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Fantastique/Merveilleux
Bellaeva : La plage désertée
 Publié le 17/09/10  -  15 commentaires  -  7926 caractères  -  144 lectures    Autres textes du même auteur

Un brin de fantaisie dans la réalité.


La plage désertée


C’est le grand appel du soir sur la belle plage bretonne, les parents s’irritent de ne pas être entendus par leur progéniture. Une fillette, la fesse rebondie sous les volants du maillot, le petit ventre proéminent et décidé, court vers les vagues. Le père la rattrape et la projette dans les airs. Son hurlement de dépit déferle en hoquets de rire éclatant. Des enfants s’accrochent à leur château de sable, la mer doit tenir sa promesse : le laper d’un coup de langue gourmand. Tandis qu’un adolescent de la génération « bof », écouteurs plaqués sur les oreilles, « textote » furieusement sur son mobile, ses pas butent dans le sillage de ses parents. Restent des jeunes joueurs de volley. Ils se donnent à fond, se jettent sur le sol pour ne pas perdre la balle. Leur ferveur se décuple près d’une jolie naïade, les corps luisent et se frôlent avec sensualité dans le soleil descendant.


J’aime cette plage. J’y ai vu grandir mes cinq enfants.


Toutes ces familles, dans l’ombre du soir, jouent dans un vieux film en noir et blanc. Tous ces enfants sont les miens, je reconnais les gestes, les attitudes. La jeunesse est de toute éternité. Avec ardeur, mes gamins ont pratiqué les jeux de plage. Les bouées ont grossi, sont devenues canoës. Des embarcations, plus grandes et sophistiquées, les ont emportés désormais loin de moi. Leur vie à faire, bien sûr, normal.


Mon paréo vole sur mes mollets bronzés. Tiens, je n’avais pas remarqué qu’ils avaient autant forci. Non pas par la musculation, mais par les années. Les années qui sculptent votre corps à votre insu sans en avoir l’air. Les années qui passent, font tant de choses de vous, sans en avoir l’air. Je suis seule. Ça aussi, je ne l’ai pas vu venir : cette solitude. Toujours aux quatre coins du monde, mon mari vaque à ses occupations. Leur départ n’a pas laissé de creux dans son quotidien. Pour moi, ce vide est vertigineux. J’ai construit ma vie autour d’eux, comme l’eau autour des rochers. Ils ont été mes rochers. J’ai glissé mes centres d’intérêts dans les étroits interstices. Que de renoncements à de beaux projets : un emploi prometteur mais trop mobile, une passion pour le théâtre qui me monopolisait les week-ends. J’ai été mer agitée, je ne suis plus qu’un lac paisible en l’absence de récifs. Je ne regrette rien. Je me suis aimée mère. Mais là, je suis qui, je fais quoi ?


Les derniers cris de résistance s’estompent dans le piaillement des mouettes. Des parents annoncent : pizzas pour le menu du soir ; le choix du dessert se noie dans le ressac. Tant mieux. Cette vie n’est plus ma vie. Ils m’agaceraient presque tous ces gens avec leur marmaille. J’observe des grands-parents qui ont hérité de leurs petits-enfants pour l’été. Ils les maîtrisent mal, ils n’ont pas cette grâce des jeunes parents et s’affolent pour un rien. Grand-mère, voilà un emploi tout trouvé ! Je repense à mon amie Martine. Seule, elle a élevé sa fille. Combien de fois m’a-t-elle répété qu’elle ne se sentait pas mère, qu’elle préférait les sorties entre copains que de biberonner à la maison. Sa fille l’impatientait, elle ne grandissait pas assez vite. Aujourd’hui, le visage épanoui et ravi, elle est intarissable lorsqu’elle parle de son petit-fils. Jamais, elle n’a été aussi heureuse. Il paraît que les petits-enfants c’est tout le bon des enfants sans les inconvénients. Les nuits sans sommeil, les difficultés scolaires, les colères adolescentes peuvent être éreintantes. Mais accompagner son enfant au fil des jours pour lui permettre de devenir un adulte accompli, c’est inestimable ! Un second rôle ne m’intéresse pas.


Dans mon dos, les chemins sillonnent la pente, les familles s’en échappent vers les parkings. Du temps de mes enfants, quelque soit leur âge, nous étions partis dans les premiers, j’avais toujours du travail à faire. Au début, je donnais le bain aux petits après avoir chassé le sable à coups de jet de leur peau douce et duveteuse. Ces dernières années, je préparais des dîners gargantuesques pour mes grands qui se doublaient d’alter ego, sans compter parfois les parents de ceux-ci. Il fallait bien organiser les mariages. Maintenant, plus personne n’a besoin de moi.


Comme un gri-gri, une perle de quartz roule entre mes doigts. Mon regard se perd dans l’argenté des rayons de soleil couchés sur la mer. Sans se lasser les vagues nettoient le sol et laissent un sable vierge du début du monde. Par moment, le vent le transforme en griffe qui me gifle. Il me siffle de me réveiller. Les statistiques le clament : il me reste au moins 30 ans à vivre ! Que vais-je faire de ma vie ? Une terra incognita grise s’ouvre devant moi… Mon regard inquiet se noie dans l’horizon. Le vide, le noir, l’ennui. La plage est désertée. Je me sens lourde, sans énergie. Me voilà échouée tel ce mammifère marin qui vient mourir sur les côtes du bout du monde.


Tiens, un cocker échappé, c’est la première fois que j’en vois un ici ! Les chiens sont interdits. Pas de caca dans les pâtés de sable ! Ses poils alourdis, il court après les mouettes, elles se rient de lui et s’élèvent à peine sur son passage tonitruant. M’apercevant, seule occupante de la plage, il fonce sur moi. Il me renifle et se détourne vers ses premiers jeux. Pas drôle celle-ci, elle ne s’envole pas !


Une mouette marche vers moi, j’évite de bouger. Nous nous détaillons mutuellement avec intérêt. Les ailes grises et le ventre blanc immaculé de ces oiseaux de mer me sont familiers. Je découvre la queue noire et blanche mais surtout je reste fascinée par le rouge vif des pattes et du bec. La mouette trace un cercle autour de moi sans me quitter des yeux. Puis, elle finit par s’éloigner vers la mer.


Trois pêcheurs arrivent. L’un d’entre eux parvient à me faire sourire, il a un grand bob bleu, un tout petit seau Mickey rose fluo, et une immense canne à pêche. On dirait Jacques Tati à la plage !


Des sternes survolent la mer avec frénésie. J’admire leur chute en piqué. Ils sont tout en pointes du bec et des ailes et se transforment en boulets de canon pour percer l’eau verte. Fiers, ils ressortent dans une gerbe d’eau bleutée. À mon grand étonnement, une escadrille de sternes, becs en trompette, se mettent en rang et tels des avions de chasse volent en parallèles. Soudain, ils se séparent en boucle et après de parfaits loopings, ils plongent dans la mer. Ai-je rêvé ? Je me frotte les yeux. Je les ouvre, ébahie, sur un feu d’artifice : les oiseaux jaillissent de l’eau avec des traînes de toutes les couleurs. Elles se diluent dans l’air et se courbent en un arc-en-ciel irisé.


Une véritable hallucination. Je suis restée trop longtemps au soleil. Je me lève péniblement pour rentrer. Surprise, je découvre derrière moi une jeune femme blonde. Elle peint, une planche posée sur ses genoux, une palette à ses pieds avec un gobelet d’eau. En passant près d’elle, quelle stupéfaction de constater qu’elle n’est pas jeune du tout ! Les cheveux blonds sont blancs. Je la salue tandis que mon œil s’égare sur sa peinture. Je me fige. Éblouie par l’explosion de couleurs, mes yeux se rivent à la toile. Cela représente bien la plage. Mais le moindre galet rose se compose d’un mélange infini de coloris, que dire du sable, il fourmille de pointes de jaune et d’argent, de filaments blancs et or, de veloutés ocre et fauve, de blondeur soyeuse… et la mer… indescriptible, tant de nuances de vert, de bleu, de violine s’entremêlent.


- C’est magnifique !

- Ce ne sont que les couleurs de la vie, il suffit de bien regarder, dit la femme qui darde sur moi un sourire lumineux et entendu.


Je me sens bien subitement, légère en gravissant mon sentier. La phrase de la peintre danse un flamenco dans ma tête. Je me retourne, je la cherche pleine de gratitude. Elle n’est plus là. Désemparée quelques secondes, je fouille la plage sans succès. Avec insouciance, je hausse les épaules. Mon regard confiant s’appuie sur la ligne d’horizon.


 
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   jaimme   
4/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Oui, la vie est belle! Il suffit de voir sa richesse, d'y créer sa magie.
Belle aussi cette nouvelle. Le personnage est vivant, l'écriture le porte et la poésie est juste là, au détour de ces phrases.
Voila ce que j'ai lu à travers ces mots qui semblent si simples. Qui semblent, seulement, si simples.
Merci pour cette nouvelle qui vient en contrepoint d'une autre que j'ai lu récemment et qui partant du même âge arrivait à une conclusion diamétralement opposée. Celle-ci est en harmonie avec ce que je pense.
Merci!

   Anonyme   
5/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Joli thème ! Très joli. Qui respire la sincérité comme on respire l'air marin de Bretagne.
C'est avec un vrai plaisir que je me suis promenée en compagnie de cette personne qui "s'est aimée mère". Les images qu'elle décrivait montaient à mes yeux sans effort, vraiment. Seulement, découvrant ses états d'âme, ma compagne de promenade m'a agacée : elle dit aimé cette plage, pourquoi cette lassitude ? Ne voit-elle pas comme tout est beau autour d'elle ? Et puis la fin...et j'ai été comblée.

Juste une chose, peut-être.
Parce que cette histoire m'a plu, je vais me permettre d'être difficile : J'aurais aimé parfois un peu plus de douceur dans les mots, entendre davantage le bruit des vagues. Voilà.

Merci pour la balade !

   Marite   
10/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un régal que cette lecture! Pas un mot ne m'a échappé, tous parfaitement ajustés pour nous décrire une réalité avec juste ce qui convient de nostalgie et surtout à la fin une bouffée de merveilleux et d'optimisme. Merci à l'auteur pour cette agréable moment et pour les images déroulées sous nos yeux.

   Mistinguette   
11/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très belle écriture qui m’a transportée sur une plage bretonne. J’ai même entendu le bruit des vagues.
Une femme entre deux âges nostalgique de son passé, ça pourrait être très ennuyeux ; ici, j’ai trouvé que c’était tout le contraire : une symphonie de mots parfaitement orchestrée.
Bien-sûr, il n’y a pas vraiment d’histoire, mais c’est tellement bien raconté qu’au fond, ça n’a aucune importance.

J’ai beaucoup aimé ces deux phrases : « Les années qui sculptent votre corps à votre insu sans en avoir l’air. Les années qui passent, font tant de choses de vous, sans en avoir l’air. »
J’ai souri à celle-ci : « Tandis qu’un adolescent de la génération « bof », écouteurs plaqués sur les oreilles, « textote » furieusement sur son mobile… »
« Textoter », un verbe qui sera peut-être un jour dans le dictionnaire…

En résumé, un texte pour moi poétique et très beau ; peut-être réservé à un lectorat féminin, ce sera le seul minuscule bémol.
Merci à l’auteur pour cette délicieuse lecture.

   widjet   
17/9/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte mélancolique (et même assez sombre) à la lisière du fantastique dans son final (qui m'a rappelé, je ne sais pourquoi "Sous le sable" le joli film de Ozon), une écriture "couçi couça" (de belles trouvailles "La jeunesse est de toute éternité", "Je me suis aimée mère." et d'autres beaucoup moins mélodieuses "je fouille la plage", "J’observe des grands-parents qui ont hérité de leurs petits-enfants","Ils se donnent à fond, " et quelques répétitions, trop de "!"..). Le sujet qui interpelle forcément (bcp de femmes ont du se reconnaitre dans ce portrait), mais d'un défaitisme absolu (alors qu'il y a tant à faire une fois les enfants partis). Une anti-héroïne touchante (elle a quelque chose d'adolescent, son sens de l'émerveillement semble encore présent), une femme que je comprend d'une certaine façon mais qui visiblement a oublié d'être aussi femme et qui, je ne peux m'empêcher de le penser, est en partie responsable de ce qui lui arrive à cause notamment de son dévouement exclusif (on va pas tout mettre sur le dos des hommes qui bossent trop et négligent leur épouse hein, ce serait trop facile!). Eh oui, ma brave dame, les enfants sont par nature ingrats alors moralité : à trop se polariser sur ses bambins, on finit par s'oublier (et oublier l'autre).

En dépit de quelques facilités (le rôle des grands parents) le récit dit des choses simples certes, mais toujours actuelles. Enfin, une certaine douceur et poésie se dégage de ce texte (la mer y tient un rôle, le parralèle mère/mer n'est pas des plus fins, mais ce n'est pas génant).

Sincère, donc mais pas toujours convaincant dans la forme

W

   florilange   
17/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bien aimé cette nouvelle rappelant les plages de Bretagne, l'été, la progéniture qui s'amuse, tandis que la mère pourvoit à tout, etc.
Ces souvenirs doux-amers sont bien exprimés et l'on espère que sa rencontre avec la femme peintre lui aura fait comprendre certaines choses, dont le fait que la vie ne finit pas au départ des enfants.
Texte agréable à lire, bien écrit. Sauf un petit point : me semble qu'on dit une (et non un) sterne?
Merci de cette lecture.

   Jagger   
18/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Comment écrire un beau texte en partant d'une histoire simple.

Je suis probablement à l'opposé du personnage principal et de ses préoccupations, malgré tout, le texte me parle et me touche.

L'atmosphère de la plage est bien rendue, on sent presque l'air marin.

L'idée développée à l'aide de la peintre, que notre vision du monde est ce que nous en faisons, est très pertinente.

Le tout parait, malgré tout, un peu déprimant et certaines réflexions sont un peu trop noir à mon goût. Espérons qu'elle se reprennent en main.

Merci

   doianM   
18/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un beau moment avec, en profondeur, tout un passé.

Présent, passé, nostalgie.

Un beau moment passé en votre compagnie.

   CSN   
20/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Il y a un bon niveau de vocabulaire c'est certain, diversifié et recherché parfois. J'ai beaucoup aimé les descriptions.

Ce texte donne une impression de maturité au moins au début, je ressens en le lisant comme de la nostalgie heureuse. La suite l'est bien moins et cela s'oppose un peu trop franchement, j'ai du mal à voir une cohérence dans le tout alors que le texte n'est pas si long.

Je dirais que ce qu'il manque au style c'est une certaine mélodie dans la lecture. J'entends par là que l'auteur alterne des phrases courtes/rapides/simples avec des phrases plutôt longues et élaborées, sans raison évidente par rapport au récit. Parfois ça casse le rythme.

La tournure finale m'a un peu déçu. J'aurais préféré un tableau plus complet de la plage et de ce(ux) qui s'y trouve(nt) plutôt qu'une chute fantastique qui, à mon goût, gâche le reste.

J'aurais mis un + pour les belles phrases, j'aurais pu mettre un - pour le manque de cohérence du tout. Je vais donc rester neutre =)

   Anonyme   
23/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai lapé ce texte "d'un coup de langue gourmand". Le récit a coulé aussi facilement que le sable entre mes doigts. Et la vie, malaxée par le sac et le ressac, revient sur le rivage en éclats dépolis. Mais en étant plus attentif, comme le dit si bien l'auteur : "Ce ne sont que les couleurs de la vie, il suffit de bien regarder".

Un beau texte, vraiment.

   Bidis   
25/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je trouve que ce texte écrit de façon aérienne, délicate, subtile, se révèle plein d’atmosphère. Cependant j’y ai regretté plusieurs petites choses :

- « Que de renoncements à de beaux projets : un emploi prometteur mais trop mobile, une passion pour le théâtre qui me monopolisait les week-ends. »
Avant et après cette phrase, le texte baigne dans une sorte de vague et de nostalgie.
Ces précisions soudaines m’ont un peu dérangée.

- « Sa fille l’impatientait, elle ne grandissait pas assez vite. Aujourd’hui, le visage épanoui et ravi. »
Même remarque. Evoquer Martine ne m’a pas gênée. Mais ajouter dans la foulée un second personnage (la fille de Martine) cela devient un peu lourd. D’autant que ces deux personnages n’interviendront plus dans ce court récit. Je trouve qu’il y a à la fois carence et pléthore de précisions, ce qui nuit au climat du texte, par ailleurs, je l’ai dit, fort bien rendu.

- « Pas de caca » : Heu... Dans un texte si élégant, j’aurais préféré le mot moins commun d’« excrément ».

- « Les ailes grises et le ventre blanc immaculé de ces oiseaux de mer me sont familiers. »
Il a été dit au début du texte « J’aime cette plage. J’y ai vu grandir mes cinq enfants. » Donc, on sait que le spectacle qui s’y déroule est familier au personnage. Ici, ce qui importe dans le texte, c’est de magnifier ce spectacle, son atmosphère — les détails du tableau.
Les sentiments du personnage sont relativement secondaires dans ce récit parce que ce personnage est plus évoqué que campé dans sa personnalité, sa profondeur et son histoire. Donc, je n’aurais pas écrit « me sont familiers » mais j’aurais parlé davantage des oiseaux de mer.

- Même remarque pour :
« J’admire etc. »
« À mon grand étonnement »
« ... ébahie, etc »

- « Avec insouciance, je hausse les épaules »
Le haussement d’épaule suffit pour marquer l’insouciance.

- « Ce ne sont que les couleurs de la vie, il suffit de bien regarder, dit la femme qui darde sur moi un sourire lumineux et entendu »
Je trouve l’idée fort bonne mais pas tellement bien exprimée. J’aurais peut-être préféré : « Regardez bien, regardez mieux : ce ne sont là que les couleurs de la vie », ce serait dit différemment mais ce ne serait pas plus percutant. C’est dommage car la remarque du peintre dans le récit en est aussi l’élément déclencheur de la chute...

Après la lecture, on garde quelque chose dans l’esprit, une impression, sans pouvoir dire au juste ni pourquoi ni comment. Je trouve cela rare, j’envie et j’adore.
Mais il y a toutes ces petites choses qui m’ont chiffonnée...

   Anonyme   
24/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Je me suis laissée emportée par ce doux récit. Je me suis un peu reconnue (un peu car mes enfants sont encore jeunes) dans la narratrice, "J’ai glissé mes centres d’intérêts dans les étroits interstices. " Et puis surtout, j'ai bien aimé les descriptions des oiseaux :-)

J'ai moins bien aimé la fin. Tout "coule" bien, tout sonne juste et vrai, jusqu'à ce passage de fantastique où j'ai décroché.
La fin, trop gentille, m'a laissée sur ma faim. J'aurais cru que le chien allait nous conduire droit vers... une fin plus surprenante.

Globalement, j'ai apprécié la description d'une plage où je ne suis pas encore allée mais que j'ai visité virtuellement grâce à votre histoire. Merci pour ce voyage.

   emi   
5/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La narratrice seule sur la plage, se rappelle les vacances en famille, prend conscience de son âge, de sa solitude.
L'écriture est fluide, simple. Une broutille m'a gêné :
«... la femme qui darde sur moi un regard lumineux »
J'ai aimé particulièrement l'art de dessiner la silhouette d'une fillette :
« Une fillette, la fesse rebondie sous les volants du maillot, le petit ventre proéminent et décidé...» Un vrai bijou, cette phrase.
La fin optimiste me convient très bien.

   Flupke   
10/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Bellaeva,

Cette plage désertée m'a agréablement "transporté". La structure comparative est vraiment bien exploitée.

"Les bouées ont grossi, sont devenues canoës. Des embarcations, plus grandes et sophistiquées, les ont emportés désormais loin de moi." Cette double phrase est délicieusement bancale, car on imagine les bouées de la plage réelle et l'on est transporté dans un autre univers symbolique. La transition se fait en douceur, du début à la fin de la phrase on n'est plus dans le même registre, le même univers. Vraiment magique.

Leur départ n’a pas laissé de creux LEUR se réfère à quoi ? Aux enfants du paragraphe plus haut ? Bonjour le grand écart. Pas trop fan de cette gymnastique (à peine remis d'une tendinite aux adducteurs :-)

Ce texte est vraiment magique mais en plus tellement réaliste sur le plan psychologique. Un agréable parfum de poésie.

Bravo.

Amicalement,

Flupke

   Anonyme   
21/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Belle évocation du moment charnière de la vie ou se ferme le temps des enfants et son lot joies et de regrets. La nouvelle « Terra incognita » semble « grise » à moins de voir autrement, à la manière d’un peintre, les couleurs du monde.


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