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Sentimental/Romanesque
Automnale : Rue de Montbazon
 Publié le 26/11/09  -  11 commentaires  -  9325 caractères  -  56 lectures    Autres textes du même auteur

Une petite fille, des boîtes à musique, des oiseaux, des papillons, rue de Montbazon...


Rue de Montbazon


Muriel était une petite fille vive, rieuse, avec des cheveux et des yeux couleur charbon. Elle s’intéressait aux garçons. Ce qui n’était pas mon cas. Pour ma défense, je dois préciser que j’avais deux ans de moins qu’elle.


Nous habitions rue de Montbazon. Nous n’avons d’ailleurs jamais su pourquoi cette rue s’appelait ainsi puisqu’elle ne conduisait pas à Montbazon. Nous ignorions même où se trouvait, sur la carte de France, cette localité. Cette rue commerçante était située à deux pas du centre historique, du fleuve, des pompes funèbres et de la place du marché.


Je n’avais pas cinq ans lorsque Muriel m’emmena, pour la toute première fois, à l’école. Mes parents, pris par leur commerce de pianos à bretelles, ne pouvaient m’accompagner. Comme une grande sœur, fière de sa mission, Muriel me tenait bien fort la main ce matin incertain de septembre. Maman, à l’entrée de la boutique, pleurait.


La vie de Muriel n’avait pas bien commencé. Sa mère était décédée relativement peu de temps après l’accouchement. Monsieur Desmarais, le père de Muriel, se montrait bien incapable de s’occuper d’un bébé. Fort heureusement, rue de Montbazon, vivait une jeune fille, certes un peu laide, certes pas trop intelligente, mais bien brave et en âge de se marier. L’affaire fut vite expédiée. Du jour au lendemain, Muriel eut une belle-mère. J’ai toujours entendu mon amie l’appeler « Mona ».


Monsieur Desmarais possédait le physique d’un rêveur, d’un chercheur, d’un personnage un peu lunaire. Du premier janvier au trente et un décembre, il était vêtu d’une longue blouse grise. Un gris plutôt anthracite. Au-dessus de son oreille droite, un peu décollée, se nichait en permanence un tournevis. « Un bon commerçant a toujours ses outils », nous faisait-il observer, goguenard.


Il tenait un commerce de vieux gramophones et de boîtes à musique. En vérité, il ne mettait quasiment jamais les pieds dans le magasin. Ses femmes se chargeaient de la clientèle, de la comptabilité, des commandes. En effet, monsieur Desmarais avait deux femmes : Mona, épousée à la va-vite, et Gaby, l’employée irremplaçable, toujours impeccable, à la taille de guêpe. Cette dernière s’y connaissait autant dans le fonctionnement des phonographes Pathé, des cylindres de bakélite, des cornets, des saphirs, que dans l’art des caresses et des baisers. La bigamie, en quelque sorte, de ce savant homme, gérant plutôt bien que mal les complications inhérentes à cette situation, était un secret de Polichinelle.


L’atelier du père de Muriel ressemblait à un véritable capharnaüm. En plus de ses compétences en enregistrements sonores et mouvements musicaux mécaniques, monsieur Desmarais était réputé pour son talent de réparateur d’objets hétéroclites allant des moulins à café aux électrophones Teppaz, des coucous suisses aux automates. Et, comme si cela ne suffisait pas, il élevait des capucins tricolores, des inséparables d’Abyssinie, des veuves de paradis. Il collectionnait, en outre, les papillons. C’est dire si Muriel et moi-même en connaissions un rayon en bimbeloterie, quincaillerie, ornithologie et, surtout, en géographie. Si nous avions des lacunes quant aux chefs-lieux des départements français, nous n’ignorions pas que le sphinx du laurier rose papillonnait en Europe méridionale, le grand porte-queue en Asie tempérée et la livrée dissuasive à tête de chouette en Colombie.


Au quatrième chant du coucou, une bonne odeur de pain grillé et de chocolat chaud s’infiltrait dans l’atelier. Mona et Gaby, qui se regardaient comme chat et chien, préparaient le goûter. Nous nous réunissions alors autour de la longue table de la salle à manger. Parfois, la récréation se prolongeait.


Un jeudi, monsieur Desmarais sortit malicieusement, d’une poche de sa blouse grise, un somptueux stylo à encre. Gaby, contemplant avec nous ce bijou estimable, riait car elle savait pertinemment qu’il s’agissait d’un stylo de pacotille, à bout de souffle, inutilisable, non rechargeable, dont la plume grinçante, écartelée, écrasait les pattes de mouches et les jolies calligraphies. En ce temps-là, il y avait, dans la cour, des cabinets d’aisances à la turque. Le père de Muriel s’isola un moment. Il remplit le stylo d’une matière innommable, indescriptible, malodorante, le fit briller de tous ses feux et alla le placer, bien en évidence, sur le trottoir, juste devant la vitrine du magasin. Dissimulés dans l’arrière-boutique, il convenait d’attendre, sans broncher, le passage du premier, ou de la première, imbécile venu(e). Ce fut un imbécile qui, apercevant de loin cet objet rutilant tombé du ciel, ce miroir aux alouettes, traversa la rue, se baissa et dévissa, précautionneusement, le capuchon. Devant la mimique de dépit, de dégoût, des rires, venant de l’arrière-boutique, crépitèrent.


Une semaine après cette farce, d’un goût plus ou moins douteux, un magnifique Euvanessa antiopa, tout juste arrivé d’Amérique du Nord, disparut de la collection. Monsieur Desmarais, fin limier, supputa qu’il s’agissait d’une vengeance du nigaud au stylo. De son côté, Mona, l’épouse légitime, lança sournoisement l’hypothèse que cette sainte nitouche de Gaby n’était certainement pas étrangère à ce forfait. Gaby, pour sa part, subodora qu’il devait s’agir d’un méfait de l’énergumène du trente-six.


Au numéro trente-six de la rue de Montbazon vivait un original donnant toujours l’impression d’avoir fait un mauvais coup. Il écrivait des romans policiers et, dans ce but, partait en vacances tout l’été. Oh ! Il n’allait pas très loin. Propriétaire d’un autre appartement, au trente-sept, il lui suffisait, pour arriver à sa villégiature, de traverser la rue. Pour tout bagage, il emmenait, avec lui, un pommier d’amour qu’il posait sur le rebord d’une fenêtre. À la Saint Maurice, il retraversait la rue, avec son pommier d’amour, et reprenait ses quartiers d’hiver.


Lorsque nous en avions assez d’entendre sans cesse parler de la disparition du papillon, nous allions jouer dehors. Dans cette sorte de cour des miracles, il se passait toujours quelque chose. Le lundi, les femmes mettaient de l’animation en faisant la lessive dans d’immenses cuves d’eau bouillonnante. C’est fou comme il y avait du linge sale à laver. Le mardi, nous guettions le passage de la marchande de peaux de lapins. Nous l’entendions de loin répéter, toujours sur la même intonation, son éternelle chanson : « Peaux de lapins, peaux ». Lorsqu’elle arrivait sous le porche, avec son vieux vélo, ses vieux journaux et ses vieilles peaux, nous nous précipitions pour l’embrasser. Elle était si sale !


Mais surtout, dans cette cour, il y avait une ribambelle d’enfants. Avec Baptiste, spécialiste en piqûres, nous jouions au docteur. Lors de ses interventions, sa sœur pleurait toutes les larmes de son corps. Leur mère l’admonestait fermement : « Ne sois pas stupide. Il n’y a que toi qui pleures ». Jusqu’au jour où l’on s’aperçut que la patiente saignait abondamment car le garnement piquait réellement, avec un canif bien acéré, dans la partie la plus moelleuse de l’anatomie de sa sœur.


Dans le fond de la cour, à l’ombre de noyers centenaires, monsieur et madame Longuet dirigeaient une fabrique de chaussures exhalant d’agréables senteurs de cuir neuf. Parfois, madame Longuet m’emmenait dans sa maison. Et là, cérémonieusement, sur la pointe des pieds, elle allait chercher, dans un mystérieux placard, une boîte de longuets, ces petits pains dorés, longs, minces et croustillants. Déjà, par crainte du ridicule, je n’osais poser la moindre question. Et pourtant ! Comment était-ce possible que madame Longuet puisse m’offrir précisément des longuets ?


Ces gens charmants avaient trois fils aux yeux de noisettes très sauvages. Dès qu’il me voyait, le cadet devenait hilare. Tel était le signe indicateur de l’intérêt que me portait mon premier soupirant. Naturellement, je passe sous silence l’idée saugrenue de Muriel qui, un après-midi brumeux, voulut m’initier à des jeux interdits dont la règle consistait à se déshabiller, puis à s’embrasser. Ma prestation fut tellement lamentable que mon amie haussa les épaules. Dans ce domaine, elle ne put rien obtenir de moi.


Mais la vie, à l’image du fleuve, suit son cours. Mes parents cédèrent leur fonds de commerce et nous quittâmes la rue de Montbazon, la magie des bulles de savon, la farandole des ballons, pour d’autres horizons. Je me fis de nouveaux amis, connus diverses émotions, respirai des parfums différents, mais jamais n’oubliai Muriel.


À la dernière saison des chrysanthèmes, je suis passée dans la vieille rue de mon enfance. Il existe toujours, au numéro vingt-cinq, un commerce de pianos à bretelles. Un peu plus loin, j’ai cru reconnaître, sortant d’une petite boîte à musique, l’âme tendre et cristalline de « La valse des fleurs » de Tchaïkovski. Comme si elle m’attendait, Muriel rêvassait devant le porche ouvrant sur la cour des miracles. Je fus frappée par son étonnante ressemblance avec la marchande de peaux de lapins. Elle m’apprit le départ, dans un autre monde, de Mona. « Tu sais ce que nous avons retrouvé dans ses affaires ? L’Euvanessa antiopa. »


Pour ne pas être en reste, j’ai raconté à Muriel que je résidais à Montbazon, une charmante localité sur les bords de l’Indre. Nous nous sommes ainsi quittées.


 
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   Selenim   
26/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte léger, en quête d'une ambiance sépia, mais qui pèche par une écriture trop terre à terre.


Cette rue de Montbazon m'a parfois fait penser à un décor de film de JP Jeunet. Une atmosphère surannée mais vivante. Il y a entre ces briques un bazar hétéroclite qui sonne comme un concert de casseroles. Une vision jaunie d'une enfance pas si éloignée.

Malheureusement, pour rendre cette atmosphère palpable, l'auteure s'emmêle dans un style assez pesant qui ne dévoile des charmes que trop rarement. L'écriture est direct, souvent agréable à lire. Mais elle ne s'envole jamais pour donner vie à tout ce bric à brac. La grosse lacune que j'ai relevé concerne l'emploi à outrance des énumérations. Au lieu de décrire une action ou un objet, voire un personnage, la narratrice choisit de d'empiler des mots vaguement synonymes.

Monsieur Desmarais possédait le physique d’un rêveur, d’un chercheur, d’un personnage un peu lunaire.
les femmes se chargeaient de la clientèle, de la comptabilité, des commandes
Il remplit le stylo d’une matière innommable, indescriptible, malodorante
d’un stylo de pacotille, à bout de souffle, inutilisable, non rechargeable, dont la plume grinçante, écartelée, écrasait les pattes de mouches et les jolies calligraphies.
Il remplit le stylo d’une matière innommable, indescriptible, malodorante
ces petits pains dorés, longs, minces et croustillants.


Le procédé n'est pas mauvais s'il est utilisé avec parcimonie, ce qui n'est pas le cas dans ce récit. Il s'en dégage une sensation d'accumulation alors que le texte aspire à s'élever.

Il y a même un chapitre spécialement dédié à cette technique :

L’atelier du père de Muriel ressemblait à un véritable capharnaüm. [...]tête de chouette en Colombie.

Je suis déçu car cette univers là me plait. J'aime ces fragrances poussiéreuses, ces personnages pittoresques qui subliment les anecdotes, ces espaces confinés où chaque objet a son histoire. Dommage que la forme ne suive pas et que l'auteure ne se soit pas donné les moyens de son ambition.

Pour clore, quelques phrases à revoir.


Sa mère était décédée relativement peu de temps après l’accouchement.

Lourd. Tous ces « en » pèsent une tonne

La bigamie, en quelque sorte, de ce savant homme, gérant plutôt bien que mal les complications inhérentes à cette situation, était un secret de Polichinelle.
Un jeudi, monsieur Desmarais sortit malicieusement, d’une poche de sa blouse grise, un somptueux stylo à encre.


Construction inutilement compliquée. Plutôt plusieurs phrases courtes.

Selenim

   brabant   
26/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Automnale,

C'est toujours un plaisir de se retrouver et de se promener en ta compagnie dans les allées tendrement surannées de l'enfance. Ces rues, ces commerces, ces odeurs trop appétissantes ou trop repoussantes (odeurs puissance 10!), ces résidents pittoresques, je les ai connus; j'ai eu pour camarades ces enfants avec qui j'ai partagé ces jeux, jeux permis et jeux interdits, toujours innocents et maladroits. Le charme de l'authenticité baigne le parcours auquel tu nous convies, et si ce parcours est un univers commun, il possède aussi les attraits de ton univers spécifique, ta mythologie à toi : les pianos à bretelles, les oiseaux dans toute leur diversité, les boîtes à musique, les papillons. Moi, c'est "Pô!d'lapins!Pô!" que j'ai retrouvé, et l'odeur si caractéristique du cuir neuf car mon grand-père était cordonnier à domicile... et à demeure. Des originaux, je pense que tout le monde en a côtoyé; toi, celui qui traversait la rue pour gagner sa résidence de vacances, résidence secondaire, déjà ! Moi, un soldat d'Indochine qui dormait dans la paille des hangars et que l'on appelait Tonkin.
Nous en avons connu bien d'autres, de ces originaux fabuleux !

Tout cela a un peu des allures de "Faubourg 39" et de "Goupi mains rouges". Merci pour ce joli, cet agréable moment de nostalgie.

   Anonyme   
26/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Jolie description de souvenirs d'une enfance enracinée dans les lieux où on l'a vécue.

J'ai été portée par les mots de cette belle et courte histoire...courte en terme de ligne, car elle couvre en fait une large partie de la vie des personnages ce qui donne une impression de temps qui fuit. Ce serait d'ailleurs une de mes seules remarques : Laisse nous un peu plus de temps, Automnale, pour nous imprégner de l'ambiance qui agite la vie des enfants de Montbazon. Pour connaître mieux Muriel et sa vie qui a si mal commencé. Cela va trop vite, on voudrait rester encore un peu avec eux afin d'être beaucoup plus ému quand ils se séparent et que l'enfance prend fin.

Autre chose aussi: La fin me semble un peu trop abrupt, j'aime beaucoup l'idée que la narratrice vive à Montbazon désormais mais cela tombe un peu sèchement à mon goût. Voilà.

Pour le reste, j'ai apprécié cette lecture légère et profonde à la fois. Une belle écriture.

Merci.

   florilange   
26/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
D'accord avec les remarques de selenim sur le style qui pourrait, parfois, être + simple. Toutefois cette nouvelle n'est quand même pas mal écrite, il s'en faut de beaucoup.
Son principal mérite est de nous restituer 1 ambiance, celle de la jeunesse envolée. Et là, c'est réussi. Pour moi, il manque les ménagères tapant leurs tapis étendus sur des fils & le bonhomme passant 1 fois par an pour éventrer les matelas, les aérer puis ajouter de la laine. Entre autres. En +, c'est tout en douceur.
Merci de cette lecture,
Florilange.

   Meleagre   
27/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette nouvelle pose un décor remarquable, fourmillant de souvenirs nostalgiques, un capharnaum plein d'un braic à brac surranné. Ces surprises font rêver le lecteur, qui prend plaisir à voyager dans cet univers. J'aime beaucoup la description (6e paragraphe) de ce "capharnaüm", propice à ces anecdotes croustillantes, et à ces personnages haut en couleur (comme l'écrivain qui prend ses quartiers d'été de l'autre côté de la rue).
Mais j'aurais attendu que ces différentes anecdotes savoureuses laissent la place à une histoire marquante, qui lie et fédère ces différentes traces narratives, qui introduise une cohérence dans cette diversité. La fin de l'histoire, avec le retour de la narratrice dans la rue de Montbazon, laisse un léger sentiment d'inachevé ; les nouvelles des différents personnages ne sont pas assez mises en valeur, et devraient être traitées avec plus d'émotions, de sentiments.
Le style est parfois trop descriptif, un peu trop simple. Cela dit, il y a quelques expressions assez heureuses, comme la rime en -on dans l'antépénultième paragraphe : "nous quittâmes la rue de Montbazon, la magie des bulles de savon, la farandole des ballons, pour d’autres horizons".
Un texte intéressant, riche, dans un décor mystérieux et attachant, mais certains passages sont sans doute à retravailler.
Merci Automnale.

   jaimme   
28/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Automnale,
j'ai eu un peu de mal à entrer dans la nouvelle, et puis je me suis aisément laissé porter. Il manque, je trouve, une accroche plus percutante. Au delà j'ai de plus en plus aimé, au fil de ma lecture, cette ambiance passée qui mêle histoire du quotidien, anecdote et relations tristes des adultes. J'aime ton écriture, ton style qui s'adapte très bien à la période. Je trouve un peu exagéré l'existence dans la même rue de ces commerçants atypiques; mais pourquoi pas, la réalité réserve tant de surprises.
Moi la fin ne m'a pas gêné. La nouvelle est courte, ce n'est pas une description complète, c'est un choix de certains moments de vie. Elle est riche et cela me suffit.
Ah oui, un détail: c'est possible de porter un tournevis sur son oreille? Des oreilles très grandes alors, ou un tout petit tournevis...
Au total c'est surtout le début qui est trop fade qui m'a gêné, tout le reste m'a plu.
Merci Automnale.

   Anonyme   
5/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

j'ai bien aimé ce récit rempli de personnages hauts en couleur. J'y ai retrouvé l'atmosphère poétique et un peu décalée des films de Jeunet. On peut regretter qu'il n'y ait pas vraiment d'histoire, mais juste une succession d'anecdotes et une galerie de portraits, mais le tout reste très sympathique, avec un fraîcheur surannée très agréable.
On retrouve la marchande de peaux de lapins et l'envoûtement pour les oiseaux, j'ai cru un instant qu'on allait retrouver l'héroïne de l'ara bleu, mais non...
Bonne continuation.

   Bellaeva   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
belle histoire un peu surannée ..
Tout ceci paraît si loin car la vie va si vite ..La vie d'une rue il y a quelques années avec tous ses petits évènements quotidiens, il y a comme des odeurs de nostalgie ....des moments bien décrits, on s'y croirait ...L'écriture corresponds bien au contexte...tout est sa place même la blouse grise de monsieur Desmarais...
Je regrette juste que cela soit la succession d'anecdotes et qu'il n'y ait pas plus de force dans la relation avec Muriel, même leurs retrouvailles restent un peu plates ...la chute aurait peut être pu davantage montrée une rupture qu'une continuité ....
Mais bien la rue de Montbazon qui mène à la ville de Montbazon .....

   Anonyme   
26/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir
j'ai beaucoup aimé votre nouvelle qui raconte une jolie histoire sans effet de manche, simple, vivante.
Avec la petite pirouette géographique de la fin.
Un beau et pittoresque souvenir que je vous remercie d'avoir partagé, surtout s'il est personnel.

Corbivan

   carbona   
1/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

Un texte plein de douceur, bien agréable à lire et qui n'est pas sans me rappeler l'ambiance du film "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain". Vous avez su créer une ambiance et surtout un décor. Bravo.

J'ai eu plaisir à suivre ce récit jusqu'aux passages que je cite ci-dessous qui m'ont paru être de trop. Mon attention a commencé à faiblir. La même histoire légèrement raccourcie m'aurait davantage convenu pour ne pas tomber dans un rythme trop lent qui m'a fait perdre l'intérêt que j'avais pour cette nouvelle.

"Dans le fond de la cour, à l’ombre de noyers centenaires, monsieur et madame Longuet dirigeaient une fabrique de chaussures exhalant d’agréables senteurs de cuir neuf. Parfois, madame Longuet m’emmenait dans sa maison. Et là, cérémonieusement, sur la pointe des pieds, elle allait chercher, dans un mystérieux placard, une boîte de longuets, ces petits pains dorés, longs, minces et croustillants. Déjà, par crainte du ridicule, je n’osais poser la moindre question. Et pourtant ! Comment était-ce possible que madame Longuet puisse m’offrir précisément des longuets ?


Ces gens charmants avaient trois fils aux yeux de noisettes très sauvages. Dès qu’il me voyait, le cadet devenait hilare. Tel était le signe indicateur de l’intérêt que me portait mon premier soupirant. Naturellement, je passe sous silence l’idée saugrenue de Muriel qui, un après-midi brumeux, voulut m’initier à des jeux interdits dont la règle consistait à se déshabiller, puis à s’embrasser. Ma prestation fut tellement lamentable que mon amie haussa les épaules. Dans ce domaine, elle ne put rien obtenir de moi. "

Merci pour ce texte.

   Alice   
15/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voici arrivée une auteure ingrate parmi les commentateurs.

J'ai lu cette nouvelle trois fois. Sans effort, ce qui est déjà un signe qui ne trompe pas dans mon cas. Il y a eu quelques fausses notes mais je ne tiens même pas à les relever, tant, combinées au reste, elles ne font que donner la touche d'amertume nécessaire pour que le reste du plat soit succulent.

Ce reste, c'est des petites (comment vous dites, déjà ? Pépites !), des petites pépites qui donnent tout son sens à ce texte sans prétention, écrit, me semble-t-il, à la fois dans la douceur et dans la fermeté ; fermeté de la réalité, douceur de son acceptation :

"Il remplit le stylo d’une matière innommable, indescriptible, malodorante, le fit briller de tous ses feux et alla le placer, bien en évidence, sur le trottoir, juste devant la vitrine du magasin" (le rire est à la fois honnête et admiratif ici)

"Du premier janvier au trente et un décembre, il était vêtu d’une longue blouse grise" : Illustration toute simple de comment on peut changer une déclaration littérairement banale (il s'habille à l'année longue de telle ou telle manière) en une danse écrite particulièrement agréable à l’œil.

"Il n’allait pas très loin. Propriétaire d’un autre appartement, au trente-sept, il lui suffisait, pour arriver à sa villégiature, de traverser la rue" : C'est comme ça que j'imagine mes vacances de rêve :P Si bien exprimé, sans prétention et sans éclat, mais avec toute la place que ça méritait dans le texte et dans l'âme.

"Ces gens charmants avaient trois fils aux yeux de noisettes très sauvages. Dès qu’il me voyait, le cadet devenait hilare. Tel était le signe indicateur de l’intérêt que me portait mon premier soupirant" Passage magnifique s'il en est un, qui combine à merveille poésie et translucidité.

La prestation "si lamentable" du personnage aux jeux de l'amour avant temps, avant sens pour ainsi dire, des deux amies. Tellement tendre et vrai en si peu de mots.

Automnale, Automnale au si beau pseudo et aux si gratifiants compliments, Automnale avec qui la poésie n'a jamais la prétention de dire quoi que ce soit de plus que ce qu'elle peut dire, d'aucuns verront dans ce commentaire élogieux une marque de copinage entre auteurs, ; moi je ne vois dans le fait de laisser ce commentaire que ce que c'est : une intense admiration pour une plume qui est en accord avec la résonance de tant de choses en moi que je ne saurais qu'être doublement honorée de votre avis sur mes textes.
Sans penser, en me contentant de ressentir, j'aimerais vous dédier un immense merci.

À bientôt,

Alice


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