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Sentimental/Romanesque
Bidis : Visite guidée
 Publié le 23/02/10  -  16 commentaires  -  16275 caractères  -  92 lectures    Autres textes du même auteur

Une visite guidée qui débouche sur une curieuse histoire.


Visite guidée


Luce se redressa. Elle avait dû se cogner contre la pierre au moment où elle était passée par la brèche du mur. Elle eut l’impression que du sang lui coulait du front. Elle y porta la main mais ne constata aucune trace sur ses doigts. Elle entreprit alors d’avancer dans l’allée du parc qui s’étendait derrière les fortifications. Combien de temps s’était-il écoulé depuis qu’elle avait perdu connaissance ? Quelques secondes, dix minutes, une heure peut-être… ? Le soleil était encore haut dans le ciel.


Un jeune homme s’approcha. Une sorte de pèlerine pourpre, resserrée à la taille par une ceinture cloutée à laquelle s’accrochait une bourse de cuir, tombait, assez longue, sur des collants de la même couleur, ce qui donnait à l’arrivant l’allure curieuse d’un hippie ou bien d’un troubadour. Il était grand et mince. Les cheveux longs et noirs et la démarche souple lui conféraient comme un charme félin. Elle s’en voulut. A-t-on le droit de se laisser troubler lorsqu’on est fiancée ?


- Êtes-vous perdue ? demanda-t-il. Puis-je vous aider ?


***


- Mais enfin, votre fille était intelligente. Comment a-t-elle pu se laisser entraîner là-dedans ?


Les flancs de la citadelle, restés par endroits verdoyants, se tachetaient de teintes rousses : la luxuriance de l’été s’éteignait. Stéphane se détourna de la fenêtre et revint vers le centre de la pièce.


- Il y avait longtemps qu’elle croyait à ces histoires ?


Florence ne répondit pas.


- C’est une catastrophe.


Elle répétait cela depuis qu’elle avait cessé de s’occuper du renvoi des cadeaux, chose qui semblait l’avoir distraite.


- Beaucoup de gens n’ont pas voulu que je leur rende ce qu’ils avaient offert. Je me demande…


Comme si les petites choses de la vie quotidienne l’absorbaient au point qu’il n’y avait plus de place pour le drame. Mais comme, en même temps, elle répétait « C’est une catastrophe », on se rendait bien compte qu’elle était « ailleurs », perdue dans sa souffrance.


Il revint s’asseoir. Visage baissé, du pouce et de l’index, il se pinçait la racine du nez, s’abîmant, les yeux clos, dans de sombres pensées.


Un album était ouvert sur la table. Luce enfant, Luce adolescente, Luce jeune fille…


- Quelle sacrée séductrice !


Il ne pouvait s’empêcher malgré tout de sourire.


- Oui, dit Florence. Je la trouve même un peu crispante quelquefois…


Elle parlait au présent. Son regard se voila :


- Tiens, regarde : là, il y a deux ans…


Les jeunes gens avaient obtenu tous les deux leur diplôme. C’était une grande affaire. Leur bonheur attendrit un promeneur obligeant auquel ils confièrent l’appareil pour les photographier. Luce ne posait pas : ses gestes gracieux vivaient, emplissaient l’air jusque sur la pellicule. Une foule d’autres moments de leur vie se bousculaient dans l’esprit du jeune homme. Dire qu’ils auraient dû se trouver mariés dès la fin de l’été… Des larmes lui montèrent aux yeux.


***


Luce se sentait toute petite et perdue dans le parc immense. Elle ne se souvenait pas avoir jamais vu des arbres aussi impressionnants ni un tel flamboiement de couleurs. Un parfum léger s’exhalait des fleurs, lui rappelant des émotions connues mais dont elle ne parvenait pas à cerner le contour exact. Une inquiétude lui vint, portée par cette vague d’odeurs :


- Mon fiancé m’attend, vous savez. Je ne devrais pas trop tarder.

- Vous avez tout le temps, tout le temps


Et le jeune homme appuyait sur le mot, comme si ce terme avait une signification particulière... Deux femmes passaient au loin, en robes longues de couleurs vives, l’une en rouge et orange, jouait du violon et l’autre en vert et bleu de la flûte de gambe. Une musique étrange quoique fort peu distincte parvenait aux oreilles de Luce.


- Je croyais que les Médiévales étaient clôturées. Il y en aura donc encore ce mois-ci ?


Il lui jeta un regard oblique.


- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, répondit-il. Venez. Promenons-nous un peu, voulez-vous ?


***


Chaque matin, c’était le même choc : Stéphane se réveillait et son univers aussitôt basculait. La nuit lui avait ramené Luce, son bonheur avec Luce, ses projets avec elle et leurs futurs enfants – qu’ils imaginaient à leur image, cheveux blonds, cheveux noirs, à chacun sa réplique pour l’amour de l’autre. Puis, la réalité de l’absence revenait l’assommer. Et qui demeurerait là. Lourde, sur ses épaules. Jusqu’à la fin du jour…


Il allait au Palais ou compulsait chez lui des dossiers que lui confiait le patron mais avait toutes les peines du monde à se concentrer. C’était insupportable. Il avait besoin de parler avec sa fiancée, de continuer leurs conversations jamais tout à fait terminées.


Souvent, dans ce passé si lointain et si proche à la fois, la similitude de leurs pensées jaillissait du silence, ce qui les confondait eux-mêmes et les emplissait d’un intense bonheur. Il continuait alors à lui parler dans le vide de l’affreuse absence et tant pis si les réponses qu’il lui semblait entendre d’elle ne lui venaient que de son propre inconscient. Sans la perspective de ce contact fantasmé, il ne parvenait pas à se mettre au travail…


***


- Quel est donc cet homme, là-bas ? On dirait qu’il est habillé à la mode du 17e siècle…

- Vous ne reconnaissez pas Vauban ? C’est lui qui aménagea le passage souterrain qui vous a conduite jusqu’ici. Voulez-vous qu’on aille le saluer ?


Luce faillit battre des mains. Bien entendu, elle n’était pas dupe : tout cela faisait simplement partie de reconstitutions historiques. Cependant, l’homme qui jouait le rôle du grand architecte était certainement quelqu’un d’intéressant. Elle voulut presser le pas, mais son compagnon l’arrêta dans son élan, posant sur le bras de la jeune femme une main longue et fine. Ils se dirigèrent donc fort posément vers l’homme en justaucorps et pourpoint, assis sur un muret, tout absorbé par la lecture d’un livre qu’il tenait ouvert dans sa main droite.


***


Stéphane, qui cherchait des réponses, contacta, les uns après les autres, les personnes que sa fiancée rencontrait dans certaines soirées auxquelles il ne participait pas.


On aurait dit qu’ils faisaient partie d’une secte : l’un parlait d’antimatière, un autre d’ubiquité, plusieurs semblaient entichés d’univers parallèles ou de cités obscures… « Mais enfin, elle ne croyait tout de même pas à ça ! » Ce ça englobant indifféremment les propos pseudo-scientifiques ou bien ésotériques qui lui étaient tenus. Aucune explication rationnelle… Mais alors, pourquoi, lorsque Luce avait visité les souterrains de la citadelle, aurait-elle risqué, d’après ce qu’avait déclaré le guide à la police, de s’écarter du groupe et de se perdre ? Était-ce d’ailleurs vraiment cela qui était arrivé ?


Le guide se défendait :


- Vous savez, il y a tant de touristes, certains jours… Les uns traînent en arrière, d’autres vous accaparent avec leurs questions, j’ai sans doute mal décompté le nombre de personnes qui m’accompagnaient… Mais enfin, des panneaux le signalent bien, qu’il est strictement interdit de pénétrer dans des tronçons non balisés ! On prétend même – je ne sais pas si c’est vrai – que certains d’entre eux n’ont jamais été explorés à ce jour… D’ailleurs, ce boyau-là aurait dû se trouver condamné, car c’est dangereux, bien évidemment, des pierres pouvaient se détacher et tomber sur les gens. Je ne suis pas responsable, moi…

- Elle cherchait certainement le « passage » disait un ami de Luce, celui qui parlait des Cités obscures comme s’il s’y était déjà promené.


***


Luce n’osait piper mot. Elle sentait chez Vauban une sorte de profonde suspicion et même peut-être un peu d’aversion envers elle. Aussi écoutait-elle en silence et très respectueusement les propos qu’il tenait, au demeurant fort violents.


C’était contre le roi que s’emportait le maréchal de France. Son visage rond et débonnaire devenait rouge alors sous la perruque volumineuse et blanche. Le peuple, disait-il, était frappé de misère. Des intermédiaires véreux contribuaient à alourdir une fiscalité déjà considérable.


- Iniquité ! s’écriait-il. Avez-vous lu mon livre, jeune homme ?


Il n’attendait pas la réponse et continuait à vitupérer. Les protestants étaient injustement expulsés. La justice était malade de ses juges corrompus bien autant que de ses plaideurs de mauvaise foi…


Puis l’économiste et l’humaniste se muait en bâtisseur, en stratège : il fut question des fortifications de la citadelle, pour l’agencement desquelles – comme pour celui de plus de cent places fortes et villes fortifiées – cet ingénieur architecte allait devenir à tout jamais célèbre.


Luce s’était intéressée au désarroi du peuple de Louis XIV, aux affres des protestants, aux obscures manœuvres du monde judiciaire. À présent, la conversation semblait prendre un tour tout à fait ennuyeux. Elle aurait bien voulu s’enquérir de l’heure mais elle n’avait pas pris de montre avec elle.


Par moment, l’homme d’esprit universel semblait se parler à lui-même. « L’expérience et le bon sens… » murmurait-il. Ou bien : « Satanés perroquets, ils raisonnent tout de travers »… Puis, de façon soudaine et comme appelé par des tâches considérables qui ne pouvaient attendre, il se leva, salua profondément ses interlocuteurs et tourna les talons. La silhouette corpulente et bottée s’éloigna, une main tenant à hauteur des yeux le livre ouvert et l’autre dessinant dans l’espace des plans assurément précis.


Luce marchait aux côtés du jeune homme si prévenant qui s’était fait son guide. Ils se dirigeaient vers, espérait-elle, l’ouverture par laquelle elle avait accédé à ce curieux endroit et qu’elle se sentait bien en peine de retrouver toute seule. De temps à autre, son regard se levait à la dérobée vers son compagnon, dont les longs cheveux noirs coulaient le long des joues, et lui masquaient le mystérieux visage. Le jeune homme lui rappelait quelqu’un, mais ce n'était là qu'une impression confuse quoique très forte. Lui semblait ne pas se soucier de cette curiosité et continuait à discourir au sujet de leur illustre interlocuteur.


- Ce Vauban est un visionnaire, vous savez. Qui parle d’une même monnaie valable dans toute l’Europe ! Ne trouvez-vous pas cela extraordinaire ?


Elle fut de cet avis.


***


Par-dessus les murs de la citadelle, le ciel devenait sombre de plus en plus tôt dans la journée. Quelquefois, les arbres se profilaient, ciselés en traits d’encre de chine sur un fond de nuages d’un gris lourd, noir et sale et comme chargés de mauvais augures. Cette vue déprimait Florence. Elle décida de déménager. Or on prédisait de la neige. La pauvre femme remit donc ce projet au printemps…


Stéphane lui rendit moins souvent visite. Les préoccupations de la vie quotidienne les tenaient éloignés l’un de l’autre. Quand ils ne s’étaient pas revus depuis plus d’une semaine, ils se téléphonaient. Ils éprouvaient encore l’envie de parler de Luce et d’évoquer ensemble ce passé pas encore fort lointain où la jeune fille se trouvait toujours parmi eux.


Le jeune avocat stagiaire se renseignait, lisait des livres et cherchait désespérément la clef qui lui aurait permis de comprendre… Quelque chose d’étrange et secret avait attiré sa fiancée, une jeune femme intelligente et fine, vers la fatalité. S’ingéniant à vouloir percer les arcanes de ce mystère, il avait, ce faisant, l’impression de la rejoindre un peu.


Il lut des ouvrages fort sérieux sur la relativité du temps, étudia la théorie du chat de Schrödinger et des univers parallèles, se plongea dans la lecture de prétendues expériences, s’attarda sur le cas d’Eleanor Jourdain et Charlotte Anne Moberly, deux Anglaises qui, s’égarant un jour d’août dans des allées de Versailles, rencontrèrent Marie-Antoinette au Petit Trianon… Les mondes parallèles et autres cités obscures n’étaient bien entendu que le produit de l’imagination de quelques dessinateurs ou bien d’illuminés et aussi élaborés que fussent les codes et les descriptions que ces derniers en donnaient, ce n’étaient là que purs fantasmes qui ne l’intéressaient pas beaucoup.


Peu à peu, il cessa de se révolter, accepta le méchant coup du destin. Le malheur était arrivé, il fallait bien l’accepter. Et vivre dans une nouvelle réalité dont l’amour était désormais absent, car il pensait de bonne foi qu’il n’aimerait jamais plus.


***


Après quelques autres rencontres, pour certaines fort intéressantes mais qui l’intriguaient moins, Luce et son mentor arrivèrent en présence de Jules Verne. Elle trouva l’écrivain beaucoup plus sympathique que ne lui avait semblé le maréchal Vauban.


- Donc, expliquait le romancier, Zacharius assimile le mécanisme des montres aux rouages de l’âme imbriqués dans les mouvements du cœur. Ces engrenages, en fait, donnent au corps force et vigueur. Mais voilà que tout se détraque. Et réparant les montres qu’il a lui-même créées, c’est son propre cœur et son âme que l’horloger qui s’imagine être l’égal des dieux, tente aussi de guérir…


En cet instant, il déambulait de long en large, emporté par son sujet : l’horloger maudit, par grand péché d’orgueil, finissait par sacrifier sa fille, la donnant au vieillard à tête d’horloge qui possédait le secret du Temps.


Luce observa que l’auteur de science-fiction boitait. Or, elle n’avait jamais eu vent de ce détail. Et bien que l’histoire dont il était question lui redonnât grande inquiétude quant à l’heure présente – il n’était pas possible qu’ils aient marché autant, fait plusieurs rencontres, et que le temps ne fût pas déjà bien avancé – lorsqu’il eut achevé son récit, elle se hasarda :


- Avez-vous eu quelque accident, Monsieur ?


Devant le regard douloureux que le vieil homme lui lança, elle regretta aussitôt sa question.


- Le manque d’argent est un bien mauvais conseiller, Mademoiselle. Un mien neveu se laissa manipuler par ce démon et pointa sur moi son revolver. Heureusement, il n’atteignit que la jambe, mais me voilà infirme désormais, comme vous le constatez.


Puis il se mit à parler d’une idée qui lui trottait en tête où il était question de voyages et puis de montgolfière...


***


Sur la table de chevet, à côté d’une pile d’ouvrages – et l’on pouvait voir, en regardant les tranches, qu’il s’agissait surtout d’ésotérisme, de franc-maçonnerie, de voyages dans le temps et d’écrivains versés dans les sciences occultes – Stéphane déposa le livre qu’il venait de refermer. Sous la lampe, le titre brillait en lettres dorées, du nom de la première nouvelle que contenait le recueil : « Le Docteur Ox ».(1)


- Voilà, mon amour. J’espère que cette histoire t’a plu. Je nous en lirai une autre encore demain…


***


Luce soudain se rendit compte que le mystérieux jeune homme lui rappelait en fait… son fiancé ! Elle fut prise de fébrilité.


- S’il vous plaît, je voudrais bien rentrer maintenant.


Mais comme elle se retournait parce qu’elle croyait que son mentor marchait à quelques pas derrière elle, elle éprouva un choc : elle était seule. Les lieux étaient parfaitement vides de toute existence humaine. On eût dit que le vent même avait cessé de souffler. Toute chose s’était comme statufiée…


Elle marcha longtemps, sans que le parc parût avoir de limite quelconque. Une angoisse terrible l’envahit. Elle aperçut enfin les fortifications et se dirigea vivement vers un mur. De très loin, elle y vit une brèche assez large. On eût dit que de l’autre côté, brillait une lumière, comme celle d’une lampe. Elle courut.


***


Et lentement ouvrit les yeux.


Stéphane demeura un instant pétrifié. Puis l’ahurissement se mua en joie, et la joie en délire. Il appuya frénétiquement sur le bouton d’appel, faisant apparaître aussitôt une infirmière qui s’empressa.


Contre toutes les prévisions et avis médicaux, Luce, enfin, sortait du coma.



(1) « Le Docteur Ox », recueil de nouvelles de Jules Verne qui regroupe : Une fantaisie du Docteur Ox ; Maître Zacharius ou l'horloger qui avait perdu son âme ; Un drame dans les airs ; Un hivernage dans les glaces.


 
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   Marite   
11/2/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Le paragraphe de la fin nous fait comprendre que Luce est dans le coma à l'hôpital et que son fiancé est à son chevet et lui tient régulièrement compagnie. Depuis le début, je pensais qu'elle avait disparu au cours de cette visite guidée, ou bien qu'elle avait été enlevée, ou encore qu'elle avait été accidentée.
La seule chose certaine c'est que le mariage avait été annulé. Il semble manquer quelque chose dans cette nouvelle: comment est-elle arrivée dans ce lit d'hôpital?
J'aurais bien aimé le savoir.

   Perle-Hingaud   
12/2/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen
Une nouvelle qui se lit facilement. Les personnages sont un peu stéréotypés, la douce Luce et son gentil fiancé, mais pourquoi pas. J’ai eu un doute au départ sur le rôle de Florence dans l’histoire, avant de comprendre.
Le problème de cette nouvelle est, selon moi, la chute choisie. Luce se réveille d’un coma, ce qui explique son « voyage intérieur ». Un peu facile. De plus, les paragraphes de dialogues entre son fiancé et sa mère ou ses amis ne m’ont pas convaincue : je trouve les ficelles un peu grosses, l’auteur veut absolument nous embarquer dans une histoire de quête ésotérique qui expliquerait ce voyage fantastique. Je n’étais pas d’humeur à le suivre, désolée. Une prochaine fois ?

   florilange   
14/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
Beaucoup aimé cette nouvelle, bien écrite, ménageant savamment ses effets jusqu'à la chute. Ce que j'aime, en +, c'est qu'elle nous donne 1 version positive & rassurante de ce à quoi le cerveau peut bien travailler durant 1 coma. Pourquoi pas?
Je l'ai lue avec plaisir, merci,
Florilange.

   coquillette   
15/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
Bonjour,
Une bien jolie nouvelle qu'il m'a semblé entendre récitée par une voix calme et pleine de mystères.
Une voix très douce, très musicale aussi pour ne pas percer le mystère de ce texte et amener le lecteur en douceur au point final.
C'est documenté, parfaitement articulé et les gens rencontrés très vivants.
Les décors sont pas mal non plus, très colorés.

Bonne continuation à l'auteur

   plummot   
23/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien
J'ai trouvé cette nouvelle originale, notamment par le choix de cette incursion dans l'histoire, et le contact de personnages célèbres.
les scènes du "passées" sont bien retranscrites, dans les personnages, l'atmosphère, et la rencontre avec ces personnages historiques visionnaires m'a plu (la monnaie commune pour l'europe...); ces scènes sont pour moi le point fort de la nouvelle.

les scènes du "présent" sont plus opaques, probablement pour garder le mystère du récit et de la chute, mais du coup cela les rend un peu plus fastidieuse. On a parfois l'impression de tourner en rond.

La chute sans être exceptionnelle, nous réserve une orientation différente à celle supposée par le reste du texte. En outre elle est crédible. Donc pour ces deux raisons, elle est efficace, et vient donner un point positif supplémentaire à la nouvelle.

Au final, un bon moment.
Merci

   Cortese   
23/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Une bien jolie nouvelle qui fait voyager le lecteur. L'intrigue fonctionne, la chute est bien amenée.
Ceci dit, le style pourrait être plus simple, selon moi. Par exemple : "Par-dessus les murs de la citadelle, le ciel devenait sombre de plus en plus tôt dans la journée. Quelquefois, les arbres se profilaient, ciselés en traits d’encre de chine sur un fond de nuages d’un gris lourd, noir et sale et comme chargés de mauvais augures. Cette vue déprimait Florence. Elle décida de déménager. Or on prédisait de la neige. La pauvre femme remit donc ce projet au printemps…" C'est le genre de phrase qui ralentit la lecture, parce qu'à la fois on cherche à comprendre (de quelles couleur sont les arbres pour se profiler devant du gris foncé ?) et que ça n'apporte pas grand chose à l'intrigue.
Bref, à part quelques maladresses qui gagneraient à être retravaillées pour donner plus de force à l'écriture, mais qui n'enlèvent en rien l'envie de connaître la suite, c'est un très bon moment de lecture !
A bientôt,
Cortèse

   ANIMAL   
23/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Une nouvelle plaisante, qui intrigue et est bien documentée. J'ai apprécié les références livresques et anecdotes historiques tout au long de l'histoire.

L'ambiance étrange est bien rendue. Le style parfois très descriptif pose plutôt bien l'étrangeté du décor ressenti par Luce.

L'histoire est bien menée et oscille avec aisance entre le fantastique et le sentimental.

La chute est un peu brutale mais tout est bien qui finit bien et moi j'aime les happy end. :-)

   Xrys   
24/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien -
J'ai apprécié cette nouvelle pour le voyage dans le temps, pour le mélange romanesque historique fantastique qui est une bonne idée je trouve.

Le style est fluide se lit aisément sans anicroche, les descriptions sont bien réussies.
Par contre je n'ai pas spécialement adhéré à la fausse piste "secte, ésotérisme" dans laquelle l'auteur a fait mine de nous entrainer. Elle ne me semble pas justifiée, si j'ai bien compris la nouvelle (Luce a pénétré dans une partie interdite lors d'une visite et a eu un accident c'est cela ?).

Les changements de points de vue sont bien amenés, facilement identifiables, J'ai juste cette réticence par rapport à cette fausse piste dont le texte n'avait pas besoin je pense.

Merci

Xrys

   placebo   
24/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien
Le texte m'a beaucoup plu, une histoire qui commence comme un voyage dans le temps et se termine dans le monde réel... une alternative aux machines à remonter le temps, et qui donne de la crédibilité à ce ''voyage'', mais au détriment du rêve: elle ne l'a pas vraiment vécu, n'est ce pas dommage? Cette fin ne me convient pas vraiment, mais comme elle remet tout le texte en question...

J'ai vraiment aimé le style, les connaissances de l'auteur sur cette période amenées pas à pas.

j'ai juste quelques remarques:

''Et qui demeurait là'', je ne pense pas que le qui soit nécessaire. C'est personnel après, mais sur ces trois bouts de phrase qui se suivent, j'en aurai lié au moins deux.

pour le dialogue: '' Qui est cet homme là?'' j'ai d'abord compris que des personnes parlaient de l'homme qui accompagne Luce, peut être un phrase qui détaille?

Les personnes, que stéphane contacta ''les unes après les autres''

Sinon, j'en suis ressorti assez interloqué: le texte a une vraie logique, qui se tient, mais elle difficile à comprendre, et j'ai du le relire plusieurs fois. La faute à la chute sans doute qui met à jour tous les sous-entendus ^^

bonne continuation

   alifanfaron   
24/2/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Nouvelle sympathique qui se laisse bien lire. La fin surprend mais les traits trop lissés des personnages nuisent quelque peu à l'effet créé justement par la chute originale.

   Incognito   
25/2/2010
Je suis très partagé.
Au final, je suis parvenu à recoller les morceaux que j'avais récoltés par ci par là : certains très explicites comme des personnages célèbres n'ayant pas vécu à la même époque et amenant à ressentir la distorsion du temps, des allusions (grand architecte, horloger) dérivant ensuite vers de l'explicite (franc-maçonnerie) qui nous met sur le registre du spirituel, le chat de Schrödinger qui nous plonge encore plus dans l'incertitude de la réalité, de l'impossibilité de se prononcer entre la vie et la mort avant la chute (ouf, on finit quand même par ouvrir la boîte et le chat n'est pas mort :)), ... Sans doute plein d'autres choses que ma culture insuffisante ne me permet pas de détecter.
J'ai mis un certain temps avant d'assimiler le découpage en mini-chapitres dont je pensais au départ qu'il servait simplement à scinder deux époques différentes, avant de me rendre compte qu'au sein même de ce que je croyais n'être qu'une époque il y en avait en fait plusieurs et que donc il devait s'agir d'autre chose que la séparation narrative de deux époques. J'ai eu du mal aussi au début à installer les personnages par un emploi fréquent (volontaire ?) de pronoms personnels au lieu de noms propres.
Bref, tout ceci amène, dès la lecture achevée, à se rendre compte que l'on vient de lire quelque chose de très savamment construit, de manière fort complexe en imbriquant plusieurs niveaux dans l'écriture et que tous concourent à placer le lecteur dans un brouillard qui se "dédensifie" progressivement jusqu'à la chute. Tout ceci est très bien maîtrisé et l'impression est plutôt bonne, même très bonne, voire excellente.
Il n'en reste pas moins qu'en cours de lecture j'ai du beaucoup réfléchir, parfois revenir plusieurs lignes en arrière et que la lecture n'a pas été très agréable au sens "plaisir brut et simple" du terme. En outre, cette complexité masque un peu une écriture ma foi fort bien maîtrisée.
Un texte tout de même qui n'est pas si facilement accessible, même si ce n'est pas forcément un problème et que je n'en fais pas une critique.
Voilà pourquoi je suis partagé... comme ma note.

Merci

   Anonyme   
26/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
C'est assez souriant et paisible et surtout c'est abouti. Une écriture qui se pose, légère et précise, une nouvelle classique dont on ne sent pas le travail, avec un déroulé intéressant, une chute. Que dire de constructif je ne sais mais j'ai apprécié.

   Filipo   
1/3/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
Comme tout le monde, j'ai marché dans les pièges habilement dressés par l'auteur (qui nous balade pas mal - c'est assez habile, on s'en rend compte en relisant). Il y a certaines choses qui sont un peu mystérieuses (le fiancé de Luce qui travaille dans un palais ? Palais de justice, alors :-)) et qui rajoute au côté confondant de la lecture.

La chute est dévoilée assez rapidement (en 3 petites phrases à peine), et sans volonté d'en faire trop. J'ai bien aimé cette économie de moyen, ainsi que la découverte de l'univers Onirique de Luce.

Merci pour cette lecture !
Filipo

   marogne   
1/3/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen
J’ai été un peu déçu par la fin de cette histoire qui, malgré le titre, m’avait entraîné sur un genre plus « fantastique » : quoi, tout ça pour ça ?
Une autre vision, celle-ci historico-romantique, de cet état que nous ne voulons pas admettre comme étant vide, et encore, in fine, le réveil et une fin heureuse.
J’ai trouvé aussi que l’on insistait un peu trop de fois sur les lectures – ou les fréquentations – de Luce, et sur le fait que le fiancé n’y était pas sensible, une fois, surtout vue la fin, aurait sans doute suffit.
Enfin, les réflexions historiques ou sociales du sieur Vauban, font un peu comme « collées » sur une histoire qui ne les appelle pas, et perdent en réelle sincérité pour ne plus être que des slogans.


J’ai bien aimé la transition finale entre les deux mondes, un qui disparaît après s’être vidé, et le monde conscient.


Détails :
• j’ai trouvé la construction de la phrase « une pèlerine….fiancée » un petit peu laborieuse, malgré les virgules, on se demande bien si c’est effectivement de cette « pèlerine » qu’est vêtu celui qui arrive. On retrouve un peu le même trait dans « Visage baissé…. Pensées ».
• « ils se dirigeaient vers, espérait-elle,… » une construction que je trouve ici auss « peu naturelle ».

   Luluberlu   
16/3/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
Une approche très intéressante celle qui consiste à s'appuyer sur L'expérience de Schrödinger - expérience de pensée utilisant la puissance de l'imagination humaine - et la description d'une époque passée. La notion de bifurcation est ici bien rendue ainsi que les états superposés : incursions dans le passé, excursion dans le présent ou l'inverse d'ailleurs.
La chute également ; une chance sur deux de sortir du coma et Luce qui est à la fois dans deux états : vivante dans le coma et vivante mais dans le passé.

Quelques indices semés çà et là :
- Vous avez tout le temps, tout le temps…
- les médiévales
- les références à la BD "Les cités obscures"
etc...
Néanmoins j'étais loin d'imaginer une telle sortie.
Également une écriture paisible. L'usage de la ponctuation nuit parfois à la fluidité comme par exemple :
Citation :
Stéphane, qui cherchait des réponses, contacta, les uns après les autres, les personnes que sa fiancée rencontrait dans certaines soirées auxquelles il ne participait pas.

   Flupke   
22/4/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
Bonjour Bidis,
Une histoire à chute comme je les aime, même si j'ai eu l'impression d'avoir raté une marche au niveau du degré d'enchâssement de narration.
De bonnes fausses pistes pour un final qui surprend.
Bravo.

 

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