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Policier/Noir/Thriller
caillouq : Sommets
 Publié le 05/02/10  -  13 commentaires  -  18172 caractères  -  78 lectures    Autres textes du même auteur

Où l'on peut se demander s'il faut systématiquement recycler le papier.


Sommets


Rapport Inserm AP0348-05

04/05/2005


Note préliminaire :

Ce rapport anticipé a un caractère temporaire et confidentiel ; sa production a été demandée à titre exceptionnel par les représentants des autorités tutélaires conjointes (université de Caen, INSERM, UNPS, CPAM ) au vu de l’urgence des événements. Il n’est pas destiné à la diffusion.


Enquête effectuée sous la direction de J.-L. Nahel (Professeur Univ. Caen) et J. Gamonet (chargée de recherches INSERM), novembre 2004-mai 2005.


Dans le cadre de la mise en place d’un plan de prévention du suicide, une campagne d’autopsie psychologique (AP) systématique a été initiée dans le pays de Bray, en partenariat avec l’université de Caen. La zone couverte par l’enquête est décrite plus précisément dans l’annexe A. Les cas sont traités exhaustivement sur une période allant du 1er novembre 2004 inclus au 30 avril 2005 inclus. Les entretiens doivent se dérouler jusqu’à la fin du mois de mai, afin de permettre le traitement des derniers cas. Les conclusions générales de l’enquête seront produites, ainsi qu’il était initialement prévu, au cours du deuxième semestre 2005. Ce rapport anticipé a pour but de souligner des résultats intermédiaires dont la signification peut être importante à une échelle qui dépasse le simple cadre de cette campagne.


La répartition des entretiens post-mortem entre les 11 enquêteurs (voir liste en annexe B) a été principalement guidée par la chronologie des décès, mais le cas de X1, survenu le mardi 29 mars 2005 à Nesles-Normandeuse (76), a été traité immédiatement. Ce cas est relativement atypique : 41 ans, maître de conférences en biologie comportementale, marié, deux enfants. On est loin du profil type tel qu’il est présenté au grand public : artisan/commerçant, sans confession ou protestant, plus de cinquante ans, pas d’attaches familiales. Le fait que le cas de X1, qui se trouve avoir été un collègue connu et estimé d’un des directeurs de l’enquête, ait été traité prioritairement ne doit pas être vu comme la conséquence d’une quelconque préséance d’ordre communautaire. Seules des considérations pratiques ont été envisagées : on sait bien que la principale difficulté de l’AP est de décider les proches du défunt à parler de lui. Dans le cas de X1, le contact avec les proches, dont certains étaient déjà connus des directeurs et/ou enquêteurs, a été beaucoup plus facile à établir. Reconstituer le contexte social du suicidé a été extrêmement facilité par les connaissances a priori que nous en avions, et les autres éléments ont également pu être rassemblés plus rapidement que pour d’autres cas, pour lesquels les barrières culturelles sont beaucoup plus importantes.


Voici les grandes lignes du parcours de vie de X1 :

Élève brillant (scolarité sans encombre dans un des meilleurs lycées de Nantes, pas de crise adolescente connue), intègre l’École normale de la rue d’Ulm à 20 ans, passe son doctorat (spécialité biologie des populations) à 26 ans, recruté au CHU de Rouen en 1991. Enseignant-chercheur très apprécié de ses collègues et de ses élèves.

Du côté familial : marié depuis 11 ans, femme professeur de physique au lycée de Neufchâtel-en-Bray. Couple heureux et sans histoire, de l’avis des proches. Sa femme révèle cependant un état psychologique évolutif depuis près d’un an. Sautes d’humeur, modification des pôles d’intérêt. Jusque-là modérément sportif (pratique lâche du tennis depuis l’enfance), X1 s’est pris de passion pour la montagne, et a multiplié ces derniers mois les week-ends prolongés dans les Alpes. Il pratiquait le bivouac en haute montagne, avec des fréquentations non directement connues de sa femme. Celle-ci pense que l’origine de cet engouement remonte à un congrès pluridisciplinaire qui s’est déroulé dans les environs de Grenoble en janvier 2003. Ce congrès a été suivi de séjours tous les deux mois environ, dont X1 revenait avec « beaucoup d’énergie » (sic). Puis le rythme s’est accéléré, au fur et à mesure que X1 se refermait sur lui-même et s’éloignait affectivement de sa famille. Néanmoins, ses collègues n’ont remarqué aucun ralentissement concomitant dans sa vie professionnelle ; certains ont même fait la remarque qu’il y rencontrait, ces derniers temps, encore plus de succès que d’habitude. Ceci est compatible avec l’hypothèse que X1 ne faisait pas une dépression, contrairement au diagnostic établi par son médecin traitant, mais une maniaco-dépression. C’est probablement au cours d’une phase d’exaltation que X1 a sectionné avec une pince coupante le grillage de sécurité d'une tour de la cathédrale de Rouen pour se jeter dans le vide.


Avant même que nous ne nous perdions en conjectures sur les causes profondes du malaise de X1, il est venu à notre connaissance un autre cas de suicide d’universitaire, survenu à Cherbourg en 2003, qui a attiré notre attention. La prévalence du suicide est faible dans cette catégorie socio-professionnelle, deux cas aussi rapprochés sortent donc nettement des statistiques, et en outre là encore le moyen choisi était la défenestration. Ce cas déborde du cadre de notre mission (tant d’un point de vue géographique que chronologique), mais nous avons néanmoins décidé de le traiter, y voyant l’opportunité d’apporter par comparaison un nouvel éclairage sur le suicide de X1. Étudier parallèlement les deux cas devait permettre de mieux faire la part de ce qui relevait de chaque histoire propre, et de ce qui découlait de pressions professionnelles ou sociales comparables. Nous avons donc dépêché un enquêteur à Cherbourg. Des analogies troublantes sont apparues immédiatement : profession scientifique (chercheur en mathématiques), stabilité familiale et affective, et là encore dégradation des relations familiales depuis quelques mois, couplée à des déplacements effectués à une fréquence accrue. Afin de ne pas faire d’erreurs d’appréciation sur le niveau de ressemblance entre ces deux cas, nous avons décidé d’intensifier nos moyens d’investigation. En particulier, il a été possible, grâce à la coopération des épouses, de compléter les entretiens par des recherches directes dans les archives des défunts.


Chez X1 nous avons trouvé une pochette au milieu de papiers d’ordre professionnel, contenant une dizaine de dessins au fusain. Tous ces dessins, très chargés, évoquent des formes humaines, un entrelacs de corps qui semblent se tordre sous l’effet d’une douleur (?) insurmontable. La femme de X1 n’a jamais vu ces dessins, et nous assure que son mari n’a jamais eu de velléités artistiques. Elle ne l’a jamais vu dessiner ou peindre. Chez X3, le suicidé de Cherbourg, nous avons trouvé des billets de train pour diverses destinations dans les Alpes (Chamonix, Modane, Grenoble), ainsi que l’impression d’un message électronique faisant allusion à un rassemblement « dans la furie des crapauds de Freydières » (sic). La feuille porte des traces noires qui pourraient être du fusain. Sur la vingtaine des destinataires du message, nous avons réussi à identifier deux personnes, un chargé de recherches parisien en physique théorique, et une économiste de l’université Pierre Mendès-France à Grenoble.


L’économiste, X4, s’est avérée connue de collègues de la section Rhône-Alpes de l’UNPS, pour une TS effectuée en février 2004. Là encore, défenestration, mais des bâches de travaux ont amorti la chute qui aurait dû être mortelle (huitième étage). X4 a accepté de nous rencontrer, mais avec beaucoup de réticence, arguant d’un emploi du temps extrêmement chargé. Elle est actuellement « en biseau », se désengageant progressivement de son emploi universitaire pour devenir courtier à temps plein à la Bourse de Genève. X4, de ses propres déclarations, est « déjà en train de [se] faire des couilles en or », a fermement déclaré ne pas vouloir parler de cette « ridicule tentative de suicide » résultant d’une « ridicule période mystique » dans laquelle elle ne se reconnaît absolument pas, et ne regrette qu’une chose, c’est de ne pas avoir assumé plus tôt son goût pour l’action concrète et le pouvoir financier. L’enquêteur a tenté d’en savoir plus mais sans succès, et n’a pas trouvé la trace de proches avec qui approfondir la question.


Le physicien parisien, X5, nous a également reçus, mais notre enquêteur n’a pas pu lui soutirer le moindre renseignement d’intérêt. X5 suggère que la présence de son nom sur la liste des récipiendaires du message trouvé chez X3 est une erreur, ou que le message est une plaisanterie, ou alors le résultat d’un spam. En entretien, X5 a paru tout à fait équilibré et ouvert, mais il faut garder à l’esprit que ceci n’est pas incompatible avec un trouble bipolaire : en période « haute », le maniaco-dépressif peut être extrêmement convaincant. Par acquit de conscience, l’enquêteur a rencontré deux collègues de X5 qui ont spontanément souligné ses succès professionnels depuis un ou deux ans (« il est comme boosté »), attribués à des collaborations fructueuses avec Grenoble où il est « tout le temps fourré ».


Ces quatre cas semblant esquisser un symptôme récurrent qu’il importe de définir plus précisément, une de nos enquêtrices s’est proposé d’essayer de décider X5 à lui en dire plus – si, ainsi que nous le suspections, il recelait des informations importantes pour notre recherche. Nous avons donc envoyé notre enquêtrice à Paris, mais nous tenons à souligner qu’à aucun moment nous ne lui avons suggéré d’agir à couvert, i.e. sans révéler son statut professionnel. Notre enquêtrice a pris cette décision à titre personnel, et en aucun cas nous n’aurions donné notre aval à une pratique qui sort de notre déontologie.


Les renseignements obtenus, qui nous ont été communiqués par téléphone au bout d’une semaine de mission, sont parcellaires mais d’importance (voir la retranscription de la communication en annexe B). Ils semblent indiquer l’existence d’un groupe, recruté par cooptation, se rassemblant périodiquement autour de ce que nous pourrions qualifier d’expériences mystiques. Les rassemblements se font essentiellement en haute montagne, dans des bivouacs hors-norme permettant d’accueillir vingt à trente personnes, au terme de longues marches dont le but est d’épuiser le corps. Les activités du groupe sont typiques de la mouvance new age : oubli de soi, perte du contrôle, libération de la créativité, etc. Les moyens par lesquels les membres du groupe arrivent à cet état de conscience modifiée sont plus obscurs. X5 aurait évoqué une « drogue non chimique », des transes causées par des « tourbillons sur la neige tassée » (pratique inspirée de celles des derviches tournants ?), des « lectures » (?). Il aurait également fait mention d’activités non éclaircies sur des divans (cette infrastructure plus lourde laisse supposer que le(s) organisateur(s) ne se contentaient pas de bivouacs mais pouvaient également, à l’occasion, investir des refuges), probablement de l’ordre d’orgies collectives, ce qui ferait lien avec les dessins trouvés chez X1.


Nous comptions sur des renseignements ultérieurs avant de décider de la conduite à tenir (en particulier, cette affaire est-elle du ressort de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes ?) mais notre enquêtrice nous a envoyé un e-mail le 13 avril dernier nous annonçant qu’elle prenait ses RTT au terme de cette mission, et nous n’avons pas, depuis, reçu sa note de synthèse ainsi qu’il était convenu. Nous avons essayé de la joindre plusieurs fois sur son téléphone portable, sans succès.


En conclusion, il est évident que nous avons rassemblé des indicateurs forts sur l’existence d’un mouvement souterrain dans le monde de la recherche. Ce mouvement, dont l’instigateur est totalement inconnu pour l’instant, doit être identifié au plus vite en raison de son caractère dangereux pour les personnalités fragiles. Il est important à court terme de déterminer rapidement l’ampleur du phénomène, et de comprendre par quels mécanismes certains des membres de ce groupe ont pu être conduits au suicide. Il sera également fructueux à long terme de mener une enquête épidémiologique d’envergure sur la santé mentale des chercheurs scientifiques, afin de comprendre comment des personnalités généralement reconnues pour leur pragmatisme et leur rationalité ont pu se retrouver dans une telle situation.

Nous tenons en tout cas à insister sur le fait que nous ne pouvons pas nous impliquer davantage sur cet aspect marginal de notre enquête qui est très ciblée géographiquement et ne se limite pas aux CSP++ universitaires. Nous avons déjà utilisé une grande partie de nos capacités à ce propos, et ne pouvons courir le risque de biaiser notre étude en nous appesantissant davantage sur les cas isolés décrits ci-dessus, même s’ils nous intéressent extrêmement.


Nous espérons que nos autorités tutélaires sauront prendre au sujet de cette affaire les décisions et les responsabilités qui s’imposent.


J.-L. Nahel, J. Gamonet



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To : thorst83@freeler.com

From : Jeanne.Gamonet@lsp.univ-caen.fr

Sent : 09/06/2005 23 :17


Ma Tessa chérie,


Je n’ai pas eu le temps de t’écrire, ni même de téléphoner hier à une heure décente pour toi, car il est arrivé un truc incroyable. Je t’ai raconté cette enquête assez tricky où nous sommes tombés sur une épidémie de scientifiques coincés se jetant par les fenêtres. On a fini par comprendre qu’ils appartenaient à une espèce de secte. Ils avaient l’air assez sérieusement fêlés, j’ai toujours pensé que trop se servir de son hémisphère droit est potentiellement dangereux – pas de danger que ça t’arrive, à toi ma folle incontrôlable. Je ne sais pas si je t’ai dit qu’une de nos collaboratrices a essayé de s’y infiltrer, et elle est revenue dans un sale état – pour l’instant elle est en cure de sommeil dans un HP de la région. Un vrai gâchis, elle était mignonne et drôle comme tout, cette petite (oh oui, fronce le sourcil comme tu sais le faire, j’adore l’idée que je peux encore te rendre jalouse). J’aurais dû y aller, moi, tu me connais, j’aurais résisté à leur pression, et ça m’aurait fait marrer de voir leurs conneries. D’après le peu qu’a rapporté la petite en revenant, leur but était d’apprivoiser l’idée de la mort, et pour ça ils avaient plein d’occupations rigolotes genre se rouler à poil dans la neige, ou alors se dessiner en tas sans bouger pendant des heures, ou psalmodier des machins incompréhensibles… Plus, bien sûr, des séances face au vide durant lesquelles ils devaient se sentir « prêts ». Je ne sais pas si ça vaut le coup de se prendre le chou comme ça juste pour réussir un peu mieux l’examen final… Et si c’est juste pour organiser des partouzes, ce n’est pas la peine d’être aussi sinistre, qu’en penses-tu ? Bon, je m’égare. Bien sûr, on a alerté la hiérarchie dès qu’on a vu qu’il se passait des choses bizarres, mais comme d’hab il n’y a eu aucune réaction, ils nous ont juste demandé d’écrire un rapport (pour changer), et on n’a plus entendu parler de rien.


Jusqu’à hier matin… Des flics sont arrivés au labo (oui, tu lis bien : des FLICS !!!), avec carte tricolore et tout, et ont demandé à voir Jean-Luc. Juste à ce moment-là, il est sorti de son bureau et il leur a dit : « Faut-il vous suivre, messieurs ? » (avec son ton très big boss, du Jean-Luc tout craché, tu sais comment il est ! Toujours de la tenue en toute circonstance…). Deux secondes plus tard, il avait des menottes et les flics l’emmenaient. Tu imagines ?! On était sidérés, tous, on essayait d’imaginer pourquoi ils l’avaient embarqué…


Je ne sais pas pourquoi, je suis allée dans son bureau, et là il y avait un gros dossier avec mon nom, et la mention « à recycler » en dessous. Dedans, j’ai trouvé des dessins bizarres et des espèces de poésies genre oriental (« diwan », ça te dit quelque chose ?), écrites visiblement à plusieurs mains, le tout froissé, taché, bref. Je n’ai pas pigé ce que ça pouvait être jusqu’à ce que je voie un nom sur un des dessins, qui pouvait représenter un corps complètement contorsionné : c’était le nom d’un des suicidés qui nous a fait découvrir tout le machin. Je n’ai pas tout de suite réalisé ce que ça impliquait, mais après je suis tombée sur quelque chose de beaucoup plus explicite : une profession de foi de l’homme qui avait initié tout le mouvement… Jean-Luc himself. Ça m’a tellement secouée, de découvrir la face cachée du collaborateur idéal, si dévolu à son boulot et si humain en même temps, j’avais tellement envie que ça ne soit pas vrai, que j’ai fait ce qui était indiqué : j’ai recyclé – direct dans la benne à papiers de la fac.


Dans l’après-midi, on a appris ce qui s’était passé dans le bureau du commissaire qui l’interrogeait : il a sorti une cigarette du paquet qu’il avait sur lui, a croqué le bout et il est mort avant même que les flics comprennent de quoi il s’agissait.

En fait, il avait tout prévu – j’aurais dû le comprendre en lisant son texte. Il y parlait des nécessaires spectateurs, tout un délire sur la mise en scène du grand saut final… Après coup, c’est évident qu’il voulait que tout soit découvert, je me suis souvenue que c’est lui qui a insisté beaucoup sur l’étrangeté du premier cas, c’est lui aussi qui a poussé à envoyer à dache les enquêteurs initialement destinés à notre petite enquête locale... On peut dire qu’il m’a bien manipulée. Tout ça pour pouvoir partir avec le maximum de retentissement dans un bordel soigneusement déclenché ! J’étais à cent bornes de soupçonner une telle mégalomanie. Dire que j’ai travaillé pendant cinq ans avec un gourou sans m’en douter… J’ai bien essayé de récupérer la benne à papiers, en espérant qu’une deuxième lecture m’aiderait à mieux saisir ce qui s’est passé, mais elle était déjà partie.


À partir de maintenant, tu pourras te moquer autant que tu veux de mon manque de profondeur psychologique, promis.

Je n’arrive même pas à me sentir triste, ça doit être le choc. Pauvre Jean-Luc. Il n’avait pas le seul élixir qui vaille pour oublier l’idée de la mort, tes mains et ta peau et tes seins et ta bouche.


Je t’embrasse à cet endroit que tu sais, téléphone-moi vite.


Ta Jeanne



 
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   coquillette   
26/1/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
Bonjour,
Un bon sujet, maîtrisé de bout en bout. Une excellente histoire et un rapport qui sonne vrai.
J'aime beaucoup la différence des tons entre le rapport et le mail. Du très bon travail, basé, dans le fond et dans la forme sur la "crédulité".
Un sujet d'actualité.
Juste ici cette broutille (dans le mail) :
"que c’est lui qui a insisté beaucoup"
Je ne vois pas quels conseils je pourrais apporter à l'auteur, tout me semble maîtrisé, relu, revu, bien pensé.
Bonne continuation à l'auteur et merci.

   colibam   
29/1/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen +
Les caractéristiques que l'on trouve habituellement dans un rapport sont présentes. Le tout est bien écrit mais j'ai tout de même été déçu par le dénouement. Je m'attendais à quelque chose de plus mystérieux, de plus angoissant.

H.P. Lovecraft, pour ne citer que lui, était passé maître pour bâtir, à partir d'éléments souvents anodins, de contextes banals, une histoire suffisamment suggestive pour troubler le lecteur. Plusieurs de ses nouvelles ont ainsi été écrites sous forme de rapports obscurs rapportant des faits indéfinissables, avec une réelle capacité à immerger le lecteur dans une ambiance forte, un environnement angoissant car inconnu et impalpable.

Sans doute votre récit aurait-il gagné à être écrit sous forme d'article (scientifique, journalistique, universitaire, peu importe) plutôt que sous la forme, un peu laborieuse et poussive à lire, d'un rapport ; même avec le mail final (différence de ton, de style, de vocabulaire maîtrisés entre le rapport et le mail. C'est bien), qui n'apporte finalement pas grand chose en terme de révélations.

Souligner davantage le mystère, l'étrangeté des faits rapportés ou observés, condenser votre récit et peut-être retravailler la fin, un peu trop terne, voilà les seuls conseils que je me permets de vous donner car pour le reste, la qualité stylistique est au rendez-vous.

   Perle-Hingaud   
30/1/2010
 a trouvé ce texte 
Bien -
L’idée est intéressante : manipulation, face cachée de nos voisins… avec des souvenirs de drames anciens, donc un texte ancré dans la réalité, crédible. Le style du rapport est bien mené, parfois un peu long. J’ai cru à un moment à une banale histoire d’adultère conduisant à un double suicide, mais les cas de survivants m’ont détrompée. Le mail donne le fin mot de l’histoire. Je reste cependant sur ma faim, il me semble que le thème n’est qu’effleuré : j’aurais apprécié plus de développement sur le gourou, on reste finalement très extérieur à l’action, aux suicides. Une nouvelle trop courte ?

   florilange   
30/1/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien -
Mitigée devant ce texte, très bien rédigé dans la 1ère comme dans la 2nde partie, bien que les 2 styles y soient totalement différents : l'1 administratif, l'autre d'ordre privé. A priori donc, pas 1 plume de débutant.
L'histoire semble inspirée de celle du Temple solaire : ne sont concernés que des professionnels instruits & compétents. Qu'il est apparemment facile de rendre cinglés. Elle ne m'a que peu intéressée mais la 2nde lettre m'a fait sourire par sa verve & le "pourquoi, elle, aurait résisté".
Florilange.

   oxoyoz   
6/2/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien -
J'ai beaucoup aimé la forme. Le rapport froid et administratif suffit a donner une ambiance de mystère. C'est très bien écrit, maitrisé, style impeccable. Le mail est aussi réussi. Le fond m'a fait moins d'effet. Et j'aurai aimé une fin un peu plus sombre, un poil plus d'angoisse, de questionnement. Peu être, après la lettre, conclure par un extrait d'article de journal, revenir à un style impersonnel et incapable de livrer toutes les clés. En tout cas, une lecture agréable, merci.

   widjet   
7/2/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen +
La première partie créée un véritable mystère et le choix de l’auteur de bâtir son récit par le biais d’un rapport s’avère être un choix périlleux, mais qui fonctionne. Le lecteur que je suis fut appâté d’autant plus que l’écriture très correcte et les précisions d’ordre technique ajoutent au réalisme et à la crédibilité de l’ensemble.

Néanmoins, à la fin de la lecture c’est la déception qui prime. La seconde partie (le mail) assez chiche en terme de révélations, n’ai pas vraiment à la hauteur de tout le mystère (et du suspense) que l’auteur avait savamment construit jusque là. Cela va un peu trop vite (gros déséquilibre entre les deux parties) et il m’a semblé que les motivations de cette secte étaient trop nébuleuses (pervertir la raison, inoculer la démence dans les esprits sains ?) et que l’auteur se laissait aller à la facilité (en tuant celui qui aurait pu nous faire une intéressante et terrifiante théorie sur « son projet d’aliénation », mais cela aurait demandé un texte plus long, l’auteur ne le souhaitant visiblement pas).

Au final, la frustration prédomine.

Reste néanmoins une écriture de qualité, une véritable technique et un savoir faire pour capter son lectorat.

Un auteur prometteur.

W

   Bellaeva   
12/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien -
Ecriture maitrisée et démontrée dans la diffèrence des deux textes.
Le premier crèe une véritale intrigue mais sa forme "rapport formel" est un peu longue et presque ennuyeuse...Le mail est plus vivant et plus agréable à lire.
Ceci dit l'enquête dans le premier texte est bien menée.
On comprend qu'il s'agit d'une affaire de secte ..il n'y a pas vraiment de rebondissement ou de fausse piste ...
Bonne continuation

   jaimme   
21/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien
Un cadre administratif bien monté pour le rapport (quelques tournures à revoir et un peu long). Un mail vivant et globalement intéressant.
Mais on reste nettement en dehors des motivations de cette secte. Il manque une troisième partie qui révèlerait de façon claire les motivations et les actes de ce groupe.
L'eau à la bouche, mais la cuisse de poulet (grillée et froide, envie du moment) est restée dans le réfrigérateur. Dommage.
Le titre est intéressant, sans doute pas assez accrocheur.
De bonnes idées au total, une écriture déjà bien maîtrisée. A suivre.

jaimme

   Siebby   
21/2/2010
 a trouvé ce texte 
Bien -
Quel compte-rendu déroutant, rien ne manque. Le vocabulaire et le langage correspondent parfaitement à un rapport officiel. C'est l'écriture d'un administratif à l'imagination concrète. Avez-vous lu des tas de rapports ou êtes-vous dans la branche ? On s'y croit vraiment.

Le bémol, il y en a un, c'est le mail. En dépit de l'écriture soutenue, le sujet s'évente comme poudre au soleil. C'est là que la magie retombe. Donc j'avoue m'être ennuyée sur la conclusion de cette nouvelle policière.

Il y a une partie à retravailler ou à approfondir, à mon avis.
Par contre, excellente retranscription pour le rapport, là, c'est un style accompli.

   placebo   
5/3/2010
 a trouvé ce texte 
Bien
Le rapport ne m'a pas ennuyé, il était bien construit, le ton était juste.

Quelques remarques:

-J'ai bien aimé l'expression ''une pratique lâche du tennis'', je ne sais pas si c'est inédit, mais ça sonne bien.

- tu dis ''au fur et à mesure qu'il se refermait sur lui-même'', ça m'a semblé un peu bizarre, pas dans la continuité de ce qui était écrit avant.

Sinon, la secte et ses objectifs m'ont paru un poil caricaturaux, mais quand on lit les faits divers, il y a vraiment des fêlés...

J'avoue avoir lu plusieurs mots que je ne connaissais pas, merci pour ce vocabulaire, et plus généralement pour cette nouvelle.

ah oui, l'enquêtrice qui les lâche pour rejoindre la secte... ça serait intéressant d'en savoir plus, peut être que le boss a donné des tuyaux sur ce qui la fragilise.

[edit: après m'être fait gentiment remettre à ma place, les quelques points qui me posaient problème m'ayant été expliqués, commentaire raccourci et réévaluation positive :)]

   caillouq   
4/3/2010
En réponse à Placebo, j'ai ouvert un forum sur cette nouvelle (Discussions sur les récits > Réponse à un commentaire sur "Sommets"), qui répond également à ceux qui m'ont reproché de ne pas être plus explicite sur les motivations de la secte, ou de les laisser en plan trop brutalement.

Merci à tous de vos commentaires.

Lien vers le forum

   Luluberlu   
14/3/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
Très intéressante l'idée d'une "campagne d’autopsie psychologique (AP)" , elle me rappelle celle qu'on eut certains en France à propos de la détection des troubles du comportement chez l'enfant dès le plus jeune âge... pourquoi pas après tout du fœtus à la mort et même après. On pourrait de surcroît y impliquer l'ovule et le spermatozoïde. Un sujet de recherches passionnant en perspective. Mais trêve de digressions.

N'ayant pas "survolé" le texte avant je me suis laissé "happer" par le rapport tout en me demandant comment un écrit de ce style, austère, allait pouvoir déboucher sur une nouvelle attrayante. Et là, surprise ! une enquêtrice écrit à son amante pour révéler le pot aux roses. J'ai apprécié le ton plutôt léger. Quelques remarques m'ont fait sourire telle que celle ci :
Ils avaient l’air assez sérieusement fêlés, j’ai toujours pensé que trop se servir de son hémisphère droit est potentiellement dangereux.

Un récit bien écrit et bien pensé (je ne sais avec quel hémisphère d'ailleurs ?).

   Chiffon   
12/5/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
C'est une nouvelle assez longue, il y a une vraie prise de risque dans la narration. Et c'est finalement très réussi pour une bonne partie.
C'est à dire que le premier rapport est exellent, très crédible. A peine un ou deux mots que je n'aurais pas vu là. Le mail un peu mois vraissemblable à mes yeux, le ton général est amical, puis ça vire professionnel, puis amoureux, bref je trouve la construction moins réussie. Enfin je chipote, car ça reste tout à fait admissible.

Pour l'histoire en elle même j'aime bien le sujet, et avec ces documents "externes" on se retrouve tout de même plongé dans l'intrigue, c'est rondemment mené.
Mais la "chute" s'il y en a une me déçoit un peu. J'aurais souhaité un rebondissement, pourquoi pas des traces dans l'email d'une survivance de la secte, voir d'une faiblesse de l'emetteur qui sans s'en rendre compte va faire revivre la secte (par exemple en s'interessant un peu trop au papiers de jean-luc) ou je ne sais pas. Enfin quelque chose de moins "affaire réglée".

Peut-importe, en tous cas il y a du talent et de l'originalité, ça me plaît.

 

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