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Réalisme/Historique
Bellaeva : Vieille râleuse
 Publié le 17/02/18  -  11 commentaires  -  12392 caractères  -  53 lectures    Autres textes du même auteur

« Tant qu'on n'a pas brûlé le décor 
Tant qu'on n'a pas toisé un jour la mort 
Tant qu'on a quelqu'un qui vous serre fort 
On tombe toujours un peu d'accord »


Extrait de La Chanson des vieux cons de Vanessa Paradis (paroles de Benjamin Biolay).


Vieille râleuse


La main noueuse glisse et s’agrippe sur la rampe en fer forgé, Hélène descend en crabe les marches inégales. À chaque mouvement, sa hanche hérissée de dents la déchiquette de l’intérieur, elle la maudit. Son médecin lui promet sauts de cabri dans les chemins si elle accepte une prothèse. Se faire opérer pour ressortir de l’hôpital avec une maladie nosocomiale, voire les deux pieds devant, très peu pour elle.


Le crissement des freins d’une voiture jaune la sort de ses pensées. Le facteur jaillit de l’auto un paquet à la main, il lance joyeusement :


– Bonjour Hélène ! J’ai quelque chose pour toi !

– Ah ? Bonjour Fabien, mon cher fils a donc pensé à mon anniversaire !

– C’est aujourd’hui ? Bon anniversaire, alors !


L’œil myosotis vire au noir.


– Non, c’était hier ! Comme d’habitude, Pierre vise mal. Normal, tu me diras, envoyer un paquet de l’autre côté de l’Atlantique, difficile d’arriver pile le jour J ! Cela fait pourtant plus de dix ans qu’il s’entraîne ! Pas doué mon fils unique !

– En tout cas, il est lourd ce cadeau, répond Fabien pour changer de sujet, renonçant à demander des nouvelles de son camarade d’enfance.


Intriguée, Hélène tend les mains pour saisir le carton rectangulaire. Elle le soupèse un instant et fronce les sourcils. Fabien observe ce visage contrasté. Le haut est beau, front lisse et halé abrité par quelques mèches blanches, les yeux bleus lumineux tranchent sur l’ensemble. Le nez fort annonce la rupture. Tous les passages du temps font chuter le bas du visage, plis amers des commissures des lèvres, peaux amollies sur le menton carré.


– Qu’est-ce que c’est à ton avis ?

– Magnétoscope, ordinateur, lecteur de CD ? égrène le postier en grattant son crâne chauve.

– Aide-moi à ouvrir ce paquet tout de suite ! Je veux être fixée.


Fabien ne discute pas, il connaît Hélène, elle a été son institutrice. Même si cela remonte à plus de quarante ans, il y a des autorités anciennes que l’on ne remet pas en cause. L’emballage arraché, le papier bulle résiste et émet des petits bruits secs, enfin, la photo du carton apparaît et le postier siffle, impressionné.


– Ouah ! Un MacBook Air ! Il ne se fiche pas de toi, ton fils !

– Un quoi ???

– Un ordinateur portable Apple, rien que ça !


Hélène écarquille les yeux.


– Mais il est fou ! Qu’est-ce qu’il veut que je fasse d’un ordinateur à quatre-vingts ans ? Et portable, en plus ! Il croit que je vais faire le tour du monde ou quoi ?

– Tu sais, tous les ordis sont intuitifs maintenant, pas besoin d’être informaticien pour savoir s’en servir ! Et un portable, tu peux t’en servir au lit ! C’est cool !


Elle le foudroie du regard.


– Tu ne peux pas parler français, non ? Comme si la langue française n’était pas assez riche !

– Oh ! Je n’ai plus dix ans, Hélène, arrête… bougonne Fabien faiblement.


La vieille femme hausse les épaules.


– Ton copain, l’été dernier, il est venu avec sa petite famille, il a essayé de me convaincre, m’a promis des miracles, je pourrais aller sur Facebook, je ne serais plus isolée, j’aurais plein d’amis, il me passera des photos en continu, et je ne sais quoi encore…

– C’est vrai, il a raison, c’est coo… super !

– Comme si les photos remplaçaient la vie ! Quelle époque stupide ! Vous êtes des crétins tous les deux, je me demande pourquoi je me suis fatiguée à vous enseigner les vraies valeurs.

– Ah ! Tu exagères là ! Il te fait un super cadeau, et tu… tu… et puis tu me…

– Tu, quoi ?


Du haut de son mètre quatre-vingts, il se sent redevenir l’élève de huit ans qui vient de rater sa dictée.


– Bah, tu râles de plus en plus ! Tu vieillis mal, Hélène ! Tu vieillis mal ! finit–il par lâcher en baissant les yeux.

– Je vieillis mal ? Mais vous, vous vous êtes regardés, vous ? Pierre, avait-il besoin de s’expatrier aux États-Unis ? Qu’est-ce qu’il a de plus là-bas, hein ? Vous courez partout comme des puces excitées, le temps de rien, juste de consommer.

– Si Pierre est parti, c’est peut-être qu’il en avait assez de te supporter, aussi.


Il regrette ses mots devant la lueur de désarroi qui traverse le regard bleu. Il ne veut surtout pas la blesser. Élève, il avait du mal, elle restait après la classe pour l’aider, lui et d’autres, ça ne s’oublie pas.


Hélène le toise froidement et réplique d’un air impérieux.


– Tiens, aide-moi à remonter cet engin chez moi plutôt que de dire des bêtises.


Après avoir déposé le paquet à l’intérieur, ils redescendent le perron ensemble.


– Si tu veux, je viens t’aider à l’installer.

– Pffft ! S’il s’agit de le brancher à une prise, je sais faire, merci.


Fabien sourit.


– Non, quand même, il faut faire un peu plus, et puis il te faut Internet.


Hélène le regarde droit dans les yeux.


– Tout ça ? Et à part ça c’est tout simple !…


Fabien préfère changer de sujet une fois de plus.


– Tu vas faire tes courses ? Je t’emmène au centre ?

– Non, ça va, je vais marcher, juste le temps d’échauffer ma hanche et c’est bon… Va travailler, tu as autre chose à faire que de t’occuper d’une vielle râleuse, bonne journée.



Hélène passe par la plage. Au loin sur la mer s’annonce un ciel noir, noir comme ses pensées. Son fils ne l’a pas écoutée. Elle lui a dit non. Tout ce bazar, toutes ces nouvelles technologies, c’est non. Il voulait aussi lui offrir un mobile pour être joignable à tout moment. Et qu’est-ce qu’il croit ? Qu’elle allait à son âge se transformer, devenir comme tous ces abrutis qui marchent l’œil rivé sur leur téléphone.


Le pire c’était l’été dernier. Ils chassaient tous les Pokémon, sa petite-fille lui a montré sur son mobile, à son grand étonnement un personnage de BD apparaissait dans sa propre rue. Tous les jours, elle a observé ces « chasseurs ». Il y en a un qui lui est rentré dedans sans s’excuser, tellement hypnotisé par son smartphone. Un soir, ils tournaient tous le dos à un somptueux coucher de soleil sur la mer. Quelle société pourrie ! Et bien sûr, cela coûte une fortune tout ça. Et personne ne voit que la planète est en train de mourir à petit feu à force de piller ses ressources pour fabriquer tous ces objets inutiles à durée de vie limitée. C’est bon pour la croissance, alors !


Elle marche le long du rivage, sa hanche échauffée lui redonne un pas alerte. Une grosse fatigue lui tombe dessus, son souffle est court. Peu de monde, au loin un petit groupe de jeunes vient à sa rencontre, ombres grises dans le soleil. Hélène se baisse avec difficulté pour ramasser un sac plastique.


Et voilà où ils finissent leurs objets, sur la plage… Et ce pétrole que la terre cache si profondément comme un caca, les humains vont le chercher, ils s’entretuent pour lui, ils le transforment en plastique qui finit dans les rivières et les océans, on a même réussi à créer un septième continent rien qu’en plastique ! Oh ! La merveilleuse création humaine, un continent tout en plastique ! Quand il ne rejoint pas ce continent, le plastique est avalé par les animaux marins qui essayent de faire disparaître nos erreurs, ils en meurent, lentement, étouffés. Les tortues de mer sont en voie de disparition car elles confondent les méduses avec les sacs plastiques, et celles-ci sans prédateur augmentent, lorsque les humains se baigneront en compagnie des méduses, peut-être qu’enfin, on se bougera… De toute façon ce monde est en plastique, tout est faux, il n’y a que la forme qui compte, peu importe le fond.


Triste, elle regarde la mer, elle regarde ce ciel, jamais le même… Elle tente d’inspirer une bonne goulée d’air iodé mais se sent oppressée, le ressac n’a pas l’effet d’apaisement habituel, non plus. Hélène lance un coup d’œil mauvais aux jeunes qui viennent vers elle. Ils représentent un échantillon de cette humanité qu’elle déteste de plus en plus.

Elle s’adresse à eux mentalement : « Avez-vous vu que jamais, ni le ciel, ni la terre n’ont la même couleur, jamais ? Ils changent sans cesse. » De la beauté à l’état pur, voilà ce qu’offre la nature aux Hommes. Et qu’est-ce qu’ils font ces abrutis ? Ils n’ont qu’une quête : des objets morts.


Les bécasseaux sanderling, petits oiseaux au long bec, longent la vague qui monte, reculent et avancent au gré de son rythme, longue chenille ondulant aux mille pattes rapides. Surpris par l’arrivée d’Hélène, ils s’enfuient tous ensemble reliés par un fil invisible, font une ronde au-dessus des flots, puis se posent un peu plus loin pour recommencer leur danse serpentine. Des empreintes de goélands en demi-étoiles sont incrustées dans le sable, elles dessinent des colliers emmêlés autour du goémon échoué. L’eau transparente scintille sous le soleil.


Hélène peine à marcher, sa cage thoracique est prise dans un étau, pourquoi ne pas mourir là ? Elle est prête à partir, rejoindre son mari décédé trois ans plus tôt, ils se disputaient beaucoup mais une grande complicité les liait. Elle n’a plus rien à faire avec ce monde qu’elle ne comprend plus. Pierre l’a quittée pour ce grand pays qu’elle respecte, ne jamais oublier le 6 juin 1944, elle avait huit ans, son père considérait les Américains comme des héros. Sans doute l’a-t-elle trop répétée à son fils cette histoire de libération. Et comment ce grand pays si puissant a-t-il pu nommer ce clown dangereux comme quarante-cinquième président ? C’est ce modèle d’Homme qu’il nous jette à la figure ! « Voilà l’exemple que vous devez suivre, jeunes gens, un milliardaire arriviste, misogyne, xénophobe et climato-sceptique. C’est ça le héros moderne, cet homme orange aux cheveux en poil de Yack accompagné de sa poupée Barbie ? Quelle société décadente ! »


Les mouettes font de multiples ballets au-dessus de la mer, elles crient, frôlent l’eau qui reflète leurs ailes d’ange, puis s’élancent vers le ciel bleu limpide sur fond de tempête.


Des étoiles blanches apparaissent autour du soleil, les jeunes se transforment en ombres floutées, la vieille femme se sent lasse. À quoi bon continuer ? Si elle est seule à penser ainsi, seule à se battre face à ce monde absurde. Mourir là, sur la plage, serait une belle mort. Le monde deviendra ce qu’il doit advenir sans elle. Fatiguée, si fatiguée. Soudain le ciel et la terre basculent, tout devient noir, elle reçoit un choc violent en atteignant le sol.


+++


– Madame, madame… Ah ! elle revient à elle !


Les yeux d’Hélène s’ouvrent sur une peau laiteuse au grain très fin parsemée de taches de rousseur et une bouche aux dents blanches… Une jeune femme rousse est penchée sur elle.


– Qu’est-ce qui s’est passé ?

– Vous êtes tombée sur la plage, mon frère, l’un de ces jeunes gens, m’a appelée aussitôt, je suis infirmière.

– Mais… mais que m’est-il arrivé ?

– Un peu tôt pour le savoir, nous attendons l’ambulance qui va vous emmener à l’hôpital, on va vous faire des examens. Ah la voilà ! Je reviens, je vais au devant des infirmiers, restez quelques minutes avec elle, dit la jeune femme en se tournant vers le groupe de jeunes.


Les cinq jeunes gens figés sur place regardent Hélène, l’air inquiet.


Hélène, curieuse de découvrir le groupe de jeunes, plisse les yeux pour bien distinguer leurs traits. Un grand dadais au visage couvert d’acné tient son sweat relevé en poche kangourou, poche qui semble chargée. Des coquillages ?


Elle interpelle le jeune garçon.


– Qu’est-ce tu portes là-dedans ?

– Des déchets, c’est moi qui sers de poubelle de plage, dit-il avec un sourire comique.

– Vous ramassiez des plastiques ?

– Oui, on fait ça souvent, lance une jeune brune au regard vif, on l’aime notre plage, on ne veut pas qu’on nous la pourrisse.


L’infirmière revient avec deux ambulanciers armés d’une civière. Quelques minutes plus tard, allongée, bordée, bercée, Hélène demande à l’infirmière qui marche près d’elle.


– Je vais mourir, n’est-ce pas ?

– On n’en est pas là, vous avez fait un malaise, cela arrive à votre âge sans forcément de causes graves. Détendez-vous. Vous me semblez très tendue.

– Je ne voudrais pas mourir sans revoir mon fils, il est en Amérique.

– Vous voulez voir votre fils, pas de problème, j’ai prévu de vous accompagner à l’hôpital et j’ai ma tablette, vous allez pouvoir le skyper !

– Le quoi ? lâche Hélène en se redressant, les joues rouges.


La jeune femme éclate de rire.


– Quelle énergie ! Vous allez le voir sur écran et lui parler par Skype dans quelques minutes.


 
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   SQUEEN   
18/1/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Optimisme et bons sentiments, c'est gentil, c'est bien fait. Pour moi ça manque de réalisme alors que l'intention est de faire réaliste. On aurais peut-être voulu secouer tout ça: la grand-mère trop âgée pour comprendre les nouvelles technologies, c'est très convenu, attendu. L'incompréhension entre les générations pareil, rien de nouveau. Pas de point de vue dérangeant le bon ordre des choses... Pour moi trop de lieux communs, de stéréotypes, m'ont empêché de trouver de l'intérêt pour cette histoire. C'est très subjectif: ma grand-mère de 95 ans parle à sa fille par skype plusieurs fois par jour et joue en ligne sur facebook... SQUEEN

   plumette   
18/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette nouvelle m'est sympathique.
Elle est alerte et vivante, on sent bien l'énergie d'Hélène dans sa protestation contre les usages ce monde dans lequel elle ne se reconnaît plus.
la confrontation du début avec le facteur est très réaliste: l'ancien élève qui, enfin! tient tête à son ancienne instit.

Les dialogues sont réussis, ce n'est pas si facile, ils font progresser l'histoire.

j'ai aimé le regard d'Hélène sur la mer, le ciel, les oiseaux.

Bon, une vieillesse solitaire,avec ce sentiment permanent que "tout fout le camp" ou que "c'était mieux avant", ce n'est pas très drôle mais il y a un happy end et une petite ouverture pour Hélène qui est vraiment une "vieille râleuse" et cela contente mon côté sentimental. Tout n'est pas perdu! une synthèse parait possible antre avant et maintenant.

Merci pour la lecture


Plumette

   Tadiou   
20/1/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
(Lu et commenté en EL)

Choses ordinaires de la vie et choc des générations. « C’était mieux avant ».

L’écriture est délicate et bien maîtrisée, avec des mots bien choisis, quelques jolies images et expressions qui permettent de bien visualiser les scènes.

Evidemment, c’est écrit assez habilement pour que je puisse ressentir les jeunes comme une menace et le chute d’Hélène provoquée par une agression de ceux-ci.

La fin est donc bienvenue, inattendue.

Mais je trouve que le personnage d’Hélène est caricatural, trop unidimensionnel pour que j’adhère à cette peinture et me laisse transporter par elle. Je ressens de l’artificiel, donc je n’adhère à aucune émotion. J’aurais souhaité davantage de nuances, donc davantage d’humain. Ici, cela m’apparaît linéaire et démonstratif, donc pas vraiment crédible.

En tout état de cause, merci pour cette lecture et à vous relire.

Tadiou

   Bidis   
21/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je ne suis pas loin d'être tout à fait solidaire du personnage, donc cette nouvelle me plaît bien.
Et puis, l'écriture est plaisante, j'ai passé un bon moment, même s'il n'y a pas vraiment d'histoire.

   Alexan   
21/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Je n’ai pas aimé cette nouvelle d’emblée. Mais mon appréciation est allée en s’améliorant au fur et à mesure que j’en ai suivi le fil.
Le début m’a un peu agacé. L’écriture sophistiquée et légèrement extravagante ne m’a pas emballée, et j’ai pensé que plus de simplicité ne lui aurait pas fait de mal.
J’ai apprécié la maitrise du texte, mais sans parvenir à trouver cela amusant ou divertissant. Pourtant j’ai noté les efforts du/de la narrateur/trice, mais justement… Il m’a semblé que l’humour utilisé ici manquait de naturel.
Cela dit, j’ai apprécié le côté humain, le rapport entre Hélène et Fabien. Ainsi que les absurdités et folies de notre temps dans les yeux d’une octogénaire. (les Pokémons très bon exemple !).
A partir d’ici, on aborde un sujet qui n’est pourtant pas nouveau. Mais je le trouve bien traité. La révolte intérieure d’Hélène contre la société sonne juste et vrai, et tout cela est très d’époque.
Les descriptions de la nature, et les réflexions que se fait la vielle dame en pleine contemplation m’ont beaucoup plus captivé que l’échange du début.
La fin est très sympa. Avec une petite morale et un clin d’œil ironique qui nous fait finir cette histoire avec le sourire.

   hersen   
23/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Il y a toujours un petit côté sympathique à ce genre de nouvelle pour la simple et bonne raison que tout le monde, plus ou moins, a vécu un équivalent.
Mais c'est un peu là le problème ; Car du coup, on en attend plus.
Je crois que dans sa construction, la nouvelle est bonne. Mais ce sont les choix de l'auteur (la hanche déficiente, l'ancien élève bien gentil facteur, les gamins qui ramassent les plastiques sur la plage etc) qui sont trop moyens, je n'arrive pas vraiment à accrocher car j'attendais du plus investi, en quelque sorte.
Pour illustrer mon propos, en tout respect pour l'auteur évidemment, les enfants qui ramassent les plastiques sur la plage : déjà, j'ai fait ça quand j'étais gamine, je me dis qu'on pourrait passer à un niveau supérieur et donner un autre rôle aux enfants, plus responsable.
De mon point de vue, la nouvelle manque de « modernité », alors qu'il aurait fallu que ça décoiffe la vieille dame !

Ceci dit, la nouvelle se lit d'une traite car l'écriture est plaisante. Je dirais même qu'on l'oublie, pour qui ne serait pas attentif, ce qui est un très bon point.

Merci de cette lecture.

hersen

   Hananke   
17/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

J'aime bien cette nouvelle qui dénonce avec beaucoup d'exemples
l'imbécilité actuelle du progrès qui transforment les humains
en robots, en zombie ou plus sûrement en chômeurs.

C'est bien écrit et ce texte touchera tous ceux de ma génération :
ceux communément appelés les vieux cons.

Mais bon, peut-on refuser le progrès ? Bien sûr que non mais il faudrait un essor limité qui ne remplace pas l'homme, alors
qu'on n'entend plus parler que de coût de ceci ou de cela.

La fin de la nouvelle montre qu'il reste un peu d'humanité
dans notre monde mais pour combien de temps, lorsque l'on
voit les hyènes politiques s'acharner sur l'hôpital public.

   Donaldo75   
17/2/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Bellaeva,

La lecture de cette nouvelle me donne un sentiment d'inachevé, parce que la fin est moins développée que le reste, que la chute tombe de manière abrupte ce qui lui enlève de la force.

Tout le début, la vision qu'a Hélène du monde, de son fils, de Fabien, de la place qu'elle occupe désormais dans une société où tout va trop vite pour elle, est intéressant, pas trop chargé de "c'était mieux avant". Le lecteur que je suis se met à comprendre cette vieille femme qui reste dans sa posture d'institutrice mais ajoute la dimension de vieille râleuse.

La suite ne colle pas. Elle est certes positive mais sonne faux, forcé, artificiel. Le lecteur s'est habitué à la vision d'Hélène comme on s'habitue à l'obscurité. Allumer la lumière violemment, sans prévenir, ne permet pas de voir plus clair, bien au contraire.

C'est dommage. J'aime bien le personnage d'Hélène. Fabien aussi d'ailleurs.

   kreivi   
17/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Bellaventure
très sympa cette histoire de mammy (pardon mamie) râleuse qui réchauffe ses hanches sur le sable mouillé.
Peut-être un peu trop caricaturale mais enfin...
elle va pouvoir skyper son bonheur

   Marite   
21/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien
C'est avec un sourire que j'ai terminé cette lecture. Cette "vieille râleuse" devient sympathique au fil du récit. On comprend finalement que, son humeur est intimement liée au fait qu'elle sent qu'elle ne maîtrise plus ni grand chose ni personne mais ne l'accepte pas. L'écriture fluide, les dialogues équilibrés et bien répartis dans le récit, nous permettent de bien saisir la personnalité d'Hélène et, on espère que l'incident survenu lors de sa promenade sur la plage lui permettra de trouver la sérénité qui devrait accompagner les fins de parcours.

   jaimme   
11/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une histoire très bien racontée car on "entend" cette femme parler, et ça ce n'est possible que si l'écrit s'accorde au réel. Un très bon point.
Le titre: exagéré. Elle n'est pas si râleuse en fait: décalée d'avec son temps et triste de savoir son fils si loin. Mais sinon ce n'est pas Tatie Danielle quand même (ni même Karin Viard dans "Jalouse" pour prendre un exemple plus récent). Enfin c'est ce que j'ai senti, car une râleuse m'énerve tandis qu'une femme âgée qui a l'esprit si clair sur son monde...
Une seul défaut pour moi: le passage sur la planète fait un peu trop didactique, là je ne l'ai plus entendue parler.
Sinon j'ai pris plaisir à lire cette nouvelle!


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