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Fantastique/Merveilleux
AnnaPanizzi : Il suffit d’ouvrir la porte
 Publié le 21/05/22  -  13 commentaires  -  10968 caractères  -  256 lectures    Autres textes du même auteur

Toc toc ! Qui est-là ? Entrez donc… ou pas.


Il suffit d’ouvrir la porte


Mardi.

Cette nuit, le fantôme de Conan Doyle hante les plaines du Morvan. C'est le Dartmoor du Chien des Baskerville, paysage éfaufilé de brumes qui courent sur la lande en fumerolles diaboliques, grises, rouges ou noires, sous la lune qui bondit d’arbres en arbres. Je jette un œil à la pendule. Minuit passé. Depuis combien d’années n'ai-je veillé aussi tard ? Je n’en ai aucune idée. J'ouvre grand la fenêtre du salon pour être au plus près de cette atmosphère romanesque et lugubre. Le froid pique tellement que mon lumbago me rappelle à son bon souvenir. Il a neigé toute la journée. Maudite humidité ! Le vent siffle dans les branches dénudées des frênes. Au loin, le dernier freux de l’hiver lance un cri plaintif. Les bras serrés autour de mon chandail, je me dis que c’est une soirée propice au mystère et à attirer la malemort. Je me penche pour saisir l’anneau de mon volet.


[Louise, il est temps de songer à partir… Louise, il suffit d’ouvrir la porte.]


Jésus Marie Joseph ! J’en lâche le volet et recule brusquement, au bord de la défaillance. En refermant la fenêtre, je ressens une curieuse douleur et constate que je me suis blessée à la main. J’ai l’esprit envahi par ce que je viens d’entendre, ou crois avoir entendu, une voix immatérielle, harmonieuse, aussi délicieuse que la fraîcheur d’une brise un jour de canicule. J’ai du mal à respirer. Je n’ai pas les mots pour dire la terreur et l’attirance qu’elle m’inspire. Les jambes encore flageolantes, je trottine jusqu’à mon sanctuaire, la cuisine, pour me préparer toute une cafetière. « Et ta tension ? » murmure la petite voix raisonnable dans ma tête. Au diable, la tension ! J'ai froid, j’ai peur, je suis troublée et surtout je ne veux pas m’endormir ! J’examine ma blessure. C’est bénin, mais avec ces antiques volets rouillés, mieux vaudra désinfecter. Deux petits trous qui ne saignent déjà plus. Qu’est-ce qui vient de m’arriver ? Je ne sais pas. Peut-être mes bêtabloquants qui me jouent un sale tour. Une fois que s'est tu le glougloutement de la cafetière italienne, je l’emporte au salon et reprends place dans le fauteuil à bascule, mon Jane Eyre sur les genoux. Mouchette est affalée sur le tapis, le museau enfoui dans ses pattes. Quelle chance d'être chat ! Un matou ne compte ni les jours ni les saisons, il n'a pas conscience que nous ne sommes que de passage. Il se contente de vivre. Je me demande si les animaux ont des souvenirs d'enfance. J’essaye de revenir au manoir gothique de Thornfield, mais je ne peux m’empêcher de jeter des regards furtifs vers le jardin. J’ai toujours les échos de cette voix impérieuse et si sensuelle à la fois, comme le passage d’une plume sur une plaie à vif. À travers le volet resté entrebâillé, je crois voir une ombre glisser entre les plaques de neige comme de l’eau sur une toile cirée. Serais-je en train de devenir folle ? Une chauve-souris passe et repasse devant la lune. Une étrange torpeur me prend. Quand je sors de mon hébétude, la pendule indique quatre heures et demie. J’ai comme la sensation d’avoir perdu la notion du temps. Je me lève, les muscles endoloris par cette veille inhabituelle. Je me traîne jusqu’à la cuisine pour me resservir une dernière tasse de café. Même si je n’en ai pas vraiment envie, il est temps que j’aille dormir un peu. J’avale deux somnifères et avec un pincement entre les côtes, je pars vérifier les trois serrures de l’entrée.


Mercredi.

Le temps a empiré. C’est même la tempête. J’ai froid. De plus en plus froid. J’ai l’impression que ma maison se découd comme une doublure. L’air pénètre par toutes mes fenêtres, sous mes portes, s’engouffre dans le conduit de ma cheminée. J’ai beau bourrer mon poêle de boulets de charbon, je n’arrive pas à me réchauffer. Ce n’est qu’au fond de mon lit, aplatie sous le rempart de mes trois couvertures que je ressens un peu de chaleur. J’ai dû enlever le crucifix de cuivre sur ma table de chevet, l’éclat du Christ m’éblouit. Bien que je ressente une froideur de tombeau, j’ai comme des bouffées de vapeurs qui me rappellent la ménopause. J’ai peut-être attrapé une cochonnerie, celle qui m’enverra six pieds sous terre. Devant ma coiffeuse, j’observe avec étonnement le lacis des veines bleues qui courent en rivières sur mes bras. Elles me semblent moins marquées qu’hier. Comme mes cheveux qui me paraissent plus épais à la lumière du matin. Vieille folle, tu te fais des idées !

J’ai passé l’après-midi à traîner en robe de chambre, comme dans un étrange état d’esprit vaporeux, à regarder les portraits de famille et les cartes postales punaisées sur les murs de mon salon. Il y en a beaucoup qu’il faudra que j’enlève. Des choses que je n’ai plus envie de voir. Les photographies figent les gens, alors que les mots les rendent tellement plus vivants.

Ce soir, en faisant ma petite vaisselle, les pensées perdues dans les souvenirs de ma vie de raccroc, j’ai l’impression que ça griffe et gratte sur mon toit. Sûrement les bourrasques qui malmènent les tuiles. Mouchette a le poil hérissé comme quand elle voit un animal suspect. Je tends l’oreille. Il n’y a pas que la tempête, il y a autre chose qui s’exprime. Ce n’est pas de la curiosité avide, je suis comme muée par une volonté impérieuse, j’approche pour me pencher sur l’âtre. Parmi les grondements et les feulements du vent dans le conduit, me viennent des mots dans une langue inconnue. Une langue qui me semble plus ancienne que toutes les autres, si puissante, qu’elle fait sourdre des souvenirs qui ne sont pas les miens. Ce sont des prières, des pleurs et des cris d’hommes, de femmes et d’enfants, ils viennent de la nuit des temps. Et au milieu de toutes ces clameurs, comme le premier violon d’un orchestre démentiel, j’entends clairement la voix merveilleuse qui psalmodie.


[Rejoins-nous. Il suffit d’ouvrir la porte.]


Je ne dormirai pas cette nuit.


Jeudi.

J’ai observé la plaie à ma main. Les deux petites marques se sont presque complètement estompées, je ne ressens plus qu’une démangeaison. Elle est étonnamment agréable, comme un antalgique qui affleure à l’orée des terminaisons nerveuses. Mais ce n’est rien en rapport de cet état à la fois amphigourique et bienfaisant qui me possède tout entière, ma tête est devenue une sorte de cathédrale vide, des pensées sans substance s’en échappent, sans rien qui puisse les retenir.

J’ai ri toute seule ce midi parce que sur RTL, ils ont passé Serge Gainsbourg qui chantait je fais des trous, des petits trous, toujours des petits trous… J’ai éteint précipitamment ma radio quand la mère Besnard, ma plus proche voisine, est venue carillonner à ma grille. Elle venait sûrement s’assurer que j’allais bien avec ce temps glacial. Je n’aurais pas su quoi lui répondre alors je n’ai pas ouvert. De toute façon, cette vieille bique m’agace avec ses ragots, et surtout, je n’ai plus envie de voir personne. À part lui. C’est comme avec mon médecin quand je le consulte, il me répond comme un astrologue ou par des devinettes, ou bien la bouchère qui, quand je fais une plaisanterie, la saisit trois jours après, et c’est encore pire avec le facteur qui me parle en minaudant comme si j’étais impotente du cerveau. Qu’est-ce qui me retient dans un monde où je ne sais plus distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas ? Aujourd’hui, à quatre-vingt-quatre ans, je suis une grand-mère d’un âge respectable, cependant depuis hier, j’ai l’impression d’avoir de nouveau seize ans, quand les galants venaient me faire la cour et que je jouais à l’inaccessible. J’ai envie de plaire à nouveau, qu’on me regarde autrement qu’une momie dans un musée poussiéreux. De faire des bracelets de pâquerettes et d’écrire mon prénom dans la neige. Mon corps a vieilli tellement plus vite que ma tête. Le temps est une créature furtive, personne ne la voit passer, ses morsures sont terribles. À peine s’interroge-t-on sur ce que l’on va faire que c’est déjà trop tard. La vie n’est pas un jeu de cartes que l’on rebat à sa guise pour recommencer la partie. Dix de der et hop, allée neuf, carré trois, au cimetière municipal. Quelle alternative ? Continuer à mettre des fleurs séchées dans des vases et monter toujours un peu plus le volume de la télévision ? Si encore j’avais des passions, à part lire, plus rien ne m’intéresse. Peut-être que si j’étais née ailleurs qu’ici… Reste la mort.


[Ce n’est pas la fin, Louise, il suffit d’ouvrir la porte.]

J’ai jeté ma bible dans le poêle avant de monter me coucher.


Vendredi.

Ma vieille douleur au genou a disparu. De même que cette raideur dans le bas du dos. Mon cœur est à nouveau celui d’une midinette, je sens qu’il se dilate d’une joie insensée ce matin. La volupté d’être simplement en vie et de me souvenir. J’ai chéri mes cinq enfants avec l’amour et les sacrifices dont une mère est capable. J’ai aimé Gaston, à ma façon, malgré ses infidélités, avec toute la patience et la compassion qu’une épouse peut offrir à un mari meurtri mais généreux. C’était un homme comme on n’en fait plus, de ceux qui vous ouvrent la portière de la voiture ou qui relèvent leur pantalon avant de s’asseoir, pour le pli du genou, des préventions d’autrefois. Et pourtant, la violence des émotions, la grandeur du sentiment amoureux, l’insondable extase de la transfiguration, c’est lui qui me les a offerts. D’un simple regard. Il est venu ce soir. Il est passé entre les arbres du verger et s’est approché jusqu’à la fenêtre. Il est d’une beauté qui défie la raison, chacun de ses gestes est un camouflet à la disgrâce, il m’a hypnotisée tels ces charmeurs de serpents indiens. Que le Seigneur me pardonne, mais quand j’ai vu mon visage ridé se réfléchir dans la pupille de cet enfant vieillard sans âge à l’allure impériale, cheveux blancs et costume de nuit, j’ai perdu toute foi dans la religion. J’ai vu dans ses yeux des civilisations naître et s’effondrer, j’ai vu les hordes de loups géants courir librement dans les combes, j’ai vu le soleil se poser sur des arbres disparus, et je me suis vue, jeune et nue, juchée sur un trône de crânes, couverte de sang, les seins triomphants, défiant les Hommes et les dieux.


[Il n’y a pas de dieux, il y a ceux qui vivent et ceux qui regardent, il suffit d’ouvrir la porte.]


La messe est dite.


Samedi.

Je sursaute en entendant le cri du coq de la ferme des Vincent. Leur chien, un braque de Weimar à la queue cassée, passe en furetant le long de ma haie. Doux Jésus, je n’ai pas vu que l’aube s’était déjà levée ! Il faut que je ferme les doubles-rideaux, la lumière du jour m’est devenue douloureuse. J’ai mis ma plus belle robe, celle en velours vert, mes perles aux oreilles et la broche en vermeil que m’avait offerte Gaston pour mes cinquante ans. Ce soir, après le coucher du soleil, à l’heure où ne blanchit plus la campagne, il passera le seuil et le monde s’éclaircira. Il m’emportera et je deviendrai son éternelle fiancée.


Il suffira simplement d’ouvrir la porte.


 
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   Donaldo75   
6/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’ai bien aimé cette nouvelle. De par sa tonalité, l’écriture soignée qu’elle déploie et la manière de raconter, elle m’a embarqué dans un monde différent du mien. En tant que lecteur, je suis rentré dans cette narration incarnée et n’ai eu aucun mal à imaginer cette vieille femme égrener sa fin de vie à coups de souvenirs, de pensées et d’images oniriques. Les paragraphes sont bien séparés par ces passages entre parenthèses qui sonnent comme une voix intérieure. C’est intéressant de découper de cette façon et en plus cela donne une forme presque théâtrale au récit.

La fin est de la même matière et elle conclut bien l’histoire.

   socque   
21/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Alors c'est drôle, après la lecture de votre nouvelle en Espace Lecture, je me suis dit « tiens, on dirait AnnaPanizzi » et n'ai en conséquence pas commenté dans la foulée. Ce qui m'amuse, c'est que je ne sais pas ce qui m'a fait vous identifier comme autrice de ce récit, puisque le thème est très différent des deux précédentes histoires que vous avez publiées sur Oniris ; une certaine légèreté dans le ton, peut-être, le langage soutenu, l'écriture fluide et intense… Bref, faut croire que vous avez une patte.

J'ai beaucoup aimé ; l'angle de cette histoire de vampire somme toute classique m'a fort intéressée. La sensualité prégnante du récit m'a plu, et le fait que la narratrice soit à l'origine une vieille femme apporte selon moi une dimension supplémentaire. Comme quoi l'immortalité, fût-elle maudite, ça a du bon !

Ah, et puis j'ai adoré le clin d'œil
à l’heure où ne blanchit plus la campagne

   Robot   
21/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Comme j'apprécie les textes d'étrangeté, j'ai eu beaucoup de plaisir à parcourir celui-ci, même si je ne lui ai pas trouvé un profond mystère. Dés que j'ai lu "Louise, il est temps de songer à partir… Louise, il suffit d’ouvrir la porte." j'ai compris que quelqu'un venait chercher Louise pour un passage vers un ailleurs.
J'ai été séduit moins par le fantastique qui n'a rien d'extraordinaire, mais plutôt par l'écriture excellente et par le déroulement particulier de l'histoire.

   Angieblue   
22/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Dès la lecture des deux premières lignes, je suis déjà conquise. L’atmosphère est brillamment posée avec « les brumes…en fumerolles diaboliques », « la lune qui bondit d’arbres en arbres » …puis l’atmosphère de huis clos, le froid, le vent « le dernier freux de l’hiver lance un cri plaintif » …

Tu n’as vraiment rien à envier aux grands auteurs classiques. Quelle richesse dans les descriptions et les détails ! Par exemple superbe cette image : « J’ai l’impression que ma maison se découd comme une doublure ».

Et puis le thème et l’élément fantastique sont subtilement amenés. La narratrice se sépare des objets religieux, le crucifix puis la bible… l’appel et la tentation de la jeunesse… l’allusion subtile aux morsures du temps, une autre forme de vampirisme…
La voix qui lui demande d’ouvrir la porte et qui rythme le récit attise l’angoisse et l'on est invité à ce bal démoniaque ouvert par cette comparaison avec le "premier violon d’un orchestre démentiel ».

Superbe également ce passage où la narratrice perd la foi pour choisir l’immortalité et la jeunesse éternelle : "Que le Seigneur me pardonne, mais quand j’ai vu mon visage ridé se réfléchir dans la pupille de cet enfant vieillard sans âge à l’allure impériale, cheveux blancs et costume de nuit, j’ai perdu toute foi dans la religion."

Sans parler de cette scène magistrale où elle se voit "jeune et nue, juchée sur un trône de crânes, couverte de sang, les seins triomphants, défiant les Hommes et les dieux."

Excellente aussi la chute où elle se prépare pour devenir « l’éternelle fiancée ».

Et toujours ces traits d'esprit qui donnent à réfléchir: "Il n’y a pas de dieux, il y a ceux qui vivent et ceux qui regardent, il suffit d’ouvrir la porte..."

Cette nouvelle fantastique est une totale réussite, rythme, images, atmosphère et l’on en ressort totalement envoûté comme sous l’effet d’un sortilège. L’auteure est diaboliquement douée !!!

   Ingles   
22/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Anna,
un beau texte, fluide, riche de références qui posent une atmosphère, sur la vieillesse.
Sherlock Holmes suggérait une orientation policière, finalement on bifurque vers du "gothique" (ou du "noir" ?), autant de pistes qui nous ramènent à la fin, à la mort.
Le vocabulaire parfois élaboré, parfois familier, évoque aussi plein de choses, renvoie le lecteur à plusieurs registres de la vie. J'aime beaucoup les apparitions soudaines, à travers leurs noms, des arbres ou des animaux qui peuplent ce récit.
L'usage de la première personne intrigue, est-on dans un journal intime, une confession ? Ouvrira-t-elle la porte ?
Certainement, elle a jeté son livre dans le poêle.
Je n'ai pas bien compris le trône de crânes. La toute puissance de la jeunesse ?

Au plaisir,
Inglès

   papipoete   
22/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Anna
J'ai regardé le nombre de caractères, ça va je peux m'y coller !
Sachant ce que notre auteure nous propose, depuis la petite juive devenue cette américaine à la vie extraordinaire, j'ai osé " ouvrir la porte "...
Il y a de tout dans ce récit ; de quoi trembler, du mystérieux avec cette blessure aux 2 petits trous... qui finissent par s'envoler l'espace de deux jours ! des moments rigolos quand l'héroïne se gèle malgré ce rempart de couvertures et le fourneau gavé de charbon !
RTL qui diffuse du Gainsbourg " qui fait des trous, des p'tits trous, est drôlissime, comme la " maison qui semble se découdre comme une doublure "
On se doute un peu du final, mais si bien amené, que lorsque tombera la nuit, un fantôme apparaîtra... son Gaston venant l'emmener danser ce soir ( Michèle Torr : emmène-moi danser ce soir ! )
On va me taxer de je ne sais quoi, mais dorénavant j'attends avec impatience le " AnnaPanizzi nouveau " dont je savoure ici, encore une fois l'immense talent !
Du rire, du tendre, du drame ; rien n'à jeter, je suis à nouveau conquis ! pourrait-on dire ce qu'il y a de mauvais dans ces lignes ?

   Dupark   
22/5/2022
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
Bonjour,

votre texte est déjà un tube.. de concentré de stigmates^^.

1. Le mièvre
[voix merveilleuse - je deviendrai son éternelle fiancée - J’ai aimé Gaston, à ma façon, malgré ses infidélités (vive la soumission) - voix impérieuse et si sensuelle à la fois - midinette]…
Un doux parfum de Martine et le prince mystérieux… Mais non, je n'en lis pas !^^

2. Les expressions sorties du manuel
Ici, Le Funèbre Pour Les Nuls^^
[brume, froid, humide, manoir gothique, corbeaux, chauve-souris…]
Un alignement de poncifs. Champagne !^^
Idem pour les mots rares, aussi incongrus dans ce texte qu’un candidat parisien parachuté à Saint-Tropez^^
[freux] et le cocasse [amphigourique]. Le mot aurait pu être lu dans un commentaire, sous votre texte. Mais Oniris n’existait pas en 1830^^

3. Commenter son propre texte
[pour être au plus près de cette atmosphère romanesque et lugubre]

4. Risquer de heurter la morale
Une grand-mère de 84 ans veut plaire comme à 16 ans. Vous avez trouvé une niche. Les jeunes ne lisent plus beaucoup^^

5. Précision inutile
[J’ai ri toute seule] Oui, seule. Forcément seule. Elle est seule depuis mardi puisqu’elle fait sa [petite vaisselle].

6. L’incohérence
On ne peut pas faire dire au personnage, dans la même phrase, [Que le Seigneur me pardonne] et [j’ai perdu toute foi dans la religion].
Surtout en lui faisant dire [Doux Jésus] le lendemain.
Si c’est de l’humour de collège, il ne saurait cohabiter avec votre tentative de lyrisme gothique dans les mêmes lignes.

7. La fausse chute
Le lecteur est laissé au seuil de la porte, qui s’ouvre, ou pas. Que le lecteur se débrouille, l’auteure a autre chose à faire.

J’espère que ces remarques vous aideront à progresser.
Bonne chance pour vos plumes.

Dupark
Étourdi par Les Métamorphoses du Vampire de Baudelaire

   embellie   
23/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Cette nouvelle m'a émue aux larmes. Sans doute parce que j'ai l'âge de Louise et que je n'ai pas du tout envie « d'ouvrir la porte », mais surtout pour ce talent d'écriture d'une richesse rare.
Je trouve extraordinaire la justesse, la clairvoyance avec laquelle l'auteure nous décrit le ressenti de son personnage face à la vieillesse. Réussite indéniable. Bravo et merci.

   Lariviere   
25/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Anna,

Sur le fond j'ai aimé cette histoire de vampire qui ne dit pas son nom, le sujet est traité avec sensibilité et délicatesse...

Sur la forme l'écriture est fluide, légèrement suranné mais c'est aussi ce qui fait le charme du récit... j'ai aimé le choix de l'axe de traitement et le format journal intime même si ce n'est pas très original, ca fonctionne plutôt très bien, c'est une partition que tu maitrises ici.

Un petit regret c'est de ne pas voir ce vampire plus matérialisé que ça mais je me dis que ca participe aussi au charme de l'intrigue...

Merci pour cette lecture et bonne continuation ;)

   chVlu   
25/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce huis-clos est attachant et l'écriture m'a pris par la main jusqu'à la fin. Rapidement l'ambiance film d'épouvante s'impose. j'ai bien aimé l'idée de la voix off venue d'un autre monde dont il suffit d'ouvrir la porte.
Le banal du quotidien et l'ésotérique d'un monde d'êtres "supérieurs" sont bien mêlés pour en faire une histoire riche et intéressante à lire.
Une question reste à la fin de ma lecture Gaston aurait fait sa mutation avant la narratrice et serait revenu la chercher? Du coup j'aurais aimé en savoir plus sur ce Gaston, cet homme parfait bien que..
Mais dans cette envie de plus l'auteur trouvera l'expression du plaisir du lecteur plutôt qu'un signalement de manque.

   Canuelle   
5/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un excellent mélange de modernité et de classique .... c'est rare. Et une vieille dame qui rajeunit! Le tout porté par une écriture qui sert le texte à merveille. Bravo!

   ferrandeix   
5/6/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un très beau texte qui se déroule selon un monologue d'une grande intensité exprimant une réflexion parfois pathétique sur l'existence, l'amour, la sénescence... au travers du souvenir. L'effroi d'une présence inconnue ajoute encore à cette méditation une dimension supplémentaire. Je discerne également un sens du lyrisme très accusé, notamment dans le passage évoquant l'amour défunt: après: "J'ai vu dans ses yeux... qui développe des images hallucinées. Concernant le sens de la présence inconnue et de cette porte ouverte clôturant la nouvelle, je proposerais (avec prudence) une interprétation. la présence pourrait être la Mort qui rode et la finale serait l'accomplissement de cette mort après la rétrospective de l'existence. La porte, alors, serait une ouverture vers l'Au-delà, un Au-delà indéterminé auquel il faut laisser le mystère. interprétation peut-être totalement fausse par rapport à la pensée de l'auteuse (?), mais qui me paraît pouvoir convenir. il y manquerait quelques allusions plus précises... Sur le plan stylistique, je serais élogieux, néanmoins en nuançant par quelques critiques. Un vocabulaire riche, mais une syntaxe gâchée notamment par des répétitions de qui et que en série dans la même phrase. Pas vraiment rédhibitoire, un défaut qui peut être corrigé.

   poldutor   
22/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Anna
J'ai aimé cette nouvelle dont l'ambiance "occupation" que vous avez su créer est à faire frémir, on a vraiment l'impression que vous avez vécu vous même cette aventure, sans vous connaitre physiquement, on pourrait penser que c'est de vous qu'il s'agit, alors que probablement vos parents n'étaient pas nés à cette époque (moi oui!) .
Vous avez su décrire les affres de ces gens courageux, et les juifs encore plus, qui risquaient leur vie pour porter une lettre.
Vous êtes définitivement très bonne en "prose", votre style rend vivant les aventures que vous contez.
Bien que votre inspiration soit plutôt dramatique, vous savez faire revivre des épisodes dramatiques de notre histoire!
Continuez à nous charmer par votre belle écriture.
Cordialement.
poldutor


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