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Arsinor : Roi et bergères
 Publié le 26/03/18  -  7 commentaires  -  5153 caractères  -  69 lectures    Autres textes du même auteur

Maxime Premier pas à sa place, micro-scène.


Roi et bergères


Au restaurant.


Pauline : Max, je te quitte.

Max : Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? Je te plais plus ?

Julie : Ce n'est pas le problème.

Max : Je suis grand, beau, médaillé, je gagne 6 000 euros par mois, je fais huit heures de musculation par semaine, je suis jeune, riche, beau, j'ai de l'avenir, je travaille bien, j'aime vivre, je suis toujours de bonne humeur, j'excelle au lit et je te fais jouir tous les soirs de toute évidence, je t'apporte des fleurs le samedi et le plateau au petit déjeuner le dimanche, je te fais rire toutes les dix minutes, je t'emmène au cinéma, au théâtre, à la montagne, je t'ai trouvé ton nouveau job et je suis extrêmement beau, comme je l’ai déjà précisé. Tu es sûre que je ne te plais plus ?

Pauline : Tu es très bien, c'était très bien. Tu vas facilement trouver quelqu'un d'autre, j'en suis sûre.

Max : Moi aussi, mais tu es tombée sur un homme qui te plaît davantage ?

Pauline : Non.

Max : Tu préfères rester toute seule ?

Pauline : Je préfère te laisser un bon souvenir et m'éclipser pendant qu'il est encore temps.

Max : Mais j'en veux pas de ton souvenir ! Je préfère le réel !

Pauline : Ne me touche pas.

Max : Excuse-moi, mon p'tit cœur. T'es mieux toute seule ? Je ne fais pas ce que tu veux ? Demande. Je suis capable de tout pour toi.

Pauline : Je sais. C'est ça le problème.

Max : Mais qu'est-ce que tu veux dire ?

Pauline : Tu es trop parfait. Tu es trop jeune. Je vais avoir trente-cinq ans et quand tu auras trente-cinq ans, j'en aurai quarante.

Max : Eh bé, t'auras toujours ton amant opérationnel sous la main ! Combien de femmes de quarante ans rêveraient de m'avoir à trente-cinq ?

Pauline : Je ne veux plus. Je ne suis pas à la hauteur.

Max : Mais Pauline, je t'aime ! Je ne te demande pas d'être à la hauteur ! C'est quoi cette histoire ? Tu me fais penser à mon ex qui me parlait de comparaison ! Je t'aime comme tu es ! Tu veux prendre le temps de t'améliorer avant de revenir dans mes bras ?

Pauline : Arrête.

Max : Tu peux arrêter de m'aimer mais tu ne peux pas me demander d'arrêter de t'aimer. Je t'aime. Les mots n'ont-ils donc aucun sens ?

Pauline : Tu es trop bien pour moi.

Max : Je ne comprends rien à la logique féminine. Aucun homme ne peut être trop bien pour sa femme. Mieux il est, plus elle est contente. C'est mathématique et je m'y connais, j'ai un doctorat de mathématiques.

Pauline : Arrête de dire que je suis ta femme. Les gens ne comprennent pas ce qu'on fait ensemble. Tu ne comprends pas ce que je ressens.

Max : Eh bé, je vais leur faire comprendre, moi ! C'est moi qui décide ce qui me plaît ou pas et ce qui plaît aux gens ! Qu'importe si tu ne te trouves pas assez bien puisque je te trouve assez bien ?

Pauline : Arrête. Tu crois me faire du bien mais tu me fais du mal. Je ne devrais même pas avoir à le dire.

Max : Je ne peux pas te faire de mal, Pauline. Je t'aime et je t'offre des cadeaux. J'ai deux billets pour le concert de Camille, regarde. Et, attention ! Surprise : un hôtel à la campagne pour le week-end prochain !!! Viens dans mes bras, bien au chaud mon p'tit cœur, tu vas te sentir mieux en une minute. Minette ?

Pauline : Ça suffit. Je m'en vais. N'essaie pas de me retenir et ne cours pas dans la rue pour me rattraper s'il te plaît. Je veux traverser le café et disparaître de ta vie. Je te quitte. Je te souhaite le meilleur. C'était très bien, Max. Tu es très bien.


Pauline se dirige vers la porte. Il parle fort.


Max : Attends, Pauline ! Tu pars pour de vrai ? S'il te plaît, Pauline, reste ! Sois sympa ! Allez ! Je veux apprendre à te connaître !


Elle est sortie.


Max, seul, de la même voix forte : Et voilà. Je vais être obligé d'appeler Marion pour ce soir !


Tout le restaurant s'esclaffe et continue à se tenir les côtes pendant toute la dernière réplique. Max sort son téléphone et compose le numéro.


Max, très fort : Marion ? Salut mon p'tit cœur, c'est Max. T'es contente de m'entendre ? (…)

Bé oui, j'imagine. Pauline a rompu. (…)

Je sais pas, je comprends rien à la logique féminine, elle a dit que j'étais trop bien pour elle. T'aimes bien ça toi les mecs trop bien ? Trop, c'est déjà beaucoup. Ça te dit un resto ? (…)

Super, merci Marion. T'es vraiment sympa, et très mignonne. Tu mets ta petite robe blanchâtre ? J'ai hâte de te prendre dans mes bras dans ta petite robe blanchâtre, ça va me donner très envie de te faire l'amour, on ira chez toi, OK ?

J'ai des billets pour un concert. C'était pour Pauline, c'est Camille en concert, au Zénith. (…)

OK, je passe à 19 heures. (...)

Euh non, 19 heures 30, ça va me faire tard. T'es d'accord pour 19 heures ? (…)

OK, merci Marion. C'est où déjà ? (…)

Ah, je croyais que c'était l'adresse de ta copine. Elle est libre elle aussi ? J'aime bien sortir avec deux filles à la fois, on s'amuse bien ensemble mais après je reste avec toi, promis, tu me connais. Tu lui dis de venir ou je l'appelle directement ? (…)

OK, allez, à tout à l'heure, mon p'tit amour des champs !


Max regarde les gens autour de lui d'un air naïf, tout le monde est plié de rire. Il demande l’addition et le serveur arrive.


 
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   in-flight   
5/3/2018
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Que dire si ce n'est que je n'ai pas compris l'intérêt du texte. C'est une caricature de Don juan ? Ça se veut drôle? Critique?

Je veux traverser le café--> c'est pas un restaurant?
je comprends rien compris à la logique féminine --> coquille

   hersen   
10/3/2018
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Un texte qui me fait comprendre l'indifférence qu'un lecteur peut éprouver à la lecture; cela ne m'intéresse même pas de savoir à quel degré il fallait le prendre, aucun des personnages n'est digne d'intérêt.
Non pas parce qu'il ne pourraient pas exister, mais ici, il n'y a qu'une évidence énoncée qui ne se confronte à rien d'autre qu'un vide abyssal.
Je ne comprends absolument pas la démarche de l'auteur, si toutefois il y en a une. Car finalement, qu'en retire-t-on ? Pour un texte présenté en Réflexion dissertation, je ne vois pas bien sur quoi je pourrais disserter. Réfléchir , encore moins ! Car c'est un texte construit sur des clichés empilés soigneusement. Un texte primaire. Qui n'ouvre aucune porte pour initier une réflexion.

J'ai franchement besoin du point de vue de l'auteur !

hersen

   Perle-Hingaud   
10/3/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Un texte assez dérangeant, étrange.
Le titre annonce une fable, un conte, plante le décor: DES bergères pour UN roi.
Ce qui rend ce texte étrange, c'est que les deux personnages sont traités aussi négativement l'un que l'autre. Le garçon parait stupide et goujat, la fille, crédule, mais elle parvient cependant à s'échapper. Le public est cruel et rit, il s'agit d'une vie mise en scène comme dans un spectacle. D'ailleurs, l'écrit, sous forme de dialogue, renforce la théâtralité: on nous donne à lire un sketch, ou plutôt un spectacle de marionnettes. Il n'y a en effet aucune humanité dans le rendu des personnages.
Personne n'est épargné dans ce jeu de massacre. C'est très noir.
Ceci dit, l'écriture est bonne. Je trouve que l'auteur porte un regard "déshumanisé" sur les personnages, un regard sans empathie.
Un texte intéressant car sortant des publications habituelles, mais dont je n'ai peut-être (sans doute ?) pas compris le message. ... c'est ennuyeux, tout de même !

   Hananke   
26/3/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour

J'avoue toujours n'avoir pas saisi ce que l'auteur de cette courte nouvelle a voulu nous dire.
Je pensais à un moment à l'insatisfaction féminine mais la suite bizarre
me fait douter grandement de mon jugement.
Peut-être un joli coeur qui ne veut pas admettre une rupture
devant tout le monde en jouant un rôle au téléphone ?
Ce qui lui permettrait de sauver la face ?
Autrement, c'est vivant et bien écrit et surtout la concision de cette
nouvelle permet de ne pas se perdre en route.

   Jmeri   
27/3/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Max est le bof macho caricatural. Mais vous en avez fait un personnage parfaitement initeressant. dans un scénario improbable.
On attend la fin. Rien.
Manque d'inspiration. Doit et peut mieux faire.

   jfmoods   
28/3/2018
Le texte présente une caricature des comportements que le titre ("Roi et bergères") laissait vaguement présager. L'espace présenté ici est fortement théâtralisé (entête : "micro-scène", lieu : "Au restaurant", didascalies en gradation marquant l'exagération : "Il parle fort.", "Max, seul, de la même voix forte", "Max, très fort", présence d'un public hilare : "Tout le restaurant s'esclaffe et continue à se tenir les côtes pendant toute la dernière réplique.", "tout le monde est plié de rire").

L'homme est un roi au sens propre du terme (entête humoristique : "Maxime Premier"). Derrière l'image du parfait chevalier servant ("Je ne fais pas ce que tu veux ? Demande. Je suis capable de tout pour toi.") se dresse l'ombre gigantesque du vaniteux (longue deuxième réplique de Max), du séducteur au discours convenu, stéréotypé, aux phrases toutes faites ("Tu peux arrêter de m'aimer mais tu ne peux pas me demander d'arrêter de t'aimer.").

La femme s'éprouve dans ses manques, dans sa médiocrité, ne perdant pas une occasion de se rabaisser ("Tu es trop parfait", "Je ne suis pas à la hauteur.", "Tu es trop bien pour moi.").

Les deux personnages sont incontestablement caricaturaux, dans l'excès. Ils représentent les coquilles vides et jumelles de la masculinité et de la féminité. Ils en figurent les tristes oripeaux.

Dès lors que la séparation du couple est actée, dès lors que la femme disparaît, le masque tombe : le chevalier servant se mue, en un instant, en Dom Juan de pacotille ("Je vais être obligé d'appeler Marion pour ce soir !"). Sans le moindre scrupule, il passe ainsi d'une femme à l'autre car les femmes sont pour lui interchangeables ("J'ai des billets pour un concert. C'était pour Pauline.").

Ce texte pourrait être une version modernisée de Dom Juan... Jadis, le séducteur abandonnait ses victimes. Sans cesse poussé vers de nouvelles conquêtes, il laissait derrière lui frustration, colère, désespoir, haine, désir de vengeance. Aujourd'hui, il étouffe à petit feu ses conquêtes sous le vernis de sa perfection et de sa galanterie... pour mieux les contraindre à le quitter.

Merci pour ce partage !

   Eva-Naissante   
31/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Une histoire, presqu'un monologue, une caricature, une drôle de caricature, mêlant tout à la fois l'absurde et le terriblement réel.
Votre accroche (les premiers mots de Pauline) accroche.
Votre écriture, fluide.
Votre chute est drôle (en tout cas elle m'a fit sourire). Triste ou drôle.
Il semblerait effectivement intéressant de connaître votre point de vue et l'état d'esprit dans lequel vous avez écrit cette nouvelle.

A vous lire,

Eva-N.


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