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Sentimental/Romanesque
antonio : Je vais à l'épicerie
 Publié le 15/08/15  -  8 commentaires  -  10056 caractères  -  82 lectures    Autres textes du même auteur

Cinquante-trois ans d'amour.


Je vais à l'épicerie


« JE VAIS À L’ÉPICERIE. »

Clémence s’essuie les mains à son tablier. Cette phrase et ce geste ne sont que le début du cérémonial. Elle n’est pas encore partie. Théo, d’ailleurs, n’a rien vu et rien entendu. Ses lorgnons sur le nez, il lit le journal étalé sur la table. Il a renvoyé sa casquette en arrière, des sillons se creusent autour de ses yeux, tout petits derrière les verres, sa bouche est déformée dans un rictus qui paraît presque douloureux.

Clémence trotte dans la pièce. À gestes menus, elle enlève son tablier, l’accroche à un clou à côté du balai pendu au mur. Elle ouvre le placard, scrute longtemps le trou sombre d’où s’exhalent de riches odeurs de fromages et de fruits, dit à voix basse, pour elle : « Qu’est-ce que je vais faire à midi ? »

C’est la fin du trimestre, mais le mandat n’arrivera que dans huit jours. Il faut faire petit. Elle referme enfin le placard, en faisant mentalement une sorte d’inventaire des aliments bon marché.

« Je mettrai des nouilles. » Elle regarde Théo et elle ajoute, toujours dans son for intérieur : « Des nouilles avec un peu de saucisse. » Un homme, il faut que ça mange. Même à quatre-vingts ans.

Le facteur n’a pas apporté de lettres ce matin. Il n’en apporte pas souvent, d’ailleurs. Mais il a laissé le catalogue de la « Belle Jardinière » dont Clémence n’a pas encore enlevé la bande afin de conserver intact son plaisir.

Elle l’enlèvera après le repas, après la courte sieste sur la chaise, lorsque le temps de lire sera venu pour elle. Aujourd’hui est donc un beau jour, le jour du catalogue. Il ne revient que tous les six mois, mais le plaisir dure six mois. Le précédent était là, sur la tablette de la cheminée, roulé, racorni, usé. Elle pourrait le réciter par cœur. Celui qui vient d’arriver, c’est celui de « Printemps/Été », le plus joli. Elle l’a mis sur la cheminée à la place de « Automne/Hiver », et elle a été placer ce dernier en bas de l’armoire à linge, avec les autres, les plus anciens. Il y a longtemps qu’on ne jette plus rien dans la maison. On est trop vieux pour jeter.


– Je vais à l’épicerie.


Elle ouvre la porte du poêle, tisonne un peu par acquit de conscience. Elle commence à s’y faire à ce poêle. Il n’y a pourtant que dix ans qu’il est là. Avant on faisait le feu de bûches directement dans la cheminée. Elle vide la bassine d’eau grasse, sur l’évier, et pense en même temps : « J’aurais dû le faire avant d’enlever mon tablier. » Elle s’essuie encore longuement les mains au torchon qui pend près de la fenêtre, jette un coup d’œil à travers les carreaux. La pluie d’hiver a nettoyé la rue, il n’y a plus trace de neige. Un pâle soleil essaie même de percer les nuages, mais c’est un soleil noir, sans lumière. Clémence va quand même mettre son manteau, bien sûr.


– Tu m’aides ?


Les bras raides ne passent plus les manches. Théo, arraché à sa lecture se lève péniblement. Ses genoux restent à demi pliés pendant qu’il tire comme il peut sur le col du manteau.


– Tu sors ?

– Oui je vais à l’épicerie.

– Tu ne veux pas que j’y aille ?

– Non, il faut que je voie.

– N’attrape pas froid.


Elle met son chapeau. Elle a toujours mis un chapeau pour sortir. L’été, un grand chapeau de paille noire, l’hiver, un petit bonnet de laine rond qu’elle appelle son « minet » parce qu’il a des longs poils comme ceux du pauvre Minet mort depuis longtemps. Elle s’en va enfin. Mais il lui faut encore du temps pour franchir les deux mètres du couloir, ouvrir la porte, regarder sur le seuil, à droite, à gauche, refermer la porte comme à regret.

Théo est maintenant seul. Il feuillette encore son journal, cherchant ce qu’il n’a pas lu. Un quart d’heure passe encore comme cela, dans le silence de la pièce. Théo se lève, il met ses mains sur ses hanches pour mieux réfléchir. Il a quelque chose à faire, mais quoi ? Ah ! Oui, tirer le vin. Il ouvre la porte de la cave et décroche la torche électrique qui est suspendue derrière. Cette torche, c’est un cadeau de Jean. Il trouvait que la bougie était dangereuse entre les mains de son vieux papa. Théo appuie sur le bouton, déclenchant une faible lueur jaunâtre. « Il faudra racheter une pile… dès que nous aurons touché le mandat. » Il s’enfonce dans la pénombre des escaliers.

Clémence sort de l’épicerie. Elle n’est pas contente. Quelqu’un est passé devant elle, alors que c’était son tour. Dans son indignation elle parle tout haut : « Qu’est-ce qui la pressait tant ? Est-ce que je suis pressée moi ? » Enfin, elle racontera à Théo. Elle imagine déjà comment elle lui narrera l’affaire, et du coup, sa colère tombe.

La voici à sa porte et elle cherche ses clés pour ne pas déranger Théo. Elle entre dans l’antichambre, dans la cuisine où la lampe est restée allumée, mais il n’y a personne. Comme elle a hâte de raconter son histoire, elle revient dans le couloir et le suit jusqu’au fond, où s’ouvre la porte donnant sur le jardin. Le petit jardin est vide. Un tas de bouteilles rangées dans un coin lui suggère une idée : « Il doit être à la cave, en train de tirer le vin. » Elle retraverse toute la maison et va à la porte de la cave qui est restée entr’ouverte. Son regard plonge dans l’escalier qu’éclaire vaguement, par le bas, une faible lueur.


– Théo, tu es là ?


Pas de réponse. Elle crie plus fort, car Théo est un peu dur d’oreille :


– Tu es là ?


Le silence persiste et Clémence se sent soudain mal à l’aise. Elle se raccroche une seconde à l’espoir que son mari est sorti, qu’il est allé jusqu’au café, bien que ce ne soit pas son heure, ou bien… Mais non, il aurait éteint la cuisine et fermé la porte de la cave avant de partir. Et puis cette lumière en bas… Elle se met à descendre les escaliers, marche par marche, en se tenant au mur. Et elle s’arrête tout d’un coup, un cri s’étouffant dans sa gorge, elle voit cette masse indistincte qui barre le sol, après la dernière marche…

On a mis Théo en bas, dans la chambre des enfants. Les voisins l’on porté en soufflant dans le petit escalier. Ils ont fait venir le docteur et monsieur le curé, pour des visites parfaitement inutiles. Ils ont déshabillé Théo, lui ont mis son beau costume. Ils lui ont joint les mains et ont noué autour de ses doigts un gros chapelet de buis qui doit être celui de sa première communion. Il y a eu des tas d’allées et venues dans la maison. Clémence n’a eu à s’occuper de rien, n’a ouvert la bouche que pour dire « non » lorsqu’ils ont parlé de porter le corps là-haut, dans « leur » chambre.

Et c’est là-haut, dans cette chambre, que se tient maintenant Clémence. Elle y est seule, car elle a répété « non » avec force, quand la vieille Sidonie a voulu l’accompagner. Elle est assise dans l’antique bergère à demi vermoulue, le seul meuble un peu luxueux de leur pauvre intérieur. Devant elle, il y a le grand lit blanc et gris, avec la grosse tache rouge de l’édredon au-dessus.

Elle ne pleure pas Clémence, elle ne bouge pas non plus. Elle est enfoncée dans le fauteuil, ses bras maigres posés sur l’accoudoir, ses petites mains fripées pendantes dans le vide et ses yeux sont fixés sur cette grosse tache rouge. Ce qu’elle ressent, ce n’est pas vraiment du chagrin. Après l’effondrement de tout à l’heure, maintenant c’est le calme, le vide, un lent enfoncement dans le néant. À mesure que la réalité prend consistance dans son esprit, il n’y a plus que cela : « Théo est mort, tout est fini. » Elle est trop vieille Clémence pour accorder encore quelque prix à la simple existence. À présent elle ne sera plus qu’une morte en sursis. Il ne lui restera plus que le passé.

Cinquante-trois ans de vie commune, de peines endurées ensemble, de chagrins partagés, avec, de loin en loin, de rares joies illuminantes, de plus en plus rares à mesure que le temps passe et que l’on s’enfonce dans la vieillesse. Mais cinquante-trois ans de présence, de compréhension, d’affection discrète mais toujours en éveil, d’amour, ce mot qu’ils n’osaient plus prononcer depuis longtemps.

Ils s’étaient mariés un samedi et ils avaient dû, l’un et l’autre, demander congé ce jour-là. Mariage de pauvres, mais mariage joyeux. Ils avaient eu tout un beau dimanche pour s’aimer. Puis, le lundi ils étaient retournés chacun à leur travail, Théo dans sa fonderie, Clémence à l’atelier de couture. C’était comme ça, c’était le sort commun, surtout celui des pauvres gens.


Après la naissance de Jean, elle avait confié le petit à sa mère, et elle avait continué à pousser l’aiguille chez madame Balizot pour quelques sous par jour. Mais quand Rose était venue au monde trois ans plus tard, elle s’était arrêtée, et là, ils avaient connu leurs plus durs moments sur le plan matériel.

Et l’existence avait continué ainsi, jusqu'à la mort de Rose, qui était partie à quinze ans, victime de la fièvre. Clémence ne s’était jamais remise de ce drame. Heureusement que Théo était là pour l’empêcher de sombrer, Théo si fort devant la vie, Théo toujours d’humeur égale.

C’était toute sa vie qui venait de défiler dans la tête de Clémence. Une vie bien remplie et qu’elle ne regrettait pas d’avoir vécu. Mais comme c’est court une longue vie…


Un voile se lève devant ses yeux, et le lit, ce lit étroit et haut qui, avec ses bois chantournés ressemble à un bateau, ce lit que, depuis tout à l’heure, elle fixe sans le voir, voilà qu’il prend maintenant toute son importante réalité. C’est au creux de ce lit qu’ils ont connu ensemble les plus belles heures de leurs jeunes amours, c’est là que sont nés Jean et Rose. Et c’est là qu’ils ont passé, côte à côte, plus de cinquante-trois fois trois cent soixante-cinq nuits. Et c’est pour cela, sans doute, qu’elle n’a pas voulu que l’on transporte ici la dépouille de Théo.


À la pointe du jour, les voisins qui avaient veillé le corps du pauvre Théo, se sont tout de même hasardés à voir comment se comportait Clémence. Ils l’ont trouvée sagement étendue sur le lit. Le grand édredon rouge était tombé par terre. Il faisait, dans la chambre, un froid glacial. Ils ont d’abord cru qu’elle dormait. Ses traits étaient si doux, si reposés…



 
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   Bidis   
16/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je ne suis pas fan de l'écriture. Une impression générale de laisser aller dans le style et de nombreuses répétitions. Les scènes évoquées pourraient être porteuses de plus de poésie, d'atmosphère, de couleurs, de parfum...

L'histoire est simple et émouvante. Mais je trouve que le passage qui va de "Après la naissance de Jean, ..." à "Mais comme c’est court une longue vie…" est soit trop court, soit mal venu. D'autres personnages sont introduits. Pour si peu de texte, ils distraient le lecteur sans profit d'aucune sorte.

C'aurait pu être une très bonne nouvelle.

   Anonyme   
15/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Je dois avouer que la première phrase m'a arrêtée : il y a un pronom de trop. "Clémence essuie ses mains à son tablier" suffit.
Renvoyé sa casquette en arrière : rejeté ?
Elle vide la bassine dans l'évier, pas sur, non ?

Cette atmosphère pesante de routine accompagnée de misère m'a impressionnée. Un univers étriqué où la survenue d'une anecdote, comme celle de la scène anodine à l'épicerie, prend l'allure d'un évènement qui meublera la conversation.
Je me suis bien représenté le moment où Clémence soudain veuve se réfugie dans sa chambre et passe leur vie en revue.
L'annonce des décès du mari, et celui de l'épouse sont amenés avec sobriété et pudeur.
Le lit choisi comme symbole de leur vie passée ensemble... c'est bien trouvé.

Finalement, j'ai lu cette nouvelle d'une seule traite jusqu'à la fin. je peux donc dire que je l'ai trouvée intéressante. Le fait qu'il semble ne rien se passer ou presque est le reflet même de l'existence étriquée des gens mis en scène.

   ameliamo   
15/8/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C’est un texte qui raconte une vie en quelques images bien suggérés, pour démontrer qu’il ne doit être ni riche ni pauvre pour être heureux. Qu’il est suffisant un vrai amour et une capacité de comprendre les problèmes de l’autre, de les surmonter ensemble. C ‘est un histoire triste, mais bien écrit.

   carbona   
16/8/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Une histoire qui pourrait être réellement touchante mais pourtant je n'ai pas vraiment accroché.

J'ai trouvé le ton un peu trop sombre, lourd, trop d'insistance sur la pauvreté du couple.

L'enchaînement des évènements est trop précipité, condensé. Ce récit aurait peut-être mérité d'être davantage développé.

Votre écriture ne m'a pas permis de rentrer complètement dans le décor, j'ai trouvé une inadéquation entre vos mots et l'histoire, un manque d'authenticité, de spontanéité. Une description peut-être un peu trop poussée et subjective de la vieillesse.

Mais une belle histoire, pas évidente à écrire c'est certain. Merci pour cette lecture.

   AlexC   
17/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ciao Antonio,

Quelle triste histoire ! Mais quelle belle histoire ! Un scénario de vie si simple, si commun et pourtant si juste et émouvant. Sensibiliser son lecteur en si peu de mots force déjà le respect, mais l’attacher à un couple de vieux tout ce qu’il y a de plus normal, quelle belle réussite.
L’écriture retranscrit à merveille la lenteur des personnages, autant dans leurs mouvements que dans leurs réflexions. Le rythme est lent, mais l’effet nostalgique impeccable. On attend un drame. Un choc. Mais le texte s’éteint doucement, à l’image de ses personnages, dans la dignité et l’émotion.

“elle a été placer” placé ?

Je tique :
“lorsque le temps de lire sera venu pour elle.”

Merci bien pour cette nouvelle sensible et délicate. Ce rêve de jeunes amoureux qui se jurent de se suivre dans la tombe le moment venu.

Alex

   Alice   
22/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'étais à deux doigts du "beaucoup", et je me disais : si la chute te plaît, tu y vas. Mais la fin m'a en fait un brin déçue. Pas le fait qu'elle meure, pas l'édredon tombé, juste les "si" suivis des points de suspension, je crois. Trop facile pour le reste.
Il y a de la vraie beauté dans ce texte, de la beauté de vie qui passe et qui fait tout passer, "pas vraiment du chagrin", comme vous le dites si bien, ni du bonheur, juste de la vie, de la tendresse envers le silence, comme je l'aime. Le passage sur les catalogues est adorable, je reconnais ensuite mes grands-parents dans l'importance à la fois vitale et absurde de l'anecdote.

"Devant elle, il y a le grand lit blanc et gris, avec la grosse tache rouge de l’édredon au-dessus" : c'est ma phrase préférée, son ton lent, on sent le regard de la vieille dame.

"Il a renvoyé sa casquette en arrière, des sillons se creusent autour de ses yeux, tout petits derrière les verres, sa bouche est déformée dans un rictus qui paraît presque douloureux" : cette phrase me paraît trop alambiquée pour se trouver si tôt dans la nouvelle, mais je comprends son côté plus fleuri. Le côté du moment où on pense encore au fait qu'on écrit avant d'entrer dans sa propre histoire.
La "morte en sursis" me semble de trop, ça sonne comme un cliché jamais prononcé sous cet angle mais déjà cliché...
"On est trop vieux pour jeter" sonne un peu comme une phrase toute faite pour placer les personnages dans l'univers désiré, un peu comme si on avait cherché la formule magique pour dire poliment et joliment qu'ils sont vieux. J'ai eu l'impression en la lisant de voir l'un de mes propres défauts d'écriture.

Je n'aurais pas aussi franchement insisté sur les détails de la pauvreté, les personnages étaient, me semble-t-il, destinés à être rejoints par le lecteur davantage par leur intimité que par leur statut social, mais c'est très subjectif de ma part.

J'aurais personnellement mis un espace plus grand entre le moment où la femme découvre son mari au pied des marches et celui où on indique qu'il a été placé dans la chambre des enfants, mais c'est une fois de plus bien personnel.

Quelques retouches, selon moi, et les larmes pourraient couler avant de sécher dans les yeux.

Je vous donne un bravo néanmoins plus que mérité,

Alice

   Blacksad   
25/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé cette histoire toute simple mais émouvante. A vrai dire, elle m'a fait songer à mes grands-parents, leur ferme, la mort de mon grand-père et celle qui reste et qui n'a plus envie... bref, il ya de beaux passages, très authentiques mais parfois le trait est un peu trop forcé, à la limite du pathos... la pauvreté, les difficultés de la vie ne sont jamais aussi bien retranscrites que par des petits détails, comme au début du texte. Le ton se fait par le suite un peu trop insistant sur le sujet, c'est dommage.
La fin est un peu en retrait aussi... un poil décevant dans la formulation j'ai trouvé.
Mais hormis ces détails, c'est un joli texte, plein d'émotions...

   Anonyme   
1/6/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Après cette petite déception à la lecture de votre dernière nouvelle "L'abri de jardin", j'ai voulu revenir un peu sur vos autres histoires.
Et donc, j'ai lu celle-ci, un peu pour le titre peut-être, ou le prénom de l'héroïne que j'aime particulièrement pour son côté apaisant.
Votre écriture dans cette magnifique évocation de la vie de ce vieux couple est délectable, parfaite, sans aucun temps mort, ni mot de trop. Un travail artisanal. Tout y est décrit d'une si douce manière, d'une très grande authenticité. J'ai revu des personnes que je connaissais, leurs petits désirs, leurs petits gestes, leurs petites pensées, leur petite existence à petits pas mesurés. Un délice d'émotion.
De très beaux passages, notamment ceux-ci: "La pluie d’hiver a nettoyé la rue, il n’y a plus trace de neige. Un pâle soleil essaie même de percer les nuages, mais c’est un soleil noir, sans lumière."... "Elle est trop vieille Clémence pour accorder encore quelque prix à la simple existence."..."Mais comme c’est court une longue vie…"
Magnifique histoire, magnifiquement écrite, une vie de pauvres si richement vécue par sa belle simplicité.
Bravo à vous.


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