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Humour/Détente
Ananas : Après tout...
 Publié le 08/07/18  -  20 commentaires  -  9659 caractères  -  149 lectures    Autres textes du même auteur

Des fois, ça part, sans qu'on comprenne trop bien pourquoi.


Après tout...


– Est-ce que tu m'aimes ?


Elle m'avait demandé ça, tombant de nulle part, comme une pensée lâchée, bombardée en plein repas. Elle avait ensuite attendu, le boum, les retombées... et moi, au lieu de répondre j'avais réfléchi. Est-ce que je l'aimais ?


J'avais jamais réellement pensé à ça. J'avais jamais non plus songé à le lui dire, ou ne pas le lui dire... je n'en étais pas encore là. Pour moi, la relation amoureuse doit prendre le temps de mûrir avant que soient prononcées des phrases aussi lourdes de sens et de conséquences. On avait démarré sur les chapeaux de roues, Rina et moi. J'avais pas l'impression qu'on en soit déjà arrivés à ce genre de considérations.


J'avais risqué un œil en sa direction, elle jouait avec sa fourchette dans la purée, creusant des sillons machinalement en me fixant. Si je faisais comme si de rien n'était, peut-être qu'elle pouvait comprendre...


– Alors ?


Non. Elle ne pouvait pas... et moi j'étais incapable de répondre...


Notre relation avait commencé quelques mois plus tôt.


C'était la Saint-Patrick et avec une bande de potes métalleux on était partis comme tous les ans dans un pub irlandais, boire des Guiness pour l'occasion. Elle était assise sur un tabouret au bar, elle portait une robe un rien trop courte et à chaque fois qu'elle bougeait on pouvait voir tressaillir la dentelle de sa culotte. Au bout de cinq ou six pintes, j'étais allé l'accoster. J'étais pas super fringuant, mais je pouvais encore passer pour un gentleman, pour autant qu'on apprécie les tatouages criards et la pilosité faciale hirsute.

Elle avait apprécié. Au bout de quelques instants, elle déposait sa main sur mon avant-bras, au bout d'un peu plus longtemps à peine, je la retournais dans les toilettes du pub.


Depuis, on s'était vus quasiment tous les jours, majoritairement pour s'envoyer en l'air, des fois pour manger ou partager une activité en commun : faire les courses, préparer le repas, on avait même été à la piscine un après-midi particulièrement chaud.

De là à dire que je l'aimais...


Elle était spéciale quand même... même si au final, sur pas mal de points, elle était assez cool.

Déjà, elle aimait la musique, et pas que le métal, elle jouait de la guitare en dilettante, assez bien. Elle avait une culture générale bluffante, elle lisait tout le temps, de tout et n'importe quoi de la manière dont on fait pousser des citrouilles à des manuels de physique quantique qu'elle reposait généralement en tirant la langue.

Elle avait un corps de rêve aux mensurations généreuses, sculpté par la pratique quotidienne de la danse : classique, moderne, latine, elle dansait sur tout, elle passait son temps à se trémousser en fredonnant dès qu'elle en avait l'occasion.

Et puis, cerise sur le gâteau, elle n'était ni pudique ni pudibonde, on passait du bon temps.


Sauf que parfois elle s'enfermait dans la salle de bains sans prévenir et que je l'entendais pleurer derrière la porte verrouillée.

Sauf qu'elle devenait hystérique dès qu'on abordait des sujets ayant trait à la religion ou à la politique, je l'avais vue un soir dans un bar gifler un homme qui lui avait demandé si elle croyait en Dieu. Depuis j'avais habilement évité le sujet...

Sauf qu'elle insistait pour qu'on n'ait pas de secrets l'un pour l'autre et qu'elle ne pensait pas que fouiller le téléphone ou l'ordinateur de son compagnon soit une chose anormale.

Sauf qu'elle me demandait en plein repas si je l'aimais.


– C'est tout ce que tu as à me répondre ?


J'aurais aimé avoir la présence d'esprit ou la capacité de lui offrir autre chose. Mais j'ai juste haussé les épaules, perdu.


Lentement, elle s'est levée et s'est tenue bien droite devant moi. À cet instant, je me souviens avoir béni la table qui nous séparait, tant je la sentais sur le point de péter une durite. Ce qu'elle avait fait.

Le saladier de ma mère avait fini en mille morceaux sur le carrelage de la salle à manger, les petits pois qui n'avaient pas terminé en compote dans l'aventure roulaient partout, cherchant un endroit calme où pourrir tranquilles. Je les enviais presque. Elle avait l'air d'une folle, quand elle fit valser nos deux assiettes contre le mur devant le buffet, de belles taches brunes, vertes et jaunes dégoulinantes pouvaient en attester. Je la regardais faire, médusé. Et puis c'en fut trop !


Alors qu'elle s’apprêtait à faire un sort à mes verres tigres, issus de ma grande collection de verres Mc Donalds que je fournis sans relâche depuis mille neuf cent quatre-vingt-douze, je la rejoignais en une paire d'enjambées, avais mis mes précieux à l'abri et l'avais empoignée par les épaules, fermement mais sans violence.


– Oh, mais tu vas te calmer, oui ?


Elle essayait de se dégager, mais malgré la rage que je pouvais sentir bouillonner en surface, elle n'eut pas la force de résister longtemps. Je la serrai contre moi, j'essayais, comme je l'avais lu une fois sur un site en cliquant sur un lien qui m'avait amené à un lien qui m'avait mené à lire ce truc dont je me foutais complètement, de contenir sa rage en appliquant une forte pression. En gros je la serrai dans mes bras pour ne plus qu'elle bouge. Pour qu'elle arrête de jeter des affaires qui avaient une valeur sentimentale pour moi. Pour qu'elle m'explique ce qui lui prenait.


Puis, aussi brusquement que la tornade avait jailli, elle s'était mise à sangloter, longuement, en s'accrochant à mes vêtements, en poussant des gémissements à fendre le cœur d'un gardien de prison. Je ne comprenais plus rien.


– Rina, parle-moi, merde, qu'est-ce qui t'arrive ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

– Tu m'aimes pas...

– Putain j'ai jamais dit que je t'aimais pas...

– T'as pas répondu.

– Non. Parce que l'amour ce n'est pas quelque chose que je prends à la légère, et que je pense qu'il est trop tôt pour parler d'amour en ce qui nous concerne.


Elle avait reculé, s'était défait de mon emprise et avait agrippé son sac à main, ses clés sur le guéridon. Des larmes, silencieuses, roulaient sur ses joues.


– Où tu vas, maintenant ? Tu restes pas ?

– Pour quoi faire ? Je vais pas nous faire perdre de temps. C'est fini entre nous. Je rentre chez moi.


J'avais envie de la retenir. Elle portait cette robe verte, aux bretelles trop longues, qui offrait une vue imprenable sur sa poitrine rebondie. En même temps, je me disais que la laisser partir serait certainement la meilleure des choses à faire. Elle était clairement pas nette.


À moins que...


– T'as tes règles, c'est ça ?


On aurait dit que j'avais tué le Père Noël. Elle m'avait lancé un regard qui aurait détruit l'univers s'il avait lancé des missiles, puis elle avait laissé échapper un sifflement méprisant qui s'était rapidement transformé en rire trop haut perché pour ne pas être nerveux.


– T'es vraiment un mec hein, tu piges rien !

– Je pige surtout pas ce qu'il y a à piger, si tu veux mon avis. J'ai quand même le droit de ne pas être prêt.

– Et moi, tu crois que je suis prête ?

– Alors pourquoi tu me fais chier avec tes questions à la con en plein repas ?

– Parce que je suis enceinte, connard.


D'un coup, d'un seul, mon monde s'était effondré.

J'avais trente-cinq ans et j'avais assez bien géré le fait de ne pas être père jusque-là. Pas comme la plupart de mes amis qui avaient fait des enfants qu'ils se retrouvaient à élever à mi-temps. J'avais vu trop de potes privés de leur gosse, privés de leur famille, trop de potes irresponsables aussi peut-être, mais trop de vies gâchées par une grossesse non désirée.


Alors, le plus logiquement du monde, j'étais allé à la porte.

À la base, pour l'ouvrir et la foutre dehors. J'avais aucune envie d'être père. Surtout pas avec elle !

Sa manière de biaiser pour m'annoncer sa grossesse m'avait dégoûté.


Arrivé devant elle, j'avais vu le rimmel dégoulinant sur ses joues, senti l'odeur de son déodorant bon marché et celle plus agréable de sa transpiration par dessous, j'avais noté le rebondi – peut-être l'avais-je imaginé – de son ventre habituellement plat.


J'avais tendu le bras vers la porte, que j'avais fermée à clé. J'avais ensuite aidé Rina à retirer son sac, enlevé les clés de sa main pour les remettre dans le bol où je range les clés, sur le buffet, sous les taches de nourriture en train de sécher. Ensemble, on avait marché vers le salon, pour s'asseoir dans le canapé.


– T'en es certaine ?

– J'ai fait un test la semaine dernière, et j'ai vu mon gynécologue ce midi. Trois mois. Je sais pas quoi faire, j'ai la trouille... j'ai pas envie d'avorter, j'ai presque quarante ans, j'aurais peut-être plus jamais l'occasion... et en même temps, je sais que toi t'as pas du tout envie de ça... alors... c'est pour ça que je t'ai demandé si tu m'aimais. Parce que si tu m'aimes, on peut gérer ça à deux. Mais si tu m'aimes pas, c'est à moi de décider. Et je suis pas sûre de pouvoir décider. Et puis je t'ai pas fait un enfant dans le dos, je pensais pas... on a toujours été prudents... sauf cette fois... je suis désolée pour ta vaisselle !


Elle ne pleurait plus. Elle semblait soudain tellement calme malgré la logorrhée, malgré l'air de folie furieuse dans ses yeux, malgré la violence de la scène qui venait de se produire.


D'un coup, d'un seul, j'avais eu envie de l'embrasser, de la porter à la chambre et de lui faire l'amour, de la serrer contre moi et de m'endormir la main sur son flanc. En souriant, j'avais effacé de l'index les coulées de mascara sur son visage à la place et elle m'avait souri maladroitement en retour.


– On va gérer ça ensemble, Rina.

– T'en es certain ?

– Bien sûr ! Je t'aime !


J'avais rien trouvé de mieux à dire...


 
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   plumette   
12/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
A la fin de ma lecture, je suis vraiment déroutée par le choix de la catégorie!
Le texte est écrit de manière enlevée et met en scène un narrateur qui se surprend lui-même. Cet homme ne veut pas trop écouter sa sensibilité, le voilà confronté de façon brutale à un événement qu'il n'attend pas. cette histoire bien menée me semble fort réaliste.

ces deux là ne se sont rien promis, ils sont bien être sur la même longueur d'onde, vu la manière dont leur histoire a commencé, un soir bien arrosé, par une attraction plutôt en dessous de la ceinture.

Le narrateur est parfois un peu dérouté par Rina dont il sent le potentiel explosif mais il y a plus de pour que de contre... De là à dire "je t'aime" !

un bon texte, avec un bon rythme, je ne boude pas mon plaisir de lecture.

Plumette

   Lulu   
13/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

J'ai adoré lire cette nouvelle que j'ai trouvée très prenante. La tension dramatique est telle que je n'ai pas su anticiper la suite, à chaque instant. Ainsi, je n'imaginais pas que la jeune femme puisse être enceinte. Et pourtant, la scène pourrait paraître banale… C'est que c'est fort bien écrit…

J'ai trouvé une belle justesse dans les sentiments. Leurs contradictions font "vrai". Cela va de ce "Surtout pas avec elle !" qui semble tout droit sorti du coeur, à ce "Bien sûr ! Je t'aime !" Les points d'exclamation renforcent cette impression d'évidence d'un côté comme de l'autre chez le même personnage, même si il n'avait "rien trouvé de mieux à dire…" pour finir.

J'ai trouvé ces personnages fort attachants. On les voit, lui avec sa vaisselle à la "valeur sentimentale", et elle avec ses larmes ou "sa poitrine rebondie"...

Pour ma part, j'ai vraiment été prise dans le filet des sentiments de ces deux protagonistes. Je n'ai pas cherché de second degré, et c'est par là même que j'ai trouvé de l'intérêt à ce récit. Tout est dans le jeu de "qu'est-ce qu'aimer ?", "comment donner du sens à une relation qui dure depuis quelques mois ?"

Cela entre et peut entrer en résonnance avec le vécu de chacun, que l'on écoute du métal ou non… car plus que leur environnement propre, ce sont bien les sentiments qui sont à l'œuvre qui interpellent.

Puis, il est question d'un enfant. C'est à peine esquissé. Il y a juste le mot "enceinte", puis ces "potes" qui souffrent des circonstances de leur vie, mais sans trop de détails, juste ce qu'il faut, juste ce qui semble être vrai, tant cela sonne dans une tonalité réaliste.

La douceur du narrateur, toujours posé dans sa réflexion, sa manière de rendre compte m'a séduite. Le ton est magnifique.

J'ai passé un très bon moment en parcourant cette nouvelle, et relirai avec plaisir d'autres textes de l'auteur(e)…

   Louison   
14/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé la fluidité de l'écriture, et les dialogues qui me semblent très crédibles.
Je ne suis pas sûre que la catégorie "humour" soit celle qui convient le mieux, je vois plus cette histoire comme une tranche de vie plutôt réaliste et pas très drôle.
Merci pour ce moment de lecture.

   in-flight   
18/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très bon texte, le juste dosage d'humour et de romance. J'ai aimé du début à la fin cette tranche de vie (j'en ai marre de cette expression...). Il y a juste ce petit décalage entre l'identité des personnages et leur âge qui m'a surpris... Mais à la réflexion, on peut mettre ça sur le compte de "l’adulescence" comme disent les sociologues.

Quelques passages très réussis:

"peut-être qu'elle pouvait comprendre...
- Alors ?
Non. Elle ne pouvait pas..."

"les petits pois qui n'avaient pas terminé en compote dans l'aventure roulaient partout, cherchant un endroit calme où pourrir tranquilles. Je les enviais presque."

"À moins que...
- T'as tes règles, c'est ça ?" --> le boulet intégral :-))

   papipoete   
8/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Ananas
Une histoire qui démarre en trombe, dans ce pub et la musique qui pète ! Et puis, un couple se forme sans s'unir, jusqu'au jour où << tu m'aimes ? >> devient aussi essentiel qu'une bouée en pleine mer !
L'auteure ( qui se met dans la peau d'un mec ) n'oublie rien dans son récit pour évoquer les formes féminines, les " soucis de fille " de Rina .
NB au début, il y a une phrase toute bête qui m'émeut " elle jouait avec sa fourchette dans la purée, creusant des sillons ... "
L'aveu de grossesse suspendu à la réponse de << tu m'aimes ? >> déclenche un séisme qui finit par une onde tranquille, << on va gérer ! >>
Très touché par cet " après tout " !

   ecritvain   
8/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé cette tranche de vie qui n'a a priori rien à faire dans la catégorie humour mais c'est un détail.

Au niveau du style, l'emploi un peu trop répété à mon goût des virgules et incises a nuit légèrement à la fluidité de ma lecture au début du texte mais ça s'estompe par la suite.

Sur le fond, j'ai aimé la crédibilité de l'histoire des deux personnages et des dialogues. Le seul point qui m'a dérangé est le fait que je n'ai jamais réellement réussi à cerner le caractère du narrateur. Il oscille entre irresponsabilité et prise de conscience, sans qu'on ne sache jamais vraiment de quel côté il se situe. C'est particulièrement criant dans les derniers mots de la nouvelle. C'est sans doute voulu et cela participe du charme du texte, mais cela m'a personnellement un peu gêné, bien que cela soit très subjectif (j'aime que les choses soient claires ;)

Au plaisir de vous relire,

ecritvain

   Sodapop   
8/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comme tu sais chère Ananas, j'aime tant ta plume... Et là encore ça ne déroge pas à la règle. Cette histoire d'amour nous laisse entrevoir la véritable complexité des sentiments humains, au sens large du terme. C'est léger, ça bouillonne, et c'est tendre.
La chute finale est un cadeau que ce couple choisira d'assumer ensemble, pour le meilleur et pour le pire... Omnia Vincit Amor...
Merci pour ce beau moment.

   vb   
9/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Ananas,

Oui, comme d'habitude, j'ai adoré. J'ai aimé le ton, les personnages déjantés mais attachants, le dénouement. Oui vraiment super!

Mais, tout de même, j'ai quelques bémols...

L'usage des temps. Je trouve que tu aurais dû utiliser plus souvent le passé simple (ou le passé composé) au lieu de l'imparfait ou du plus-que-parfait. Les choses semblent racontées après coup ("Ce qu'elle avait fait", "Le saladier de ma mère avait finit..."). On peut le faire une fois, comme pour souligner que le narrateur n'a pas eu le temps de transcrire l'action et se voit forcé de la décrire a posteriori; mais pas tout le temps, parce que ça continue: "je la rejoignais", "[je] l'avais empoignée", "j'avais envie de la retenir", "j'avais fermée à clé". Dans ce dernier exemple, je n'ai pas compris si le narrateur avait fermé la porte à clef avant le début du dialogue (puisque cette nouvelle n'est qu'un dialogue) ou au moment où il se rend compte que Rina veut partir.
"Je la serrai contre moi" Pourquoi ici brusquement le passé simple? Je n'ai rien contre mais pourquoi cette exception?

Je suppose que tu as utilisé l'imparfait à cause du milieu social du narrateur, car peut-être l'imaginais-tu mal s'exprimer au passé simple. Peut-être aurais-tu dû écrire tout au présent. Je ne sais pas. En tout cas, moi, le passé simple ne m'aurait pas dérangé.

"J'ai presque quarante ans" Je trouve que cette remarque arrive un peu tard. J'avais imaginé des personnages beaucoup plus jeunes. Non pas que je trouve que ce dialogue soit complètement irréaliste à quarante ans mais il aurait pris un tout autre sens si le lecteur avait su plus tôt l'âge des protagonistes.

"quatre-vingt-douze" Es-tu sûre de cette orthographe? Moi, j'aurais écrit "nonante-deux".

"Humour/Détente" Comme j'ai rarement le même humour que ceux qui écrivent dans cette catégorie, je ne lis à peu près jamais de nouvelles de ce genre en EL. Dommage. Si tu avais utilisé la catégorie "sentimental/romanesque" je t'aurais sûrement commentée plus tôt.

EDIT: Je viens de lire les commentaires ci-dessus. Au contraire d'écritvain, je trouve que le personnage du narrateur est très bien cerné. Évidemment, il est ambivalent: à la fois dur à cuire et cœur tendre ; mais justement c'est ce qui fait tout le réalisme et tout son charme!

RE-EDIT: Décidément je ne suis pas du tout d'accord avec ecritvain. Vivent les virgules! Vivent les incises! Ananas, de grâce, arrête avec ce patch: ça te va mal !

   Pepito   
10/7/2018
Salut Ananas,

Bonne kriture, même si j'ai trouvé des temps un poil bizarres :
"demandé ça, tombant " keki est tombé ?
"j'étais allé l'accoster" ... je "suis" allé, non ? action courte
"s'était vus"... "s'est", non ? c'est toujours le cas
"Ce qu'elle avait fait"... ce qu'elle "a" fait, non ?
... juste des détails.

Pour le fond, j'ai accouru, attiré par l'"Humour/Détente"... Là, j'ai dû rater un épisode. Tromperie sur la marchandise ! ;-)

A plouche.

Pepito

   SQUEEN   
9/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
-J’ai lu votre nouvelle en E.L., je me suis imaginé un auteur, sans doute à cause du narrateur masculin…J’avais aimé, sans trouver grand-chose à dire si ce n’est que la catégorie ne me semblait pas adéquate, comme si à l’instar de vos personnages vous n’osiez pas affirmer que finalement amour il y avait. Bref je comprends mieux ce qui m’a plu c’est que vous décrivez votre personnage masculin depuis l’autre côté, ça amène du relief et de la complexité là où on ne l’attend pas forcément. J’ai beaucoup aimé le ton aussi.

   wancyrs   
9/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tellement réaliste, Ananas !

L'entame donne envie de lire la suite, et on n'est pas déçu ! C'est fluide, limpide, on n'a pas de misère à imaginer chaque scène, re-construire l'intrigue ; bref, rien à dire vraiment... que d'admirer ta main d'écriture.

Merci !

Wan

   GillesP   
10/7/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
L'écriture est plutôt fluide et l'histoire se laisse lire. J'aime bien le fait que la fin réponde au début: la boucle est bouclée. Je trouve le titre bien choisi. Et j'ai souri à la personnification des petits pois qui roulent pour trouver un coin où pourrir tranquilles.

Mais certains éléments font que je n'ai pas totalement accroché à ce texte:

- Les temps utilisés, d'abord: pourquoi autant de plus-que-parfaits? Ce temps s'utilise pour évoquer des actions antérieures à l'action principale. Il est donc tout à fait adéquat, dans la nouvelle, lorsque le narrateur évoque ce qui se passe avant la fameuse question, dans la première partie du texte. Mais vous en mettez aussi dans la deuxième partie ("elle s'était mise à sangloter"), en alternance avec des passés composés et des passés simples, ce qui crée quelque chose d'assez étrange. Personnellement, je suis partisan d'une logique ferme dans l'emploi des temps: soit on décide de raconter au passé simple, de manière traditionnelle, soit au passé composé, pour donner quelque chose de plus oral, soit au présent de narration, pour faire comme si l'action était en train de se dérouler sous les yeux du lecteur.

- On voit arriver certains éléments à des kilomètres. Le plus prévisible - et le plus cliché - est le coup des règles. Certes, le narrateur n'est pas d'une finesse absolue, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais cette réplique-là, personnellement, elle est tellement galvaudée que je ne supporte plus de l'entendre ou de la voir écrite quelque part.


- L'absence de "ne" dans les phrases négatives. Là encore, je comprends bien que vous reproduisez le langage oral, mais c'est contradictoire avec certaines images et certaines tournures plus littéraires ("comme une pensée lâchée, bombardée en plein repas", dès le début, par exemple). Et à d'autres moments, vous remettez la négation: "je n'en étais pas encore là". Là encore, ça me pose un problème de cohérence.


Au plaisir de vous relire.

GillesP

   Eva-Naissante   
10/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ananas,

Eh bien j'ai beaucoup aimé !! Emportée par ton histoire, qui commence simplement et puis qui se déroule habilement pour aboutir à une chute presque délectable.
A la lecture, des sourires au détour des paraphes :-) (je la retournais dans les toilettes du pub (c'est mon côté grav'leux), les petits pois qui cherchent un endroit pour pourrir tranquille...)
C'est bien écrit, fluide et drôle, bref un texte qui fait du bien !

Au plaisir de lire tes nouvelles,

Eva-N

   Donaldo75   
11/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Ananas,

Voici une jolie histoire racontée avec un style assez rock'n roll au début et qui se transforme en ballade à la fin. L'écriture est parfois jouissive, avec des formules bien trouvées, imagées, presque alternatives (pour en revenir à une analogie musicale) comme je les aime.

J'ai trouvé l'usage des temps, imparfait et plus que parfait, alourdit la narration, ce qui est dommage au vu du rythme que tu souhaites lui donner. Pour revenir aux analogies musicales, c'est un peu comme mettre des violons sur une chanson de Rammstein.

La fin est mignonne, une forme de "happy end" social.

A bientôt,

Don

   dom1   
21/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Et oui, combien d'enfants sont-il nés avec cette question subsidiaire en filigrane : " tu m'aimes ? " ?
Des millions ?
" Après tout " relate avec minutie et talent l'histoire d'un couple ordinaire qui aura un enfant et qui, après tout, vivra, peut-être, tres heureux...
domi...

   Alcirion   
21/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Ananas,

j'ai bien aimé ta nouvelle, c'est fluide et ca se lit facilement. Pour moi, c'est le plus difficile, obtenir quelque chose qui coule bien, en prose, c'est sans doute pourquoi ça m'a frappé.

Métalleux que je suis, je me suis assez facilement identifié au personnage, même si mon style de vie est très différent. Une autre chose intéressante, c'est la narration en je genré différent, si j'ose dire :) et là ça passe bien.

Une autre remarque sur les temps (je me débats avec des flash-back en ce moment), le plus-que-parfait... c'est compliqué. Impossible d'employer un autre temps dans le cœur de la narration, il faut donc trouver des astuces pour que ça coule. Je ne sais pas si tu y as pensé pendant l'écriture, mais c'est bien manié (bon, j'en aurai peut-être enlevé un peu plus, mais c'est pour chipoter :)

En bref, un texte plein de fraîcheur, ce qui ne fait pas de mal avec ces horribles température estivales.

A bientôt !

   izabouille   
3/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai bien aimé ce texte, dès le début on a envie de lire la suite. J'ai été happée par les personnages, leurs caractères sont bien définis. On visualise bien la scène.
Merci pour ce bon moment de lecture

   Asicq   
16/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un narrateur masculin pour raconter cette scène de vie où l'on apprend que madame est enceinte est assez judicieux de mon point de vie.

On y retrouve les stéréotypes qui nous guident (heu ba oui je crois) dans notre quotidien; on y retrouve aussi les difficiles relations hommes et femmes; enfin difficiles, plutôt pas simples.

Chacun y va de son interprétation du comportement de l'autre, c'est rigolo.

J'ai bien aimé.

   Willis   
12/9/2018
Modéré : commentaire hors charte (se référer au paragraphe 6 de la charte).

   Taquari   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Ananas,

Tout d'abord le texte se lit très vite. Il est fluide.

Les situations s'enchaînent très spontanément et je suis rentré facilement dans la vie de ce couple.

J'en garde l'image d'un gros nounours métalleux au coeur tendre et d'une femme se sublimant en passant de croqueuse à donneuse de vie.

Merci pour ce texte.


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