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Réalisme/Historique
Cat :  L'arc-en-ciel, les roses et l'armure
 Publié le 17/07/17  -  22 commentaires  -  5248 caractères  -  440 lectures    Autres textes du même auteur

La simple histoire des jours coton.


L'arc-en-ciel, les roses et l'armure


* L'ORIGINE *


Je m'appelle Rature Rainbow. C'est ma mère qui a insisté. Mon père, lui, a bien émis quelques réticences :


– Rature ? Voyons, c'est pas sérieux !


Ma mère a tenu bon. Avec l'instinct qui est souvent l'apanage d'une mère, elle devait pressentir ce qu'allait être ma vie. Une surcharge, une énorme biffure, une monumentale erreur en perpétuelle correction.


Rainbow, c'est mon nom de famille. Une chance qui vous tombe dessus sans qu'on la cherche vraiment.


C'est ainsi attifée que j'ai débarqué dans les roses.


Longtemps j'ai gardé, comme arme fatale, un sourire d'illuminée. Il rendait mes yeux clairs du dedans. Mais moi, idiote, je me rendais compte de rien.




* L'ARMURE EN FER-BLANC *


Les trois premières années de ma vie sont passées à la vitesse d'une fermeture éclair qu'on zippe d'un geste tendre et harmonieux. Sans précipitation.


Puis il y eut, bien sûr, importante par-dessus tout, la première déchirure. Du moins la première gardée en mémoire vive : l'épisode douloureux de la mise en exclusion, lorsque nous fûmes boutés dehors par des urgences de grands, dans un pays qui a connu les outrages de la guerre.


Pas vraiment des souvenirs, mais plutôt de ces empreintes indélébiles dont l'âme garde une sensibilité extrême et des dégoûts définitifs pour certaines choses de la vie.


Par exemple, il fallut apprendre une nouvelle façon de prononcer les mots. Les accents se mirent à jouer aux chaises musicales, et certains gardèrent leurs trémolos.


C'est à ce moment-là, tout doucement, sans vraiment m'en apercevoir, que j'ai commencé à forger mon armure en fer-blanc.


Dans un premier temps, cela consiste purement et simplement à détester les gares. Surtout les grises qui sentent mauvais et où le vacarme est étourdissant.


Mais détester, c'est comme tourner un couteau bien aiguisé dans la douleur, ça l'excite.


Alors j'ai choisi l'oubli.


Sauf que l'oubli ça n'existe pas, il se grave quelque part, pour toujours.




* LES ROSES *


Soi-disant que les filles, c'est toujours dans les roses qu'elles atterrissent.


La plus petite des roses, c'est un monde parfait en miniature. Tout y est. La beauté, la grâce, la couleur, le parfum, la naissance, les épines, la mort…


Au début, je savais pas que je les aimais autant les roses. Ma mère, elle avait que des géraniums sur tous ses balcons.




* MON NOM, C'EST RAINBOW *


J'ai toujours aimé mon nom. Oh, pas pour le jeu de mots à la con avec mon prénom, non ! Y avait que ma mère pour penser à des trucs aussi débiles. C'était sa façon à elle de faire de la poésie.


J'aime mon nom parce qu'en le disant tout bas les jours de pluie, je finis toujours par faire miroiter les couleurs de l'arc-en-ciel au-dessus de ma tête.


L'arc-en-ciel, c'est une histoire ancienne que papa m'a racontée lorsque j'avais cinq ans et qu'un bébé était en train de se la couler douce dans le gros ventre de maman.

En attendant son arrivée en fanfare pour savoir s'il était garçon ou fille, j'ai décidé qu'il fallait que les choses soient bien faites.


Nous étions déjà deux filles et un garçon à la maison. Il faudrait donc que le bébé à venir soit un garçon. S'il était une petite fille, alors je voulais bien me dévouer pour devenir garçon et ainsi équilibrer l'ensemble. Mais s'il était petit garçon, ils ne m'entendraient plus jamais demander l'impossible.


Je rêvais d'être garçon depuis toujours. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme, mais je me souviens très bien de la ferveur intense avec laquelle je suppliais le ciel de m'entendre. Comme si ma vie en dépendait.


Cela avait dû les inquiéter autour de moi, de voir le sérieux que prenait l'évènement. C'est pourquoi, un jour d'après l'orage, lorsque se dessina dans le ciel un magnifique arc irisé à faire pousser des oh et des ah d'émerveillement à tous ceux qui trouvaient la vie si belle, mon père me raconta cette histoire.


Ce jour-là, il me demanda de bien regarder l'arc de couleurs dans le ciel bleu propre.


– Tu vois comme il est magnifique ? Eh bien, il existe un secret, pour une petite fille qui veut devenir petit garçon. Elle doit monter là-haut, tout là-haut pour faire pipi debout. C'est ainsi que le zizi tant espéré poussera. Mais il faudra que tu sois courageuse, car je ne peux pas t'accompagner, tu dois monter toute seule si tu veux gagner le paradis.

– Mais t'as vu comment il est haut, papa ? C'est pas possible de monter si haut, comment on fait pour y aller ?

– T'inquiète pas ma fille, il suffit d'avoir envie, une belle et forte envie, et tu verras une échelle se déplier exprès pour toi, tu n'auras qu'à tendre les bras et t'accrocher très fort.


C'était très impressionnant de m'imaginer grimper seule au ciel, mais j'étais prête à faire bien pire pour parvenir à mes fins. Et l'explication de papa calma mes craintes et mon excitation jusqu'au jour fatidique.


Quelques semaines plus tard naissait mon petit frère. J'ai tenu ma promesse, plus jamais je n'ai parlé de changer la face du monde, mais j'ai gardé mon rêve, bien enfoui au fond de moi, jusqu'à la prochaine échelle.


Je m'appelle Rature Rainbow. C'est ma destinée, et nul n'y peut rien.


 
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   Donaldo75   
24/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

Je suis mitigé sur ce texte, dont je ne conteste pas la portée poétique, car il reste souvent très elliptique, à la limite du blabla.

"Je m'appelle Rature Rainbow" sonne comme un refrain, et non un leitmotiv; à ce titre, l'histoire devrait insister, dans son ressort dramatique, sur ce que porte cette phrase. Seulement, soit je n'ai rien compris, soit c'est profondément ancré dans une narration subconsciente qui échappe au lecteur.

Bref, j'ai cherché, je n'ai pas trouvé et ça m'a ennuyé de ne pas comprendre.

Une autre fois.

   Tadiou   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
(Lu et commenté en EL)
Belle poésie qui cache des drames un peu évoqués (la guerre, l’exil…).

Ecriture délicate, toute en finesse, en amour de la vie, en amour des gens.

La référence à l’arc-en-ciel est délicieuse, comme le sont mes minutes à lire ce texte.

J’aime aussi beaucoup le non-sérieux par rapport à soi, cette sorte de détachement. Par exemple : « Une surcharge, une énorme biffure, une monumentale erreur en perpétuelle correction. »

De la maturité, beaucoup, pour une enfant.

Bravo et merci.

   Eccar   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cat,
C'est une merveille ce texte, un délice d'écriture.
Dès la première phrase: ce nom Rature Rainbow qui sonne Arthur Rimbaud, qui sonne juste pareil, mais qui apporte dans sa musette, horreur et espoir, horreur car Rature bonjour le handicap pour la vie entière un prénom pareil, et Rainbow pour les rêves multicolores, les chemins magnifiques du ciel et de la terre.
Et puis ensuite: "le sourire d'illuminée", arme fatale, éclairage du dedans. " la vitesse d'une fermeture éclair qu'on zippe d'un geste tendre et harmonieux"; " Les accents se mirent à jouer aux chaises musicales, et certains gardèrent leurs trémolos."; "détester, c'est comme tourner un couteau bien aiguisé dans la douleur, ça l'excite." ; " l'arc de couleurs dans le ciel bleu propre."

Voici juste quelques exemples qui reflètent tant ce que j'adore dans cette histoire, dans les histoires en général. Ce n'est pas de l'écriture juste pour raconter, c'est une imagination hallucinante qui se transmute en mots et phrases, qui métamorphose les images réelles en significations imagées, plus qu'une photo qui marque la rétine, c'est une voix espiègle de gamine qui prête ses yeux pour qu'on regarde mieux, ses yeux et toute son âme avec.

L'histoire elle-même n'a que bien peu d'importance du coup quand une telle poésie envahit l'écran.
Merci pour cette douceur, Cat, ce matin. Plein de beaux souvenirs, de belles idées, sont remontés à la surface grâce à Rature Rainbow. ( J'ai même pensé à l'héroïne de "Lovely Bones" qui dit au début du film: mon nom est Suzie Salmon, Salmon comme le poisson.... Un film qui n'a rien à voir avec cette nouvelle sauf peut-être par sa merveilleuse poésie mais que je conseille à tous).
Mille bravos, chère Cat. Je m'en vais dans ma tanière ronger longuement ce délicieux nonosse enrubanné.

   widjet   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
L'écriture est délicate, le texte bien aéré (bien aimé le chapitrage) ce qui rend la lecture agréable et rapide (peu de signes). Le drame (de la guerre...voire de la déportation ? : d'où la référence aux gares)est subtilement abordé.

Le chapitre des Roses tourne court et dernier chapitre, le plus long, m'a moins séduit. Il est poétique, mais l'enjeu (l'équité) m'a moins passionné.

L'ensemble m'a globalement plu.

W

   Pouet   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

(Bonne pioche pour moi aujourd'hui côté nouvelle, je viens d'en lire une qui m'a réjouit et puis celle-là qui m'a ému.)



Il y a plusieurs choses dans ce texte qui demeure énigmatique.

- Le nom de la narratrice, son Arthur Rimbaud caché (humour) et cette "cruauté" de nommer un enfant ainsi, ça m'a fait penser aux parents qui avaient appelé leur enfant "Scud" durant la Guerre du Golfe.

- Le désaccord parental à ce sujet, une mère qui semble plus autoritaire, cynique et un père plus doux et rêveur, enfin c'est ce que j'ai cru lire entre les lignes.

- Un épisode de vie difficile (fuite d'un pays en guerre, ou déportation)

- L'envie, le rêve de la narratrice d'être un garçon, mais seulement si le bébé à venir est une fille.

C'est un texte empli de poésie, de douleur, d'espoir et de beauté.

Un texte singulier.

Un texte à lire, ça c'est certain. Tout un univers.

   plumette   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cat,
Une vraie gourmandise ce petit texte!
Cat en "nouvelles" mais qui reste poétesse, c'est un vrai bonheur!

Il y a beaucoup de choses dites en peu de mots. les blessures de l'enfance, l'exil, et toutes ces choses que l'on arrive à se réapproprier au fil de la vie: car c'est bien la narratrice adulte qui fait une relecture de son enfance, avec tendresse!

l'armure en fer blanc ne protège pas de grand chose et c'est tant mieux sans doute car c'est qui permet à Rature Rainbow d'être si singulière!

Merci pour cet arc en ciel dans la touffeur de juillet

Plumette

   vendularge   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'avais bien aimé ce texte en lecture, comme une poésie. Quelques zones sombres à peine écrites, l'identité incertaine, l'exil...la fatalité. Le prénom est un peu trop signifiant de mon point de vue et très improbable. Qu'importe l'ensemble est joli. Le titre est interessant, l'armure en fer blanc une belle idée.

Merci
vendularge

   SQUEEN   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dés le début on comprend que papa est plus attentif au bonheur de ses enfants que maman : papa lui a donné « arc-en-ciel » et maman « Rature » . Maman s’en fout des conséquences, elle a placé son « bon mot ». Waouw ! Le départ dans la vie… La lourdeur des faits est dénoncée par le style poétique et léger, ça équilibre un peu. Vous énoncez des événements graves avec des mots choisis et réunis (avec talent) pour ne pas faire mal, vous n’éludez pas non, mais vous avez le souci du lecteur, vous mettez beaucoup de soin à lui arrondir les angles, belle préoccupation. Ne pas détester, surtout. « Ma mère elle avait que des géraniums… » Un peu de rancœur: la narratrice ne s’en autorise pas plus. Cette retenue et cette pudeur m’ont plu. Une concision qui ne transige ni avec la complexité du sujet, ni avec sa gravité. Si tout pouvait être dédramatisé avec cette douceur. Merci pour ce partage, à vous relire.

   hersen   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà une bien jolie nouvelle, toute en poésie pour raconter des choses plus ou moins sombres.

Une enfant qui tient de son nom les deux côtés de la vie, une rature habillée d'un arc-en-ciel, qui finissent sans doute par créer un équilibre dans la recherche de l'équité.

C'est une nouvelle sur laquelle il faut s'arrêter un peu.

Merci Cat !

   myndie   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Mon domaine de prédilection étant la poésie, je m'abstiens de commenter les nouvelles : je ne m'en sens ni la compétence ni la légitimité. Il arrive parfois que je fasse une entorse à la règle et c'est le cas aujourd'hui.
A Cat, mon amie, ma sœur de plume, je voudrais juste dire ceci :
sans doute mon commentaire passera t-il pour un parti pris de camaraderie, qu'importe !

Il me faut te dire combien ton texte m'a bouleversée.
C'est une merveille de poésie qui me fait redécouvrir la Cat d'AP, c''est de l'écriture en dentelle, sans doute parce que c'est ton coeur qui est en dentelle.
mais c'est aussi un abîme de profondeur au fond duquel qui te connaît bien peut percevoir de la douleur et du regret et des peines d'enfant : le déracinement...
C'est tellement beau que c'est bien au-delà du passionnément +++

Tu m'as offert un grand, un beau moment d'émotion. C'est à cela qu'on reconnaît les vrais poètes; les faux s'attachent à trop de chichis (moi y compris).

   JPMahe   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Merci pour ce petit moment de poésie réaliste, où l'on devine la douleur dans la beauté des mots, l'injustice dans le parfum de la rose, et l'exclusion sous les couleurs de l'arc en ciel. Bravo pour cette danse des mots et des maux.

   Cristale   
18/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Mais oui ! que c'est joli tout ça Cat !

Les nouvelles tu le sais, c'est pas mon truc mais je viens parfois et si j'accroche dès les premières lignes sans avoir envie de passer à autre chose et bien on peut dire que c'est gagné et là, c'est gagné !

Tu as su dessiner pour cette petite fille sur son "bateau de vie" un arc-en-ciel sans rature :)

Je ne saurais pas émettre des critiques "littéraires", juste te dire que ton texte m'a ravie ce matin. Il ressemble à un soleil sur un océan de plénitude.

Bravo Cat !
Cristale

   papipoete   
18/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Cat,
Rature Rainbow se fait poétesse pour imaginer au cœur d'un conte, comment faire pour que la " nature " accorde à sa famille la venue d'un petit frère, alors que 2 filles et 1 garçon la composent déjà ! Jusqu'à se " sacrifier " pour se transformer et faire pipi avec un zizi !
NB c'est vrai qu'elle a toujours rêvé d'être " masculin ", alors avec un coup de pouce de l'arc en ciel comme lui racontait papa, cela pourrait bien arriver ?
Comment, poétiquement écrire le vœu si fort de " changer de peau " et devenir cet autre qui vit en soi ...
Je ne suis pas maître nouvelliste et vous envie d'en compter une à votre actif, d'une si charmante mouture de surcroit !

   Marite   
18/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Petite nouvelle plaisante et attendrissante. L'écriture est légère et il est facile de voir, en filigrane, la nature et l'évolution du caractère de cette fillette. Bien des évidences de la vie s'y insèrent sans vraiment en avoir l'air :
" - ... ces empreintes indélébiles dont l'âme garde une sensibilité extrême et des dégoûts définitifs pour certaines choses de la vie ...
- ... détester, c'est comme tourner un couteau bien aiguisé dans la douleur, ça l'excite ... "
Et puis il y a ces petites phrases qui font sourire, celle qui suit m'a amusée tout particulièrement :
" Longtemps j'ai gardé, comme arme fatale, un sourire d'illuminée. Il rendait mes yeux clairs du dedans. Mais moi, idiote, je me rendais compte de rien. "

   PIZZICATO   
18/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'arrive un peu après le train...
L'ensemble des commentaires a fait ressortir le fond de ce texte. Nonobstant le petit côté mystérieux qui est le plus souvent présent dans l'écriture de Cat, je cite " l'épisode douloureux de la mise en exclusion ", je me suis laissé séduire par la poésie omniprésente avec des images fortes.

   Alexan   
18/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’ai beaucoup aimé ce texte. L’originalité, l’évasion, le rêve, le délire presque… Une vraie petite création poétique, toute en couleurs. Je trouve que c’est merveilleusement écrit ; les mots choisis et les métaphores me transportent, l’analyse des sentiments à travers les yeux décalés et innocents de l’enfant, et le détachement par rapport aux drames ont quelque chose de touchant, de déchirant. C’est exactement le genre de paradoxe dont je raffole : malgré une illustration de la fatalité, on arrive presque à ressentir de l’espoir.
Une petite tragédie contée avec humour et enchantement.

   Brume   
19/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Hello Cat

Un bonheur de lecture.
Ton écriture à la beauté de l'innocence.
La poésie est partout. Tu as évité la guimauve dégoulinante et le trop plein de lourdeurs. Au contraire, il en émane un fort caractère, pas que du blanc, pas que du noir, pas que du sec, pas que de l'eau, pas que des fleurs, pas que des épines. Tout est mixés pour être dans la réalité.
Tes mots sont si beaux que j'en suis jalouse. A fleur de peau avec parfois des sensations douces, parfois des sensations de morsures.

Rature Rainbow est touchante, sensible, vraie.

   Cat   
19/7/2017

   Jean-Claude   
26/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cat,
Le ton, les images, la narration... Tout cela se lit très bien.
Déjà fini ? C'est la sensation que j'ai eue à la fin. Un poil frustrant.
Il y a en arrière plan une guerre, une invasion ou peut-être une émigration, un changement de langue en tout cas, mais cela fait un peu parenthèse dans l'histoire de Rature puis on n'en reparle plus. Il y a peut-être quelque chose qui m'échappe.
A une prochaine lecture.

   Jean_Meneault   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cat,

C'est ici une nouvelle toute en sensibilité, qui effleure, qui esquisse. J'aime le flou lorsqu'il est ainsi proposé, avec ses espaces laissés au lecteur afin qu'il y injecte sa propre matière.
En prenant la main du narrateur, on traverse des zones d'ombres sans toutefois quitter ce lieu enveloppant que votre écriture dessine. C'est sans doute cela qui m'a le plus saisi : cet endroit où vous nous faîtes une place le temps de quelques lignes. Un endroit créé entre les mots, entre les étapes du récit. Un ailleurs (rattaché au réel mais distancié grâce à la poésie du style, des intentions, de la sensibilité...) qu'il m'a été agréable d'arpenter. Je n'en dis pas plus, je laisse à votre nouvelle le soin de dire le reste; elle le fait mieux que moi.

   evadne   
12/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A la lecture du titre, je m'attendais à une histoire se déroulant au Moyen-Age ( l'armure et la rose) et je tombe sur une petite voix déconcertante qui ne me lâche plus... ou plutôt, elle me tombe dessus avec son arc-en-ciel dans les yeux. Cette jeune " Rature" possède à un très haut degré l'art de tisser des images: " ce qu'allait être ma vie. (...) une énorme biffure", "une fermeture éclair qu'on zippe", ou celui d'énoncer des aphorismes troublants de vérité : " sauf que l'oubli, ça n'existe pas, il se grave quelque part, pour toujours"... Le travail sur l'onomastique, au centre de cette nouvelle, nous emmène avec "Rature" sur le chemin de nos identités. Qu'est-ce qui nous détermine ? Les mots, les noms et les prénoms ? Nos désirs ? La météo ?
Bravo et merci pour cette lecture...

   guanaco   
23/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une prose en couleurs "somewhere UNDER the rainbow", des roses qui cachent des épines intérieures et une question: Rature a-t-elle trouvé son trésor au pied/en haut/derrière son arc-en-ciel?

Une épine toutefois m'a piqué dans ce récit, la formulation dans "Oh, pas pour le jeu de mots à la con avec mon prénom, non ! Y avait que ma mère pour penser à des trucs aussi débiles." qui rompt avec la ligne courbe et limpide de l'arc.
Mais bon, tout ça pour dire que j'ai passé un bon moment.
Merci.


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