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Fantastique/Merveilleux
colette : La rivière enchantée
 Publié le 04/02/07  -  4 commentaires  -  4352 caractères  -  86 lectures    Autres textes du même auteur

Telesphore, apprenti de Merlin, tente une formule d'invincibilité.


La rivière enchantée


- Sais-tu que cette rivière est enchantée ?

- Enchantée ? Encore un divertissement de Merlin ?

- Non, cette fois c’est une maladresse d’un de ses apprentis.

- Raconte-moi !


- Cet apprenti - il s’appelait Telesphore - s’était mis en tête de préparer une potion d’invincibilité telle qu’il l’avait vu faire dans les livres d’Astérix.

- Il y avait déjà des livres d’Astérix ?

- Evidemment ! Au Moyen Age, on se racontait des histoires de Romain et de Gaulois comme on se raconte des histoires du Moyen Âge aujourd’hui. Les femmes du Xème siècle rêvaient toutes de Cléopâtre et de Marc Antoine, comme toi tu rêves d’Yseult et de Tristan.

- Bien entendu !

- Le jeune Telesphore - il avait à peine soixante ans.

- Un jeune homme !

- Un gamin au regard de Merlin qui, lui, devait avoir à peu près quatre cents ans.

- Un nouveau-né !

- Donc, Telesphore s’était mis en tête de fabriquer une potion d’invincibilité. Pour ce faire, il avait subtilisé la clé du laboratoire de Merlin pour en faire un double. Cela lui permettait de se faufiler dans l’antre du maître dès que celui-ci avait le dos tourné. Il faut reconnaître que cela était très audacieux vu la capacité de Merlin à être partout à la fois. Il ne fallut pas plus de quelques jours à l’Enchanteur pour se rendre compte de la fourberie de son apprenti. Mais connaissant les faibles talents de celui-ci, il le laissa faire en le surveillant du coin de l’œil. D’autant plus que, pendant ce temps, il pouvait tout à loisir rendre visite à Léona, la fille de Telesphore, sans risquer d’être surpris par le père.

- Sacré Merlin, je le reconnais bien là !

- Cette histoire se passe près du village de Ourth, là où l’eau dans laquelle tes pieds trempent prend sa source.

- On connaît donc l’endroit où Merlin cache ses secrets !

- Pas vraiment, puisqu’il se trouve dans un monde parallèle qui nous est inaccessible. Merlin s’est toujours méfié de la folie des hommes.

- Il n’a pas tort !

- Telesphore essaya plusieurs formules, qu’il testa sur des souris.

- Pauvres bêtes !

- Pas du tout ! Imagine que s’il avait trouvé le bon dosage, elles auraient été de taille à se défendre contre les chats.

Notre homme se trouva très vite confronté à un problème de gestion des déchets. Que faire de toutes ces potions et onguents ratés ? Il ne pouvait pas les laisser dans le laboratoire. Il les cacha dans le creux d’un vieux chêne voisin du bâtiment. Jusqu’au jour où il eut la visite d’un groupe d’écureuils écologistes avec des pancartes « nucléaire, non merci ! »

Il dut, par souci de discrétion, trouver un autre lieu de stockage. Il choisit alors de les enterrer. Cela représentait beaucoup d’effort et une perte de temps, mais que faire d’autre ? Ce fut les taupes, cette fois, qui manifestèrent leur mécontentement. En fait, tout ceci n’était que des mauvais tours joués par Merlin, mais Telesphore ne s’en douta pas une seconde. Il ramassa donc ses fioles, ses pots et traversa le ruisseau par le petit pont de bois qui ne tenait plus guère, et trouva une grotte inhabitée dans laquelle il put entreposer toutes ses « erreurs ». Il devait faire un transport à peu près toutes les semaines.

Sans vraiment atteindre son but, il progressait malgré tout. Ses souris avaient de plus en plus tendance à faire la loi dans le laboratoire. Elles devenaient de plus en plus exigeantes sur la qualité de la nourriture, réclamaient des cages plus grandes, avaient formé un syndicat et en étaient à réclamer la semaine des septante heures. Si sa dernière mixture ne rendait pas encore invincible, elle apportait en tout cas la détermination.

Fourbu par des nuits de travail acharné, excédé par l’ambiance du labo, Telesphore se dépêcha d’aller déposer cette invention dans la grotte. Fatigué comme il l’était, il ne prit pas les précautions d’usage pour ce genre de transport : c’est à peine s’il emballa la fiole et ne vérifia pas non plus l’étanchéité du bouchon. En passant le pont, son pied glissa sur la mousse, et dans un réflexe idiot, il lâcha son sac pour se rattraper. La fiole tomba sur une des pierres qui couvraient le lit de la rivière et se brisa.

Son contenu s’écoule encore aujourd’hui dans l’Ourthe, si bien que les gens qui s’y baignent régulièrement font preuve d’une détermination hors du commun.


(voir la carte sur http://www.colette-pitance.be/contes/carte.jpg)


 
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   Nono   
18/2/2007
Allez, on va dire que ça vient de moi : je ne suis déjà pas trop réceptif aux contes, et là j'ai la grippe, et du coup, je ne retrouve pas mon âme d'enfant. C'est peut-être pour ces raisons que je n'accroche pas trop, trouvant le texte un peu court et le 'scénario' un peu mince.
Ma foi, je ne sais pas, alors je ne note pas.

   philippe   
6/3/2007
 a aimé ce texte 
Bien
il faut sans doute être belge et un zeste régionaliste pour gouter tous le coeur de cette histoire

   Karl   
28/3/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est sympa, mais sans plus. Peut-être manque-t-il des éléments pour tout apprécier... en tout cas je peine à me satisfaire de cette seule lecture, car elle me semble juste un passage d'un texte plus long.

   Anonyme   
10/11/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Un petit conte qui mélange allègrement les époques pas très bien écrit et sans relief


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