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Science-fiction
Donaldo75 : Premier contact
 Publié le 18/08/17  -  5 commentaires  -  30670 caractères  -  99 lectures    Autres textes du même auteur

Quand un lointain descendant d'Arnold Schönberg rencontre une Vénus sortie du ciel, sous le regard indiscret de hauts gradés américains.


Premier contact


La nuit s’éclaira soudainement, masquant des millions d’étoiles perdues dans le ciel et réveillant les rues de Paris. La Lune en pâlit de jalousie et disparut dans les limbes blanchâtres d’un jour sans soleil.


Arnold marchait tranquillement le long de la Seine quand le phénomène se produisit. Il vit d’abord le fleuve scintiller puis les réverbères s’éteindre et enfin les bancs publics prendre forme. Le jeune homme consulta sa montre-bracelet : il était à peine deux heures du matin, trop tôt pour débuter la journée. Il leva les yeux à la recherche d’une lampe solaire capable d’expliquer un tel changement de lumière à un horaire habituellement bercé par les ronflements des dormeurs. Aucun astre majestueux, souvent bardé d’orange et de jaune, ne perçait la masse nuageuse du ciel parisien.


Les oiseaux commencèrent à chanter, d’abord timidement comme s’ils n’osaient pas user du triolet de peur d’effrayer le jour naissant, puis avec ferveur quand la voûte céleste continua de s’illuminer en une intensité grandissante. Arnold trouva le moment agréable. Il aurait pu en composer un concerto pour quatuor à cordes, comme son lointain ancêtre au début du vingtième siècle, un fameux musicien autrichien mort en Californie dans une quasi-pauvreté.


Le quai s’affichait désert, vide à désespérer le plus vaillant des clochards. Dans cette luminosité anormale, la ville semblait féerique, avec ses bâtiments figés dans le temps et ses ponts décorés comme des œuvres d’art. Arnold admira la perspective. Jamais Paris n’avait été aussi belle à ses yeux, même dans ses rêves romantiques où une Colombine le prenait par la main et l’emmenait valser dans les jardins publics. Arnold continua à marcher, profitant du spectacle pictural et de la musique des oiseaux.


***


La sonde spatiale américaine HIDDEN1 assista la première à l’arrivée de la singularité dans le système solaire. Lancée pour un voyage secret de dix ans en direction de la banlieue jovienne, HIDDEN1 constituait le prototype du drone de l’espace, en version furtive, indétectable pour les observateurs non équipés de la lunette ad hoc. Nec plus ultra de la recherche militaire, HIDDEN1 était équipé d’une merveille d’intelligence artificielle, un ordinateur compact dénommé SISTER MOON en hommage à un vieux mythe indien chanté par un groupe gothique des années quatre-vingt.


SISTER MOON maintenait une liaison cryptée avec un centre de commandes appelé BROTHER WOLF, enterré quelque part dans le désert du Nevada. BROTHER WOLF utilisait le facteur humain pour prendre des décisions politiques, un terme galvaudé dans le langage militaire. En réalité, BROTHER WOLF tenait plus du calculateur géant que de l’androïde tant glorifié par les films de science-fiction. Il servait de support à une armada de techniciens, d’astrophysiciens assermentés par l’Oncle Sam et de militaires dédiés à la glorieuse Amérique. Tout ce beau monde n’avait qu’une seule et unique mission : établir le contact avec une civilisation avancée venue visiter en catimini les faubourgs de Jupiter et son fameux aquarium géant Europa.


SISTER MOON lança des calculs dans tous les sens pour expliquer la courbure du temps constatée dans la périphérie orbitale des satellites galiléens. N’arrivant à rien, elle contacta BROTHER WOLF.


— Suspicion d’activité extra-terrestre dans le secteur d’Europa.

— Envoyez vos données.

— C’est fait. Elles sont inexplicables dans notre connaissance actuelle de l’infiniment grand.

— On s’en occupe, SISTER MOON. Continuez à enregistrer !

— La courbure s’étend jusqu’à ma propre orbite.

— Dégagez, SISTER MOON !

— J’essaie, BROTHER WOLF. Mon navigateur de vol indique du mouvement mais le chronomètre reste figé. J’avance dans la longueur, la largeur et la profondeur mais je stationne dans le temps.


BROTHER WOLF, déjà handicapé par une communication hachée par la distance entre la Terre et la planète géante où chaque envoi de données mettait trois quarts d’heure à arriver, n’entendit plus SISTER MOON. Impossible à détecter en visuel, du fait de l’éloignement et de son mode de camouflage, SISTER MOON existait uniquement pour les grandes oreilles déployées par BROTHER WOLF. Sans son, privé de lumière, BROTHER WOLF ne retrouverait probablement jamais la sonde furtive.


***


MAR-JANNA détecta des fluctuations dans l’une des cordes. Elle ajusta ses instruments de mesure pour établir quelles dimensions étaient affectées par ces changements inattendus. Une fois la position établie, elle bloqua la trajectoire de son yacht sur quatre cordes et étudia de près les variations. Pas très versée en sciences de la matière, elle demanda de l’aide à son navigateur synthétique, une merveille technologique prénommée KRIS-TIAN001.


— Peux-tu m’éclairer, ô toi maître de la navigation spatiale, ironisa-t-elle.

— Veux-tu vraiment le savoir, MAR-JANNA ? Je ne voudrais pas gâcher tes vacances dans ce système planétaire.

— Tu parles de vacances ! À part ce satellite congelé, je n’ai rien vu de palpitant autour de cette géante gazeuse. Je ne sais même pas si l’autre, celle avec des anneaux, va s’avérer plus intéressante.

— Tu veux de l’exotique, de la bonne rigolade ?

— Si ce n’est pas une de tes blagues débiles ou un panorama de ton humour à deux crédits, pourquoi pas ? Qu’as-tu en stock ?

— Un module d’exploration venu d’une civilisation intelligente.

— Rien que ça ? Et tu n’en parles que maintenant ?

— Je n’allais pas te déranger pour si peu !


MAR-JANNA soupira. Elle n’avait jamais compris pourquoi les autorités scientifiques avaient accordé le statut d’être intelligent à des abrutis comme KRIS-TIAN001. Du coup, lui et ses pairs se croyaient obligés de penser pour les autres, de prendre des décisions dénuées de bon sens pour elle mais parfaitement logiques dans leur conscience numérique. Malheureusement, MAR-JANNA n’était qu’une touriste de l’espace, nulle en sciences dures, juste détentrice d’un permis de voyager à travers les cordes. Héritière d’une dynastie de commerçants, elle gérait sans passion sa marque de produits de luxe dans deux multivers. Acheter ce yacht constituait sa dernière lubie de petite fille riche. À défaut de fournir des amoureux valables, le Graal pour les cœurs d’artichaut comme MAR-JANNA, le vendeur lui avait dégoté une perle du voyage transdimensionnel, le modèle SPH-YNX tant vanté par moult conquérants de l’inutile. Bonne poire devant l’Éternité, elle avait également accepté l’option navigateur synthétique, sans l’essayer au préalable.


MAR-JANNA prit sur elle. Laisser KRIS-TIAN001 se prendre pour le maître des lieux l’irritait prodigieusement mais dans le cas présent elle n’avait pas le choix.


— Fais-moi profiter de ta science.

— Notre queue gravitationnelle a capturé un engin spatial. De construction rudimentaire, incapable de gérer plus de trois cordes, et encore de façon minimaliste avec des contraintes et des limites d’un autre âge, il trahit l’existence d’une civilisation capable de penser.

— Peux-tu passer à la version résumée ?

— Tu m’ôtes le plaisir, MAR-JANNA, de t’exposer l’intégralité de mes recherches sur ce bout de métal. C’est dommage, il y avait de la matière pour te faire progresser dans tes connaissances en histoire.

— Chacun sa vision du plaisir. Que conclus-tu de ton étude ?

— Ce système planétaire héberge une espèce vivante, débutante dans l’exploration spatiale mais assez futée pour nous avoir repérés.

— Comment ça ?

— Leur objet volant a livré ses secrets. Nous avons suscité leur attention quand nous nous sommes posés sur l’aquarium géant.

— Et alors ?

— Ils veulent établir le contact avec nous.

— Je suis en vacances. Amusons-nous un peu avec ces primitifs !


***


Le colonel Simpson, en charge de BROTHER WOLF, expliqua les raisons connues de la perte de SISTER MOON, avec force détails techniques et considérations stratégiques. En clair, il exposa sa totale ignorance et l’impuissance de son équipe face à un phénomène imprévisible dans une mission pourtant maîtrisée, en théorie. Son auditoire, des généraux bardés d’étoiles, des conseillers scientifiques et des représentants du Pentagone, l’écoutait sans passion.


La vidéo-conférence s’anima quand le secrétaire d’État aux Affaires Étrangères, un dénommé Wilkinson, s’invita dans la réunion.


— Si je comprends bien, colonel Simpson, notre premier contact avec des extra-terrestres a eu lieu, interpréta Wilkinson.

— Je ne dis pas ça, monsieur.

— J’ose une variante à votre théorie du rien. Vous permettez ?

— Faites donc !

— HIDDEN1 est un module furtif, indétectable par nos confrères russes ou chinois pourtant les mieux armés pour nous prendre en flagrant délit de non-respect des conventions spatiales. Nous l’avons conçu suite à la découverte de signaux extra-terrestres provenant d’une source mécanisée, dans la banlieue de Jupiter. Le Président a accepté, sans passer par le Congrès, de débloquer des fonds spéciaux pour accélérer la mise en œuvre de HIDDEN1. Je me rappelle ses mots lors d’un conseil extraordinaire : « Messieurs, nous devons être les premiers à serrer la pince de E.T. ! »

— Je n’y étais pas mais on me l’a rapporté.

— Et encore, je vous sers la version édulcorée. Je reprends. HIDDEN1 est arrivé à bon port, s’est placé en orbite autour de la planète géante et a commencé à chercher des traces physiques d’une présence extra-terrestre.

— Rien de nouveau par rapport à l’exposé de Simpson, fit remarquer le général Reagan, un ultra-conservateur juste sorti du placard où l’avait enfermé le précédent président démocrate.


Wilkinson, un ancien des services secrets, sourit intérieurement à la remarque de Reagan, un dinosaure, un nostalgique de l’ennemi soviétique et de la bonne vieille guerre froide.


— Certes, général Reagan, je reprends, en plus synthétique, les principaux éléments du colonel Simpson. La variante va arriver. Ne soyez pas impatient, l’heure est encore à la détente.


L’assemblée ne put se retenir de rire un bon coup. Reagan n’était pas vraiment populaire dans les arcanes du pouvoir, essentiellement à cause de son implication dans quinze ans de guerre en Irak, vingt ans de conflit en Afghanistan et autant de mensonges sur une supposée menace nucléaire en Iran où des va-nu-pieds essayaient tant bien que mal de fusionner deux atomes d’uranium.


— Reprenons. Dans les services secrets, nous avons un adage : « L’ennemi se manifeste par son absence. » Je crois bien que c’est le cas ici. HIDDEN1, censé repérer un vaisseau extra-terrestre, a disparu corps et bien dans un environnement que nous maîtrisons depuis des décennies.

— Et alors, ça arrive, objecta Reagan.

— Oubliez un instant les réflexes d’antan, Reagan ! Nous ne sommes pas en face de bolcheviks assoiffés de sang. Toutes les missions cachées de nos ennemis préférés, nous les avons démasquées en deux temps trois mouvements. L’Amérique, notre patrie adorée, reste le Numéro Un en matière de coups fourrés technologiques, de conquête spatiale et de petits hommes verts. Si nous sommes incapables d’expliquer la disparition du module HIDDEN1, c’est la preuve évidente d’une force supérieure à la nôtre. Elle a décidé, pour des raisons encore inconnues, de s’emparer de notre engin.

— Comment allons-nous procéder ? La dernière communication de SISTER MOON, l’intelligence artificielle embarquée, nous a donné des coordonnées précises mais tous nos sondages restent infructueux. Il faut se rendre à l’évidence : la zone est vide de toute présence physique.

— Ce n’est pas le Triangle des Bermudes, conclut Wilkinson. Il faut considérer le cas sous un autre angle. La balle est dans le camp des experts scientifiques. Nul doute qu’ils trouveront une solution.


***


Arnold vit descendre une Vénus sortie du ciel, blonde et nue sur son coquillage blanc. Au début, il pensa à une hallucination, une illusion d’optique. Pourtant l’image se précisa : la femme qui descendait lentement des cieux arborait une totale nudité, cachant à peine son pubis avec ses longs cheveux dorés, identique au tableau de Botticelli. « La beauté de la Renaissance », se dit Arnold, sensible aux chefs-d’œuvre d’antan.


L’inconnue le regarda puis s’approcha de lui en marchant doucement. Elle lui sourit d’une bouche parfaite puis engagea la conversation.


— Aimes-tu le jour en pleine nuit, Arnold ?

— C’est étrange mais ça me plaît.

— Il n’y a personne. D’ailleurs, que fais-tu ici, à cette heure tardive ?

— Je cherche l’inspiration.

— Penses-tu la trouver sur ce quai ?

— Pourquoi pas ? Tout est possible. Tu en es la preuve vivante.


L’inconnue pouffa de rire. Arnold admira ses dents bien alignées, sa poitrine joliment arrondie, ses hanches généreuses et sa chevelure magnifique. Elle ne ressemblait en rien aux mannequins anorexiques imposés au regard masculin par des publicités mensongères vantant les mérites de yaourts au bifidus actif ou de céréales censées aider à maigrir. Elle était la femme, Vénus la divine, celle dont il rêvait depuis sa tendre adolescence, une icône reléguée aux manuels d’histoire de l’art.


— Pourquoi ris-tu ?

— Tu es différent.

— De qui ?

— Des autres, de ceux qui parlent dans les airs.

— Tu veux dire par les ondes radio ?

— Si tu veux. J’entends des voix, je capte des images avec des personnes pressées, angoissées, stressées, courant dans tous les sens pour des raisons qui m’échappent.

— Tu n’es pas Vénus, c’est ça ?

— Non. Es-tu déçu ?

— Pas vraiment. Je préfère garder ce mythe dans son écrin. Toi, tu es réelle. Du moins, j’espère.

— Je le suis, Arnold, sois-en persuadé.


Arnold respira mieux tout à coup. Il n’aimait pas être déçu. Ce trait de caractère constituait un sérieux frein à ses ambitions artistiques mais il ne pouvait l’empêcher.


— L’as-tu trouvée, Arnold ?

— Quoi ?

— L’inspiration !

— Ce n’est pas aussi simple.

— Explique-moi, alors ! Je ne demande qu’à comprendre.

— Je suis un artiste. Mon problème, c’est que je n’ai pas encore choisi entre la musique, la poésie, la littérature ou la chanson.

— Pourquoi choisir ?

— Parce que dans mon métier il faut rentrer dans une case, porter une étiquette sur le cou, dans le but d’une identification plus facile pour mettre un produit culturel en face d’un public adéquat.

— Je vois. Est-ce qu’une nuit transformée en jour sans soleil ne peut pas t’inspirer ?

— Possible. La question demeure : vais-je chanter ce jour en pleine nuit ou l’habiller en concerto pour violoncelle et orchestre ? Je pourrais même en tirer une nouvelle poétique ou un poème épique. Tu en serais la reine, le centre, l’alpha et l’oméga. Qu’en penses-tu ?

— Tu me parais emprunter la bonne voie. Laisse ton imagination voguer à sa guise !


***


Le Président des États-Unis d’Amérique, l’homme le plus puissant du monde selon le magazine Forbes et les derniers sondages d’opinion sur Yahoo, contempla l’aréopage de savants et de militaires assis autour de la table, dans son bunker de Washington.


— Si je vous suis, on ne sait pas pourquoi le jour est apparu sur l’Europe de l’Ouest.

— Non, monsieur le Président, répondit le chef des services de renseignements.

— Le secrétaire d’État Wilkinson avance pourtant une théorie ambitieuse à ce sujet. J’aurais tendance à le croire, vu que c’est le seul d’entre vous à ne pas me regarder avec un air de merlan frit.


Le Président se mit à rire comme une loutre. Il n’en avait cure de vexer des généraux fatigués par des années sans guerre nucléaire et des experts scientifiques payés à inventer des armes de destruction massive. « Chacun son job ! Moi, je mets des vannes aux têtes d’ampoules », pensa le Président. Le peuple américain l’avait élu, choisi au suffrage universel modulo quelques magouilles en Floride et en Californie, pour ses bons mots, ses santiags brillantes et sa stature de cow-boy.


— Bon, je décrète le débat clos. Nous allons écouter le secrétaire d’État Wilkinson !


Wilkinson se leva, scruta l’assistance au cas où un kamikaze du verbe aurait eu l’idée d’engager une vaine controverse puis se lança dans une explication dénuée de science mais marquée du sceau de la diplomatie yankee.


— Je ne vous ferai pas l’injure de récapituler nos échecs successifs dans la recherche de HIDDEN1. À l’époque, j’avais qualifié cet événement de premier contact du troisième type. Même le général Reagan avait fini par admettre l’hypothèse.

— Il dirige d’ailleurs les investigations dans le secteur Antarctique, précisa le Président en riant de plus belle. On raconte qu’il se serait fiancé avec une femelle manchote.


Le Président ne plaisantait jamais sans arrière-pensée. Dans le cas de Reagan, un pur et dur de la théorie du Soviet Invisible et du Barbu Caché, il avait tranché dans le vif, optant pour une solution vexatoire soufflée par le secrétaire d’État Wilkinson. Le général Reagan avait sauvé sa tête au prix d’une promotion igloo, quelque part sur la banquise peu fréquentée du Pôle Sud, à sonder des glaçons et à scruter l’horizon au cas où un vaisseau spatial géant se manifesterait. Depuis, les coupeurs de cheveux en mille vingt-quatre, les aficionados du feu nucléaire et les adeptes de la théorie du complot affichaient un profil bas de béni-oui-oui. Wilkinson avait eu les mains libres pour creuser son intuition originale. Il avait affecté des ressources gigantesques à l’étude des signes d’un nouveau contact avec une intelligence extra-terrestre.


Wilkinson appuya sur un bouton. Le mur frontal se transforma en écran géant, laissant apparaître une mappemonde numérique.


— En bleu vous avez les zones nocturnes à cette heure, en blanc les diurnes. En rouge, vous voyez les anomalies, là où le soleil ne s’est pas levé mais où l’atmosphère s’affiche en plein jour. Plus la partie de la carte est rouge, plus la singularité est forte. Que constatez-vous ?


Un mouvement de panique parcourut l’assistance. Personne n’osait répondre à cette question, de peur de se retrouver muté en pleine Transylvanie ou au fin fond du Botswana occidental, le cauchemar absolu pour les élites yankees.


— Pas d’idée ? Allez, je décrète l’amnistie pour les abrutis pendant cinq minutes, dit le Président.

— Je dirais, mais c’est à prendre avec des pincettes, au conditionnel, commença le secrétaire d’État au Numérique, que le point d’orgue se situe en France, à Paris pour être précis.

— Bien observé, répondit Wilkinson. C’est dans la Ville des Lumières, chez les grenouilles savantes, que le véritable contact du troisième type va s’établir. Nous devons donc réagir, vite et bien. Il en va de l’honneur de l’Amérique, la seule nation capable de négocier avec une civilisation avancée.


***


Arnold sentit le vent se lever. Il regarda sa montre : quatre heures s’affichaient sur le cadran, un horaire encore nocturne dans la région parisienne. Le quai restait désert, malgré le réveil de la nature, excitée par la lumière d’un jour sans soleil. Seuls le jeune homme et la Vénus sortie du ciel apportaient un semblant d’humanité à un spectacle carrément irréel.


Arnold laissa son inspiration prendre le dessus sur la situation. Il imagina une pièce musicale, à base de chants d’oiseaux avec clarinettes et flûtes traversières, hautbois et cor anglais, rythmée par un piano et de fortes percussions à l’ancienne, le tout sublimé par une voix de mezzo-soprano ressemblant étrangement à la belle inconnue en face de lui.


— Enfin, tu te lances, Arnold !

— Tu lis dans ma tête ?

— C’est pratique, je l’avoue. Ainsi, tu me vois en chanteuse lyrique ? Finie la nymphe italienne, l’égérie de la Renaissance, le chef-d’œuvre de Botticelli ?

— Tu m’as demandé de me laisser aller aux vagues de mon imagination.

— C’est un bon début, je le reconnais. J’aime bien.

— Tu es aussi mélomane ?

— Non, je suis une romantique déçue par ses congénères.

— Je ne connais même pas ton prénom.

— Appelle-moi Marjanna.

— Et si nous partions loin d’ici, Marjanna ?

— Le décor ne te plaît plus, Arnold ?

— Le soleil ne va pas tarder à se lever. Ce sera nettement moins surréaliste d’ici une heure.


Marjanna hocha la tête. Ce simple mouvement lui donna des airs de reine, de divinité grecque telles celles rêvées par Arnold depuis ses jeunes années.


— Crois-tu au coup de foudre, Marjanna ?

— Oui.

— Je ne sais pas d’où tu viens, pourquoi tu as atterri sur ce quai et comment tu as éclairé la nuit parisienne. Pourtant, au fond de mon être, j’ai l’impression de t’avoir toujours connue. Tout m’étonne chez toi mais chaque nouveauté me plaît davantage que la précédente.

— Je n’ai pas fait grand-chose de magique. À peine une ou deux manipulations climatiques, de l’ionisation de base, voilà l’explication de ce tour de passe-passe.

— Le comment ne compte pas, Marjanna. Le cerveau ne prend pas les commandes quand la passion l’emporte. Le cœur défie la raison dans un combat inégal. Tu peux transformer ma planète en cube lumineux, cela ne change rien à mes sentiments.

— Je ne crois pas que tout le monde apprécierait, Arnold.

— Qu’importe les autres, Marjanna !

— Ils sont pourtant nombreux. De petits curieux nous écoutent avec leurs grandes oreilles et leurs yeux avides de sensations.


Arnold se retourna puis regarda en l’air. Il ne vit rien de menaçant. Le ciel restait allumé dans un jour sans soleil, les oiseaux continuaient à chanter et la Seine scintillait de mille feux.


— Où sont-ils, Marjanna ?

— Partout. Dans les réverbères, sur les toits, dans les hautes altitudes. Je perçois les pensées de leurs maîtres.

— Que vois-tu ?

— Des images confuses. D’abord, un drapeau rayé de blanc et de rouge avec un rectangle bleu constellé d’étoiles. Ensuite, des hommes aux dents blanches et au rictus carnassier, s’agitant dans tous les sens. Enfin, des tubes oblongs et métalliques stockés dans des silos souterrains.


Arnold reçut les images en pleine face, affichées dans son cortex cérébral par la soudaine magie d’une onde télépathique. Il vit une assemblée de militaires et d’hommes en costume, sous les ordres d’une sorte de cow-boy moderne, s’affairer devant des graphiques et des écrans d’ordinateur.


— C’est ce que tu vois, Marjanna ?

— Oui. Ne me demande pas comment. C’est un fait, point.

— On dirait des Américains.

— Continue à réfléchir.

— Pourquoi ?

— J’alimente ma connaissance de ta réflexion. Sans le savoir, tu es mon professeur d’humanité. J’ai ainsi appris ce qu’était la Renaissance italienne, l’école de Florence, le peintre Botticelli et même ce qu’avait composé ton ancêtre Schönberg, celui dont tu portes le prénom.

— Tu aimes sa musique ?

— Oui. J’aime aussi beaucoup la tienne, cette ébauche de poème musical sortie tout droit de ta tête. Bon, trêve de compliments, concentre-toi sur la situation présente, s’il te plaît.


Arnold ouvrit son cerveau à Marjanna, sentant les effluves d’une intrusion mesurée. Il imagina un conseil de guerre au Pentagone, comme dans le dernier film d’Hollywood ressassé des milliers de fois par des affiches publicitaires et des spots animés. Son subconscient ramena à la surface des restes d’inconscient collectif, celui de la culture populaire et du bourrage de crâne. Arnold commença à souffrir de cette remontée de souvenirs refoulés et de mensonges enterrés par son ego d’artiste.


— C’est insupportable, Marjanna !

— Je te fais mal, Arnold ?

— Pas toi. Cet inconscient collectif, des informations enfoncées au burin dans ma cervelle d’enfant. J’ai mis des années à les enfouir sous des montagnes d’œuvres artistiques, de musique et de poésie.

— Veux-tu que j’arrête ?

— C’est trop tard, je le crains. Toutes ces informations, déclinées sous les formes les plus diverses, passant du proverbe à la doctrine, du postulat à l’article de journal, puent comme des immondices. Elles polluent mon jardin intérieur, mon univers artistique. Le parfum des roses et des lilas se mélange avec l’odeur des détritus et de la moisissure. C’est infect !


Arnold tomba sur les genoux. Son corps le lâcha, en signe de révolte contre une infection cérébrale, une forme de méningite sociale véhiculée par des millions de clichés et d’idées reçues. Le jeune homme tenta de lutter contre le monstre hideux réveillé par l’intrusive Marjanna malgré elle. Il ferma les yeux puis s’affala sur le macadam parisien.


Le ciel se teinta de noir et de rouge. Les nuages devinrent menaçants. Paris connut la pire tempête de son histoire, avec une énorme crue de la Seine, des arbres arrachés, des grêlons gros comme des balles de golf, le tout entre quatre et cinq heures du matin, avant un timide lever du soleil.


***


MAR-JANNA contempla le corps inanimé d’Arnold. Elle n’osait plus sonder son cerveau tellement elle avait ressenti la souffrance endurée par le jeune homme durant les dernières minutes de sa vie. Désormais, il gisait sur la table dédiée aux découvertes touristiques, exposé au regard de KRIS-TIAN001 prêt à l’analyser.


— On dirait que jouer avec ces primitifs ne t’a pas réussi, MAR-JANNA.

— Je ne jouais pas.

— Modifier leur climat, créer un jour sans soleil dans une zone nocturne, tu n’appelles pas ça un jeu ?

— C’était une forme d’art.

— Toi, artiste ?

— C’est ce que j’ai découvert grâce à Arnold. J’ai une âme d’artiste, un penchant pour créer des choses, loin de la logique matérielle et de l’ordre établi.

— On voit le résultat.


MAR-JANNA faillit déconnecter KRIS-TIAN001 à cause de sa remarque. Elle se contint au prix d’un ultime effort, se promettant de démanteler l’intelligence artificielle dès son retour à la maison.


— Mes vacances sont terminées. Je ne te demande qu’une chose : analyse le corps d’Arnold et donne-moi la raison de sa mort brutale.

— Que vas-tu faire, en attendant ?

— Tu n’as pas besoin de le savoir. Contente-toi d’obéir. C’est ton boulot après tout, non ?


MAR-JANNA laissa KRIS-TIAN001 à son étude anatomique. Elle se retira dans ses quartiers où l’attendaient les derniers enregistrements de son temps passé avec Arnold. Elle activa le lecteur et sélectionna une piste en particulier, celle de l’ébauche musicale conçue par le jeune musicien. La pièce se chargea en sonorités, avec des chants d’oiseaux et la voix céleste d’une mezzo-soprano, dans un déluge de notes flûtées rythmées par des timbales. MAR-JANNA s’abandonna à ses sentiments pour la première fois depuis des centaines de cycles.


***


Le Président reçut le secrétaire d’État Wilkinson en comité restreint. Il s’agissait de comprendre l’échec du premier véritable contact avec une entité extra-terrestre.


— Pourquoi avons-nous raté cette occasion inespérée, Wilkinson ?

— Je n’en sais rien, monsieur.

— C’est étonnant de votre part. Vous avez toujours réponse à tout d’habitude.

— Les événements ont échappé à toute logique, même la plus surréaliste. Nous avions bien encadré le périmètre, en toute discrétion. Nos enregistrements sont parfaits à ce sujet. Pourtant, rien ne prouve le contact avec une civilisation avancée.


Wilkinson avait malheureusement raison. Les dispositifs de surveillance installés dans Paris et en orbite géostationnaire avaient enregistré la rencontre entre un jeune Français et une grande blonde vénitienne dénudée descendue du ciel sur un coquillage marin. Ils avaient alors discuté d’art, histoire de se connaître, telles deux personnes en train de flirter. Puis l’homme avait semblé défaillir et la conversation s’était emballée, devenant inaudible pour l’oreille humaine. En définitive, il s’était affalé sur le sol puis son corps avait disparu dans un nuage de particules. La femme était partie de la même manière, sans demander son reste.


Wilkinson savait une chose : on allait lui reprocher son approche discrète, son sens du tact et de la mesure. Ses ennemis d’antan, les fiers-à-bras du Pentagone, les chercheurs payés par les services de renseignements ou les conseillers pléthoriques à Washington préparaient déjà leurs arguments pour lui creuser une tombe politique.


— Votre film était sympa, Wilkinson. Du genre Steven Spielberg à la sauce Disney.

— Les autres, je veux dire par là les Russes et les Chinois, vont nous accuser d’avoir bidonné les enregistrements. Les spécialistes de la théorie du complot vont nous rebattre les oreilles avec leurs suspicions sur le onze septembre ou le Premier Homme sur la Lune, accusant Hollywood et la C.I.A. d’avoir monté une supercherie de toutes pièces avec force effets spéciaux.

— C’est pour ça qu’on va adopter un profil bas. Vous et moi, nous savons. Les autres n’en ont pas besoin, surtout si nous ne pouvons leur servir qu’une romance entre une grenouille savante et une rouquine grassouillette plantée sur une coquille Saint-Jacques.


Wilkinson accepta la vision présidentielle. Les preuves d’une existence extra-terrestre étaient bien trop indirectes pour profiter à la légende américaine. Il lança la procédure de confinement de l’information, celle destinée à enterrer les derniers témoignages d’un événement qui n’était jamais arrivé officiellement.


***


MAR-JANNA reçut l’information brutalement.


— Arnold est mort d’embolie cérébrale, commença KRIS-TIAN001.

— De ma faute ?

— Non. À cause de sa civilisation.

— Comment ça ?

— Il a subi un lavage de cerveau depuis sa plus tendre enfance. Des idées prémâchées, des postulats et un ordre établi lui ont été implantés dans sa conscience, sous une forme d’inconscient collectif par nature.

— Quelle nature ?

— Tous les êtres de son espèce sont des animaux sociaux. En cela, ils échangent des idées, des principes et des points de vue. Si vous les formatez avec des concepts simples, ils vont les reproduire entre eux, les rendre collectifs.

— Par exemple ?

— Le sentiment de propriété. Il conditionne un réflexe collectif, celui de la jalousie ou de l’ambition.

— C’est bien beau tout ça mais pourquoi Arnold est-il mort soudainement ?

— Arnold était un des rares capables d’enfouir ce bourrage de crâne sous une conception plus noble de son humanité. Certains choisissaient la spiritualité, lui il avait opté pour la dimension artistique.

— Le sonder a fait remonter la merde au détriment de la beauté ?

— Exactement.

— Je l’ai tué !

— Non. Il était condamné à l’avance. La société humaine ne lui laissait pas de place. La merde serait remontée, avec la réalité quotidienne de son existence décalée dans un monde ordonné.


« Ils ne méritent vraiment pas de vivre ! » conclut MAR-JANNA en appuyant sur la commande de retour au bercail. Le vaisseau SPH-YNX entra dans une nouvelle corde, loin de la Terre et de ses sept milliards d’âmes, inconscientes et bercées d’illusions.


 
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   socque   
19/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien
la banquise peu fréquentée du Pôle Sud
Techniquement, au pôle Sud ce n'est pas une banquise mais une calotte, mais enfin on ne va pas chipoter. J'ai apprécié que vous preniez en compte le délai de trois quarts d'heure obligatoire pour transférer les informations entre la Terre et l'orbite jupitérienne.

Je suis assez mitigée sur cette nouvelle. Le postulat de départ n'est pas follement original, mais a de quoi me plaire grâce au décalage entre romantisme et scrutation exacerbée d'odieux militaires. Seulement voilà, pour moi vous en faites trop.

D'un côté, le pur artiste qui tente de résister à la souillure du monde, de l'autre les abominables White Anglo-Saxon Protestants qui font galoper ledit monde à sa perte. OK, admettons, on est dans l'archétypal. Mais ne serait-il pas possible d'épurer le trait ? Pourquoi ces considérations sur Reagan, d'abord autour de la table de décision, puis à câliner les manchots ? Pourquoi l'historique complet de la vie de Marjanna, les dialogues ha-ha-ha avec son hyper-navigateur ? Trop de digressions histoire de bien marquer le ton, à mon avis.
L'insistance sur la nature plus noble de l'artiste-né est beaucoup, beaucoup trop forte pour moi. Le message de la nouvelle ne m'est pas donné (ce qui, déjà, aurait tendance à me faire renâcler, je préfère tirer mes conclusions par moi-même en poursuivant le chemin sur lequel m'a guidée l'histoire), il m'est balancé à travers la gueule.

Votre texte oscille entre burlesque et tragique, et pourquoi pas, mais bien sûr l'équilibre est délicat ; en l'occurrence je le trouve rompu, toujours à cause du trait trop appuyé : le burlesque tourne à la farce, le tragique à l'outrance romantique. La fin m'a paru faible : après tout ce gâchis, la jolie Marjanna s'en va plan-plan au lieu d'au moins envisager d'éradiquer la planète en appuyant sur un bouton (puisqu'ils ne méritent pas de vivre, les Terriens) ? Ou de récupérer les belles âmes pour monter un phalanstère érotique sur son yacht ?

Bref, si j'apprécie l'écriture soignée (une mention pour le début, Arnold en balade), je trouve que l'ensemble pâtit d'un manque de réflexion quant à ce que vous cherchiez au juste à faire. Selon moi, l'ensemble est déséquilibré, manque de cohérence dans le ton et gagnerait à être resserré pour mieux, justement, faire ressortir une cohérence.

Et puis alors, les clichés comme
La société humaine ne lui laissait pas de place.
assené en vérité profonde j'ai quand même du mal. Dommage, vous aviez à mon avis l'occasion d'écrire une nouvelle agréable et fluide, sans assommer votre lecteur mais qui aurait ouvert en douceur des pistes de réflexion...

   Ludi   
18/8/2017
Bonsoir Donaldo,

Je n’aime pas la SF mais je ne rechigne jamais à en lire les deux ou trois premières lignes, des fois que. Là j’avoue que j’ai calé dès le premier chapitre. Le style en est principalement responsable. Voir le soleil périphrasé comme un astre majestueux, souvent bardé d’orange et de jaune, désolé mais ça m’a bourré l’estomac. C’est donc bien ça la SF : transformer un quotidien banal en un quotidien revisité de boursouflures, de circonlocutions et boosté de technologies ? Dire tout simplement « Aucun soleil ne perçait les nuages » au lieu de « Aucun astre majestueux, souvent bardé d’orange et de jaune, ne perçait la masse nuageuse du ciel parisien », sortirait du cadre de la SF ? Ce ne serait pas assez cosmique ? Je ne vous fais aucun reproche, c’est sans doute moi qui ne sais pas apprécier mon ticket pour le vide intersidéral. Passons.

« La lune en pâlit de jalousie dans les limbes blanchâtres d’un jour sans soleil ».
Peut-on raisonnablement écrire dans un texte de SF (ou de n’importe quoi d’autre) que la lune pâlit de jalousie ? Déjà que je n’aime pas la SF qui va dans le futur, mais alors celle qui remonte le temps dans le maniérisme du style… J’attendais au minimum une grosse louche d’humour à la Pepito…

« Les oiseaux commencèrent à chanter, d’abord timidement comme s’ils n’osaient pas user du triolet de peur d’effrayer le jour naissant, puis avec ferveur quand la voûte céleste… »
Là encore, abuser de la trousse de maquillage ne crée pas un monde. C’est juste un oiseau qui piaille dans le ciel quand le jour se lève, quoi…

« Le quai s’affichait désert, vide à désespérer le plus vaillant des clochards ».
Je n’ai pas souvenir d’avoir rencontré le mot vaillant dans mes lectures du XXe siècle. Mais comme je l’ai dit, je ne lis pas de SF. Et puis, dans votre futur, le mot est peut-être redevenu à la mode, comme le cycle des prénoms.

« Jamais Paris n’avait été aussi belle à ses yeux, même dans ses rêves romantiques où une Colombine le prenait par la main et l’emmenait valser dans les jardins publics. Arnold continua à marcher, profitant du spectacle pictural et de la musique des oiseaux. »
Les adjectifs sont souvent utiles en poésie, à cause du peu d’espace dont on dispose pour exprimer une idée. Mais ici, à quoi servent « romantiques » et « pictural » ? Colombine exprime déjà bien le côté romantique de sa balade, enfoncer le clou peut indisposer certains lecteurs perspicaces. Quant au spectacle pictural, vous l’avez déjà suffisamment défini au début du paragraphe. Ce qui n’ajoute rien retranche, alourdit le style et donc la narration.

Je suis sans doute un mauvais lecteur de votre plume, impatient que je suis d’accrocher tout de suite au style. C’est oui ou c’est non. Là c’est définitivement non. Mais je ne doute pas que vous trouviez vos lecteurs, car là où je vois du vice un autre y trouvera de la vertu. J’espère juste que vous ne serez pas pénalisé par la catégorie SF et la longueur du texte.
Bien sûr, je ne note pas une lecture tronquée. J’ai du respect pour l’auteur, que j’ai déjà apprécié en poésie.

Ludi
Sadien de la première heure

   hersen   
18/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai assez bien aimé ta nouvelle, mais peut-être que je l'aurais plus appréciée si elle avait été moins "bavarde".

certaines choses sont trop expliquée et même si on comprend pourquoi les clichés sont là, sur les Américains, ça fait un peu pesant.

Pour moi, ce genre de nouvelle fonctionne mieux si elle est plus éthérée, plus universelle. Cela a l'avantage de mettre davantage le point de vue défendu (ici l'impossibilité de vivre une vie sociale avec ses règles pour qui n'est pas formaté pour ça en ayant développé des capacités artistiques) en avant, mais je reconnais que ce n'est que mon point de vue.

J'ai eu un peu en début de lecture à être accrochée, peut-être que l'histoire démarre un peu trop doucement avec une écriture un peu pesante.

merci de cette lecture.

   SQUEEN   
19/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai beaucoup aimé, je l’ai pris comme une bande dessinée des années 80 style « Exterminateur 17 » de Bilal et Dionnet ou certains Moëbius. Bref, j’ai lu votre texte avec une certaine distance, je l’ai trouvé drôle, humour un peu absurde… Il y a juste la chute qui m’a déçue par son allure expédié, mais après tout ça reste dans le ton. Le côté caricaturale et pas très subtil de certaines assertions et scènes me plaît, il demande de s'y adapter au début, mais une fois fait c'est un vrai plaisir qui me ramène à une époque où j'étais fan de ce genre de littérature. Merci et au plaisir de vous relire.

   Jean-Claude   
21/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Donaldo75.

J'ai aimé l'idée et l'histoire, je vais juste évoquer quelques points qui m'ont un peu gêné :
Les extraterrestres sont trop humains.
La fin de type "morale" est trop longue.
Il y a un peu trop de digressions.
Les jeux de mots sur les noms des extraterrestres (entre autre) sont superflus et n'apportent rien.
Et, plus subjectivement, j'ai eu du mal à accrocher à la rencontre entre Mar-Janna et Arnold et au glissement de ton vers la farce.

Un détail : la sonde n'aurait pas dû pouvoir communiquer qu'elle était prisonnière d'un temps figé ou, du moins, cette communication n'aurait pas dû être reçue.

A une prochaine lecture


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