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Réalisme/Historique
Concours : Je n'ai pas tué Kennedy [concours]
 Publié le 27/09/19  -  8 commentaires  -  18482 caractères  -  88 lectures    Autres textes du même auteur

Tout le monde sait bien que Lee Harvey Oswald (LHO) n'était pas le seul tireur à Dallas le 22 novembre 1963. Le vrai tireur nous emmène dans cette histoire parallèle.


Je n'ai pas tué Kennedy [concours]


Ce texte est une participation au concours n°27 : L'uchronie à la sauce onirienne

(informations sur ce concours).



Tout était prévu. Et tout a foiré. Il faisait beau ce matin de novembre à Dallas, on avait placé cet imbécile d’Oswald au cinquième étage, il a dû être aussi surpris que je l’ai été quand la Lincoln a poursuivi son chemin sans que n’éclate la tête de Kennedy.


Je me revois encore dans la voiture suiveuse, mon AK-47 à la main. Je devais tirer le coup de feu fatal et… et rien. Rien n’est venu, le fusil n’était pas chargé. L’envoyé du patron, l’homme que vous avez aperçu sur le film Zapruder, avait bien ouvert son parapluie, une équipe corse se tenait prête à faire diversion derrière la palissade, le correspondant local de la CIA George Bush était bien là, de même que Jack Ruby, un gars de la mafia que j’avais préparé moi-même et qui devait descendre L.H.O. à la première occasion. Mais Kennedy n’a été atteint qu’à l’épaule par un tir approximatif de Lee Harvey Oswald. Il a hurlé « je suis touché », le gouverneur Connally assis devant lui a crié juste après et la voiture a filé. C’est tout.


Je revois aussi les images de Kennedy sortant de l’hôpital le soir même suivi de Jackie bien sûr, le bras droit en écharpe, saluant une foule imaginaire du gauche. Il n’y avait que deux caméras autorisées, au milieu des gens du Secret Service dont j’étais, pour rassurer l’Américain moyen. Le président a déployé un large sourire et juste dit « dommage d’être resté enfermé, c’était une si belle journée ! » Jackie a souri même si elle avait cet air inquiet qu’on lui connaissait déjà et il s’est engouffré dans la même voiture en direction de Love Field et de l’avion qui le ramenait à Washington. Le vice-président Johnson laissa échapper, juste assez fort pour qu’on l’entende « on l’a échappé belle, nom de Dieu quelle chance on a eue ! »


Le soir même, alors que j’avais rendez-vous avec Bush et le représentant du patron, j’ai loué un petit avion à un particulier pour filer en Floride et de là m’embarquer pour Cuba que je n’ai jamais quittée depuis. Je savais bien qu’on me descendrait si je montrais le bout du nez. Plus d’un demi-siècle a passé et considérant mon état je ne vais pas tarder à rejoindre au Paradis ou en Enfer, allez savoir, celui que j’ai loupé. Sans rancune Jack.


Les journaux n’ont parlé que de ça pendant une semaine. On a retrouvé Oswald chez lui, tout simplement, la mission ayant échoué il pensait que plus rien ne pouvait arriver. Comme il n’avait tué personne, le juge a décidé que son cas serait tranché dans l’État du Texas mais finalement ce sont ses veines qui l’ont été dans sa cellule. Il n’a pas eu le temps d’être présenté à un procureur. Ruby a été découvert un jour de décembre, une balle dans la tête mais ça n’a jamais intéressé personne.


Pourquoi donc mon arme était-elle vide ? J’ai mis un mois à comprendre. On était tous tellement bourrés que je me suis trompé de chambre d’hôtel le soir du 21 novembre. Au matin du 22, je me suis réveillé en sursaut, j’ai attrapé mes chaussures et j’ai récupéré l’arme de Wallace au pied du lit, un nouveau qui avait suivi la procédure, c’était bien le seul, en vidant son chargeur.


Kennedy n’a pas été long à comprendre, ni à réagir. La peur peut rendre fou. Toutes les têtes ont sauté, au propre comme au figuré. Son petit frère Robert, dit Bobby, était aussi enragé que lui. On dit qu’il a personnellement assisté à l’exécution secrète de J. Edgar Hoover, le créateur du FBI, dans une cave de Washington. Johnson a été retiré du ticket au profit de Bobby lui-même et la fratrie a emporté haut la main les élections de 1964.


Tout le Secret Service a bien sûr été dissous et remplacé par des rangers ou des marines directement choisis par Bobby. Nixon a bien protesté contre la mainmise de la famille Kennedy sur tous les leviers du pouvoir, de même que Goldwater, sénateur de l'Arizona et candidat malheureux de 64 mais tous les républicains n’ont pas tardé à fermer leur gueule quand ils eurent constaté que la moitié des dirigeants de la CIA étaient morts brutalement et que tous les juges de la Cour suprême devaient expliquer un canon dans les reins en quoi les mesures prises par la Maison-Blanche ne posaient pas le moindre problème à personne.


À peine réélu, John Kennedy s’empressa de faire voter le F.O.T.A. – Federal Oil Tax Act – ponctionnant chaque galion de pétrole extrait de dix cents afin de financer tous les programmes d’aides aux minorités ethniques, aux travailleurs pauvres et aux chômeurs. Les Texans en avalèrent leurs chapeaux juste avant de lire dans le journal du lendemain que l’administration Kennedy entendait lever un impôt sur les grandes fortunes foncières et immobilières afin de redonner un peu d’air aux prix des appartements de Manhattan et des maisons de San Francisco. J’imagine que c’est en réalisant à quel point la mort l’avait frôlé que le président sentit à la fois la fragilité de son état, il était cerné par ses ennemis comme par la maladie, et la puissance qu’il détenait. Les deux allaient bien ensemble et lui criaient d’aller plus vite, plus loin, plus fort. Il ne sut y résister.


Les Grecs appellent ça l’ubris (que voulez-vous que je fasse d’autre à Cuba que de lire des philosophes grecs après avoir picolé la moitié de leur production de rhum et pêché toute la sainte journée ?), la démesure. Kennedy se prenait pour Dieu, il croyait avoir été élu non seulement par les hommes – avec l’aide de la mafia – mais aussi par le Ciel ; c’est bien un truc de catholique. Il fit admettre un amendement à la Constitution dès le mois de janvier 1965 autorisant un président à se représenter sans limite. Il vendit l’affaire à la télévision avec son talent habituel « cette règle absurde n’a jamais été écrite » et sa cote de popularité ne cessait de grimper. Le président savait bien que plus de la moitié de ses compatriotes s’en foutaient complètement et ne votaient jamais. Il n’y avait quasiment plus d’opposition ni de contre-pouvoir. La fin de la ségrégation fut adoptée en moins d’une heure. Même l’armée devait lui obéir, c’est dire. Cuba a vite accepté les conditions qu’on lui proposait, pas de missile, pas d’extradition et laisser revenir nos casinos. Tout ça m’allait très bien.


La mafia était aux anges. Le père des Kennedy, le vieux Joe, après avoir passé toute sa vie à tisser des liens avec l’Organisation, était le troisième roi des États-Unis, après Jack et Bobby. Il était sincèrement heureux d’exhiber sa nouvelle feuille d’impôt dont le montant avait été multiplié par sept. Peu lui importait, le pouvoir et la gloire sont plus forts que l’argent : il pouvait placer tous ses copains à n’importe quel poste sans que personne ne trouve rien à y redire. Le clan Giancana lui reversait des fortunes aux îles Caïmans sur les bénéfices des nouveaux casinos cubains, il ne faut pas exagérer le pouvoir n’est pas non plus l’ennemi de l’argent. Il contrôlait à coups de pots-de-vin et de tortures la police fédérale ainsi que la plupart des gouverneurs. Sinatra dominait le marché de la musique, son gendre Peter Lawford celui du cinéma et Dean Martin pouvait continuer à ramener toutes les filles qu’il voulait à la Maison-Blanche. Bobby se chargeait des syndicats et les syndicats de la presse. Les jours pairs le petit frère du président flattait les grands patrons de Wall Street en les invitant avec trois filles et une convention fiscale particulière, les jours impairs il cochait dix noms sur une liste, dix personnes qu’on ne reverrait plus la semaine suivante. Les budgets militaires étaient sabrés, les bouteilles de champagne aussi.


La mafia et le business ont ceci en commun qu’ils aiment l’ordre. Peu importe qui l’assurait, le patronat trouvait qu’il ne s’en tirait pas trop mal puisque les chefs des syndicats étaient bien plus occupés à s’en mettre plein les poches que de défendre les ouvriers. Quels que furent les prévarications, les passe-droits et les prébendes, quels qu’aient été les degrés de corruption dans les marchés publics, la justice ou les transports, tout marchait au pas. L’armée pleurait en silence, il n’y avait de guerre nulle part, les conseillers du Vietnam ou d’Amérique du Sud avaient fait leurs valises de retour et les fabricants de missiles se débrouillaient comme ils pouvaient pour refourguer leur attirail aux Chinois comme aux Français, grâce notamment aux connections de la pègre de Chicago ou de New York.

C’est en août 65 que les choses se gâtèrent. Mao et Kroutchev qui eux aussi appréciaient que les choses tournent rond et marchent droit ne comprirent plus où allaient les États-Unis d’Amérique. Ils en tirèrent des conclusions radicalement différentes. Le Secrétaire général du Parti communiste d’URSS appelait régulièrement le président américain. Il fut surpris d’entendre que Kennedy comptait bien se représenter une troisième fois en 1968 et surtout qu’il avait déjà désigné son frère Bobby pour prendre la suite « si tout va bien, on fera comme vous, les Russes et on sera là jusqu’en l’an 2000 ! » Mais sans ennemi impérialiste à combattre, Kroutchev se sentait sans doute un peu perdu. Kennedy le laissait déployer tous les missiles qu’il voulait de l’Europe de l’Est à l’Azerbaïdjan. En contrepartie, JFK ne lui demandait qu’un peu de discrétion et un libre achat du pétrole arabe. La question israélo-palestinienne n’intéressait plus vraiment Washington et les hiérarques russes ne pouvaient que constater l’éclatante victoire de leur Secrétaire général qui obtenait à peu près tout ce qu’il voulait. Peu lui importait dorénavant de ne pouvoir déployer des têtes nucléaires à Cuba, il le faisait partout ailleurs, l’Empire soviétique n’avait plus rien à craindre pour sa survie.


Les partenaires ouest-européens ne pouvaient en dire autant. Les provocations du bloc soviétique se multipliaient et on ne savait plus comment y répondre. Kennedy flattait le profond sentiment isolationniste des Américains. Il ne voulait pas prendre de risque pour de Gaulle ou Adenauer. Seuls lui importaient sa bonne relation avec les Russes, les filles, ses balades en voilier à Hyannis Port, les filles, rouler en voiture de sport et les filles. Son médecin diabolique, le docteur Jacobson surnommé « Docteur Feelgood » mit au point au cours de cette année 65 un cocktail de procaïnes et d’amphétamines tolérant complètement l’alcool. C’est peut-être à cet instant d’été lors duquel Kennedy finit une bouteille de champagne que le monde bascula.


On venait de lui apporter une dépêche selon laquelle les Chinois avaient à l’insu du monde entier établi une base secrète proche de Shanghai et truffée de missiles à longue portée. Les avions espions avaient aussi photographié trois chantiers desquels sortiraient trois porte-avions de chacun d’eux ainsi que des croiseurs et des destroyers. Il n’y avait aucun doute, Kagoshima, Okinawa et sans doute Taïwan se trouvant à équidistance de ces bases, les Chinois allaient assouvir leur plus vieux rêve : envahir le Japon.

Les rapports censément secrets de la CIA s’accumulèrent dès le lendemain sur le bureau de Kennedy comme dans toutes les rédactions, l’un comme les autres ne savaient pas quoi en faire. Les hauts gradés de l’armée américaine ne voulaient pas se priver du plaisir de croiser les bras ostensiblement pour ne rien faire devant le secrétaire d’État à la Défense – un jeune blanc-bec plus compétent pour ramener des jolies filles que pour faire la différence entre un char d’assaut et une arbalète – comme devant le vice-président qui jurait qu’il en parlerait à son frère, lequel ne voulait plus voir personne, tant sa tête lui faisait mal. Un président des États-Unis qui n’a pas l’habitude de se cuiter est devenu un président très dangereux.


En quelques heures de ce mois d’août la nouvelle d’une guerre imminente se répandit à travers le globe. Si les habitants de Taïwan ne pouvaient que prier face à l’ogre qui allait les dévorer et récupérer leurs arsenaux pléthoriques, les Japonais n’avaient pas tardé à retrouver un accent martial et sacrificiel tant ils avaient gardé en mémoire le désastre de la dernière guerre, sentiment décuplé par la certitude populaire de défendre cette fois leur bon droit. Ils savaient bien, n’ayant plus d’armée, n’avoir aucune chance devant une telle armada mais peu leur importait ; ce n’était pas le cas des Russes. En aucun cas les dirigeants soviétiques ne pouvaient admettre une telle expansion. Mao leur apparut tout de suite comme un concentré de Staline et d’Hitler jetant le masque, sachant bien quel mal les deux tyrans leur avaient fait. Mais cette fois, encore affaiblis eux-aussi par le dernier conflit, ils voulaient une intervention américaine immédiate. Kroutchev était certain que Kennedy ne pouvait rien lui refuser, il était prêt en échange à démanteler la moitié de son arsenal nucléaire européen, le camarade Nikita était bien certain qu’il en allait des intérêts vitaux de l’Est comme de l’Ouest.


Mais ce sont les certitudes qui mènent aux catastrophes. Je regardais tout cela dans un vieux poste de télévision quand l’électricité me le permettait et dès les premières nouvelles d’une avancée de la flotte chinoise vers le nord-est un vertige m’envahit. Si je n’avais pas raté mon coup deux ans auparavant, l’humanité ne serait pas au bord de la catastrophe la plus complète depuis qu’elle existe. Le monde entier regardait la Chine, la Chine regardait droit devant elle. Les Indiens ne tardèrent pas non plus à réagir, se sentant légitimement concernés par l’expansion de l’Empire du Milieu en affirmant haut et fort que « oui » ils disposaient eux-aussi de l’arme nucléaire.


Des réunions de crise étaient signalées aux quatre coins de la planète. On raconte que de Gaulle avait perdu son calme, alors qu’allait débuter sa campagne de réélection, arpentant la salle du conseil des ministres de long en large et hurlant « mais qu’est-ce qu’il fout ce con ? »


Il se peut que les remèdes du docteur Feelgood aient eu quelques effets secondaires. Bobby Kennedy finit par enfoncer la porte du Bureau ovale pour y découvrir un président hébété, prostré, la bouche ouverte mais une main serrée sur une bouteille de gin. On fit croire à un accident vasculaire cérébral et on se demanda si Jack était en mesure d’exercer ses fonctions. La réponse était presque unanime : non. Le seul qui s’y opposa était précisément Bobby qui, en tant que vice-président, devait prendre la relève, mais, était-ce une fidélité affective hors de proportion ou la peur d’affronter une réalité terrifiante, il s’enfuit soudainement au beau milieu de la réunion de crise, poursuivi par ses gardes du corps qui ne surent quoi faire quand il leur lança « foutez-moi la paix, le premier que je revois il est mort ». Le pouvoir restait vacant, le président de la Cour suprême était bien sûr présent à cette réunion et ne put que constater « certes le nouveau président n’a pas prêté serment, mais il n’a pas positivement renoncé et comme lui n’est pas inapte à la fonction, nous ne pouvons qu’attendre son retour »… Un proche du patron m’a raconté bien plus tard que c’est à ce moment que tout le monde connaissant la situation, des regards s’échangèrent qui tous laissaient flotter les images de l’Apocalypse.


Et l’Apocalypse eut lieu.


New York fut détruite avant Tokyo, le même jour que Shanghai. On raconte que s’il fallait égrainer le nom de chaque victime, à raison de cinq secondes par nom, il faudrait plus de deux cent trente-huit années sans interruption. Environ un milliard et demi de victimes. On peut y ajouter trois cent cinquante millions de disparus et autant de blessés. Ils sont quasiment tous irradiés. Bref, mieux valait rester à Cuba. C’est ainsi que j’y ai retrouvé le patron. Tout Washington avait eu le même réflexe : se planquer. Il fallait une destination isolée, pas trop loin, à l’abri des Russes, des Chinois et des Américains. L’endroit idéal. Il ne trouva pas utile de m’assassiner « on n’en est plus là ». Au contraire, mes ressources étaient précieuses par ces temps de survie qui devaient durer. J’avais des flingues, des plantations, des hommes de main. En cette nouvelle époque il valait mieux me considérer comme un ami. Le patron ne s’y trompa pas. Je fis liquider environ la moitié des transfuges pour avoir les mains libres et des ressources suffisantes. Je pouvais diriger tranquillement la communauté américaine des réfugiés, dont la moitié était des politiciens et l’autre des mafieux.


Le patron vint me voir un soir, je le trouvais bien énervé. Sans doute les nouvelles conditions de vie lui étaient-elles difficiles, habitué qu’il était à ce qu’un larbin lui apporte sa raquette de tennis ou qu’un officier de sécurité lui ouvre la porte. Le « chacun pour soi » n’est pas facile à vivre pour les égoïstes, comme la précarité est dure à supporter pour les riches. Il me rappela novembre 63 à Dallas, comme si j’avais oublié une virgule de ce qui était arrivé, ou plutôt de ce qui n’était pas arrivé. Je lui répondis :


– Sacré Bobby, ça ne t’a pas trop gêné finalement ! Tu as été au pouvoir, ton frère ne t’a jamais soupçonné. Pourquoi t’es-tu enfui brusquement au moment de prêter serment ? La trouille ?

– Appelle ça comme tu veux, je m’en fous. Je savais bien ce qui allait arriver, la machine était lancée. Je me suis tiré en premier, c’est tout. Les autres savent que c’est toi qui devais descendre Jack ?

– Non, pas plus qu’ils ne savent que c’est toi qui as monté l’opération.

– Très bien, en ce cas, il vaudrait mieux qu’on respecte la hiérarchie d’avant. Maintenant, je me sens prêt à prêter serment et à diriger notre petite colonie.

– Bien sûr. On va fêter ça.


J’ai ouvert un placard, sortit un Beretta coincé entre deux verres et je lui ai servi deux balles. Une dans chaque œil.

Mes miliciens sont arrivés en courant, je me suis aperçu que je les avais bien formés, suivis de deux anciennes huiles de Washington : George Bush et le docteur Feelgood.


– Cette pourriture m’a avoué pour Dallas en 63. Il paraît qu’il a magouillé ça avec l’un d’entre vous, je ne sais pas qui, mais je trouverai.


J’ai ainsi pu me débarrasser d’un maître-chanteur ainsi que d’un patron et instaurer un climat de suspicion dont j’étais le seul maître. Finalement tout va bien. Je n’ai pas tué Kennedy, juste son frère. Maintenant, c’est moi le patron.


 
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   poldutor   
5/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Brrr ! on respirerait presque de savoir que le président Kennedy est bien mort dans l'attentat de Dallas.
L'auteur(e) prête à ce malheureux une conception de la démocratie qu'il n'avait surement pas...
Par contre les magouilles avec Cuba, la maffia, Sinatra, Peter Lawford, et Dean Martin semblent véridiques si l'on en croit James Ellroy dans sa trilogie pavé "American tabloid".
Cette longue nouvelle est bien écrite et tient en haleine le lecteur, que va-t-il se passer, qui était le commanditaire ?
J'ai vraiment apprécié.
Cordialement.
poldutor

   Donaldo75   
27/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Eh bien, cette nouvelle se lit d'une traite ! Les consignes du concours sont respectées, me semble-t-il.

Il y a dans la narration, dans les détails et les personnages, dans le climat et les anecdotes, un côté James Ellroy dans son "cycle de Los-Angeles". Les explications sur l'après Dallas ne sont pas trop longues et, de toutes les manières, elles sont essentielles au déroulement du récit. La fin, quant à elle, est savoureuse, autant dans la chute - qui aurait pu imaginer Robert Kennedy orchestrer la tentative d'assassinat sur son grand frère - que dans la narration.

J'ai tout simplement adoré. C'est le premier texte que je lis du concours mais ça part sur les bases du record du monde, comme on dit à Stade 2.

   jaimme   
12/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
L'idée de départ est intéressante et c'est mené tambour battant. La fin est amusante, mais...
- le tireur ne vérifie pas si son arme est chargée?
- JFK laisse tomber le Vietnam alors qu'on sait qu'il était absolument pour continuer la guerre
- Castro est d'accord avec les conditions de JFK alors qu'il voulait plus que Krouchtchev lancer une bombe A sur les Etats-Unis lors de la crise de 62?...
- JFK laisse les Russes déployer leurs missiles!!!
- Les Chinois (qui ont trouvé l'argent où en 1965? Et leur premier essai nucléaire date de 64, trop près du début de l'uchronie pour être crédible) attaquent Taïwan et le Japon alors que ceux-ci sont protégés par les États-Unis!!!
- l'Inde a la bombe dès 1965 (au lieu de 1974)!
Je chipote, c'est vrai car il est bien difficile d'intégrer tant de paramètres pour cette période. Je pense qu'une bonne partie de mes critiques auraient été balayées en prenant deux ou trois ans de plus.
Toujours est-il que vous avez fait un beau travail de recherche et que le résultat est souvent intéressant (surtout la fin, évidemment).
Merci pour cette lecture!

   Perle-Hingaud   
13/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai trouvé ce récit intéressant, inventif, non dénué d'humour et bien rythmé.
Je ne suis pas du tout calée en histoire, donc, les éventuelles incohérences n'ont pas gêné ma lecture.
Un bémol: l'auteur a voulu détailler l'uchronie, mais comme on est en format nouvelles, le rendu est, selon moi, trop raconté. A qui le narrateur s'adresse-t-il ? à moi, lecteur ? Je pense que le récit aurait gagné en efficacité soit en coupant des explications, soit en les mettant en scène plutôt que de les résumer, en choisissant par exemple une scène frappante.
Mais je pinaille! C'est un bon texte que j'ai lu avec plaisir.
Merci à l'auteur !

   Tiramisu   
27/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,
Déjà, j’ai aimé les premières phrases qui nous mettent tout de suite dans le bain, et ont piqué ma curiosité et m’ont donné envie de poursuivre.
Après, je trouve que l’on est un peu trop noyé par les explications et la situation géopolitique. Cela montre une réelle érudition quant à l’époque (et n’ayant pas la même, je ne peux pas vérifier sa véracité). En tout cas, pour moi, cela s’éloigne du principe de la nouvelle. Nous sommes davantage dans la rédaction d’une synthèse d’un documentaire dans cette partie là ce qui me met de fait à l’extérieur.
C’est à partir de la tolérance des médicaments à l’alcool pour le président, à la bouteille de champagne et à son effet basculant que mon intérêt s’est à nouveau aiguisé. Avec plusieurs traits d’humour et de légèreté à la suite : « Un président qui n’a pas l’habitude de se cuiter est devenu un président dangereux ». Et j’adore la scène de De Gaulle arpentant la salle du conseil, en disant « qu’est ce qu’il fout ce con ? ». Le suspense reprend de plus bel et ma curiosité est à nouveau aiguisée.
La chute est savoureuse, les jeux de pouvoir sont au rendez vous ainsi que les retournements inattendus.
En résumé, je dirais : texte érudit, peut être un peu trop, je pense qu’il y a des passages qui auraient pu être supprimés ou réduits, se centrer que sur certains points historiques laissant les autres dans l’ombre et surtout être davantage aussi centré sur les personnes (ou personnages) comme à la fin. L’humour affleure à certains endroits, cela aurait pu être davantage renforcé à mon goût.
Ceci dit les attentes du concours ont été respectées.
Merci pour cette lecture.

   maria   
27/9/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

C'est validé pour le concours, tant mieux.

Je n'ai pas cherché à savoir si l'histoire est crédible ou pas, peu m'importe, c'est tellement bien écrit.

Quelle vivacité !

Les dirigeants, les groupes influents du monde à cette période se sont donnés rendez-vous dans cette nouvelle.
On les voit causer des uns et des autres, prendre des décisions capitales avec légèreté. Les détails de la vie matérielle leur sont aussi importants que des considérations générales.

L'Histoire est traitée, ici, avec humour, mordant.

Cette nouvelle se lit d'un trait et donne envie de reprendre tel ou tel paragraphe, pour réfléchir, et la chute est à tomber !

C'est un texte complet auquel je ne trouve aucun défaut.
Bravo !

Merci pour le partage et bonne chance.

   ours   
28/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le concours démarre fort, avec cette deuxième nouvelle à nouveau particulièrement bien étayée et détaillée, on découvre un récit tout à fait crédible partant de faits "majeurs" de l'histoire politique, ce qui est remarquable en soi.

Pour cette nouvelle, j'ai aimé le rythme, le ton et l'humour; noirceur, complot, intrigue, sexe, drogue et manque que le rock'n'roll ... tout y est pour passer un très bon moment de lecture.

EDIT : j'ai conscience que mon commentaire est assez "léger" j'espère que l'auteur.e ne m'en voudra pas. Quand ca fonctionne tout simplement, ca se passe de commentaire.

   hersen   
28/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C'est une nouvelle dense, très rock (non, je rigole :) et elle a peut-être le défaut de sa qualité : tout est raconté par le menu. par contre, je l'assimile quasiment à une nouvelle policière, ou en tout cas à intrigue et c'est celui qui le dit qui y est, autrement dit, c'est celui qui a tout manigancé depuis le début, et à qui l'auteur a donné toute latitude pour refaire l'histoire, qui "gagne", si tant est que c'est gagner que de ne chercher qu'à asservir les personnes autour et les faire chanter.
Mais finalement, truc et ficelle troc et combine, une uchronie qui raconte un peu le quotidien de la politique.

Merci de la lecture !

Elle est très bien menée, il y a dans la narration un dynamisme qui ne meurt pas au fil du texte.


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