'on vous crache à la figure, même lorsque tout vous abandonne, même lorsque la nuit s'étend sur vous avec ses dents violettes et faucheuses.

Il m'a dès lors fallu intégrer une expression moderne, et la sacraliser de la double interprétation rosicrucienne, et la stabilisant avec des éléments impurs mais stables, là où le thé vert vibre de jeunesse sans rai vermillon. J'ai cru que les pneus ne plairaient pas beaucoup ici, mais ils sont quintessentiels à la tenue solide de ce poème.

Je suis désolé de m'arrêter ici dans mes tentatives d'élégance bonne pour les ânes. Je suis très fatigué, et je n'aime pas trop les exégèses qui soulignent le manque de poésie contenue dans le poème.
Jourde écrivait qu'"Un livre doit tenir tout seul". Je pense que cela vaut pour un poème également, et que j'écris ici une "béquille extra-littéraire", une "prothèse médiatique", une "contrefaçon" pour justifier l'insuffisance d'un texte troué de fantômes et de surcouches de gras.

Merci encore pour l'attention que vous avez offerte à ce poème qui a en vain cherché.

Contribution du : Hier 23:49:51
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