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Réalisme/Historique
Bellaeva : Partir
 Publié le 20/08/16  -  17 commentaires  -  9796 caractères  -  93 lectures    Autres textes du même auteur

« Partir partir
On a toujours
Un bateau dans le cœur
Un avion qui s'envole
Pour ailleurs »
Julien Clerc


Partir


Partir. Rien qu’à l’idée de partir, j’exulte. Arriver est une tout autre histoire.


Mes doigts tapotent nerveusement sur le guichet. Arrêté par une saillie granuleuse, mon index la gratte avec férocité. Le responsable indien, la langue étirée au coin des lèvres, remplit son formulaire de cinq pages doublé de papiers carbone. Il me demande en anglais :


– Décrivez-moi votre valise.

– C’est une valise noire.

– Comment est-elle ?

– Bah, c’est une valise noire quoi… assez grande, en tissu…

– Que contient-elle ?


Je soupire.


Que peut bien contenir la valise d’une touriste ? Et flûte, ils doivent la retrouver, pas la vider ! Le ticket d’enregistrement, avec sa traçabilité de Paris à Chennai, leur livre toutes les informations nécessaires. Des agents de l’aéroport bourdonnent autour du responsable, plus nombreux que nous, les huit plaignants. Les vitres de l’aéroport font miroir sur le tain de la nuit indienne, nous sommes penchés de chaque côté du comptoir, deux équipes de rugby prêtes à en découdre. Pas faute d’y avoir passé du temps à Abu Dhabi, lieu de transit et de perdition de nos valises, quatre heures d’attente à cause d’un brouillard persistant, n’était-ce pas suffisant pour assurer le transfert ?


Je respire.


Ma mauvaise humeur ralentit leur méticulosité infinie.


– Des vêtements et des affaires de toilette.

– De l’alcool ? De la nourriture ?

– Non.


Un calendrier kitch, agrémenté du sourire d’une Indienne d’un autre temps, affiche le 8 janvier 2015 et une horloge à la trotteuse bruyante annonce 18 heures. Voilà mon premier contact avec ce pays tant désiré.

Nous avons quitté la France, la veille, le jour de l’attentat de Charlie Hebdo. Loin derrière moi, je laisse mon pays bouleversé, je voudrais être là-bas, pour partager l’effroi, la peine et la colère. Derrière moi aussi, des repères de la nuit et du jour gommés par des lieux impersonnels et des repas décalés, dormir m’aurait fait passer le temps, pas réussi. Et je suis démunie de tous ces petits biens rassurants et vitaux en terre étrangère.



Un peu plus tard, notre taxi s’extrait de l’imbroglio de voitures mal garées devant l’aéroport. Assise près du conducteur, oppressée par une ceinture trop tendue, je fouille au fond de moi pour y extirper cette idée excitante et douce qui m’a projetée sur ce skaï chaud et collant. Nous nous frayons péniblement un chemin à travers une fourmilière gigantesque à ciel ouvert. Autour de nous, des véhicules de tailles différentes filent en tous sens, arrivent de droite, de gauche, de face sur une voie unique. Se rajoutent et se bousculent des acteurs improbables pour cette artère principale : des charrettes, des vaches, des chèvres, des piétons. Inquiète, j’observe le conducteur indien, une seule main sur le volant, la boucle de sa ceinture de sécurité, restée accrochée à l’attache, frappe la paroi dans le courant d’air de la fenêtre ouverte.


Sans le son, on ne peut pas jouir de ce monumental désordre : des moteurs mal réglés et pétaradants, des coups de klaxons permanents et le pouet-pouet caractéristique et criard des rickshaws pour se faire respecter par beaucoup plus gros qu’eux.

Les nombreuses divinités hindoues nous protègent-elles ? Je recherche un vague assentiment du côté de Ganesh, la statuette du dieu éléphant trône sur le tableau de bord, son œil noir ne présage rien de bon, pourtant.


Brusquement un camion, chargé d’une pyramide de cartons en équilibre précaire, s’introduit sur notre file à une allure de tortue, ma main gauche se crispe sur la poignée de la porte, la droite se contracte dans le vide, mon pied écrase une pédale imaginaire.

Le chauffeur freine, contourne et klaxonne.

Ces trois actions se répéteront dans cet ordre ou dans le désordre jusqu’à la sortie de la ville. Mon corps, maltraité par ce long voyage, oscille d’avant en arrière et de gauche à droite pour éviter naïvement les nombreux obstacles. Pour tout résultat, je me cogne contre la portière. Et trois heures de route nous attendent. Trois heures !



Les bas-côtés grouillent de vie, des grappes humaines se croisent, des chiens faméliques s’entredéchirent pour une pitance improbable, des déchets jonchent le sol irrégulier. De grands magasins modernes dominent des échoppes misérables, éclairées d’ampoules faiblardes et ballottantes. La chaleur m’oppresse malgré mon épluchage progressif de couches de tissus afin de passer de l’hiver à l’été tout au long du voyage. Et puis surtout, surtout l’odeur, une odeur permanente de fond de décharge mêlée aux effluves du jasmin fané tressé en guirlande et suspendu au rétroviseur, tourmente mes narines et me retourne l’estomac.


Je jette un regard à l’arrière de la voiture, mes trois amis se sont assoupis les uns sur les autres, fauchés par un même vent de travers. C’est vrai, ce n’est pas leur premier voyage en Inde, moi si. Je les maudis de m’avoir laissée m’installer en première ligne de ce chaos.


Me revient en mémoire une conversation avec une copine, vieille habituée de ce pays.


– L’Inde, ça vous prend ou ça vous jette !

– Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

– On en revient enchanté ou malade !

– Comment t’expliques ça ?


Un sourire énigmatique pour toute réponse. Habituée à ses non-explications, je n’insistais pas, le message muet m’apparaît maintenant clairement : vis ton expérience, tu verras bien !


L’Inde n’est-elle pas en train de me rejeter ? Que faire ? Je me tourne vers le chauffeur en quête d’une réponse, son regard me sourit. Dans la pénombre, l’éclat de ses dents blanches satine sa peau foncée, il me demande en anglais si tout va bien. Je hoche la tête, il dodeline de la sienne avec des yeux bienveillants. J’apprendrai plus tard que dodeliner de la tête montre un acquiescement chez les Indiens, pour moi, c’est un assentiment normand, peut-être bien que oui, peut-être bien que non, une incertitude absolue, donc. Pas besoin de cela. Toutes nos différences se lisent là, la tête des Occidentaux fend l’air énergiquement de haut en bas, et de bas en haut, tandis que celle des Indiens dessine le signe de l’infini des possibles.

Au fond, de quoi est-on certain ? Les attentats me reviennent en mémoire, on part travailler le matin comme d’habitude, sécurisé par un quotidien familier, et puis, l’innommable arrive.


Une moto roule à ma hauteur, une femme assise en amazone à l’arrière, aussi à l’aise que dans un fauteuil, tient un bébé endormi dans ses bras. L’enfant, mollement étendu, sourit aux anges. De ses lèvres entrouvertes s’écoulent des bulles de salive. Ses yeux sous ses paupières closes roulent au rythme de sa respiration.

Deux belles Indiennes, en saris rouge et violet, traversent l’autoroute, droites et fières, l’une d’elles porte un grand panier d’osier sur la tête. Leurs pas de danseuse glissent sur le bitume, déterminés et indifférents à l’arrivée des véhicules pressés et tonitruants.

Je m’étonne de constater si peu d’accidents, un tel désordre en France aurait déclenché de nombreux accrochages, voire des blessés. Une évidence surprenante s’impose à moi, tout est fluide, fluide comme un torrent furieux parfois mais fluide. Que fait un torrent face à un rocher ? Il contourne. Notre chauffeur contourne et rajoute un coup d’avertisseur qui n’est pas un signe de mécontentement, juste une mise en garde. Tout le monde fait la même chose, tout le monde s’adapte aux autres, c’est une énorme coopération implicite.


À la sortie de Chennai, le conducteur s’arrête au bord de la route, il interpelle en hindi des Indiennes en saris colorés assises sur le sol près de grands paniers de fleurs fraîches, elles s’approchent, et par ma vitre baissée, agitent sous mon nez des guirlandes de fleurs blanches, rouges et jaunes. Leurs riches parfums embaument la voiture, le chauffeur fait son choix, j’admire la beauté de ces femmes, leur piercing en or sur l’aile du nez qui tranche sur la peau mate, un rond rouge entre les sourcils foncés. Elles me lancent des regards discrets et malicieux, la plus âgée me sourit largement d’une seule dent, quel sourire, pourtant ! Lorsque nous les quittons, elles me font longtemps de grands signes de la main, agitant leurs bracelets en or. La guirlande fanée a été jetée et remplacée, les fleurs blanches exhalent un parfum subtil mêlant la vanille à la fleur de citron.


J’entrouvre une paupière, nous nous enfonçons dans une terre d’ombre et de silence. La lune nappée d’un voile jaune éclaire des branches déployées en éventail vers le ciel. Non alignés comme ceux de mon pays, des arbres de bord de route jouent avec l’astre de la nuit, d’espèces et de tailles différentes, ils arborent des formes amples et des postures rebelles. Moins de voitures, davantage de vaches, celles-ci nous ignorent, traits parallèles au rythme lent, seuls leurs naseaux dodus, frémissant à l’odeur d’une plante exilée sur le terre-plein central, les font virer à angle droit. Au chauffeur de freiner, contourner… silencieusement. Elles ont raison, elles sont sacrées, tout le monde fait attention à elles, pourquoi se préoccuperaient-elles de nous ?

Les silhouettes noires des cocotiers font la révérence au disque lunaire qui se reflète dans un lac argenté, une masse sombre se roule dans la boue du rivage. Un éléphant ? Non, trop petit. Des cornes longues et puissantes percent l’obscurité et son mystère, un buffle.

Parfois, les phares capturent des yeux rouges dans les fourrés, la course d’un singe avec un bébé accroché sous son ventre, sa petite tête curieuse tournée vers nous. Au détour d’un virage, le faisceau de lumière peint un arbre de mille feux, un flamboyant qui a bien mérité son nom. Mes yeux se referment, les effluves d’un frangipanier accompagnent ma somnolence.


Je suis arrivée.


 
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   plumette   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
ce texte m'a fait voyager. je ne connais pas l'Inde mais je n'ai eu aucun mal à monter dans le taxi avec la narratrice.
l'alternance de descriptions et de réflexions m'a semblée très juste, comme si, placée dans la même situation, j'aurais eu ces mêmes réactions, régarder et réagir, comparer, penser.
tout sonne vrai dans ce texte dont l'écriture soignée est belle et fluide, un peu comme ce qui est exprimé dans cette magnifique observation:
"Une évidence surprenante s’impose à moi, tout est fluide, fluide comme un torrent furieux parfois mais fluide. Que fait un torrent face à un rocher ? Il contourne. Notre chauffeur contourne et rajoute un coup d’avertisseur qui n’est pas un signe de mécontentement, juste une mise en garde. Tout le monde fait la même chose, tout le monde s’adapte aux autres, c’est une énorme coopération implicite."

bravo pour avoir su rendre avec cette finesse le cheminement du voyageur, son abandon en définitive à ce pays dont on ressent à quel point il est attachant!

Et merci pour ce dépaysement!

mon mini bémol: la première phrase! qui déflore le parcours me parait inutile! En incipit, à la rigueur...

A vous relire sûrement

   vendularge   
31/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Et bravo pour ce petit texte fort bien écrit, coloré, touffu, à l'image de l'Inde que je connais pas mais que j'imagine. On distingue très bien "l'image", ce qui n'est pas si souvent le cas dans les récits de voyage. Une entité bien vue et bien sentie, le "partir" et "Je suis arrivée" balisent très bien l'ensemble.

Le départ n'allège pas la blessure (je dis ça parce que j'étais en mer au moment des attentats de Nice, je ne l'ai su que bien plus tard), il la met à distance, peu de temps puisque l'effroi, la sidération nous saisissent immédiatement et laissent à nos souvenirs une peine infinie, indescriptible et ineffaçable.

Merci et belle continuation

Vendularge

   Robot   
2/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cela ressemble fort aux récits, aux photographies et aux enregistrements rapportés par une connaissance qui a travaillé plusieurs années à Bungalore. Tout à fait l'ambiance que j'avais déjà perçue.

Un récit qui évite l'aspect reportage. On y sent les impressions vécues. L'entrée dans un autre monde est bien rapportée.

J'ai retrouvé aussi les sons, les couleurs, les relations que j'avais éprouvés il y a pas mal d'années lors d'un long séjour au Sri Lanka.

Manquent les senteurs, les odeurs et la rumeur des marchés et les situations tragiques de la pauvreté et des orphelinats que l'auteur(e) n'a pas encore découvert puisqu'il (elle) arrive.

Mais la prise de contact est vraiment relatée de manière vivante et concrète.

   hersen   
4/8/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
le titre me fait l'effet, à la fin de ma lecture, d'être faux. Je dirais plutôt voyager car le narrateur raconte avec force détails des situations que l'on relève lorsque souvent on est à l'étranger.

il n'est question ici que d'aller d'un point à un autre et le narrateur nous raconte ses (mes)aventures de ce qu'il n'a l'air de considérer, finalement, que comme le transfert de sa personne d'un point à un autre.

Alors je ne suis guère convaincue.

la dernière phrase "je suis arrivée" fait bien état de ce que l'auteur ne nous dira pas, à savoir ce qu'il va découvrir de réellement profond du pays qu'il visite.

Dommage pour moi...

   Anonyme   
20/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai eu l'impression de revivre mon arrivée au Maroc en 1994, la valise égarée en moins. J'avais été pareillement saisi par l'anarchie qui régnait sur la route, cette débauche d'odeurs et de visions hétéroclites. Émerveillé mais aussi inquiet, je passais d'un monde à l'autre.
Tu retranscris très bien ce choc des civilisations, c'est quand même une sacrée claque quand on n'est pas habitué ! D'autant plus avec l'Inde, ce pays qui ne manque pas de piquant.
J'ai trouvé ton écriture très soigneuse, en fait je ne la connaissais pas. Les descriptions sont précises et transportent l'ambiance, on s'y croirait vraiment. J'en déduis que tes écrits son trop rares ici, il faut t'y remettre !

   MissNeko   
20/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte très bien écrit qui décrit un choc de culture entre deux mondes si différents.
Des réflexions sur la vie parsèment le récit.
Un agréable moment de lecture .

   bambou   
20/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Lecture plaisante et dépaysante.

Il m'a semblé de prime abord que l'anecdote de la valise perdue était un peu superflue et puis non. Ce moment vécu avec désagrément et contrariété entre en contraste avec une somme de sensations et impressions qui feront, qu'au final, la narratrice est bien ''arrivée''.

J'en déduis que la narratrice a un bon tempérament, une certaine ouverture d'esprit et qu'elle est prête pour ''l'aventure''.J'aime bien ce personnage :)

   Jean_Meneault   
20/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai trouvé l'écriture sensitive, habile dans la fine description des ambiances et des sensations du personnage. Vous nous offrez une petite scène, courte, chargée de couleurs, d'odeurs, de sons qui traversent sans mal le 4ème mur pour parvenir jusqu'à nous. Il y a quelque chose d'un héritage impressionniste dans cette manière que vous avez de peindre. Mais il y a aussi cette réflexion sur l'être et le partir, la proximité et l'éloignement, la répulsion et la fascination. J'aime l'idée de focaliser cette courte nouvelle sur l'acheminement et non l'arrivée. Cette dernière sous-tend le voyage, le motive ou lui donne prétexte. J'aime moins l'allusion aux attentats, même si elle nourrit le corps de votre propos. Mais je ne vous en fais pas reproche, c'est une remarque toute personnelle et vous le faîtes, en plus, avec une intelligente délicatesse.
Ce fut une bonne lecture et je vous en remercie. Un voyage dépaysant pour moi, ne connaissant pas ce lieu; j'ai expérimenté en lisant cette richesse du départ.

   Vincendix   
22/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un périple très bien raconté, j’ai retrouvé « des lieux communs » dans ce récit.
L’Inde, on en revient enchanté ou malade !
Pour ne pas être malade, il faut avoir le nez bouché, des œillères, un estomac en béton et un cœur de pierre.
L’Inde, une destination que je déconseille aux âmes sensibles, vingt ans après, j’ai encore des cauchemars. Et ne me dites que c’est mieux maintenant, avec l’explosion démographique, ce doit être pire encore.

   JulieM   
22/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle belle écriture, agréable et fluide, expressive pour décrire cette arrivée colorée et odorante.

Un regret, j'aimerais une suite tellement ce voyage m'a plu au travers de vos mots.

   Anonyme   
23/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Magnifique écriture pour un voyage dépaysant que je ne ferais sans doute jamais.
Voilà juste pour moi la mise en pratique d'un précepte hindou ou bouddhiste formulé un peu maladroitement comme ceci (j'ai oublié l'original, désolé): "Le chemin est déjà le but".
Je dois dire que nous sommes là loin des clichés, et même si je n'approuve pas vraiment ce genre de voyages (pour un tas de raisons obscures et sûrement absurdes aux yeux de la plupart d'entre nous), je trouve votre expérience enrichissante pour moi, juste par vos mots qui restituent parfaitement (du moins, je le crois) la réalité du pays.
Je voudrais aussi noté ce profond décalage entre "l'horreur" de ce quotidien hindou et le sombre de l'événement de l'attentat de Charlie, "horreur" virtuelle pour la plupart d'entre nous perpétuellement renvoyée par nos médias nous gavant par la même occasion de publicités criardes, stupides et indécentes, et que vous avez si bien rendu.
Bravo à vous. A vous relire avec passion pour vos qualités de reporter, pour votre écriture riche et colorée, sonores et olfactives.

   jaimme   
24/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte aussi court et offrant à voir un épisode de vie aussi bref se doit de jouer dans la belle écriture. Pour que le voyage soit partagé et la lecture ralentie. Pari largement réussi. De belles phrases, au plus proche de tous les sens. J'étais là, à vivre ce transport chaotique.
Le contrepoint avec Charlie est très bien vu et exploité en pointillés, ce qui est suffisant.
Pour essayer de t'être utile, voici ce qui a freiné ma lecture:
- le passage un peu abrupt de la première personne au point de vue extérieur, au début dans le paragraphe qui commence par "Que peut bien contenir la valise d’une touriste ?"
- le "pour" dans "criard des rickshaws pour se faire respecter"
- les "traits" parallèles au sujet des vaches.
Donc pas grand chose.
à quand la suite?

edit: les vaches ne sont pas "sacrées" en Inde (crétin d'Hergé!). Être sacré c'est appartenir au domaine divin. Ce n'est pas le cas au sens propre. Dans l’hindouisme la réincarnation de ceux qui passent dans le règne animal commence par cet animal: on ne tue pas ce bovin qui pourrait abriter l'âme de la belle-mère qui vient de décéder (encore que...).

   Bellaeva   
24/8/2016

   Pepito   
3/9/2016
Hello Bellaeva,

Pas grand chose à dire sur l'écriture. Le titre est curieux "Partir" pour une arrivée, mhh...

Pour le "fond", par contre :
"mon épluchage progressif de couches de tissus... passer de l’hiver à l’été tout au long du voyage" improbable ça, tout le monde se change dans l'aéroport, dès la sortie de l'avion.

Le meilleur : "L'Inde, on en revient enchanté ou malade" je dois devenir vieux, j'arrive à ne plus m'étrangler en lisant ce genre de phrase. Les Indiens font bien comme ils veulent ou peuvent, je n'ai rien à dire à ça. Par contre, je me demande bien ce que les occidentaux "enchantés par l'Inde" ont dans les yeux, les oreilles et les narines ?!
"Attentas : on part bosser et l’innommable arrive" pourquoi mélanger Charlie avec l'Inde ? Pour les trucs innommables, en Inde c'est tous les jours... même les fériés.
"des chiens faméliques"... c'est la "famélité" des clebs qui t'as frappé en premier ? Haaaa... Cela me rappelle un incipit tiré d'un texte de Bourgeon:
- Mes pauvres chiens...
- Les pauvres gens...

"Deux belles indiennes... droites et fières... un panier d'osier sur la tête" faut essayer de porter 20 kilos en équilibre sur la tete pour apprécier le "port de reine" de ces femmes.
"naseaux dodus de vache" sûr que le reste l'est moins, dodu. As tu visité un "hôpital" pour vaches ?

Pour ma part, L'Inde m'a appris que ce l'homme peut faire à l'homme n'a pas de limite. Pire même, avec un bon conditionnement, ce que l'homme peut laisser faire à l'homme n'a pas de limite...

Pepito

   Annick   
4/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime la belle écriture fluide et le ton juste. L'Inde est un pays qui m'attire et où je n'irai pas, même si j'y ai des amis. Ce pays est une curiosité pour moi et vous avez satisfait cette curiosité par une narration riche en informations. Vous avez donné à voir, à sentir, à entendre. C'est ce que j'espérais.
Vous m'avez donné l'envie d'en savoir plus...

   Muscadet   
23/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La téléportation fonctionne, dès l'aéroport d'ailleurs, c'est ainsi que je me le figurais. L'oppression de la foule, le phénomène de densité et l'atmosphère générale sont retranscrits de façon vivante. Ça manque un peu de jugements de valeur et de mise en perspective géopolitique à mon goût, cela dit j'ai effectivement voyagé au gré de ce périple prenant. Joli.

   matcauth   
11/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

je reste un peu sur ma faim concernant ce texte qui est, mais on te l'a déjà dit plein de fois, bien écrit, débarrassé de toute cette fioriture qui chez moi colle tant à mes baskets. Je trouve que l'atmosphère est bien retranscrite, même si il manque à mon avis un petit quelque chose pour plonger vraiment dans l'histoire et se sentir dans la voiture à côté de l'héroïne, ou de toi, le cas échéant. J'ai du mal à savoir de quoi cela vient, mais à mon avis c'est une question d'action. Le fait que l'histoire soit sensorielle et non "aventurière" met une distance. J'ai regretté l'absence d'introspection dont tu es plus coutumière, ou au moins l'absence de porte à ouvrir. Bref, je suis resté sur le bord de la route. Je crois aussi que la personnalité du chauffeur à trop peu de relief. Finalement, c'est peut-être trop réaliste.

Je note tout de même l'ensemble harmonieux et à la forme impeccable.


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