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Sentimental/Romanesque
Donaldo75 : La mer [Sélection GL]
 Publié le 06/08/20  -  14 commentaires  -  5915 caractères  -  70 lectures    Autres textes du même auteur

« La Mer » est une œuvre symphonique du compositeur français Claude Debussy créée le 15 octobre 1905 à Paris par l'Orchestre Lamoureux sous la direction de Camille Chevillard.


La mer [Sélection GL]


La mer, les nuages et le soleil s’offrent à mes yeux dans un tableau coloré, une trilogie romantique digne de William Turner. « Pierre, il est temps de repartir », me rappelle ma sœur Isabelle, ma confidente du moment. Je me retourne et la regarde. Elle me prend la main et me ramène à la voiture. Je lui propose de prendre le volant mais elle refuse, invoquant son envie de conduire. Je suppose qu’elle veut me préserver car je suis fatigué par de longues nuits sans sommeil passées à ressasser l’image de Mathilde, la grande absente du jour.


La route s’égrène monotone et tranquille, entre Deauville et Paris. Isabelle assure une cadence rapide, pressée d’en finir avec sa mission d’infirmière pour son amoureux refroidi de frère. Le prénom de Mathilde me brûle les lèvres et résonne en ostinato dans mon cerveau déprimé.


— Crois-tu au destin, Isabelle ?

— Pas vraiment, Pierre. La vie est faite de bonheurs, de malheurs, de rires et de larmes.

— Comment fais-tu pour tenir, alors ?

— J’ai quatre enfants, un mari, une maison à payer pendant encore vingt ans, des beaux-parents un tantinet commères et un travail prenant. Je n’ai pas le temps de couper les cheveux en quatre.

— Tu es une terrienne, Isabelle. Parfois je t’envie.


Ma sœur ne peut pas comprendre. Enfant, elle organisait ses maisons de poupées en quartiers géométriques, régentait l’univers féerique de son imaginaire avec des lois organiques dignes du Journal officiel et me reprochait souvent de préférer les ronds aux carrés.


Nous approchons de Paris. Je sens l’odeur du macadam, la vibration des rames de métro et le bruissement de la Seine. Isabelle reste concentrée sur la circulation routière devenue orageuse.


— Je pense déménager, quitter cette ville où tout me rappelle Mathilde.

— Tu exagères.

— Pourquoi ?

— Où vas-tu aller ? Ta formation de bibliothécaire ne te permet pas de trouver un nouvel emploi facilement. En plus, tu n’as pas mis assez d’argent de côté pour te payer une année sabbatique. À part la province, je ne vois pas d’endroit pour toi.

— Je me suis renseigné. Il y a des possibilités en Belgique, dans la province de Namur.

— Admettons ! Là où tu pousses le bouchon un peu loin, c’est de décider de lâcher ton existence rangée à cause d’une fille rencontrée il y a moins d’un mois. Elle t’a largué comme une vieille chaussette, je le reconnais, mais ça arrive à beaucoup de gens très bien. Admets-le. Tu n’es pas un cas isolé victime d’un événement remarquable.


Mathilde. Je me souviens de nos débuts passionnés, à parcourir les boutiquiers le long des quais et à discuter des heures durant de nos livres préférés. Nous étions en symbiose naturelle, attentifs aux moindres faits et gestes de chacun, des amants romantiques dans un monde brutal.


La capitale s’affiche enfin, avec ses immeubles de musée et ses voies aérées. Isabelle ne parle plus, déjà occupée à planifier ses lessives, à préparer sa journée de travail et à imaginer des travaux pédagogiques pour son commando en culottes courtes.


— Je ne suis pas une vieille chaussette !

— Pardon ?

— Mathilde ne m’a pas jeté à la poubelle tel un vulgaire appareil défectueux.

— Comment appelles-tu son black-out ? Elle n’a pas voulu te blesser par des explications inutiles. Ses paroles n’entrent plus dans tes oreilles.

— Elle a juste voulu prendre du recul. Nous étions devenus trop proches, trop fusionnels, envahissants l’un pour l’autre.

— Tu l’as dit ! Mathilde en avait marre du pot de colle prénommé Pierre. Vous n’étiez pas encore un couple que déjà tu ne la quittais pas d’un iota.

— Elle aimait ça.


Isabelle se met à rire. Elle a toujours agi de la sorte dès que la discussion devenait compliquée ou source de controverses. Ma sœur et moi sommes différents, à croire que notre génétique s’est emballée après sa naissance, dans un ultime effort de rébellion. Je suis le rêveur et elle la réaliste.


— Tu es susceptible et casse-pieds avec ta manie de chercher midi à quatorze heures, Pierre. Mathilde s’en est aperçue rapidement mais elle a espéré se tromper sur l’épaisseur de ta crasse. Pour te donner le change, elle s’est conformée à tes caprices de chouchou à sa maman. Malheureusement, ça ne dure jamais longtemps. Son désir de liberté l’a emporté sur son amourette.


Tout est dit. Ma sœur en a désormais fini avec la phase diplomatique, préférant sortir l’artillerie lourde. Ses mots me blessent, comme quand nous étions enfants à nous chamailler pour l’attention de nos parents ou les faveurs de nos cousins. Je sais la bataille perdue d’avance tellement elle dispose d’armes efficaces. Son bouclier émotionnel lui permet de repousser les assauts d’un petit frère devenu son cinquième enfant, celui à cacher aux voisins parce qu’il lui fait honte. Mon arsenal s’avère limité, surtout maintenant, à l’âge adulte, quand les larmes de crocodile n’obtiennent plus l’effet escompté. Je préfère me réfugier dans un mutisme de façade.


Nous sommes arrivés en bas de chez moi. J’embrasse Isabelle sans grande conviction. Je suis content de la voir partir. Elle a pollué mon air, avec ses atomes de mauvaise foi et ses molécules de conformisme. Je vais me purifier en pensant à Mathilde, au temps heureux de notre amour éternel, bercé par la divine musique de Claude Debussy, une passion commune. Le monde est trop sale, pétri d’imperfections et de bas compromis, pour terminer mon week-end sur les derniers mots de ma sœur.


Je suis assis dans mon salon, à écouter « La Mer » interprétée par l’orchestre de Cleveland. J’imagine Mathilde à mes côtés aux premiers rangs, en train de retenir son souffle quand Pierre Boulez lance la section de cuivres à l’assaut des violons. Je la regarde. Elle est magnifique dans sa robe de soirée, avec sa longue chevelure blonde et ses immenses yeux bleus. Je l’aime. La musique nous emporte dans des notes grandioses. Son flot balaie la toile de mes illusions perdues.


 
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   ANIMAL   
14/7/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est une très jolie nouvelle, très bien écrite, intéressante par l'opposition de caractères entre frère et soeur.

A part cela, je dois dire que je me suis demandé à la fin "et alors ?".

Pas de chute, puisqu'on ne sait pas pourquoi Mathilde a quitté Pierre. Elle ne donne plus de nouvelles, soit, mais ce "blackout" n'est en rien expliqué. Et si elle avait eu un accident, par exemple ou avait été kidnappée... ? Je m'attendais également, peut-être, à la trouver là, attendant le retour de Pierre. Mais non, rien. L'histoire n'a pas avancé d'un iota depuis le début et c'est cela qui me gêne.

Je suis restée sur ma faim. Dommage car le talent d'écriture est là.

   placebo   
19/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Peut-être y a-t-il des références que j'ignore à La Mer ou à Debussy. En l'état, je trouve qu'elle arrive un peu tard dans le texte.

En relisant le texte, j'y vois principalement la confrontation de deux visions, l'une réaliste et l'autre romantique. Mon analyse pousse du côté d'Isabelle, mais elle m'agace un peu et j'aimerais que Pierre ait raison.

Avec Isabelle, je m'étonne que cette discussion n'ait pas eu lieu plus tôt dans le week-end. Surtout au milieu de son emploi du temps chargé qu'elle a réussi à dégager pour son frère (à la dernière minute ?)

Globalement le texte se tient autant pour l'écriture que pour les personnages ou l'histoire, rien à redire.

Bonne continuation,
placebo

   xuanvincent   
21/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai apprécié cette nouvelle... en regrettant simplement qu'elle ne soit pas un peu plus longue !

Le style, celui du récit et des dialogues, bien écrit, m'a plu.
Je note le choix du temps présent pour cette nouvelle toutefois il passe bien.

Je me suis laissée emporter par l'histoire. "La mer", un beau thème !, cadence ce récit, au début jusqu'à la fin du récit.

Bref, je dirais : "une belle nouvelle, d'un auteur qui m'a paru avoir déjà une certaine maturité".

   plumette   
22/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Pierre veut vivre pleinement son chagrin d'amour, sur fond de contemplation et de mélancolie. On sent son besoin de traverser toutes les strates de sa peine et de ses regrets.
Ce qui, pour moi, fait l'intérêt de ce texte, c'est le contraste au sein de cette fratrie. Isabelle, protectrice certes ( elle vient tout de même chercher son frère "déprimé") est pragmatique, expéditive et peu à l'écoute.
Ce qui m'a aussi intéressée, c'est de ne pas donner tout à fait tord à Isabelle, bien que ce personnage ne soit pas très sympathique!
voilà pour le fond.
Pour la forme, j'ai trouvé les dialogues trop écrits, pas assez oralisés me semble-t-il pour être crédibles.

En peu de lignes, vous avez cependant su faire exister ces deux caractères et m'attacher à vos personnages.

   IsaD   
6/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Donaldo75

Votre texte, bien écrit au demeurant, m'a laissée sur ma faim.

Sur la forme donc, rien à redire.

Sur le fond, cette chère Isabelle (pourquoi Isabelle ? je rassure les lecteurs, elles ne sont pas toutes ainsi. :)) m'a passablement agacée. On ne peut pas dire qu'elle fait dans la dentelle. Un peu brute de décoffrage mais peut-être a-t-elle de bonnes raisons.

Il est vrai aussi que le personnage de Pierre m'a semblé un peu mou, limite énervant. Sa dépression me semble excessive pour une relation qui n'a duré qu'un mois. Je suis un peu dubitative à ce niveau là. Me voilà peut-être à juger comme l'Isabelle de votre histoire... Sans doute les feux de la passion l'ont-ils entraîné vers des rivages marécageux d'où il a du mal à s'extraire.

J'aimerais connaître l'intention que vous avez voulu donner à votre nouvelle car, comme Animal, il me semble manquer de pas mal d'éléments pour l'appréhender vraiment.

   hersen   
6/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une nouvelle en parallèle d'une oeuvre musicale.
Ainsi, la vie de Pierre est tranquille, jusqu'à ce qu'une tempête des sens, des sentiments, vienne le réveiller de sa léthargie routinière.

Mais une tempête, ça repart aussi vite que ça arrive.

Et Pierre est en sauvetage par une soeur qui rame pour le ramener à la raison.
Et elle ne réussit qu'à le ramener à la maison, dont il s'empresse de refermer la porte, pour enfin qu'on le laisse tranquille, qu'on le laisse s'immerger dans les profondeurs merveilleuses qu'il a connues avec Mathilde.

Une nouvelle qui dit bien qu'il faut du temps pour remonter la pente.

J'ai trouvé que tu poussais un peu trop le bouchon de la soeur affairée tous azimuts, c'est vrai que c'est très réel, mais d'un autre côté, on comprend vite sa vie et son caractère.
Par contre, j'aurais aimé peut-être que le perso de Pierre soit un peu plus fouillé. j'aime bien la fin, mais il manque (à mon sens et je sais que tu as horreur des commentateurs qui viennent te gonfler avec, fallait dire ceci, cela, comme ci, comme ça... :)) il manque, donc, un minuscule indice qui donnerait à penser que Pierre aura un choix, du déni ou de l'acceptation de ces fameuses illusions perdues.

Ceci dit, je vais arrêter là mon com, et Pierre va se débrouiller, sans doute très bien, pour poursuivre sa vie affective. Après un peu de temps...

merci de la lecture !

   Corto   
6/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donaldo75,

Voilà un épisode rondement mené.
La présentation des deux personnages est bien construite, Isabelle qui préfère les carrés tandis que Pierre préfère les ronds. Catégoriser ainsi ces deux personnages est une belle trouvaille.

Les événements comme les sensations sont d'une grande simplicité même dans les détails "Je sens l’odeur du macadam, la vibration des rames de métro et le bruissement de la Seine." Le lecteur est embarqué juste à côté du frère et de la sœur.
Le dialogue en forme de passe d'armes est convaincant.

Côté final la plongée dans la rêverie en écoutant "La Mer" m’apparaît un peu légère. Une surprise telle qu'une apparition de Mathilde ou même un coup de téléphone, (doucereux ou orageux ?) m'aurait paru plus conséquent.

C'est en tout cas un bon moment de lecture. Merci.

   Hananke   
6/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir

Pas fan du tout de la musique de Debussy, j'en aime pourtant bien
cette nouvelle où la rêverie se confond à la réalité dure et rigide.

Oui, un frère, une soeur, aussi différents, fréquentent deux mondes
parallèles, qui, pourtant, ne les empêchent pas de se rencontrer.
Mais quatre marmots font vite retomber sur Terre les velléités
d'envol de la rêverie.
Le contraste est bien décrit entre les deux protagonistes et l'autre,
l'amour feu de paille, qui laisse derrière elle une terre brûlée.

C'est bien écrit, peut-être sans surprises mais l'ensemble
tient la route, n'est pas trop long et se lit avec plaisir.

   Anonyme   
6/8/2020
Bonjour Donaldo,

J'avoue ne pas saisir l'intérêt purement anecdotique de cette "nouvelle" qui n'en est pas une et dont le ressort dramatique n’est pas suffisamment dense pour m'emporter dans sa lecture ; la narration assez linéaire n'apporte vraiment rien et ne suscite que peu d'intérêt.

Entendons-nous, en ce qui concerne la qualité rédactionnelle c'est impeccable et il n'y a rien de vraiment dérangeant mais je ne trouve aucun intérêt (oui c'est une redite) à ce qui est raconté ici.

J'étais parti avec un a priori positif à cause du thème de La mer de Debussy qui est une composition que j'aime énormément (je dis ça juste pour masquer le fait que je n'en connaisse pas beaucoup d'autres de lui en fait!) bref, ça me donnait envie de m'installer dans cette lecture et de voyager un peu.

Je suis revenu de Deauville aux côtés d'une sœur mal embouchée qui visiblement en sait plus sur la relation de son narrateur de frère que lui-même, bref, j'ai connu des retours de Normandie plus jouissifs mais passons ! On a là l'image d'une confidente parfaite !

La fin n'en est pas une mais ce n'est pas non plus une ouverture sur autre chose et c'est bien dommage.

Bref, j'ai lu une anecdote ssez conventionnelle sur un mec largué comme ça peut arriver tous les jours sans la moindre touche d'originalité dans cette narration. C'est plat !

Si Mathilde revient j'espère qu'elle aura gagné un peu d'épaisseur parce que je me demande encore ce qu'elle a d'intéressant en dehors d'être en symbiose avec son bibliothécaire d'amant et qui pourrait me donner envie de la regretter à moi aussi !

A une prochaine fois j'en suis sûr.

   Bossman   
7/8/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
J’ai un peu l'impression d'avoir perdu mon temps à lire cette nouvelle. J'en aime pourtant le style léger et sensible. L'histoire de ce personnage m'est assez familière. Qui n'a pas connu cet enfermement à la fois délicieux et douloureux dans l'illusion pourtant perdue de l'amour idéal. Ce qui serait drôle, ce serait par exemple une chute ou la nostalgie serait un état proche de l'insanité. Ou toute chose qui pourrait nous surprendre davantage qu'une chute trop bien connue de l'espèce humaine.

-Mais enfin Pierre, cela fait déjà dix-huit ans qu'elle t'a quitté ! Il serait temps de tourner la page.
- Quoi ? Déjà ? Mais...

   solo974   
18/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Don,
J'aime beaucoup ta nouvelle.
Les caractères opposés d'Isabelle et de Pierre sont très bien dépeints à travers les dialogues, comme ici :
— Pas vraiment, Pierre. La vie est faite de bonheurs, de malheurs, de rires et de larmes.
— Tu es une terrienne, Isabelle. Parfois je t’envie.
J'ai aussi apprécié l'usage du présent de narration, qui favorise l'identification du lecteur et lui permet de vivre ton récit comme en temps réel.
La chute m'a également beaucoup plu, car le narrateur ne renonce pas à son amour - pourtant devenu illusoire - pour Mathilde, quitte à en souffrir.
Bravo à toi et merci pour le partage !

   Yannblev   
29/8/2020
Bonjour Donaldo

On prend un certain plaisir à cette écriture convaincante. Mais justement cette forme léchée qui laisse deviner une sensibilité particulière nous donnerait peut-être envie d’en savoir davantage sur les sentiments et ressentiments du héros a priori déchiré XXL par une relation qu’on peut qualifier de très éphémère même si de telles aventures, si brèves soient-elles, ne sont pas toujours celles qui font le moins souffrir.
Le tempérament décrit « cash » de la sœur pragmatique et toujours la tête dans le volant (qu’elle ne veut pas lâcher) cherche a priori à mettre en évidence, par opposition essentiellement, celui beaucoup moins intense, plus sentimental et doux- rêveur du frangin.

On craint un peu au final que La Mer où il choisit de s’embarquer dans les moments difficiles ne le ramène pas aisément pieds sur terre quand il le faudra… mais ce qui me dérange un peu c’est qu’on n’arrive pas vraiment à partager l’ampleur de sa déconvenue, on le laisse volontiers avec Debussy sans se demander ce qui va suivre.

merci pour ce moment.

   Gouelan   
29/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Don,

La mer est calme dans cette nouvelle. Il ne s'y passe pas grand chose. On imagine bien le retour en voiture, la vie vide de l'un comme de l'autre finalement. L'une trop pleine de vide, l'autre trop vide de trop.
On devine bien le caractère de Pierre. Je le trouve égoïste à s'enfermer dans sa déprime pour une relation si éphémère. Apparemment c'est un être trop sensible, plutôt envahissant et ne laissant aucun espace à l'autre pour respirer.
Il est "trop"en tout.

Cette histoire manque de densité, n'accroche pas vraiment, ne flotte pas longtemps sur le flot de la mémoire. Elle me fait penser au genre de film qui passent sur Arte ; des scènes de vies fades mais sans fards. Pas de héros. Elles nous émeuvent par leur justesse, sans nous retenir. Elles nous agacent car elles reflètent nos vies sans surprises, conformes au plus grand nombre, sans couleurs.

Merci pour le partage.

   Lulu   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Donaldo,

J'ai bien aimé cette nouvelle dont j'ai d'abord apprécié l'exergue et qui a retenu mon attention quelque temps, comme le titre, avant d'entrer vraiment dans la lecture du récit. Pourtant, et ainsi, je ne saurais dire si je connais ou non cette partie de l'oeuvre de Debussy... Peut-être.

La première phrase du récit a aussi marqué mon attention. L'image d'une trilogie m'a semblé intéressante et aussi belle en soi, après coup, pour cette histoire qui va à la fois un peu dans cette impression de flottement du personnage rêveur qui ne perd pas tout à fait pied avec la réalité puisqu'un autre personnage, sa soeur, lui fait encore entrevoir son côté terrien.

J'ai apprécié que cette nouvelle soit courte car cela a permis de bien rendre compte d'une impression de flou dans le personnage principal qu'un récit plus fouillé aurait peut-être rendu lourd.

J'ai bien aimé cette forme de dualité frère-soeur qui semble être un équilibre en soi, comme une balance encore en mouvement qui ne s'est pas stabilisé sur un horizon qu'on pourrait imaginer tranquille pour l'un et l'autre des deux personnages.

Mais la chute (nous sommes au cœur d'une nouvelle) nous entraîne, nous lecteurs, vers les choix de chacun (une certaine liberté est ainsi exprimée) et si cela me semble peu réaliste pour le côté rêveur de Pierre, au final, j'ai trouvé cela fort intéressant de découvrir un tel état d'esprit romanesque.

Bravo pour le côté court, car c'est pour partie ce qui fait de cette nouvelle son efficacité.


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