Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche



Parcourir ce sujet :   1 Utilisateur(s) anonymes



(1) 2 »


L'absence...remerciements...
Expert Onirien
Inscrit:
08/04/2022 10:50
De Tannhäuser Gate
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Membres Oniris
Groupe de Lecture
Post(s): 4640
Hors Ligne
Bonjour à toutes et à tous.


J’ai parfois lu certains oniriennes ou oniriens qui conseillaient d’attendre quelques jours avant d’ouvrir un fil de remerciements.


Personnellement, j’ai toujours agi avec spontanéité, je remercie donc quand l’envie m’en prend (ce n’est pas une critique contre celles et ceux qui préfèrent attendre, chacune et chacun fait bien comme bon lui semble !).


Je crois qu’en premier lieu, il serait difficile de poursuivre sans avoir une pensée ainsi qu’une extrême gratitude envers la personne qui a fait que ce poème a pu être publié le jour de la fête des Mères, c’est ce dont je rêvais secrètement et cette personne a exaucé ce rêve…


Je remercie également le CE d’avoir accepté de publier ce poème.


Et bien entendu, je remercie les lectrices et les lecteurs, les commentatrices et les commentateurs.


Je vais maintenant toutes et tous vous remercier plus personnellement et vous confier toutes les clés de ce poème. Je ne pense pas qu’il soit toujours utile et pertinent de toujours vouloir tout expliquer, dans le testament d’Orphée qu’évoquait Lariviere il y a peu (je crois me souvenir que c’est lui), Cégeste dit au poète : « Pourquoi. Toujours pourquoi ? Vous cherchez trop à comprendre. C’est un grave défaut. »


Néanmoins, expliquer ce poème relève peut-être d’un besoin, ou peut-être d’une irrépressible propension à raconter ma vie !


Je plaisante un peu, je pense que la raison qui me pousse vraiment à vouloir tout vous expliquer, comme je le disais ce matin en MP à un onirien que j’apprécie beaucoup, c’est ma notion du partage et d’une certaine générosité (ce n’est pas moi qui le dis, c’est mon ostéopathe et mes amis (es) !)


Je réponds individuellement, il est possible que je radote un peu !
Par contre, et chacun fait bien comme il le souhaite, pour celles ou ceux qui veulent vraiment tout savoir, vous trouvez dans chaque remerciement une pièce du puzzle si vous voulez le reconstituer et l’encadrer !

Luron

Merci pour votre commentaire. Je comprends parfaitement votre réserve pour le vers 6, je me doutais que je prenais un risque avec ce dernier, mais j’ai voulu être au plus prêt de la réalité, ce poème, ce n’est pas un poème pour faire joli et impressionner la galerie, ce poème, c’est ma vie (d’une moins une partie importante de ma vie).

Je suis bipolaire, comme l’est ma mère et comme l’était ma sœur décédée.
Cette maladie se diagnostique souvent sur le tard, bien qu’il y ait eu énormément de progrès scientifiques et médicaux à ce sujet.

La bipolarité, c’est 50 % à cause de la génétique, 50 % à cause des évènements de notre vie, de nos traumas.
Quand j’écris ce vers 6 « Demain, le sang, le sort, brusquement jugeront » c’est ce que j’essaye de formuler, le sang (la génétique), le sort (les évènements perturbants pour ne pas dire choquants de ma vie). Et brusquement parce que cela arrive sans prévenir, du jour au lendemain, un jour vous êtes un peu près normal, l’autre vous êtes le roi du monde, vous vous prenez pour Jésus, Dieu, Allah, Mahomet, Ganesh, Krishna, etc. (tout ça dans un seul et même corps !).

Vous pouvez rajouter à cela que vous avez le sentiment de devenir surhumain, un peu comme Kevin Wendell Crumb dans le film « Split » de M. Night Shyamalan, vous vous levez à 3 heures du matin après avoir très peu dormi et vous courrez pendant 2 ou 3 heures en étant en pleine forme à l’arrivée, l’après-midi vous faites autant d’heures de vélo, vous faites de la musculation, vous vous retrouvez avec un corps d’athlète que vous n’aviez jamais eu avant. En ce sens et pour en finir avec cet aparté, ce film est bien plus crédible qu’il n’y paraît… par contre, je préfère vous rassurer, je n’ai jamais cherché à enlever qui que ce soit, encore moins à le tuer !

Niveau intellectuel, votre cerveau tourne à mille à l’heure, vous avez une meilleure compréhension de la philosophie ou de choses complexes, vous avez envie d’apprendre à jouer tous les instruments de musique du monde, vous avez des bribes de dons de divination (je vous expose les faits, je ne vous demande pas de me croire), vous avez une logorrhée exacerbée et vous voulez avoir raison sur tous les sujets (ce qui est épuisant pour votre entourage), etc.

Ça dure plus ou moins longtemps (de longues périodes pour moi, presque 9 mois chaque fois), puis survient la chute d’une manière aussi brutale qu’est arrivée la période maniaque (on appelait la bipolarité maladie maniaco-dépressive il fut un temps, à juste titre). Du jour au lendemain, c’est la dépression sévère, vous n’avez plus envie de rien, tout ce qui était facile avant, que ce soit dans le travail ou dans les choses du quotidien, devient une montagne infranchissable. Chaque seconde est une lutte contre soi-même, c’est affreux, je ne souhaite cela à personne. La première fois, j’ai tenu 9 ou 10 mois par je ne sais quel miracle.

Puis arrive un trop plein de souffrance et la tentative de suicide pour tuer le mal, pas soi-même nécessairement…

Pour ma mère, c’est différent, sa bipolarité n’est pas la même, bien qu’il y ait des symptômes communs, les achats compulsifs par exemple ! Un jour, j’écrirais peut-être un livre sur la bipolarité, je connais bien le sujet !


« la finale "maman je te comprends" créent, grâce à ces images, une ambiance d’émotion, d’esthétique et de pudeur pour décrire les sentiments intenses d’une souffrance partagée qui rapproche finalement mère et fille. »

Je suis heureux de lire cela, ça me va droit au cœur, par contre, il s’agit d’une mère et d’un fils…

« De la belle et grande poésie lyrique sur des moments de vie souvent vécus de nos jours par des âmes encore en cristal. »

Merci infiniment, vous m’avez démasqué, derrière mes airs de clown facétieux (et ce ne sont pas de faux-semblants, j’aime vraiment rire et m’amuser) se cache une âme en cristal, forte et fragile à la fois…



Passant 75

Merci pour votre commentaire. Je connais votre exigence et comme vous pouvez être dur parfois (c’est un constat plus ou moins fondé, pas un reproche), aussi, que vous ayez beaucoup apprécié me touche encore plus particulièrement.

Je suis heureux que vous ayez cerné ce que j’ai tenté d’exprimer, le besoin de tendresse et d’affection. En ce qui concerne Byzance, cette expression ou ville n’est pas seulement là pour la rime (bien qu’avec Constantinople ça fonctionnait un peu moins bien !)

Comme chacun et chacune le sait déjà, Byzance est synonyme d’opulence, de luxe… quand j’écris « Rêver à ses côtés eût été ma Byzance. » Je veux dire par là (peut-être mal je l’admets) que mon luxe à moi ce n’aurait pas été l’or ou toutes les richesses du monde, moi, mon luxe, ma richesse, ce que je désirais le plus au monde, c’était savoir ma mère à mes côtés, pouvoir la sentir, m’endormir et rêver à ses côtés, c’est ça qui aurait été ma Byzance…

Merci d’avoir remarqué la sobriété pleinement choisie et assumée du dernier vers, d’avoir perçu la sincérité du sentiment…

Myndie

Merci pour ton commentaire et merci d’avoir été ma première lectrice.
Le beaucoup d’humanité me plaît énormément, je prends, je prends d’autant plus que si je ne suis pas le plus grand poète d’Oniris et que je ne souhaite pas l’être, je souhaite simplement être qui je suis, je pense qu’humanité fait partie de mes qualités premières, sans aucune exagération de ma part, ce qui ne m’empêche pas de pouvoir faire du mal aux autres parfois (par les mots, je ne me suis jamais battu avec qui que ce soit !), mais j’essaye d’éviter le plus possible…

Je vais ici développer un point très important de ce poème et de ma vie, car il semble que certaines et certains pensent que ma mère est morte, or, aujourd’hui maman n’est pas morte. Ou peut-être hier non plus, je ne sais pas…

J’ai failli intituler ce sonnet « L’abandon » ou « Abandons », mais après mûre réflexion, « L’absence » me paraissait mieux.

L’absence, c’est celle que je ressentais chaque fois que ma mère partait en hôpital psychiatrique (ou maison de repos) alors que moi je voulais qu’elle soit là pour moi. J’ai connu cela dès les premiers mois après ma naissance et cela m’a poursuivi jusqu’à mes 15 ans, quand ma mère a quitté mon père pour aller vivre avec Jean-Claude, mon beau-père, rencontré lors d’un séjour en maison psychiatrique, ça ne s’invente pas !

« Pour vivre il me fallut danser avec l’absence » évoque cette difficulté pour moi à vivre sans ma mère, il a fallu apprendre à danser avec quelqu’un qui n’était pas présent, avec la solitude…

J’ai juste un peu tiqué sur ce qui me semble un croche-pied à la concordance des temps ici :
« Demain, le sang, le sort, brusquement jugeront
Que mon âme en cristal, sous un cruel affront,
Dût sombrer à son tour dans la même souffrance. »
Nul doute que ce « dût sombrer » apporte une sonorité noble et tragique mais la proposition principale étant au futur, le subjonctif présent n’est-il pas de rigueur ?

Je m’attendais à un commentaire à ce propos, je suis content que ce soit toi qui me le fasses remarquer. Oui, tu as raison, j’aurais dû écrire « Doive à son tour sombrer dans la même souffrance », mais j’ai préféré tordre le cou à la concordance des temps et gagner en sonorité et en noblesse comme tu le soulignes si bien. Je pense que le « poète » peut et même doit se permettre ce genre d’écart à petites doses…

« Mais à part ça j’ai été très sensible à la sobriété et à la force émotionnelle de ce poème-hommage, sincère soupir de soulagement et de regrets mêlés. »

Merci beaucoup, ça valait le coup de sacrifier la concordance !

LeChevalier

Merci pour votre commentaire et l’audace. Je pense que votre œil avisé avait sûrement reconnu ma plume…

Je suis heureux que vous ayez pensé à une scène érotique dans le premier quatrain, l’ambiguïté était parfaitement désirée. Mais ce n’était absolument pas une ambiguïté œdipienne, je voulais juste (comme je le dis également plus bas à Curwwod) brouiller un peu les pistes, ne pas offrir sur un plateau les clés de ce poème dès le premier quatrain. Pour autant, je n’ai pas fait cela dans le but de m’amuser du lecteur, tout ce que j’ai écrit est sincère, c’est ce que j’avais dans le cœur, je me serais moi-même trahi si le but était de faire un exercice poétique, je ne voulais vraiment pas de cela pour un poème aussi intime…

Comme vous le soulignez, la fin se devait d’enlever complètement tout soupçon à ce sujet, le doute n’était pas permis, à moins de vouloir me saborder !

Vous soulignez un point crucial de ma bipolarité. Bien que je ne sois qu’une seule et même personne, dans les épisodes maniaques (de folie) de ma vie, c’est comme si je n’étais plus « Je » comme si « Je est un autre » comme dirait le poète !

D’où la personnification de la folie que vous avez si bien cernée, comme si Lyssa s’était emparée de mon âme comme elle s’empara à contrecœur du cœur d’Hercule dans la pièce d’Euripide « La folie d’Héraclès ».

Merci de m’avoir donné une très belle notation malgré vos réserves pour les rimes dans les quatrains…


Curwwod

Merci pour votre commentaire. Merci d’avoir décelé le double sens possible et qui était entièrement voulu de ma part, j’ai voulu partir sur des vers qui laissaient place à l’ambiguïté, que l’on pense qu’il s’agissait peut-être d’une relation amoureuse alors qu’il n’en était rien, à part l’amour tardif d’un fils pour sa mère. Je ne voulais pas que les lectrices ou les lecteurs comprennent dès les premiers vers de quoi il en retournait, que l’histoire se dessine par indices…

Désolé pour l’expression maladroite et de ne pas avoir été assez musical pour vous, une prochaine fois peut-être…


Cristale

Merci pour votre commentaire. Oui, le narrateur est bien le « je » du. récit, tout est vrai, je ne me suis pas arrangé avec le mensonge pour arriver à mes fins…

Ma mère étant encore de ce monde, il est encore de temps de comprendre et de l’aimer. Pour les raisons citées plus haut, le manque d’expérience de ma part, l’incompréhension de la maladie de ma mère, l’incompréhension de ma propre maladie (la même) et d’autres évènements que je dois oublier de citer ont fait que nous avons mis beaucoup de temps à nous trouver ma mère et moi, des dizaines et des dizaines d’années…

Mon beau-père est décédé en août 2024. Il avait lui-même une maladie psychologique et bien qu’il se soit bien occupé de ma sœur et de moi-même (nous ne vivions pas ensemble, je suis resté avec mon père après que ma mère fut partie de la maison) dans les derniers temps, il s’occupait mal de ma mère, il lui parlait mal et ne faisait pas les bons choix pour sa stabilité mentale et de vie quotidienne.

C’était très difficile de faire bouger les choses, j’étais en relation avec leur médecin traitant pour essayer de mettre en place des aides à domicile, mais il envoyait paître toute personne des services sociaux. Quand il est décédé, j’ai enfin pu prendre soin de ma mère et prendre les bonnes décisions. Je lui ai choisi une maison de retraite où elle se sent très bien, je l’appelle tous les jours au téléphone, je vais la voir au moins une fois par semaine (il m’est arrivé de ne plus la voir pendant des mois quand elle était avec mon beau-père) et je mange avec elle une à deux fois par mois…

La répétition de l’histoire est due à notre maladie familiale autant qu’aux évènements tragiques qui surviennent pour chacun d’entre nous, ma sœur, ma mère, moi… un peu comme si nous étions aussi maudits que la famille Buendia et que Melquiades avait écrit depuis 100 ans nos noms dans ses parchemins !

Vous ne me froissez pas du tout, rassurez vous. C’est votre ressenti, comment contester un ressenti. Je peux tout au plus vous dire que je n’ai pas le même que vous. Ce poème a sûrement quelques lacunes, mais (alors qu’il m’arrive de critiquer le côté prosaïque de certains poèmes, pas tous) en ce qui concerne le mien et en toute objectivité, je trouve pour ma part que c’est justement sa non-recherche de la formule poétique coûte que coûte qui fait sa force…

Ici, c’est la sincérité, l’émotion, la volonté de ne pas tricher, de ne pas déformer la vérité parce que ça m’arrange qui font que le tout devient poétique à mon sens. Je ne voulais pas de métaphores pour la métaphore ou d’emphase exagérée, je ne voulais pas de phrases du genre : « Dans la tour d’ivoire de mon enfance, au gré d’un léger zéphyr soufflant sur mes errances… ».

J’apprécie cette simplicité, je ne vais bien évidemment pas me comparer à Hugo, ce serait pure folie, mais pour donner un exemple, alors qu’il était capable de formules poétiques hors du commun, il était également capable d’écrire un petit poème tout en sobriété pour sa petite maman :

 À maman

« Mon cœur me dit que c’est ta fête

Je crois toujours mon cœur quand il parle de toi

Maman, que faut-il donc que ce cœur te souhaite ?

Des trésors ? Des honneurs ? Des trônes ? Non, ma foi !

Mais un bonheur égal au mien quand je te vois. »

Si les formules poétiques ne se glissent pas dans ce poème, je pense, sincèrement et sans aucune prétention de ma part que la poésie s’y trouve tout de même… mais je comprends et j’intègre parfaitement que ce n’est pas votre point de vue, ça ne me pose aucun problème quand tout cela est signalé avec délicatesse comme vous le faites…

Provencao

Merci pour votre commentaire. Ces mots je n’ai pas su les dire, mais je suis encore en vie et ma mère aussi, alors je lui montre aujourd’hui et surtout je lui dis ce que je ne lui disais jamais auparavant : « Maman, je t’aime ». Au plaisir de vous lire également.

Eskisse

Merci pour votre commentaire. Oui, bien évidemment, Albert Cohen et « Le livre de ma mère », si ma mère était morte, on aurait également pu penser aux premiers mots de « L’étranger » d’Albert Camus :

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

Pour danser avec l’absence, comme je l’explique plus haut, ce n’est pas la perte définitive, mais le sentiment d’abandon qui m’a malheureusement poursuivi toute ma vie, encore aujourd’hui parfois…

Pour la force invisible, la formule est très juste au vu de tout ce que j’ai déjà raconté sur la bipolarité, ma bipolarité.

Comme si ce n’était pas moi, mais une ou des entités supérieures, des millions de Moi fragmentés qui se réunissaient et cohabitaient en même temps dans mon propre psychisme…

« La consolation par les mots, c’est ce que recherche, il me semble, ce sonnet touchant. »

Vous avez mis le doigt dans le mille, c’est exactement cela, une catharsis qui s’exprime avec des mots, avec des poèmes empreints de souffrances familiales…

Cyrill

Merci pour votre commentaire. Je pensais vraiment que personne ne me croirait si j’évoquais la petite fée correctrice, j’avais peur de passer pour un dingue, mais je vois que vous y croyez également et que vous l’avez vous-même peut-être déjà rencontrée, me voilà pleinement rassuré !

Merci à cette petite fée !

« Il semble que quelque chose ait été brisé, »

Beaucoup de choses furent brisées dans ma famille, il a fallu danser avec les tentatives de suicide de ma sœur, les internements en hôpitaux psychiatriques de ma mère et d’autres choses encore qui apparaîtront peut-être un jour sous forme de poésie ici même en cas de publication (et d’inspiration)…

« Il semble aussi que vous, locuteur, ayez trouvé quelque paix, et le moyen de vivre avec les manques, de renouer ce lien de manière moins douloureuse. »

Oui, c’est tout à fait ça, j’ai fait la paix avec moi-même et avec mon passé, je ne vois plus tout cela comme une fatalité ou une punition divine, ma bipolarité, l’absence, le suicide, ma sœur, etc., m’ont énormément fait souffrir, mais ils m’ont également permis de me construire en tant qu’être humain, parfois de me reconstruire, c’est ce qui fait ce que je suis aujourd’hui, et quand je regarde en arrière, je me dis : « franchement, avec toutes les épreuves que tu as dû traverser, tu ne t’en es vraiment pas si mal tiré ! »

J’ai un traitement qui fonctionne depuis 10 ans maintenant, je suis stabilisé. Il y a encore quelques petites choses auxquelles je dois faire attention parfois, mais j’ai la chance d’être bien entouré et d’avoir un suivi psychologique mensuel.

À propos des dons de divination que j’évoquais plus haut, ça me fait penser à cette phrase d’Antonin Artaud dans son livre « Van Gogh le suicidé de la société » :

« C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient… »


Pour les mystères c’est direction congélateur, je veux bien vous en offrir un si vous voulez… plus sérieusement, vous trouverez quasiment tout expliqué dans les autres remerciements de commentaires, les mystères et les jokers que je n’ai même pas gardés pour moi !

Bonne fête à toutes les mamans comme vous le soulignez si bien !

Boutet

Merci pour votre commentaire. Oui, très belle initiative du CE que je remercie pour cela.

Les 3 infinitifs me plaisent pour une raison particulière. Je trouve qu’ils donnent un certain élan au quatrain. Ce sont des états ou des sensations. Sentir, M’endormir, Rêver…ils ont une logique par rapport à l’absence je trouve. J’aurais aimé sentir en premier, puis m’endormir enfin rassuré et pour finir, rêver en toute sérénité, à ses côtés, mais ce ne fut pas malheureusement pas le cas…

Pour Byzance, je m’en explique plus haut, mais je comprends vos réserves, pas de souci.

Ma mère pourrait lire ce poème, bien qu’elle soit en maison de retraite, elle a encore toute sa tête, depuis que je m’occupe d’elle, elle n’a jamais aussi bien été. Elle ne peut simplement pas vivre toute seule, mais sa bipolarité a tendance à se stabiliser avec l’âge, en plus de son traitement de fond.

Mais je ne lui ferai jamais lire, je ne voudrais pas que cela fasse remonter de mauvaises choses en elle, qu’elle culpabilise. Elle culpabilise déjà assez comme cela pour la mort de ma sœur. Elle pense que c’est de sa faute si elle s’est suicidée, que c’est elle qui lui a transmis sa maladie. J’ai beau essayer de la rassurer et de lui dire que Delphine souffrait énormément, que personne ne pouvait rien pour elle, elle me le répète très souvent.

Ma plus grande angoisse dans la vie c’est de mourir, mais pas seulement pour moi, simplement, c’est très difficile quand un frère ou une sœur a choisi de mettre fin à ses jours, j’ai beau ne pas être si vieux que ça, je n’arrête pas de me dire pourvu qu’il ne m’arrive rien, ma mère ne se remettrait jamais de perdre son deuxième enfant.

J’espère vivre encore de longues années avec elle, mais le jour où elle partira, le plus tard possible, j’avoue qu’au-delà de la tristesse, il y aura une forme de soulagement en me disant que c’est moi qui m’occuperais des funérailles de ma mère et non l’inverse…




C’était vraiment important pour moi que ce poème se trouve quelque part, je suis heureux que ce soit sur Oniris. Ma mère ne pourra jamais le lire, mais je tenais tout de même à lui dédier et conclure en lui disant :

« Je t’aime très fort ma petite maman chérie, je connais les enfers par lesquels tu es passée, j’ai payé l’obole à Charon et emprunté les mêmes chemins méandreux, mais nous sommes réunis à présent, nos démons ne nous font plus peur… »

Contribution du : Hier 20:46:00
_________________
« Deviens ce que tu es »
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer


Re : L'absence...remerciements...
Maître Onirien
Inscrit:
31/01/2014 22:04
De quelque part entre ciel et terre
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Groupe de Lecture
Membres Oniris
Post(s): 14934
Hors Ligne
Bonjour Polza,

comme tous ceux qui prennent la peine de répondre à leurs commentateurs, je sais le temps, la patience et surtout la considération profonde que cela demande.
Merci à toi de nous avoir offert tout cela; pour ma part, je n'ai rien d'autre à te dire que je suis profondément, sincèrement émue par ce généreux retour plein de sensibilité, d'honnêteté et de franchise.
Quelle belle preuve de confiance!
Prends bien soin de ton "âme de cristal". Elle te fais écrire de bien jolies choses.
Même sans la concordance des temps

Contribution du : Aujourd'hui 5:51:03
_________________
"Les mots peuvent être "impuissants" et pourtant ils sont tout ce que nous avons pour étayer nos ruines". Joyce Carol Oates
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer


Re : L'absence...remerciements...
Maître Onirien
Inscrit:
08/06/2013 21:10
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Membres Oniris
Comité Editorial
Groupe de Lecture
Responsables Edition
Post(s): 29764
Hors Ligne
Jamais peut-être remerciements n'auront été si prompts. Bravo Polza pour cette spontanéité, et merci pour ces longues explications, aussi touchantes que le poème lui-même. Encore une fois, je te remercie pour la confiance que tu accordes à tous.
Nous sommes donc au moins deux doux-dingues à croire à une fée laborieuse qui veille chaque jour à la correction et la publication de nos petits poèmes et autres écrits, et à l'alignement des astres. Répandons la nouvelle

Contribution du : Aujourd'hui 6:11:45
_________________
Maître et Talons
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer


Re : L'absence...remerciements...
Maître Onirien
Inscrit:
24/05/2021 12:24
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Primé concours
Comité Editorial
Groupe de Lecture
Membres Oniris
Post(s): 11202
Hors Ligne
Merci Pola pour ce retour et cette transparence....

Contribution du : Aujourd'hui 7:07:48
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer


Re : L'absence...remerciements...
Expert Onirien
Inscrit:
08/04/2022 10:50
De Tannhäuser Gate
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Membres Oniris
Groupe de Lecture
Post(s): 4640
Hors Ligne
Citation :

Myndie a écrit :

Prends bien soin de ton « âme de cristal ». Elle te fais écrire de bien jolies choses.
Même sans la concordance des temps


Bonjour Myndie et merci pour ton extrême (Gérard) mansuétude :lol :

Tu remarqueras que par égard Saint-Lazare pour toi, dans mes remerciements, je n’ai rien dit concernant ton consternant : « sans emphase la perte d’une d’une mère. »

Peut-être tu étais à la plage quand tu as commenté mon poème

« Elle te fais » voilà ce que ça donne quand on écrit ses messages à 5 heures du mat pas encore qu’on n’est pas encore bien réveillée

Plus sérieusement, c’est vrai que ça prend du temps de répondre aux commentaires, mais si certaines personnes ont pris la peine de commenter, c’est la moindre des choses, je trouve. Et les petits retours sur remerciements font également toujours plaisir

Contribution du : Aujourd'hui 7:19:33
_________________
« Deviens ce que tu es »
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer


Re : L'absence...remerciements...
Expert Onirien
Inscrit:
08/04/2022 10:50
De Tannhäuser Gate
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Membres Oniris
Groupe de Lecture
Post(s): 4640
Hors Ligne
Citation :

Cyrill a écrit :
Jamais peut-être remerciements n’auront été si prompts. Bravo Polza pour cette spontanéité, et merci pour ces longues explications, aussi touchantes que le poème lui-même. Encore une fois, je te remercie pour la confiance que tu accordes à tous.
Nous sommes donc au moins deux doux-dingues à croire à une fée laborieuse qui veille chaque jour à la correction et la publication de nos petits poèmes et autres écrits, et à l’alignement des astres. Répandons la nouvelle


Merci Cyrill, ça me gênait un peu que l’on puisse penser que ma mère n’était plus de ce monde, j’ai voulu clarifier les oeufs les choses, j’en ai profité pour toutes et tous vous remercier…

À l’heure des débats sur l’IA et sur la place d’Internet au cœur de nos vies, je trouvais ça important de montrer (je ne suis pas le seul à le faire sur Oniris, fort heureusement) que nous étions avant tout des humains avec nos forces et nos faiblesses, que nous n’avions pas besoin de cette IA pour dévoiler des fragments de nos âmes, de nos blessures les plus profondes…

Peut-être tout n’est pas parfait, mais au moins, j’écris tout ça tout seul, comme un grand garçon !
À vrai dire, et ce n’est absolument pas pour relancer un débat auquel je ne souhaite pas participer, je trouve cela hallucinant que l’on doive se poser certaines questions sur Oniris, comme si ce n’était pas une évidence que presque tous les auteurs et les autrices de ce site viennent nous livrer à cœur ouvert leurs secrets les plus enfouis ou du moins une part d’eux-mêmes qu’ils souhaitent partager en toute transparence.

J’imagine que le nombre de celles ou ceux qui ne la jouent pas franc-jeu sur Oniris est plutôt limité, du moins je l’espère…

Oui, cette fée existe, je lui ai même déjà parlé, je crois n’avoir jamais vu une fée aussi gentille

Répandons la grande nouvelle comme vous dites, soyons ses premiers apôtres…

Contribution du : Aujourd'hui 7:38:14
_________________
« Deviens ce que tu es »
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer


Re : L'absence...remerciements...
Expert Onirien
Inscrit:
08/04/2022 10:50
De Tannhäuser Gate
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Membres Oniris
Groupe de Lecture
Post(s): 4640
Hors Ligne
Citation :

Eskisse a écrit :
Merci Pola pour ce retour et cette transparence....


Merci pour votre commentaire et pour votre retour sur mes remerciements, Eskisse. Cela fait toujours plaisir, même deux ou trois petits mots, il n’y a rien de plus désagréable pour moi que de passer des heures à écrire des remerciements (je suis un peu long, je me déconcentre assez facilement) et de ne pas savoir s’ils ont été lus ou pas… Aussi, merci de les avoir lus et de me l’avoir signalé…

Contribution du : Aujourd'hui 7:43:33
_________________
« Deviens ce que tu es »
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer


Re : L'absence...remerciements...
Maître Onirien
Inscrit:
02/10/2012 20:34
De Là-bas
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Groupe de Lecture
Membres Oniris
Primé concours
Post(s): 30235
Hors Ligne
Bonjour Polza

Je sais que votre poème est pétri de sincérité et vos vers d’une grande sensibilité avec ce « je » qui assume son histoire familiale.

Merci pour ce retour détaillé.

Un quotidien dévoilé, une vérité sans artifice. La lectrice que je suis n'en attendait pas tant.

J'ai évoqué en catimini l'aspect un peu prosaïque et le manque de poésie de ce poème mais vous êtes votre meilleur défenseur :

"en ce qui concerne le mien et en toute objectivité, je trouve pour ma part que c’est justement sa non-recherche de la formule poétique coûte que coûte qui fait sa force…" 

Et de citer la simplicité d’un poème de Victor Hugo.
Que pourrai-je répondre ?
Rien, je me tais en vous souhaitant de longues et belles années auprès de votre maman à toujours lui dire que vous l’aimez.

Et vous offrir cette jolie musique d'accompagnement :
https://www.youtube.com/watch?v=d9eSMmgzKyw

Contribution du : Aujourd'hui 9:45:02
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer


Re : L'absence...remerciements...
Expert Onirien
Inscrit:
04/01/2023 18:42
De Vendée - Pays de la Loire
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Groupe de Lecture
Membres Oniris
Post(s): 5550
Hors Ligne
Bonjour Polza et merci de votre retour pour sa franchise et sa sincérité.

Je connais bien la bi-polarité pour l'avoir fréquentée avec ma belle-soeur pratiquement toute sa vie.

Elle a subi moult traitements à base de lithium, de sismothérapies et de séjours en maison spécialisée.

Elle est décédée en octobre dernier, victime non pas de la maladie mais de tous ces traitements qui

usent le corps à la longue. Toutes ces médications ont fini par paralyser ses gestes de réflexe :

elle s'est étouffée en mangeant un aliment et par manque de surveillance est restée trop longtemps

avec un cerveau non alimenté en oxygène qui l'a plongée dans un comas irréversible.

Boutet

Contribution du : Aujourd'hui 10:02:47
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer


Re : L'absence...remerciements...
Expert Onirien
Inscrit:
08/04/2022 10:50
De Tannhäuser Gate
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Membres Oniris
Groupe de Lecture
Post(s): 4640
Hors Ligne
Bonjour Cristale,

Je voulais d’abord vous rassurer (si besoin en était) en vous stipulant que j’ai très bien pris votre commentaire, vos conseils sont toujours avisés et respectueux de la personne que vous commentez…

Je comprends parfaitement votre « reproche » aspect un peu prosaïque, comme vous le soulignez si bien, dans un souci d’économie lié à mes modestes ressources, je me suis fait mon propre avocat, parce qu’une heure en cabinet ou au téléphone, c’est facilement 100 balles 

Merci pour le souhait que vous formulez pour moi, j’espère qu’il se réalisera, ma mère est ma dernière famille du cercle familial (je ne parle pas de ma compagne ou de mes 2 petits enfants chéris que j’aime énormément), je redoute le jour où elle ne sera plus là, mais en attendant pas ce jour, je préfère essayer de ne pas trop y penser et de lui rendre son quotidien le plus agréable possible en lui témoignant des marques d’amour…

Merci pour Richard Clayderman , très belle interprétation, ça me rappelle quand mon père, ma mère, ma sœur et moi étions une famille heureuse et que nous regardions Champs-Élysées le samedi soir ou les émissions de Jacques Martin le dimanche (je viens d’une famille modeste, on ne regardait pas les émissions dites intellectuelles, mais ce n’est pas une tare en soi !).

Contribution du : Aujourd'hui 10:32:09
_________________
« Deviens ce que tu es »
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer



 Haut   Précédent   Suivant
(1) 2 »





Oniris Copyright © 2007-2025