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Policier/Noir/Thriller
Donaldo75 : Jinx
 Publié le 29/09/22  -  18 commentaires  -  8179 caractères  -  73 lectures    Autres textes du même auteur

King Ink strolls into town
he sniffs around
King Ink kicks off his stink-boot
sand and soot and dust and dirt and
he's much bigger than you think

(The Birthday Party)


Jinx


Mon cerveau fatigué ressasse les détails de cette étrange affaire. Je revois les trois morts, des personnes différentes sur tous les points. La première, Éléonore Mercier, une femme mariée et sans histoire, s’est jetée un soir à minuit du septième étage de son petit appartement situé rue de Montreuil dans le onzième arrondissement de Paris. Son époux était absent au moment du drame, parti en province dans un congrès d’experts-comptables. S’il n’y avait eu ce couple de jeunes témoins de la scène, jamais nous n’aurions connu l’heure exacte des faits. L’enquête de proximité n’a rien donné et mes collègues du commissariat de Charonne ont vite classé le cas dans la catégorie suicide. La deuxième victime – appelons-la comme ça parce que je ne crois pas aux coïncidences – est un homme, Samir Borrego, informaticien dans une grande société de services. Il a choisi de se laisser tomber sur les rails du RER B à la station Les Halles. Personne sur le quai ne l’a vu venir, ce qui ne m’étonne pas étant donné la faible empathie qu’ont les Franciliens pour leurs congénères à deux pattes. Par contre, tous les témoignages concordent sur un point : l’heure. Et c’est ce qui m’a mis la puce à l’oreille. Minuit, une fois de plus. Cependant, à l’époque la hiérarchie policière n’a pas jugé bon de lier les deux événements. Les investigations ont conclu à un suicide, une fois de plus. Rien de surprenant dans une population parisienne névrosée, a même déclaré l’un des patrons de l’unité scientifique. Finalement, un gradé plus clairvoyant que les autres a décidé de confier l’affaire à la brigade criminelle quand une jeune femme du nom d’Amélie Robin a eu l’idée saugrenue – je cite là également un de mes collègues dépêché sur les lieux le soir même – de sauter d’un pont au-dessus de la Seine, à minuit pile selon les passants. Encore un suicide, a tout de go décrété l’officier de service, plus soucieux de rentrer dans ses pénates sans réveiller sa femme que de démarrer un authentique travail de policier.


Je revois le commissaire Gontrand m’expliquer pourquoi je dois reprendre le dossier.


– Garnier, c’est votre truc les puzzles ?

– Pas vraiment.

– Eh bien démerdez-vous pour me résoudre ce merdier, parce que ça sent pas bon.


La mauvaise foi, c’est son dada alors autant ne pas le contredire. J’ai donc accepté. En plus, ça me changeait un peu des assassins du dimanche, des ronds-de-cuir psychopathes et des autres empêcheurs de vivre tranquillement son ennui. J’ai donc récupéré la paperasse rédigée dans l’état de l’art administratif par des fonctionnaires surchargés mais soucieux du détail, revu les témoins, procédé à l’enquête de voisinage, j’en passe et des moins glamour. Résultat des courses : trois morts lisses comme des toiles cirées, pas de lien entre les victimes, aucun fait notoire à cent kilomètres à la ronde susceptible de démarrer une corrélation entre mon enquête et des phénomènes même paranormaux. Juste deux femmes et un homme décédés dans Paris, avec comme seul dénominateur commun la qualification de suicide alors que rien dans leur parcours n’indique une propension à ce type de geste irrémédiable. Institutrice en fin de carrière, Éléonore Mercier attendait tranquillement sa retraite à l’école primaire de la rue des Boulets à côté de chez elle. Récemment promu au grade de manager, Samir Borrego prévoyait d’assister à un séminaire international sur l’intelligence artificielle dans la Silicon Valley et d’après ses collègues il s’en réjouissait d’avance. Quant à Amélie Robin, tous la décrivent comme un joyeux pinson, toujours de bonne humeur, heureuse dans ses études et en amour.


J’en ai marre de gigoter dans mon lit. Heureusement, ma femme m’a quitté il y a des années sinon j’aurais droit à des remarques désagréables. D’ailleurs, je crois qu’elle a invoqué cette raison quand elle a fait ses valises. Bref, c’est pas facile, la vie d’un enquêteur dont le métier prend tout l’espace. Je décide alors de me lever et d’aller boire une boisson chaude dans ma minuscule cuisine. J’en profite pour ouvrir la fenêtre ; le ciel parisien est rempli de nuages noirs annonciateurs d’un orage à venir. Je remplis la bouilloire, sors une tasse du placard mural, choisis un sachet de thé noir et le place sur le rebord du récipient. Mes mouvements sont automatiques. Je verse l’eau chaude sur le tout et je prends le petit sablier prévu à cet effet puis le retourne. Dans cinq minutes, selon la notice, le sable gris sera passé de haut en bas et je pourrai déclarer le breuvage conforme. Je profite de ce temps pour regarder la voûte céleste ; les étoiles brillent faiblement et la lune décline son allure anémique dans une lueur pâle. Mon attention se fixe sur un nuage. Il me fait penser à Jinx, mon compagnon d’insomnie quand j’étais encore enfant. Je l’imaginais maléfique et souverain, le pourfendeur de toutes celles et ceux qui me pourrissaient la vie, se moquaient de mes histoires, me traitaient de créature parce que je ne jouais pas comme eux avec un petit camion ou déguisé en chevalier cathare. Des bribes de conversation me reviennent en mémoire.


– Ils ne te méritent pas.

– J’en ai marre d’eux.

– Pourquoi pleures-tu ?

– Je veux être normal.

– N’importe quoi.


Jinx n’avait pas d’yeux ni de bouche. Il était juste vaporeux. Pourtant, côté imagination, il rivalisait largement avec moi. Nous passions la nuit à construire un monde sans princesse à délivrer, sans voiture à conduire avec de petites jambes maigrichonnes, sans appareil dentaire ni tables de multiplication. Je ne me souviens pas exactement de tout mais à la fin je repartais me coucher rassuré. Depuis, je revoyais parfois Jinx au cours d’une de mes enquêtes, souvent sur la scène de crime, à travers les mares de sang ou les restes fumants d’un incendie. Je me disais que Jinx avait mal tourné, qu’il ne protégeait désormais plus les enfants mais punissait les adultes.


Je vérifie le sablier. Le sable gris est encore en haut ; c’est bizarre, j’ai pourtant l’impression d’avoir laissé voguer mes souvenirs plus longtemps que les cinq minutes réglementaires. Tant pis, je m’approche de la fenêtre pour voir si le nuage est toujours dans le coin. Il n’a pas bougé. Par contre, les étoiles et la lune ont perdu de leur maigre éclat. Je pense de nouveau à Jinx. Et s’il avait décidé de s’attaquer à l’univers ? Cette pensée m’effraie un peu ; je me retrouve dans la peau de l’enfant d’avant, de l’innocent qui ne savait pas encore à quel point les êtres humains sont mauvais parfois et peuvent accomplir les actes les plus abominables. Je revois les photos de la morgue où les corps d’Amélie Robin, d’Éléonore Mercier et de Samir Borrego sont allongés, recousus après les examens d’usage, gris et lunaires. Je regarde de nouveau le sablier. Le sable s’écoule très lentement, de manière imperceptible. On dirait Jinx sauf qu’il ne me dit rien. Je décide de le secouer comme si le temps allait s’accélérer en conséquence. Il ne se passe rien. Je le retourne. Toujours rien. Jinx ne s’en laisse pas compter. Il veut me montrer qu’il maîtrise le temps, les étoiles, les planètes et la lune. Je le déteste. J’essaie de lui crier des mots interminables mais aucun son ne sort de ma bouche. Le sable se noircit. Je jette un coup d’œil à la fenêtre. Le nuage est encore là, immuable, haut dans le ciel. Je m’approche de la fenêtre et je scrute le bas avec l’espoir qu’il soit rempli de sable noir. Seul le bitume gris s’affiche sous mes yeux. La rue est vide. J’entends alors une voix dans ma tête.


– Saute !

– Jinx ?

– Saute, je te dis.

– Non !


Je regarde l’horloge murale. Elle m’indique minuit. Je ne veux pas terminer sur une table d’autopsie juste pour faire plaisir à un nuage ou à un sablier maléfique. Amélie Robin, Éléonore Mercier et Samir Borrego méritent que je résolve l’affaire, que je prouve au reste du monde et à leurs proches que Jinx les a sacrifiés pour noircir le sable, le ciel, l’univers et les étoiles, parce qu’il n’aime pas jouer avec un petit camion ou se déguiser en chevalier blanc. Je saisis le sablier, le jette par la fenêtre et avec lui Jinx, mes souvenirs d’enfant, les mares de sang et les traces d’incendie.


 
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   AnnaPanizzi   
1/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Recopie de mon commentaire en Zoutexte 1


Jinx (porte-poisse, chat noir, en anglais)


On est directement plongé dans une atmosphère policière. Ecriture fluide et maîtrisée à je, exposition des meurtres, réflexions personnelles du narrateur, et puis on entre dans le vif du défi avec sa cuisine. J’aime bien les dialogues entre l’enquêteur et son compagnon imaginaire, Jinx et c’est une très bonne idée d’avoir pris l’image de ce sablier qui s’écoule si lentement par rapport au flux des pensées galopantes. Très visuel. L’idée effleurée du suicide et la décision de jeter aux orties, Jinx et les cauchemars d’enfant. Très belle nouvelle solide et compacte, je ressens un/e auteur/e très familier/e avec l’exercice de la short story.

Anna

   Vilmon   
3/9/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Alors la résolution des crimes tient à lancer le sablier en protestation contre Jinx. Un récit policier qui se transforme en histoire fantastique et coup du hasard, le responsable des crimes est lié avec l'enfance de l’enquêteur. Et tous ces sombres commentaires à propos de l’indifférence qui touche toute la société, sauf le personnage du récit.
Désolé, le récit ne m’a pas rejoint, il y a une volonté de faire différent et en même temps un déjà-vu de policier désabusé et épris par son métier. Le déroulement de l’histoire se fait bien, mais soudain tous ces détails à propos de la préparation du thé brise avec le ton plus large et moins précis d’auparavant. Il y a quelque chose d’intéressant, il faut arriver à équilibrer un peu mieux, je crois.

   Ananas   
12/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

C'est court, concis, ça se lit aisément, et quelques formules sont agréables dans la noirceur du sujet "J’en ai marre de gigoter dans mon lit. Heureusement, ma femme m’a quitté il y a des années sinon j’aurais droit à des remarques désagréables. D’ailleurs, je crois qu’elle a invoqué cette raison quand elle a fait ses valises. "

On sent tout au long de l'histoire ce ton, entre fatalisme et volonté, je m'en foutisme et gravité. C'est ce qui m'a accroché en première lecture, lors du défi.

Le titre (Jinx en anglais, c'est la poisse, le chat noir, le chifoumi, ce truc qu'on doit éviter d'invoquer ou de faire tomber pas loin, l'oeil chez les montagnards italiens du nord, la skoumoune, ...) est assez bien trouvé et l'incipit est fait pour me plaire.

L'écriture est fluide, donc, agréable, le point de vue n'est pas surprenant, mais il a l'avantage d'être efficace et bien défendu. Le style est reconnaissable, dont acte, même sans la publication en défi au préalable.

La fin me laisse un goût de trop peu, avide de noirceur que je suis campée sur mes talons de 12...


J'ai apprécié ma lecture, encore, merci pour ce partage.
Ananas, en EL

   Pepito   
29/9/2022
Bonjour Donaldo,

Un texte bien tourné. Quelques expressions, un poil décalées de leurs versions originales, m’ont perturbées : "autres empêcheurs de vivre tranquillement son ennui" "l’état de l’art administratif " "j’en passe et des moins glamour" " cent kilomètres à la ronde" "déclarer le breuvage conforme" "les cinq minutes réglementaires"… Du coup, une bonne trouvaille comme "trois morts lisses comme des toiles cirées" est enterrée sous la masse. Rien de grave.

Le temps mis à l’arrêt est bien rendu. Même si je n’ai pas compris exactement ce que voulait Jinx, j’ai bien aimé la fin. On ne se méfie jamais assez de nos amis imaginaires.

Pepito

PS : le nuage fixe m’a évidemment fait penser à Nope. ^^

   StephTask   
29/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Tout d’abord d’abord quelques remarques de forme : je ne suis pas très fan de « parti dans un congrès ». Je ne suis pas sûr de la formule rentrer dans ses pénates : usuellement on écrit plutôt regagner ses pénates. Après, on peut tolérer ces approximations dans la mesure où Garnier s’exprime dans un monologue, avec son langage. Je suis également surpris par son langage assez direct de flic ( tant pis, c’est pas facile la vie) mêlé à des figures poétiques comme « la lune décline son allure anémique ». Concernant le fond, j’ai bien aimé cette histoire de suicides synchronisés sur l’heure de minuit et qui pourraient être provoqués par une entité paranormale. En revanche, il reste pour moi une part de mystère : si le temps s’arrête pourquoi Garnier peut-il se mouvoir, est-ce juste une illusion ? Après avoir installé une grande tension, l’histoire finit par une reprise de contrôle de Garnier et un happy end, finalement un peu fade avec ce sablier détruit et « l’ensorcellement » qui lui est associé. Mais je dois avouer que j’ai été emporté par l’écriture et par le suspens jusqu’à cette dernière phrase frustrante qui dissipe tout sans vraiment donner de réponse.

   Eskisse   
29/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai bien aimé le basculement ( à partir de : " J'en ai marre de gigoter dans mon lit." ) dans la psyché de cet enquêteur pas comme les autres et dont la frustration liée à la différence serait finalement pour lui à l'origine des morts à répétition ( via le jinx).
J'aime aussi la dimension cosmique que prend l'histoire et le côté contemplatif de Garnier. Comme si on dérivait avec lui dans l'irrationnel et dans les profondeurs de sa névrose.
Il y a l'idée d'une toute puissance, un côté justicier et d'une revanche à prendre sur la vie qui est marquée dans cette échappée du suicide.
L'écriture est fine et maîtrisée.

   wancyrs   
30/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Don,

C'est un texte qui laisse sur la faim. J'aurais bien aimé voir cette énigme résolue, mais bon... J'aime bien l'ambiance posée, les scènes si cinématographiques que j'ai cru voir se dérouler un film devant mes yeux. Et la cerise sur le gâteau c'est la longueur du texte : je l'ai lu en à peine 10 minutes, le temps d'avaler une bouchée de gâteau crème ; peut-être était-ce la saveur du texte qui m'a rendu si glouton, mais aucune accroche véritable d'amont en aval : ça coulait quoi !

Merci pour le partage ! Il ne s'est pas suicidé lui-aussi hein !?

Wan

   plumette   
30/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
je suis toujours admirative de ces textes qui démarrent dans un pur réalisme pour ensuite nous emmener dans une dimension fantastique.

j'aime bien l'ambiance polar et j'ai été étonnée que Garnier soit si pointilleux avec la durée d'infusion de son thé ! Une caractéristique qui donne un effet de réel bienvenu juste avant l'envolée.

Le texte pourrait avoir une suite , proposant la résolution de l'affaire, à nouveau sur le mode réaliste! mais j'avoue que je suis bien en peine de l'imaginer.

J'ai passé un bon moment.

   Cyrill   
30/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Don,
Eh bien ! que voilà une enquête rondement menée et résolue par un enquêteur un peu obsessionnel, un peu désabusé et quêtant, d’avantage que des indices et des preuves standard, les signes venus de ses croyances enfantines. J’ai trouvé attendrissant ces évocations de l’enfance.
La fin est ouverte, selon moi. Voire inaboutie, je ne sais pas trop. Je me suis demandé si par l’intermédiaire de Jinx, le narrateur n’était pas l’auteur de ces pseudo-suicides - cette idée me plaît bien - puisque créateur de son compagnon-chevalier- protecteur. Hypothèse qui semble invalidée par son désir de trouver des preuves plutôt que de se faire suicider par une chimère.
Une écriture fluide, concise, et pour moi une lecture distrayante, merci !

   Angieblue   
30/9/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Et bien, c'est plutôt réussi. l'intrigue est bien posée, ça n'est pas pompeux.
Ensuite, ce qui fait l'originalité de cette nouvelle policière, c'est le personnage insolite Jinx. Il est bien amené en étant à la fois inquiétant et émouvant. Emouvant, car il vient de l'imaginaire de l'enfant qu'a été le narrateur et a ensuite accompagné l'adulte comme un mauvais présage, un symbole du mal.
j'ai trouvé très poétique les passages comme celui-ci :
" Il veut me montrer qu’il maîtrise le temps, les étoiles, les planètes et la lune."
"que je prouve au reste du monde et à leurs proches que Jinx les a sacrifiés pour noircir le sable, le ciel, l’univers et les étoiles, parce qu’il n’aime pas jouer avec un petit camion ou se déguiser en chevalier blanc. "
Bien trouvé aussi l'image du sablier pour symboliser le temps qui se fige et se noircit comme s'il était ensorcelé par Jinx.
La tentation du suicide soufflée par Jinx est également bien amenée et plonge le lecteur dans l''angoisse.
Et enfin, très réussie la chute avec Jinx assimilé au sablier que le narrateur balance par la fenêtre pour mettre fin, en quelque sorte, à la malédiction, et que sa vie, comme le monde, retrouve de la lumière sans la noirceur des crimes.
En somme, c'est vraiment très bien écrit et ça m'a touchée avec la présence de ce Jinx, sorte de fantôme de l'enfance, bouc émissaire, dont la disparition amènera peut-être une délivrance pour le narrateur et le monde. Il y a quelque chose de magique dans tout cela.
Sincèrement bravo! Totale réussite pour moi !

   matcauth   
3/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Don,

j'ai beaucoup aimé la "mise en contexte" de ce texte. L'ambiance Polar est, en peu de mots, posée, et on s'attend alors à poursuivre dans ce thème, dans cette atmosphère (on ne peut pas parler de poncifs, mais plutôt de choses attendues et rassurantes : le policier revenu de tout, la torpeur noire... j'ai été limite déçu de ne pas apprendre que c'était en novembre !).

Et puis soudain, changement de cap total, avec ce côté fantastique mais pas tant que ça.

Ce changement est une surprise, elle renouvelle l’intérêt du lecteur et donne une touche d'originalité.

Et là, étrange, mais l'inconscient de ce même lecteur se trouve un peu déçu de ne pas rester dans la monotonie d'une lecture de polar classique. Oui, c'est assez étrange.


Cela prouve en tous cas que l'ambiance était vraiment bien installée, et que l'écriture est bonne, aboutie, sans mots superflus et qui dépassent. L'ambiance est trop bien installée, au point de ne pas faire accepter au lecteur ce final.

J'ai pensé à la série délirante "Happy!", je ne sais pas pourquoi.

ça reste du bon boulot, et c'est ce que je retiens.

   Andre48   
4/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donald,
Un texte bien écrit. De policier on passe aux difficultés de vivre y compris avec ses congénères. Le nuage fixe observe, attends un acte du héro.
Le sablier se voit attribué le rôle de porte-poisse, un objet ‘chargé’ = un boucan en nouvelle Calédonie («  Ici autrefois, on n’emboucanait pas les gens comme on fait maintenant, c'était une chose qu'on ne faisait pas, on tuait plutôt les gens. » — Michel Naepels, Histoires de terres kanakes ).
Le personnage par cet acte symbolique, décide de mettre fin à ses propres difficultés, pour éviter de sauter sous le regard du nuage qui l’observe, attends…
Merci pour ce texte original.

   Yannblev   
4/10/2022
Bonjour Donaldo,

Une histoire courte et fort bien relatée. Sans superflu et dans une belle fluidité.
On sent d’emblée que le préambule polar est une introduction à autre chose de plus subtil et moins évident, que les macchabées de la minuit sont argumentaires et que le fin mot de l’histoire est d’une autre dimension. A propos de mots, ceux qui sont utilisés et organisés ici sont remarquables par leur simplicité et leur évidence.
Quoi de mieux pour évoquer les vicissitudes du temps qu’un sablier qui ne coule pas ou plus ? Comme si tout ce qui arrive était la faute à « pas d’chance » ? que le « mauvais œil » aille se faire voir, vient toujours un moment où il faut reléguer ce qui tient souvent des contes d’enfant et vous manœuvre dans la, les, marge(s) crues de l’existence.

Merci de l’histoire.

   Elrway   
4/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donaldo75,

Cet enquêteur a du souci à se faire. Cette vague de suicide inexpliquée par l'explicable, mais expliquée par l'inexplicable me fait sourire. Espérons que tous les amis imaginaires du monde ne soient pas comme Jinx.
L'intrigue virant vers le fantastique est bien amenée même si l'on sent la chose venir. L'écriture simple et efficace m'a fait avancer à grandes enjambées jusqu'à la fin.

   vertigo   
3/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est une belle nouvelle policière doté d'une très bonne écriture. J'ai aimé les thème développés du suicide et l'ami imaginaire qui servent bien l'intrigue. Bravo !

   Tadiou   
4/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Donaldo. Je commente après beaucoup d'autres, mais je n'ai lu aucun commentaire avant d'écrire.

Voilà un suspense bien mené, avec beaucoup de charme et de sensibilité, j'allais dire "d'humanité". Au poids de l'évocation d'un enfant qui a souffert de "ne pas être comme les autres" succède l'angoisse de l'apparition de ce double maléfique.
On ne sait d'ailleurs pas ce qui est vrai et ce qui est faux.


J'aime ce "minuit" qui revient en leitmotiv, ce nuage qui ne bouge pas, ce sable et ce sablier plutôt obscurs...

Tout intrigue et interpelle.

L'écriture est délicate et m'a, d'emblée, embarqué. Les mots sont justes et chaque phrase est bien ciselée. Le lecteur peut s'adonner à l'élaboration de multiples images, avec couleurs et ambiances.

La fin est heureuse. On respire !

Ce texte est plein d'empathie pour la gent humaine ce qui n'empêche pas la perception lucide des duretés de la vie parisienne.

Bravo Donaldo et à la prochaine.

Tadiou

   PetitNuage   
5/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je félicite Donaldo pour cette superbe histoire menée de main de maître et ce twist en particulier. On ne s’attend pas à être témoin d'une telle tournure. J'ai grandement apprécié le côté fantastique de ce récit.

Bravo et merci de nous avoir partagé cette histoire !

   Germain   
9/11/2022
 a aimé ce texte 
Pas
La nouvelle commence par une énigme policière, mais la chute a plus à voir avec le fantastique. Mais je trouve cette histoire un peu tirée par les cheveux, comme on dit. Des suicides liés avec l'ancien ami imaginaire de l’enquêteur? Comme par hasard? La seule explication que je vois est que ce policier est lui-même un psychopathe et qu'il est le vrai meurtrier de l'histoire. Il voit Jinx sur les scènes de crime par exemple. Et puis son enfance ou il semblait persécuté...


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