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Sentimental/Romanesque
Cyberalx : Sous le pont ou le destin de Jack
 Publié le 22/08/09  -  13 commentaires  -  6592 caractères  -  126 lectures    Autres textes du même auteur

Un conte du dehors...


Sous le pont ou le destin de Jack


Fate semblait avoir été dessinée par quelque artiste génial.

Ses traits anguleux donnaient à son visage une attitude presque reptilienne mais étrangement séduisante, ses yeux noirs étaient logés dans de ravissants losanges aux coins délicats.


La courbe gracile de son dos tombait sur ses reins avec quelque chose tenant de la perfection, ses longs cheveux sombres descendaient sur ses épaules fines.


Elle était tellement belle.


Elle avait séduit Jack en un clin d’œil.


Il avait perdu tout semblant de volonté qui aurait été en contradiction avec les désirs de Fate.


Il ne voulait que la rendre heureuse, l’aimer comme personne n’aurait pu le faire, être celui, être son.


L’amour fait ceci aux gens, il les berce dans une sorte de délicate rêverie et les prive de l’indispensable objectivité, celle-là même qu’il aurait fallu à Jack pour se rendre compte que Fate était un vampire.


Pas de ceux qui boivent du sang et fuient devant le soleil.


Juste un vampire ordinaire comme il y en a tant, suçant l’espoir jusqu’à la dernière goutte, usant ses victimes, puis les laissant sur un trottoir sale, éberluées, perdues…


Elle aimait l’argent, les belles choses et le regard des autres sur elle, portant les derniers artifices à la mode.


Elle n’aimait qu’elle et ne vibrait qu’en se sachant adulée, noire déesse couverte de bijoux.


Lorsque Jack n’eut plus rien d’autre à offrir que son amour inconditionnel, Fate ne laissa pas de mot.


Elle prit ce qui restait.

Elle monta dans un bus.



Voilà donc Jack seul, dans un carton, sous le pont de Brooklyn.

Ça ne fait pas si mal de ne plus rien avoir,

Ce n’est pas d’être sale qui fait souffrir, le corps s’habitue.



La vraie douleur arrive lorsqu’à la périphérie de sa conscience, il entr’aperçoit la folle idée qu’elle ne l’aimait peut-être pas.


Dehors, on boit parce qu’il fait froid.


Il faut savoir que l’alcool ne réchauffe pas, il anesthésie les sens au point que vous ne sentez plus le froid, mais celui-ci est là, il se faufile jusqu’au cœur de vos entrailles et mord partout où ça lui semble possible.


L’alcool anesthésie.


À plus fortes doses, l’alcool vient s’occuper des neurones, il détruit méthodiquement tout ce qu’un homme a pu y bâtir.


On oublie.


Nulle part, il n’est écrit que si ce liquide permet d’oublier, la souffrance reste.


On ne sait juste plus d’où elle vient.


Elle reste comme une verrue incandescente plantée bien profond dans le cœur et pulse de plus en plus fort, on ne peut y rester sourd, on anesthésie.


Avec plus d’alcool.



Jack en est là.

Il chaparde,

Il magouille,

Tripote de vieux messieurs,

Il fait tout pour pouvoir se payer sa dose d’anesthésiant à verrue.



Quelquefois, une larme coule sur la crasse et fait comme un sillon blanc sur des rides qui n’étaient pas là il y a deux mois. Jack la laisse couler sans savoir ce qui l’attriste.


Il n’est plus qu’un trou sans fond, une bouche réclamant toujours plus de liquide brûlant.


Les regards alentours glissent sur lui, les mères de famille détournent les yeux de leurs enfants lorsqu’ils sont trop curieux, quelques pièces hypocrites censées masquer le dégoût et la peur qu’inspire la déchéance d’un homme cliquettent parfois à ses pieds nus, il les ramasse, réflexe de survie tronqué…


Chaque saison qui passe imprime un peu plus sa marque sur Jack, la vie n’est qu’une succession de moments rêvés, vécus et imaginés.


Une porte mal fermée, pas de lumière, Jack entre et prend tout ce qu’il peut, puis un type lui court après, Jack fait tomber la moitié de son butin mais s’en sort, il retourne sous son pont, va voir ceux qui savent comment vendre les choses, il trouve à boire, il oublie.


Encore.


Un ange au crâne rasé lui demande s’il veut du bon whisky et un repas chaud, Jack rit et accepte, l’ange se multiplie et change de visage, les anges le frappent, lui pissent dessus en riant, chantent des chansons dures dans une langue qu’il ne comprend pas, le frappent encore.


Il se traîne jusqu’à son pont et dort.



Jack ne parle plus, ni aux anges, ni aux autres, il veut juste boire.


Un jour, il trouve une belle chose dans un appartement dont la fenêtre est ouverte.


Une guitare.


Jack se dit qu’une belle chose doit bien se vendre.


Mais lorsqu’il la regarde, il ressent autre chose. Comme du coton sur son cœur.


Il garde la guitare.


Lorsqu’il ne trouve pas à boire, Jack regarde sa guitare, il gratte les cordes et aime les sons qu’elles font, chacun d’eux est pour lui une couleur, quelquefois une image venue du passé d’un autre Jack, un enfant riant sur un terrain de base-ball, une mère qui le presse contre lui, la saveur du pain d’épices, un verre de lait, un été en Californie…


Il joue mais n’est pas satisfait, il sait ce qu’il veut entendre mais ne parvient pas à le faire naître de l’instrument.


L’alcool fait trembler les mains.


Les gens dans leurs beaux costumes ont un toit, ils ont à manger et sentent bon.


Jack n’a que du temps.


Alors il s’entraîne, il touche les cordes et écoute les images et les souvenirs, il peint quelque chose qui lui plaît.

Le coton autour du cœur atténue quelque chose, il caresse son âme et Jack aime ça.


Tellement plus que l’anesthésie.


Jack boit moins et joue de mieux en mieux, il lui arrive de parvenir à faire chanter le morceau de bois pour qu’il exprime la douleur, cette douleur qui ne disparaîtra jamais.

Les gens dans leurs beaux costumes s’arrêtent sous le pont et écoutent Jack.


Quelques-uns pleurent, sans savoir pourquoi.


Jack ne chante pas, il se contente de mêler les couleurs et les souvenirs, il fait de petits tableaux avec ce qu’il voit, ses doigts semblent savoir avant lui quelle histoire conter.

Jack ressent, il vit.


Les gens de la vraie vie s’arrêtent toujours pour lui donner des pièces, des billets, à manger.


Jack ne boit plus et recommence à parler aux autres, se méfiant toutefois des anges.


On parle de Jack et de ses doigts magiques, on parle de lui plus loin que sous son pont et la rumeur enfle qu’un génie est là, dehors.


On vient chercher Jack, on le lave, on l’habille.


Jack habite un bel appartement, d’où il peut voir son pont.


Il fait des concerts et l’on vient du monde entier pour l’écouter et l’acclamer.


Un soir, dans sa loge, apparaît une femme.



Ses traits anguleux donnent à son visage une attitude presque reptilienne mais étrangement séduisante, ses yeux noirs sont logés dans de ravissants losanges aux coins délicats…


 
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   Anonyme   
22/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une mécanique huilée et une vraie technique de construction. Les effets sont dosés, il n'y a dans ce texte rien de trop, pas de trop peu, il y a un rythme très séduisant, une alternance, des ralentis, des accélérations. Cyberalx livre une short story qui depuis le titre jusqu'au dernier mot, en passant par cette manière délicate de dire, est un envoûtement. De la mesure, une histoire propre à la nouvelle, une tranche de vie, du savoir écrire, ici, on a tout bon.

   Togna   
22/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Si certains croient qu’il est indispensable que l’intrigue soit complexe, originale, extraordinaire, pour faire une bonne nouvelle, qu’ils relisent celle-ci. L’histoire est simple, mais le talent est grand. Et cela suffit au plaisir du lecteur.

Je t’envie cette faculté d’écrire avec cette concision qui révèle la précision de ta pensée. Je cite deux phrases parmi d’autres du même tonneau : « Jack ne chante pas, il se contente de mêler les couleurs et les souvenirs, il fait de petits tableaux avec ce qu’il voit, ses doigts semblent savoir avant lui quelle histoire conter.
Jack ressent, il vit. »
C’est très visuel grâce à l’utilisation du présent. Ici une phrase longue, suivi d’une très courte. Par la première, on pourrait presque toucher l’immatériel. Par la seconde, on touche le sentiment, on sait instantanément que Jack est en fin de galère.

Cette nouvelle est un modèle. J’invite les auteurs débutants à s’inspirer de cette simplicité dans l’écrit.

Merci Cyberalx.

   jaimme   
22/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Allez, juste pour dire qu'une note était (un peu ) moins harmonieuse: "ses yeux noirs étaient logés".
Mais que tout le reste est beau et percutant.
Très touché par:
"Il avait perdu tout semblant de volonté qui aurait été en contradiction avec les désirs de Fate." (fatum en latin)
"il entr’aperçoit la folle idée qu’elle ne l’aimait peut-être pas"!!!!!!
Une vraie histoire, du vrai quotidien, un vrai amour.
Un rythme impeccable.
Une histoire de grande qualité!
Merci. Vraiment.

   Anonyme   
22/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Cyberalx. L'histoire nous envahit et nous submerge. L'auteur a su traduire avec des mots simples, mais O combien percutants, cette douleur empreinte de cette poésie...
"Alors il s’entraîne, il touche les cordes et écoute les images et les souvenirs, il peint quelque chose qui lui plaît. Le coton autour du cœur atténue quelque chose, il caresse son âme et Jack aime ça."
Juste moins aimé la dernière phrase...

   Anonyme   
22/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

j'ai bien aimé ce récit, bien construit et d'une écriture simple mais travaillée, avec une recherche de rythme évidente, soulignée par la disposition (mais ça, ça me parait pas terrible en revanche, comme si tu n'avais pas confiance dans l'écriture et que tu sentais l'obligation de la renforcer par ce subterfuge).
L'histoire n'est pas forcément très crédible, mais on se laisse malgré tout emporter.
Un petit bémol sur la description de l'héroïne qui me semble plus ressembler à une figurine de manga qu'à un personnage de chair et de sang.
Un agréable moment de lecture.

   Leo   
23/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte qui va de "très bien" à "très faible" m'interpelle toujours et me donne envie de regarder de plus près. Je pense que les deux évaluations sont excessives, la vérité, comme toujours, se situe entre les extrêmes.

Les plus :

- Un parti-pris de construction, d'aération des phrases, qui donne un rythme syncopé, inhabituel, qui correspond à mon sens assez bien aux pensées d'un poivrot, qui se suivent sans lien nécessaire, suite d'images, de clichés instantanés. Cet effet est très bien rendu par l'écriture qui alterne phrases courtes et longues, touches extérieures et images intérieures, en restant dans un registre de langage minimaliste, simple, sans excès de vocabulaire : on décrit un homme à l'esprit embrumé, à la conscience limitées par l'alcool. L'espace montre les trous dans la pensée, la solution de continuité de la conscience.
- Le choix des temps du récit, alternance entre passé et présent au début, qui marque la rupture entre un passé "normal" et un présent douloureux.
- Le mythe de la femme fatale est bien revisité, quoique je regrette le classicisme de celle-ci, par moments. Une femme n'a pas besoin d'être sublime pour être fatale (un homme non plus, que les féministes ne s'offusquent pas...), il suffit qu'on en soit amoureux.

Les moins : ils correspondent presque symétriquement aux plus.

- Le rythme n'est pas assez varié entre début, centre du récit et fin. A partir du moment où l'auteur l'intègre à l'histoire comme élément dramatique, il doit y participer pleinement. J'aurais assez bien vu que le début et la fin soient rythmés et espacés différemment, avec peut-être une progression du "normal" vers le "syncopé" et vice-versa, en étant différent cependant à la fin (ne pas retrouver le rythme du début, image du passé qui ne se revit – presque – pas, ce qui donnerait infiniment plus de poids à la chute). Le rythme contribuerait dans ce cas mieux encore à la perception de l'histoire.
- La femme est trop superficielle, trop typée, pas assez marquée dans sa dimension prédatrice : le choix de la comparaison reptilienne est judicieux, mais insuffisamment exploité, à mon sens. Il lui faudrait un petit peu plus d'épaisseur, car elle n'apparaît comme un élément extérieur, une pièce d'une mécanique. C'est peut-être l'intention de l'auteur, de la dépersonnaliser à l'extrême, mais dans ce cas elle est trop présente. Le thème est difficile, il ne faut pas hésiter entre deux solutions, deux messages. A mon sens, c'est le cas ici : la femme est à la fois un peu trop objet et pas assez actrice – encore que certains peuvent percevoir le contraire. Le sens n'a pas d'importance, il y a un aspect de trop, je pense.

J'ai beaucoup hésité à classer l'absence de changement de temps du récit avant la fin parmi les défauts. Je me suis interrogé sur l'intention, et je pense que l'auteur a voulu montrer que son "happy end", comme le dit quelqu'un, n'en est pas un, en réalité. La continuité entre le milieu et la fin, la chute qui reprend la phrase du début (laquelle aurait dû nécessairement être la première phrase du récit, soit dit en passant, et non la deuxième), le non-changement de temps et de rythme, montrent qu'il n'y a pas de véritable rédemption, que celle-ci n'est que provisoire, et que les démons qui habitent l'homme ne s'exorcisent jamais tout à fait.

En ce sens – mais en ce sens seulement –, ce choix est un plus, un des éléments qui valorisent ce récit.

Je donne quitus à l'auteur de ses incontestables et visibles efforts en matière de ponctuation, malgré quelques petites erreurs. il est vrai que l'intention d'écriture amène au choix d'un style très simple, très direct, bien adapté ici, mais qui ne nécessite pas un usage intensif de la ponctuation.

En conclusion, un bon texte, sur une bonne histoire, avec quelques aspects qui seraient à mon sens perfectibles.

   Anonyme   
23/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Une écriture agréable, travaillée, un récit prenant. Merci pour cette lecture.

Juste une petite remarque : Comment quelqu'un qui a des traits anguleux peut avoir l'air d'un reptile? C'est bizarre. Mais bon, c'est vraiment pour chicaner.

   Automnale   
23/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour, Cyberalx ! J'ai bien aimé ce récit, sa lecture agréable.

Je n'ai pas trouvé de points négatifs, sauf, peut-être : "Elle aimait l'argent...., portant les derniers artifices à la mode". N'est-ce pas, plutôt, porter ? Mais c'est un bien léger détail. Il fallait bien que réussisse à dénicher (ou inventer) quelque chose !

J'ai adoré :

La description, sans blabla, du départ de Fate :
"Elle prit ce qui restait.
"Elle monta dans un bus".

"Nulle part, il n'est écrit que si l'alcool permet d'oublier, la souffrance reste".

La force du "Encore" (tout seul sur sa ligne !).

Et le "coton sur son coeur".

Ce récit évoquant l'amour malheureux, l'alcool, la Californie, la déchéance, la musique salvatrice, un pont, fait basculer le lecteur dans l'émotion.

Les mots de cette nouvelle me laissent un goût de douceur, de beauté, de poésie et de vie.

   Anonyme   
25/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ça fait un peu penser au Jazzman et l'enfant de Togna, tiens.
Je ne veux pas dire que tu t'en es inspiré, non, mais c'est intéressant de comparer.
Comme vous traitez le sujet d'une manière différente. Avec une sensibilité différente.

Chez toi Cyberalx, tout se fait grand, cauchemardesque, terrible. C'est assez prenant dans la lecture.
C'est rapide, incontestable.
Franchement, je suis séduit. Ce n'est pas l'histoire (bien qu'imaginée avec talent) qui m'a emballé, c'est l'équilibre. Il n'y en jamais de trop. C'est dosé, précis.
La description de la femme, par exemple.
Ses traits anguleux donnaient à son visage une attitude presque reptilienne mais étrangement séduisante, ses yeux noirs étaient logés dans de ravissants losanges aux coins délicats.
C'est dur la description d'une belle femme. Et tu y réussis admirablement.
;-)
Merci pour ce moment d'émotion…

   florilange   
29/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On est bien d'accord qu'il n'y a pas besoin d'être belle (beau) pour séduire. C'est même tout le contraire : charme vs beauté. Donc Fate est comme elle est & c'est ainsi qu'elle s'est emparée de Jack, 1 envoûtement + qu'un coup de foudre. Il ne peut en sortir.
J'aime le style qui nous mène irrésistiblement, non pas vers 1 happy end, mais vers la conclusion d'1 destin écrit d'avance. J'aime le rythme, haché, net, fataliste.
1 lecture prenante. Merci, Cyberalx,
Florilange.

   Selenim   
30/8/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Étant plutôt étanche à ce genre de nouvelle au style télégraphique, j'ai eu quelque difficulté à entrer dans ce récit et à ressentir une chaleur humaine.

Les phrases s'enchainent, séparées par un blanc, comme si elles avaient peurs de se réchauffer. Il m'a manqué un liant, un fil de nylon qui puisse assembler et amalgamer ces perles, parfois précieuses.

L'auteur, il me semble, a dû pour arriver à ce résultat, maitriser parfaitement son récit et sa structure, si bien qu'il aboutit à cette épure, grande cathédrale d'allumettes à laquelle il m'a manqué une étincelle pour m'enflammer.

Selenim

   widjet   
5/9/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Assez d’accord avec le commentaire d’Estelle. En effet, on trouve pas mal de similitude avec le texte de Togna…mais y’a pire comme influence (si influence il y a !).
L’écriture est plus sobre qu’à l’ordinaire, mais avec toujours cette noirceur coutumière même si c’est beaucoup moins sordide qu’à l’accoutumée. Du point de vue du style, l’auteur choisit l’épure pour raconter en accéléré le parcours d’un clodo (décidément c’est tendance) et de sa rédemption par la musique. Cela donne un rythme certain, mais déshumanise un peu aussi le personnage. La démarche est sans doute voulue puisqu’il s’agit aussi (je pense) de parler de la perte d’identité (quand on vit dans la rue depuis longtemps on ne sait plus qui on est). Le fait que ce soit si court peut-être et l’utilisation de l’ellipse sont à mon sens un peu préjudiciable pour ressentir quelque chose de plus fort à l’encontre de cet homme.
En revanche, j’ai aimé la dernière phrase qui laisse à penser que l’homme – esclave de son cœur - refera sans doute la même erreur. L’auteur nous dit il que la vie est elle est un éternelle recommencement où nous n’apprenons jamais de nos erreurs ?
Indécrottable pessimiste ce Cyb !

J’ai surtout aimé le fond (le forme pourrait être nettement améliorée je pense).

Merci Cyb. Tu m'as manqué mon grand !

W

   Anonyme   
4/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Difficile de commenter quand on trouve un texte génial, mais:

au rayon critique: la construction du texte est un peu trop linéaire à mon goût, il manque des accrocs clairs dans la vie de Jack, quelque chose de plus descriptif (je pense aux skins qui le bastonnent), quelque chose de plus parlé aussi: on est dans la rue, il manque le bruit de celle ci, son odeur..

Sinon j'aime vraiment cette histoire par la mise en abyme, c'est si....surprenant!


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