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Humour/Détente
Arsinor : La dame et le cavalier
 Publié le 28/10/15  -  14 commentaires  -  16589 caractères  -  177 lectures    Autres textes du même auteur

Abdoul fait son possible pour séduire la dame de ses pensées.


La dame et le cavalier


À Marseille, près d’une station de métro. Abdoul, en jean, baskets, tee-shirt blanc, est adossé à un mur. Il voit Florence passer et il fait quelques pas en se pressant pour la rejoindre. Ils parlent tout en marchant vers la station de métro :


— Qu’est-ce qu’une jeune et jolie étudiante fait seule dans la rue à 17 heures en sortant de son cours pour rentrer chez elle ?

— Justement, elle rentre chez elle !

— Moi aussi. On prend le métro ensemble ?

— Si ça t’amuse.

— J’aime beaucoup ton petit chemisier. C’est le genre de détail qu’un œil expert remarque tout de suite.

— Ton expertise n’est pas au point. C’est un body.

— Tu es mignonne dans ton body.


Il la suit. Elle entre dans la station de métro. Sur le quai, il la mate minutieusement pendant qu’elle attend devant la porte de la rame.


— C’est joli.

— Je ne suis pas un jambon, Abdoul. Tu peux m’adresser la parole, aussi.

— C’est pas moi, c’est mes yeux.

— Le bonjour à tes yeux.

— Ce ne sont pas les yeux qui voient, c’est le cerveau. L’œil ne voit pas. L’information est envoyée par l’œil au cerveau, qui lui explique.

— On ne peut que s’en réjouir, et espérer que ce petit monde s’entende à merveille.


Il la contemple.


— C’est tout ce que tu as à me dire ?

— Tu es d’une beauté merveilleuse, ô céleste Florence.

— Quelle platitude… Je me tourne les pouces.

— Nous sommes dans l’ordre de l’indicible. La plus sophistiquée des poésies d’amour paraîtrait plate en regard de tant de… de…

— De tant de beauté. Oui, merci, je sais.


La rame de métro arrive. Ils entrent. Elle s’assoit sur un strapontin. Il reste debout. La rame démarre. Abdoul tourne les yeux pour écouter.


— Je me demande si les compositeurs de musique concrète ont travaillé sur le bruit produit par le métro. Il serait intéressant d’analyser le nombre d’interférences qui composent un son si complexe. La phase d’accélération, étrangement longue, mériterait un examen poussé.


Il la contemple encore, béatement. Elle a un geste discret.


— Ne cache pas ce sein que je saurai voir.

— Je sens que je vais trouver le temps long…


Il s’excite tout en restant calme.


— Florence, tu es plus belle que la déesse de l’amour. Tes jambes sont aussi absolument sublimes que sublimement absolues. Vingt sur vingt. Et encore, c’est pas cher payé. L’avantage d’être un mec, c’est qu’on peut apprécier la beauté à l’état pur. C’est une sacrée chance. Superbe, magnifique. Sublime. J’hésite entre magnifique et sublime. On va dire sublime. Les petits pieds dans les chaussons. Merveilleux. Mignon, mignon. C’est très généreux de ta part de te promener dans la rue, afin de permettre à l’univers de se prosterner à tes pieds.

— Il est nécessaire pour une femme d’apprendre à supporter les gros matages en règle sans broncher et à trouver la force de résister à la tentation de réprimander le malotru d’un regard offensé, meilleur moyen pour l’exciter davantage. Cette épreuve porte un nom. Cela s’appelle l’épreuve du jambon. C’est le sort réservé aux jambons suspendus aux crochets dans les boucheries. Il faut patienter. Cela fortifie l’esprit. Tant qu’à s’entraîner, autant que ce soit avec toi…

— T’as qu’à te venger.

— C’est-à-dire ?

— Je te mate et tu me mates.

— Dans tes rêves, je te mate.

— Il faut en profiter tant que c’est la journée. La nuit, il fait noir. Du coup, les filles ne peuvent pas me voir. Elles peuvent m’imaginer, mais il y a mieux. La réalité dépasse la fiction.

— Je ne te le fais pas dire.

— Ben si, je suis super beau, toutes les filles le savent.

— Ça, ça fait partie de la fiction.

— C’est pour ça que tu devrais regarder, pour vérifier.

— Je préfère encore l’épreuve du jambon que m’user les yeux à les poser sur toi.


Il relève son tee-shirt.


— Regarde les abdos, les biceps.

— De quoi tu parles ?

— Le biceps.


Il avance son bras pour qu’elle le touche.


— Ah, c’est ça que tu appelles biceps ? Excuse-moi, je croyais que c’était un os pour les chiens.

— Touche. Fais-toi plaisir. Palpe.


Mi-amusée, mi-consternée, Florence pince le biceps d’Abdoul pour lui faire mal, en vain, puis se prend au jeu, puis renonce. Elle a un sourire amusé.


— C’est trop dur pour toi, conclut-il avec satisfaction.


Elle tourne le regard avec le même sourire. Il fait des tractions à la barre du métro.


— Tu vas tout casser, Abdoul ! C’est un lieu public, ici ! T’es pas chez toi ! Viens t’asseoir.

— C’est du solide. J’en fais trente. Ça fait de l’animation.

— Je te dis d’arrêter.


Il lâche la barre et explique :


— J’ai un physique. Mon corps a besoin d’exercice. Si je ne lui en donne pas, ça me fait mal aux muscles au bout d’une demi-journée. Je suis en pleine croissance et j’ai besoin de me faire les muscles au même titre que les petits chiens ont besoin de se faire les dents. La musculature et la force physique constituent les manifestations les plus évidentes de la virilité, qui effraie les rivaux et déclenche des réactions hormonales bien compréhensibles chez les jeunes filles sexy.

— Ce doit être du cinquième degré.

— Au fait, tu me préfères rasé ou pas ? Toutes les jeunes et jolies belles femmes de l’école ont remarqué que je me laissais pousser la barbe. Les avis sont partagés. Elles sont toutes en train de parler de ça, en ce moment.

— Sauf moi. Je suis la seule. C’est curieux, comme coïncidence.

— Je chausse du 44 aussi. C’est le taux exagérément élevé de testostérone qui fait ça.


Il exhibe la semelle de sa chaussure.


— Il me drague avec ses pieds.

— Ils sont gigantesques.

— La loupe est fournie ?

— Il paraît que c’est le seul monument qu’on peut voir depuis la Lune.


Elle réprime un rire :


— Il serait presque drôle.

— Un beau mec bien sympa dans le métro, ça se remarque. Normal qu’elles en profitent. Pure générosité de ma part.

— Tu es ridicule.

— Et toi, tu es belle.

— Continue, ça fait un bruit de fond. Ça complète l’accélération du métro.

— Ah, t’as une bonne mémoire ! Tu t’intéresses à ce que je dis ! Au fait, il y a une expo sur le facteur temps au MAC, en ce moment. Ça te dit d’y aller, demain ?

— Non seulement je ne suis pas libre, mais en plus je ne sors pas avec les losers. Ça fait deux raisons suffisantes. Tu vas devoir te pavaner ailleurs et à mon avis, tu vas y aller tout seul, à ton expo. Je préfère te prévenir. Pure générosité de ma part.


Il baisse la tête et prend un air penaud.


— J’ai l’impression que tu m’aimes pas.

— Oh, tu es sympathique…

— Je voulais être clown quand j’étais petit.

— C’est réussi. Fais-toi recruter par un cirque.

— Je suis sympa, quand même.

— C’est ce que je viens de dire. De toute façon, je suis arrivée. Je descends à La Fourragère alors ça serait bien si je pouvais passer dix minutes tranquille. Si tu veux me rendre service, tu sors et tu changes de rame. Je suis allergique aux losers et à mon avis, je ne suis pas la seule.

— C’est le bide total.

— En effet.


Il baisse la tête et prend un air penaud.


— Qu’est-ce qui ne va pas ? On s’est bien entendus la semaine dernière pendant tout le projet. On était super motivés et on a scotché le jury. Tu as dit que tu avais passé une bonne semaine de travail avec moi.

— Je ne reviens pas là-dessus. Je réagis par rapport à aujourd’hui.

— Ouais mais tu veux toujours pas sortir avec moi…

— C’est pas contre toi, Abdoul. J’en ai plein la tête en ce moment. J’attends les résultats de mon concours du DECF, j’ai des problèmes avec mon propriétaire, j’ai ma sœur à l’hôpital, on ne peut même pas aller la voir, je… Je n’ai pas à me justifier ! Je ne suis pas intéressée, point.


Elle tourne la tête. Il la regarde. Longue pause. Elle sort un livre de son sac et commence à le lire. Un silence. Abdoul se met à grommeler tout seul :


— Un loser, moi ? C’est la meilleure de l’année. J’ai décroché un stage d’un an aux États-Unis dans le consulting et je parle trois langues. Je m’excuse d’être intellectuellement supérieur à la moyenne des gens, d’avoir une origine ensoleillée, c’est le terme exact, et d’exciter d’autant plus les jalousies !


Florence continue à lire sans broncher.


— Un loser… Encore une qui m’a pas vu danser. Tiens, regarde. Hip-hop, hop, voilà… tac !


Il exécute des "pas de danse" bizarroïdes. Florence jette un coup d’œil.


— Hop : hop-là / Tac… ! voilà ; attention : hop ! Hop. Hop, hop.

— Oui, c’est esthétique. Va t’asseoir, maintenant.

— C’est-à-dire que j’ai suivi un stage de danse cet été.

— Ça a porté ses fruits !…

— Tu sais, on arrive à tout, avec de l’entraînement. C’était un stage chez Roda, un disciple de Béjart.

— Ceci explique cela.

— Il a été impressionné par ma série de petits pas. Son prochain ballet sera structuré autour de cette série.

— Ça aura sûrement beaucoup de succès.

— Il ne faut pas crier victoire avant de triompher. C’est une chorégraphie novatrice, qui risque de dérouter. Et peut-être même de bouleverser le monde de la danse.

— C’est là qu’on voit que Roda n’est pas n’importe qui : il a su saisir une opportunité !

— D’autant plus qu’avec le foisonnement de styles que mon impulsion a suscité, c’est tout le monde de la danse et de la musique contemporaine qui va connaître de profondes remises en cause.

— Ah, tu es compositeur, aussi ?

— C’est un de mes talents, mais c’est loin d’être le seul. Ce que j’ai fait pour la musique, je l’ai fait pour la peinture, les arts plastiques, l’architecture, l’urbanisme, la décentralisation. Pour l’architecture, j’ai envoyé une simple maquette. Il y avait des allumettes et de la colle !

— C’est fou ce qu’on arrive à faire avec trois bouts de ficelle.

— La conception de l’urbanisme au XXIe siècle dans les pays occidentaux a été révolutionnée avec un seul modèle réduit. Un méta-modèle. Je n’ai même pas rencontré les ministres de l’immobilier, ni les ingénieurs, ni les chefs de chantier : personne ! Ils se sont mis à construire, ensuite les critiques sont venues et maintenant, c’est ouvert au public. Mon œuvre est actuellement étudiée dans les grandes écoles d’architecture.

— Tu es un génie, en quelque sorte ?

— Bien sûr, Florence, mais attention, pas n’importe quel génie : un nouveau type de génie. Pas un génie enfermé dans un bureau, toute la journée dans ses papiers et dont la production ne serait accessible qu’à une poignée de spécialistes. Un génie qui est dans le monde et qui agit dans le monde, pour en faire profiter le plus grand nombre. Je vais te donner un exemple. Quand je révolutionne la littérature…


Florence réprime un éclat de rire et passe furtivement la main devant sa bouche. Elle est très amusée et prend part au jeu.


— … que ce soit la littérature française, la littérature francophone, la littérature anglophone, chinoise, indienne, japonaise, cela n’intéresse pas que les lecteurs, les lectorats, les éditeurs, la presse et le cinéma. Je vais te prendre un exemple. Il y a deux ans, à vingt ans seulement, donc, je me suis rendu en Inde. J’ai appris l’indien en trois semaines et j’ai écrit un poème dans cette langue. Je me suis appuyé sur une connaissance détaillée, approfondie et holistique des grands maîtres pour les synthétiser, les dépasser et jeter les bases d’une littérature indienne du troisième millénaire ; quelques semaines plus tard, un nouveau mouvement littéraire était né. Mais ce que je veux dire, c’est qu’une telle littérature n’est pas confinée dans les bibliothèques : c’est une littérature qui débouche concrètement sur une nouvelle façon de se représenter le monde, un nouvel art de vivre ensemble, de nouvelles conceptions de la politique et de l’économie, au cœur de laquelle œuvre la relation humaine même ! Une métamorphose complète des systèmes sociaux du continent asiatique !

— Et pour les autres aires culturelles comme l’Amérique, l’Europe, l’Afrique, quels sont tes projets ?

— Je ne m’en suis pas encore occupé. Je suis encore jeune. Mais le monde est désormais en marche, Florence : les échanges se sont intensifiés, diversifiés, redéployés, globalisés. Avec l’interdépendance croissante des économies nationales, l’expansion des transferts internationaux de biens, de main-d’œuvre et de connaissances, une nouvelle humanité est en train d’émerger sous nos yeux. Quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas.

— Mais tout cela ne va-t-il pas trop vite ? L’espèce humaine ne va-t-elle pas se sentir dépassée ? Comment amener les peuples à s’adapter à ton mode de fonctionnement de façon suffisamment rapide ?

— Les révolutions civilisationnelles que j’ai déclenchées peuvent prendre de court un certain nombre de nations dont la culture du changement est historiquement peu développée, en effet. C’est pourquoi j’ai créé un poste de Conseiller planétaire que je me suis attribué pour guider l’action des États. C’est-à-dire que chaque matin, depuis une plate-forme multimédia connectée aux satellites-clefs, je donne les directives au niveau le plus systémique afin que les gouvernements et les nations, tout en conservant leur libre-arbitre (j’y tiens), puissent savoir ce qu’il faut faire, et comment coordonner les changements sociétaux. Attention, ça ne se fera pas du jour au lendemain ni sans la volonté des grands collaborateurs et des chefs d’État des principales puissances économiques. J’interviens au niveau global, pendant trente ans. Personne ne peut sauver le monde, Florence. On ne se sauve jamais que par soi-même.


Florence éclate de rire. Il continue pendant qu’elle rit :


— Une fois que les divers mouvements civilisationnels auront fait leur preuve, je procéderai à des ajustements de pilotage. Je ne peux pas tout prévoir, je ne couvre que le champ des possibles, sans feuille de route bien précise. Ensuite, le travail sera plus léger, plus routinier. Si je m’ennuie, je ferai de la prospection, pour voir s’il y a des extra-terrestres qui ont besoin de moi.


Florence est prise d’un rire accentué. Abdoul la contemple, aux anges et lui prend délicatement les mains.


— Ah, le rire féminin… ! La musique la plus merveilleuse qui soit !


Elle se calme, conservant un grand sourire, un peu émue.


— Cet éclat de rire était ravissant, merci de me l’avoir fait entendre. Tu sais que, dans la Bible, Dieu crée Ève pour qu’Adam ne se sente pas seul ?

— Ah là là, mais tu ne t’arrêtes jamais ?

— Ève est la Compagne, avec un grand C.


Plus sérieuse :


— Je vois ce que tu veux dire mais c’est un point de vue traditionaliste. La femme est censée être le jouet de l’homme, son fétiche sexuel et sa cuisinière. Mais dans la réalité, ça ne se passe pas comme ça. Et tu vas vite t’en apercevoir, mon petit bonhomme.

— Dieu est amour et il a créé la femme pour incarner l’amour.

— Je ne sais pas si Dieu est amour, mais c’est encore une opinion androcentrée. L’homme peut très bien incarner l’amour pour une femme.


Il fait des bonds les bras levés en criant victoire :


— On a gagné !!! Les doigts dans l’nez !!!

— Oh ! Je me suis laissé prendre au piège comme une débutante… Ne me dis pas que tu avais préparé ton coup depuis le début.

— Elles tombent toutes dans le panneau, l’une après l’autre. Il faudra que je fasse installer un compteur. Mais c’est toi que je préfère. Tu m’inspires, Florence. Quand tu ris, tu me donnes envie de vivre et d’être un homme bien. La mystérieuse splendeur de ton regard fait battre mon cœur, amour de mon cœur !

— Pff…

— Tu viens à l’exposition sur le temps à la Villette ?

— Je ne sais pas…

— T’es-tu emparée de mon cœur, ô céleste Florence, pour le briser aussitôt ?

— C’est joliment dit.

— Je désire te connaître. Je suis sincère.

— Qu’est-ce que tu es énervant ! Mais qu’est-ce que tu veux, à la fin ?

— Samedi, 14 heures, devant le MAC.

— Samedi…

— Tu ne vas pas tout de même pas m’abandonner comme un bébé chat au bord de l’autoroute ? Miaou ! Miaou ! Je me tiendrai bien, promis.

— Oh bon… allez d’accord !


Il lui prend la main pour faire un baisemain.


— Je me demande dans quoi je m’embarque. Mais je te signale que si tu ne te tiens pas bien, je m’en vais au bout de deux minutes.

— Bien évidemment.

— Bien évidemment.

— Je suis un gentleman, un chevalier, un troubadour.

— Je descends là. Tu as bien calculé.


Le métro arrive à La Fourragère. Florence ouvre la porte du métro. Elle sort et ils se parlent de part et d’autre de la porte qui ne s’est pas encore fermée :


— J’ai des projets pour l’avenir. J’ai envie de t’aimer.


Florence sourit, avec incrédulité. Il ajoute in extremis :


— Si tu veux, après le musée, on ira voir ta sœur à l’hôpital, samedi, pour lui tenir compagnie !


Le visage de Florence s’éclaire. La porte se referme.


 
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   carbona   
25/9/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,

J'ai bien aimé l'idée d'une discussion vive au rythme du métro mais je regrette qu'elle devienne moins vive quand Abdoul se lance dans ses délires de révolution qui sont, trop longues et ennuyantes à mon goût.

Une scène de drague un peu lourde, voire très très lourde, (pour celle qui se fait draguer et pour ceux qui y assistent) comme on peut en voir dans les transports en commun à la différence près que les protagonistes se connaissent. Etonnant de voir la fille tomber sous son charme tant il est agaçant. Comme quoi, ça vaut parfois le coup de s'acharner !


Je trouve qu'il y a une incohérence entre l'âge présumé des protagonistes et leur dialogue (surtout dans la première partie).

En conclusion je ne suis pas très emballée par le contenu mais j'apprécie le rythme que vous parvenez à donner à votre texte (la marche à pieds jusqu'au métro et la progression du métro)

Merci pour ce texte.

   Donaldo75   
28/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce texte est virevoltant, grâce aux délires d'Abdoul, génial baratineur, clown céleste, devant une Florence modèle standard. J'aurais pu m'ennuyer vite, au vu de la trame narrative, mais le changement de ton d'Abdoul, les perspectives qu'il ouvre, la réaction de Florence, tout concourt à un faux monologue, une pièce presque mimée et pourtant tellement écrite.
Parce que c'est ça la force de ce texte: l'écriture dans un déluge de mots, d'idées, de concepts, pendant toute la phase active de la drague, ce qui lui confère un côté théâtral, un peu à la manière du Kean d'Alexandre Dumas.
La fin est moins forte, surtout avec la chute un peu facile, pourtant bien amenée mais terne au regard du reste. J'avoue, cependant, que je ne vois pas comment elle aurait pu être aussi puissante sans surjouer, sans gaver le lecteur.

   Shepard   
30/9/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

L'auteur possède une bonne maîtrise des dialogues, on sait systématiquement qui parle, certaines répliques sont agréables, l'ensemble est dynamique. Il y a une impression 'théâtrale', je dirais que l'on ressent le 'jeu' des personnages.

Mais pour moi le récit s'arrête là. On part d'un point A, pour... Ne pas bouger. Il n y a aucune progression. Abdoul veut draguer la minette, et finalement, il n'a pas avancé, l'histoire de fond, n'a pas avancée non plus (j'appelle 'histoire de fond' les problèmes de la fille). L'histoire ne raconte rien. C'est un personnage, un peu fantasque, qui fait son show. En fait, ce n'est pas une histoire, mais juste un personnage (la fille est juste là pour la réplique). Pourquoi ne pas avoir intégré Abdoul au sein d'une vraie histoire ? Avec un déroulement ? (Quand je dis 'histoire', cela peut-être une simple progression des personnages ou de la relation entre les personnages, inutile de chercher la grande aventure).

Donc, les premières répliques amusent, font sourire, mais rapidement, la lassitude s'installe (le milieu du dialogue, avec le délire révolutionnaire m'a presque fait décrocher, je suis allé au bout pour voir si quelque chose allait enfin de passer). J'aurais aimé moins de prolongations, et plus d'échanges et évolutions entre les personnages.

Au final, malgré une écriture de bonne qualité, je n'arrive pas à trouver un quelconque intérêt qui me raccrocherait au texte.

   AlexC   
30/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Le début est léger et rythmé, les propos culturels alourdissent un peu le tout. Gros paragraphes, mots lourds de sens, problématiques complexes… Mais cela passe vite et l’on retrouve ce grand n’importe quoi d’une cours avec bonheur et sourire. Le changement de rythme n’était pas plus mal en fait, il permet d’y croire. De savourer ce revirement de Florence, de saluer la prestation d’Abdoul, le chapeau bas. Tout en exagérations, en caricatures, clichés recherchés, mais au culot, avec détermination et à l’arrachée il obtient le sourire de sa dame.

Un excellent dialogue. Une utopie contemporaine de la séduction. Du très bon travail.

   jeanmarcel   
28/10/2015
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
J'ai beaucoup de respect pour le travail de l'auteur mais franchement, pour moi, comme on dit aujourd'hui : " ça ne le fait pas ". D'abord il n'y a aucun fil directeur, un mec drague une fille dans le métro , ok, mais après, on descend à quelle station ? Les dialogues sont beaucoup trop écrits, personne ne parle comme ça, je dirais presque personne n'écrit comme ça, dans la vraie vie, le manque de crédibilité a plombé ma lecture dès la première ligne de dialogue. Le récit devrait rebondir quand le lecteur découvre que les protagonistes se connaissent déjà, cela pourrait expliquer les dialogues fabriqués du début, mais le récit repart cahin caha, mélange de langage savant ( les divers mouvements civilisationnels !) et de banalités affligeantes ( Quand tu ris, tu me donnes envie de vivre et d’être un homme bien !).
Ecrire un texte avec beaucoup de dialogues est un exercice très difficile car cela condamne l'utilisation d'images et de métaphores trop appuyées. Je pense que l'auteur a un potentiel mais qu'il n'a pas encore trouvé sa voie, il doit poursuivre son travail en se dépouillant davantage et rechercher la simplicité.

   lala   
28/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Reptile,

En quelques stations de métro, vous visitez beaucoup d'univers sur un mode anodin, un retour en métro de deux étudiants qui se provoquent et bavardent, avec une finesse d'analyse qui se cache derrière un échange théâtralisé sans doute un peu rugueux.
La trame générale s'articule autour de l'opposition homme / femme.
Quelles sont leurs véritables différences, ou leurs complémentarités ?
Elle offre sa beauté, il regarde. Mais elle refuse d'être un objet.
Elle est assise, il est debout, c'est un homme.
Un homme sait reconnaître la beauté à l'état pur parce qu'il regarde les femmes (excellent !).
Il soigne son corps mais ce n'est pas pour qu'il soit regardé. Elle ne veut pas être regardée mais elle soigne son apparence...
Finalement, l'air de rien, il aura réussi à mettre en valeur son physique tout au long du voyage : « je suis super beau », « Regarde les abdos, les biceps », « Touche. Fais-toi plaisir. Palpe », « J’ai un physique », « tu me préfères rasé ou pas ? », « Je chausse du 44 », « Un beau mec ».
Une fois épuisés les espoirs liés à l'apparence, il déroule un propos plus intellectuel, avec une transition sur les arts du cirque et de la danse. Il se vend, il pourrait reprendre à son tour l'exemple du jambon : Etudes supérieures, compliments du jury, polyglotte…
Puisqu'il impressionne le jury d'examen, qu'il maîtrise les arts, bouleverse et révolutionne les techniques, collectionne les talents, tutoie le génie, réforme les civilisations, coordonne les actions des gouvernements… il se désole de ne pas réussir à séduire sa camarade d'études.
La conclusion « on ira voir ta sœur à l’hôpital », cette phrase qui résonne d'empathie, rompt avec le discours précédent du coq qui veut absolument se faire remarquer. N'est-ce-pas simplement ce que Florence avait envie d'entendre ?

   Anonyme   
29/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que voici un récit plein de peps, de joyeuseté ! Les dialogues bien menés mènent la danse.

C’est le genre de héros attachant, drôle, débordant d’imagination et d'intelligence qui n’aurait aucun mal à me séduire. C’est de sentir la sincérité dans ses réparties pleines d’humour qui me charme.

Dès le début, et malgré sa façon de river le clou à Abdoul, on sent que Florence elle aussi est sous le charme, elle joue l’agacée qui ne l’est pas vraiment.

La chute me plaît beaucoup, un peu comme la preuve de la sincérité dont je parle plus haut. Le point final est arrivé comme un sourire et me donne envie de leur exprimer mes meilleurs vœux de bonheur pour la suite.^^

Un bémol cependant lorsque les dialogues s’exagèrent dans la partie « culture ». Le ressort de votre nouvelle, appuyé sur des petites phrases percutantes, à mon goût y perd de son incise.

A vous lire encore.

   in-flight   
29/10/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Abdoul est un authentique galopin baragouineur, c'est ce qu'on se dit au début. La suite nous révèle un personnage dotée d'une réflexion construite et utopiste dans l'unique but d'atteindre ses fins: Sortir avec Florence. Cette dernière s'illumine quand Abdoul propose une visite à sa soeur à l hôpital: Est-il sincère dans sa démarche ou est-ce un subterfuge de plus: La réponse est entre les deux, il veut simplement être avec elle..


La thème éculé de la séduction est ici abordé sous un certain angle où tout le monde ne s'y retrouvera pas: langage, attitude, génération...

   nemson   
29/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J accorde le bénéfice de l’étrangeté d'où mon "un peu", j'ai toujours trouvé Eric Rohmer insupportable et là; on dirait que le fils de Rohmer et de Molière nous a écrit quelque chose. je ne comprend pas en fait si les dialogues improbables le sont involontairement ou si c'est assumé comme très écrit.... ? i'm lost sir.

   hersen   
29/10/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
De la colle au minimum au cyanocrylate !

Exactement le mec qu'on n'a pas envie de rencontrer.

Lourdingue, la drague, mais très à l'aise, le mec, il faut le reconnaître. Ne doutant pas.

Et puis voilà que Florence lui tâte le biceps.

Noon, ai-je envie de crier à Florence, pas ça, si tu le touches, après c'est fini, tu ne peux plus t'en défaire, la colle est à prise rapide !

Ah, mais voilà qu'on apprend qu'ils se connaissent, qu'ils ont présenté ensemble un exposé qui a bien marché.

Du coup, ce n'est plus la même chose !
On peut supposer qu'un " travail " souterrain a déjà été entamé.

Florence est réticente. Mais jusqu'où ? Se pourrait-il qu'elle apprécie ce numéro de cirque ?

Alors Abdoul, qui a du répondant, on l'a déjà vu, lui assène l'argument massue :
" On ira voir ta soeur à l'hôpital "

Et la colle prend.

J'y crois pas.

Mais bon, je n'ai pas vu Abdoul en chair et en os ( en muscle aussi ). Je ne lui ai pas touché le biceps.

Alors qui suis-je pour juger Florence ?

Allez, c'est une petite histoire sympa, j'ai juste peur que les Oniriens pensent que c'est pas la peine de faire dans le subtil après avoir lu ça. ( et constaté que ça marche )

C'est plutôt bien écrit pour une histoire tout en dialogue.
Pas de temps morts, les détails nécessaires présentés quand il le faut. Et on sait toujours clairement qui parle. ( il faut dire qu'avec une tchatche pareille, l'auteur n'a pas le droit à l'erreur.)

   margezen   
31/10/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour
Bien écrit mais un peu dommage que les protagonistes se connaissent déjà.Un peu trop de longueur dans les dialogues du jeune homme. J'ai trouvé cela intéressant.

   Anonyme   
2/11/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

j'ai trouvé quelques longueurs à votre texte surtout parce que je me suis un peu perdu dans les différents registres d'Abdoul, et quel est le contexte. En effet est-ce un jeu télévisé, une simple scène de drague imaginée (cette deuxième possibilité m'aurait suffit).
Mais, lui et elle, m'ont plus amusé qu'ennuyé car j'ai trouvé cette alerte petite joute amoureuse comme une caricature agréable à lire.

Cordialement

C.

   vendularge   
13/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour,

Il s'agit de théâtre? ( mise en place suivie de dialogues), ce qui est aussi le cas du texte " la princesse et le bouffon".

Abdoul est un mythomane flamboyant, bavard et déjanté, ce qui le rend finalement sympathique malgré le côté parfaitement indigeste du discours. Grand cerveau, gros muscles et petits pas de danse, il dépense beaucoup d'énergie pour éloigner la jeune femme qui sait très bien qu'elle est belle.

C'est donc une partie d'échec que finalement il perd parce ce qu'il vient de jouer ferait fuir n'importe qui, c'est fait pour ça et elle cède(enfin apparemment, je fais confiance aux femmes....)

Joli, merci

   GillesP   
20/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé ce dialogue. La mythomanie d'Abdul a fini par emporter ma sympathie envers ce clown, très énervant au début, qui finit par devenir touchant, quelque part.
Au plaisir de vous relire.


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