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Humour/Détente
Agueev : L'heure des anges [concours]
 Publié le 12/01/15  -  20 commentaires  -  8495 caractères  -  176 lectures    Autres textes du même auteur

Le thème du concours m'a franchement paru psychédélique. Et puis j'ai eu un flash qui donne cette histoire.


L'heure des anges [concours]


Ce texte est une participation au concours n°18 : Le soutien-gorge de Mlle Lili (informations sur ce concours).



Ras le bol de ce froid ! Il est très tard ou très tôt, j’ai du mal à me souvenir. De toute façon j’ai toujours l’impression qu’il fait nuit en hiver. Heureusement les quelques whiskys que je viens de m’enfiler me permettent d’appréhender sereinement les piqûres du gel qui attaquent mes extrémités. Je ne sens rien et chaque éclat des lumières s’agrandit façon loupes. L’ivresse m’éclaire comme une fusée de détresse.

C’est toujours le même problème, je rejoins des potes dans un bar et prévois de rentrer tôt. Et puis un verre, ensuite une cigarette dehors, on rencontre des gens, on repère des filles, on reprend un verre, un troisième, on refume, on discute, on ne compte plus les verres, les clopes, les filles et les heures. Résultat je suis trop bourré et pars seul, soudainement, histoire de ne pas laisser une trop mauvaise image à mes conquêtes virtuelles.

Rue du Faubourg-Saint-Antoine, les taxis ne s’arrêtent pas en constatant ma démarche hésitante. Je me borne à suivre avec concentration la ligne du trottoir afin de garder un brin de dignité. Mon cerveau va à cent à l’heure alors que tout, autour de moi, est au ralenti. J’en tiens une bonne ! Je dois faire une pause. Je stoppe mon pénible périple pour m’allumer une trentième cigarette. J’ai du mal à l’allumer, mes doigts ne bougent pas et ma main part de droite à gauche. Je m’approche d’une vitrine afin d’éviter un vent qui n’existe pas et surtout me cacher des passants qui se réduisent à des amoureux pressés de rentrer pour conclure et des clodos pressés pour ne pas crever.


C’est à ce moment que je remarque la vitrine de la boutique devant laquelle je végète depuis 5 min avec une clope éteinte et chiffonnée à la bouche. Une enseigne rose, genre écriture à la main, limite infantile : Mademoiselle Lili. En petit au-dessous « Lingerie fine ». Une soudaine peur de passer pour un pervers me pousse à reculer et c’est là que je la vois qui me regarde. Une jolie mannequin mince et droite, une jambe légèrement avancée gainée de bas noirs, habillée d’une culotte de dentelle si fine que la couleur de sa peau semble scintiller à travers comme les étoiles dans un ciel sans lune. Mais surtout, elle porte un soutien-gorge incroyablement sexy. Je ne saurais dire pourquoi, un rouge sang séché tirant sur le carmin, des liserés de soie noire et au milieu un petit logo doré. Sûrement pas d’une grande originalité, mais il va si bien sur la poitrine parfaite de cette poupée géante.

Un éclair traverse mon esprit, ce n’est pas l’heure des génies… Je cherche autour de moi et mon regard s’arrête à une vingtaine de mètres sur une vieille télé destinée au recyclage. Je précipite son destin, l’attrape et la transforme en projectile en la jetant de toutes mes forces dans la vitrine. Le boucan fait s’immobiliser des badauds, stupéfaits de me voir agripper le mannequin presque à poil puis l’emporter en courant comme un cinglé.

Je tourne immédiatement dans un petit passage que je connais, celui de la Main-d’Or, pour me retrouver finalement loin de la boutique et des témoins, dans un quartier intime bourré d’ateliers sans artiste et de bars.

L’effort fulgurant que je viens de réaliser, allié à l’ivresse me tourne la tête. J’en oublie que je me balade avec ce mannequin en dessous chics sous le bras. J’entre dans un bistrot encore ouvert, le dernier sans doute. Le patron est aussi ivre que ses clients. Il a dû en voir de toutes les couleurs derrière son comptoir maculé de taches et de restes d’alcools en tout genre. Il n’est pas choqué par mon acolyte debout à côté de moi, reposant sur son support. Il lui demande son prénom. Je lui réponds :


– Elle s’appelle Lili.

– Et vous prendrez quoi les amoureux ?

– Deux gin-tonics.

– Elle a pas froid votre Lili de ce temps-là ?


Je ne réponds rien.


– Remarquez l’amour tient chaud il paraît !


Il est complètement à l’ouest, les deux ou trois clients ne sont pas mieux. Ils matent Lili comme la dernière des salopes. Je liquide les deux gins et me casse.

Le froid est pire et il commence à neiger. L’alcool ne fait plus effet, ma seule chaleur vient de cette poupée que je tiens fermement dans mes bras et la douceur de son soutien-gorge contre ma joue. Il faut que je rentre. Je sais que j’ai fait une connerie, mais je suis rassuré de ne pas rentrer seul. J’ai Lili. Je me fous de tout au point de dégrafer son soutif pour m’en faire un protège-oreille. Ses seins sont vraiment parfaits. J’ai l’air d’un fou, mais il est des heures où tout arrive sans que les autres ne se posent de question. J’appelle cela l’heure des anges. Demandez à Marie, la mère de Jésus, elle vous expliquera. J’arrive enfin chez moi.


Le réveil est rude, très rude. Je suis affalé sur le canapé, je porte toujours mes fringues de la veille. Mon salon tangue. La lumière pourtant tamisée d’un matin d’hiver, me foudroie comme un soleil d’été. L’acidité de l’alcool me ronge l’estomac. J’ai du mal à bouger. En posant les mains sur mes tempes je fais tomber sur mes genoux le soutien-gorge de Mademoiselle Lili. Lili !!!! Merde !!! En un flash la soirée de la veille défile comme un mauvais film, des images brouillées, des éclairages troubles. C’est là que je vois face à moi, au bout du canapé le mannequin, les nichons à l’air, les bas tombés sur les chevilles, elle est grotesque, indécente, comme un reflet de moi-même.

J’ai honte. Je ne m’explique pas cet accès de folie. C’est loin d’être la première fois que je rentre totalement torché. C’est vrai qu’il est beau ce soutien-gorge, mais de là à voler le mannequin qui le porte et à passer la nuit avec, il y a quelques degrés d’écart. Je veux me racheter. Je dois restituer ce mannequin à la boutique. Rendre un peu de dignité à Lili. Mon désir de rédemption me redonne de l’énergie. Je me lève, jette mes vêtements au sale, prend une douche bouillante, deux aspirines, m’habille, mange deux œufs au plat avec des toasts et finis par trois expressos.

J’arrive en voiture devant la boutique. Lili est à l’arrière, planquée sous une couverture. Il y a du verre éparpillé partout et déjà une grande bâche transparente pour protéger le magasin. Des gens discutent devant. J’essaie de voir si je reconnais quelqu’un, mais vu mon état hier soir, j’aurais pu croiser Mick Jagger que je ne m’en souviendrais pas. J’attends presque une heure qu’il n’y ait plus personne et me lance. J’entre et m’avance vers une jeune femme dont la beauté me foudroie. Je ne sais plus pourquoi je suis là. Je reste debout tel un pantin.


– Bonjour monsieur ! Que puis-je faire pour vous ?


Elle me sourit, je reste comme un crétin en regardant la vitrine bousillée.


– Eh oui, encore des abrutis qui ont fantasmé sur un mannequin. Il y a vraiment des tarés, c’est la troisième fois que cela arrive cette année. Mon assurance va me lâcher si ça continue. Vous cherchez un cadeau ?


La seule réponse qui me vient est une question.


– Qui est mademoiselle Lili ?


Elle me regarde d’abord stupéfaite par la phrase que je viens de prononcer, perce mon regard. Elle y voit sans doute un homme un peu perdu ou un homme qui tombe amoureux. Elle sourit et avec une intonation apaisante s’exclame :


– Mais c’est moi mademoiselle Lili ! Je m’appelle Lise.


C’est la panique dans mon cerveau, entre le souvenir d’avoir dormi cette nuit avec Lili, son soutif sur mes oreilles, le jet de télévision, le bruit et les éclats, l’alcool. En une seconde la situation me paraît tellement ridicule, tellement ubuesque que j’en ris intérieurement. J’en ris si fort qu’apparaît sur mon visage un sourire franc et un regard sûr quand je lui dis simplement :


– Laissez-moi vous inviter à dîner pour oublier tout ça.


Avec le même air stupéfait, elle me dévisage pendant dix secondes. Je ne bouge pas, ne scille pas, comme si ma proposition était une évidence pour elle et pour moi. Puis elle me sourit de nouveau et dit simplement : « D’accord ! Venez me chercher vers 19 h 30 quand je fermerai le magasin. »


En rentrant, je dégage le mannequin dans une impasse pour camés. Cela les amusera sûrement.

Je lui jette un dernier regard attendri. Finalement à l’heure des anges les miracles peuvent surgir.

Je ne sais pas si je verrai son soutien-gorge, mais ce soir je dîne avec mademoiselle Lili.


 
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   socque   
6/12/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ah, ben c'est bien mignon cette histoire, je trouve ! Comme quoi se torcher comme un malpropre et vandaliser un magasin, finalement, se révèle une bonne stratégie de vie...

Bon, le texte m'a fait sourire, c'est déjà ça. Je le trouve sympathique, léger, plutôt superficiel mais enfin c'est l'idée. J'ai bien aimé ma lecture, même si je trouve le narrateur assez archétypal dans le genre "sympa paumé".

   Bidis   
11/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L’écriture est agréable et le texte se lit sans ennui. Mais…
Je trouve l’histoire tirée par les cheveux. C’est dommage parce qu’il y avait de l’idée et même, je trouve la trouvaille du mannequin excellente. Mais, à mon avis, il eût été beaucoup plus juste, plus naturel et, par là, plus « lisible », que le personnage bourré trouve le mannequin un peu cassé dans la poubelle d’un magasin à l’enseigne de « Mademoiselle Lili », avec comme seul vêtement le soutien gorge hyper sexy mais souillé et un peu déchiré. La virée en cette étrange compagnie était suffisamment déjantée pour embarquer le lecteur dans un délire jubilatoire avec peut-être un passage plus long dans le bistrot avec d’autres soûlards et le mannequin au milieu. Par la suite, dessoûlé, le personnage repasserait devant la boutique et remarquerait la vendeuse pour une chute romanesque qui plaît toujours…
Si, en plus, l’écriture avait été un chouia plus percutante, l’on aurait eu du coup, je crois, une nouvelle de très, très haut niveau.

   Asrya   
4/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une nouvelle qui mêle histoire de vie, sentiments et humour ; plaisant.
Le thème est respecté, le soutien-gorge de Mademoiselle Lili est presque un personnage à lui seul, il est l'objet de ce texte ; à la fois évasion, à la fois rédemption.
Une aventure plutôt saugrenue dont je ne m'étais jamais imaginé la possibilité. Pourtant, ce doit arriver.
C'est bien traité, l'alcool, l'aliénation, la passion ; une suite "logique" qui dessine les méandres de la vie d'un homme. Sympa.
J'ai particulièrement apprécié deux petites phrases :

"mais il est des heures où tout arrive sans que les autres ne se posent de question"
--> une image sympathique que j'ai trouvé d'une incroyable sincérité.

"Demandez à Marie, la mère de Jésus, elle vous expliquera"
--> celle-ci m'a bien fait rigolé.

La chute est charmante, un peu de romantisme derrière cet acte fou ; l'heure des anges (douce sensibilité).
Un peu de romantisme, mais aussi un peu de "lubricité". Que demandez de plus ?
Peut-être que la fin est un peu "grosse", que l'acceptation de l'invitation à dîner est un peu précipité ; certains croient aux coups de foudre (pourquoi pas).

J'ai passé un très bon moment à vous lire, vous et cette aventure sentimentale singulière,
J'aurais plaisir à la relire à nouveau,
Merci pour cette lecture,
A bientôt.

   in-flight   
12/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai tout de suite pensé à une nouvelle de Bukowski dans le recueil "au sud de nulle part"
Je trouve la fin un peu "rapide", j'aurais bien vu le délire avec le mannequin se poursuivre dans des situations rocambolesques.

Je stoppe mon pénible périple pour m’allumer une trentième cigarette. J’ai du mal à l’allumer--> petite répétition, volontaire peut-être pour illustre l'ivresse du narrateur.

Je m’approche d’une vitrine afin d’éviter un vent qui n’existe pas et surtout me cacher des passants qui se réduisent à des amoureux pressés de rentrer pour conclure et des clodos pressés pour ne pas crever.--> Je comprends l'idée que vous souhaitez nous faire passer mais la phrase semble un peu bancale.

mange deux œufs au plats --> Des œufs après une murge, y'en a qui ont un foie de compèt'...

EDIT: La nouvelle de Bukowki, c'est "L'amour pour $ 17,50 (Love for $17.50)".

   Robot   
12/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte sympathique. L'histoire de l'ivrogne qui pète les plombs est crédible mais la fin trop simpliste ne l'est pas. Une histoire amusante avec un grain de folie à laquelle il manque un achèvement en apothéose.

   Automnale   
12/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour, Agueev ! Puisque votre texte est, dans le cadre du concours, le premier publié, c'était, me semble-t-il, encore plus intéressant de le découvrir. Je viens de le lire deux fois, et ne me suis pas du tout ennuyée... J'ai pensé, en souriant, que l'auteur était expert pour décrire les méfaits - ou agréments - de l'ivresse ! La description du soutien-gorge est plus brève ! J'ai aimé les deux images : celle des amoureux pressés de rentrer pour conclure, et celle des clodos pressés pour ne pas crever... L'appellation du "Passage de la Main-d'Or" m'a amusée et fait réfléchir ! J'ai moins apprécié l'évocation de "Marie, la mère de Jésus"... De même, les mots "torché" et "nichons" m'ont fait, à tort ou à raison, un peu sursauter... Pour ce qui concerne le jet de télévision, il s'agit plutôt du jet d'un "téléviseur" (c'est un petit détail). Et j'ai aimé la chute ! Je me demande même si le narrateur avouera un jour - peut-être lors de confidences sur l'oreiller ! -, à Mademoiselle Lili, la vérité...

J'ai l'impression que le plaisir que vous avez à écrire, ainsi que votre imagination, Agueev, sont communicatifs, ce qui fait que le lecteur passe, en vous lisant, un moment agréable. Merci.
Automnale

   Acratopege   
12/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bien rafraîchissant, votre petit conte de Noël à l'envers pour adultes. Le rythme endiablé du début m'a fait tout de suite penser à un scénario de film burlesque du temps du cinéma muet. Charlot, peut-être pas, mais enfin... Ensuite, ça se calme peut-être un peu trop. On se retrouve dans un récit plus classique, mais léger et bien écrit. La chute est adorablement romantique. J'ai particulièrement aimé le menu du petit-déjeuner: les œufs au plat ont-ils été choisis au hasard?
En bref, un agréable moment tout en sourire, et pan dans cible du concours. Merci.
Une question quand même: cette "heure des anges", vus avez inventé l'expression? Rien trouvé sur la Toile à part un film sur padre Pio...!

   molitec   
13/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
De la première partie du texte, se dégage une image claire de l’état dans lequel se trouvait le personnage principal, on comprend qu’il était ivre, que ça commençait à devenir une habitude ennuyante, et qu’il y’avait de la frustration, venant des conquêtes virtuelles et de la vacuité de ses soirées ; s’était suffisant pour que j’adhère à son délire qui va s’ensuivre, malgré son imprévisibilité et improbabilité.
J’ai apprécié également la description du personnage, de ses mouvements, de son parcours dans la rue.
La phrase « L’ivresse m’éclaire comme une fusée de détresse » appuie joliment l’impression générale ressentie au début je trouve.
Son geste impulsif et soudain, avait traduit ses frustrations antérieures en quelque chose de concret.
Il y’en a de l’humour dans le texte, avec des phrases et des passages drôles, comme celui incitant à imaginer le personnage courir la nuit avec un mannequin sous le bras, puis tourner dans un passage qu’il connaissait, pour fuir, avec un air peu être sérieux et inquiet, s’était drôle.
J’ai apprécié aussi la fin ; après avoir trouvé le soutien-gorge de Lilli durant cette nuit mémorable, il retrouvera enfin Lilly, le lendemain, en chair et en os.
Merci pour cette belle lecture, au plaisir de vous relire.

   pieralun   
13/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire qui ne surprend pas, mais une bonne écriture.

Aucune lassitude dans la lecture .
Un très bon rendu de l'atmosphère glaciale, de la vision après une grosse consommation d'alcool.
L'idée du mannequin est assez originale, et le soutien gorge flotte un peu à coté de cette histoire; cela n'a pas d'importance.

Je ne suis pas un commentateur habituel de nouvelles, mais une lecture sympa.

   Lulu   
13/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne suis pas fan du style (je pense au registre familier), mais je le trouve bien adapté au narrateur qui a trop bu. D'ordinaire, je n'aime guère la narration au présent, mais là, je la trouve aussi bien adaptée au récit.

J'ai bien aimé le récit dans son ensemble, mais je suis un peu surprise par le fait que mademoiselle Lili accepte l'invitation de l'inconnu... C'est assez peu crédible. Ils se sont à peine dit bonjour...

J'aime beaucoup le titre.

Bonne continuation.

   Perle-Hingaud   
14/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Premier texte lu, bonne pioche ! J’aime bien le rythme nerveux, la narration sur un mode détaché / humoristique de ce pied nickelé amoureux d’une fille en plastique… mais qui préferera la vraie, moins sculpurale peut-être, mais l’humain, on aura beau râler, y a que ça de vrai !
Le deuxième paragraphe m’a rappelé « Paris by night » de Benabar, du coup, hop, j’ai le sourire.

Le passage dans le café avec le mannequin sous le bras est drôle ! J’aurais préféré que le patron soit à jeun, histoire d’appuyer l’aspect décalé du texte.
Le soutien-gorge comme protège-oreilles… va falloir m’expliquer. Votre narrateur a vraiment une toute toute petite tête ! (ou alors... un soutien-gorge qui se dégrafe devant ? comment ça, je chipote ? ^^)

« En un flash la soirée de la veille défile comme un mauvais film » : j’enlèverais «comme un mauvais film », inutile.
« mange deux œufs au plat avec des toasts » : par contre, ça, c’est bien, ça donne de la véracité au narrateur.

En conclusion, un texte bien sympathique, merci !

   Anonyme   
15/1/2015
Salut Agueev
En sélection, je me suis régalé de cette bluette au second degré, cool, imaginative et... bibinatoire.
Je viens d'en reprendre une soupière
Outre l'histoire, j'apprécie vivement le style du narrateur.

   Neojamin   
15/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

L'histoire est bien écrite, absurde à souhait tout en gardant un semblant de réalisme. On pourrait y croire...
J'ai bien aimé cette allégorie de la recherche d'une femme parfaite...et j'ai donc été déçu... Ça se termine trop bien pour moi et j'aurais de loin préféré que Mme Lili n'existe pas, que le héros s'accable dans son chez lui et s'invente une vie avec cette poupée, la surnommant Lili, l'aimant de tout son être...Mais bon, c'est une question de point de vue!

J'ai trouvé que la fin manquait d'états d'âme alors que c'était ce que je préférais dans la première partie.
J'ai beaucoup aimé le titre, le ton général de la nouvelle et cette phrase :
"C’est là que je vois face à moi, au bout du canapé le mannequin, les nichons à l’air, les bas tombés sur les chevilles, elle est grotesque, indécente, comme un reflet de moi-même."

Bonne chance!

   aldenor   
16/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
L’état d’ivresse, la scène devant la vitrine, le coup de foudre avec le mannequin, le coup de folie de la télé, toute cette première partie m’a beaucoup plu. Surréaliste.
Ensuite dans le bistro, le mannequin qui passe inaperçu dans l’ivresse générale, le soutien protège-oreille, c’est drôle, bien pensé.
Mais la fin, triomphante, me déçoit.
Vous sortez le héros de son état d’ébriété et de son embarras subséquent. Du coup vous perdez le moteur du rire.

L’écriture est efficace. Quelques remarques :
« Une jolie mannequin » : mannequin est masculin.
Pas de raison d’abréger « 5 min » pour cinq minutes.
« ...elle porte un soutien-gorge incroyablement sexy. Je ne saurais dire pourquoi... » : Tel quel, ça signifierait : je ne sais pourquoi elle le porte et non je ne sais pourquoi il me parait sexy, qui est probablement votre intention.
« Un éclair traverse mon esprit, ce n’est pas l’heure des génies… ». Il me semble manquer une transition.
« Demandez à Marie, la mère de Jésus, elle vous expliquera. », pas compris le gag.

   Coline-Dé   
18/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
C'est léger, drôle, bien campé, les descriptions d'après murge criantes de vérité, et le petit côté surréaliste me plaît beaucoup.
Bien sûr, il y a quelques broutilles pas très crédibles, mais dans le mouvement du texte, on ne fait pas la fine bouche ! ( le coup du protège-oreilles, j'adore !)
Dommage que le soutif soit rouge et noir, ça fait tout de suite Pigalle et ça détruit un peu la poésie de ce coup de folie, je trouve...

   VinceB   
22/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Agueev,
J'avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire. Un style trop sage au regard de l'état du narrateur et quelques tournures m'ont freinés au début,
- "me permettent d'appréhender sereinement les piqûres du gel qui attaquent mes extrémités" => long, lourd et improbable réflexion dans un cerveau imbibé, je suggère plus lapidaire et éthylique dans le genre "Euh...même pas froid, moi !"
- "et prévois de rentrer tôt", est-ce bien sûr que c'est le genre de la maison ?
- "histoire de ne pas laisser une trop mauvaise image", là aussi, il paraît très improbable que cela soit sa préoccupation dans l'état qu'il prétend être en fin de soirée... je pense qu'il y avait là plutôt l'occasion d'illustrer sa perte de contrôle plutôt que l'inverse.
- "les taxis ne s'arrêtent pas en constatant ma démarche hésitante", trop sage et alourdi par "en constatant", c'est le moment d'y aller sans hésiter "je fais de grands signes mais les taxis veulent pas s'arrêter...!" Une syntaxe dégradée par l'alcool serait cohérente.
Puis le rythme enlevé du récit et l'humour de la situation font leur effet et j'ai pris plaisir jusqu'à la fin du texte. La fin un peu téléphonée, manque de vraisemblance car trop courte. Le thème du concours est exploité en filigrane mais est bien là.
Merci pour ce texte drôle et léger.

   Jano   
23/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Vraiment sympa cette histoire. En premier lieu j'ai apprécié une écriture propre qui ne s'encombre pas de fioritures, agréable à parcourir. Le scénario est quant à lui réellement amusant et le thème du concours logiquement placé. Un soutien-gorge sur un manequin, ça coule de source. La fin vire un peu à la bluette mais rien de choquant au vu du ton général.

   Janam   
30/1/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai beaucoup aimé l'idée du mannequin, mais je trouve l'ensemble un peu décousu. Ce night trip hésite à rester dans un style "vulgaire" (m'enfiler, bourré, torché, nichons), puis penche à un moment vers le burlesque (son soutif pour m'en faire un protège oreilles). Loin de moi l'idée de bouder ces genres, mais j'aurais préféré un engagement plus franc d'un côté ou d'un autre, et ce manque de constance m'est apparu – c'est personnel bien sûr – comme un manque d'unité.
J'ai aussi regretté quelques imperfections ou maladresses : des répétitions de mots pas nécessaires comme "allumer" ou "pressés, mais peut-être est-ce volontaire ; des "il y a" ou "il y ait" qui auraient pu être évités ; une expression toute faite et quand même bien usée jusqu'à la corde : "Il est complètement à l'ouest" ; d'autres que j'ai mal comprises dans le contexte comme "chaque éclat de lumière s'agrandit façon loupes" ou "il y a quelques degrés d'écart". Enfin, j'aurais plutôt parlé de conquêtes potentielles que virtuelles et j'aurais écrit "un" mannequin.
J'ai trouvé la fin plus laborieuse et moins captivante que le début, comme si l'on cherchait sans succès une issue à cette histoire qui avait pourtant bien commencé.

   Anonyme   
28/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout d'abord, bonjour ! J'ai beaucoup aimé votre nouvelle, légère, assez comique dans le genre "mec bourré qui fait n'importe quoi". C'est assez déjantée, il n'y a aucun doute, mais j'ai bien aimé. Durant quelques minutes j'étais avec le personnage, aussi folle que lui. C'était plaisant ! Enfin bref, j'ai apprécié de lire ce texte, la chute est mal, on ne s'attends pas forcément à ce que l'homme qui a passé la nuit avec un mannequin rencontre finalement la vraie mademoiselle Lili.
Donc voilà, bonne continuation !

   carbona   
11/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Agueev,

J'ai beaucoup aimé votre texte, qui m'a donné pas mal de sourires. Mais quelle nuit de folie, ils sont tous bourrés ma parole !

J'adore vraiment tout le déroulement : la soirée avec les potes au bar, le coup de folie de casser la vitrine, embarquer Lily dans un autre bar (extra !), j'imagine la scène, c'est très drôle et les autres qui la prennent pour une salope, non mais !, le retour à la maison.
Je suis moins emballée par la fin, je crois que l'histoire me suffisait en s'arrêtant là. J'ai trouvé en trop le "coup de foudre" avec la vendeuse.

J'aime beaucoup votre écriture, très fluide, un rythme vif et rapide, un registre de langue bien dosé. Un style qui me plaît beaucoup.

conquêtes virtuelles < l'emploi de virtuelles ne me paraît pas erroné mais ne m'a pas semblé le plus approprié (je suis habituée à le voir associé à des relations à distances, or là les filles sont quand-même présentes)

Une enseigne rose, genre écriture à la main, limite infantile < pareil, infantile ne me semble pas le plus approprié, il m'a fait tiquer

Merci beaucoup pour ce texte !


Oniris Copyright © 2007-2017