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Fantastique/Merveilleux
Arsinor : Le Printemps forgeron
 Publié le 25/07/15  -  6 commentaires  -  14637 caractères  -  91 lectures    Autres textes du même auteur

Le ciel disparut. Une nuée de mouches vertes me poursuivait... Je fonçais sur les passants, je les suppliais de m’aider. Ils prenaient peur, l’essaim se multipliait, ils se mettaient à courir, faisant courir les autres... J’empêchais les déités de la vengeance de s’engouffrer par ma bouche. La fin sonnait. J’avais vingt et un ans. Je n’avais pas vécu...


Le Printemps forgeron


Le ciel disparut. Une nuée de mouches vertes me poursuivait. Elles piquaient et pondaient dans mon derme. Je fuyais dans la rue, traversant les croisements comme un possédé. Les larves se frayaient-elles de leur côté des chemins à travers mes organes ? J’étais comme la nymphe qui offensa Héra et dont le corps s’était couvert de têtes de chiens furieux. Je me dirigeais vers le pont du quartier qui enjambe le canal. La nymphe prise de panique s’était jetée du haut de la falaise. Moi, je criais aux mouches d’aller tourmenter les vrais cadavres. « Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! » graillaient les mouettes rieuses, qui savaient leur métier. Étais-je encore vivant pour qu’un fléau m’achevât ?

Je fonçais sur les passants, je les suppliais de m’aider. Ils prenaient peur, l’essaim se multipliait, ils se mettaient à courir, faisant courir les autres. « Mon Dieu ! Ô Seigneur ! Vas-tu laisser les monstres tuer une de tes créatures ? Ne suis-je pas de ton espèce préférée ? » J’empêchais les déités de la vengeance de s’engouffrer par ma bouche. La fin sonnait. J’avais vingt et un ans. Je n’avais pas vécu. Je franchissais la balustrade sans savoir nager. Le choc se fit entendre.

Dans l’eau, je n’osai pas ouvrir les yeux. Une vieille angoisse du contact avec la cornée les tenait clos. C’était la dernière occasion. Je n’avais d’autre choix que la noyade. J’ouvris les yeux ; je ne vis rien : l’eau était sale. Je retenais ma respiration. Que faire ? Respirer d’un coup sec, faire comprendre à mes poumons que ce ne serait pas de l’air ? Ou bien retenir, retenir, jusqu’à ce que le corps choisisse à ma place l’instant de l’engouffrement et de l’asphyxie ? Je réfléchissais à toute vitesse. Après avoir couru comme un démoniaque, je ne pouvais pas retenir ma respiration quinze secondes.

Oui, un possédé, un démoniaque, un ingrat, c’est ce que j’étais. Toute ma vie j’avais profité de l’argent de mon père sans le remercier, j’avais critiqué le système, je n’avais rien essayé d’améliorer, je n’avais honoré personne d’un sourire ou d’une parole respectueuse, je m’étais retranché derrière les livres, derrière la précoce misanthropie qui guette ceux qui veulent objectiver autrui pour venger la scène primitive. J’avais utilisé la pratique forcenée du piano pour me protéger de l’humanité.

Pardonnez-moi mon Dieu d’avoir été méchant, insensé, bête, injuste et insolent. Pardonnez-moi d’avoir offensé ceux qui m’ont nourri, ceux qui ont payé mes professeurs, ceux qui ont inventé les systèmes, ceux qui ont construit les bâtiments où j’ai vécu. Confessez-moi dans l’eau brune, dans le cercueil liquide de mes mépris pré-marmoréens, mon cher Dieu que j’aime, oui, bénissez le repenti comme vous avez suscité de la soupe océanique les acides aminés, les premières cellules vivantes, les premières colonies, les métazoaires, les trilobites, les poissons osseux, la première grenouille, le premier lézard, les mammifères, les primates, les espèces humaines, Cro-Magnon, le néolithique, Sumer, Athènes, Jérusalem, Rome, Byzance et les révolutions modernes. Tout cela, vous me l’avez donné mais je n’en ai pas voulu alors vous me l’avez retiré et maintenant, certes, je vous le redemande. Qu’il vous plaise de me laisser la dernière minute pour chanter vos louanges. Merci pour ces vingt-deux années, en comptant le temps de gestation, merci pour toutes ces occasions manquées. Quand je serai dans les nuages, je dirai à tous les anges, à tous les damnés, à tous les bienheureux, combien la vie est belle ! « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul égaré qui trouve le chemin que pour mille justes qui entrent au royaume de Dieu. »

Hélas, Humanité, je n’ai pas le temps de te dire en paroles un milliard de fois je t’aime ! Je n’ai pas le temps de te dire en actes un milliard de fois je t’aime ! Je ne peux, je ne peux prouver un amour si mérité en un claquement de doigts. Pardon, pardon, mes louanges sont médiocres et infimes. Les génies les plus fervents eux-mêmes n’ont célébré que le millième de la Création. Si je pouvais sortir de l’eau, je dirais à ceux restés sur Terre, à mes frères chimpanzés, à mes frères éléphants, à mes cousins les rossignols et les pythons, à mes cousines les marguerites et les violettes sous la brise, à mes tantes la roche, à mon oncle les nuages, au Ciel mon Père, à l’Eau ma Mère : « Maman ! Laisse-moi sortir ! J’ai besoin d’air, d’air ! »

Une douleur de l’autre monde me fendit le corps de haut en bas pour me couper en deux ainsi que Salomon ne le fit pas d’un coup de sabre, après que la bonne mère eut sacrifié la filiation au bénéfice de son adversaire pour que l’enfant restât vivant. Je vagis comme un nouveau-né, avec une voix d’homme. Tout tournait autour de moi. Ma vision se stabilisait. J’avais perdu mes lunettes. J’étais myope. Étais-je encore vivant ? Je posais la question autour de moi, éperdument.


— Oui, vous êtes vivant, je vous le confirme, répondit une infirmière avec autorité. Vous êtes tombé dans l’eau et on est venus vous chercher.

— Vous avez fait tout ça pour moi ?

— C’est notre métier.

— Oh c’est ça, le plus beau métier du monde : sauver les gens !

— Merci. On essaie de faire au mieux. Cela dit, on ne fait pas de miracle. Vous avez tenté de vous suicider ?

— Je voulais échapper à la plaie que Dieu m’avait envoyée pour achever ma conversion. J’ai pensé que les mouches ne me suivraient pas hors de leur élément.

— Vous êtes sujet aux hallucinations ?

— Non.

— Vous avez des antécédents familiaux ?

— Oui. Mon grand-père a torturé des Arabes pendant la guerre d’Algérie et les parents juifs de ma mère ont été persécutés dans l’Union soviétique.

— Je parlais de maladies mentales, comme les bouffées délirantes ou la schizophrénie.

— Moi aussi, madame.

— Je vois ce que vous voulez dire, mais ça n’est pas si direct. Cela dit, votre élocution est impeccable. Vous avez l’air en pleine forme pour quelqu’un qui allait entrer en phase d’anoxie. C’est quand on manque d’oxygène.

— Qui a prévenu les secours ?

— La caserne des pompiers est à vingt mètres : vous ne pouviez pas mieux choisir. Personne ne leur a téléphoné, ils vous ont vu tomber dans le canal.

— C’est un pompier qui m’a sauvé ?!


J’ai prononcé cette phrase en me redressant d’un coup, monté sur un ressort, interrompant la perfusion.


— L’examen n’est pas terminé, protesta l’infirmière.


Trêve de béquilles, j’ai observé autour de moi : des hommes discutaient, d’autres s’affairaient. J’ai crié, joyeux :


— Pompier ! Pompier ! Où est mon pompier préféré ?!


L’un d’eux me considéra, incrédule. C’était le plus beau et le plus grand. J’accourus et le pris dans mes bras.


— Pompier ! Pompier !


Il m’a raconté le sauvetage avec une modestie presque invraisemblable et moi, je le comprenais, je l’aimais, pour toujours. Je l’écoutais, admiratif. Je lui passais ma main sur les cheveux comme le font les jeunes parents qui mignotent leurs enfants, il se laissait faire et ça le faisait un peu rigoler. Il m’expliquait les différentes phases de la noyade. Était-ce purement professionnel d’avoir prolongé ma vie de plusieurs décennies ?

Au bout d’un moment, il a donné des signes indiquant que l’entretien touchait à sa fin. Je savais où le retrouver et au moment de le voir rentrer à la caserne, j’ai ouvert la bouche pour lui demander d’être mon père adoptif. J’ai eu un moment d’hésitation, ce qui lui a permis de prendre congé sans entendre l’énormité que j’allais commettre.

Une société qui compte des héros aussi discrets ne pouvait pas être mauvaise. Pourquoi étais-je tombé au cours de mon adolescence dans la mauvaise humeur et les études universitaires ? J’avais oublié. Je restais debout sur le trottoir en regardant la porte par laquelle mon pompier avait disparu. Je ressentais pleinement ma tristesse, comme lorsque Calaf, chez Puccini, donne la bonne réponse à la troisième énigme et que Turandot, exposée au mariage, implore une dérogation à son père qui la lui refuse en rappelant l’inviolabilité des serments.

L’ambulance me conduisit aux urgences où je subis des examens, avant de me laisser sortir le jour même. Le pronostic était favorable. Je me portais bien, et j’en étais persuadé. Ce soir-là, je me rendis chez mon père.

Il a parlé comme à l’accoutumé, déblatérant son racisme et se vautrant dans la médiocrité mais je n’ai rien critiqué. Ça a été très long, trois heures. J’ai tout écouté, tout accepté, avalant des litres d’huile de foie de morue, moins les vitamines, le bénissant en pensée comme je l’aurais fait devant la première grenouille. Ensuite, il a prononcé cette phrase qu’il n’avait jamais dite : « Tu as changé, Jonas. » J’ai laissé la résonance de ces syllabes faire le travail du rêve. Un silence sonore et visuel, sans mouvement. Une minute de silence pour achever. Il me posa la main sur l’épaule et dit ces mots lourds de signification pour un Africain : « Tu es un homme, maintenant. »


Le père au fils dit :

« Tu es un homme, maintenant. »

Le sens de ce mot.


J’avais toujours haï ce mot. Enfant, je vivais dans le déni. Je voulais devenir une femme, pour être la gentille, celle qui parle, celle dont les mots ont un sens. Je voulais être la bénéficiaire du féminisme qui envahissait les écrans, la victime qui a raison et qui d’un geste révolutionnaire et rhétorique, redoutable et doux, se libérait de son bourreau pour montrer au monde ce qu’elle était capable de faire. Les symptômes secondaires de la puberté m’avaient horrifié.(E).e, comme la nymphe sur laquelle avaient poussé les têtes de chiens. Mes parents m’avaient présenté la tapette comme le personnage le plus méprisable qu’on puisse imaginer, comme s’ils n’avaient eu qu’une peur, c’était que j’en devienne une. Ma mère m’avait répété des choses comme : « Han ! Va vite te couper les ongles, ce sont les homosexuels qui ont les ongles longs ! Surtout l’auriculaire ! »

Comme je m’interdisais aussi d’être comme mon père, c'est-à-dire viril comme un Algérien, un borné, un sale type, un fier-de-lui-pour-rien, mon comportement n’était ni macho-en-culottes-courtes ni efféminé-avec-gesticulations, mais neutre, neutre ; si neutre que je n’existais pas, que je ne disais rien, que je ne montrais rien, telle la larve d’une statue. Je n’étais pas immature comme le croyaient mes camarades. J’étais un cadavre ambulant, un zombi, une stryge, un intellectuel qui n’aimait jamais rien, sauf la complexité parce qu’elle refusait la vie aux choses. Aussi après être né de ma mère, je devais naître de mon père. Alors j’ai pris mon courage à deux mains, décuplé sans peine par les événements de l’après-midi et j’ai prononcé à mon tour les mots fatidiques : « Oui, papa, je suis un homme. »

Il a rigolé d’aise avec un léger mouvement de recul. C’était sa vie. Et moi, j’avais reçu de lui ce qu’il fallait pour accomplir ma mission et révéler aux égarés, aux fous, aux tristes, aux blasés et aux neveux des fleurs des champs combien la vie était un cadeau du ciel.

Ce jour-là, j’ai décidé de rendre visite à mon père autant de fois qu’il le voudrait, afin de faire honneur à la logique verticale de la chaîne des filiations depuis les cellules de l’océan primitif jusqu’à l’imagination de celle qui serait ma femme. Depuis la noyade je voulais des enfants. Mon insertion dans la chaîne ascendante et descendante allait désormais de soi, et ce n’était plus qu’une question d’années. Le revenant qui s’était pris pour moi n’était pas mort pour rien.

— Allez, vas-y, a dit mon géniteur en rigolant une deuxième fois comme pour ne pas me retarder sur mes horaires.


J’ai passé le seuil de la porte sans réagir... Nos paroles étaient devenues hautement performatives et nous marchions sur un fil tiré entre les deux tours du World Trade Center.


— Tu as un travail, hein ? demanda-t-il soudain, comme si tout ce qu’on avait construit depuis le début de la soirée, comme si tout ce qui m’était arrivé ce jour-là, comme si toute possibilité supplémentaire de réitérer mon exploit et celui du pompier pouvait s’écrouler. Il ne m’était pas possible de décevoir mon père sur un terrain aussi crucial. Pour construire ma maison sur le roc, par principe, je refusais de recourir au mensonge. Mais j’étais chez mon père, sur son terrain à lui, dans sa maison et dans son domaine de discussion. Aussi, j’ai répondu :

— Oui, j’ai un travail.

— Tu m’en parleras la prochaine fois…

— D’accord. Au revoir, papa.


Je suis rentré chez moi et le lendemain matin, je me suis renseigné pour savoir comment obtenir un emploi. Entre les relations des uns et des autres, Internet et la conseillère, assez efficace, de Pôle Emploi, je collectais des dizaines de pistes. Comme j’étais pressé de dire à mon père que je travaillais, j’ai accepté un poste d’apprenti garagiste dans la région. Garagiste, c’était assez masculin pour mon père : il devait se dire que ma conversion tardive à la virilité correspondait à un déclic à retardement par rapport à l’éducation qu’il m’avait donnée. Il avait déclaré, de la bouche de ma mère : « Élève-le, et j’en ferai un homme. »

Le plus drôle est que la mécanique automobile m’a plu et que j’appréciais mon chef mécanicien parce qu’il parlait un peu comme mon pompier préféré. La sobriété des pistons, des soupapes et des cylindres me remettait à ma place. Les réglages et les vidanges prenaient l’aspect d’un jeu sérieux et me rachetaient toute la honte emmagasinée dans les vestiaires des garçons en classe de sport au collège. Et mon père était enfin fier de moi. Cela dit, au bout du contrat, la comédie avait assez duré et j’ai cherché des élèves pour des cours de piano.

Comme je suis heureux et désormais plein d’humour, et malgré mon minois juvénile, les mamans me donnent rapidement leur confiance. Les enfants m’adorent et m’obéissent. Mes quelques élèves adultes semblent trouver formidable mon cocktail jeunesse + assurance, ce qui me comble de joie. Les adultes sont motivés, progressent vite et abandonnent au bout de trois ou quatre mois car ils projettent la somme exponentielle de travail à fournir. Les enfants, eux, vivent dans le temps présent. Quoique la majeure partie du cours d’une semaine à l’autre soit oubliée, ils comprennent les noces du plaisir et du labeur. Leurs progrès sont « infra ».

Je n’accorde aucune importance à l’ordre de la concurrence, ce qui rend aux enfants le temps d’une respiration entre l’aspect compétitif de l’école de la République et la surveillance de la psychologie toujours à la rescousse. Du coup, je me concentre sur la technique pianistique, et bientôt l’expression quand ils seront grands.


 
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   Anthyme   
25/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Mourir pour renaître ?
Il y a une dimension mystique dans ce texte ; quelque chose de paulinien qui m’est familier.

Je l’ai reçu comme un appel à méditation.

… … … …

Au demeurant, sa rédaction qui allie richesse et fluidité semble soutenue par un rythme tout à fait perceptible, même à lecture muette.

Votre écriture n’en est que d’autant plus accessible.

Bravo et merci pour ce partage.

   Perle-Hingaud   
26/7/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Reptile !
J'ai bien aimé ce texte, il est intéressant et sort de ce qu'on lit habituellement en nouvelles. Il me semble l'avoir déjà lu en Espace Lecture, mais cette version semble retravaillée, moins dispersée. Pas facile de faire entrer autant de choses dans si peu de lignes. J'aime l'allant, la vivacité du récit, peut-être ce soupçon de loufoquerie.
Je garde un bémol sur la fin. Non sur le fond, le fait que le narrateur devienne professeur de piano, mais sur le fait que votre texte ne se termine pas vraiment: vous ouvrez trop, à mon avis, sur un nouveau débat. Une ligne plus synthétique aurait suffit, sauf si vous envisagez une suite.
Ah, un détail: pas de signe mathématique ni de chiffre dans une nouvelle littéraire : "jeunesse + assurance"
Merci pour cette lecture !

   AlexC   
29/7/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Hello Reptile,

Charmante petite nouvelle, bien écrite, bien rythmée abordant des thèmes sombres avec légèreté et panache. J’aime bien le fait que vous ne nous ressassiez pas les misères du fils pieds-noir trop efféminé. Mais que vous nous laissiez le soin de les deviner.

Si je devais chipoter, je noterais un début un chouia énigmatique (hallucinations, oui, non ?) et des références trop absconses pour le commun des mortels. Mais l’ensemble reste tout à fait appréciable.

Quelques remarques supplémentaires :
“la précoce misanthropie qui guette ceux qui veulent objectiver autrui pour venger la scène primitive.” que voulez-vous dire ?
“de la soupe océaniques les acides aminés” un deux points ne serait pas de trop ici je pense
“on est venus vous chercher” venu sans “s”, non ?
“le pronostic était favorable” est-ce volontaire de remplacer diagnostic par pronostic ?

Je tique :
“Une vieille angoisse du contact avec la cornée les tenait clos.”
“la surveillance de la psychologie toujours à la rescousse."

Je jubile :
“Est-ce purement professionnel d’avoir prolongé ma vie de plusieurs décennies ?”
“Aussi après être né de ma mère, je devais naître de mon père.”
“Le revenant qui s’était pris pour moi n’était pas mort pour rien.”


Merci pour cette lecture.

Alex

   Arsinor   
6/8/2015

   CharlesH   
15/8/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un début intrigant qui tient de la fiction pure, mais qui se révèle être une hallucination schizophrénique tragique. J'ai trouvé un grand plaisir à lire la prise de conscience pendant la noyade, qui était à la fois intense et fluide. De reprendre l'évolution en quelques lignes, la filiation verticale, et tout ce qui compose le nœud que nous sommes dans cette chaîne, est un tour de force.

Par la suite le fou est sauvé, mais l'est-il vraiment ? Refuser le monde qui nous entoure est-il pire que de l'accepter et de s'y conformer. C'est bien sûr réconfortant pour le père et la mère, mais ne reste-t-il pas toujours l'arrière goût du doute ?

La fin, que plusieurs ont probablement trouvée heureuse, m'attriste un peu et je ne peux pas m'empêcher de croire que dans le commentaire:

" Comme je suis heureux et désormais plein d'humour, et malgré mon minois juvénile, les mamans me donnent rapidement leur confiance",

se cache une histoire inventée pas meilleure que les mouches vertes, juste socialement plus acceptable.

Bravo pour ce texte à la fois percutant et facile à lire.

   placebo   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime bien le titre, même si je ne l'ai pas retrouvé littéralement dans le texte - un rapport avec l'expression "c'est en forgeant qu'on devient forgeron" ?

"Ainsi que Salomon ne le fit pas d’un coup de sabre" jusqu'à la fin de la phrase : je la trouve lourde.
"Du coup, je me concentre sur la technique pianistique, et bientôt l’expression quand ils seront grands." la fin est une sorte d’ellipse multiple ?

J'ai trouvé le texte extrêmement personnel, peut-être à cause de cette question du père et de la filiation, qui est bien traitée je trouve. Le début accrocheur. La fin un peu trop brève à mon gout. J'avoue avoir sauté quelques lignes par-ci par là.

Bonne continuation,
placebo


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