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Réalisme/Historique
Arsinor : De profundis
 Publié le 28/10/21  -  6 commentaires  -  13391 caractères  -  35 lectures    Autres textes du même auteur

À Rom Houben.


De profundis


Bonjour ! Je m’appelle Julien. J’ai 31 ans. Je ne fais pas partie du personnel de l’hôpital. Je suis venu voir ma mère mais je ne peux pas lui rendre visite pour le moment. Je dois attendre. J’ai une heure devant moi.

Je vous ai vu en passant dans le couloir. La porte n’était pas fermée. J’ai demandé si je pouvais venir vous parler. On m’a dit que vous étiez dans le coma depuis vingt-trois ans, dans un état végétatif. D’après les médecins, vous n’entendez rien.

En ce qui me concerne, je ne suis pas sûr que la neurologie soit suffisamment au point pour se montrer si sûre d’elle-même. Aussi, pour le cas où vous entendriez, je vous propose de vous tenir compagnie pendant une petite heure.

Je sais que vous ne pouvez pas manifester de refus, cependant, je ne crois pas que vous refuseriez ; si le personnel ne vous adresse jamais la parole, ça doit vous manquer.

Le professeur Vignet me connaît, c’est pourquoi il m’a laissé entrer dans la pièce. J’ai été son patient, moi aussi, pendant longtemps. J’ai beaucoup souffert. Peu de chose à côté de vous, mais plus que la moyenne des gens de mon âge. Je fais partie de ces privilégiés pour qui le pire est derrière eux.

Je sais que vous vous appelez Romain Hoube. Vous avez 44 ans. Nous sommes le 24 novembre 2009, à l’Hôtel-Dieu de Lyon. Il est seize heures dix, onze.

Je ne sais pas si vous pouvez voir. Pour le cas où vous seriez aveugle, je vais essayer de vous décrire la pièce.

Vous êtes seul, allongé sur le dos. Vous le sentez, peut-être, peut-être pas. Les draps sont blancs, les murs et le plafond aussi. Le sol est plutôt gris. Ils ont mis du lino, on dirait. Il y a une fenêtre qui donne sur un parking. Nous sommes au deuxième étage.

L’hôpital est bien doté financièrement. Il bénéficie d’une réputation européenne. Beaucoup de jeunes médecins veulent venir travailler ici car les instruments y sont à la pointe de la technologie.

Je vais contester le diagnostic. Il est possible que vous entendiez tout depuis le début mais que personne ne le sache. Je ne vais pas m’adresser aux médecins de cet hôpital qui vont me renvoyer à mes fantasmes, mais à divers scientifiques que je connais. Peut-être qu’il existe un moyen ou qu’on peut inventer un moyen de communiquer avec vous.

Ou un moyen de savoir que vous entendez, au moins. Une machine, un outil auquel personne n’a pensé. Je vais l’écrire sur un calepin. Si on ne sait pas, vu l’enjeu, il faut faire comme si c’était vrai.

(Julien sort un calepin, un stylo et écrit.)

Si jamais les médecins apprennent que vous nous entendez, ils mettront en place un dispositif. Des psychologues viendront vous parler, comme je le fais en ce moment, mais en mieux. Ils comprendront un peu mieux ce qui vous arrive.

En ce qui me concerne, je considère que la question reste ouverte. Il ne faut pas confondre ignorance et réponse négative. C’est parce que l’ignorance est une chose connotée négativement qu’elle inspire la confusion avec la réponse négative. Comme les relations humaines sont fondées sur la réciprocité et que vous ne répondez pas, vous n’inspirez pas le désir qu’on vous réponde. Les médecins ne basent pas leurs diagnostics sur leurs désirs personnels mais je considère que la raison n’est que la rationalisation de nos désirs, du moins une fois sorti du domaine de la science exacte. Quand on veut changer d’avis, la raison n’y peut rien : seul le désir peut faire changer la raison d’avis. C’est pourquoi les gens attendent qu’un événement extérieur, un changement dans leur quotidien advienne pour se mettre à réfléchir. Mais comme rien ne peut venir de vous en l’occurrence, si l’on ne fait rien pour vous, rien ne se fera. C’est pourquoi j’entreprends cette démarche.

Je ne sais pas si on vous bouge, pour vous faire voir du pays, pour le cas où vous pourriez voir. Il ne tient qu’à moi de vous déplacer. Il faut dire que je suis très intimidé. Vous me faites plutôt peur. Vous n’êtes pas repoussant mais c’est la situation qui fait peur. En effet, je suis peut-être en train de parler seul. Comme pour me rassurer devant un abîme.

Mais cela ne me dérange pas. Je suis écrivain amateur. Les écrivains écrivent seuls. Ils ont l’habitude de s’adresser à des gens qui ne sont pas là.

Je vais vous ouvrir doucement les yeux. Ça me fout les chocottes de vous toucher mais il faut bien un peu de courage dans la vie et j’ai sûrement vu trop de films d’horreur. Ça ne va pas me sauter à la figure, non plus.

Voilà, je vous ai ouvert les paupières. Me voilà : c’est Julien ! Au-dessus, vous pouvez voir le plafond blanc. Il n’y a pas grand-chose à voir. Peut-être que le blanc vous change de l’obscurité. Je ne vais pas vous porter jusqu’à la fenêtre, quoique vous paraissiez léger. On s’occupe de vous mais on vous nourrit de façon à ne pas vous mettre en surpoids. Forcément, vous êtes tout malingre vu que vous ne marchez même pas. Je ne vous porte pas pour ne pas prendre le risque de vous faire tomber par manque d’expérience. Mais quand il sera établi que vous nous entendez ou bien que nous ne pouvons pas le savoir, je pense qu’on s’occupera de vous. On vous maintiendra un petit peu debout, on vous promènera en fauteuil roulant.

C’est la misère.

Ce sera toujours mieux que de vous laisser seul allongé toute la journée.

Je suis écoutant dans une association et je reçois des malheureux qui se plaignent. Souvent, je leur dis : « Être en enfer, c’est se croire seul en enfer. » C’est une phrase de René Girard. Ils se croient seuls et c’est pourquoi ils ne vont pas vers les autres, de peur de ne pas être à la hauteur.

Mais pour vous, ce doit être vrai. Vous êtes dans le cas extrême.

Je vous ai mis sur le gros coussin. Maintenant, vous pouvez me voir un peu plus de face. Vous voyez le lit aussi. Mais vous ne pouvez pas tourner les yeux. Les yeux, ça me fout les jetons de chez fout les jetons. Vous connaissez l’entreprise Fout les jetons ? Elle fait du chiffre en ce moment. Bon. Je vais vous regarder les yeux pour m’habituer.

Objectivement, vos yeux n’ont pas un regard vide. Ils n’ont rien d’effrayant en soi. C’est parce que vous ne les bougez pas que votre regard est vide. Ils ne se posent pas sur moi. Ils ne se posent sur rien.

Je vais vous tourner doucement la tête pour vous faire voir la fenêtre, même si cela restera imprécis.

Voilà.

C’est sûr que si on pouvait au moins vous rendre la motricité des yeux, ce serait beaucoup. Les yeux, la parole. Tiens, je vous caresse un peu le visage. Je crois qu’on vous nettoie régulièrement mais je ne sais pas si on a quelques gestes de tendresse pour vous. Désolé, je suis un garçon. On vous appellera une jeune et jolie infirmière la prochaine fois. Il est de notoriété publique qu’elles ne pensent qu’à ça. C’est le grand fantasme du malade. Le lot de consolation. Mais avec moi, c’est déjà mieux que rien.

J’aime bien quand ma copine me passe le pouce sur les sourcils. Elle a trouvé ça toute seule et elle a bien remarqué que ça me plaisait. Quand je suis contrarié, elle me le fait et je vais mieux. Alors, je vous fais la même chose. Plus je parle, plus je me persuade que vous entendez.

Bon, je me sens seul, tout à coup. Je vous prends un peu dans les bras maintenant. Voilà.

Voyez, ça me fait pleurer. Je pleure pour deux.

Mon pauvre Romain. Je sens ton cœur battre quand même. Ça me rassure beaucoup. On est bien comme ça, tous les deux. Je me sens déjà mieux.

Ah là là…

Vous me faisiez très peur tout à l’heure. Maintenant, ça va mieux. Je me sens proche de vous. Si vous pouviez pleurer et avoir les yeux humides, ce serait de la communication. Hélas, je ne vois rien. J’espère un signe, mais il n’y a rien. Non. Je n’espère plus de signe. Je n’en ai pas besoin. Je sais bien que vous êtes là avec moi. Quel besoin d’avoir la réplique ?

(Silence.)

J’espère que vous n’avez pas mal aux yeux maintenant que je vous les ai laissés ouverts si longtemps. C’est qu’il ne suffit pas d’avoir les bonnes intentions : il faut les compétences aussi. Sinon, on croit bien faire et on fait mal.

Je vous fais faire un clignement des yeux. Voilà.

Je vous les laisse un peu fermés finalement, pour récupérer. Je ne sais pas si vous êtes sensible à la douleur. En tout cas, s’il est prévu que les cornées oculaires doivent rester humides, il doit y avoir une raison. Il ne faut pas les abîmer.

Ah, j’ai une idée. Encore une. Il faut dire que je suis un créatif. Je ne suis pas poète pour rien, je vous signale. La médecine, c’est bien ; mais la poésie et la fantaisie peuvent apporter leur grain de sel. Il y a quatre grains : le grain de sel, le grain de folie, le grain de sénevé et le grain de blé. Le grain de blé, c’est l’agriculture, l’économie, la consommation ; le grain de sel, c’est la science et la connaissance qui progressent ; le grain de sénevé est la parole d’amour jeté dans le geste du semeur, et qui parfois tombe dans la bonne terre, comme dans la Bible ; et le grain de folie, c’est le catalyseur des trois autres, car il faut imaginer pour inventer.

Les inventions fantaisistes ne se comptent plus qui sont devenues indispensables. Platon voulait que les philosophes gouvernent la cité. Moi, je veux que les poètes gouvernent l’économie. Quels rêveurs nous faisons, tous les deux, Platon et moi. Mais parfois, ça marche. D’ailleurs, c’est quand ça marche que l’histoire avance. Les avions, objets banals extraordinaires ! Jardins chatoyants des poèmes symphoniques ! La démocratie, qui se nourrit de tout le mal qu’on en pense et qui, non contente de tout nous donner, nous a faits ! Victor Hugo disait : « L’utopie, c’est la réalité de demain. » Et Jules Verne : « Ce que l’homme imagine, l’homme le fera. » Et Louis Lumière : « Mon invention n’a aucun avenir sur le plan commercial. » Bon, la dernière, c’était pour le fun.

Je récapitule. La première idée, c’est de demander à des ingénieurs une machine pour communiquer avec les personnes dans le coma. La deuxième idée, c’est de considérer qu’on ne sait pas, et qu’il faut faire comme si vous entendiez, afin de mettre en place des structures vous permettant de vous divertir de votre solitude. J’ai noté ces idées sur mon calepin. Et la troisième idée, donc, c’est de vous lire quelque chose.

J’ai un poème que j’aimerais vous faire apprendre par cœur. En effet, les poèmes sont des textes concis et rythmés qui facilitent la mémorisation. Quand on s’ennuie, on peut, par défaut, se réciter un poème, l’analyser, en tirer tout le sens.

Quand je suis malheureux, je fais cela avec le sonnet en yx et or de Mallarmé. Il est très difficile mais on va commencer par quelque chose de facile. Ensuite, je reviendrai vous voir avec un autre poème.

Peut-être que vous le connaissez et que cela vous fera des souvenirs.

Eh bien, me voilà bombardé instituteur et lecteur pour comateux de mon propre chef. Je vais choisir un poème du grand répertoire. Je crois aux œuvres canonisées par la postérité. La postérité encense parfois des choses banales et laisse dans l’oubli des chefs-d’œuvre. Qui connaît ne serait-ce que les huit premières symphonies de Dvořák, que la fameuse Neuvième plonge dans l’ombre ? J’en passe, et des meilleures.

J’ai sur moi l’Anthologie de poésie française de Jean Orizet. Je l’ai achetée 4 euros 50. Nous vivons à une époque où les best-sellers sont vendus à 25 euros et où les chefs-d’œuvre coûtent 4 euros 50.

Je l’ai apportée parce que je voulais lire quelques poèmes à ma mère. Elle n’est pas dans le coma, mais forcément, à l’hôpital, on s’ennuie. J’en prends un au hasard et je vous le lis.

Pas celui-là… Pas celui-là… Tiens. Page 58. « Jean-Pierre Claris de Florian, 1755-1794. »

1794 ? On a dû le guillotiner, le pauvre. Il aurait mieux fait de fuir à Londres comme les honnêtes gens. Voilà ce qu’il en coûte d’être poète en action. Au XVIIIe siècle, en tout cas. Faut-il toujours faire l’éloge de la fuite ? C’est grâce à des gens pareils qu’on a la démocratie. De nos jours, c’est moins dangereux d’être fantaisiste. Tout ce qu’on risque, c’est de passer pour un débile.


« Plaisir d’amour ne dure qu’un moment,

Chagrin d’amour dure toute la vie.


J’ai tout quitté pour l’ingrate Sylvie,

Elle me quitte et prend un autre amant…


Plaisir d’amour ne dure qu’un moment,

Chagrin d’amour dure toute la vie.


Tant que cette eau coulera doucement

Vers ce ruisseau qui borde la prairie,


Je t’aimerai, me répétait Sylvie.

L’eau coule encore, elle a changé pourtant !


Plaisir d’amour ne dure qu’un moment,

Chagrin d’amour dure toute la vie. »


(Julien relit le poème trois fois avec des pauses entre les itérations.)


Et voilà comment les hommes assez lucides, tendres et authentiques pour avouer leurs faiblesses ont fait la République. Encore que la Révolution aurait pu être faite sans violence. Ça s’est passé comme ça. On ne refait pas l’histoire, comme on dit. Mais je rappelle que j’ignore tout de Jean-Pierre Claris de Florian. S’il le faut, il a pris la fuite et il est mort dans un accident de cheval.

Bon. Il est 17 heures. Je vais aller voir ma mère. Je vous remets comme je vous ai trouvé. Voilà.

Je vais demander à une infirmière de passer voir si tout va bien. Je n’ai rien touché à rien, mais on ne sait jamais.


******************************

À Rom Houben, le 24 novembre 2009,

qui est resté des décennies dans le coma,

et dont on croyait qu’il n’entendait rien

alors qu’il entendait tout.


 
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   vb   
25/9/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,
J'ai beaucoup aimé l'incipit. J'ai trouvé cette adresse directe au lecteur ou plutôt à la personne dans le coma une très bonne idée. J'ai aussi apprécié cette description en creux "Je ne fais pas partie du personnel de l’hôpital".
Il m'a cependant semblé que mon intérêt pour le texte s’essoufflait peu à peu. J'ai eu comme l'impression de ne pas vraiment progresser, comme si tout avait été dit après les vingt premières lignes. À partir d'un certain moment, j'ai eu le sentiment de non pas lire un texte fictionnel mais un essai où le message de l'auteur était trop présent comme par exemple dans ce passage un peu fastidieux "La médecine, c’est bien ... car il faut imaginer pour inventer."
Lu en espace lecture
VB

   cherbiacuespe   
28/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte qui laisse bien des questions en suspend. Faudrait-il engager des gens pour faire la causette avec les patients dans le coma ? Les bouger au cas ou ils verraient, sentiraient ?

En lui-même, le texte n'est pas d'un style impressionnant et ne risque pas d'être qualifié d'ampoulé. Réduit au plus simple, il est amplement suffisant pour exposer ce qu'il a à dire par la voix de Julien. Ici, le fond occupe toute la place et ne laisse rien à la forme. Les sentiments, seuls, surnagent. En cela, il est parfait et ne demande, mais c'est mon avis, rien de plus.

Un bel hommage.

Commenté en EL

   Arsinor   
28/10/2021
J'ai écrit ce texte à la suite d'une lecture d'un article sur Rom Houben, resté 26 ans dans un état végétatif... or il avait toute sa conscience.

https://www.franceculture.fr/emissions/revue-de-presse-internationale-14-15/le-cauchemar-de-rom-houben

   Corto   
30/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Ce texte est prenant, comme est prenante l'émotion ressentie devant un patient dans le coma depuis longtemps.
Néanmoins Julien prend des initiatives que je nommerais "sauvages", un peu pour passer le temps. Sans aucun élément sur les conséquences de ses actes il prend des initiatives qui impactent directement le malade.
Faut-il prendre de telles initiatives ? Vaut-il mieux ne rien faire et attendre ? Personne n'a la réponse d'autant que ce qui est vrai avec tel malade ne le sera pas forcément avec un autre.

La logique de la démarche est bien rendue, facile à suivre, bien décrite.
Le fond interroge. Le dilemme subsiste.

   ferrandeix   
1/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
L'idée de départ, à n'en pas douter, est originale. En revanche, l'écriture me paraît assez relâchée, possiblement est-ce volontaire (?) L'auteur se plaît à accumuler les petits détails inutiles, ce qui est paradoxalement un attrait. Le commentaire à l'égard du malade est l'occasion d'une multitude d'idées intéressantes sur des sujets très divers traitées d'une manière amusante. Pour la finale, on attendrait un peu plus qu'un simple poème: un trait qui soit véritablement conclusif en relation avec la conclusion. Donc, pour moi, une nouvelle en demi-teinte, un peu décevante.

   Myo   
1/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Arsinor,

Un sujet original qui aurait pu s'ouvrir sur une réflexion plus intime.
Je suis un peu déçue par le traitement de cette idée. L'énumération des faits et gestes du protagoniste ne suffit pas pour animer le lecteur.
De plus, je ne suis pas sûre qu'il soit très prudent d'avoir ces gestes en milieu hospitalier sans l'accompagnement d'un professionnel. De ce fait, l'histoire n'est pas vraiment plausible à mes yeux.

Mais la générosité de votre personnage m'a touchée malgré tout.


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