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Sentimental/Romanesque
Bellaeva : La taupe et l’oiseau migrateur [concours]
 Publié le 20/02/12  -  10 commentaires  -  25638 caractères  -  106 lectures    Autres textes du même auteur

Une rencontre improbable…


La taupe et l’oiseau migrateur [concours]


Ce texte est une participation au concours n°13 : L'amour, c'est mieux à deux ! (informations sur ce concours).


Le co-auteur de ce texte est Jagger.



– Écoute, vieux, je dois vraiment y aller maintenant. À plus tard !


Le combiné retombe sur son socle. Baptiste attache les lacets de ses chaussures à peine enfilées. Olivier est un ami dévoué mais il ne comprend pas que certains doivent jongler avec un emploi du temps très serré. Il mord dans sa tartine laissée sur la table, court à la cuisine pour boire son café d'une traite, empoigne sa sacoche, enjambe les cartons et sort précipitamment de son appartement.


« Il faudra vraiment que je déballe ces affaires, voilà deux mois qu'elles traînent. » À chaque retour de voyage, c'est la même rengaine ; une heure pour empaqueter et plusieurs jours pour ranger. Entre deux départs, il pourrait tout aussi bien laisser ça ainsi. En quelques semaines, il est passé de l'Asie à l'Amérique du Sud pour échouer en Afrique. Toujours dans des coins reculés où le moindre kilogramme de bagage en trop se rappelle à vous et où une paire de chaussettes propres suffit à votre bonheur.


Pour l'heure, sa préoccupation est de rattraper son retard. Tout en descendant l'escalier quatre à quatre, il se repasse dans la tête les conclusions de son voyage à soumettre au comité décisionnaire. C'est ce que l'on attend de lui aujourd'hui, convaincre la fondation que la province du Nyanga, au Gabon, est idéale pour le futur projet, si sensible, de développement durable.


Arrivé dans la rue, il bifurque rapidement sur la droite et prend la direction de la station de Vélib' la plus proche. Il enfourche l'engin et s'engouffre dans le trafic non sans déclencher quelques protestations de klaxons.


À cette heure, les artères de Paris sont obstruées par une déferlante de voitures et de camions surexcités. Même avec un petit deux-roues, il est difficile de se créer un passage dans ce carnaval de fer et d'acier chromé. Mais il en faut plus pour arrêter Baptiste. Il a survécu à New Dehli en scooter, il peut se tirer de là, aussi !


Il aperçoit un peu plus loin l'entrée d'une ruelle dégagée. Elle lui éviterait un détour conséquent pour autant qu'il en ignore le sens interdit. En Inde, ce n'est pas un problème ! Il suffit de se montrer plus rapide que les voitures d'en face. Reste à appliquer ces préceptes à Paris.


Deux coups de pédale et le voilà sur le trottoir, se ruant vers l'échappatoire providentielle. À peine passé le panneau rouge barré de blanc, il doit contourner une mamie et son chien. L'obstacle franchi, il peut rouler normalement. « Ne pas oublier de préciser les enjeux humanitaires et les débouchés possibles… » « Une superbe vitrine pour notre fondation et l'assurance d'un nouvel… » Il dévale la rue pentue, il prend appui sur les pédales et se redresse de toute sa hauteur pour en apercevoir le bout. « La garantie d'un nouveau… Merde ! » La portière d'une des voitures parquées le long du chemin s'ouvre brusquement. Il l'esquive de justesse. Une voix rauque lui crie :


– Peux pas faire gaffe, abruti !


Continuant sa route, un coup d'œil en arrière, une main pacifique levée, Baptiste lance un « désolé » rapide. Il se retourne pour continuer son chemin. « Quel crét… »


Une petite femme brune s'engage sur le passage clouté juste devant lui. Ni une ni deux, il veut la contourner mais elle recule et lorsqu'il redresse, elle se lance en avant dans un ultime élan de survie. Le choc est inévitable, Baptiste se prépare à sa rencontre brutale avec le bitume.


+++


Quelques minutes plus tôt…


Perdue dans ses pensées, la jeune femme marche lentement sur le trottoir. Les propos désagréables de son beau-fils tournent en boucle dans sa tête. Tiraillée entre son désir de plaire à son mari et de poser de justes limites à Julien, elle ne sait plus quelle attitude adopter. Ce n'est pas la première fois qu'ils s'accrochent tous les deux. Il lui reproche depuis toujours la séparation de ses parents. Comme si elle était responsable de cela ? Puis mince, ça fait quinze ans maintenant, c'est un homme plus un enfant. Il pourrait à vingt-cinq ans oublier tout ça, aller de l'avant. Faire sa vie, tiens, cela serait une bonne idée, ça. Arrêter de squatter chez eux et de se faire servir gratis, aussi. Elle tente d'attiser un fond de colère pour chasser cette culpabilité mordante.


Au passage piéton d'une rue à sens unique, elle regarde machinalement du côté de la circulation lorsqu'elle entend un cri. Vivement, elle se retourne et voit foncer vers elle un homme à vélo. Le vent s'engouffre dans les pans de sa veste et lui donne l'air d'un grand échassier cherchant son envol. Prise de panique, elle est d'abord fascinée comme un petit animal devant les phares d'une voiture, puis elle recule. Mauvais choix. Ils se lancent tous deux dans une danse à contre-temps qui s'achève par la chute violente de l'homme sur elle, une bonne odeur d'eau de toilette, un trou noir et puis rien.


+++


– Thérèse, Thérèse…


La jeune femme, les mains dans une pâte à tarte, lève les yeux au ciel.


– Combien de fois, Julien, je t'ai répété de ne pas m'appeler ainsi ? dit-elle excédée au jeune homme qui pénètre dans la cuisine.

– C'est bien ton prénom, non ? Tu en fais des simagrées, toi !

– On m'appelle Théra car je déteste mon prénom, tout le monde le sait. Tu le fais exprès, c'est pas possible, ça.


« Tu parles d'un prénom pour une femme de ma génération ! Merci maman de m'avoir fait naître le jour de la sainte Thérèse et de n'avoir aucune imagination si ce n'est celle de lire le calendrier. »


Il hausse les épaules en ouvrant le réfrigérateur et se sert une bière.


– Et pourquoi tu m'appelles, au fait ? demande-t-elle en soufflant sur une mèche brune qui lui tombe dans les yeux.

– Mamie voudrait un thé.

– Prépare-lui son thé, toi, tu vois bien que je suis occupée.

– C'est sa demande, je te transmets, c'est tout.


Théra n'a pas le temps de répliquer qu'il a quitté la cuisine en laissant le réfrigérateur ouvert. Furieuse, les mains enfarinées, elle donne un coup d'épaule dans la porte. Son mari rentre à son tour.


– Thérèse, mamie voudrait son thé !

– Mais qu'est-ce qui te prend à toi aussi ? Tu m'appelles Thérèse ?

– Thérèse, c'est bien ton nom, non ?

– J'en ai marre de vous tous, j'en ai marre !


Une petite voix aigrelette crie.


– Thérèse, mon thé, ça vient ?


Elle envoie voler la pâte à travers la pièce en hurlant.


+++


– Thérèse Monteil, madame Thérèse Monteil, ça y est, elle revient… elle revient à elle.


Théra reprend connaissance parmi un groupe de personnes, toutes, le visage inquiet, sont penchées au-dessus d'elle.


Elle reconnaît le grand échassier qui se frotte le front d'un air soucieux, puis un homme à lunettes, la cinquantaine avec une petite mallette, un médecin sans doute, et deux femmes âgées…


– Vous nous avez fait peur madame Monteil. On attend le SAMU, il va vous emmener tous les deux à l'hôpital. Il faut vous mettre en observation, je crains que vous ayez un traumatisme crânien.


Il tient ses papiers d'identité, son sac à main est renversé par terre, le petit chien d'une vieille dame le renifle nerveusement. Soudain, elle se souvient du choc violent, du trou noir et de cette scène horrible chez elle… Elle étouffe un cri en voulant se mettre debout.


– Ouille, ma cheville…

– Laissez-moi voir ça.


Après auscultation, il annonce sentencieux :


– Eh bien, me voilà avec deux traumas crâniens et sans doute une bonne foulure.


Une sirène de SAMU se fait entendre pour ponctuer ses paroles.


+++


La sirène retentit par intermittence et amplifie le mal de tête lancinant de Théra. Elle serre les dents, maudit le conducteur et l'honore de nombreux noms d'oiseau. Comment peut-elle avoir mémorisé autant de vocabulaire dans ce domaine ? Elle, si respectueuse d'autrui, si polie.


Le grand échassier est assis dans un coin, pensif. Elle lui jette un coup d'œil, à ce moment précis, il lève un regard penaud vers elle.


– Je suis désolé, j'étais pressé… une réunion importante… et … j'ai merdé.


Elle n'écoute que des bribes de phrases et a du mal à se concentrer sur toute l'explication. Ses propres idées lui échappent et lui jouent des tours. Des pensées libres l'envahissent : « Il est plutôt joli garçon », « du charme ! »… Et surtout, surtout un assaut d'humeurs contradictoires lui coupe le souffle. Elle voit rouge et se sent débordée par un énorme courroux. Elle a une envie irrésistible de pouffer de rire. Mais cela ne lui ressemble pas du tout, ça, mais pas du tout. Elle est une jeune femme bien rangée, plutôt réservée. Mais que lui arrive-t-il ? C'est le coup sur la tête ? Son esprit enchaîne des pensées sans lien : l'accident, la scène vécue dans une demi-conscience qui résume bien en condensé sa vie familiale. Une bouffée de colère surgit à nouveau avec violence. Devant son silence, le jeune homme continue ses justifications l'air très embarrassé. Brutalement, elle lui coupe la parole.


– Vous avez fait n'importe quoi ! Remonter une rue à sens unique à une telle vitesse, c'est quoi ça ? Quelle stupidité !


Devant cette attaque inattendue de la part d'une femme abattue, il se redresse, étonné. Elle rajoute vindicative en haussant le ton :


– Vous êtes complètement immature, vous auriez pu nous tuer tous les deux. Vous vous rendez compte de ça, oui ou non ? Il faut être drôlement barjot, hein !


Le jeune homme plisse ses yeux sombres et fronce les sourcils.


– Vous pouvez rester polie quand même, hein !… Je vous dis que je suis désolé, putain ! Cela ne vous arrive jamais de vous tromper, vous ?

– Parlez moins fort et sur un autre ton, je vous prie ! Non mais ! Vous n'allez pas m'agresser, en plus ? Manquerait plus que ça…

– Non mais attendez, qui agresse l'autre, là ?


Furieux, il se tient tout droit et raide, la dominant de toute sa hauteur. Le voir ainsi, tout dressé sur ses ergots, Théra sent monter un irrésistible fou rire. Une autre partie d'elle-même est atterrée. Mais qu'y a-t-il de drôle dans cette situation ? Qu'est-ce qui lui prend ? Plus elle tente de le réprimer, plus le fou rire devient impérieux. Elle éclate de rire. Le jeune homme est interloqué.


– Vous vous moquez de moi ou quoi ? Non, mais c'est invraisemblable ! Vous êtes malade ? C'est le coup sur la tête, c'est ça ?


Se faire traiter de malade lui fait contracter une rage froide. Elle darde sur lui un regard noir assassin.


– Parlez-moi sur un autre ton. Déjà, je vous rappelle que si je suis dans cet état, c'est entièrement de votre faute.

– Pardon ? Pardon ? Mais vous vous êtes vue traverser la rue ? Vous vous êtes vue ? Si vous aviez eu un peu de réflexe, aussi ! Au lieu de reculer bêtement, vous auriez continué d'avancer, je vous aurais contournée sans problème. Mais madame donne dans la valse hésitation ! Madame ne sait pas ce qu'elle veut ! Elle avance, elle recule ! Et…


Soudain, cette remarque la frappe de plein fouet. Il vient de lui dire en pleine face le drame de sa vie. Oui c'est ça ! Elle avance, elle recule. Un pas en avant, un pas en arrière. Elle ne sait pas ce qu'elle veut. Elle en marre de sa vie, ras-le-bol, même. Sa petite vie pépère, tranquille, à l'abri de son vieux mari, gentil, casanier mais étouffant, oh oui ! Combien étouffant ! Elle en a marre d'être bien gentille, sérieuse, prévenante, attentive au bien-être de tout le monde. Le beau-fils, la belle-mère et puis quoi encore ? Mais pourquoi a-t-elle besoin d'être si gentille, aussi ? Et elle dans tout ça ? Elle ? Qui est-elle ? Que veut-elle ? Soudain, une grande tristesse la submerge. Elle se met à pleurer aussi fort qu'elle a ri quelques minutes plus tôt.


Le jeune homme, qui continuait à vider son sac, se trouve décontenancé cette fois-ci devant une femme en larmes.


+++


– Madame… Madame, s'il vous plaît !

– Un instant, monsieur.

– C'est-à-dire que j'ai une dame ici et blessée en plus. Il serait nécessaire de la faire ausculter assez vite.


La vielle réceptionniste en blouse blanche lève tout juste les yeux de sa partie de solitaire et regarde furtivement la dame en question.


– Ça ne me semble pas grave, à moi.

– Pourtant, il est urgent qu'un médecin l'ausculte, ma petite dame.

– Vraiment ? Et vous vous estimez suffisamment compétent pour affirmer cela ?

– Eh bien…

– Eh bien, mon petit monsieur, c'est que vous êtes également assez compétent pour l'ausculter vous même. SUIVANT !

– Madame, s'il v…

– Veuillez libérer le guichet, monsieur.

– Pas avant que…

– Sécurité !

– Très bien, très bien…


Baptiste retourne s'asseoir vers Théra qui se maintient encore la cheville en grimaçant de plus belle.


– Alors ?

– C'est bientôt à nous.

– Bravo, je pensais que vous pourriez au moins faire avancer les choses. Mais vous ne semblez bon qu'à rouler sur les pieds de pauvres femmes innocentes.

– Ça va, ça va, pas si innocente que ça ! Croyez-moi, si Attila avait la moitié de votre caractère, il ne resterait plus rien de la planète.

– Et si vous aviez le tiers de sa compassion, peut-être que je ne vous trouverais pas si goujat.


Baptiste a un moment de blanc. Il n'a pas l'habitude d'un tel répondant. C'est rafraîchissant et, après tout, elle est plutôt belle en colère, cette femme. Il ne renchérit pas et s'assoit à son côté dans un siège moulé.


– Et votre cheville ?

– C'est un peu tard maintenant.

– Ah j'essaie de faire des efforts, là. Il semblerait que l'on soit ici pour un bon moment, encore… Pardon, c'est vrai. J'oublie que j'ai tendance à être désagréable quand je ne suis pas à mon aise.

– Vous semblez parfaitement à l'aise.

– Je donne le change, c'est tout. Renverser quelqu'un n'est pas quelque chose que je fais tous les jours.

– J'ai du mal à le croire.

– Ça m'est bien arrivé un jour. Un vieil homme très antipathique. Rien à voir avec vous…

– Vous vous moquez ?

– J'essaie d'être supportable, en fait… Je ne suis pas très doué pour ça.


Théra tourne les yeux vers Baptiste. Il semble quelqu'un d'agréable. Les choses sont mal parties entre eux. Peut-être qu'en lui laissant une chance, il pourrait se montrer sous un meilleur jour. Elle appuie son épaule contre la sienne.


– Vous ne vous débrouillez pas si mal.


Il lui sourit. Ça fait longtemps qu'on ne lui a pas souri de la sorte. Les dents découvertes, les yeux accompagnant les lèvres. Une mimique franche et authentique. Il n'a pas encore eu d'autres expressions qu'un visage fermé et renfrogné. Il a du charme, en fait. Soudain, elle est rappelée à la réalité.


– Il faut que je passe un coup de fil à mon mari pour le prévenir, dit-elle en cherchant son mobile.


Baptiste acquiesce. Pour sa part, il a prévenu son patron tout de suite après l'accident. Il réalise qu'au fond, il n'a personne d'autre à appeler. Il n'a pas souvent le temps de se poser et d'y réfléchir, mais lorsque ça lui prend, il préfère porter sa réflexion ailleurs. Il se concentre donc sur la conversation de Théra.


– Oui, si, si c'est vrai, je te dis, je me suis fait renverser sur un passage clouté.

– …

– Bien sûr, que j'ai bien regardé avant de traverser.


Elle hausse les yeux au ciel.


– …

– Oui, j'ai peut-être un traumatisme crânien, en tout cas très mal à la tête et j'ai mal à une cheville, aussi…


Elle s'agace de sa voix de petite fille un peu larmoyante.


– …

– Aux urgences, bien sûr que je suis dans de bonnes mains, mais… cela serait bien que tu puisses venir.

– …

– Je comprends, tu ne peux pas laisser ta mère toute seule.

– …

– Oui, moi aussi, oui, je te tiens au courant.


Le visage rembruni, Théra ferme le clapet de son téléphone d'un geste sec.


– Des soucis ? demande Baptiste poliment.

– Non, tout va bien, une espèce de zèbre m'a renversée avec son vélo, mon mari qui comme toujours préfère s'occuper de sa maman, et me voilà plantée là, avec ledit zèbre…


Baptiste, d'habitude calme mais fatigué par les événements, se montre peu réceptif. Il n'a pas envie de subir les frustrations maritales de Théra.


– Ok ! On n'est pas obligés de rester ensemble si vous ne me supportez pas, hein ! lance-t-il, piqué au vif, chacun pour soi, maintenant. Les déclarations d'assurance sont faites, je vous propose que l'on ne s'adresse plus la parole, ça vous va ? J'y vais, je vais bien trouver quelqu'un pour me renseigner.


Sans attendre sa réponse, d'une ample foulée, il traverse le hall vers la porte qui indique divers bureaux. Ouvre le battant, en jetant un dernier coup d'œil noir à Théra, disparaît et un bruit mat résonne dans tout le hall. L'hôtesse d'accueil s'écrie en coinçant un gros chewing-gum dans sa joue gauche :


– Pas par là, c'est condamné ! C'est marqué sur la porte, vous ne savez pas lire ! Nom d'un chien !


Baptiste réapparaît de derrière la porte, il revient sur ses pas en se tenant la tête.


– Satané hôpital en carton-pâte. On était plus en sécurité couché sur l'asphalte, marmonne-t-il en se frottant le front, vexé d'avoir raté sa sortie.


Théra retient tant bien que mal un énorme fou rire. Baptiste, après quelques secondes de mauvaise humeur, ne peut s'empêcher de rire de son ridicule. Il revient s'asseoir auprès de la jeune femme qui le rejoint dans son amusement.


– Pardon de ne rien obtenir de cette réceptionniste. Elle est encore plus tête de mule que vous et plus désagréable que moi.


Elle sourit à son tour.


– Aidez-moi à me lever.


Baptiste, surpris, lui tend son avant-bras et elle le guide vers le guichet.


– Bonjour madame. Je crois que vous avez eu affaire à ce monsieur, il y a quelques instants.


La dame lève à peine la tête et grogne.


– Oui, il est parfois un peu insupportable et hautain. Bref, cet énergumène m'a roulé sur la cheville à vélo et je souffre atrocement depuis. Vous comprendrez que moins je passe de temps à attendre ici avec lui, mieux je me porte. Pouvez-vous m'aider à me sortir de là, ma chère madame ?


L'hôtesse soupire.


– Je peux comprendre, oui, dit-elle en jetant un regard peu aimable à Baptiste, je vais voir ce que je peux faire. Vous pouvez vous diriger vers les salles d'examen.

– Oh, un grand merci, madame, dit Théra en lançant une œillade à Baptiste. Où doit-on aller ?

– Cinquième étage.

– Les ascenseurs ?

– Malheureusement, nous sommes en travaux et les ascenseurs sont indisponibles.


Théra se laisse choir sur le comptoir.


– Vous êtes sérieuse ? Et comment je fais avec ma cheville ?

– Vous n'avez qu'à demander à votre chevalier servant de vous porter…


Désespérée, la jeune femme se tourne vers son compagnon, seuls ses sourcils levés et sa bouche en cul de poule lui répondent.


+++


Lorsque Théra pose son pied sur la première marche, elle réprime une grimace de souffrance.


– Vous voulez vous appuyer sur moi ? demande Baptiste en tendant la main.

– Vous, laissez-moi tranquille, je vais me débrouiller toute seule, grogne-t-elle méchamment en tendant un index long et pointu vers lui.

– Oh ! Très bien. C'est la dernière fois que je vous propose mon aide, répond-il furieux.


Et quatre à quatre, il avale les marches et disparaît à la vue de la jeune femme. Déçue, elle espérait qu'il insisterait. Mais non, trop content de se débarrasser d'elle. Elle fulmine contre Baptiste, son mari, son beau-fils. Pas un pour relever l'autre. Elle n'a pas le droit d'être un peu de mauvaise humeur, elle n'a pas le droit de s'épancher, elle. Il faut qu'elle soit toujours parfaite. Quand elle a besoin d'aide, il n'y a plus personne. À chaque marche franchie à cloche-pied, elle lâche un « salaud » sonore qui s'adresse tour à tour à chacun d'entre eux et à tous les hommes depuis le début de l'humanité.


Au palier, elle est en nage, elle n'arrivera jamais au cinquième dans ces conditions. L'abattement l'étreint, elle se sent seule. Son mari aurait pu se débrouiller pour la rejoindre, chercher une solution pour faire garder sa mère. Mais non, sa maman avant tout, toujours. Au fond, elle sait. Depuis quelque temps, elle sait. Oui, elle sait. La routine est venue à bout de leur histoire. La routine ? « Allez, allez, gratte un peu plus loin. Faut arrêter de te raconter des histoires, ma fille. » Elle a épousé le meilleur copain de son père, plus jeune que lui mais bien plus vieux qu'elle. Qu'est-ce qu'il était gentil ! Il la dorlotait, s'occupait d'elle, sans cesse à ses petits soins. Il lui a donné l'enfance qu'elle n'a pas eue. C'est tout, mais c'est énorme. Car elle a été la mère de ses parents immatures, éternels divorcés, éternels amants. Mais maintenant, que se passe-t-il ? Maintenant ? Elle a recommencé. Elle a repris ce rôle inscrit dans son enfance, elle est la mère de tout le monde, de son mari, de son beau-fils, de sa belle-mère ! Bref, la « mama » du foyer à trente-cinq ans. Non, cela suffit. C'est la première fois qu'elle ose se l'avouer ainsi. Elle ressent un énorme soulagement.


Enfin, au détour de l'escalier, elle tombe sur Baptiste assis sur une marche, adossé au mur. Elle ravale une repartie grinçante. Pourquoi lui faire payer sa frustration familiale ?


– Alors ! Reconnaissez que vous avez besoin d'aide ?


Elle se mord les lèvres pour ne pas l'envoyer balader. Sa colère est inépuisable. Mais elle se contente de murmurer :


– Merci de m'avoir attendue.

– Mouais, je vais me contenter de cela, vous avez de la chance que je ne sois pas rancunier. Tenez la rampe d'une main et appuyez-vous sur mon bras de l'autre, cela sera beaucoup plus facile.


Elle se sent pousser des ailes. À chaque marche, Baptiste fait un rebond avec son bras, elle se hisse ainsi avec facilité.


– Vous savez, je suis vraiment désolé et je m'en veux de ce que je vous ai fait, avoue Baptiste embarrassé.


Elle l'observe de biais, elle aime bien sa petite ride frontale soucieuse.


– Laissez tomber ! Je ne vous en veux plus.


Il s'arrête entre deux marches, l'air surpris.


– C'est sûr, ça ? J'ai bien cru que vous alliez m'arracher les yeux.


Espiègle, elle sourit et agite ses mains longues et fines courbées en forme de serre comme pour le griffer.


– Oui, j'en suis bien capable, mais cela ne sera pas pour cette fois-ci.

– Ah ? Cela sera pour la prochaine fois que je vous renverserai… Vous inquiétez pas, le destin ne vous fera pas le sale coup de vous remettre sur ma route, quand même !

– Le destin, non, mais…


Ils se fixent dans les yeux un instant, ils cherchent à pénétrer l'intention de l'autre. Puis par gêne ou par plaisir, ils éclatent de rire une nouvelle fois.


Une crampe douloureuse bloque brutalement Théra dans sa montée. Le mollet sollicité se tétanise et refuse de porter tout le poids du corps. Baptiste aide la jeune femme à s'asseoir.


– Je crois qu'il n'y a plus qu'une seule solution.

– Laquelle ?

– Je vais vous porter pour les deux derniers étages qui nous restent.

– Quoi ?

– Écoutez, vous n'allez pas faire de chichis, vous ne me semblez pas bien lourde et on ira plus vite.


Théra finit par accepter à contrecœur la proposition raisonnable du jeune homme. Dans ses bras, elle est toute raide. Troublée par cette proximité, sa tête sous son menton, elle accorde son souffle au sien, rythmé par le passage des marches. La bonne fragrance d'eau de toilette mêlée à la sueur de l'homme séduit son odorat. Elle connaît son extrême sensibilité aux odeurs, son nez exigeant lui a fait fuir des personnes très sympathiques. A contrario, elle peut s'aveugler car ses glandes olfactives tombent sous le charme. Là, pas de doute, elles sont séduites. La jeune femme se détend et se laisse aller contre l'épaule du jeune homme. Il abaisse la tête vers elle, ils sont si proches, ses lèvres lui sourient. Elle ne voit que cela.


Enfin, parvenus à destination, la salle d'attente est bondée, ils s'adressent un regard de connivence, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Curieusement, cette situation leur semble soudain bien légère et pas si désagréable. Contraints de s'asseoir par terre dans le couloir, ils tentent de s'installer le plus confortablement possible.


– Dites, c'est l'accident qui vous a mise en colère ou vous étiez sérieusement énervée avant ?


Théra fait un geste comme pour chasser un insecte importun.


– Laissez tomber, parlez-moi plutôt de vous, pourquoi étiez-vous si pressé ?

– Oh ! J'ai raté une réunion qui pourrait avoir des conséquences internationales importantes.


Assez content de capter l'attention de la jeune femme, il hausse les épaules pour relativiser la gravité de ses propos.


– Votre travail vous fait voyager beaucoup ?


Baptiste s'appuie contre le mur pour se tourner face à sa compagne. Il pense noyer le poisson mais le regard posé sur lui est avide et sincère. Sincère et charmant.


– Eh bien, je voyage d'un coin à un autre du globe pour suivre l'avancée des projets de développement durable.


Baptiste, d'ordinaire peu disert sur sa vie, est motivé par l'écoute passionnée de Théra. Des déserts colorés, des volcans en éruption, des glaciers d'une blancheur bleutée, des ethnies rigolardes défilent sous l'œil fasciné de la jeune femme. Ses descriptions s'accompagnent de grands gestes qui battent l'air devant le bleu de la fenêtre entrouverte.


Personne ne sort de la salle d'attente, Baptiste regarde sa montre, Théra pose la main sur son poignet et lui sourit :


– Attendre, c'est mieux à deux, non ?


 
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   Charivari   
12/2/2012
 a aimé ce texte 
Pas
Heureusement qu'on a le titre, "la taupe et l'oiseau migrateur", parce que franchement, les personnages sont complètement transparents. On a juste deux indications sur eux, au fond, un qui voyage beaucoup, l'autre qui a un beau-fils et qui n'aime pas se faire appeler Thérèse... C'est un peu mince, tout de même, d'autant que l'histoire, c'est juste celle d'un accident de vélo. La fin est très fleur bleue...

Le style est très plat, avec pas mal de maladresses... "le moindre kilogramme de bagage en trop se rappelle à vous", "il se repasse dans sa tête""... Pour n'en citer que deux.

Non désolé. L'histoire est tout à fait anecdotique, les personnages pas assez étoffés, et le sujet bien trop mince pour justifier cette longueur.

   socque   
12/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une histoire allègre, sans aucune surprise (le coup des deux personnes qui ne peuvent pas se supporter et finissent par roucouler, c'est quand même archi-usé ; les dialogues entre eux ne parviennent guère, à mon avis, à renouveler le genre) mais plutôt sympathique. Je trouve le personnage de Théra mieux défini, plus vivant que celui de Baptiste dont on ne sait finalement pas grand-chose à part qu'il sent bon.

   matcauth   
13/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
bonjour,

c'est une histoire très, très, très romanesque. J'ai pensé à un scénario de téléfilm, le seul endroit où les hôpitaux n'ont pas d'ascenseurs mais ont, par contre, des agents de sécurité et des réceptionnistes acariâtres. Car, en fait, leur passion naît un peu trop rapidement, s'affranchissant d'un revers de main des soucis et de la vie compliqués de théra. Leurs disputes, leurs chamailleries, je n'y croit guère, c'est une scène un peu trop fleur bleue pour moi.

Par contre, cette rencontre est facile à visualiser (comme un scénario, encore) et elle ouvre des perspectives à l'imagination. Un décor posé, des éléments de réponse disséminés un peu partout et repris ensuite pour servir l'histoire.

Pour ce qui est des deux plumes, elles se fondent dans le texte et, à part au début, les styles ne sont pas trop contrastés. Faire cohabiter les sensibilités est de loin la partie la plus complexe à résoudre, loin devant le fond de l'histoire. Ici, c'est réussi, le texte est cohérent du début à la fin. Bravo

   Anonyme   
13/2/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
On passe de la tête plutôt bien faite de Baptiste à celle de Théra, pleine de clichés. On commence par un personnage à la vie passionnante à une femme qui se veut victime de son sort.

C'est dommage de tomber dans les mauvais traits du sentimentalisme, surtout que l'on reste dans l'expectative quant à la véritable personnalité de Baptiste.

C'est plein de bons sentiments, le titre est attractif, c'est bien écrit, mais le grand échassier ne décolle pas. C'est trop sirupeux à mon goût.

En dehors, le passage à l'hôpital est très bien présenté même si l'histoire des escaliers parait improbable. Là encore, je regrette que les états d'âme de Théra prennent le pas sur le fond de l'histoire.

Quant au dénouement, il est prévisible, mais on aurait curieux d'en savoir davantage sur le protagoniste masculin. Au plaisir de vous lire.

   widjet   
20/2/2012
 a aimé ce texte 
Pas
Au niveau étude psychologique, c’est quand même « léger de chez léger ». Même sous couvert de simple divertissement, on est en droit d’être un peu plus exigent. Et puis, pas vraiment d’empathie ni d’identification sur ces personnages taillés à la serpe : j’ai eu l’impression de voir deux ados se quereller. Je ne dis pas que des trentenaires qui parlent et raisonnent comme des adolescents, ça n’existe pas, mais ici, on frise tout de même « la cour de récré ».

Au niveau des personnages, donc, c’est le strict minimum qui nous ait donné. Côté histoire, c’est également maigrichon. C’est dommage car le sujet certes bien connu (la femme « mal dans sa vie » et qui souhaite s’affranchir de la fatalité ennuyante de son existence et de bouleverser sa destinée), peut être intéressant si et seulement si l’angle de vue est pertinent et original. Ici, ce n’est pas le cas, ça manque de… maturité.

Au début, je n’ai pas bien compris la valeur ajoutée de la scène de thé, mais après réflexion, j’imagine que cette scène est « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».

Maintenant, j’ai lu sans encombre, sans ennui, presque mécaniquement (le style n’aide pas beaucoup à sortir de cette léthargie). Le texte aurait même pu être réduit du tiers car j’ai eu un sentiment « d’ameublement » avec ces alternances de « chaud » et « de froid » (un mot gentil puis une rebuffade et ça presque tout du long, le procédé devient vite horripilant). Je ne parle même pas des rebondissements improbables (qu'à l'hopital on demande a une personne de porter l'autre!) pour créer THE revelation amoureuse.

J'apprécie toutefois que la dénouement reste un peu "ouvert".

Bref, un récit très convenu dans tous les sens du terme dont j’aurai oublié le contenu dans la prochaine demi-heure.

Cela dit, j'ai déjà lu bien pire dans ma vie (et même des auteurs super connus!).

W

   brabant   
20/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,


J'aime bien le décalage du titre qui renvoie de manière humoristique au caractère des deux personnages :

- la taupe, renfrognée mais dotée d'un solide sens de l'humour trop longtemps refoulé, bridé.

- l'oiseau migrateur à l'allure d'échassier, jamais vraiment posé, maladroit, toujours en partance, entre deux avions, profondément altruiste.

Trop d'enfermement chez l'un (foyer, devoir, dévouement), pas assez chez l'autre (toujours à camper, toujours à courir, en manque d'affection durable, pigeon voyageur aux pattes de flamant rose). Cette situation est bien vue et bien posée.


La nouvelle se lit avec attendrissement, avec amusement aussi ; on a envie d'être complice ; on se prend à jouer au jeu du chat et de la souris.


La collaboration a globalement fonctionné, mais il y a quelques redites, quelques reprises peut-être trop visibles et laborieuses dans l'attache des wagons quand on passe d'une partie à l'autre.

Aucun des deux auteurs n'a manifestement conscience du fonctionnement d'un hôpital (bien que le décalage fiction caricaturale/ réalité soit en grande partie voulu ; j'en ai conscience). Lol. :)


En fin de compte j'ai passé un moment globalement agréable avec ce texte, sa taupe et son volatile. Puisse la la taupe n'avoir pas trop attendri le volatile en le tapotant ! Puisse-t-elle ne pas cuisiner celui-ci de mots trop tendres car il est "prêt à cuire" ! Puisse-t-il ne pas passer à la casserole ! lol. :D


Merci

   zenobi   
24/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Un récit sans surprise, tant le retournement de Thérèse, pardon, Théra semble imposé d'office; mais un récit joyeusement mené, ce qui corrige cela.
J'ai senti une hésitation entre le désir d'intégrer d'autres personnages (médecin, hôtesse d'accueil) et la volonté d'exclure tout ce qui est hors de la parenthèse formée par nos deux animaux.

   jeanmarcel   
24/2/2012
 a aimé ce texte 
Pas
Un texte long, au style convenu, qui manque de fantaisie.

Le héros en Vélib, grand voyageur qui travaille pour le développement durable, la ménagère de plus de cinquante ans divorcée, c’est moderne mais caricatural.

Une histoire simple à la Claude Sautet mais sans la profondeur des personnages ni la description minutieuse d’un milieu.

A placer entre le roman à l’eau de rose désuet et le téléfilm interminable en manque de vitamine C.

   Margone_Muse   
5/3/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Bravo aux deux auteurs pour avoir relevé le défit, pas évident du tout.
Je ne sais pas trop quoi penser du texte. Il y a beaucoup de dialogues, trop, sans doute. Et on alterne entre le bon et le moins bon tout du long de la nouvelle. C'est du moins ce que je ressens. On passe du vif au presque niais, c'est étrange, j'ai beaucoup de mal à me faire un avis. D'une manière générale, je trouve qu'il y a de l'inconstance et les brusques sautes d'humeur ne sont pas pour arranger les choses.
Pour les assenceurs en arrêt dans l'hopital, c'est peu plausible. Même en travaux, ils s'arrangent pour garder des trucs en service (comment font les lits et les fauteuils roulants sinon ?).
Le thème en lui même manque d'originalité (l'accident entre un homme et une femme, qui tombent amoureux), c'est dommage.
Au final, ça se laisse lire, sans que ça soit des plus palpitants, avec une appréciation en dents de scie tout au long de ma lecture...
Margone

   jaimme   
6/3/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Une histoire qui se lit facilement et c'est déjà beaucoup. Le style est clair, sans fioritures; peut-être un peu trop.
J'ai beaucoup tiqué sur les incohérences... à croire que les auteurs ne sont jamais allés aux urgences d'un hôpital, les veinards, (et n'ont pas assez regardé de séries américaines. Ma préférée c'est Dr House, mais là je m'éloigne..). On parle de trauma crânien et tout le monde est tranquillement assis à attendre. Avec un trauma crânien on est allongé, voire ficelé sur un brancard, non? Puis ils vont d'eux-mêmes vers les salles d'examen... comme si on allait non accompagné vers les salles d'examen! Salles séparées de cinq étages, non là c'est trop fort de café. Et on ajoute les ascenseurs en panne! Virez-moi le directeur de cet hôpital! Après c'est l'ascension miraculeuse: pas crédible.
Bref il faut revoir cet aspect.
L'histoire en elle-même est mignonne, ouverte, j'aime bien ça et la dernière phrase est un joli clin d'oeil.
Les personnages sont tracés à grands traits, un peu trop. Autant la femme est bien cadrée (mais pas assez personnalisée), autant l'homme reste un parfait inconnu, dommage car cela nuit à l'empathie générale.
Un dernier reproche: le début. Il n'est pas assez accrocheur. Il y aurait pu y avoir plus d'humour pour capter l'attention du lecteur.
Bilan: histoire sympa (et ce n'est pas rien), mais qui manque de crédibilité et de personnalisation.
Merci pour cette lecture.


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