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Policier/Noir/Thriller
Bellaeva : Un duo peut en cacher un autre [concours]
 Publié le 17/09/18  -  10 commentaires  -  30480 caractères  -  59 lectures    Autres textes du même auteur

– Trois vols, trois looks complètement différents. Mais c’est elle, j’en suis certain, c’est elle, je te dis !


Un duo peut en cacher un autre [concours]


Ce texte est une participation au concours n°25 : Duo de choc !

(informations sur ce concours).



Luc se penche vers l’ordinateur, il approche son visage de l’écran.


– Putain ! Je te dis que c’est elle, il n’y a aucun doute ! On la tient !


Pierre taille un crayon avec application, la spirale de copeau de bois tombe mollement dans la poubelle à papier. Il regarde Luc par-dessus ses lunettes, puis jette un œil à son tour sur l’écran où l’on voit une femme assise dans le couloir de la brigade.


– Quelle ressemblance vois-tu entre cette minette et ces bonnes femmes ? dit-il en désignant du menton les photos étalées sur le bureau.

– Justement, rien !


Pierre pouffe, son ventre proéminent ondule sous les vagues d’un rire rentré. Luc le foudroie du regard.


– Tu penses qu’elle va se radiner au commissariat en tenue de voleuse, peut-être ? Au quotidien, elle doit être transparente, madame Tout le Monde, évidemment !


Quelques minutes plus tôt, le commissaire quittait leur bureau laissant dans l’air une atmosphère électrique. L’index pointé sur une cible invisible, leur hiérarchique avait lâché sèchement :


– Vous me la coincez ! J’ai les directeurs d’hôtel et les assurances sur le dos, maintenant les politiques, la saison touristique commence. Quel milliardaire veut voir sa femme se faire dépouiller de ses bijoux ? On se bouge le cul !


Plus il y a de pression, plus Pierre se sent devenir calme, voire amorphe, une réaction de défense que son univers familial tourmenté lui a apprise, le meilleur moyen pour éviter les coups. Pas toujours efficace dans sa vie d’adulte, surtout avec Luc. Dans un long geste lent, il prend une photo où l’on voit une femme corpulente d’âge mûr en robe de soirée.


– Passe encore pour les cheveux blancs mais t’as vu ses gros nichons à celle-là ? Ses épaules larges, son dos voûté et même son visage avec ce double menton ? Rien à voir avec cette petite souris grise.

– Ah ? Tu crois que les maquillages, les déguisements ça n’existe pas peut-être ? Je reconnais qu’elle est fortiche, la fille. Trois vols, trois looks complètement différents. Mais c’est elle, j’en suis certain, c’est elle, je te dis !


Il sait que c’est la même personne qui a mené ces vols, il sait que c’est elle. Il le sait, il le sent, il connaît ce frisson familier qui lui court sous la peau, cette tension dans la colonne vertébrale. Pierre l’observe, ils ont fait équipe depuis trop longtemps, pour ne pas se connaître à fond. Il a souvent comparé Luc à un des meilleurs chiens de chasse de son père. Le chien baguenaude de gauche à droite, il semble flâner sans but, et puis soudain, il saisit dans l’air une légère odeur. Là, il devient fou, il tourne en rond pour trouver le grand courant odorant d’où s’est échappée la faible trace. Puis se statufie sur place, la queue dans le prolongement de la colonne vertébrale, la tête levée pour ne pas perdre l’odeur. Enfin, le museau s’oriente dans une direction tel un panneau indicateur, et il part comme une flèche. C’est tout Luc. Au début d’une enquête, il semble flâner, écoute les comptes-rendus d’un air détaché, si le commissaire lui fait une remarque sur son dilettantisme, il répond : « Je métabolise, patron, je métabolise ». Lors d’une enquête, un psy a utilisé ce mot, il se l’est approprié, cela colle à son fonctionnement. Oui il métabolise, et tout d’un coup, il sait et là…


+++


– Asseyez-vous.


La jeune femme se pose du bout des fesses sur une chaise en plastique grise de crasse.


– Retirez votre imperméable, on en a pour un petit moment.


Elle obtempère et plie soigneusement son imperméable sur ses genoux. Un ensemble pantalon bleu marine et un corsage blanc lui confèrent un air sérieux. Elle se tient très droite.

Luc l’observe, coupe au carré, cheveux châtains, yeux gris-vert couleur huitre, peau claire, visage fin, nez… rien à dire. Un corps longiligne, peu de poitrine, femme de type liane, ni vraiment grande, ni vraiment petite. Physique banal, rien de laid, rien de beau non plus. Un physique passe partout en somme. Pour percer cette apparence, il y a tout le reste, le regard, la voix, les expressions qui dissonent…


– Votre nom, votre prénom.

– Benedetti Julia.


La voix est agréable sans intonation. Pas monocorde, pas modulée non plus.


– Vous êtes française, d’origine italienne.

– Oui.


La jeune femme n’offre aucune résistance mais ne donne pas plus que ce qu’on lui demande. Pas d’aspérité, pas d’accroche, lisse. Le regard est neutre, attentif.


– Vous êtes née à Paris 16e, il y a 35 ans, fille unique, vos parents sont décédés dans un accident de voiture depuis un an environ.


Même l’évocation brutale de ce décès ne laisse jaillir aucune marque d’émotion.


– Quels métiers exerçaient vos parents ?

– Mon père était ouvrier chez Renault, ma mère femme de ménage.

– Vous avez passé votre enfance dans un immeuble du 16e, étonnant au regard des revenus de vos parents, non ?


Sa bouche dessine un rictus ironique. Seule expression remarquable de tout l’entretien, Luc mémorise l’instant pour y revenir.


– Septième étage, l’ascenseur s’arrêtait au sixième, trois anciennes chambres de bonnes mansardées aménagées en appartement, W.C. sur le palier, une douche bricolée dans le coin cuisine, rien de bien chic. Cela permettait à ma mère d’avoir de nombreux clients dans le quartier.

– Vous êtes célibataire, sans attache en somme ?

– Oui, mon métier est difficilement compatible avec une vie de famille et cela me va.

– Même pas de petit ami ?

– Si, bien sûr, mais rien de sérieux.

– Vous avez obtenu un BTS dans l’hôtellerie, secteur dans lequel vous travaillez depuis 15 ans. Vous êtes gouvernante générale dans des hôtels de 4 à 5 étoiles. Vous pouvez me préciser en quoi consiste votre job ?

– Je manage toute l’équipe des femmes de chambre et l’équipe de la lingerie… L’objectif est que les chambres soient impeccables et répondent parfaitement aux besoins des clients.


Luc demande brusquement :


– Savez-vous pourquoi vous êtes ici ?

– On m’accuse d’avoir volé des bijoux dans trois hôtels renommés.

– Parfaitement synthétisé. Et ?

– Et quoi ?

– Vous répondez quoi à cette accusation ?

– Je suis innocente.

– Les trois vols se sont succédé sur un court laps de temps et ils ont eu le même mode opératoire, dans deux hôtels à Paris un à Cannes. Trois hôtels dans lesquels vous avez travaillé.

– Parce que j’ai travaillé dans ces trois hôtels, vous pensez que je suis la coupable, c’est un peu faible comme preuve, non ?


Derrière le masque réservé de la jeune femme transparaît un caractère.


– Le point commun entre ces trois vols c’est vous. Et surtout, pour le dernier vol, à Cannes, votre carte bleue a servi à payer un Uber, il vous a déposé devant l’hôtel concerné.

– On m’a volé ma carte bleue, j’ai porté plainte, vous n’avez qu’à vérifier. Le chauffeur ne m’a certainement pas reconnue.

– Il a en revanche reconnu formellement la femme qui a agressé et volé la victime.

– Cette femme a volé ma carte bleue et veut me faire accuser, c’est aussi simple que ça.

– Cela fait beaucoup de coïncidences vous ne trouvez pas ? Réfléchissez bien, vous avez tout intérêt à avouer. Vous pensez bien que nous avons d’autres éléments.


Luc se lève en jetant un coup d’œil à la vitre sans tain.


+++


Pierre se frotte le menton, il a assisté à tout l’interrogatoire derrière la vitre, Luc le rejoint.


– Coriace la fille. Elle n’a pas cillé d’un pouce. Tu as bien fait de la laisser mariner. Ceci dit, à part ton intuition, on n’a pas grand-chose, tu as la chance que le procureur te fasse confiance, autrement pas de garde à vue…

– Oui coriace… Je ne crois pas une seule seconde à son histoire de carte bleue, même si elle a fait une déclaration de vol, ça prouve quoi ?

– Pourquoi ne pas payer en espèces ?

– Étourderie. Elle a des points faibles, c’est bon pour nous.

– En tout cas, aucune erreur pour les deux autres forfaits, à part qu’à ces dates, elle travaillait à Paris. Et le mobile ?

– L’argent, c’est évident. Tu as vu sa réaction quand je lui ai parlé de leur appartement dans le 16e ? À force de croiser des richards, elle a pété un câble. L’envie, la jalousie, les mobiles ne manquent pas. Peux-tu me faire une recherche fouillée sur sa vie ? Moi, je vais réinterroger personnellement les trois victimes.


Lourd et lent dans la vie, Pierre est d’une agilité stupéfiante sur Internet.


– Que dois-je chercher ?

– Cherche… et tu trouveras…


+++

Un mois plus tôt.


Mon corps est devenu celui d’une vieille dame âgée. Dans le miroir, l’armature grosses fesses et gros seins, bien en place sous la combinaison, donne un effet gainé avec un faux dos large et vouté, l’ensemble est totalement réaliste. Après la pose de lentilles de contact marron, j’enfile comme une chaussette un masque mou en silicone, une tête chauve apparaît ainsi qu’un visage mature lifté déjà tout maquillé, je dois juste faire quelques retouches autour des ouvertures, les yeux, la bouche…

Une perruque aux cheveux blancs, une paire de lunettes Chanel, une belle robe de soirée, des faux bijoux achèvent mon déguisement, je danse devant la glace. Je ris de l’incongruité de voir cette vieille dame se déhancher dans une samba. Je peux appeler un Uber que je récupérerai trois rues plus loin. Leur donner des pistes, oui, pas trop, il faut qu’ils se bougent, les flics. Je grimace en observant mes mains sur le smartphone, elles dénotent, trop blanches, trop parfaites, trop jeunes. Je les cache au mieux sous les manches qui descendent en pointe jusqu’à mes phalanges. Des fausses taches de vieillesse auraient pu faire l’affaire, je me mords les lèvres, je m’en veux de ne pas y avoir pensé plus tôt. En route.


Un groom vient à ma rencontre lorsque je monte les marches de l’hôtel le plus luxueux de Cannes.


– Je viens pour la réception, dis-je d’une voix enrouée, le meilleur moyen pour masquer sa jeunesse.


Je tends un carton d’invitation à l’entête de l’hôtel. Invitation à une réception somptueuse ouverte à certains clients les plus riches, souvent célèbres et à des notables cannois en période de festival de Cannes.

L’employé s’empresse auprès de moi pour me proposer un vestiaire, je décline, je préfère garder mon châle, le fond de l’air est frais, et il me permet de cacher les petites imperfections, mes mains peuvent se réfugier dessous. Le groom me conduit jusqu’au grand salon. Je connais parfaitement cette pièce splendide ouvrant ses portes fenêtres sur la mer. Des buffets sont installés le long des murs. Des serveurs en costume noir et chemise blanche se déplacent avec des plateaux d’argent couronnés de coupes de champagne. Je respire d’aise, je suis chez moi.

Je me saisis d’une coupe et m’approche du buffet, je choisis un canapé au caviar et le grignote doucement. Ma proie arrivera en retard afin de faire une entrée sensationnelle.


Je repère un groupe de femmes, certaines font la une de magazines people, une cour toute trouvée pour ma cible. Je me fonds comme un caméléon dans le groupe. Les femmes parlent du festival de Cannes, de Cate Blanchett sa présidente. Je me laisse imprégner par les phrases qui fusent, chaque femme ayant le désir d’être au centre, de capter l’attention générale.


– Je l’ai vue, elle est magnifique cette femme !

– Moi aussi, mais dans Blue Jasmine récemment… Vous savez, ce film de Woody Allen ?

– C’est bien de voir les femmes prendre le devant de la scène aujourd’hui…

– Et cet affreux Weinstein…

– Enfin franchement l’expression « balance ton porc » est odieuse…

– « Me too » c’est mieux…

– Oui mais…

– Que pensez-vous de la tribune de Catherine Deneuve ? Elle veut avoir le droit d’être importunée ?


Gloussements.


Je soutiens ma voisine de droite, puis ma voisine de gauche, pas plus difficile que ça, ne pas exister en tant que tel, écouter, approuver, valoriser, et ainsi l’alliance est créée. Je sais si bien faire, j’ai été à si bonne école.


Ma proie fait une entrée magistrale au bras de son mari, un frisson électrique parcourt mon corps. Bérengère de Montignac. Superbe robe noire en dentelle avec un décolleté devant et derrière. Côté pile, dos nu et chute de rein moulée et côté face, fente des seins abyssale. Les regards des hommes s’y plongent, s’y attardent, s’y perdent. Les regards des femmes se font scrutateurs, des lueurs jalouses étincellent, les sourcils se pincent soupçonneux vis-à-vis de leur compagnon.


Ses cheveux noirs luisent de santé, ses yeux bleus pétillent d’arrogance, et son sourire s’ouvre sur des dents blanches étincelantes. Elle est belle, très belle. Ses défauts ont été éradiqués, avec de l’argent, on peut tout avoir, n’est-ce pas ? Sa rivière de diamants autour du cou, bracelet et bagues assortis brillent d’insolence. Oui, avec l’argent, on peut tout avoir, et aussi tout perdre.

Mon groupe ondule vers elle, une nuée de moustiques attirés par la lumière. Je suis le mouvement. Pas facile de s’approcher d’elle, toutes les femmes veulent être au plus près de la déesse. J’arrive à m’immiscer et je lui propose un rafraîchissement. Personne ne me prendra cette place, nulle ne veut s’éloigner. Elle ne me concède aucun regard et demande une coupe.


Je file vers le buffet. On s’empresse de me servir une coupe de champagne. En me retournant, dans un geste rapide, je vide la poudre dans le verre. Cela fait une légère émulsion qui disparaît rapidement. Et des bulles dans le champagne quoi de moins surprenant ?

À peine revenue, on me saisit la coupe et on la tend à la reine du bal, trop content de lui être agréable en gagnant ainsi une place plus proche d’elle. Pour moi, il n’y a plus qu’à attendre à l’orée du groupe. Pas longtemps. Cela piaille, cela rit, cela s’exclame, cela s’emballe et soudain, cela s’inquiète.


– Cela ne va pas ? Vous avez trop chaud, c’est ça ?

– Faites-lui de la place, on l’étouffe, il y a trop de monde autour d’elle…

– C’est vrai ça, on l’empêche de respirer !


Évidemment, c’est dit pour les autres, pas pour soi, personne ne bouge. À moi de jouer. Avec autorité, je lance.


– Je suis médecin. Laissez-moi passer !


Un chemin s’ouvre vers la diva appuyée au bras de son mari. La femme splendide de tout à l’heure a perdu toute son aura. Je jubile intérieurement devant le visage défait, le teint livide sous le maquillage, le corps affaissé habitué à se tenir bien droit, la reine du bal est déchue. Mais on n’a pas encore tout vu.


– Les toilettes… murmure -t-elle dans un souffle.

– Je vous emmène, dis-je d’un ton sans réplique.


D’autres femmes veulent m’accompagner, je leur oppose mon statut de médecin.


– Moins de monde il y aura, mieux c’est, laissons-la respirer.


Dès l’arrivée dans les toilettes, le mélange de vomitif et de somnifère fait son effet, elle vomit sur la faïence impeccable. Sa robe magnifique n’est pas épargnée. L’odeur âcre se mêle au parfum coûteux. Beurk ! Je l’emmène jusqu’à une cuvette de W.C., je la fais se mettre à genoux, elle continue à avoir des spasmes terribles. J’en profite pour dégrafer son collier, son bracelet, lui retire ses bagues. Elle n’est plus consciente de ce qui lui arrive. J’arrange sa position au mieux, toujours à genoux, la tête contre les toilettes, la bouche ouverte, le bras qui s’accroche à la cuvette, la robe débraillée. Je recule pour jouir de l’effet. Ridicule, elle est ridicule, il paraît que le ridicule ne tue pas, pas sûr. Pas sûr du tout. Après plusieurs photos de mon œuvre, je cache les bijoux dans une poche sous ma robe.

Une foule inquiète attend à la sortie des toilettes, je leur dis que je vais chercher un médicament laissé dans ma sacoche au vestiaire, surtout la laisser tranquille, je reviens tout de suite. Je ne reviendrai jamais. Je file par la porte de service. Le lendemain, mes photos puis d’autres, ses chères amies ne se priveront pas de m’imiter en douce, courront sur les réseaux sociaux… J’exulte !


+++


– As-tu trouvé quelque chose ?


Pierre lève les yeux de son ordinateur, ses lunettes ont glissé sur le nez, il les relève à l’aide de son indexe tendu. Luc attend avec impatience la réponse, il devine dans la lenteur concentrée de son collègue, une intensité qui cache une révélation. Il sent monter l’impatience.


– Alors ?

– Eh bien…

– Mais quoi ? Parle, merde, parle… tu as trouvé quelque chose, j’en suis certain ! Crache le morceau !


Pierre ne cherche pas à faire durer le suspens, il a besoin de rassembler ses mots, donner des explications claires. Sous le coup de l’émotion, il a toujours un blanc dans la tête. Toute forme de pression aggrave la situation. Luc se tait, il sait que ses questions freinent toute réponse. Il marche dans la pièce, va se servir un café froid, puis l’abandonne sur son bureau après avoir bu une gorgée, écœuré. Il ne bouge plus, il attend. Il tourne le dos et fixe sans les voir toutes les photos de l’affaire fixées au mur.


– Bon voilà, elle a fait du théâtre pendant plus de 15 ans.


Pierre lui tend un papier, Luc lui arrache des mains. C’est la photocopie d’un CV assez ancien, les dernières dates d’expériences professionnelles remontent à 10 ans. À la rubrique centre d’intérêts, il est noté qu’elle a fait du théâtre depuis l’âge de 9 ans. Luc sent des fourmillements dans sa colonne vertébrale. Dans le dossier de Julia Benedetti, il y a un CV récent qui ne mentionne pas cette information.


– Oui c’est déjà une piste…

– C’est pas tout…

– Quoi ?


Pierre respire à fond.


– J’ai recherché les théâtres du 16e qui s’occupaient d’enfants. Et… j’ai trouvé son théâtre.

– Donne-moi l’adresse, j’y vais tout de suite…


Luc a déjà saisi sa veste, la main sur la poignée de la porte.


– Attends…

– Quoi ? On n’a pas de temps à perdre, enfin…

– C’est fait.

– Quoi c’est fait ?

– J’y suis allé.

– Alors ?


Pierre écarquille les yeux et reste muet quelques secondes.


– J’ai rencontré le directeur, il la connaît très bien, elle a été très active… participait à tous les spectacles… douée pour jouer et aussi…

– Aussi…


Luc ne bouge plus, tout son corps est tendu dans l’attente de la suite, il devine ce que va lui dire son collègue.


– Elle s’occupait des décors et surtout…

– Et surtout ?

– … des déguisements, elle était très inventive…


Des perles de sueur coulent sur son front qu’il essuie du dos de la main, Pierre reprend sa respiration régulière, il vient de faire un sprint exceptionnel.


– Pas mal, pas mal. Pas une preuve bien sûr, mais de forts indices…

– C’est pas tout…

– Quoi !?


+++


– Dites-moi, c’était quoi vos centres d’intérêts lorsque vous étiez enfant ?


Luc a posé la question d’emblée. Julia reste de marbre.


– Comme tous les enfants, je suppose.

– Plus précisément.

– Je lisais beaucoup.

– Oui, et ?

– Voilà.

– Et c’est tout ?


Julia soupire.


– J’ai fait du théâtre, c’est ça que vous voulez me faire dire ? Et donc, vous en déduisez que je peux jouer la comédie. C’est encore très faible comme preuve, vous ne croyez pas ?

Beaucoup d’enfants ont fait du théâtre.

– Pendant plus de 15 ans ? Pas si courant, non.


Luc croit voir une lueur de crainte dans son regard, c’est trop fugitif pour qu’il en soit certain.


– Donc, on peut considérer que vous savez jouer la comédie.

– Il y a longtemps que j’ai arrêté.

– Pourquoi ne pas en avoir fait votre métier ? Vous aimiez cela, et vous étiez douée.


Julia plisse les yeux, fixe Luc.


– Qu’en savez-vous ?

– Peu importe, répondez à ma question.

– C’est très difficile d’en vivre, je ne voulais pas être une crève-la-faim. Et puis, c’était plutôt un passe-temps.

– Pourquoi l’hôtellerie ?

– Pourquoi pas ? C’est un secteur où il y a des débouchés, pas de problème de chômage.

– J’ai vu que votre père a connu des périodes de chômage.

– Oui c’est pour ça, je voulais avoir un métier sûr. On ne bouclait pas toujours les fins de mois avec mes parents, loin de là.

– Vous étiez très investie nous a-t-on dit.


Cette fois-ci, il a vu la lueur de crainte, il en est certain, il la tient.


– Racontez-moi un peu cette période, que faisiez-vous au théâtre ?

– Je répétais des pièces, et j’aidais à préparer des spectacles. Mais comment savez-vous cela ?


Elle fronce les sourcils.


– Claude Charron, cela vous dit quelque chose ?


Elle pâlit, son regard s’échappe vers le bas.


– Oui, c’est mon ancien directeur de théâtre, il nous donnait des cours aussi.

– Donc, pouvez-vous me préciser ce que vous faisiez dans la préparation des spectacles en plus de répéter ?

– Bon d’accord, je préparais les décors et les déguisements.

– Nous y voilà. Vous déguiser et jouer des rôles différents de femme par exemple, ce n’est pas très compliqué.

– Ce n’était pas très compliqué, et je jouais des rôles appris, j’avais du matériel…


Là, il s’agit de porter le coup de grâce.


– Pourquoi avez-vous recontacté Claude Charron, il y a quelques mois ?

– J’étais sur Paris, j’ai voulu prendre des nouvelles, rien de plus naturel.

– Presque 10 ans après ? Vous avez eu maintes autres occasions de le revoir avant.

– Oui mais, j’avais envie de reprendre du théâtre et je me suis demandé comment faire après tant d’années. Il serait le mieux placé pour me renseigner.

– Il paraît que vous lui avez demandé comment on peut se procurer des déguisements sophistiqués aussi…


+++


Luc regarde les photos aimantées sur le tableau blanc. Il aime bien ce principe visuel, il regroupe, il sépare, et observe longuement les nouvelles formes, souvent jaillissent une idée ou une intuition de ces changements. Auparavant, il avait regroupé d’un côté les photos montrant la voleuse, et les victimes de l’autre. Là, il a refait l’agencement avec trois blocs distincts séparant chaque vol. Les plus nombreux tirages appartiennent au dernier vol, celui de Cannes, se rajoutent aux photos des caméras de surveillance, des photos issues des réseaux sociaux où l’on voit principalement la victime dans les toilettes.

Pierre s’affaire sur son ordinateur, la rapidité des doigts sur le clavier ne semble pas appartenir à son propriétaire.

Métaboliser, métaboliser, mais ça ne sort pas ! L’agresseur, une femme, plus ou moins vieille, plus ou moins forte, cheveux blonds, bruns et blancs. Trois femmes qui ne se ressemblent aucunement, elles n’ont pas la même morphologie, le même style. Dans les trois cas, la victime finit aux toilettes accompagnée par la voleuse suite à un malaise. Dans les deux premiers cas, on retrouve les victimes allongées sur le sol, elles dorment, pas de photos, car pas de caméra de surveillance dans les toilettes, évidemment. Dans le dernier cas, elle est agenouillée devant les toilettes, visage collé sur la faïence, bouche ouverte, la posture est avachie bizarrement. Posture peu élégante. Luc parcourt en même temps les différents comptes-rendus d’entretiens. Cette dernière victime est davantage choquée par les photos circulant sur les réseaux sociaux reprises avec empressement par la presse que par la perte de ses bijoux. Soudain, Luc sent un frisson courir sous sa peau.


– Pierre, je crois que j’ai une piste…

– Moi aussi…


Luc se lève précipitamment de sa chaise, elle se renverse. Il vient se poster dans le dos de Pierre.


– Quoi ? Dis-moi ?

– La dernière victime…

– Oui, Bérengère de Montignac, oui justement, alors ?


Luc s’adosse au mur, il doit ralentir, respirer, se calmer, car Pierre n’accouchera pas de ce qu’il pressent. Il se fait peinture murale. Pierre lâche d’une traite :


– Elle est née dans le 16e, Bérengère Dubreuil, ses parents ont habité le même immeuble que Julia Benedetti pendant 20 ans, elles ont le même âge. Elles ont été aux mêmes écoles.

– Le théâtre ?

– Les deux ont suivi les mêmes cours de théâtre, et maintenant Bérengère de Montignac est une actrice connue.

– Pas Julia.

– Pas Julia.

– Jalousie ? Règlement de compte ? Vengeance ? C’est le mobile. Les autres victimes ne sont que des masques, un de plus. On la tient. Appelle Claude Charron qui te parle de Bérengère Dubreuil.


+++


– Vous connaissez Bérengère de Montignac.

– Non.

– Bérengère Dubreuil, si. N’est-ce pas ?


Il discerne un léger amusement au fond de l’œil gris, cela le déconcerte.


– Vous en avez mis du temps, inspecteur, pour faire le rapprochement.

– Arrêtons de jouer, mademoiselle Benedetti. Vous connaissiez très bien madame de Montignac, vous avez été dans les mêmes classes jusqu’à la 3e, vous avez fait du théâtre ensemble. Mais elle, elle a réussi en tant qu’actrice, pas vous.

– Facile quand on a des parents riches et influents. Puis, réussir dans des séries télé, ce n’est pas ce que j’appelle réussir.


La réponse a fusé, haineuse. Luc sourit, tranquille, il s’adosse à sa chaise, il la tient, cette fois.


– C’est donc ça. La petite fille pauvre jalouse de la petite fille riche. La jalousie, voilà le mobile, le seul. Il fallait l’abattre, la faire tomber de son piédestal. L’humilier. Claude Charron a d’abord mis du temps à se souvenir d’elle et n’avait même pas fait le rapprochement avec l’actrice qui passe régulièrement à la télé. Sa réussite a dû vous mettre en rage.


Luc insiste lourdement sur le mot « réussite ». Contrairement à toute attente, Julia sourit de toutes ses dents, petites mais pointues.


– Vous croyez avoir tout compris ?


Luc se redresse, surpris. Elle rit. C’est la première fois qu’elle montre ce visage espiègle. Il plisse les yeux pour mieux la scruter. Le chien de chasse flaire comme un fou le leurre qu’il a pris pour une proie.


– Je vais vous raconter l’histoire que vous ne connaissez pas, Bérengère ne se risquera pas à vous en parler…


Enfants, elles étaient comme deux sœurs, tout le temps ensemble, la mère de Julia faisait le ménage chez les Dubreuil et assurait le service lors de réceptions. Aussi, elle gardait la petite Bérengère, les parents avaient une vie mondaine active. Julia héritait de tous les vêtements à peine portés de Bérengère.


– À table, le soir, ma mère ne nous parlait que de la famille Dubreuil, nous étions informés sur tout, une vraie série télé, style « Plus belle la vie » chez les bourgeois. Nous vivions leur vie par procuration.

– Et puis ?


Julia Benedetti baisse les yeux et raconte son histoire pour la première fois.


– Tout allait bien jusqu’à la fin de l’école primaire. Madame Dubreuil a décidé de faire rentrer sa fille en 6e dans une école privée réputée du 16e. Ma mère, par mimétisme et par sa volonté acharnée de me faire réussir socialement, m’a inscrite dans la même école. Financièrement, cela a été très lourd. Tout a basculé. Bérengère, toujours à côté de moi à l’école primaire, a préféré rejoindre un clan de filles bourgeoises. C’était déjà douloureux de la voir m’ignorer, elle ne s’est pas contentée de ça, je suis devenue son bouc émissaire. Et ça a duré jusqu’à la 3e. J’ai supplié ma mère de me faire changer d’école, mais elle n’a rien voulu entendre me rétorquant que c’étaient des brouilles de gamines que cela s’arrangerait. Mais elle avait une imagination perverse, la Bérengère. Une fois, aidée de ses copines, elles m’ont forcée à me déshabiller dans les toilettes du collège, retirer tous les vêtements donnés par sa mère, je me suis retrouvée en slip et maillot de corps, c’était des sous-vêtements gris à force d’être lavés, un peu troués. Alors que toutes portaient des sous-vêtements de Lolita ! J’étais morte de honte. Elles m’ont abandonnée là, j’ai fini par sortir pour essayer de demander de l’aide auprès d’une surveillante, et évidemment, il a fallu que je traverse la cour. Cette chère Bérengère a ameuté du monde pour m’applaudir, j’ai avancé jusqu’au bureau sous les moqueries de toutes sortes. Elle m’a glissé à l’oreille un peu plus tard : « Quand on veut être actrice, il faut assurer dans tous les déguisements ». J’ai encore son rire à mon oreille. Elle était terriblement jalouse de moi car Claude Charron me donnait les premiers rôles, elle n’avait que les seconds quand elle en avait.

– Et lorsque vos parents sont morts, vous avez décidé de vous venger, c’est ça ?

– Oui. Hors de question de faire ça à ma mère de son vivant. Les bijoux sont intacts dans un coffre à la banque.

– Pourquoi les deux premiers vols ?

– Un rôle cela se répète, je ne voulais en aucun cas me manquer.

– Cette vengeance vous conduit tout droit en prison. Votre carrière est fichue, aucun hôtel ne voudra plus vous embaucher. Vous savez tout ça ?

– Qui vous dit que je vais continuer à travailler dans des hôtels, que je vais continuer à vivre en France ? Je n’ai plus aucune attache.


Luc accompagne Julia à la porte de la salle d’interrogatoire. Soudain, elle se retourne.


– Vous croyez que vous avez joué au chat et à la souris avec moi, inspecteur ?


Luc hausse des sourcils interrogateurs face à un visage enjoué au regard vif et brillant qu’il ne reconnaît pas. Un sourire malicieux aux lèvres, elle rajoute :


– Je suis un chat déguisé en souris, en fait.


Elle éclate de rire.


+++


Luc rejoint son collègue derrière la vitre sans tain, il est soucieux, quelque chose lui échappe. Pierre lui lance :


– Elle nous a menés par le bout du nez.

– Oui, elle veut que Bérengère de Montignac sache qui lui a fait cela et pourquoi. Et elle a utilisé l’art du théâtre pour l’humilier et ainsi se venger. Tout le long, elle a joué avec elle et avec nous.

– Pire qu’humiliée. Elle l’a tuée ou presque. C’est une menace de mort.

– Qu’est-ce que tu racontes ?

– Je ne t’ai pas dit une chose, cela ne me semblait pas important. Bérengère de Montignac se donne une image de femme caritative qui s’occupe d’enfants maltraités. Que crois-tu qu’il va se passer quand les médias diffuseront son passé d’harceleuse ?

– Haine du public, lynchage sur les réseaux sociaux, risque de ne plus avoir de rôle, la chute va très vite dans ce milieu. Sauf… Sauf si elle étouffe l’affaire.


Pierre hoche la tête et rajoute :


– Oui, ça veut dire : retrait de sa plainte, faire taire les autres plaignantes. Et surtout, surtout obtenir le silence sur ce passé… La négo va être rude. Cela va lui coûter très cher. Pas sûr que l’avenir de Julia Benedetti soit aussi sombre.


 
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   Bidis   
6/9/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le début est prometteur et la scène de la soirée très bien dessinée, on y est. Et puis, pour moi, tout devient artificiel. Je n'ai pas accroché à cette histoire de vengeance. D'autant que la vengeance plus le chantage, cela fait surenchère et l'un affaiblit l'autre. Si l'héroïne avait profité de l'effet d'une drogue pour humilier sa rivale, point barre, là, c'était plus croustillant, plus gai à lire. Ici, il y a un peu de revanche et un peu d'intérêt pour l'argent, mais rien de vraiment percutant.
Question duo, il y en a donc deux : les policiers et les deux ex amies. Je ne les trouve pas vraiment évidents. Et la scène de violence me semble en outre un peu édulcorée.

Je n'ai pas compris ce passage :
"- On m’a volé ma carte bleue, j’ai porté plainte, vous n’avez qu’à vérifier. Le chauffeur ne m’a certainement pas reconnue
- Il a en revanche reconnu formellement la femme qui a agressé et volé la victime. "
N'y a-t-il pas ici une contradiction?
Ni cette phrase :
"Le lendemain, mes photos puis d’autres, ses chères amies ne se priveront pas de m’imiter en douce, courront sur les réseaux sociaux… »
Mon incompréhension vient peut-être d'une imprécision dans l'écriture.

   SQUEEN   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Le plan de Julia est de faire savoir à Bérengère que c’est elle, Julia, qui a perpétré et organisé ces différents cambriolages pour assouvir une vengeance. Une fois que celle-ci le saura, elle retirera sa plainte et fera pression sur les autres plaignantes pour qu’elles fassent pareil. Pourquoi en passe-elle par ces heures d’interrogatoire ? Quelque chose a dû m’échapper. L’écriture est agréable les scènes alternent agréablement, le duo de flic est bien décrit, il y a la scène d’action et l’analepsie. Beaucoup de dialogues, l’élément inattendu est moins évident. Beaucoup de complexification me semblant artificielle, trop sophistiqué. Cela m’a paru long et un peu « méandreux » pour en arriver à la chute plutôt décevante. Julia n’aurait-elle pas pu se rendre au commissariat et tout avoué, attitude intrigante qui aurait justifié le déroulé de l’explication… Mais je me répète je n’ai sans doute pas compris un élément de cette histoire. Bonne chance pour le concours.

   Jean-Claude   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour.

Tout d'abord, je trouve que Julia occupe autant de place que le duo.
Ensuite, la fin est trop rapide (les explications relatives au chantage...) mais c'est peut-être parce que la limite max est atteinte.
Sinon, l'idée est bonne. Il me manque juste des liaisons, des détails de mise en scène pour asseoir le scénario...

Au plaisir de vous (r)elire
JC

   toc-art   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'ai bien aimé. La construction notamment, qui ménage bien l'intérêt et j'ai lu sans temps mort. Comme souvent, la fin est un peu trop explicative et du coup parait un peu artificielle, mais comment faire autrement ? Le duo de flics me semble assez caractérisé.

Bon après, l'argument reste mince : l'héroïne aurait pu faire chanter l'actrice sans se mettre elle-même en situation fâcheuse (parce que faire lever les 3 plaintes me parait compliqué tout de même, surtout par les temps qui courent). Mais bon, mon impression d'ensemble est positive, j'ai trouvé ce récit agréable à lire et divertissant.

   David   
18/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Une chouette nouvelle policière ! J'ai eu du mal à saisir comment Pierre avait eu le temps de visiter le directeur de théâtre sans Luc, alors qu'il me semblait être toujours ensemble (comme Starsky et Hutch ou autres... ). En relisant, je vois qu'il n'est pas dit ce que Luc fait pendant que Pierre "cherche", j'ai supposé qu'ils restaient tout deux dans leur commissariat, entre l'interrogatoire et les recherches internet.

En tout cas, la chute est finaude, je n'avais pas imaginé une telle ruse : se faire condamner pour vols afin de faire chanter une des victimes. Je repense à l'histoire du convoyeur de fond qui s'était rendu après avoir disparu suite au vol de son camion, et dont les média soupçonnait un calcul : le butin moins la peine pour vol sans effraction pouvait lui rapporter beaucoup pour quelques années de prison.

Le déroulement est assez fluide, j'ai trouvé l'écriture correcte mais sans plus, je regrette qu'il n'y ait pas eu un style plus particulier pour donner plus de corps au récit.

Quand même au final, c'est une belle architecture et je m'en souviendrait pour le vote final... (mais je n'ai pas encore lu tout les lauréats).

   Alcirion   
18/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai un problème sur la crédibilité générale, le plan de l'héroïne m'a paru un peu tiré par les cheveux. Malgré ce problème qui pèse sur le dénouement, j'ai trouvé l'intrigue bien amenée, bien construite.

L'écriture est cohérente, équilibrée, notamment pour les commentaires/précisions inter-dialogues. Le suspens donne une lecture agréable, j'ai lu avec intérêt pour connaître la fin. Les personnages sont solides, autant que le permet un format court.

   Pepito   
29/9/2018
Commentaire modéré

   hersen   
23/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai un peu l'impression de lire la pièce que se joue, et joue, Julia, et que finalement, elle reste pour se venger sur les planches qu'elle a partagées avec Bérengère.

je pense que c'est cette histoire qui est intéressante, le duo de flics ne me semble pas spécialement marquant car finalement, aucune surprise de leur part, aucune réplique qu'on n'attendrait pas.

La relation entre les deux femmes est ce que j'ai trouvé de plus intéressant, je regrette un peu que ce ne soit pas creusé davantage, et aussi Julia et son objectif, un peu tordu de prime abord, mais une réelle vengeance, un plat qui se mange bien froid.

Mais est-ce que ça aidera Julia à se sentir mieux ?

merci de cette lecture.

   Willis   
23/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Splendide ! Scénario bien ficelé, personnages décrits nettement, sans tomber dans l’excès de détails, les rebondissements qu'il faut, dans le récit, aux moments-clés. L'écriture est limpide, le style est aérien (pas de lourdeur).
Un moment de plaisir. Merci.

   GillesP   
27/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
L'intrigue se tient, je trouve, et se lit bien. L'ensemble est plutôt cohérent, même si on se doute assez vite qu'il s'agit d'une histoire de vengeance.
Sur le plan du style, rien ne m'a choqué. L'écriture, sobre, est au service de l'histoire, ce qui est tout à fait pertinent dans le cas d'une nouvelle policière. Un petit détail: j'ai bien aimé "le chat déguisé en souris" qui fait suite à "jouer au chat et à la souris".

Reste quand même pour moi une incohérence de taille: pourquoi diable cette femme monte-t-elle cette vaste opération pour forcer ensuite son ancienne harceleuse à retirer sa plainte, sous peine de révéler son passé à la presse ? N'aurait-il pas été plus simple et moins risqué pour Julia de prendre directement son téléphone et de faire chanter cette femme ?

Par ailleurs, je trouve que les consignes ont été appliquées d'une manière superficielle: certes, les deux policiers se connaissent depuis longtemps, mais ils forment un duo assez plat. Quant au duo formé par Julia et son ancienne amie d'enfance, peut-on vraiment parler d'un duo ? On a l'impression que ces deux duos servent de prétexte, pour qu'on ne reproche pas à l'auteur de ne pas avoir respecté les consignes. Je vais même émettre l'hypothèse suivante: l'auteur à peut-être eu l'idée de cette histoire avant même de connaître le sujet du concours. Il l'a ensuite adaptée et lui a donné un titre adéquat pour coller aux règles. Attention, je ne prétends pas détenir la vérité, ce n'est qu'une hypothèse issue de ma lecture. Il ne s'agit pas non plus pour moi de me situer sur un terrain moral. L'auteur aurait tout à fait le droit, il me semble, de réadapter une histoire qu'il aurait inventée auparavant. C'est simplement qu'en tant que lecteur, je me dis: quel est l'intérêt qu'il y ait deux enquêteurs se connaissant depuis des années ? Qu'est-ce que cela apporte de plus ?

Bonne chance pour le concours.
GillesP.

   Bellaeva   
6/10/2018


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