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Science-fiction
Donaldo75 : Du rouge et du gris
 Publié le 24/09/20  -  6 commentaires  -  16847 caractères  -  46 lectures    Autres textes du même auteur

« La révolution se fait grâce à l'homme, mais l'homme doit forger jour après jour son esprit révolutionnaire. »

(Ernesto Che Guevara)


Du rouge et du gris


La porte de ma cellule s'ouvrit, laissant apparaître le gras du bide de service, maton de son état.


– Eh, la star de l'espionnage, le directeur Reagan veut te voir d'urgence !

– Qu'est-ce qu'il me veut ?

– Je n'en sais rien mais ça a l'air sérieux.


Au royaume des bas du front, Reagan représentait le vassal aux dents blanches chargé de martyriser les réfractaires au système libéral imposé dans toute la galaxie. S'il me convoquait, cela signifiait une seule chose : un grand chef à plumes avait besoin de moi.


Je ne m'étais pas trompé. Reagan, une longue tige aux faux airs de cow-boy mais au vrai accent de plouc du Wisconsin, m'attendait sagement, accompagné de deux officiels du genre important. Un décati et un boutonneux.


– Robert Wilkinson III, je présume, dit Senior.

– En personne.

– Vous êtes incarcéré ici pour avoir piraté les bases gouvernementales, précisa Junior.

– Le juge le prétend.

– Vous êtes innocent, je suppose.

– Nous le sommes tous ici.

– Je vous pose la question à deux dollars : avez-vous envie de rester encore vingt ans dans cette prison plutonienne, à casser des cailloux et fabriquer des statuettes ?

– Un plan B ne serait pas du luxe.


Le vieux, un général trois étoiles appelé Mc Cormick, me proposa de reprendre du service au sein de l'Agence, pour une mission à durée déterminée. Il s'agissait d'évaluer les risques d'une révolte paysanne chez les bouseux de Mars. Rien que ça. Je ne me sentais pas du tout jouer au gardien de vaches martiennes dans un western-spaghetti, au milieu de colons venus des quatre coins du Middle West dans le but de trouver la fortune sur une planète rouge anémique.


– Qu'est-ce que j'y gagne à espionner des nostalgiques du six-coups, à part me retrouver enduit de goudron et couvert de plumes ?

– L'éternelle reconnaissance de la patrie.

– Et d'aller vous faire pendre ailleurs, précisa Junior.

– Je suppose que si je me fais gauler, vous nierez jusqu'à mon existence.

– Ce sont les risques du métier !


Trois jours plus tard, je débarquai à New Dallas, la plus grande ville martienne. Ma nouvelle identité avait été soignée aux petits oignons grâce aux géniaux créatifs de l'Agence, une bande de binoclards toujours partants pour une bonne partie de rigolade. Ils avaient fait fort : je m'appelais désormais Bobby Mc Guffin, né à Memphis dans le Tennessee et ingénieur informatique de son état. Ma couverture supposait que le bureau de placement local me trouve un vrai job en pleines terres agricoles, là où de pauvres peigne-culs mâcheurs de chique étaient soupçonnés de fomenter une révolution bolchevique pour déclarer la naissance de la République communiste de Mars et planter des têtes capitalistes au bout d'une pique. Tout se déroula selon le plan de Langley. Je dégotai vite un emploi de programmeur dans une société de services à New Alamo, la capitale des bouseux. Un transporteur public m'emmena sur place, avec pour compagnons des voyageurs de commerce, des vendeurs de graines, des apprentis biologistes, des lanceurs de couteaux et des bouffeurs de tacos. Au jeu de l'intrus, je ne faisais pas trop tache. Arrivé à Plouc-Land, je pris une chambre bon marché dans un hôtel de troisième zone puis me dirigeai chez mon nouvel employeur, histoire de mesurer la température ambiante. Après trois jours passés à développer des applications de gestion pour la paysannerie locale, j'avais suffisamment socialisé avec mes collègues pour payer ma tournée au bar du coin.


– À moi la première fournée de roteuses.


Installée autour d'une grande table ronde, la troupe de joyeux turlurons du code débuta une conversation festive. J'en profitai pour me renseigner sur le contexte social de New Alamo.


– Demain commence le week-end. Quelles sont les attractions locales ?

– Tu es en plein dedans, me répondit Bart, un geek à rouflaquettes.

– Tu veux dire qu'à part soigner sa cirrhose du foie, il n'y a rien à faire ici ?

– Si ! Tu peux parfaire ta syphilis, répliqua Gordon, un autre joyeux drille. Tu as l'embarras du choix côté dames de la nuit. Des Indiennes, des Chinoises, des Noires.

– On se croirait au pays.

– Bienvenue sur Mars, ironisa Magda, une blonde fatiguée au sourire chevalin. Quand les nantis ont décidé de terraformer la planète, ils n'ont pas inclus un nouveau modèle de société. Au contraire, ils ont reproduit ce qui fonctionnait en Amérique. Du sexe, de l'alcool, des jeux télévisés et un costume de bois à la fin.

– Tu t'amuses comment, Magda ?

– Je baise, je bois, je vomis. Pas toujours dans cet ordre.

– Tu le savais en venant ici ?

– Non. Je m'imaginais alors rencontrer un beau fermier, inventer un nouveau type de houblon hydroponique, devenir rapidement millionnaire et me payer une résidence d'été sur Ganymède.

– Tu n'y crois plus ?

– La réalité m'a rattrapée. Les gars se tuent au travail, n'atteignent pas l'âge de la retraite ou terminent minés par la maladie des radiations. Finalement, je suis bien derrière ma console, à péter des zéros et des uns la semaine, en attendant l'étalon du samedi soir, celui qui me fera chanter l'opéra de quatre sous.


Ma pêche aux informations confirma les propos de Magda. À New Alamo, les colons, du roi de la bouture au plus obscur agent du fisc, s'emmerdaient royalement, sans autre porte de sortie qu'une triste mort annoncée. L'espoir n'était pas vraiment de mise dans ce monde rouge et pourtant si gris. Espérer devenait un luxe dès la sortie de l'astroport. Les riches, les puissants, les privilégiés, ne se risquaient pas sur Mars ou alors seulement dans les enceintes blindées des palaces de New Dallas. Le prolétariat se résumait à des cultivateurs d'algues martiennes, à des garçons de ferme encadrés par des métayers à peine mieux payés qu'eux. Lénine n'aurait pas trouvé de public à sa mesure, tellement la population du cru avait érigé sa condition en fatalité, abandonnant le concept de liberté aux vieux poèmes de Walt Whitman, essayant de survivre avec les moyens du bord. Parler de révolution à des travailleurs aigris, à des colons abrutis par leur charge de travail, revenait à pisser dans un violon. Il me fallait tester la dernière piste possible, celle des Indiens, des lointains descendants de Geronimo, s'ils n'étaient pas eux aussi imbibés d'eau de feu.


Le samedi matin, Magda vint me chercher à mon hôtel. Nous avions convenu la veille de faire un tour sur le marché indien, avec mon égérie dans le rôle du guide touristique. Elle rayonnait de mille dents, arborant une combinaison polymère du plus beau vert bavarois. Un taxi nous amena dans la réserve des Navajos. Elle me conduisit d'abord dans une échoppe d'art tribal puis vers la place centrale, dédiée aux artistes locaux. J'admirai les créations de jeunes Indiens versés dans la tradition, de vieux sages rompus à la symbolique chamanique, de rares Blancs dopés au New Age et au peyotl, bref d'un aréopage disparate d'attaqués du bulbe. La clientèle valait également le détour. Des métayers en quête du tapis brodé qui trônerait dans leur salon kitsch, des fonctionnaires fatigués à la recherche d'un second souffle, des adolescents consommateurs de champignons hallucinogènes, des nouveaux arrivants attirés par les dépliants du syndicat d'initiative, tout ce beau monde complétait une mosaïque sociale a priori éloignée du socialisme rampant décrit par l'Agence. Les apparences étant parfois trompeuses, je devais creuser plus profondément, quitte à entamer le manteau planétaire. J'achetai un joli collier de verroterie multicolore pour Magda puis lui proposai habilement qu'on aille s'en jeter un petit dernier dans un estaminet du coin. Elle me gratifia d'un éclat d'incisive et accepta mon offre.


– Les Indiens sont des gens charmants, dis-je en guise d'introduction.

– Oui. Je voulais que tu les voies dans leur réalité, loin des clichés diffusés sur la Terre.

– Ils ont l'air heureux. Leur bonheur semble même communicatif.

– Le marché indien est un peu notre soupape de sécurité, une sorte de retour aux sources, au temps où l'homme était en accord avec la nature.

– Si je comprends bien le topo, d'un côté il y a les dépressifs, ceux dont tu m'as parlé l’autre soir. De l'autre, il y a les Indiens, d'éternels naïfs contents de sculpter des figurines de bois, de danser autour de totems et de vendre des stupéfiants en guise de chamanisme.

– Ce n'est pas le Jardin d’Éden mais l'équilibre tient.

– Jusqu'à quand ? Aucune civilisation ne s'est à ce point enfoncé la tête dans le sable sans réagir.

– Je ne suis pas sociologue. Je me contente de vivre avec ce que Dieu m'a donné. Tu devrais suivre cette voie.

– Je vais avoir du mal. C'est trop étrange pour moi.

– Pourquoi es-tu venu sur Mars ? Tu es né à Memphis, en plein territoire rural, pourtant tu raisonnes comme un gars de la ville. À quel moment as-tu perdu le sens de la Terre ?

– Je ne vais pas te raconter ma vie mais sache que je suis parti très jeune à New York. J'étais sur la route du succès quand est arrivée la tuile. Ces putains de capitalistes m'ont tout pris. Ils m'ont foutu dehors à coups de pompes dans le cul. Tout s'est enchaîné. J'ai perdu mon boulot, ma fiancée, mes amis, mon appartement. La totale.

– Et tu es devenu un dangereux révolutionnaire. Le gouvernement t'a poursuivi pendant des années, sur les cinq continents, à travers les sept mers. Fatigué de fuir, tu t'es exilé sur Mars, muni d'une fausse identité fournie par tes potes insurgés. Tu vas maintenant pousser le peuple martien à se libérer du joug terrien, à bouter le Grand Capital hors de ses frontières, à s'organiser en kolkhozes et à chanter L'Internationale. C'est ça le pitch ?

– Qu'est-ce que tu ferais si c'était le cas ? Tu me dénoncerais à la police ?

– Que les choses soient claires ! Tu vois du rouge là où il n'y a que du gris. Je m'en tape gravement le coquillard de tes opinions politiques. Si tu veux te ridiculiser avec des thèses marxistes-léninistes, fais-toi plaisir. Au mieux, tu deviendras l'illuminé de New Alamo, au pire tu seras expulsé pour trouble à l'ordre public.

– C'est tout ? Je ne risque rien d'autre ?

– À part me lasser, au risque de ne pas terminer avec moi allongé sur un lit, à expérimenter la version martienne du tire-bouchon japonais, je ne vois pas.

– Ce serait dommage de rater ça.


Ma mission s'annonçait plus facile à conclure. Fidèles à leurs élans paranoïaques, les tenants du pouvoir, les champions de la manipulation de masse et du gavage de crâne s'étaient monté le bourrichon en Technicolor. Leur bras armé, l'Agence, avait confondu des gogos déprimés avec de dangereux agitateurs. Pour couronner le tout, un gradé au bras long s'était souvenu de moi, le roi du tour de passe-passe et de l'infiltration. Il avait alors jugé pertinent d'envoyer au casse-pipe un ancien espion devenu indésirable, plutôt qu'un morveux de Langley, un fils à papa formé à West Point. Au pire, je me prenais une balle des dangereux bolcheviques, passant dans la colonne « Pertes » d'une obscure comptabilité militaire. Au mieux, je démantelais un réseau communiste, laissant l'honneur et la gloire aux autorités officielles. Désormais, afin de respecter mon contrat, je devais prouver aux barbouzes terriennes que les populations martiennes restaient inoffensives, en fournissant des éléments tangibles, même s'il fallait en fabriquer de toutes pièces. Après tout, la verroterie, ça ne marchait pas qu'avec les Indiens.


Ma nuit s'avéra conforme aux promesses de Magda, du moins au début. Ma compagne me permit de gagner le tiercé dans l'ordre. Après des ébats olympiques, je m'endormis aux côtés de la reine du triple boucle piqué. Malheureusement, mon cerveau décida de perturber le repos du guerrier. Il afficha des scènes dignes d’Eisenstein, en quatre par trois dans ma boîte crânienne. New Alamo devint le siège d'une insurrection lancée par Taureau Assis et Yawata, rapidement rejointe par Davy Crockett et Buffalo Bill. Les insurgés scandaient des slogans trotskystes, portaient le béret de Che Guevara et brûlaient des effigies de l'Oncle Sam. Magda détruisait des consoles informatiques avec une faucille et un marteau, crachait des zéros et des uns, au son d'une infernale mélodie de Richard Wagner. Le général Mc Cormick me fixait d’un air hagard, comme si j'avais pondu cet holocauste communiste. « Alors, il n'y a pas péril en la demeure ? » me demandait un jeune officier américain aux dents blanches, percé de flèches indiennes. Même les cultures hydroponiques se mêlaient à la fête, étendant leurs tentacules sur l'ensemble de la planète rouge, phagocytant les installations nucléaires, dévorant les sondes environnantes, jouant au ping-pong avec Phobos et Déimos. Mes cellules grises essayaient tant bien que mal de contenir ces images mais des neurones rouges semaient la discorde au milieu des synapses, envoyaient des décharges électriques dans mes muscles faciaux, déclenchaient la zizanie jusque dans mes viscères. Mon foie, en digne seigneur des lieux, reprit les choses en main. Je me levai d'un coup, en funambule somnolent puis vomis sur la carpette.


Le lendemain matin, je me réveillai, seul. Sur la table de chevet, trônait un mot griffonné de la main de Magda. « Tu es vraiment trop nul », disait-il sans ménagement. Je sentis que mon droit de réponse se limitait à la portion congrue. Je décidai de ne pas subir la situation. Si mon cortex cérébral m'avait gratifié d'une séance de cinéma, cela signifiait forcément quelque chose. Je ne pouvais pas avoir perdu mes qualités intuitives pendant mon séjour prolongé sur Pluton, à jouer avec des savonnettes et pratiquer la musculation. J'appelai un taxi. Le chauffeur, un petit Chinois aux faux airs de Lao Tseu, me demanda où je désirais me rendre. Je lui répondis que je n'en savais rien, que je voulais monter en haut de la montagne, franchir la rivière Styx ou rencontrer Le Tout-Puissant.


– J'ai ce qu'il vous faut, me dit-il.

– Faites comme bon vous semble.


Le véhicule démarra. Mon nouveau compagnon d'infortune jugea opportun de taper la causette.


– Vous êtes nouveau ici, monsieur ?

– Oui. Appelez-moi Bobby, ça me fera des vacances.

– D'accord, Bobby. Moi, c’est Ming Li Fu.

– Où allons-nous, Ming Li Fu ?


Le Chinois afficha des airs de Joconde. J'en déduisis qu'il souhaitait me surprendre. Le taxi roula pendant une durée infinie. Le paysage défila sous mes yeux, morne, rouge gris, terreux, déprimant. Ming Li Fu me regarda de temps en temps dans son rétroviseur intérieur. Soudain, il s'arrêta et coupa le moteur.


– Vous êtes arrivé, Bobby.

– Où sommes-nous ?

– La véritable question est : où suis-je ?

– La grammaire a changé depuis hier ?

– Non. Je veux seulement vous mettre en face de votre destin.

– Je ne vois rien. Que de la terre, un ciel laiteux, une lumière blafarde. Un monde pourri.

– Vous préfériez Pluton ?

– Comment saviez-vous que j'étais sur Pluton ?

– Là n'est pas le sujet.

– Si vous le dites.


Ming Li Fu ne précisa pas sa pensée. Il attendit simplement. Deux minutes plus tard, un engin tout-terrain déboula de nulle part. Deux Indiens, un jeune et un vieux, en descendirent. J'eus l'impression de vivre la même scène que dans ma prison sur Pluton. « Encore des chefs à plumes ! » me souffla mon cerveau.


– Vous êtes dans une impasse, Bobby, affirma le vieux. L'Agence vous a envoyé dans un mauvais western, à jouer les curieux pour démasquer un complot d'opérette.

– Merci de me rappeler cette galère, vieil homme ! Qui croirait en la révolution bolchevique sur ce monde peuplé d'ahuris, de bouffeurs de champignons hallucinogènes et d'algues tentaculaires ?

– Personne. Savez-vous pourquoi ?

– Parce que tout indique le contraire. Il n'y a pas d'injustice flagrante, d'inégalités manifestes, de spoliation ou de passe-droits. Les nantis ne viennent presque jamais frimer sur Mars. Ils se contentent de ramasser les dividendes. Le peuple martien se contente de ce que la planète peut lui offrir. Ce n'est certes pas folichon mais il vit avec.

– Pourtant, vous les qualifiez de déprimés.

– Parce que des gusses comme Magda, Bart ou Gordon m'ont dressé un tableau pessimiste. En fait, je m'aperçois que j'en ai plus appris au marché indien.

– Exactement !

– Je rédigerai mon rapport dans ce sens. Avec deux ou trois bidouillages, je devrais concocter un dossier solide. Les paranoïaques de Langley avaleront la couleuvre.

– Où irez-vous, après ?

– Loin d'ici.

– Notre monde peut devenir le vôtre. Pourquoi parcourir l'Univers quand l'essentiel se trouve à portée de main ?

– Pour une raison simple : un western, dans mon esprit de grand enfant, ce sont des coups de revolver, le tonnerre dans la sierra, des Indiens assiégeant des cow-boys, le tout en Technicolor et sur grand écran. Pas un putain de truc zen, un Woodstock rural où l'eau de feu pue la bière et le peyotl. Je préfère encore Pluton.


 
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   Corto   
29/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je trouve ici une sorte de puzzle inversé.
L'auteur choisit savamment des pièces bigarrées et hétéroclites pour réaliser une construction digne du facteur Cheval.

Le tout est assis sur une vague histoire d'espionnage et d'infiltration en milieu ennemi de la Force, avec une cuillerée de sociologie historico-révolutionnaire.

La narration est inventive, agréable à suivre, amusante avec ses références multiples et parfois habilement saugrenues.
Pour les amateurs d'exploration spatiale le tableau risque d'être déprimant, ce qui ne me gêne pas car n'étant pas de cette espèce.

La lecture est finalement plaisante avec un bon brin d'humour.

Merci pour cette aventure.

PS: l'exergue en référence au "Che" complète bien le jusqu’au-boutisme iconoclaste.

   socque   
24/9/2020
Je n'ai pas commenté ce texte en Espace Lecture parce que je ne l'ai pas aimé mais savais aussi ne pas pouvoir être utile à l'auteur ou l'autrice : il ou elle sait très bien ce qu'il fait, l'écriture est sans reproche, la narration bien menée. Vous avez choisi de raconter cette histoire de cette manière et je n'ai pas de piste d'amélioration à proposer.

Le fait qu'il ne se passe pas grand-chose sur Mars ne me gêne guère ; j'ai trouvé l'ensemble un peu languissant mais c'est précisément l'idée, cette mornitude !

Non, ce qui m'a aliéné le texte c'est le ton du narrateur, son désabusement permanent, son côté "j'ai déjà tout vu, rien ne peut m'étonner, la chair est triste hélas et j'ai lu tous les livres". Votre choix encore une fois, et c'est raccord avec l'histoire, mais j'ai lu ça tellement de fois moi aussi, comme votre gars... Lassant.

Je ne comptais pas commenter, mais voyant que votre texte paraît avec un seul commentaire, je me dis que, même si celui-ci vous est désagréable, au moins il vous indique une réaction possible de lecteur. Je trouverais injuste d'évaluer de manière mitigée, correspondant à mon ressenti, un texte dont je perçois par ailleurs les réelles qualités d'écriture et de narration.

   plumette   
25/9/2020
Mars est un copié collé de la planète Terre, au point qu'on n'y trouve des indiens en réserve?

Le ton désabusé de cette histoire ne m'a pas embarquée.

C'est une sorte de parodie d'histoire d'espionnage avec un brin futuriste.

j'ai été surprise que dans les dialogues, tout le monde s'exprime de la même façon, ce qui, si comme moi, on a déjà du mal avec le thème, n'aide pas à maintenir l'intérêt.

D'habitude, j'aime plutôt le fait que tu situes tes histoires aux US, cette fois-ci j'ai eu une petite indigestion de références.

bon, une autre fois sûrement!

   hersen   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Si un jour il y a plan(ète) B, on ne sera pas plus avancé.
Nous recréerons le schéma que nous avons déjà.
C'est ce que je retire de cette nouvelle.

Le ton, dans ce sens, est bien vu (si mon impression est bonne), mais je n'ai pas réussi à être accrochée. Peut-être est-ce à cause de trop de parallélisme, peut-être que les élucubrations de mars, sur Mars, ne m'attire pas beaucoup, je ne sais pas.
Car finalement, on parle ici d'un endroit comme il y en a tant sur terre, un endroit de gagne-petit qui sont déjà bien content d'avoir ça, et qui ne cherche pas plus loin, où ils verraient ce qu'ils savent déjà, c'est à dire à engraisser des déjà gros qui se goinfrent des efforts quotidiens des petits.
C'est en ce sens que Mars, ou ailleurs encore, ne m'intéresse pas beaucoup : nous ne ferons qu'y transporter notre échec sur Terre.

En tant que fond, c'est intéressant, en tant que forme, c'est trop décalé, ou tout simplement trop terriblement pessimiste.
La révolution ? Tout le monde peut dormir sur ses deux oreilles !

Merci de la lecture !

ps : Dans un sens, ça me fait penser à Idiocratie, j'ai eu cette impression à cause du début, je crois, quand on fait sortir un gars, ici de sa cellule, dans le film un gars inintéressant qui fait un boulot inintéressant qui en plus ne sert strictement à rien et on va le parachuter dans une autre époque.

   Quieto   
16/10/2020
Bonjour Donaldo75,

Faites gaffe, Elon Musk a les moyens de vous faire payer votre plagiat !

Eh bien, c’est agréable à lire. J’ai passé un bon moment, du début à la fin, sans jamais m’ennuyer, hormis peut-être au paragraphe relatant le rêve, grand classique un peu trop vu et que j’avais hâte de terminer.

Le tout à une saveur que peut avoir un certain cinéma américain, notamment dans les dialogues humoristiques. Il y a assez d’inventivité dans le style pour conserver l’intérêt du lecteur.

J’aime bien la chute qui, me semble-t-il, contient la critique primaire faite aux aspirations écologistes, celle d’une perspective rétrograde et rébarbative, austère plutôt que sobre, figée plutôt qu’imaginative, contraignante plutôt que libératrice.

« planète rouge anémique » -> si même avec tout le fer qu’il y a sur mars et qui lui donne sa couleur, on ne peut échapper à l’anémie, c’est à désespérer de tout

   Donaldo75   
18/10/2020


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