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Policier/Noir/Thriller
Annick : Emportée par le vent... [Sélection GL]
 Publié le 07/08/19  -  17 commentaires  -  7249 caractères  -  150 lectures    Autres textes du même auteur


Emportée par le vent... [Sélection GL]


Quand Anne eut quinze ans, elle se regarda beaucoup plus longuement dans le miroir, une psyché qui lui permettait de se voir de pied en cap. Elle ne se trouva pas assez jolie. Certes, les traits de son visage étaient délicats mais les formes naissantes de son corps d'adolescente lui paraissaient déjà trop affirmées. Elle aurait aimé être très mince, diaphane, presque transparente, comme une idée de jeune fille. Hélas, elle avait un corps bien visible et celui-ci l'encombrait. Anne palpa à regret le gras de ses bras, effleura l'arrondi de son ventre, sa main descendit jusqu'à ses petites cuisses de grenouille qu'elle voyait comme des cuisseaux de chevreuil. Ses vêtements amples masquaient ses formes qu'elle croyait généreuses. L'image que lui renvoyait son miroir l'indisposait. Pourtant son corps de jeune nymphe en faisait déjà rêver plus d'un. « Je suis laide », murmurait-elle souvent en détournant le regard de ses formes qu'elle détestait.

Aussi décida-t-elle de ne presque plus se nourrir. Le lundi, quelques graines de tournesol picorées de temps à autre suffisaient à calmer son appétit. Le mardi, une vieille pomme ridée emplissait son estomac jusqu'au soir. Le mercredi, trois petits verres d'eau citronnée suffisaient à l'hydrater et à la rafraîchir et ainsi de suite jusqu'au dimanche...

Chaque matin, avant d'aller à l'école, un rituel s'imposait. Anne prenait un mètre de couturière et mesurait son tour de poitrine, sa taille, ses hanches, en notant scrupuleusement, sur un carnet, les progrès constatés. Quand elle perdait un centimètre de tour de taille, elle inscrivait, en face des résultats, une note qu'elle évaluait en fonction des efforts consentis. Bientôt, elle n'eut plus faim et se trouva comme allégée d'un poids. Elle aurait rêvé ne plus avoir besoin de boire, non plus. Toutes ces contraintes lui pesaient et elle s'attardait souvent devant la statue de la Vierge, face à la mer, si belle, aux proportions parfaites, sculptée dans le marbre par un artiste de génie.

Après quelques semaines de privations, son miroir lui renvoya une image conforme à ce qu'elle désirait. Sa mère la disait filiforme, voire squelettique. Son père, pour la taquiner, lui avait donné le surnom de Narcisse car, depuis qu'elle avait maigri, elle aimait passer son temps à s'observer dans la psyché pour surveiller sa ligne ou s'adresser un sourire complice.

Cependant, le fait de se nourrir de manière restrictive lui causait de violentes brûlures d'estomac. Parfois des douleurs lancinantes comme des piqûres d'aiguilles la tourmentaient jour et nuit. Son corps demandant grâce, elle consentait alors à manger un peu plus. Ainsi, ses souffrances s'apaisaient. Mais le petit démon qui la poussait à adopter des comportements extrêmes veillait. Et les privations reprenaient toujours plus agressives, son désir d'idéal l'absorbant tout entière.

Sa mère s'aperçut qu'elle semblait s'effacer un peu plus chaque jour. Son corps se réduisait à la portion congrue et pliait comme un roseau à la moindre brise. En maman avisée et inquiète, elle décida donc de l'emmener chez un de ces praticiens, spécialistes du corps et de l'âme :


– Ton indice de masse corporelle a dépassé le seuil critique. Il est de 14,5 et équivaut à une dénutrition. Je te dis les choses telles qu'elles doivent être dites, sans détour. Car en ne mangeant pas suffisamment, tu mets ta vie en danger, déclara le médecin d'un air sombre, à l'adolescente.

– Elle ne veut pas m'écouter quand je la mets en garde, dit la mère. Elle continue obstinément à se priver de nourriture pour ressembler aux mannequins désincarnés que l'on voit à la télévision dans les défilés de mode.


Recroquevillée sur sa chaise, Anne fit pivoter son corps du côté de la porte comme pour échapper aux paroles accusatrices. Puis elle entortilla sa queue de cheval autour de ses doigts en signe de reddition. Le duvet mousseux de ses cheveux frissonna sur sa nuque.


– Elle mange réellement comme un moineau, renchérit sa mère. Rien que des graines de tournesol, de lin, de pavot, et de sésame.


Comme pour la conforter dans ses dires, Anne sortit de sa poche quelques graines de tournesol qu'elle commença à grignoter consciencieusement, avec l'air effarouché et tranquille à la fois d'un écureuil.

Le silence était à peine égratigné par le bruit sec de la mastication.


– Qu'en penses-tu, Anne ? questionna le docteur, en la regardant fixement.


La jeune fille baissa les yeux en silence. Le diagnostic ne l'affectait pas, elle était déjà ailleurs. Elle ne trouvait d'intérêt à la vie que dans la mesure où elle suivait à la lettre les règles qu'elle s'était fixées. Cela la rendait tellement heureuse. Ils ne pouvaient pas comprendre... Pourtant, elle décida de se ranger à l'avis du praticien et de sa mère :


– Je vais faire un effort pour manger davantage, dit-elle d'une voix atone.

– Ah ! Ma petite fille, lui dit le médecin en souriant, me voilà rassuré ! Je te prescris des vitamines pour remédier aux carences.


Puis comme une boutade qu'on lance pour mettre un terme à une conversation pesante, il poursuivit :


– Si tu ne manges pas plus, un jour, tu finiras par t'envoler !


La jeune fille le regarda d'un air doux, à la dérobée. L'homme ne perçut pas son cillement de paupières, à peine un léger battement d'ailes... Anne fut la seule à remarquer, à travers la fenêtre, les nuages plumeux et délicats qui filaient vers l'horizon comme aspirés par les courants d'altitude.

Le lendemain, lorsqu'une tempête se leva, Anne se souvint de ce que lui avait dit le médecin, à la fin de la consultation. Cette idée de ne plus sentir son corps la séduisait. S'envoler et n'être qu'une âme parmi les reflets mauves d'un coucher de soleil, voilà ce qu'elle espérait. Se défaire de son enveloppe comme un papillon sort de sa chrysalide, c'est tout ce qu'elle désirait. Être belle ne lui suffisait plus. Elle voulait se fondre dans la beauté des choses.

Elle se remémora ses privations, ses douleurs, son corps qui souffre et se cabre. Tout ce contrôle sur elle-même n'avait-il pas pour but d'échapper à leur contrôle, à eux : sa mère, son père, le médecin ? Se libérer de leur regard, de celui des autres, de tous les autres, pour pouvoir enfin s'épanouir et voler de ses propres ailes... Et respirer à pleins poumons le vent dur de décembre, celui qui coupe le souffle d'une délicieuse blessure...

Elle s'enveloppa dans un châle et partit à pied en direction de la falaise, s'agrippant aux réverbères, aux garde-fous, aux arbres, tant les rafales étaient violentes. Le vent hurlait et bourdonnait contre ses tempes, l'attirant à lui, impérieux, exigeant puis la repoussant aussitôt. Quand elle parvint jusqu'aux vagues mugissantes, elle leva les yeux au ciel, écartant ses membres frêles pour prendre à pleines brassées les bourrasques. À ses pieds, tout en bas de l'à-pic, l'océan roulait sa colère. Elle resta là, un moment, offerte aux éléments déchaînés. Puis elle s'envola, petit pantin de chiffon désarticulé, ballotté par les tourbillons impétueux du vent...

Dans le cimetière de Saint-Benoît, une tombe est fraîchement creusée, avec une stèle en forme de cœur, portant les inscriptions suivantes : Anne Orexie – 2004-2019 – Emportée par le vent.


 
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   poldutor   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonne petite nouvelle qui démarre par les efforts désespérés de la jeune Anne pour maigrir "comme les mannequins"...
Cette envie d'imiter les femmes filiformes qui défilent sur les podiums, a conduit plus d'une adolescente à la mort.
Ici Anne, sur une boutade maladroite du médecin, commet l'irréparable...
La chute (si j'ose le dire), est très astucieuse et amusante, bien que le sujet ne s'y prête pas vraiment.
Nouvelle courte et bien écrite.

E.L

   hersen   
11/7/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Que dire de ce texte ? Traiter de l'anorexie est toujours délicat et si ici je peux lire le déroulement de la maladie, la montée en puissance, il me reste un peu un vide tout de même.
Il y a comme une distance, froide, entre la narration et ce que je voudrais savoir de plus; car le sujet n'est pas beaucoup creusé. Par exemple, la dialogue avec le médecin n'est pour moi absolument pas à la hauteur envers une ado qui a atteint le seuil critique de mc et est en dénutrition.

par contre le grignotage des graines, manger comme un oiseau, cela prépare à ce qui va suivre;

Quand je lis certains passages, comme celui-ci que je trouve très bon : " Et respirer à pleins poumons le vent dur de décembre, celui qui coupe le souffle d'une délicieuse blessure...", je me dis que l'auteur aurait pu faire mieux sur l'ensemble du texte. Ou peut-être n'a pas su choisir ou assumer d'aller chercher plus profond.

c'est une façon "douce" de parler l'anorexie, ce qui n'empêche pas de ressentir de la douleur, mais qui reste trop dans le cliché de s'identifier aux mannequins. Je pense que cette maladie est beaucoup plus profonde que ça.

Il me vient à l'idée que l'auteur cherchait peut-être à personnifier la maladie. C'est un angle intéressant mais si c'est le cas, je n'en sens pas la profondeur mais il y a un début.

Je précise que je connais peu cette maladie. Je donne un ressenti de lecteur lambda qui peut-être attendait plus. J'ai sans doute l'idée fausse qu'une personne atteinte de ce mal ne sera jamais satisfaite de son image, qu'elle ne sera jamais conforme à ce qu'elle "souhaite", comme il est dit dans le texte.
Enfin, et je regrette de le dire, mais Anne Orexie... :(

   plumette   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
un texte qui m'a émue.
Il traite de façon originale cette terrible maladie qu'est l'anorexie, laquelle touche des êtres épris d'absolu.

J'ai deviné dès le début où risquait de mener cette histoire mais le récit m'a tenue, grâce à une belle écriture à la fois factuelle pour ce qui concerne la "descente aux enfers" et plus métaphorique lorsque l'imaginaire d'Anne s'empare des mots du médecin pour sceller son destin.

un texte fort qui pouvait se passer pour moi de la dernière phrase que je perçois comme un surlignage inutile.

A vous relire

Plumette

   senglar   
7/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Annick,


Votre récit est remarquablement mené, la description de la maladie galopante formidablement scandée/maîtrisée sous tous ses aspects (psychologique, physique, ...), l'héroïne formidablement campée.

MAIIIS !... Oh Annick !

"Anne Orexie" même moi (voir "Eaux taries" dans "Révélation") dans mes plus purs délires je n'aurais pas osé.

Ceci dit, pas fûte fûte non plus le médecin :
" - Si tu ne manges pas, un jour, tu finiras par t'envoler !"
Devrait se recycler d'urgence celui-là !

Je crois qu'on en a tous connu au moins une de jolie jeune fille comme ça, mignonne comme un coeur et qui soudain a pris ses formes en horreur... puis a frôlé la mort. Votre héroïne est morte au bout de son cauchemar dont elle s'était fait un rêve.

Je me demande comment on pourrait l'appeler : Anne ... Ick

... Hic...

Euh vous voyez Annick, si vous avez sursauté, c'est un peu ainsi que j'avais réagi avec "Orexie" ;)))


Senglar
songeant

   Corto   
7/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici une histoire très crédible, bien déroulée. Les personnages sont consistants dans leurs dialogues, l'obsession de son corps est devenu pour la jeune fille une raison de vivre, révélant comme on le sait un trouble profond dans sa personnalité et son rapport aux autres.

La remarque bien nigaude du médecin "Si tu ne manges pas plus, un jour, tu finiras par t'envoler !" sert à faire rebondir le récit avec cette suite où "Cette idée de ne plus sentir son corps la séduisait".

Dans la logique construite par la jeune fille la suite était normale: "elle s'envola, petit pantin de chiffon désarticulé, ballotté par les tourbillons impétueux du vent..."

Le jeu de mot provocateur "Anne Orexie" qui sert de final sur une pierre tombale semble être comme une signature de l'auteur.

En d'autres temps, selon les archives, elle avait déjà utilisé, en plein drame mondial (août 1916): "Mets l'ancolie à la fenêtre" formule (un écho audacieux) reliée comme on s'en doute à "Mélancolie à la fenêtre...Mon cher amour que je ne reverrai pas". Le tout sur scène de mort du personnage, soldat victime d'un obus.

Quand on aime provoquer, pourquoi s'en priver ?
Sans doute est-ce une manière de faire la différence entre un rapport médico-légal et une nouvelle qui n'a la prétention que d'être une nouvelle.

   Davide   
7/8/2019
Bonjour Annick,

L'anorexie mentale est un trouble encore tabou dans notre société et le traitement du sujet ne manque pas de délicatesse et de poésie (notamment le titre et le dénouement).

Mais comme souvent dans les nouvelles que je lis ici, je regrette cette distance d'avec les personnages qui me laisse en dehors de la scène. Malgré le tragique de la situation, il n'y a pas grand-chose en cette Anne qui me touche, je n'arrive pas vraiment à l'aimer et à ressentir de la compassion pour elle.

Difficile pour moi d'argumenter davantage mon ressenti, mais je pense que la brièveté du texte justifie pour beaucoup mes réserves ; tout va trop vite !
J'aurais aimé que les différentes phases de ce trouble complexe soient traitées de manière plus approfondies, ou du moins, plus longuement.

Désolé pour cette fois-ci, mais je tiens à saluer le courage de traiter un sujet si difficile.

Merci Annick,

Davide

PS : Une chanson que j'aime beaucoup sur l'anorexie :
Syrano - Ficelle

Edit : après lecture des autres commentaires, je rejoins en partie hersen : je ne trouve pas que l'histoire fasse "cliché", non, mais qu'elle manque un peu de personnalité. Et la visite médicale... en effet, je la trouve peu crédible.
Pour autant, Annick, votre écriture "poétique" est délicieuse. Je vous l'ai peut-être déjà dit !

   Cristale   
7/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le taux de suicide associé à l’anorexie est le plus important de toutes les maladies psychiatriques. Les causes de cette maladie peuvent être biologiques, génétiques, associées à des facteurs de stress précoces.
Tout cela pour dire que la bataille n'est pas gagnée.

Ce texte, Annick, est aussi léger, par la délicatesse, les mots, les images qu'une feuille balancée sous le vent et aussi lourd de par le sens qu'une douleur chronique.

On suit le parcours de l'adolescente comme on regarde les scènes principales de la bande annonce d'un film tragique. Mais ici, on a le mot de la "fin"...

"– Je vais faire un effort pour manger davantage, dit-elle d'une voix atone.
– Ah ! Ma petite fille, lui dit le médecin en souriant, me voilà rassuré ! Je te prescris des vitamines pour remédier aux carences."

Ensuite, le ton faussement désinvolte du médecin est un élément essentiel de l'histoire :
– Si tu ne manges pas plus, un jour, tu finiras par t'envoler !

Ce sont ces mots et seulement ces mots que Anne a retenus.

"S'envoler et n'être qu'une âme parmi les reflets mauves d'un coucher de soleil, voilà ce qu'elle espérait."

Anne a choisi de s'envoler...

Techniquement, je suis bien incapable d'apporter une aide quelconque à l'auteure bien plus aguerrie que moi. Je peux seulement dire que je me suis laissée embarquer dans cette histoire touchante, dramatique, en appréciant la fluidité de l'écriture.

Merci Annick.

Cristale

   toc-art   
7/8/2019
Bonjour,

je suis très surpris du choix de narration pour ce texte, à la manière d'un conte, ce qui rend le récit un peu irréel, je trouve. Ensuite, il y a selon moi des problèmes de temps de narration.
Exemple : "Anne palpa à regret le gras de ses bras, effleura l'arrondi de son ventre, sa main descendit jusqu'à ses petites cuisses de grenouille qu'elle voyait comme des cuisseaux de chevreuil."
-->le choix du passé simple indique qu'elle ne fait ces gestes qu'une fois alors que manifestement, elle les fait très régulièrement puisque c'est une obsession. L'imparfait conviendrait mieux.

Je ne trouve pas que la psychologie liée à cette maladie soit bien cernée car contrairement à ce passage "Après quelques semaines de privations, son miroir lui renvoya une image conforme à ce qu'elle désirait.", les anorexiques ne sont jamais satisfaits de l'image que leur renvoie le miroir, c'est bien là tout le problème justement.

Autre point faible : les dialogues qui sont à mon sens très irréalistes. Je ne prétends pas que l'on doive forcément retranscrire un langage parlé parce que la médiation par l'écrit nécessite une transformation pour rendre le tout crédible et naturel, mais là, on est très loin d'une réussite. Je pense qu'il faudrait vraiment les retravailler pour les rendre plus vivants et plus réalistes.

Dans l'ensemble, je trouve l'écriture assez faible, tout ça manque de virtuosité et de rythme. Si c'était un film, je dirais que la réalisation est plate. Si c'était un plat, qu'il est fade.

Enfin, le jeu de mot final est, excusez-moi de vous le dire de cette manière, mais en dessous de tout. Si vous aviez la moindre chance de conquérir le lecteur malgré les faiblesses du récit, là, vous le perdez irrémédiablement car vous lui assénez que tout cela n'est finalement qu'une farce, de mauvais goût qui plus est. J'imagine que ça n'est pas votre objectif mais vous desservez totalement votre propos. C'est dommage.

Je suis un peu désolé de voir que le thème, une fois encore, prend le pas sur la qualité spécifiquement littéraire mais j'ai l'impression que c'est une tendance avec laquelle il va bien falloir composer désormais. Nous sommes pourtant sur un site d'amateurs de littérature...

   ours   
7/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir Annick,

J'ai beaucoup aimé votre développement de la maladie, on ressent bien cette psyché altérée, miroir déformant de la réalité qui piège trop d'adolescents. Quand est diagnostiqué comme pathlogique on s'inquiète effectivement, on est souvent démuni comme le sont ces parents un peu absents du récit. Le médecin quant a lui ne semble pas très habitué non plus à traiter ce genre de cas.

Je ne referai pas les critiques qui ont déjà pu être faites mais j'ai effectivement ete désolé par le jeu de mot final qui m'a laissé penser comme le suggère @hersen à une personnification, mais dans ce cas le déroulé aurait été différent.

Au plaisir de vous lire et peu d'être d'en savoir un peu plus sur la chute en forum.

   papipoete   
7/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonsoir Annick
Une histoire que l'on voudrait voir s'éparpiller, au sortir d'un mauvais rêve mais... Une fille qui se trouve toujours trop grosse, si laide en vient à ne plus manger, tout juste picorer comme un oiseau, et un jour faire comme lui ; voler, s'envoler loin des psychés, échapper aux paparazzis et leurs maudits clichés...
Un beau matin, le vent de tempête lui tendit la main " viens, suis-moi au-delà de cette falaise ! plus personne ne te forcera à manger ! "
Céline Dion chantait une chanson sur ce thème, que mon cerveau " lexomylé " m'empêche de retrouver ; elle parlait d'un enfant comme l'héroïne du texte, Anne Orexie...
Poignant, vrai, et des détails qui ne s'inventent pas ! Qui brisera définitivement ces cages, dont les barreaux ne sont pourtant pas dorés ?

   Eclaircie   
8/8/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Annick,

J'ai lu et ne vais donc pas passer mon chemin sans vous laisser mes impressions.
Je ne comprends déjà pas vraiment la rubrique choisie pour cette nouvelle.

En lui même, le récit aborde un sujet très douloureux.
Mais le récit oscille entre le merveilleux et l'approche poétique. La part de drame est sans cesse occultée ou un peu mal abordée, à mon sens.
Ainsi "elle décida" dès le second paragraphe surprend, dans cette situation il ne s'agit pas d'une décision lucide, il me semble.
Les réactions de ses parents ne me semblent pas non plus naturelles. Pas plus que le paragraphe concernant ses "entorses à ses habitudes alimentaires". De même pour le passage chez le médecin.
De nombreux points cruciaux de cette situation sont abordés (les maux annexes, le rejet du milieu, la peur de devenir femme) sans être ni approfondis, ni présentés pour ce qu'ils sont, des symptômes d'une maladie grave.
L'écriture me semble trop lisse, banale pour relever du registre du merveilleux, mais pas assez incisive et/où détachée du quotidien pour la rubrique choisie.

Éclaircie

   Annick   
9/8/2019

   Cat   
12/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Annick,

Autant le thème abordé est lourd, autant la poésie dans cette nouvelle est légère et fine comme un fétu de paille.

C'est une façon originale et délicate d'aborder ce sujet terrible, contre lequel, malheureusement, personne ne peut rien, si ce n'est l'intéressée elle seule.

Et ici, grâce ou malgré la distanciation voulue par une écriture qui ressemble davantage à une caresse, sans aucun pathos on comprend très vite quelle est la destinée de Anne.

Bien sûr, il y a le jeu de mots final qui n'est pas à sa place dans ce conte du petit oiseau emporté par le vent. Malgré cela j'aime beaucoup la douceur que vous avez su instiller à ce texte.

Merci et à vous relire


Cat

   STEPHANIE90   
12/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Annick,

une nouvelle qui "survole" de part votre écriture la problématique de l’anorexie.
A un moment donné Anne décida de ne presque plus se nourrir, puis le rituel s'impose et hop ! Enfin, elle gagnait une victoire sur ce corps, ses efforts payaient, elle se sentait enfin plus forte en disparaissant physiquement.
La rencontre avec son médecin paraît un peu légère mais malheureusement, ce genre de médecin fait encore trop souvent légion par son ignorance sur cette pathologie et évidement n'aide pas ces jeunes en grande détresse psychologique.
Vous nous offrez avec une histoire la tragédie de cette jeune-fille sur un parapet aux prises avec les éléments, elle s'offre sa liberté : emportée par le vent...

Je ne reviendrai pas sur Anne Oréxie, personnellement, cela ne m'a pas choqué ; je le trouve assez culotté mais, il colle parfaitement avec votre personnage central.

Merci pour cet écris sur un sujet de société qui met en général mal à l'aise, votre façon de l'aborder permet d'aller au bout de la lecture.

Stéphanie

   Donaldo75   
1/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Annick,

Je ne vais pas rentrer dans une analyse où le réalisme de la situation serait disséqué, comparé à des études médicales ou des articles de journaux. Non, ça ne m'intéresse pas vraiment. Je retiens le côté poétique, presque conte, de cette nouvelle. Elle peut paraître naïve, simpliste, choquer les esprits analytiques qui ne verront que la maladie, mais elle demeure poétique et très bien écrite. Et c'est ce que j'ai aimé.

Merci du partage; je m'envole vers d'autres textes.

Donaldo

   MOKHAM   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir.

Une histoire bien écrite qui traite un sujet délicat, l'anorexie. J'ai adoré la description du personnage tentant tant bien que mal de maigrir, poussant son corps à l’extrême.

Je trouve que la réaction du médecin est un peu bizarre et semble irréelle. De plus la chute arrive brusquement et nous laisse pas le temps de ressentir le pourquoi de ce choix. Selon moi, tu aurais pu décrire un peu plus l'impact de cette consultation chez ce médecin sur son quotidien et la raison qui l'a poussé à vouloir en finir ( surtout qu'avant la consultation, rien n'est motionné qu'elle voulait en finir avec la vie).

Au final, l’histoire m'a bien plu. Elle aurait mérité une meilleure fin.
Merci du partage et au plaisir de te lire.

   LylianR   
2/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
L'histoire est bien construite, l'écriture est belle et poétique. J'ai beaucoup aimé tout ce qui se lit explicitement mais aussi tout ce qui se dit entre les lignes. Les petits détails sont aussi importants que les grandes lignes.
Rien n'est gratuit, tout concourt à la fin tragique.
J'ai particulièrement apprécié la fin qui se noue de manière intense.

Merci pour ce très beau moment de lecture.


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