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Réalisme/Historique
Alexandre : El Francés
 Publié le 23/01/12  -  11 commentaires  -  8975 caractères  -  87 lectures    Autres textes du même auteur

Un épisode de l'Histoire de France en terre espagnole…


El Francés


Par cette belle soirée de septembre 1936, un homme solitaire se promène sur la petite plage de la Cala de San Vicent, minuscule port de pêche situé sur la côte nord-est de l’île d’Ibiza. Un dernier bateau de pêche, monté semble-t-il par plusieurs marins, s’approche du rivage et notre homme observe la manœuvre. Il peut lire distinctement le nom peint sur la coque : Virgen del Carmen.


Le voyant se diriger dangereusement vers la plage, au risque de s’échouer, il songe que ce n’est pas un habitué des lieux. Au même instant, une voix venant du bord lui demande en français :


– Vous êtes bien le Français de Sa Cala ?


Instinctivement il répond : « Oui ! » puis, brutalement, il comprend que son passé vient de le rattraper. Il tourne les talons et tente de s’éloigner rapidement mais deux coups de feu claquent et, après avoir fait encore quelques pas, l’homme s’écroule sur le sable, mortellement blessé.


La Virgen del Carmen s’éloigne alors de Sa Cala en prenant un cap sud et disparaît dans l’obscurité naissante.


Incrédules et atterrés, ses amis ibicencos le transportent chez lui, dans cette petite maison de front de mer qu’il a construite il y a peu avec l’aide de quelques amis dont Paul René Gauguin, petit-fils du célèbre Paul du même nom, ainsi que Laureano Barrau, peintre impressionniste espagnol, et quelques autres.


Plongé dans un profond coma, el Francés comme l’appellent les gens du cru, mourra deux jours plus tard sans avoir repris connaissance. Les villageois l’accompagneront jusqu’à sa dernière demeure, un petit cimetière sur les hauteurs ; il sera inhumé dans un cercueil fabriqué de leurs mains et recouvert du drapeau tricolore. Toutefois, il leur sera impossible de mettre un nom sur la tombe de cet inconnu qui avait pourtant partagé leur vie durant quelques années. C’était il y a soixante-douze ans !


Résidant à Ibiza depuis quelques mois, et bien que n’ignorant plus grand-chose de l’« inconnu », j’ai voulu en savoir plus et je me suis rendu plusieurs fois à Cala San Vicent jusqu’à découvrir un vieux « témoin » de cette époque, peut-être le dernier. Il avait une dizaine d’années au moment de cet assassinat qui a depuis fait couler beaucoup d’encre, sans pour autant avoir jamais été officiellement revendiqué.


Mon témoin, appelons le Pablo, a connu celui que l’on nommait aussi « el loco del puerto » (le fou du port) parce que, semble-t-il, on le voyait souvent chanter seul et à tue-tête dans un langage que les natifs ne comprenaient évidemment pas.


Pablo parle parfaitement le français, avec parfois dans la voix quelques intonations de titi parisien, car il a passé la plus grande partie de sa vie à Paris.


J’avoue que sa pratique de notre langue a facilité mon enquête… de curiosité.


Pablo m’a reçu chez lui, une vieille maison typique, blanchie à la chaux dedans comme dehors. La finca de la famille depuis des générations, m’a-t-il confié.


Son épouse, une petite dame ridée comme une pomme reinette, portant la jupe longue et le fichu traditionnels, est arrivée avec deux verres et la bouteille de liqueur, Hierbas de Ibiza, spécialité locale s’il en est. Puis le vieil homme a commencé à égrener ses souvenirs.


– Quand j’étais gamin, m’a-t-il conté, la vie était très dure par ici, d’autant que Sa Cala était totalement coupée du reste de l’île. Le village, uniquement peuplé de pêcheurs, vivait pratiquement en autarcie car il fallait plusieurs heures par les sentiers muletiers pour se rendre à Santa Eulalia, la bourgade la plus proche.

La route, que vous empruntez aujourd’hui, ne date que de quelques années, et, si elle a désenclavé le village, elle nous a aussi fait perdre notre identité suite à la construction d’hôtels et à l’arrivée des touristes.

Nous vivions alors exclusivement du poisson. Les hommes en vendaient une partie à Santa Eulalia, ou au port d’Ibiza, au pied de la citadelle pour ceux qui pêchaient par là-bas, et le reste servait à nourrir la famille. Quand la pêche était mauvaise, il y avait toujours quelques fruits et légumes cultivés sur place par les femmes ; la farine de caroube, en principe destinée aux cochons, servait parfois à faire la soudure en ces périodes de vaches maigres… même s’il n’y a jamais eu de vaches sur notre île, poursuit-il en souriant.

Mais ceci est une autre histoire et revenons plutôt à ce qui vous intéresse en priorité.

Oui, j’ai connu « el loco del puerto » qui, pour nous les enfants, n’était pas un fou mais plutôt un don du ciel !

Pensez donc ! Nous n’avions jamais vu d’étranger avant lui ; il est arrivé un beau jour, menant par la bride une mule qui portait son maigre bagage. Ça devait être en 30 ou 31 je pense… Oui, ça doit être ça ! Avec l’aide des villageois et de quelques maçons qui venaient de Santa Eulalia, il a construit une petite maison – je vous y mènerai tout à l’heure car elle existe toujours – où il a vécu jusqu’à sa mort sans jamais travailler.

De quoi vivait-il ? Je ne sais pas ! Il était très discret et ne quittait presque jamais le village. Personne ne lui posait de questions et je crois que c’est ce qu’il aimait chez nous.

De temps à autre, il recevait des amis espagnols, beaucoup d’artistes je crois, mais, à ma connaissance, lui-même n’appartenait pas à ce monde de peintres et sculpteurs ; on le voyait souvent sur le port où il apprenait aux enfants à chanter en français. À dix ans j’interprétais parfaitement Frère Jacques sans bien sûr en connaître le sens ; en somme il aura été mon premier prof de français !

Et un soir… ce bateau, la fusillade suivie de l’enterrement quelques jours plus tard.

Et puis on l’a oublié car c’était une époque troublée pour l’Espagne et, par contrecoup, pour Ibiza.

Quelques années plus tard, le régime politique du moment m’a contraint à fuir mon pays.

C’est ainsi que j’ai vécu à Paris, et, tenez-vous bien, durant des années je suis passé devant le Café du Croissant, dans le deuxième arrondissement, sans me douter un seul instant que… enfin, vous voyez ce que je veux dire ! Je n’ai découvert la véritable identité d’el Francés que bien longtemps après, et par le plus grand des hasards, en visitant le musée Jaurès à Castres où j’étais de passage. Là, il y avait sa photographie. Ça m’en a bien sûr mis un sacré coup ! Au début je n’ai pas voulu y croire mais j’ai bien dû me rendre à l’évidence.

El Francés, el loco del puerto, celui qui m’avait appris Frère Jacques et bien d’autres couplets enfantins, n’était en fait que Raoul Villain, l’assassin de Jean Jaurès !

J’ai alors compris pourquoi il vivait dans notre village perdu et pourquoi lui-même avait été tué… de deux balles, comme celles qu’il avait tirées sur Jaurès au café du Croissant, rue Montmartre à Paris, le 31 Juillet 1914 à 21 h 40, trois jours avant le début de la der des ders.

Par la suite j’ai appris que, après quelques années de prison préventive dans l’attente de son procès, Villain avait été acquitté par la justice française en 1919. Il semble pourtant que, malgré le temps passé, certains de vos concitoyens ne l’avaient ni acquitté, ni oublié… Le paradoxe, c’est que celui qui était pour la guerre à tous crins, aura passé ces années de conflit à l’abri dans une geôle de votre République.


Pablo termine précautionneusement son petit verre de liqueur, el agua de juventud comme il dit lui-même, puis observe quelques instants de silence avant de conclure :


– Certains ont dit qu’il avait été fusillé par les Républicains espagnols qui le soupçonnaient d’espionnage pour le compte des Franquistes. C’est faux ! D’ailleurs, qu’aurait-il pu espionner par ici ? À part les chèvres, je ne vois pas…

Même si ce jour-là l’équipage de la Virgen del Carmen était sans aucun doute composé de miliciens républicains, il y avait au moins un Français à bord ; c’est lui qui a abattu le meurtrier de Jaurès sans même mettre pied à terre. C’est ce que disait mon père vers la fin de sa vie… una venganza francesa, nada mas ! Une vengeance française, rien de plus !


Pablo s’est levé avec difficulté, me faisant comprendre par la même occasion qu’il avait épuisé le sujet. S’aidant de sa canne, sculptée dans une branche de sabine, un genévrier imputrescible et dur comme l’acier, il m’a accompagné jusqu’à l’ancien logis de Raoul Villain.


C’est une petite maison à colonnades, inhabitée et en piteux état, située derrière les nouveaux hôtels construits en bord de mer voilà quelques années ; les issues ont été murées pour une raison que même Pablo ignore.


J’ai chaleureusement remercié mon informateur avant de prendre congé, lui promettant de lui rendre visite à mon prochain séjour sur l’Île magique.


Il est reparti à petits pas vers le port et il m’a semblé qu’il chantonnait. Peut-être fredonnait-il Frère Jacques, souvenir d’enfance… ou alors l’Internationale en hommage à Jaurès ? Je ne le saurai jamais…


Décembre 2008


 
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   socque   
17/1/2012
 a trouvé ce texte 
Bien
Pour moi, les deux dernières phrases (à partir de "Peut-être fredonnait-il") sont inutiles, elles introduisent une note de pathos dans le récit dont j'avais jusque-là apprécié le ton de constat journalistique.
J'ai toujours pensé balèze que l'assassin de Jaurès eût été acquitté juste après la guerre de 14, et j'ignorais totalement son sort après ! Maintenant je le connais, et ça me fait plaisir. L'histoire m'a intéressée, malgré quelques lourdeurs dans l'écriture (cf. ci-dessous).

"Il peut lire distinctement le nom peint sur la coque : Virgen del Carmen.

Le voyant se diriger dangereusement vers la plage" : je trouve proches les deux "gros" adverbes en "ment", ce qui alourdit l'ensemble.
"brutalement, il comprend que son passé vient de le rattraper. Il tourne les talons et tente de s’éloigner rapidement mais deux coups de feu claquent et, après avoir fait encore quelques pas, l’homme s’écroule sur le sable, mortellement blessé" : trois adverbes en "ment" dans ces quelques mots ; pour moi, c'est trop dense.
"Sa Cala était totalement coupée du reste de l’île. Le village, uniquement peuplé de pêcheurs, vivait pratiquement en autarcie" : même remarque.

   matcauth   
17/1/2012
 a trouvé ce texte 
Bien +
c'est un remarquable morceau d'histoire: une écriture sobre, sans fioritures, pour raconter un passage de notre passé. c'est documenté, facile à comprendre, intéressant. Le rythme est constant.
Les personnages (Pablo, son épouse), seul reproche peut être, manquent un peu de relief.
Je ne suis pas historien mais je n'ai pas vu de digressions à la réalité des événements tels qu'ils se sont déroulés. J'aurais aimé que mes cours d'histoire me soient enseignés de cette manière !

Une pointe de suspense, ménagé par l'auteur, donne de la force à cette nouvelle.

En résumé. Une écriture simple et efficace pour raconter un passage de l'histoire de France de façon intéressante, claire et surtout précise.

   brabant   
20/1/2012
 a trouvé ce texte 
Très bien
Récit d'une précision chirurgicale. Tout y est rapporté avec clarté, soigneusement répertorié. L'enquêteur est habile, sensible et cependant objectif (ce texte est d'Histoire) ; le témoin est fiable et sans parti pris.

Le suspense est entretenu avec soin et j'ai lu avec intérêt, progressant avec une avidité (que le qualifierais de méthodologique) dans l'histoire.

J'ai réappris des choses plus ou moins enfouies dans ma mémoire ''estudiantine''. "Pourquoi as-t-on tué Jaurès ?" chantait le grand Brel. Nous avons ici son assassin et deux chansons : "Frère Jacques" et "L'Internationale", l'auteur a la sagesse de ne pas choisir, ni même de condamner (il relate), puisque "Justice a été faite".


Je n'oublierai jamais pour ma part les millions de morts de la Première Guerre Mondiale. En assassinant Jaurès on la rendait inévitable.

Un homme seul peut-il être un rempart face à la haine, l'avidité, l'argent ? Je laisse la réponse aux historiens de formation.

Un très beau texte que celui-ci, un texte utile !

Que de questions !

Tout mon respect à l'auteur !

   jaimme   
21/1/2012
 a trouvé ce texte 
Bien
J'ai appris quelque chose en lisant cette nouvelle. Je n'avais jamais eu la curiosité de savoir ce qu'il été advenu de cet assassin. Et qui plus est je l'ai appris en lisant un texte agréable.
J'ai beaucoup aimé l'hommage ultime à Jaurès.
J'ai un reproche, à mon goût bien sûr. C'est le choix des temps. Dans le premier récit il débouche sur le futur, toujours désagréable à l'oreille dans un récit passé. Puis l'utilisation du présent qui n'est pas indispensable et qui ôte du charme à l'ensemble. J'aurais préféré l'imparfait et le passé simple.
Bref, le reste compose un texte, je l'ai déjà dit, bien agréable. Merci, vraiment, pour cette lecture.

   Charivari   
23/1/2012
 a trouvé ce texte 
Moyen -
Bonjour Alexandre.
Evidemment, en voyant le titre de la nouvelle, je me suis précipité pour la lire. Et je suis assez déçu : vous teniez, à mon avis, une histoire intéressante, mais vous n'en avez rien fait ; et d'autre part, hormi les descriptions bien fichues, je trouve que l'écriture manque cruellement de relief.

Je m'explique : la manière de débuter fait très "rédaction scolaire" : "Par cette belle soirée de septembre 1936..." Le ton est très - trop- neutre et détaché pour pouvoir vraiment entrer dans la narration.

Ensuite, on a Pablo, et sa manière de parler n'est absolument pas crédible ! Qui c'est ce Pablo, un énarque ? Un prof d'histoire-géo ?

"Le village, uniquement peuplé de pêcheurs, vivait pratiquement en autarcie"... " "elle a désenclavé le village, elle nous a aussi fait perdre notre identité suite à la construction d’hôtels et à l’arrivée des touristes"...
-> non, franchement, cette narration à la première personne d'un vieil émigré fils de pêcheur n'est pas du tout plausible, désolé.

Sinon, je retourne à l'histoire : ok, c'est le meurtrier de Jaurès... Et alors ? Je n'ai pas très bien saisi l'intérêt, mis à part anecdotique, de cette histoire, où le narrateur est aussi neutre et fade que les personnages du récit.

   macaron   
23/1/2012
 a trouvé ce texte 
Bien +
Entre récit journalistique et intrigue historique, vous nous offrez un texte qui sort de l'ordinaire. Avec peu de matière, vous nous emmenez en Espagne pour retrouver l'auteur du meurtre de Jaurès. L'anecdote est intéressante car, même si peu de gens connaissent ce Vilain, Jaurès demeure une référence historique incontournable. Un texte pas évident à écrire je pense, où il fallait trouver un équilibre entre le passé et le présent, entre l'histoire et l'intrigue.

   sadja   
23/1/2012
Commentaire modéré

   marogne   
23/1/2012
 a trouvé ce texte 
Moyen -
J'ai trouvé le style un peu lourd, ou plutôt scolaire. Avec des expressions qui témoignent de divers "milieux", de divers "parlés" sans que cela ne soit en accord avec celui qui narre ou qui parle.

j'ai été un peu "interloqué" par la phrase sur la perte de "l'identité", tellement "bateau" et lieu commun qu'elle rend fade le reste du texte.

Quand à l'histoire, un témoignage, oui, mais bon...

   widjet   
23/1/2012
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Comme toujours avec Alexandre, l’objectif recherché est souvent culturel. Et même mémorial.

(Du reste avec ses poèmes on régale nos yeux nos oreilles et notre cerveau).

Dans ce texte (que j’avais déjà lu me semble t-il, déjà posté non ? Je ne sais plus…), il est clairement établi que l’intention de notre poète ne dépassera jamais, le simple et louable – mais aussi limité à mon sens lorsqu’on s’attaque à un récit plus long qu’un poème – but que celui de raconter très linéairement (le dialogue du conteur est assez flagrant dans le genre débit sans vraiment d'autres indications, sans pause, le type fait les questions et les réponses, bref, c'est emballé et pesé) sans jamais se soucier de stimuler l’appétit imaginatif du lecteur et de puiser dans les artifices pour densifier, colorer, visualiser son récit (ici exit l’ambiance, la profondeur des personnages, la mise en scène etc.… on informe seulement).

Alexandre va tout droit (pas de fausses pistes, pas de sous entendus...), à l’essentiel, sans prendre les chemins de traverses (au détriment, entre autres, donc de toute forme de suspense… alors que le début est d’une redoutable efficacité et provoque d’emblée des question pour celui ou celle qui – comme moi - ne connait pas cet évènement historique) pour aller à son objectif premier (et unique) : raconter le plus simplement possible un fait (souvent historique) et s’éloigner de ce qui ressemble de près ou de loin à de la fiction (même si… j’y reviens plus bas).

On peut voir cela de deux façons :

Soit saluer la démarche en considérant que l’auteur est si respectueux de l’Histoire (celle avec un grand H) que sciemment il s’interdit de se lancer dans la stylisation, qu’il se refuse de romancer, d’imaginer bref de transcender son texte (qui a tous les ingrédients d’un vrai récit d’aventure exotique !) car cela reviendrait peut-être à ses yeux – je spécule là, désolé – à une forme de trahison vis-à-vis de l’Histoire (même si il doit y avoir quelques éléments subjectifs qui sont de la pure fiction dans ce texte)

Soit – et c’est mon cas et c'est normal, je suis plus intéressé par la stimulation des sens du lecteur que de son intellect ; de plus je pense que "déformer" des faits réels par le biais de la romance peut-être à certains égards vu comme une autre forme d'hommage – on peut regretter (puisqu’il s’agit d’une nouvelle à fort potentiel aventureux, je répète) qu’il ne cherche pas à profiter de ses jouets stylistiques (mais peut-être que par souci d’honnêteté ou par manque de confiance doute t-il de ses moyens ou de la variété de sa palette – je spécule à nouveau et le laisserai répondre si Alex le souhaite) pour joindre à l’intérêt culturel de son texte, des éléments plus « littéraires » (une écriture plus imagée, des tournures plus audacieuses, un rythme moins « pépère », un travail sur la construction, l’ajout de quelques rebondissements (car une fois encore, il y aurait beaucoup à dire (à écrire et à enjoliver) sur l’extérieur (décor, couleurs, l’époque…) et l’intérieur (les gens de là-bas, les personnages principaux, l’investigation en elle-même qui a tout d’une enquête policière – mais Alexandre nous le dit sans filtre : c’est juste de la curiosité un peu comme si on cherchait une définition dans le dico et qu’une fois trouvée, on passe à autre chose…).

Alexandre a choisi. Je respecte donc et finalement, j’ai du me contenter d’un texte correctement écrit (et c’est déjà bien !), mais (volontairement) sans relief (et sans souci d’y ajouter) raconté par un type lambda (alors que le rôle du personnage du conteur – car il est celui qui sait - pouvait être passionnant si plus exploité, mais j’ai bien compris qu’Alexandre souhaitait border celui-ci à une fonction purement informative – il transmet et c’est tout, d’ailleurs, une fois qu’il a fini de conter, il se barre).

Cela dit, rien que pour m’avoir rappelé cet évènement, je me coucherai moins con et donc je t’en remercie.

Widjet

   Marite   
24/1/2012
 a trouvé ce texte 
Bien
Ce petit épisode de l'histoire de France m'a intéressée car il m'a appris ce que l'on ne dit pas dans les livres scolaires. C'est écrit simplement, clairement, avec de nombreux détails sur l'environnement local qui nous permettent de visualiser la scène du meurtre d' El Francès et de l'enquête du narrateur. C'est du réalisme/historique je crois, donc, en entamant la lecture je ne m'attendais pas à ce que le récit provoque en moi des envolées de sentiments divers et un affolement de mon imaginaire. Concis et efficace, ce récit laissera dans ma mémoire quelque chose de précis et pas encombrant. Je crois que c'est la marque d'Alexandre car la plupart ses sonnets contiennent aussi des informations réelles sur des personnages ayant existé ou des évènements du passé et le tout nous est toujours présenté sans mots inutiles servant le rythme ou la rime.

   MichelMartinez   
26/1/2012
 a trouvé ce texte 
Bien +
Je savais que Villain avait été exécuté en Espagne, mais je ne connaissais pas les circonstances de sa mort. Ce récit qui la met en scène restera dans ma mémoire. On s'attache à ce Français entouré d'amis, à son mystère ... et tout retombe d'un seul coup. Le ton journalistique déjà évoqué crée une distanciation bienvenue, mais je ne déteste pas la touche de lyrisme de la fin, car nous sommes quand même en littérature.

   jeanmarcel   
14/2/2012
 a trouvé ce texte 
Moyen
Un sujet méconnu, une belle maitrise narrative, un suspens bien entretenu. Je ressens un manque d'émotion, de parti pris, les enjeux de la guerre civile espagnole sont estompés et les français qui executent Villain passent pour de vulgaires assassins alors qu'ils font ce que la justice française aurait du faire en 1914, c'est-a-dire punir celui qui a, presque, déclenché la première guerre mondiale. Je pense qu'il est difficile de pardonner à Villain ce que l'on ne pardonne pas à des écrivains qui n'ont tué personne ( Céline en particulier). Ce texte me dérange un peu d'un point de vue idéologique mais je le trouve très bon dans sa forme. Si ce texte suscite le débat il atteint son but et c'est déjà beaucoup.


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