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Arsinor : La porte étroite (quasi Faust)
 Publié le 24/08/17  -  6 commentaires  -  10391 caractères  -  64 lectures    Autres textes du même auteur

"Entrez par la porte étroite ; car large est la porte, et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui entrent par elle ; étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent."
Jésus


La porte étroite (quasi Faust)


Né pieds et poings liés dans un enfer intolérable et une famille abominable, je servis de souffre-douleur à mes parents rivaux qui firent de moi ce que je suis. Comme j’attire la violence comme le sang attire les requins, les individus profitent de moi. Je suis victime de mon propriétaire qui fait comme si j’étais un mauvais payeur, de mon patron qui me fait du harcèlement moral et de mon chien qui me fait tourner en bourrique. Mon enfance fut une horreur, un gouffre dantesque ; la vie est demeurée ingrate ; j’en paie chaque jour le prix. C’est sans espoir : je suis l’échec ; je suis identifié à l’échec, accablé par les circonstances et les injustices de ce monde. Tout ce que je possède me fut imposé par cet héritage accablant que je subis. Je sais, tout ce que je peux faire, c’est me plaindre pour inspirer la pitié. Quand les autres essaient de m’aider, j’agis en sorte d’échouer en faisant mine de suivre leurs conseils, afin de les rendre coupables de m’amener et de me ramener sans cesse à cette misère, cette poisseuse origine que je ne mérite pas, stratagème qui m’enfonce un peu plus chaque jour dans une image lamentable de moi-même. Je ne peux pas m’en sortir : c’est un cercle vicieux. Accuser l’extérieur de faire de moi son bouc émissaire universel, c’est mon carburant. Me poser en victime pour obtenir des avantages au titre des réparations, c’est mon revenu. Énoncer la liste de mes doléances et des injustices que j’ai subies, tel est mon plus cher plaisir. Mais puisque personne ne m’aime et que tout le monde me néglige, je n’ai plus qu’à attirer leur attention en faisant semblant de me suicider. Je me mets en scène. Ça ne marche pas. Je suis maudit.


Je refuse d’être l’éternelle victime. Je ne suis pas client, désolé. Je pousse la porte et tombe de haut. Je me révolte. Ce qu’on m’a fait, je le ferai aux autres. Je suis en colère mais ne le montre pas : j’ai décidé de ne plus jamais livrer mes émotions en pâture aux chiens. Je déguise mes émotions et je ricane pour dominer les autres et les réduire à des êtres de sensibilité ou des mécanismes. Je manipule pour obtenir ce que je veux : du fluide vital, de quoi redorer et gonfler mon ego. Planter une paille dans le cœur de mes victimes et leur absorber, leur confisquer de l’honneur, c’est mon carburant. Je trahis la confiance de mes proches. Je désire atteindre des sommets et je blesse ceux qui me barrent le passage. Je suis subtil et marche sur le dos de mes semblables. S’ils pouvaient faire de même, ils le feraient. Si ce n’est pas moi qui les martyrise, ce sera quelqu’un d’autre, de toute façon. Qui me dominera ? Je mens comme un sociétaire de la Comédie-Française : je suis un grand artiste ! Peu d’entre vous résistent à mes attaques tous azimuts. Le cœur gorgé de vices, je vais sur les routes, sans compassion pour âme qui vive. Je pose des pièges et laisse les renards se ronger la patte pour s’enfuir. J’ai une foule de relations mais je ne suis un ami pour personne. Ceux qui ne le savent pas le paient au prix fort. Les autres m’ignorent, me congédient ou ne m’adressent plus la parole. Jusqu’à ce que je tombe sur plus fort que moi, qui me frappe au sol et m’enterre. Je suis seul en enfer, tourmenté par ma haine, mes souffrances, mon ressentiment et mes fantasmes dérisoires de vengeance titanesque.


Alors je pousse le couvercle du cercueil, tombe dans une trappe et montre les crocs : j’exhibe ma colère ! Je piétine, enrage, intimide mon prochain pour m’emparer de son pouvoir. M’emparer et contrôler sa zone d’incertitude, ça me fait baver, c’est mon carburant. Suggérer aux enfants qu’ils sont nuls au moyen d’allusions scandaleuses qu’ils ne peuvent pas combattre, c’est une profession. Les décourager, les accuser, attendre que leurs échecs se conforment à mes prophéties que je verrouille par la pure constatation des faits, ça me fait jubiler : « Je te l’avais bien dit. » Trouver des êtres qui aiment la vie, respirent la fraîcheur et les transformer en esclaves par le truchement de mes manigances excite mon ego boursouflé de confettis, prêt à exploser par déflagration dans une jouissance narcissique du tonnerre de Zeus ! Quoique j’aie toujours tort, dû à mon affection pour la logique absurde, par l’usure je vous conduis à abandonner vos ambitions. Hostile à ce qui est beau, bon, positif, je valorise vos défauts et vous plains continuellement pour vous détourner de la puissance. J’admire votre immaturité que j’assimile à une disposition pour les arts et la sensibilité. Je néglige les points de convergence et j’exagère les récriminations pour accuser les plus faibles. Quand je détruis un faible, je reçois d’autant plus de force de sorte que je peux m’attaquer aux plus forts, jusqu’à atteindre le haut de la pyramide. Je détruis ce qui tourne autour de moi… Bientôt je n’ai plus rien à détruire. Je me détruis. J’agonise. Je suis encore enfermé dans ma tombe, coincé, sans possibilité de me retourner. Je hurle de rage. Tandis que je vitupère, un signe, un phare, venu de la civilisation, me déroute ; je lui bafouille des monstruosités mais il ne répond pas, hiératique quoique vivant.


Tilt ! J’arrête les bêtises. Ce n’est plus de mon âge. Je dois apprendre à devenir adulte. Je pousse le porche. Le réel n’est pas une menace et il faut faire avec. Je m’intègre à la société, quitte à me soumettre à des autorités. Je me coule dans le moule et cela me soulage. Trêve de révolte, le mot d’ordre est : accepter. Là réside le secret de la tranquillité. Il y a toujours une solution à tous les problèmes. Et les solutions les plus simples sont les meilleures. Aussi je cherche le chemin le plus facile. En faire le moins possible, tel est mon credo. Davantage, ce serait de l’orgueil. Je fais le nécessaire pour garder mon travail-gagne-pain et ma chtite famille que j’aime. Je fais ce qu’on me demande, sans zèle ni grève du zèle, avec honnêteté. Je reçois un salaire que je mérite, ni plus ni moins. Je ne suis ni bon ni mauvais, ni spécialement faible ni spécialement fort. Je suis dans la moyenne et de toute façon, je ne me compare pas aux autres. Je suis quelqu’un de modeste, qui a renoncé aux fanfreluches de l’ambition. J’ai une jolie vue de ma terrasse et je m’achète des Kandinsky. Je suis plutôt content : mon carburant, c’est dépasser l’ado attardé que je demeure. Je n’ai rien à espérer d’autre de la vie et déjà, c’est plutôt pas mal. Les pépins, ce n’est pas mon truc. C’était autrefois, quand je m’y prenais mal. Aujourd’hui, je préfère observer mes contemporains et brocarder leur désir primaire de grimpette sociale, tout en leur trouvant des excuses car, au fond, je ne suis pas mieux que les autres. Je m’ennuie, même si j’ai perdu l’habitude d’exprimer mes plaintes, alors je vais souvent à la campagne pour respirer, à des endroits agréables.


La faille, celle que je connais bien… Je reçois encore un signe, subliminal. J’y crois, je jette un œil. Je suis aspiré, m’engouffre dans la brèche. Je me découvre une passion ancienne. Je m’y remets. Je retrouve le goût de vivre, d’avancer. Plus je pratique, plus j’encaisse de l’énergie. J’aime que ce soit difficile. Plus je travaille, plus je reçois de la force. J’affronte mes peurs tout exprès pour m’enivrer de l’augmentation de mon courage. Je mets au point des projets, procède à des allers-retours entre l’action et la théorie, qui se fécondent l’une l’autre. Je vois de plus en plus grand. Je hisse mes voiles et reçois en pleine figure les vents grandioses du cosmos. Je vais dans le sens de la vie, la vie m’y pousse naturellement. J’aime vivre. Je m’aime. Je suis unique, comme tout le monde. « Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles. » Je suis honnête avec mes propres ressentis. Je maîtrise mes émotions sans les contrôler. L’émotion est mon carburant : j’ai de grandes ambitions, je pratique l’action, je suis fier de mes succès. Je sais reconnaître que je m’y suis mal pris et recommence sans tarder. Je réussis, brillant, je m’accomplis sans me complaire. Je vais de l’avant, tout droit, sauf pour contourner des obstacles malcontents. J’apprends et j’utilise les méthodes éprouvées pour arriver à mes fins. J’aide les autres à réaliser leurs projets et je collabore. Je cultive une certaine vision de l’avenir. Je suis consciencieux, responsable, intègre, disponible, confiant, assertif, sympathique, exemplaire. Je défends mon point de vue et respecte ceux des autres. J’évalue les priorités. Je traduis la complexité en termes simples. Je suis quelqu’un de bien, je suis un homme heureux et mon bonheur est communicatif. En haut de l’escalier impraticable, je crains la porte étroite.


J’en franchis le seuil. Je n’ai pas peur. Je n’ai plus peur de rien. Je suis vivant. Je suis puissant. Je suis. Je suis donc je crée. Je fournis des résultats concrets. J’excelle sans être perfectionniste. Je choisis mon itinéraire. C’est simple : la facilité indique le bon chemin. Le kaléidoscope des émotions guide mon action. Les résistances, les ego, je les attendris, les contourne ou les franchis et je leur donne de quoi se dissoudre. Je défriche des terres. Je suis un aventurier. Je suis un visionnaire. Je ne réagis guère aux maladresses de mes amis, je module mon exigence selon les capacités de chacun et je les calibre à travers les épreuves. J’écoute tous les points de vue, que j’inclus dans ma façon de voir les choses. J’aime les arts, les romanciers, les philosophes, mais surtout les gens, cet autrui pour qui je cultive une passion sincère. Je compatis sans plaindre. Je sépare l’acteur de l’acte. Je condamne la bêtise et la méchanceté, sans cesser de respecter la dignité de ceux qui les reproduisent. Je récompense l’authenticité et la performance. Je manie tous les effets du langage, du signe subliminal au rouleau-compresseur, en passant par le phare. J’équilibre les forces. Je témoigne d’un sourire inexplicable devant les catastrophes. J’honore de ma présence chacun de vous. Je dors comme un enfant. Mon carburant est un déplacement : le Souffle du Monde. J’aime l’Amour, la Vie, la Beauté et la Vérité, qui ne font qu’un. J’aime la Création et les Créatures. Je communie synchrone avec la Nature et l’Univers. J’ai une grande idée de l’Humanité : de ce qu’Elle veut, de ce qu’Elle peut. L’homme présent, passé, futur est mon Compagnon de Voyage. Je remets l’heure, la cause et le sens de ma mort entre les mains de Dieu.


 
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   Tadiou   
9/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
(Lu et commenté en EL)

Le narrateur explicite la succession des différents stades par lesquels il passe

1) Il se présente comme l’éternelle victime pour en tirer profit :
«Accuser l’extérieur de faire de moi son bouc émissaire universel, c’est mon carburant »


2) A contrario, refuser d’être l’éternelle victime, s’adonner à la violence et au mensonge :
« Planter une paille dans le cœur de mes victimes et leur absorber, leur confisquer de l’honneur, c’est mon carburant »

3) Passer au stade de la destruction des autres, et finalement de le sienne propre : « Je piétine, enrage, intimide mon prochain pour m’emparer de son pouvoir. M’emparer et contrôler sa zone d’incertitude, ça me fait baver, c’est mon carburant. »

4) Tenter d’atteindre la sagesse de l’adulte : « Tilt ! J’arrête les bêtises. Ce n’est plus de mon âge. » « mon carburant, c’est dépasser l’ado attardé que je demeure. »

5) Atteindre la force, la puissance, l’empathie avec les autres ; atteindre le bonheur :«L’émotion est mon carburant : j’ai de grandes ambitions, je pratique l’action, je suis fier de mes succès. »

6) Devenir l’égal de Dieu après avoir passé la Porte Etroite : «Mon carburant est un déplacement : le Souffle du Monde. »

Les passages d’un stade à l’autre s’effectuent au pas de course, sans transition : on se demande comment le narrateur peut se transformer à chaque fois de façon aussi radicale et changer de carburant comme si c’était la chose la plus simple du monde.

Il est intéressant de constater que le narrateur va au bout de chaque stade, poussant les choses à leur paroxysme. C’est décrit de manière précise, détaillée et ça se lit bien.

La ponctuation est créée par la nature du carburant qui constitue le repère ; c’est une très bonne formule.

Des analyses brillantes et sans concession de la nature humaine, son merveilleux et son misérable.

La notion de « Porte étroite » et l’introduction de Dieu ne me semblent pas utile : c’est le choix de l’auteur.

Si on se rémémore Laplace : « « Comme le citoyen Laplace présentait au général Bonaparte la première édition de son Exposition du Système du monde, le général lui dit : “Newton a parlé de Dieu dans son livre. J'ai déjà parcouru le vôtre et je n'y ai pas trouvé ce nom une seule fois.” À quoi Laplace aurait répondu : “Citoyen premier Consul, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse.”. » (Wikipedia)

L’auteur fait ici un choix différent, ce qui est bien sûr son droit le plus strict.

De la très belle ouvrage, avec le bémol du côté mécanique des passages des différents stades.

Tadiou

   veldar   
24/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Arsinor

Je tenais à vous dire que j'ai apprécié votre texte. Chaque lecture y apporte un éclairage différent. Je n'ai pas encore réussi à me mettre d'accord avec moi-même et n'ai donc aucune réflexion intelligente à vous proposer.
Néanmoins, c'est un parcours qui me parle s'il ne s'agit que d'un seul être et de ses multiples essais pour arriver à... A quoi, ça... Si c'est un seul, votre personnage a une sacrée volonté et de l'énergie à revendre. Si par contre il s'agit - et il me semble que ça pourrait aussi - de six portraits différents, j'ai plus de mal à en trouver un seul qui me soit d'emblée sympathique.
Je préfère vraiment penser qu'il s'agit d'une lutte, d'une mutation, de conséquences et donc de choix et d'une évolution malgré mes doutes quant à la finalité d'une telle bataille pour ce personnage-ci. Même si le dernier paragraphe atteste du changement et donc de l'évolution du personnage parti des enfers, je le trouve cependant encore... imparfait. Ce quelque chose sur lequel il n'est pas revenu et que je vois partout me fait dire que même s'il est parti de loin, il n'est pas encore au seuil de la perfection, si c'est ce qui le fait courir. A moins que ce ne soit le bonheur le truc après quoi il court. Et ça, chacun le trouve où il peut.
Merci pour ce texte. Juste un détail, les deux premières phrases accrochent du fait des trois "comme" qui quasiment se suivent. L'écriture n'est pas facile-facile (je pense notamment à "pour respirer à des endroits agréables" ainsi qu'à une autre formulation que je ne retrouve pas, quelque chose de malcontent je crois...)

Peut-être s'agit-il d'un seul, (je doute, je doute, je doute encore) car dans quasi chacune des métamorphoses le "Je" cherche le carburant de son moteur.
Un seul personnage ou six portraits complémentaires et non exhaustifs ? Je ne le sais toujours pas mais une chose est sûre, je n'ai pas perdu mon temps.
Merci.

   klint   
25/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

J'ai apprécié ce texte ambitieux.
L'écriture est agréable et fluide, à la hauteur de la démonstration poursuivie par l'auteur.
Je reprocherais au fond une certaine linéarité dans la "progression", et le manichéisme qui émane de vos propos. Je pense que l'humain n'est pas noir ou blanc. J'ai remarqué aussi au fil des paragraphes, l'isolation" du sujet par rapport à ses semblables. Est ce volontaire de votre part ?

   Alcirion   
25/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Arsinor en forme !

L'écriture est très cohérente, il y a une ambiance "pensées intérieures" réussie, un style qui se tient du début à la fin.

Sur le fond, on restera sur une question de goût, je me sens assez proche des idées exprimées donc j'ai adhéré.

Pas facile d'aborder des réflexions métaphysiques sans être ennuyeux, tout dépend de la qualité de l'écriture, là je trouve l'exercice réussi.

EDIT : j'ai été attiré par le titre qui est également celui d'un roman génialissime de Gide - dans mon top cinq.

   Jean-Claude   
28/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Arsinor.

Le ton clinique correspond à l'auto-examen clinique et au cheminement mais, en même, il rend la lecture difficile.

Plus exactement, dans chaque paragraphe, il y a une accumulation de détails qui convergent. Par exemple, le premier paragraphe tourne un peu autour de l'idée que l'on fait tout pour se donner raison à soi-même (si je me trouve nul, je suis capable de faire en sorte que les autres me renvoie une image de "nullité").

En fait, c'est surtout pour dire que, si le lecteur n'a pas certaines affinités avec le procédé ou le cheminement, celui-ci risque de décrocher avant la fin.

Au plaisir de vous (re)lire

   in-flight   
30/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je vois dans ce texte un condensé des étapes d'une vie:
- Une enfance maudite - l'heure de la contestation - la haine de l'autre - la soumission à la société - l'acceptation de la société - la sagesse du grand âge.

C'est un parcours de vie suivi par beaucoup d'individus et ce que l'enfance est été heureuse ou non.Il s'agit bien du cheminement de la même personne selon moi mais il est vrai qu'on pourrait imaginer 6 portraits différents, 6 philosophies de vie.

Au delà du fond, c'est surtout le style d'écriture qui m'a plu. C'est très agréable à lire.


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