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Fantastique/Merveilleux
Bellaeva : Traces indiennes [concours]
 Publié le 17/09/16  -  12 commentaires  -  15982 caractères  -  164 lectures    Autres textes du même auteur

« L’honneur du peuple réside dans les mocassins de la femme. »
Proverbe amérindien.


Traces indiennes [concours]


Ce texte est une participation au concours n°21 : Et en 13 secondes, tout bascula...

(informations sur ce concours).




Asha est là. Debout, droite, seule. Sa robe en daim, souillée de sang et de boue, est déchirée et brûlée par endroits. Des mèches ternes et épaisses s’échappent de ses tresses, son bandeau glissé de côté masque une partie de son front gris de poussière. Seuls, ses yeux conservent leur brillance, le noir des pupilles tranche crûment sur le blanc du fond de l’œil, une lueur sauvage et triste les anime.

La rivière coule transparente, frappe des étincelles de lumière contre un gros rocher. Son clapotis vif et joyeux sonne incongru dans la brise légère. Le poisson argenté file entre les algues, de petits galets ronds roulent et s’entrechoquent dans un bruit mat.


Vole, au loin dans le ciel, un aigle, il guette, il veille. Elle le sait.


Le sable chaud et humide de la berge révèle la douceur de la peau de la terre. Les yeux clos, la jeune Indienne concentre son attention dans ses pieds nus, une tendre quiétude l’envahit quelques secondes. Quelques secondes, seulement. Soudain, les hurlements de panique de son peuple résonnent en elle. Ils sont morts. Pas tous. Beaucoup. Les chants de colère des guerriers l’assaillent en vagues violentes et meurtrières. Ses poings se crispent.

Non. La guerre est finie. Tout est fini. Son père, sa mère, Paco, son époux, le chef respecté, sont partis rejoindre la plaine du Grand Esprit. Derrière ses paupières, cette ultime vision de Paco, à l’abri d’un promontoire avec une poignée de guerriers, il protégeait la fuite des survivants. Une marée de tuniques bleues munies de bâtons de feu les encerclait. Paco… Paco dont l’animal totem plane au-dessus d’elle. Il est là. Elle le croit, elle le veut.

Désormais, l’armée des visages pâles pourchasse les fuyards et cherche son frère, redoutable guerrier, le seul véritable danger, le seul à pouvoir fédérer les siens, dorénavant… Avec lui, son fils, son garçon, son tout petit de 15 jours. Son ventre vide crie la perte, hurle la peine. Un nouveau-né, le fils du chef, l’avenir, l’ennemi…


Si petit. Son petit.


Asha l’a confié à une femme aux seins généreux débordants de lait, les mères indiennes prendront soin de lui. Protégeant leur fuite, elle a créé de nouvelles traces pour entraîner les soldats à sa suite, à l’opposé des siens. Heure après heure, elle a éloigné les Blancs un peu plus de leur cible. Sans dormir, elle a veillé sur leur vie, elle a prié le Grand Esprit de lui donner la force d’avancer et de survivre au chagrin. Tandis qu’elle grimpait, se hissait, sautait d’une roche à l’autre, prenant les passages les plus difficiles pour faire des traces minimes et contraindre les soldats à la suivre à pied, elle ne pensait pas, elle ne sentait pas la déchirure en elle. Maintenant, le nuage noir de souffrance éclate en orage violent, il darde des éclairs de douleur et lui envoie les scènes du massacre. Pour ne pas être anéantie, elle se concentre sur sa mission. Ses forces commencent à lui manquer, c’est le bon endroit pour attendre les visages pâles. Non, ce n’est pas terminé.

Ses protégés sont loin, elle l’espère, sont-ils arrivés en territoire apache ? Elle en doute. Là est leur salut, l’armée n’y rentre pas, pas encore.

Elle ôte sa robe, entreprend de nettoyer les taches, coupe avec les dents les franges abîmées, retire les plumes pendantes. Avec des fils arrachés, elle renoue des perles égarées. L’aiguille en os, cachée dans un pli, lui permet de réparer un de ses mocassins. Tout ce petit travail familier l’apaise. Puis, elle descend dans l’eau froide et se savonne avec une herbe mousseuse et odorante, dénoue ses cheveux, les lave soigneusement. Des gouttes ruissellent sur sa peau mate, l’aigle tourne dans le ciel à la verticale de sa silhouette.


Habillée de sa robe humide aussi propre que possible, cheveux de jais brillants tressés serrés, collier de dents de loup autour de son cou, elle attend. Un but, repousser la tempête de douleur. Dans son cœur, dans son corps vibrent les tambours lointains. Sous ses paupières closes s’animent les feux anciens.


Silence.


Leur arrivée s’annonce par un grand silence. Les oiseaux se sont tus. Les insectes, antennes en alerte, mandibules au repos, attendent.

Puis des craquements, puis des pas lourds… Tant de bruits pour se déplacer, tant de bruits pour surgir au détour d’un rocher.


– Cap’taine ! Venez ! On en tient une !


Deux soldats se précipitent sur elle et chacun la saisit brutalement par un bras. Deux autres arrivent en renfort, ils la bousculent alors qu’elle n’a pas bougé, elle ne bougera pas.

Le capitaine apparaît accompagné d’un Indien. Une bouffée de haine monte en elle contre le renégat. L’officier est grand, aux cheveux couleur du désert, aux yeux de ciel. Il est jeune, pas plus de 30 printemps, comme Paco. Il s’adresse à l’Indien d’un ton sec et impatient :


– Parle-lui, demande-lui où sont les autres !


L’Indien, excellent traqueur, trop avide de pouvoir, rejeté par le conseil des anciens, s’est vengé en mettant son art au service des Blancs. Elle le regarde droit dans les yeux. Ses paupières papillonnent au-dessus de ses joues bouffies par l’alcool. Sa voix rocailleuse lâche triomphante des mots mal articulés :


– C’est Asha, la squaw du chef ! La sœur du guerrier recherché ! Demandez-lui, parle bien, interprète avec les vôtres, souvent !


Les yeux de l’Indienne se plissent en deux fentes dures. Il a mené les visages pâles jusqu’à leur dernier refuge. Jamais, ils n’auraient pu les attaquer par surprise sans lui.


– Parlez ! Où sont les autres ?


Impassible, Asha observe l’officier et le détaille longuement sans répondre, s’étonne de la couleur changeante de ses yeux. Là, c’est la pluie par temps clair, où se cache la noirceur dans cette eau si limpide ?


Un des soldats la frappe violemment dans le dos avec la crosse de son fusil.


– Accouche, sale squaw !

– Arrête ! Attends mes ordres ! On ne la frappe pas… pas pour l’instant, du moins, dit l’officier froidement. Ses iris dévorent ses yeux, des nuages noirs accumulés dans un ciel bleu.


Le souffle coupé par la brutalité du coup, son corps lui impose de se plier en deux, Asha s’y refuse. Droite, elle finit par répondre.


– Morts.

– Pas votre frère, n’est-ce pas ?


Campée sur ses pieds nus, son regard noir et brillant le fixe, elle y met toute sa puissance, tout son élan de vie, toute sa foi à sauver son fils.


– Je ne sais pas.


L’Indienne lève les yeux vers les nuages enrobés de lueurs dorées. L’aigle est là. Elle voudrait le rejoindre à cet instant précis. Être morte, oui. Non, elle n’a pas fini.


– Nous avons suivi la trace de tout un groupe, où sont les autres ?

– Plus la force de les accompagner. Mon enfant est mort.

– Par où sont-ils partis ? demande le capitaine, fronçant les sourcils, scrutant les alentours.


Il fait signe au renégat de chercher, celui-ci, mené par son instinct, s’approchait déjà du cours d’eau.


– Oui ! Ici ! Traces, beaucoup… traversé la rivière…


Le capitaine le rejoint en quelques enjambées.


Asha attend entourée des quatre soldats, le reste de la troupe est arrivée entre-temps. L’endroit de paix s’est transformé en caserne bruyante, tous ces hommes la regardent d’un air mauvais ou curieux. L’odeur aigre d’hommes blancs mal lavés assaille ses narines. Son estomac se noue pour une tout autre raison. Les échanges nerveux entre les deux hommes penchés sur le sol lui indiquent que son plan a échoué.


Ils reviennent sur leurs pas. L’un, élancé et fier, marche droit. L’autre, râblé et courbé, se déplace comme l’écrevisse des étangs, de travers, de côté, tout son corps avoue la trahison.

Les sourcils froncés, le capitaine avance d’un pas pressé vers elle, il lance brusquement :


– C’est vous qui avez simulé ces traces, n’est-ce pas ?

– …

– Vous parlerez ! On sait utiliser la violence nous aussi. Ne me forcez pas à donner cet ordre !

– …

– Oh oui Cap’taine ! On peut s’en occuper, vous savez. On a fait couiner plus d’une squaw, lâche un gros soldat d’un air entendu.


Des hommes acquiescent avec des rires gras, ce qu’elle lit dans leur regard l’écœure profondément. À son grand étonnement, le renégat vient à son secours. Un peu en retrait, il observait la scène, réfléchissant derrière ses paupières rouges et gonflées.


– Servira à rien, parlera pas. Faire perdre du temps. Elle attendait nous, faire perdre du temps, encore. C’est ça, squaw, hein ?


Et cette fois-ci, il la fixe d’un œil perçant sous ses lourdes paupières. Elle soutient son regard et le maudit intérieurement.


– Moi comprendre maintenant où sont passés eux. Retourner en arrière. Un jour de marche…

– Qu’est-ce que tu racontes ? Ils n’étaient pas ici avec elle ?

– Non, fausse piste, moi posé question à un endroit, vous pressé, alors moi pas cherché plus…

– Ton erreur nous fait perdre un temps précieux, lâche durement le capitaine, pourquoi tu n’as rien dit ?

– Pouvais pas savoir, c’est elle, bougonne le renégat, traces bien cachées, elle, faire d’autres traces, facile dans les rochers et cailloux, pas près rivière, sol humide, empreintes claires… Bonne nouvelle…

– Laquelle ?

– Si c’est ce chemin, grand chemin, passer avec des chevaux.


Le capitaine hausse la voix et ordonne d’un ton sec à l’ensemble des soldats :


– On se repose ici. Quelques heures de sommeil et départ à l’aube.


Plus bas, il menace le renégat :


– … Et cette fois-ci, tu ne te trompes pas, hein !

– Et elle ? Punir, non ?


L’officier jette un regard sévère à l’Indienne, ses lèvres dessinent un pli dur.


– Pour l’instant, on en a besoin, ne serait-ce qu’en monnaie d’échange.


Le campement fut installé, un feu allumé. Allongée sous une couverture rêche aux odeurs mêlées de fumée et de sueur animale, Asha fixe les lueurs bleutées de la nuit, la lune blanche apparaît entre les feuillages, le bois gémit sous les flammes. L’espoir d’avoir sauvé les siens s’amenuise terriblement. Avec leurs chevaux, les visages pâles rejoindront facilement les fuyards, des guerriers, aussi des vieillards, des femmes, des enfants, la plupart à pied. Son bébé, son petit, sera perdu, sans doute tué dans la bataille, elle connaît son frère, il se battra jusqu’au bout, il préférera la mort à la reddition, il a une telle haine en lui. Elle se mord les lèvres, elle ne peut pas avoir fait tout ça pour rien. Le cri d’un rapace au loin répond à ses ruminations, elle s’apaise et s’endort.


Asha se réveille les yeux pleins de larmes. Une toile d’araignée tendue dans un buisson juste au-dessus de sa tête, ses fils d’or sous le lever du soleil enfilent des perles de rosée. Immobile, en retrait, l’araignée veille. Une mouche minuscule se pose. L’araignée franchit la distance et la dévore tout entière. Le ventre d’Asha se contracte. Elle comprend le signe.


L’officier vient s’accroupir près d’elle, il lui tend une tasse en fer.


– Buvez ce café, vous n’avez rien voulu manger, hier. Il va falloir tenir la distance, aujourd’hui.


Il a un ton plus doux, ses yeux ont la couleur d’un ciel dégagé, elle prend le quart en se redressant.


– Merci.

– Votre fils n’est pas mort. Vous voulez le sauver, c’est ça ? Vous avez fait tout ça pour lui, j’en suis sûr.


Étonnée, elle le regarde. Il rit. Son rire est spontané et joyeux. Il paraît si jeune, tout d’un coup.


– Toutes les mères sont pareilles, blanches ou rouges, elles soulèveraient des montagnes pour leur enfant. Ma propre mère aurait fait la même chose, vous savez.


Surprise d’avoir confiance en cet homme, elle répond avec sincérité.


– Oui, j’ai tellement peur pour lui, il a 15 jours, si petit, si fragile.

– Votre nom, Asha, que signifie-t-il dans votre langue ?

– Espoir.


Il hausse les sourcils d’étonnement.


– Espoir ? Ce sont vos parents qui vous ont nommée ainsi ?

– Non. C’est le chaman. Ses rêves ou ses visions lui parlent pour certains enfants…

– Ah ? En connaissez-vous la signification ?

– Non. C’est comme ça. Un jour on sait… Le dernier jour de sa vie parfois ou jamais.


Il se rembrunit, baisse la tête, parle plus bas.


– Écoutez, je ne suis pas en accord avec ce qui s’est passé l’autre soir. Mon approche est plus pacifique, on aurait dû trouver un terrain d’entente. Votre époux ne nous a pas laissé le choix, non plus.


La colère jaillit d’elle comme l’éclair sort des nuages.


– Paco n’était pas seul à décider ! Tout le conseil des anciens a refusé la proposition de votre gouvernement. C’était inacceptable ! Vous nous prenez tout, tout notre territoire et vous nous envoyez vivre dans un désert où on ne peut plus chasser… La mort, quoi ! C’est ça votre proposition, la mort ?


Le capitaine s’est reculé face à la charge violente lisible dans ses yeux sombres et brillants. Elle baisse les paupières, elle se révèle trop, elle doit faire attention.


– Ce qui compte, c’est sauver mon enfant, murmure-t-elle.

– Je vous propose un marché, vous nous aidez, et votre enfant sera sain et sauf.

– Qu’attendez-vous de moi ?

– On les rattrape, j’ouvre des pourparlers avec votre frère, vous nous aidez à le convaincre. Il rend les armes, vous récupérez votre enfant. Vous avez ma parole d’honneur.


Elle hoche la tête et la maintient inclinée, ses yeux ne doivent pas la trahir.


– Merci ! dit-il en lui pressant le bras, elle retient un mouvement de recul.


Asha le regarde s’éloigner. Un poids lourd dans le cœur. Son frère n’acceptera aucune négociation. Il se battra jusqu’à la mort. Il est en violence ce qu’elle est en détermination. Et l’officier se trompe, il n’y a pas que son fils qui compte.


Depuis de longues heures, Asha marche à un rythme soutenu dans les pas du soldat qui la précède. Ne pense plus, ne ressent plus rien, la vie s’échappe d’elle. Plusieurs occasions se sont offertes à elle, elle les a ratées. Le chemin étroit borde un précipice dont on ne voit pas le fond. Le sentier s’élargit, et leur permet de marcher à trois de front. Le renégat longe le bord devant elle, elle-même est encadrée et surveillée par deux soldats.

Elle sait. C’est maintenant ! Elle doit faire vite, quelques secondes seulement…


Par fidélité à mes ancêtres, par gratitude envers mes parents, pour Paco, pour la liberté de mon peuple, pour mon tout petit, qu’il honore sa filiation, qu’il grandisse et devienne un grand chef puissant et libre…


Elle se précipite. Ses deux gardiens veulent la retenir. Une ombre imposante leur voile le jour, un cri terrible les tétanise sur place. Ils lèvent la tête. C’est un aigle aux larges ailes déployées. Il les frôle de ses longues plumes, réitère son cri assourdissant. Penchés en arrière, tous deux perdent l’équilibre et tombent à la renverse.

Asha a continué sur sa lancée. De toutes ses forces, elle percute le renégat. Paniqué, il s’accroche à elle pour se rattraper.

Elle chute avec lui, lève son coude, cogne méchamment la mâchoire du traître, il part en arrière et lâche prise.

Tous deux tombent dans le vide de manière très différente. Lui, sur le dos, se bat avec un ennemi invisible, elle, sur le ventre les bras et jambes écartés sous sa robe en daim.


Elle plane tel un rapace. À côté d’elle, l’aigle la rejoint. Deux aigles volent côte à côte, désormais.


Fascinés, les soldats observent la scène. Tous trois disparaissent à leur vue.


– Au moins, cette sale Indienne va y passer aussi, crache un soldat.


Le capitaine le tance avec rage.


– Crétin ! c’est ce qu’elle voulait, bien sûr ! Toutes nos chances viennent de basculer en quelques secondes ! Ils étaient les seuls à connaître la piste. On va chercher, cela va nous prendre un temps fou… C’est raté !


En quittant les lieux, l’officier jette un dernier coup d’œil au précipice, un léger sourire au coin des lèvres, il murmure : Asha… Espoir, évidemment.


 
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   plumette   
7/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
tout me semble réussi dans ce texte:
un univers dans lequel je suis entrée avec intérêt
un très beau personnage de femme
des rebondissements et du suspens car jusqu'aux dernières phrases, je n'ai rien deviné de la décision d'Asha, de son choix sacrificiel.

les dialogues aèrent le texte, l'animent et ils sont plutôt réussis, ce qui n'est jamais faciles, surtout ici où il faut utiliser plusieurs niveaux de langages.

quant au respect du thème du concours, il est bien là et je trouve inutiles les caractères gras!

Bravo!

   Bidis   
20/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le décor, l’atmosphère et le personnage s’imposent d’emblée. Si l’on est sensible au sort des Indiens d’Amérique, ce qui est mon cas, on est empoigné d’emblée par le texte.
L’écriture est imagée : « Son ventre vide crie la perte », « le nuage noir de souffrance éclate en orage violent, il darde des éclairs de douleur », « Sous ses paupières closes s’animent les feux anciens »... j’arrête ici mes exemples. C’est avec cette écriture forte que l’auteur nous entraîne dans une progression dramatique haletante.
La finale avec les aigles est superbe et, de façon poignante, met le lecteur face à la criminelle bêtise de l’homme quand il ne reconnaît pas et essaie de détruire ce que l’humanité a de plus précieux : la nature Mère s’alliant au sens du divin dans l’esprit de l’homme.
Le sacrifice de la mère n’est ni exagéré, ni mélodramatique. Il s’agit d’une émotion viscérale que toute mère peut éprouver et d’un comportement dont toute mère peut être capable.

   Jano   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Il y a de bonnes et de moins bonnes choses dans cette histoire. Tout d'abord le cadre est intéressant, pas souvent traité ici, on dirait un peu une bande dessinée. Le sujet est bien trouvé et l'écriture plus que correcte. Quant au thème il s'insère plutôt bien dans le déroulement (inutile de le mettre en surgras on avait compris).
Au niveau du moins bien, le changement d'attitude de l'officier. D'une inflexibilité dure il passe à une forme d'empathie. Ca ne colle pas dans le portrait du personnage, il y a comme une incohérence. C'est un militaire qui vient de massacrer un campement indien et normalement ne devrait pas s'embarrasser de considérations humanistes.
J'aimerais savoir également comment il se fait qu'Asha parle anglais ? Là aussi ça ne tient pas la route. Du coup je trouve mauvais le dialogue entre les deux.
Hormis ces deux faiblesses de scénario le reste est plaisant à lire.

   Pepito   
22/9/2016
Et bonjour !

Bigre, je sors de l'ennuyant "Preneur d’âmes" de Herbert, pour replonger dans le même thème. Un de mes ancêtres doit se sentir offensé...

Forme : écriture très correcte.
"Des mèches ternes et épaisses s’échappent de ses tresses," "épaisses" me semble en trop
"frappe des étincelles" ? projette, émet, ...
"Si petit. Son petit." mhhh, "son petit" a un coté animal...
"Campée sur ses pieds nus, " pourquoi avoir réparé ses mocassins avant ?
"Il fait signe au renégat de chercher, celui-ci, mené par son instinct," "instinct" ... animal encore...
"– Oui ! Ici ! Traces, beaucoup... traversé la rivière..." pas doué le renégat, depuis des heures ou plus, il suis une seule femme en croyant suivre tout un groupe ?!!!
D'autant qu'il semble plus qu'improbable que des militaires de la cavalerie, poursuivent des ennemis à pieds...
"– Votre fils n’est pas mort. Vous voulez le sauver, c’est ça ? Vous avez fait tout ça pour lui, j’en suis sûr." haaa, psychologie dominicale, quand tu nous tiens. Ces américains sont forts, faut reconnaître... surtout les blonds. A l’œil ils voient qu'une femme a un enfant en bas age... impressionnant !
"toutes nos chances viennent de basculer en quelques secondes ! " à la louche, je dirais 13, des secondes... (en caractères gras, le 13, évidemment). Oh, la vache, ce saut périlleux arrière pour retomber sur le thème ! Un coup à y laisser une cheville... ;=)))

Fond : Un texte au scénario capilotracté et bien pathos, avec des méchants bien méchants et des gentils très z'héroïques. Une mère, un z'enfant, des massacrés... ça va chialer sec dans la chaumière Onirienne.

Paco, c'est pas un prénom de concitoyen ça ? ;=)

Bonne continuation.

Pepito

   Charivari   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour. Beaucoup aimé l'atmosphère qui se dégage de ce texte, très prenant et très bien écrit.

malheureusement il y a trois choses qui me chiffonnent :

- Où sont les 13 secondes ? Le thème du concours était "en 13 secondes", et non pas "en quelques secondes", ce qui le rendait plus difficile et obligeait à élaborer des scénarii complexes. Ici, je trouve qu'on est un peu loin du thème du concours.

- comme l'a déjà dit un autre commentateur, je trouve le dialogue entre le gradé et l'indienne assez artificiel.

- l'aigle, à la fin, m'a paru un peu de trop et fait basculer le texte vers le fantastique alors qu'on était dans le réalisme (ai-je bien compris cette fin d'ailleurs).

Ceci dit, je le répète, j'ai bien aimé le texte. mais au lieu de "beaucoup", je vais mettre "bien -" parce que je trouve que le thème du concours n'est pas entièrement respecté, même si la phrase est écrite en gras (ce qui est un peu maladroit, soit dit en passant)

   Brume   
20/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
Déjà je note une incohérence: les soldats ont suivi les traces d'une seule personne pensant qu'ils suivaient les traces d'un groupe d'indiens en fuite...pas très futés.
Et comment le soldat sait que Asha a un fils?

en tout cas j'ai aimé l'histoire, surtout le cadre, son immensité, le clapotis vif de la rivière, la majesté de l'aigle, et la description de la couleur changeante des yeux du soldat vu par Asha est superbe. J'aime beaucoup ce passage:

"Leur arrivée s’annonce par un grand silence. Les oiseaux se sont tus. Les insectes, antennes en alerte, mandibules au repos, attendent."

L'écriture est très belle.
je trouve que le thème est respecté; 13 secondes c'est bien quelques secondes. En revanche je ne vois pas l'utilité d'écrire les quelques secondes en gras.
Bon c'est le premier texte du concours qui m'a donné envie de commenter.

   MissNeko   
20/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Le thème est original et le thème respecté. L écriture est agréable.
Un bon moment de lecture

   Anonyme   
22/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Décor, époque, personnages, un thème pas bien souvent traité en nos jours bien mécaniques, durs comme fer, avec des explosions gigantesques partout. Je retrouve les westerns de mon enfance. La femme indienne, magnifiques cheveux et yeux noirs dans ces vêtements en peau de daim, mon idéal féminin, peut-être. Et puis cet officier un peu contraint par son métier d'être un poil méchant quand même, Kevin Costner, Gary Grant (pour les années de mon enfance)... Il y a bien sûr des clichés à peine évités mais cette nouvelle m'a enchanté car elle revient, enfin, à du vrai bon cinéma (ah! pardon, j'étais en train de lire, là. C'était si bien écrit que des images colorées se sont installées dans ma tête. )
La chute de la chute est magnifiquement orchestrée avec cet aigle qui participe, ce renégat, ce sale traître, qui forcément devait mourir, et cet officier, gentil en fin de compte, qui se réjouit en secret de ce final.
Pour tout dire, en conclusion, j'ai beaucoup apprécié cette histoire, très bien écrite, vive, qui tient parfaitement le sentier malgré quelques petits détails bancals relevés par d'autres.
J'ai oublié qu'elle participait au concours, et ces caractères gras pour nous le signaler m'ont sorti un instant de mon film, un peu comme aujourd'hui à la télé quand les chaînes se croient obligées de nous glisser des incrustations pour nous rappeler quelques émissions lourdingues du soir ou du lendemain. Dommage.
En tous cas, concours ou pas, c'est une très bonne nouvelle, et j'aurai grand plaisir à vous relire quand l'anonymat sera levé.
Encore bravo.

J'ai lu l'incipit comme bien souvent après la nouvelle et je le trouve très beau et très juste. Et j'aime encore davantage votre petite indienne en mocassin. Si ce proverbe est juste, que dire aujourd'hui de ces femmes qui déambulent en talons aiguilles démesurés et qui possèdent des centaines d'autres godasses ridicules dans leur dressing.
Bouhou !! Que sont devenues mes chères années 70 ?

   placebo   
28/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Le texte est visuel, l'univers bien placé. Du mal à croire à l'ensemble, un peu trop de clichés peut-être. J'étais curieux de savoir quel type de dénouement allait survenir en 13 secondes, lors de la rencontre avec les militaires.

"Son père, sa mère, Paco, son époux, le chef respecté" j'ai supposé que Paco était l'époux, le chef respecté, mais écrit comme ça j'ai hésité à croire qu'il y avait 5 personnes différentes.

Bonne continuation,
placebo

   Vincendix   
9/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Bellaeva,
J’avais survolé ce texte, me promettant d’y revenir après les résultats du concours.

J’ai toujours eu une véritable admiration pour les Indiens d’Amérique, gamin, je fulminais de voir, dans les westerns, les visages pâles avoir le beau rôle, c’était indécent !

Ce texte est cohérent et reproduit parfaitement à la fois le courage de l’Amérindien, notamment de la squaw et la part de mystère qui entoure ce peuple venu on ne sait d’où.
J’ai suivi l’aventure d’Asha avec intérêt, admiré son courage et sa détermination en ayant l’ESPOIR qu’elle survive et retrouve son fils.

Deux petites remarques, dans les premières lignes, la prolifération d’adjectifs nuit un peu à la lecture, surtout quand ils sont associés …ET… D’autre part, dans les dialogues, je pense qu’il faut éviter de faire parler l’Indigène de cette façon, je trouvais cette pratique idiote dans les films, les langues amérindiennes ou africaines sont plus harmonieuses que ce sabir haché !

Un proverbe amérindien qui exprime la sagesse de ce peuple:
La terre n’appartient pas l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre

Bon dimanche
Vincent

   Marite   
9/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est le forum ouvert au sujet de cette nouvelle qui m'a attirée et je ne regrette pas du tout cette lecture. Tout y est normal, rien d'étrange (pour moi ...), ni dans l'histoire, ni dans le comportement des divers personnages. Bien que ce ne soit qu'un récit imaginé, je me suis très rapidement retrouvée près de Asha l'héroïne. Une échappée dans une réalité d'un passé pas si éloigné de nous après tout.
J'ai adoré la conclusion : "... Tous deux tombent dans le vide de manière très différente. Lui, sur le dos, se bat avec un ennemi invisible, elle, sur le ventre les bras et jambes écartés sous sa robe en daim. Elle plane tel un rapace. À côté d’elle, l’aigle la rejoint. Deux aigles volent côte à côte, désormais ..."

   jaimme   
15/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ok, j'ai mis le temps pour commenter, je sais...
Mais je voulais laisser passer le concours pour laisser une trace sur le texte lui-même, hors contexte.
Et... c'est excellent. Le rythme, le visuel, les croyances indiennes. Le personnage principal a une vraie tessiture, on souffre pour elle.
J'ai pensé, à la fin, au film "le dernier des Mohicans", que j'adore (et quelle musique!).
Un reproche? (je cherche, je cherche). Le renégat, j'aime pas trop quand il parle "petit nègre". C'est tout, rien trouvé d'autre.
Super!


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