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Humour/Détente
Berndtdasbrot : Badinage artistique
 Publié le 03/10/17  -  12 commentaires  -  4870 caractères  -  88 lectures    Autres textes du même auteur

La fête du quotidien ordinaire.


Badinage artistique


Trois cloches sont venues me réveiller ce matin. Un mâle, une femelle, et une plus petite. Leur benjamine certainement.

La rue était calme, étrangement calme. Soudainement j’ai cru reconnaître des notes que j’aime. J’ai tendu l’oreille, très haut dans le ciel. Pas de doute ! Les Quatre Saisons de Vivaldi ! J’ai sauté dans mon smoking à queue de pie et suis sorti sur le balcon. La meilleure place à l’opéra, le balcon. Un gracieux papillon est venu se poser sur mon col de chemise. D’un clin d’œil, il m’a fait comprendre que j’avais oublié l’essentiel.


— Ne sommes-nous pas dimanche ? ai-je questionné.


L’ouvrier a stoppé son marteau-piqueur. Inquiet, il a affirmé :


— Vous n’aimez pas Vivaldi !

— Malheureux ! J’adore, ne vous arrêtez surtout pas ! Je m’étonnais juste que vous œuvriez un dimanche…

— C’est pour mon chef, un type adorable ! Hier, il a malencontreusement fait tomber sa montre avant que l’on ne rebouche la chaussée.

— Quelle malchance !

— Oui, je n’en ai pas dormi de la nuit. Ce matin, j’ai dit à Peluche… Peluche, c’est mon ours en peluche… Peluche, je dois absolument récupérer cette montre !

— Non seulement, vous jouez à merveille du marteau-piqueur mais en plus vous êtes une grande âme !

— Pensez-vous, c’est si peu de choses !


Lorsque le concert fut terminé, j’ai invité la pie de mon costume à déjeuner avec moi. Nous avons grignoté quelques biscottes et un ou deux parpaings grillés.

Par le hublot de mon bateau, le soleil m’adressait des clins d’œil.


— Étrange, que cherche-t-il à me dire ? Ah, si on pouvait lui rendre son trait de bouche ! Quel Spoutnik a bien pu s’amuser à lui soutirer ? C’est une bonne farce, mais voilà notre astre solaire fâcheusement dépourvu de la parole…

— Je crois qu’il cherche à te dire que tu es en retard, me dit la pie en réintégrant la queue de mon costume.

— Par toutes les cacahouètes sacrées ! Je suis en retard… C’est mon jour de visite à Mère-Grand !


J’enfile la rampe d’escalier et me laisse glisser jusqu’au raz-de-marée, non jusqu’au rez-de-chaussée. Ne parvenant pas à stopper mon élan, me voici propulsé la tête la première dans les airbags de ma concierge.


— Eh bien mon coquin, vous êtes bien amoureux ce matin !

— Votre poitrine est si généreuse et accueillante !

— Bon, mais c’est la dernière fois !


Elle m’ouvre son chemisier et j’embrasse ses tétons puis sors en courant dans la rue parmi les cotillons qui tombent du ciel.

J’avais oublié, c’est la fête du quotidien banal !

Des énormes éléphants en formes de nuages passent dans le ciel et arrosent la ville d’une pluie de paillettes dorées.

Deux filles s’embrassent sur un banc que deux garçons portent à bout de bras. Ils posent les deux anges près du pont aux soupirs. Celui qui enjambe la rivière d’un pas de géant. Les amoureuses descendent de leur nid douillet et traversent le pont en courant. Ne savent-elles pas qu’il se termine en toboggan et se jette dans la mer du temps qui passe ?

Je sifflote les mains dans les poches en descendant la grande artère aorte. Des coquelicots d’un bleu éclatant fleurissent sous mes pas et parfois me déséquilibrent. Une abeille saoule de sucres, butine de l’une à l’autre, en zigzaguant et en chantant des chansons paillardes.

Une puissante odeur de cacao enveloppe les immeubles qui se dandinent sous les rythmes des maracas agités par des enfants de Bob Marley.

L’odeur chocolatée me rappelle Mère-Grand et l’heure des quatre heures… Du pain, du beurre et du chocolat en poudre. Et une image d’un zèbre ou d’un ouistiti.


— Ouistiti, me crient quelques G.I. Joe désarticulés qui passent sous mes jambes en rollers.

— Où allez-vous si pressés ?


Celui à qui il manque un bras me répond, à bout de souffle :


— À la séance photo !

— Pourquoi faire ?

— Pour s’immortaliser, pardi ! Quel ignorant celui-ci…, murmure-t-il à Pocahontas.


Puis il l’embrasse et passe sa main dans les longs cheveux noirs de la princesse.

Un flot d’enfants aux vêtements et aux visages bigarrés m’emporte soudainement. De bras en bras, je glisse jusqu’à la grande place des rêves des droits de l’homme. Elle s’appelle ainsi.

Des verres de nectars de pistils de cyclamens passent de mains en mains. Ivre d’amour, les yeux luisants sous les feux d’artifice euphorisants délivrés par des lucioles saltimbanques, je m’endors dans les bras de Morphée, sous un tilleul qui me conte l’histoire de ses symboles.

Un type au costume sombre bouscule les femmes enceintes, les poètes visionnaires, les enfants encore enfants, les vieux aux cernes rassurants, et quelques jeunes bambous qui se déhanchent sur des musiques lunaires.

Il me hèle en tendant un prospectus :


— Tu viens voter demain ?

— Voter ?

— Oui, pour un président qui nous sorte de tous ces ennuis… la crise, l’insécurité, les autres…

— De quoi parles-tu ?


Il est bizarre ce type !


 
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   Donaldo75   
5/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

Ce texte est très surréaliste, avec beaucoup d'images poétiques, des références de contre-culture (les jouets GI Joe, le cri "Ouistiti" j'en passe et des plus publicitaires), des phrases longues et chargées de sens décalé.

C'est bien dans un catalogue des délires à la Lewis Carroll mais ici c'est trop, une sorte de surcharge stylistique qui ne ressemble plus à du badinage mais à de l'acharnement vis-à-vis du lecteur. C'est dommage, parce que la fin est très réussie, montrant le décalage entre cette phase presque onirique et le monde réel, le notre, celui d'aujourd'hui en France.

   Asrya   
5/9/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
C'est un genre, un style, audacieux probablement ; original en tout cas, j'imagine.
Je ne suis malheureusement pas client.
A aucun moment je n'ai rejoint votre délire "artistique", encore que, le début pouvait laisser prédire de belles choses mais... trop saugrenu pour moi.
J'ai l'impression que vous avez entassé tout ce qui vous venez à l'esprit sans créer de lien logique (en tout cas il ne m'est pas apparu) ; s'il y en a un, je m'en excuse et serai volontiers prêt à le découvrir.
Je n'ai pas compris l'intérêt de votre texte et suis resté absent de votre écrit, du début jusqu'à la fin.
Une autre fois peut-être.

Merci en tout cas d'avoir partagé ce... moment particulier !
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Asrya.

   Tadiou   
9/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
(Lu et commenté en EL)
Je pourrai faire une liste à la Prévert : des cloches (6), un marteau-piqueur, Vivaldi, Peluche, Mère-Grand, du chocolat en poudre etc..etc...

Bref...C'est totalement déjanté, c'est Alice au Pays des Merveilles.

On n'oublie malgré tout d'être en marche pour aller voter.

Bon, tout ça, ça fait un petit régal délicatement écrit, et parcourant des mondes et des ambiances divers et variés.

Tadiou

   Cat   
3/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un très agréable voyage au pays des merveilles à ciel ouvert.

Vous avez un imaginaire tendre et débridé dans lequel il fait bon s’oublier. J’ai déjà retenu mon billet pour mes prochaines vacances.

Je vous ai dit que j’aime vous lire ?
Voilà qui est fait.

Vos trouvailles, en commençant par l’incipit « la fête d’un quotidien ordinaire » sont joyeuses tant elles sont loufoques et bien trouvées.

Un esprit capable d’écrire avec une telle sensibilité ne peut qu’être qu’un bon esprit.
Je vous l’envie.

Merci pour ces minutes de rêves passées à vous lire.


Cat

   SQUEEN   
10/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On est embarqué très rapidemment dans ce monde enfantin, surréaliste. On prend du plaisir à lire cette très communicative écriture, si de l'émotion passe c'est réussi... Et ici elle passe, c'est de la joie et du bonheur sans mièvrerie, louffoque et dada, j'ai beaucoup aimé. On ne sait pas à quoi s'attendre comme chute, et quand elle arrive elle est lumineuse et évidente. Si seulement...

A vous relire avec joie

   Mistinguette   
10/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une imagination débordante pour ce texte abracadabrant difficile à analyser.
Une histoire qui m’a fait penser à Alice au pays des merveilles

Personnellement le côté loufoque ne me déplait pas, surtout quand c’est très bien écrit comme ici.
Par contre, il me manque une histoire et, du coup, malgré des scènes très visuelles et quelques sourires, je reste sur ma faim.

Merci pour cette lecture et bonne continuation.

   Louison   
3/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
J'ai bien aimé ce côté décalé, déjanté, c'est un peu comme quand on se réveille, mais pas tout à fait, ou lorsque le sommeil commence à nous gagner, entre rêve et réalité, l'esprit vagabonde insensément. J'ai lu votre nouvelle, sourire aux lèvres, jusqu'à la fin, quand la réalité quotidienne refait surface.

Un très bon moment.

   in-flight   
3/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte qui nous fait sortir du quotidien, de la morosité, c'est déjà ça de pris. Il faut deux lectures pour entrer pleinement dans l'univers: au début le lien entre Vivaldi et le marteau piqueur n'est pas évident.
Un texte emprunt d'une folie douce et enfantine (grand-mère, les GI joe, les tétons embrassés)

L'auteur a bien conscience que ce monde tourne avec un arrière goût de pisse et veut éluder le réel avec toute la force possible :

— Oui, pour un président qui nous sorte de tous ces ennuis… la crise, l’insécurité, les autres…
— De quoi parles-tu ?

Oui, j'aimerais me glisser dans l'univers que vous brossez, mais un court instant seulement. Une autre façon de vous dire qu'il ne fallait pas faire plus long sous peine de gâcher l'effet.

En résumé c'est bien car c'est dépaysant.

   LaurenceSolouar   
4/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte est une vraie bouffée d'air délirant. Ce monde à la Boris Vian est une poésie douce et fantasque. Vos dialogues chantent, vos personnages enchantent et puis ce trait de mélancolie avec votre toboggan... J'ai 8 ans! Un petit bémol sur votre fin que j'aurais souhaitée plus joyeuse. Bravo à vous!

   Alexan   
4/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Génial !
J’adore.
Je suis charmé par le coté déluré, burlesque, et le ton désinvolte et léger de cette nouvelle, ainsi que la liberté que vous vous donnez pour écrire avec, me semble-t-il, tant d’intuition et de spontanéité.
Je suis pris d’affection pour ce texte qui m’a fait rire, sourire, autant qu’il m’a attendri.
Le seul bémol que je mettrai et qu’au fur et à mesure que l’on s’approche de la fin, cela devient peut-être un tantinet trop loufoque.
Cela dit, j’ai trouvé l’ensemble excellent.

   Asicq   
4/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
un univers dans lequel je ne suis pas entré du tout
et pour le coup je pense être passé à coté de tout ou presque

même si certaines images me plaisent comme le marteau piqueur qui joue Vivaldi

sympa la non sortie du délire au final: voter ? nooooooooooooon.

   hersen   
5/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un début bien "déconcertant" mais qui met en selle pour la suite. car on ne lâche plus guère le délire. Il est un peu poussé, un peu caricatural mais néanmoins pose bien l'état d'esprit du narrateur.
La fin est excellente, malheureusement !


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