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Réalisme/Historique
Concours : Sans croix [concours]
 Publié le 29/09/19  -  11 commentaires  -  11042 caractères  -  64 lectures    Autres textes du même auteur

Un seul livre : l'Ancien Testament.
Un seul guide : Paul de Tarse.


Sans croix [concours]


Ce texte est une participation au concours n°27 : L'uchronie à la sauce onirienne

(informations sur ce concours).




Jérusalem, an 720 A.U.C.


Appuyé sur une balustrade, Pontius Pilatus observait d'un œil admiratif le vol en rase-motte des martinets qui frôlaient les toits de la ville basse. Leur agilité était surprenante. Alors qu'on aurait cru que la vitesse allait les faire s'écraser, d'un coup d'ailes ils se jouaient des obstacles au dernier moment. Leurs cris, courts et perçants, se mêlaient maintenant à des clameurs provenant de la cour de la forteresse. Pontius s'interrogea sur l'origine de cette agitation quand le centurion de la garde apparut.


– Ave préfet.

– Ave Quintus, quelles sont ces voix qu'on entend ?

– Ce sont les Juifs, ils viennent pour le procès.

– Eh bien, d'habitude ils ne sont pas si nombreux ! Qu'est-ce qui les amène ?

– L'agitateur dont je vous ai parlé, il semble attirer les foules.

– Celui que m'a renvoyé Hérode* ?

– Oui préfet.

– Par Jupiter, que ces histoires de Juifs m'ennuient ! Allons vite nous débarrasser de cette corvée, j'ai d'autres choses à faire.

– Je crains que ça ne soit plus compliqué, des membres du Sanhédrin sont là aussi.

– Tiens, le personnage a donc de l'importance.


Intrigué, le notable quitta le balcon à grands pas, escorté par son centurion. Ils suivirent de longs couloirs, descendirent des escaliers jusqu'à une salle voûtée aux épais moellons. Les légionnaires en armes qui gardaient les accès s'écartèrent aussitôt. À leur entrée, le brouhaha de l'endroit comble s'interrompit. Pontius repéra en effet le grand prêtre Caïphe, personnage détesté. Depuis que celui-ci s'était plaint de son administration devant le gouverneur de Syrie, sa présence lui était devenu insupportable. Pourtant il fallait le ménager, de subtils accords en dépendaient.

Le licteur attendit que le préfet s'assoie sur son siège pour lui tendre le rouleau contenant les actes d'accusation. Durant la lecture ne bruissaient plus que des chuchotements. Le rassemblement au-dehors s'était également tu, comme si tout le monde restait suspendu à l'opinion du dirigeant romain. Enfin celui-ci rendit le rouleau et ordonna :


– Bien, qu'on amène l'accusé.


Durant l'attente, il se pencha vers Quintus, lui confia à voix basse :


– Il n'y a rien de bien méchant dans ce que j'ai lu. Un prédicateur, comme tant d'autres.

– Certes, mais il provoque des troubles.

– Hum, à voir. Tant que ça ne nuit pas à Rome...


On entendit d'abord des bruits de chaînes raclant le sol puis, encadré par deux légionnaires, un homme grand et maigre, les cheveux sales, entra dans la salle, poussé dans le dos pour faire face au préfet. Son corps portait maintes traces de coups, rudesses d'une captivité dans les geôles d'Antonia. Quand il releva la tête, Pontius fut frappé par la couleur de son regard : bleu, bleu comme pouvait l'être les yeux des Germains du confins de l'empire ! Particularité exceptionnelle pour un Juif. Son trouble dissipé, il débuta de façon consciencieuse l'interrogatoire :


– Comment t'appelles-tu ?

– Jésus de Nazareth.


Sa voix était calme, posée, il ne semblait pas inquiet malgré les risques encourus par le procès.


– On me dit que tu te proclames roi des Juifs. Tu sais pourtant qu'il n'existe qu'une autorité ici, celle de Rome. La remets-tu en question ?

– Je ne suis le roi de personne, seuls mes ennemis m'attribuent ce titre. Je n'apporte que la bonne parole venue du royaume des cieux.

– Tu ne contestes donc pas la présence romaine ?

– Les choses terrestres ne me concernent pas. Mon message va au-delà, il s'adresse au salut de l'âme.

– Soit, mais dis-moi, cette bonne parole que tu défends, nécessite-t-elle le saccage de l'activité d'honnêtes marchands ?


Des rumeurs approbatives et outrées gagnèrent l'assemblée.


– Ces hommes cupides ont perverti le Temple sacré. Ce n'est pas un lieu où doivent se livrer les bassesses de l'argent. Mes disciples et moi, nous voulions juste les faire partir.

– Tes disciples... tu en as beaucoup de disciples ?

– Suffisamment pour répandre paix et amour dans ce monde.


Cette dernière remarque fit sourire Pontius.


– Paix et amour, que voilà une noble cause !


Il se pencha à nouveau vers Quintus.


– Il est complètement inoffensif pour Rome ce bonhomme, c'est quoi cette histoire ?

– Je... heu...


À ce moment, le grand prêtre Caïphe se leva du banc aussi vigoureusement que son âge le permettait, brandit une canne menaçante vers l'accusé.


– Blasphémateur ! Blasphémateur ! Tu trompes notre peuple avec tes paroles de miel ! Que les...

– Silence ! Ai-je dit à quelqu'un de parler ? coupa le préfet, pris de colère.


Sur le visage de l'ancien se lit la contrariété d'avoir été rappelé à l'ordre devant tous. Il se rassit, furieux, mais d'un coup de coude fit lever son voisin.


– Pardonne-nous noble préfet, emboîta cet autre prêtre, hésitant, mais cet homme doit être puni. Il ne cesse d'insulter Dieu et ceux qui le servent.


Pontius grinça des dents, les Juifs l'avaient habitué à leur indiscipline notoire. Il tenta de garder son calme :


– Pour ma part je ne vois qu'un prédicateur de plus persuadé de détenir la vérité. Dois-je condamner tous les illuminés qui parcourent la Judée ? Cette terre est pétrie de religion.

– À mort ! entendit-on dans la salle.


La tension était à son comble. Pontius réalisa que la population, menée par le fanatisme de leurs prêtres, voulait la peau de ce malheureux. Tous attendaient impatiemment qu'il joue son rôle et exhausse leur souhait. Si la tranquillité était à ce prix, il n'y avait guère le choix. Venue mal à propos, la seconde intervention de Caïphe le ravisa.


– Tu dois faire taire ce mécréant, le Sanhédrin te le demande !

– Je te trouve bien prompt à faire exécuter les gens de ton peuple Caïphe, gronda le préfet.

– C'est notre décision, il faut qu'il meure.


C'en était trop, Pontius frappa du poing son accoudoir, exaspéré.


– Il suffit, personne ne donne d'ordre au représentant de Rome ! Je suis le seul maître ici, la seule autorité et j'entends bien qu'on la respecte !


L'occasion était rêvée de remettre Caïphe et toute sa clique à leur place, quelque part aussi une vengeance après l'affront subi devant le gouverneur. Ce vieillard n'allait pas lui tenir tête indéfiniment.


– Finissons-en. Jésus de Nazareth, pour avoir détruit les étals des marchands, je te condamne à vingt coups de fouet. Et puisque visiblement personne ne veut ta présence ici, je te bannis du sol de Judée. Tu iras porter la bonne parole ailleurs. Remets un pied dans la province et tu seras dans l'instant mis à mort. M'as-tu compris ?


L'homme resta figé, une expression indéfinissable sur le visage.


– Si ce n'est moi, un autre viendra.


Pontius Pilatus eut un air las.


– Eh bien qu'il vienne, maintenant hors de ma vue !


Il accompagna ses paroles d'un geste bref de la main. Tirant sur la chaîne, les légionnaires firent alors sortir le condamné, sous les huées et les crachats d'une foule avide de sang.


* * *


« Mais ce que le monde tient pour insensé, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; et ce que le monde tient pour rien, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les forts ; et Dieu a choisi ce qui dans le monde est sans considération et sans puissance, ce qui n'est rien, pour réduire au néant ce qui est, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. » (Paul de Tarse dit Saul : 1 Co 1, 27-29)


* * *


Paris, an 2739 A.U.C.


– Dépêche-toi Josué, on va être en retard !


Le jeune homme cria du haut de sa chambre :


– J'arrive maman, j'arrive, plus qu'à me peigner !


Deux minutes plus tard il dévala les escaliers, se présenta essoufflé devant sa mère. Elle le jaugea du regard, ajusta le col de l'uniforme légèrement de travers.


– C'est bon, on peut y aller.


Ils montèrent dans la voiture, quittèrent le lotissement aux maisons toutes identiques pour s'engouffrer sur les grands boulevards. Malgré l'heure matinale, la circulation commençait déjà à être dense. Le parc qui recouvrait l'Île de la Cité fut traversé sans encombre, les ralentissements vinrent après.


– Maman, Sarah elle n'était pas en classe hier.

– Oui, je sais. Sa famille a été dépossédée, elle doit changer d'établissement.

– Ah bon, mais pourquoi ?


Elle reprit après avoir passé une vitesse.


– La faute de son père, il n'a pas respecté les Épîtres de Saul. Loué soit son nom.

– Il s'est enrichi ?

– C'est ça.


Sans couper le moteur, elle stoppa le véhicule devant l'entrée du lycée.


– On y est mon chéri, à ce soir.

– À ce soir !


Elle redémarra, rendue pensive par la remarque de son fils. Elle n'aimerait pas être à la place de la famille de Sarah. Quel imbécile son père ! Il allait devoir tout recommencer, tout reconstruire en partant du bas de l'échelle pour espérer retrouver le niveau légal. Des siècles de lutte pour asseoir l'égalité et encore des individus à la recherche d'intérêts personnels ! Saul l'avait prédit, le combat serait incessant tant la cupidité et l'égoïsme empoisonnent le cœur de l'homme. Sa route passait justement devant un temple aux lignes grises et sobres, comme une présence rassurante.

Elle parvint enfin à son lieu de travail, entreprise spécialisée dans l'export. Prenant l'ascenseur, elle retrouva une collègue qu'elle appréciait. Celle-ci s'empressa de lui annoncer :


– T'es au courant ? La Direction Collégiale a repoussé sine die le versement des bénéfices.

– M'étonne pas, on a fait des mauvais chiffres. L'Office de Redistribution ne va pas être content.

– Bah, c'est pas la première fois. Il attendra.

– Il attendra, oui, en nous collant des pénalités !


Sur cette conclusion amère, l'ascenseur les libéra au troisième étage. La mère de Josué, malicieuse, demanda alors un sourire en coin :


– Et la cérémonie de ta fille, ça se prépare ?


Son interlocutrice prit une mine catastrophée.


– Pff, m'en parle pas. Simon ne m'aide en rien, il ne digère toujours pas qu'elle se mette avec un Nazaréen. J'ai dû aller chez le traiteur toute seule, choisir les plats, les vins, et tout et tout !

– Il va quand même se rendre à l'alliance ?

– Ah il a intérêt ! Il n'a qu'une fille hein, ses convictions il se les garde !

– Oui, surtout que les Nazaréens, ça reste des gens du Livre. Même s'ils ne suivent pas l'enseignement de Saul – loué soit son nom – il faut être tolérant.

– Je ne te le fais pas dire.


Elles se séparèrent, chacune prenant ses fonctions dans le bureau attitré. Neuf heures pile, début d'une journée de travail. Dans la capitale, les tours majeures accolées aux temples commencèrent alors la récitation monocorde des Épîtres.




* Hérode Antipas, tétrarque de Galilée et de Pérée. Ne pas confondre avec Hérode le Grand, responsable selon l'Évangile du massacre des Innocents.


 
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   ANIMAL   
4/9/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Superbe uchronie à la sauce religieuse, ou comment épargner Jésus a détourné l’histoire vers une théocratie mondiale. Le dépaysement est là, le récit intéressant, les réactions des personnages logiques et bien observées.

J’ai d’abord regretté de quitter la Rome antique puisqu’en seconde partie le texte bascule dans une période future. Mais dès les premières lignes j’ai retrouvé le même attrait pour cette lecture.

Il ressort de l’ensemble qu’être confit en dévotion n’empêche pas les querelles de clocher ni les tricheries, pas plus hier qu’aujourd’hui ou demain. Tout ceci semblant intrinsèquement lié à la nature humaine, comme exposé dans le texte. Les gens sont-ils plus heureux ainsi ? Il ne semble pas étant donné la conversation entre Josué et sa mère qui laisse deviner l’autoritarisme sous le vernis de bonté et de paix. Mais certains s’en satisfont. Il y aura toujours les obéissants et les autres.

La nouvelle ne dit pas si, dans les hautes castes, les religieux continuent à appliquer le « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » typique des puissants. C’est le seul détail qui manque à cette nouvelle historico-futuriste.

Au niveau de la forme, le texte se lit avec un réel plaisir.

Quelques phrases maladroites l’émaillent tout de même comme « À leur entrée, le brouhaha de l'endroit comble s'interrompit » qu’à mon sens il conviendrait de scinder en deux phrases, l’une pour décrire l’endroit comble, l’autre indiquant qu’un brouhaha en provient.
Ou encore « Durant la lecture ne bruissaient plus que des chuchotements. » qui est très curieusement bâtie et gagnerait à être revue.

Ce ne sont que des détails aisément perfectibles au sein d’un texte documenté et talentueux.

en EL

   poldutor   
5/9/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,
Que dire de cette nouvelle, la première partie an 720 AUC, [j'ai appris qu'il s'agit de Ab Urbe condida : depuis la fondation de la Ville (Rome)], merci à l'auteur(e) de me l'avoir fait découvrir, rappelle un événement historique qui a boulversé l'humanité ; par contre je n'ai pas compris son rapport avec la deuxième partie, cette histoire du père de Sarah qui "n'a pas respecté les Épîtres de Saul."et s'est enrichi...Et la citation de Saül ne m'a pas éclairé.
C'est bien écrit, mais un peu obscure pour moi. Dommage.
Cordialement.
poldutor en E.L

   Tiramisu   
29/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Bonne introduction. Dialogues incisifs. Un bon rendu de l’époque sans surcharge inutile de connaissances ce qui en soi n’est pas simple. Attentes respectées du concours. Ecriture efficace et fluide.
Rien que les yeux bleus changeaient le cours de l’histoire pas de sa représentation dans les églises, évidemment, où l’on voit Jésus avec cheveux blonds et yeux bleus pour satisfaire les occidentaux, mais dans la réalité, il devait plutôt ressembler à un méditerranéen.

Le basculement de l’époque antique à l’époque actuelle demande un recul de lecture et une petite recherche sur internet pour se rappeler qui est Paul de Tarse.
Donc, si j’ai bien compris, le fils de Dieu n’est pas Jésus mais Saul (Saint Paul), il est cet « autre qui viendra » et celui ci donne l’impression d’avoir très influencé Marx ;-) ! C’est pas bien de s’enrichir, il s’agit de redistribuer les richesses. La croix a immortalisé Jésus, son absence a perdu Jésus pour toujours, un autre a pris sa place, Saint Paul qui dans la vraie histoire a d’abord persécuté les chrétiens pour ensuite en devenir un fervent défenseur.
En l’absence de Jésus, il a pris sa place avec ses propres inspirations, c’est ce que j’interprète. Je ne suis pas certaine d’avoir bien compris, c’est cela qui me gêne. Autrement, écriture claire et fluide, érudition discrète et adaptée, époque bien présentée à petits traits précis, dialogues efficaces, et attentes du concours respectées.

Bonne continuation

   maria   
29/9/2019
Bonjour,

Ce que j'ai compris du texte :

On a condamné Jésus, tant pis, Dieu avait Saul pour continuer à répandre la parole divine, qu'on n'écoutera pas toujours.

(Pardon de parler légèrement de religion)

J'ai beaucoup apprécié la première partie. Je n'ai pas compris ce qu'on venait faire à Paris bien plus tard.

Les dialogues, la description des personnages et de l'action rendent ce texte vivant, et agréable à lire.

La construction de la nouvelle gêne ma compréhension et je ne vois pas où est l'exercice d'uchronie.
Désolée.

Merci pour le partage et bonne chance.

   Dugenou   
29/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Rien à dire sur la forme, ça coule tout seul.
Le fond est moins compréhensible de prime abord : sans un Jésus martyr, pas de Nouveau Testament, c'est donc l'enseignement de Paul de Tarse qui guidera les générations futures, dont vous donnez un aperçu en situant la deuxième partie du texte dans un Paris vierge de cathédrales ( l'île de la cité occupée par un parc), où le dénuement est mode de vie en même temps que représentatif de l'intêret général. Malgré tout, des schismes existent par rapport à l'enseignement de Saul, pour preuve les disciples de Jésus, les Nazaréens, ont survécu...
Une bonne uchronie, à mon sens.
Merci et bonne chance pour le concours.

Dugenou.

   ours   
30/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Et si Jésus n'avait pas été fait martyr, s'il n'avait pas porté la croix pour l'humanité, et ceci par un simple concours de circonstance politique, je trouve la question et le thème de cette uchronie particulièrement intéressant !

Toute la première partie nous rappelle comment les intérêts politiques primaient sur la question de la foi et de la vérité pour les Romains. J'ai malheureusement été moins convaincu par le retour à la version altérée de notre réalité. Je n'ai pas réussi à comprendre le message, à part qu'un autre dogme aura pris la place, plus invasif à priori.

Pour ce qui est du style, je ne vois pas grand chose à reprendre, c'est clair, concis, évocateur, rythmé et offre au lecteur que je suis un agréable moment de lecture.

   jaimme   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,
J'ai bien aimé le postulat de départ de cette uchronie: Jésus n'a pas été crucifié et le judaïsme est devenu la religion dominante en Occident. L'écriture est claire et les connaissances historiques au rendez-vous.
Pourtant j'ai plusieurs critiques à émettre:
- les historiens s'accordent à dire que lors de la conversion de Constantin le culte dominant n'est pas le judaïsme mais le culte de Mithra, les religions orientales en général (dont le christianisme d'ailleurs)...
- la seconde partie me laisse largement sur ma faim. Vous êtes allé d'un postulat l'autre, mais que serait devenue l'Europe sans les racines chrétiennes? Là cela m'aurait intéressé, les changements auraient été gigantesques, or ici nous ne percevons que le résultat global, mais rien en détail. Un petit tour dans Paris, quelques allusions auraient été, au minimum, les bienvenues. Frustant donc.
Bonne idée en résumé, mais pas assez poussé pour moi.
Merci pur cette lecture.

   jfmoods   
3/10/2019
J'ai aimé cette uchronie au titre comique. L'introduction est efficace et l'histoire agréable à suivre. J'ai trouvé savoureux le décalage moral avec notre époque.

Quelques éléments ont cependant troublé ma lecture...

"Pontius s'interrogea sur l'origine de cette agitation quand le centurion de la garde apparut."

J'ai du mal à croire que Pontius a attendu l'arrivée du centurion pour s'interroger...

-> Pontius s'interrogeait sur l'origine de cette agitation quand le centurion de la garde apparut.

Le verbe "raviser" n'existe que sous sa forme pronominale...

"la seconde intervention de Caïphe le ravisa." -> la seconde intervention de Caïphe le fit se raviser / l'amena à se raviser

Cette construction assez cocasse mérite une reformulation...

"Le jeune homme cria du haut de sa chambre" -> Le jeune homme cria, depuis sa chambre à l'étage

Ici, il n'existe pas de lien direct entre la principale et la participiale...

"Elle redémarra, rendue pensive par la remarque de son fils." -> Elle redémarra. La remarque de son fils l'avait rendue pensive.

Là, des virgules seraient utiles...

"Quel imbécile son père !" -> Quel imbécile, son père !

"La mère de Josué, malicieuse, demanda alors un sourire en coin" -> La mère de Josué, malicieuse, demanda alors, un sourire en coin

"ses convictions il se les garde !" -> ses convictions, il se les garde !

Deux points sembleraient plus judicieux dans cette phrase...

"Saul l'avait prédit, le combat serait incessant tant la cupidité et l'égoïsme empoisonnent le cœur de l'homme." -> Saul l'avait prédit : le combat serait incessant tant la cupidité et l'égoïsme empoisonnent le cœur de l'homme.

Merci pour ce partage !

   hersen   
3/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Moralité : on en prend un autre et on recommence, en plus serré.

Une uchronie qui pourrait se décliner à l'infini tant l'homme se complaît dans son attachement à un dieu. Finalement, peu importe lequel, un clou chasse l'autre. Et dieu ne vient pas du ciel, ce sont les humains qui le place dans l'endroit le plus improbable, afin d'être sûr de ne jamais le trouver.
Ainsi donc, la légende "vivante" perdure par les hommes eux-mêmes.

Il y a, je ne sais si c'est voulu par l'auteur, un mélange religion-politique à la fin. C'est bien vu.

Le texte se lit bien, l'auteur a su éviter le piège des textes historiques surchargés de descriptions ou de détails. Ici, on va droit au but.

Merci de la lecture.

   Donaldo75   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai bien aimé cette nouvelle que je trouve bien écrite mais je suis déçu par la seconde partie. En fait, la force de la première partie réside dans le fait qu'elle traite bien du thème imposé sans mettre de gros sabots, expliquer à tout-va le pourquoi du comment pour que le lecteur lambda ne se perde pas dans les dédales de sa propre imagination. Et c'est à ce niveau là que la seconde partie fait perdre de la force au texte.

Sinon, le thème proposé pour cette uchronie est ambitieux et c'est bien l'ambition; il faut dire que je voyais mal un auteur du site réussir à faire passer les vacances de madame Michu, son mari et son chat au camping de Plouezennec sur Bozon, dans ce concours.

   papipoete   
11/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour " concurrent "
Chaque jour, je voyais ce mot " uchronie " sans me soucier de sa signification... jusqu'à ce qu'un ami place ce terme dans une conversation !
Je viens donc lire cette vie de " juif " qui n'en finit pas de s'écrire depuis les lustres !
D'un côté d'aujourd'hui, on voit Jésus tourmenté d'avoir remué les foules, mais ne finira pas cloué en croix !
De l'autre, un peu plus loin que nos jours, les juifs sont toujours " embêtés " mais non pas persécutés, et ne finissent pas leur vie comme le " fils de Saül " ...
La première partie me plaît davantage que la seconde, avec ce côté " bonhomie " du préfet romain qui semble un bon bougre ! je crois lire matière de notre catéchisme, mais en bien moins ennuyeux !
La seconde époque se déroulant à Paris ( le véldiv n'y existerait pas 60 ans plus tôt ) est moins captivante et cette version de la traque des juifs me paraît tirée par les cheveux !
J'aurai appris le sens de 2 termes ; uchronie et A.U.C. en une seule lecture, et cette uchronie, si elle était la couleur de la véritable histoire juive put changer la face du monde !
La seconde


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