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Sentimental/Romanesque
Donaldo75 : Annette
 Publié le 18/11/19  -  14 commentaires  -  9352 caractères  -  79 lectures    Autres textes du même auteur

« Notre vie ensemble est si précieuse
Nous avons grandi, nous avons grandi
Bien que notre amour demeure spécial
Tentons notre chance et envolons-nous
Quelque part seuls »

John Lennon - 1980 - (Just like) Starting over


Annette


Je suis dans le salon, à écouter ma mère me répéter en boucle que tous les lycées du monde se ressemblent, tandis que j’essaie de profiter tranquillement de mon petit déjeuner. J’ai l’impression qu’elle cherche d’abord à se convaincre elle-même, qu’elle culpabilise de m’avoir fait quitter Springfield. Mon père, lui, regarde les informations sur la BBC. J’entends le journaliste parler de guerre nucléaire, de marches pour la paix organisées en Allemagne, aux Pays-Bas et en France, du président des États-Unis d’Amérique et du premier secrétaire de l’Union des républiques socialistes soviétiques jouant au bras de fer. Non, ai-je envie de répondre à ma mère, Springfield ne me manque pas. Ce n’est qu’une ville grise perdue au fin fond de l’Ohio, une affectation de plus pour des parents militaires qui trimbalent leur gamin et leurs valises aux quatre coins de la planète.


Mon père me dépose au lycée. Tout le monde regarde son gros 4X4 américain, son costume d’officier supérieur et sa fière tête de Yankee conquérant. Je dois déjà avoir une étiquette collée sur le front mais je m’en fous ; je suis blindé à force de changer de ville tous les trois ans. Et puis ces Anglais me font un peu de la peine, avec leur uniforme scolaire et leur désir forcené d’afficher une forme de rébellion vestimentaire. J’en vois un affublé d’une coupe d’Iroquois, des épingles à nourrice dans le nez et des chaussures de chantier aux pieds. Une autre joue à la sorcière gothique, avec ses cheveux d’un noir corbeau et son maquillage surchargé. Quand je les vois, je pense à leur premier ministre, cette soi-disant dame de fer qui joue au petit soldat avec le reste du monde et se pavane droite dans ses bottes devant les caméras. Elle a encore du travail, la mégère endimanchée, pour ranger ses petits Britanniques dans ses cases bien nettoyées.


La première semaine de cours est agitée ; les professeurs ne se font pas vraiment respecter. Ils récitent dans le vide leurs théorèmes fatigués tandis que les élèves sont livrés à eux-mêmes tels des poulets devant un couteau. Comme à Springfield, il y a différents clans ; les garçons et les filles ne se mélangent pas, s’observent en chiens de faïence tout en essayant d’attirer l’attention du camp d’en face. Pour ma part, je n’ai pas eu de questions, personne n’est venu me dérouler le tapis rouge ou m’extirper les vers du nez. Je me suis même retrouvé à manger seul à la cantine. J’ai l’habitude et ça m’arrange, en fait. Je suis un solitaire, par la force des choses.


***


La semaine se termine. J’ai survécu, sans vivre de drame à la James Dean dans « La fureur de vivre » avec ses concours de celui qui a la plus grosse, un peu comme ce qui se passe aujourd’hui entre les Américains et les Russes. Je suis juste un être venu d’ailleurs et perdu dans une ménagerie appelée le Royaume-Uni où les punks, les mods, les skas, les rastas, les gothiques, les rockers, les chevelus, les nouveaux romantiques, j’en passe et des plus étranges, se jaugent à coups de regards sombres, de postures exagérées, et se lancent parfois des piques dont je ne comprends pas le sens profond mais qui jamais ne se terminent par une bagarre générale. C’est reposant, comparé à Springfield et sa brutalité de banlieue ouvrière.


– Alors, mon chéri, ça se passe bien au lycée ? me demande ma mère.

– Bromley, c’est la crème de la banlieue de Londres, largement mieux que chez les péquenots arriérés de Springfield, renchérit mon père. Tu vas rencontrer du beau linge, crois-moi.

– Si tu le dis.


Comment leur expliquer ? Ils ne comprendraient pas, de toutes façons. Pour eux, les jeunes sont flexibles par définition ; ils s’adaptent à tout, dans une sorte de mécanisme darwinien où l’évolution commence au collège, s’affirme au lycée et se termine à l’église devant beau-papa et belle-maman. Parfois, je me demande s’ils ont déjà été adolescents ou s’ils sont sortis tout cuits de leur œuf, avec l’uniforme, la bannière étoilée et le petit manuel du parfait Américain.


Annette, elle s’appelle Annette. J’adore ce prénom. Je trouve qu’il lui va bien. Elle a de beaux yeux bleus et de superbes cheveux bruns. Elle sent la myrtille. Annette me fait penser à un fruit frais perdu dans une nature morte. Je ne me souviens plus comment on en est arrivé à discuter tous les deux mais j’ai tout de suite aimé.


– Alors, Thomas, tu arrives des États-Unis ?

– Oui. De Springfield dans l’Ohio.

– Tu es né là-bas ?

– Non, à San Diego en Californie.

– Dis donc, tu n’es pas très bavard.

– Je sais.


Que puis-je lui dire de plus ? Elle va me demander ce que font mes parents, pourquoi je me retrouve à Bromley, si je me plais dans le Kent. Je n’ai pas envie de ça, de tout cet habillage social où les adolescents essaient d’imiter leurs parents en posant des questions à la con. Je la regarde en silence. C’est bon de ne pas parler. Je me trouve bien pour la première fois depuis mon arrivée.


***


Le mois de mai pointe ses premiers jours et je n’ai pas vu le temps passer. Je suis heureux comme jamais. Annette resplendit de mille feux. Nous nous fréquentons, comme ils disent ici avec leur petit accent pointu. Elle m’a appris à apprécier la ville, son joli centre historique et la campagne alentour. Nous nous promenons souvent main dans la main, des fleurs dans les cheveux, le long du parc de Bickley, le quartier huppé de Bromley. Springfield me semble loin désormais. Mes parents aussi.


La fête du lycée approche. En Angleterre, les élèves célèbrent la fin de l’année avec des jeux et tout un décorum médiéval où chacun se déguise en personnage de la grande époque des chevaliers et des princesses. C’est pour eux une façon joyeuse de se débarrasser de leurs oripeaux, surtout pour celles et ceux qui terminent leur dernière année, comme Annette et moi.


– Que feras-tu après le lycée ?

– Je n’en sais rien. Tout va dépendre de la prochaine affectation de mes parents.

– Tu ne vas pas partir maintenant ?

– Je croise les doigts pour rester quelques années de plus.

– Moi, je vais rentrer à l’université. Je veux être journaliste, parcourir le monde, sortir de la grisaille anglaise.


Je la comprends. Son pays est gris et démoralisant. Des millions de jeunes ne savent pas s’ils ont encore un futur, leur reine passe son temps à inaugurer les chrysanthèmes tandis qu’une walkyrie en jupons dirige son peuple en criant sa haine des autres et en promettant des lendemains merveilleux où tout le monde travaillera sous la houlette bienveillante de la Bourse de Londres.


Annette aime que je lui raconte mes souvenirs de la Californie, celle de mes grands-parents et de mes derniers jours heureux, quand nous avions le droit de chanter, de danser, de rire et de penser librement. C’était l’époque de la musique et des ballons, avant qu’un cow-boy gominé fasse sauter la banque au nom d’une Amérique puissante et délivrée du péril rouge. Elle applaudit mes imitations de notre président. Elle est encore plus belle quand elle rit. Je l’aime.


***


Le lycée s’affiche multicolore. Les élèves dansent, chantent, rient et jouent dans un grand champ de fleurs. La fête est réussie ; nous oublions tous la menace imminente d’une guerre entre l’Est et l’Ouest, entre les bons libéraux et les méchants communistes. Nous choisissons de ne pas nous inquiéter des discours alarmistes du premier ministre, une va-t-en guerre qui veut rayer l’Argentine de la carte avant de s’attaquer à deux cents millions de bolcheviques assoiffés de sang britannique, avec l’aide de son ultime ami, le cow-boy américain au sourire atomique. Le soleil illumine le ciel de juin et les chars soviétiques n’ont pas encore envahi les campagnes du Kent. J’apprécie l’instant, Annette et son odeur de myrtille.


– Notre dernière année de lycéens, murmure mon amoureuse en m’embrassant tendrement.

– Je n’ai pas vu passer ces quelques mois.

– Les plus beaux jours de ma vie.

– À moi aussi. J’aimerais que le temps se fige comme un Polaroïd, toi et moi et les autres tous la main dans la main.


Annette ne répond pas. Elle me regarde de ses yeux bleus comme une mer sans fond puis pose ses lèvres délicates sur les miennes. La princesse demande le silence à son chevalier. Je ferme les yeux à mon tour et laisse son baiser envahir mon cerveau, illuminer mes pensées et les paver de fleurs. Annette me prend la main et nous partons rejoindre la cohue des lycéens en liesse. La musique remplit l’espace sonore où les paroles de John Lennon résonnent dans mes oreilles comme une oraison céleste à la fin de notre jeunesse.


« Notre vie ensemble est si précieuse

Nous avons grandi, nous avons grandi

Bien que notre amour demeure spécial

Tentons notre chance et envolons-nous

Quelque part seuls »


Je regarde Annette comme si nous étions sur le Titanic avant le plongeon dans les eaux glacées. Je suis triste et heureux à la fois. Je sais que je vivrai encore longtemps mais ces instants resteront gravés dans ma mémoire. Rien ne les délogera de mes souvenirs, pas même la prochaine affectation de mes parents, annoncée plus tôt que prévue, ni la guerre, la fin du monde ou l’enfer nucléaire. J’ai envie de profiter encore un peu de la musique et des ballons, du bleu des yeux d’Annette, de son odeur de myrtille, des rires et des chants d’une jeunesse insouciante.


 
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   Corto   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une très belle nouvelle.
La capacité de l'auteur a décrire les sentiments, le vécu de ces adolescents est excellente.

Pénétrer dans cette histoire se fait sans difficulté et pourtant on vit par procuration la vie de jeunes qui ne nous ressemblent pas forcément.
Le style est clair, truffé d'expressions justes et très visuelles, dans une ambiance historique précise qui se rappellera aux souvenirs des plus anciens.

J'ai relevé pour le plaisir quelques images que l'on voudrait avoir inventé soi-même:
"J’ai survécu, sans vivre de drame à la James Dean dans « La fureur de vivre » avec ses concours de celui qui a la plus grosse".

ou: "Pour eux, les jeunes sont flexibles par définition; ils s’adaptent à tout, dans une sorte de mécanisme darwinien où l’évolution commence au collège, s’affirme au lycée et se termine à l’église devant beau-papa et belle-maman."

ou: "Annette me fait penser à un fruit frais perdu dans une nature morte".
plus loin: "C’est bon de ne pas parler. "

ou: "avant qu’un cow-boy gominé fasse sauter la banque au nom d’une Amérique puissante et délivrée du péril rouge"

et bien sûr: "Je regarde Annette comme si nous étions sur le Titanic avant le plongeon dans les eaux glacées".

L'auteur a ici un vrai talent pour restituer l'ambiance, les espoirs, les pensées et les sentiments d'une jeunesse qui s'affronte consciemment à un monde d'adultes pas vraiment attirant.

Bravo pour ce beau texte.

   maria   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Une famille déménage souvent, en fonction des lieus d'affectation du père militaire. Le fils semble s'accommoder de ces changements, et de cette vie sans problème d'argent.
Mais la solitude lui pèse jusqu'à qu'il rencontre Annette
.
Tout ça est raconté par l'adolescent, détaché voire désabusé.
J'ai beaucoup aimé sa vision de l'Angleterre ; pays réputé pour son mauvais temps, sa reine, et aussi par sa capacité à vivre ensemble.
Comme tous les amoureux, seule Annette compte pour lui. Il profite de l'instant. Il fait preuve de maturité ; il est serein.

Cette nouvelle n'est pas forte par son contenu mais je la trouve très bien écrite.

Merci pour le partage et à bientôt.

   plumette   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Annette et son odeur de myrtille sont au coeur de ce récit.
Le narrateur , avec son récit au présent, nous fait partager ses premiers émois amoureux.
Dans une vie solitaire parce que souvent déracinée, un jeune homme s'ennuie sans attendre grand chose de la vie. Et puis Annette surgit et son humeur change. un propos assez ténu mais plutôt universel, le tout raconté avec un savoir écrire indéniable. Mais! ce jeune homme est à la fois le narrateur de ses émois et aussi un observateur de la période dans laquelle il vit, avec un recul qui, pour moi, ne sonne pas très juste. Cette alternance du récit entre l'intime et le plus général m'a plutôt dérangée, comme s'il y avait 2 narrateurs différents.

Et puis, le récit d'un souvenir, si charmant soit-il, suffit-il à faire une nouvelle?

je vous relirai bien dans une histoire un peu plus étoffée.

Plumette

   Tiramisu   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Un texte qui met en avant la nostalgie de l'enfance, de l'adolescence, des joies profondes d'un premier amour, et l'incompréhension parentale sur fond géopolitique tendu.

Écriture correcte et fluide.

Le traitement malheureusement ne me permet pas d'être réellement touchée. Annette a beau sentir la myrtille et être brune aux yeux bleus, cela ne m'émeut pas.

Il me semble que pour une nouvelle aussi courte une unité de temps d'une année scolaire, c'est trop long, cela entraine de fait un survol des personnages, des situations etc ... Cela aurait pu être possible à mon avis avec quelques situations clefs non convenues. Par exemple, le dernier dialogue entre Anette et le narrateur est pour le coup vraiment creux et banal, tout amoureux pourrait se dire cela, en quoi, c'est un aspect spécifique de ce jeune couple ?
Cela donne à l'ensemble un aspect artificiel avec des personnages assez peu campés.

Il y a des expressions qui ne sont pas heureuses à mon avis : "Annette resplendit de mille feux." J'ai du mal à visualiser.

Une prochaine fois sans doute

   ANIMAL   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je ne suis pas friande de bluettes adolescentes mais heureusement cette nouvelle va bien au-delà. A travers cette histoire, on découvre une peinture sociale sans concession du milieu très particulier des familles de militaires. Ballotté d'école en école au gré des affectations de son père, le narrateur, Thomas, doit à chaque fois tenter de s'intégrer et se trouve confronté aux réactions plus ou moins hostiles devant "l'étranger" qu'il est. Blasé, solitaire, il observe tout cela avec distance.

Il finit pourtant par rencontrer Annette et la vie lui semble tout à coup plus belle. Mais les bons moments passés ensemble et les déclarations d'amour ne survivront pas à un nouveau déménagement. Resteront les beaux souvenirs. Ceux que jamais on n'oublie.

Je trouve que ce jeune homme a vite abdiqué et accepté de perdre Annette. Ils auraient pu correspondre, se retrouver pour les vacances. Mais ces perpétuels changements dans sa vie ont tant habitué Thomas à l'instabilité et à la perte des quelques amis qu'il a pu se faire qu'il semble devenu assez fataliste, au point de se laisser porter par les événements au lieu d'agir. C'est bien observé.

Sur la forme, le style est simple et agréable, adapté au type de récit. La lecture est aisée.

Il n'y a pas vraiment de chute, juste un constat empreint de nostalgie qui correspond à l'atmosphère de ce texte d'ambiance fort bien écrit.

   hersen   
6/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Je trouve une certaine distance entre le regard de l'adolescent et ce qui est écrit.
Le texte est au présent , mais pourtant le narrateur a un recul impressionnant sur l'époque. Peut-être un peu trop.
Et aussi un recul sur cet amour dont il sait (déjà !) qu'il restera ancré, mais qu'il est déjà trop tard, qu'il ne s'attardera pas.

D'un côté, nous avons un cocon, de l'autre les trépidations d'un monde en mouvement. C'est ce point que je trouve le plus intéressant dans la nouvelle.

ce garçon, un solitaire, semble désabusé en vivant ses années lycées. On a l'impression que cet amour de jeunesse s'inscrit presque dans un contexte improbable.
Cette nouvelle reprend des éléments d'événements de l'époque, surtout politiques et sociaux. j'ai presque l'impression que c'est son but premier, retracer.

L'écriture sûre d'elle donne une impression très visuelle, rendant la lecture assez vivante.

   mirgaillou   
10/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Histoire bien enlevée.
La rapidité de l'écriture est plaisante.
Bien que le thème en soit ultra classique, ah! les amours de jeunesse, elle se détache du peloton par sa lucidité sans mélancolie.

On imagine facilement ces ados privilégiés dans leurs pimpants uniformes. Une solide éducation leur a déjà inculqué le sens du réel. Leur histoire leur apparaît lucidement comme éphémère

L'évocation historique balisée par la description de personnages connus est un plus.

Cette jolie histoire n'est pas inutilement plombée par la certitude d'un point final. Au contraire, elle sert déjà à engranger des images de joie et d'insouciance, un beau viatique pour l'avenir.

   Dugenou   
18/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Donaldo75,

Belle chronique de la vie d'un adolescent menant une vie pas si sédentaire, au gré des affectations du papa militaire, posant sur le monde et son environnement un regard juste et étonnament adulte... il manquait juste l'amour pour parfaire le tableau !

Une idylle justement racontée, rien à ajouter, rien à retirer, bravo !

EDIT: en y repensant, la psychologie du narrateur me plaît beaucoup : c'est ce déracinement culturel réccurent qui lui donne cette acuité dans ses jugements, ce regard si mature sur ses proches et sur le monde. Ça sent bon la vie rêvée, en tout cas une vie que n'importe qui aimerait avoir, surtout moi... la découverte de l'amour ou du moins cette relation amoureuse avec Annette pose la pierre de faîte sur cette vie à part, j'aimerai bien revoir ce narrateur quelques années plus tard, plus évolué...

   Luz   
18/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donaldo75,

J'ai bien aimé ce récit, très bien écrit, d'un moment de la vie d'un lycéen, baladé d'un pays à l'autre. Il rencontre son premier amour dans le début des années 80, je pense, en Angleterre. C'est intéressant parce qu'il y a son histoire dans l'Histoire : les relations URSS, États-Unis, Angleterre, la guerre des Malouines...
On aimerait que son amour se poursuive au-delà du lycée ; pourquoi pas : suite au prochain épisode...
Merci.

Luz

   Shepard   
18/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Donaldo,

Je pense qu'il y a deux idées dans cette histoire ; le contexte que l'auteur veut présenter, et une romance. Une romance légèrement esquissée, mais intéressante par son background : deux jeunes gens, l'amour à une époque où on vit dans la paranoïa d'une nouvelle guerre intercontinentale. Le symbole est là et apparaît comme une révolte contre le comportement attendu.

Au niveau de l'écriture, seulement quelques sorties de lecture :
"les élèves sont livrés à eux-mêmes tels des poulets devant un couteau" Poulets sans tête ? N'importe quoi face à la mort est livré à lui-même, donc j'ai du mal à comprendre l'image utilisant la volaille spécifiquement.
"Annette me fait penser à un fruit frais perdu dans une nature morte." Je suis con mais je ne vois pas. N y a t-il pas que des fruits frais dans une nature morte ? Donc pourquoi perdu ?
"comme une mer sans fond" Un peu éculé
" et laisse son baiser envahir mon cerveau" On est loin de la douceur avec ce "cerveau" (sensations?), moi ça m'évoque la dissection, déformation professionnelle peut-être... Idem pour "paver" un peu plus loin, j'ai l'impression que ça me tombe sur le coin de la gueule.
"La musique remplit l’espace sonore" En même temps, de quel autre espace peut-il s'agir ?
Ok, c'est surtout ce paragraphe qui m'a fait grincer, en fait.

Au fond, j'aurais aimé un peu plus de romance, ça arrive vite tout ça.

   Lulu   
19/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Donaldo,

J'ai bien aimé cette nouvelle que j'ai trouvée douce et très agréable à lire. Elle m'a donné l'impression d'être une bulle de pensées et de sentiments, comme une esquisse à peine posée. On n'entre pas dans le détail ; à chacun d'y glisser, peut-être, entre les lignes, la vie de cet adolescent, et celle qu'on a tous connue.

J'ai été étonnée du côté détaché du personnage. Il a l'habitude de suivre ses parents, mais il ne semble pas en souffrir, surtout à cet âge où tout n'est pas simple, mais en même temps, j'ai pensé que cette façon de présenter le narrateur était aussi intéressante, notamment pour un public d'adolescents qui pourraient voir au-delà du lycéen lui-même, car finalement, son regard est tout tourné vers l'extérieur : le lycée, Annette, le pays et le monde.

J'aime beaucoup l'écriture, fluide et simple, sans lourdeur.

J'ai juste été étonnée de la façon dont Annette entre dans le récit. Je ne l'ai pas vue arriver, bien que le titre l'appelait. Cela m'a paru abrupt. Je pense que c'est lié au choix d'aller à l'essentiel, la nouvelle étant courte, mais tout de même, cela m'a frappée, alors que tout le reste est fluide et plus cohérent.

Après lecture, je me rends compte que ce n'est pas tant le souvenir d'Annette - nom choisi pour le titre, pourtant, et rencontre marquante aussi pour le personnage - qui me marque à mon tour… Sans doute est-ce lié au fait que le récit soit rapide et donc assez peu développé. Ce qu'il me reste, c'est davantage une ambiance que j'ai beaucoup aimée dans ces lignes, une époque que l'on entrevoit en parallèle de la nôtre et une forme d'écriture qui me touche, parce qu'épurée.

Merci du partage, et au plaisir de te relire.

   papipoete   
19/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Donaldo
à lire ces moments de vie d'étudiants, j'envie Thomas d'avoir rencontré Annette, dans ce coin de Londres où l'on apprend sur des bancs d'école, à devenir " quelqu'un " ; elle semble sortie de nulle part et pourtant elle va illuminer la vie de ce garçon qui ne fait que suivre ses parents, là où l'affectation du père les mène.
NB lui qui ne se lie que difficilement, cela vaut mieux quand on ne fait que passer, tombe sous le charme de la belle, se noyant au miroir de ses yeux !
Il ne se rappelle pas de ses villes de passage, mais de Bromley sera marqué au fer rouge sur son coeur... Annette est passée par là.
Je voudrais être le patron des parents, pour prolonger leur affectation, de plusieurs années !
De la tendresse, des fleurs dans les cheveux et des baisers ; rien ne manque à cette idylle...

   Robot   
19/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai lu cette nouvelle comme il se doit, c'est à dire… comme une nouvelle… bien centrée sur quatre personnages, deux secondaires - les parents - et deux principaux - le narrateur et Annette. (Je n'aurais jamais supposé qu'une Anglaise puisse se prénommer Annette, ça me paraît tellement français se prénom.)
Et puis on pourrait ajouter un cinquième acolyte qui est le milieu scolaire anglais tel que le vit le narrateur.

Une nouvelle qui ne s'attache guère aux descriptions psychologiques ennuyeuses pour aller à l'essentiel, c'est à dire les faits, la narration, et l'atmosphère de la période Thatcher.

Je l'ai lu d'un seul jet, et relu car j'ai vraiment apprécié cette écriture à la première personne qui donne au récit beaucoup de spontanéité.

J'aime quand on me raconte une histoire.

   BernardG   
23/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Donaldo,

J'adore ces nouvelles courtes où l'on va à l'essentiel....
Un texte fort agréable, bien écrit qui nous permet de revivre ces moments d'adolescence insouciante.

J'ai trouvé que tout s'enchaînait parfaitement entre cette vie d'adolescent brinquebalé d'une ville à l'autre au gré des affectations de son père et sur toile de fond quelques événements politiques de l'époque.
La rencontre arrive naturellement avec cette joie qui emplit les coeurs éblouis par ces océans d'émotion qu'ils expérimentent pour la première fois.
Un p'tit bémol ! Il manque, à mon sens, "le twist final" qui soit, surprend le lecteur, soit l'amène à reconsidérer le texte sous un autre angle.
Merci pour cette agréable nouvelle.

Bernard G.


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