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Fantastique/Merveilleux
Donaldo75 : Hors de contrôle
 Publié le 02/11/20  -  11 commentaires  -  7151 caractères  -  64 lectures    Autres textes du même auteur

Pas besoin d'une éducation
Pas besoin de contrôle mental
Pas d'humiliation en classe
Profs, foutez la paix aux gamins.

(Roger Waters - 1979)


Hors de contrôle


Monsieur Perrier, le professeur de mathématiques, traçait un cercle parfait à la craie blanche sur le tableau noir de la salle 102. Les élèves de la classe de troisième A ne disaient pas un mot, comme s’ils étaient hypnotisés, tombés sous le charme de la figure géométrique dessinée avec dextérité par un magicien en blouse blanche. Une fois son cérémonial terminé dans un silence de cathédrale, l’enseignant se retourna et fixa le dernier rang tel un chanteur d’opéra italien dans un concert en plein air. Il semblait vraiment fier de lui. Du haut de ses quarante ans, avec son embonpoint naissant et sa fine moustache, il aimait se donner un air de mousquetaire, un hybride d’Athos et Aramis. Comme à son habitude, dans le souci d’affirmer son autorité sur la trentaine d’adolescents assis en face de son bureau, il choisit un élève en particulier, sa tête de Turc préférée, un petit rouquin bedonnant.


– Duperray, pouvez-vous nous dire ce que j’ai dessiné ?

– Un cercle, monsieur.

– Qu’est-ce qu’un cercle en géométrie euclidienne ?

– C’est un rond.

– Voyez-vous ça ! Un rond, rien que ça. Combien de synonymes allez-vous me sortir, Duperray ?


Personne ne rit à la remarque de monsieur Perrier. L’élève Duperray lui-même ne rougit pas, contrairement à son habitude dans une telle situation. Devant ce manque de réaction, le professeur de mathématiques regarda attentivement sa victime du jour. Pour lui, le jeune Raymond Duperray n’avait pas changé ; il ressemblait toujours à un rôti de porc mal ficelé comme avait coutume de le répéter mademoiselle Delahaye, la nouvelle arrivante en charge des cours de sport. Des adolescents de ce genre, partis perdants dès le jour de leur naissance, il en avait vu passer des centaines. Ils ne comprenaient rien à rien. Jamais.


– Dois-je répéter ma question, Duperray ?

– Non, monsieur, je crois l’avoir bien comprise.

– Alors, j’attends.

– Un cercle, c’est un anneau, un collier, le bout de la laisse.


Monsieur Perrier sursauta. Il n’avait pas prévu une telle réponse, surtout de la part d’un adolescent mal dégrossi. Il tenta de conserver son emprise sur la classe.


– D’où vous sort une idée aussi saugrenue, Duperray ?

– Je ne sais pas, monsieur, ça m’est venu comme ça.

– Je suis curieux d’entendre la suite. Que vous raconte votre petit cerveau ?

– La laisse va craquer. Le collier n’est plus assez résistant. Il a fait son temps.

– Qui tient ladite laisse ?

– Vous, monsieur.

– Qui est prisonnier dudit cercle ?

– Nous, monsieur.


L’enseignant remarqua un mouvement inhabituel dans la salle de classe. Tous les élèves avaient fermé leur cahier et posé leur stylo. Ils regardaient dorénavant leur camarade avec une étrange intensité, un air de fièvre. Monsieur Perrier décida de remettre de l’ordre dans son cours de mathématiques.


– C’est bon, Duperray, nous n’allons pas passer l’heure sur votre histoire de laisse. Asseyez-vous !

– Vous aussi êtes pris dans un collier, monsieur.

– Sans blague ! Et qui tient la bride ?


L’adolescent leva les yeux sur son professeur. Le reste de la classe en fit autant. Trente paires d’yeux fixaient désormais le représentant de l’autorité scolaire, un professeur peu habitué à mater des insurrections ou à contourner des barricades.


– Des gens placés au-dessus de vous, monsieur.

– Qui vous permet une telle insolence, Duperray ?

– Vous, monsieur.

– Comment ça ? Jamais je ne vous ai encouragé à sortir de telles balivernes sur la géométrie euclidienne. Vous êtes là pour apprendre les mathématiques modernes, point barre et fin de la discussion !

– Nous raisonnons par nous-mêmes, monsieur.

– Vous, Raymond Duperray, un petit gros rouquin fils de cuisinier ? Vous terminerez au mieux comme votre père, à récurer des casseroles, à couper des patates en quartiers et à servir la soupe au vieux de la maison de retraite du coin.

– Pas lui, nous, répliqua d’une seule voix l’ensemble des élèves.


Le jeune Duperray quitta alors sa place, bientôt suivi par ses camarades de classe. La trentaine d’individus se dirigea comme un seul homme vers la sortie, devant un monsieur Perrier atterré. Ils rejoignirent d’autres cohortes de collégiens, sorties des salles avoisinantes. Les professeurs, effarés, n’osaient pas les rappeler à l’ordre. Ils semblaient tétanisés par la foule grandissante, silencieuse, par les dizaines de paires d’yeux fiévreux dirigés par un invisible leader vers un ailleurs inconnu. Après une bonne dizaine de minutes, l’enseignant reprit ses esprits. Il sortit à son tour puis se rua dans les quartiers du directeur. Ce dernier, un quinquagénaire à l’air peu commode, était en pleine discussion avec d’autres de ses collègues.


– Il faut appeler la police, dit-il au chef d’établissement.

– C’est fait. Ils arrivent quand ils peuvent.

– Comment ça ? Ils sont à ce point occupés ?

– Oui, vous n’avez pas idée. Tous les collèges et lycées de la ville connaissent le même phénomène. Quelques écoles primaires sont touchées également. Nous avons des centaines d’enfants dans les rues.

– Heureusement qu’il n’y a pas d’université, sinon ils nous referaient Mai 68, ironisa monsieur Laforêt, un vieux professeur de français et de latin.

– Que comptent-ils faire ?

– Personne ne le sait. Ils n’ont pas répondu à mes ordres, à mes questions, à rien en fait. On dirait des fourmis suivant leur instinct et parties en direction de la fourmilière.


Madame Crozatier, la doyenne des cours d’histoire, décida de pimenter la discussion.


– C’est ce que nous voulions de toutes les manières. En faire de braves petits robots, des singes savants appliqués à réciter des tables de multiplication, des déclinaisons latines et des verbes irréguliers sans comprendre le sens de la vie.

– Ils disent que le cercle c’est un rond, un collier au bout d’une laisse, gémit monsieur Perrier. C’est du grand n’importe quoi !

– Dans mon cours, ils ont osé comparer l’orthographe à une vaste prison, la grammaire à un champ de mines et le génitif romain à de l’esclavage, pleurnicha monsieur Laforêt.

– Nous sommes arrivés au bout de leur éducation, répondit madame Crozatier. Ils n’en ont plus besoin. Ils me l’ont dit tout net, juste avant de sortir tous ensemble de la classe.

– Où va-t-on, je vous le demande ? C’est le début de l’anarchie si on les laisse faire, déclara monsieur Perrier d’un ton solennel.

– Ou de la liberté, soupira le directeur. N’est-ce pas ce dont nous rêvons tous sans oser la réclamer.


Monsieur Perrier haussa les épaules en signe de mécontentement devant cette réponse trop évasive à son goût, un manque flagrant d’autorité de son supérieur hiérarchique dont il n’avait jamais cautionné les principes laxistes. Son collègue Laforêt commença à bougonner des phrases incompréhensibles sur la révolution bolchevique venue détourner ses chères petites têtes blondes de la France éternelle. Madame Crozatier se mit à rire sans raison. En guise de conclusion, le chef d’établissement déclara la séance levée et congédia les trois enseignants, invoquant la procédure en vigueur dans tous les collèges de France et de Navarre, forcément efficace quand les choses ne tournaient plus rond.


 
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   Alfin   
1/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très belle nouvelle, un inconscient collectif de rébellion qui passe dans la conscience de façon simultanée chez tous les élèves du monde... Beau programme pour commencer une grande histoire... où est la suite ?
Alfin en EL

   plumette   
2/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
je pense avoir été "trompée" au départ à cause de la catégorie choisie pour ce texte qui s'oriente assez vitre vers le fantastique.
je n'ai pas tout aimé, en particulier l'aspect caricatural des personnages même si j'ai compris dans un second temps que cela servait l'idée de la révolte généralisée.

mais j'ai beaucoup aimé que cette cohorte de collégiens dénonce l'ordre établi tout en étant soumise à un autre ordre dont on ne sait pas d'où il vient, ni quels sont ses objectifs.

un texte qui joue avec l'étrangeté et qui m'a bien intéressée.

Plumette

   Robot   
2/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Aprés lecture je suis un peu surpris par la catégorie choisie. A moins qu'il s'agisse d'un clin d'oeil surréaliste.

Par contre je me suis régalé de la lecture de cette histoire qui pose la question de la réflexion en milieu scolaire. J'ai connu il y a 60 ans des enseignants de l'acabit de mr Perrier désarçonnés quand leur propre structure mentale ne correspondait pas à la logique de leurs élèves au point de s'enfermer dans l'autoritarisme pour ne pas subir la contestation.
Bien sûr ici le trait est grossi mais il me semble que c'est pour mieux interpeller le lecteur.

J'ajoute que j'ai connu aussi, et surtout, des profs qui savaient sortir de leur cours et descendre de leur chaire pour poursuivre une réflexion spontanée avec leurs potaches.

Je viens de lire la lettre de Jaurès aux enseignants, il y a aussi matière à réflexion et peut être même à désaccord sur certains points. Mais il reste ce point de vue sur l'enseignement destiné à porter chacun vers le libre arbitre, la tolérance et le respect des différences.

   Charivari   
2/11/2020
Salut.
tiens, pour introduire, je te raconte une petite anecdote, c'est du vécu d'enseignant, et il n'y a pas longtemps.
MOI /prof de français FLE): la prochaine session on fera un peu d'exercices de discrimination auditive, pour reconnaître les sons du Français
UN ÉLEVE : M'sieur, la discrimination c'est pas bien.
MOI: oui mais là, on ne fait pas de discrimination sur les personnes, juste sur les sons. Il s'agit de séparer les sons du Français, on appelle ça "discrimination auditive" ou "ségrégation auditive".
l'ÉLÈVE: La ségrégation c'est pas bien. Je ne veux pas faire cet exercice.
MOI: allons, allons, il s'agit juste de reconnaître les sons EU et É, rien d'autre, je t'assure. En musique aussi il y a des exercices de discrimination auditive, pour reconnaître chaque instrument, écouter juste les violons et séparer leur mélodie du son du tambour, par exemple.
L''ÉLÈVE : Ben moi, j'aime bien les tambours, je ne sais pas pourquoi vous les discriminez, monsieur.


Bref. Le début de votre texte est vraiment très sympa, dynamique, le prof et la situation bien croqués, le dialogue sur ce qu'est un rond m'a fait penser à Prévert ou à "la leçon" de Ionesco.

Hélas, je trovue que la suite n'est pas à la hauteur. Trop prévisible, trop manichéen et trop facile à mon goût. Disons que lorsqu'on nous parle à la fois de "ils vont refaire 68" et d'un prof de latin, j'ai un peu de mal à savoir à quelle époque on se situe, parce que les profs ressemblent plus à des caricatures des années 50/60 qu'à des profs actuels. l'éducation a tout de même beuacoup changé depuis... Peut-être pas les attitudes, le ofnd du problème peut éventuellement rester le même, mais si le choix est de s'inscrire dans le contexte actuel, comme nous le montre la remarque sur mai 68, l'effet tombe un peu.

En réalité, j'aurais préféré quelque chose de plus surréaliste, de plus poétique, plutôt que cette rébellion générale qui reste un peu floue et perd de sa truculence. Cela vous aurait rapproché de la catégorie choisie, "fantastique/merveilleux" et peut-être vous aurait permis de continuer sur la lancée brillante qu'augurait le début.

Au plaisir de vous lire.

   Ombhre   
2/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Donaldo,

un beau texte, plein d'ironie et de cet humour souvent mordant que tu manies si bien. Et parlant d'une salutaire révolte non violente, en ces temps de folie et de bourrage de crâne.
J'ai beaucoup aimé cette brève parabole qui se lie avec beaucoup de facilité, qui coule avec une fausse légèreté (et c'est si difficile àfaire) évoquant un Prévert devenu caricaturiste. Beaucoup de tendresse s'en dégage, et l'idée, volontairement inachevée de ces élèves qui partent vers on ne sait quoi... Excellent.
Merci pour le partage.
Ombhre

   Dugenou   
2/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Donaldo75,

Étrange texte. Les profs ont plus de ressemblance avec le surveillant dans le Petit Nicolas, Le Bouillon, qu'avec les vrais enseignants ; cette soudaine volonté collective des élèves fait penser à un film fantastique dans lequel les enfants sont les premières victimes d'aliens les possédants, le titre m'échappe, et la chanson de pink floyd en exergue semble le seul prétexte du tout.

À se demander si tu n'a pas la volonté de te moquer gentiment des Oniriens qui ont la sécurité de l'emploi...

Dugenou.

   hersen   
3/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Quitter en masse un endroit pour se diriger en masse vers un autre... La nasse sans doute se refermera plus sûrement, mais avec une impression d'un "autre chose"... donc de liberté, d'un libre arbitre conditionné... à autre chose.

Je suis plus intéressée, dans la nouvelle, par les élèves que par les profs, mais ce sont ces derniers qui sont le plus développés. J'ai quelque difficulté à adhérer, car c'est assez caricatural. je pense qu'il y a plus de subtilité dans le corps enseignant (je veux en tout cas le croire).
Une prof admet que de toute façon, on leur enseigne à être des robots. Mais peut-être les élèves le sont-ils déjà, à suivre comme un seul homme une route (dont on ne sait rien, ce qui donne à la nouvelle sont piment et ses possibilités diverses)

Une nouvelle qui reste un peu dans l'étrange, tout en étant parmi des profs un peu vieillots.

   Quieto   
3/11/2020
Bonjour Donaldo75,

Il m’a fallu, pour apprécier votre texte, le laisser reposer un peu et laisser venir les mêmes sentiments faisant que je n’aime pas la chanson dont il s’inspire. « Ne pas aimer » n’est peut-être pas la formulation la plus adéquate. Disons qu’elle m’a toujours dérangé et que commenter votre texte m’oblige à verbaliser et donc à structurer ce que m’inspirait et m’inspire encore cette chanson.

J’ai pu m’étonner de la coexistence d’enseignants aux réactions très différentes et d’une référence à mai 68 paraissant trop lointaine pour le contexte, a priori fort ancien lui aussi, dans lequel il se place. Mais si l’on suppose que le contexte est celui de la chanson, c’est-à-dire 1979, je peux me souvenir que j’étais alors moi-même écolier dans un Collège, que j’y connaissais à la fois des enseignants plus jeunes et progressistes et d’autres plus âgés, derniers représentant de méthodes plus archaïques. Certains avaient sur moi une autorité qu’ils n’imposaient pas et qu’ils ne souhaitaient peut-être même pas, mais qu’ils détenaient par leur savoir et leur intelligence émotionnelle, autorité que je ressens encore aujourd’hui bien après leur décès, tandis que d’autres exerçaient une autorité, beaucoup plus fragile, à coups de règles sur les bouts des doigts. Et onze ans me séparaient alors déjà de 1968. Le contexte de votre texte me parait donc tout à fait vraisemblable, même si sa brièveté le brosse à traits rapides. La forme soignée n’appelle pas de commentaire particulier.

J’ai juste eu un peu de mal à me projeter entièrement dans la situation précise car il se trouve qu’un professeur de mathématiques était précisément l’un des quelques-uns ayant eu sur moi une autorité naturelle que je ne lui aurais jamais contesté – ou était-ce davantage une question d’affection que d’autorité ? – et que la notion de lieu géométrique, dont le cercle est l’un des exemples les plus simples, est une notion qui n’a jamais cessé de m’être utile dans la vie de tous les jours. Mais ceci est un détail.

En quoi donc la chanson et votre texte me dérangent-ils ? Parce que je ne vois pas de différence fondamentale entre la masse indistincte des écoliers quittant le Collège et la masse indistincte qu’ils formaient préalablement en s’y trouvant assis. Admettons que Dupperay ait acquis la capacité de remise en question nécessaire lui permettant de réfléchir par lui-même, et tant mieux si c’est l’école qui le lui a permis, quand bien même ce serait par la révolte face à des attitudes inacceptables pour lui. Mais qu’en est-il des autres écoliers ? Ne font-ils que suivre un leader ? Votre texte semble d’ailleurs aller dans ce sens (« L’adolescent leva les yeux sur son professeur. Le reste de la classe en fit autant. » / « Le jeune Duperray quitta alors sa place, bientôt suivi par ses camarades de classe. La trentaine d’individus se dirigea comme un seul homme vers la sortie […] » / « Ils rejoignirent d’autres cohortes de collégiens […] »). « Comme un seul homme » et « cohortes » sont des formulations qui laissent peu de place au doute. La cohorte n’est-elle pas un corps d’armée répondant à l’autorité d’une hiérarchie militaire, archaïque qui plus est ? Plus loin, il est écrit explicitement « […] les dizaines de paires d’yeux fiévreux dirigés par un invisible leader vers un ailleurs inconnu ». L’adjectif « invisible » ajoute d’ailleurs un élément nouveau : l’action devient indépendante du leader l’ayant fait naître, mais ne poursuit par pour autant un but précis (« un ailleurs inconnu »). La révolte pour elle-même semble être l’unique motif de l’action. Qu’en adviendra-t-il ?

Votre texte laisse beaucoup de place à la réflexion du lecteur, réflexion née d’un certain malaise, mais se montre déjà beaucoup plus explicite que la chanson dont il s’inspire.

   SaulBerenson   
9/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ah l'école !..chef lieu de toutes injustices qui nous préparent à cette société si imparfaite qu'il faut bien cette institution à nous y préparer.
Chacun d'entre nous aura sûrement reconnu les personnages de cette nouvelle qui, invariablement, peuplent les classes de notre enfance-adolescence.
Ayant parfois été le Duperray de certains profs à une époque où les adultes avaient toujours raison, je pourrais vous narrer des pages du cette acabit, mais si loin de la même apogée que je vous en ferai grâce.

J'aime ce texte bien écrit. Peut être le dernier paragraphe est-il de trop. Faisant basculer une concevable jacquerie collégienne en une pure fiction, il enlève au récit un peu de sa force.

   Lulu   
28/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Donaldo,

J'aime bien l'atmosphère de ce texte qui nous entraîne peu à peu vers quelque environnement fantastique.

Je me suis d'abord représenté cette histoire en 1979, du fait des mots de Roger Waters, que je ne connais pas, mais qui aurait sans doute bien dû inspirer certains enseignants que j'ai pu avoir un peu plus tard... Fort heureusement, la majorité de ceux que j'ai eus était éloignée des reproches que l'on pourrait faire à leur encontre.

La nouvelle est bien écrite à mon sens. Je l'ai trouvée simple et claire et interrogeant l'enseignement de façon intéressante.

Le titre est bien vu. Le jeu de mots me semble sympa...

Le début du dialogue m'a fait sourire au moment de la relecture. Ce côté sévère dérisoire du professeur, peut-être condescendant ? Ca donne le ton à la nouvelle, mais ce qui est chouette, c'est que nous entrons dans le fantastique à un moment où on aurait presque oublié la catégorie choisie. C'est donc avec surprise, et en étant agréablement surprise, que j'ai parcouru ces passages où les élèves s'en vont dans la rue.

Là où j'ai été vraiment très étonnée, c'est lorsque le personnage du professeur de maths demande au directeur d'appeler la police. Impression d'étrangeté à ce niveau... juste avant de voir ce que la narration nous réserve une belle hauteur de vue avec l'ensemble des élèves.

La tension dramatique dans ce passage m'a semblé très forte :
"– Nous raisonnons par nous-mêmes, monsieur.

– Vous, Raymond Duperray, un petit gros rouquin fils de cuisinier ? Vous terminerez au mieux comme votre père, à récurer des casseroles, à couper des patates en quartiers et à servir la soupe au vieux de la maison de retraite du coin.

– Pas lui, nous, répliqua d’une seule voix l’ensemble des élèves.


J'ai vraiment l'impression que cette nouvelle s'appuie sur une époque révolue, mais elle interroge aussi sur ce que nous faisons aujourd'hui dans les classes, quelque part... Comment ne pas s'y projeter ?

   Arsinor   
1/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette nouvelle s'arrête là où l'histoire des adolescents commencent, car les vieux n'ont plus grand-chose à dire. C'est là le tour de passe-passe de ce texte, dans sa structure monothématique. Il y a un ton humoristique que je vous envie, du comique léger. L'écriture est transparente, sans lourdeur. Cela dit, ça ne va pas plus loin d'un début.


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