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Réalisme/Historique
Dupark : Week-end prolongé
 Publié le 09/06/17  -  15 commentaires  -  15475 caractères  -  89 lectures    Autres textes du même auteur

Moi, je voulais Françoise. Le sommet n'était qu'un prétexte. Françoise !


Week-end prolongé


On était cons.


On voulait faire la Roche de la Muzelle. Garer à Bourg d'Arud le samedi midi, monter en refuge l'après-midi, attaquer le sommet le lendemain. Normalement, ça se cale dans un week-end. L'été, ça se fait avec les enfants. Mais l'automne était déjà bien mûr, on n'avait pas fait gaffe. Quatorze étudiants et trois profs, sans équipement particulier sinon des chaussures, du chaud, un peu de bouffe et quelques cordes pour la traversée du glacier. Skis ? Niet ! Peaux, raquettes, piolet, crampons ? Niet. Même pas les plus élémentaires guêtres puisque la course était donnée peu difficile et la montée en refuge facile. So, what ? So, la neige. Le bulletin météo avait été très évasif, comme ils l'étaient souvent à l'époque des satellites à pédales, insistant surtout sur le côté capricieux du temps en altitude. C'était tout ce que l'alpiniste devait savoir avant de partir. Avec ça, on était tranquilles ! Au départ, le ciel était clair, le sol était sec. La colonne s'est ébranlée dans la joie et la perspective d'une nuit en refuge magique et arrosée. J'avais le cœur léger car ma première ambition, avant celle d'atteindre le sommet, était de jeter mon duvet à côté de celui de Françoise.


*

* ------*


Il y avait Mohamed, Momo donc. Pas grand mais fort, visage carré et coffre-fort pectoral, jambes arquées, teint noir, regard noir, dentition parfaite des cauchemars d'orthodontistes, brun bouclé, avec toujours cet air de revenir du cosmos poussé par le vent solaire. C'était le directeur de la fac, rien que ça, un prof de maths génial, guerrier échoué des barricades de 68, rompu à la harangue et à la dialectique, le tout avec l'accent marocain. Nous l'adorions. Il avait du charisme et de l'humanité. Le fils qu'Omar Sharif aurait pu avoir avec une sœur de la congrégation de Sainte-Croix un soir d'épectase aiguë.


Jean-Michel, Patrick et Michel, anciens scouts à l'origine du projet, trois sherpas qui n'auraient laissé à personne le soin de porter au sommet cette foi qui permet, au-delà du seul déplacement de montagnes, toutes les entreprises sans anxiété, dans la paix, la joie, la sérénité, avec débordements possibles vers l'inconscience.


Françoise, mon espérée. Pas très grande, rose et brune, souriante, coiffure d'enfant sage – carré court raie au milieu – toujours impeccable, habituée des jupes écossaises et cols Claudine, la pupille sombre mais l'œil rieur, bien sous tous rapports mais des rapports, jamais.


Charles et Sandrine, un couple de chercheurs assistants de chimie.


Bernard, lui, je le vois toujours. Il gère les gains que lui rapporte une agence de croisières libertines. Ha, Bernard ! Étudiant mais aussi pigiste pour les magazines auto, un passionné qui m'a traîné avec lui sur les circuits et les rallyes prestigieux comme le Swedish Rally ou le Rallye des 1000 Lacs en Finlande, soi-disant comme membre d'une équipe d'assistance, moi qui ne sais même pas changer une roue. Un ami, donc.


Hervé et Brigitte qui ne savaient pas encore qu'ils s'aimeraient, se marieraient, feraient deux enfants, se détesteraient, se sépareraient.


Et six autres dont je n'ai même plus l'image, non qu'ils fussent inintéressants mais le commerce que j'entretenais avec eux se réduisait à la seule politesse. Des amis d'amis. Celui-là devait être anar, celle-là situ, cet autre mao et une autre trotskiste. Parce que je ne comprenais rien à leur liturgie, je m'exonérais d'une présence assidue à leurs offices. Ça m'aurait bien plu d'être révolutionnaire moi aussi, mais ça demandait vraiment trop d'effort. J'avais mon assise avec Michel, Françoise et Bernard, les trois pieds nécessaires et suffisants au tabouret affectif qui me portait, me grandissait parfois, dans cette éphémère tribu improvisée.


*

* ------*


Le refuge de la Muzelle est à 2115 m. La neige nous a trouvés à 1700 m. Pas de la petite, non, de la bien nourrie, de la dodue élevée au grain. Il neigeait gras. Le blanc s'est installé partout en un instant, dessus, dessous, devant mais surtout derrière pour nous obliger à continuer vers le seul hébergement possible, le refuge. L'altimètre et la boussole ne tarderaient pas à sortir. À partir de 1800 m, la neige nous arrivait presque aux genoux et le premier devait faire une trace. Nous savions par la carte que le fond de la vallée était à 1850 m et qu'il nous faudrait alors monter vers l'est, en traversée au flanc d'une pente raide.


À 1900 m, nous avions de la poudre jusqu'aux hanches. Il fallait se relayer devant. Nous progressions lentement, cochenilles dans une balle de coton, parasites de ce non-panorama. Vue imprenable sur la Roche de la Muzelle, le brouillard l'avait déjà prise. La trace du précédent s'effaçait presque instantanément. Les sons aussi devaient s'effacer car il n'y en avait pas. J'imaginais qu'aucun oiseau ni aucun mammifère ne pouvaient évoluer dans ce rien, faire quoi, aller où ? Aucun vent, et même aucune branche à secouer à cette altitude. Les marmottes qui n'avaient pas encore vu la neige devaient ressembler à des ours. Elles accrochaient des ex-voto dans leurs terriers pour avoir enfin réussi à y entrer. Et le nôtre de terrier ? Étudiants fantômes, nous ajoutions notre silence au vide, étouffés par l'angoisse de ne jamais trouver le refuge et la crainte que la neige ne fuît sous nos pieds. Chacun entendait son propre souffle, son cœur dans la poitrine et sur les tempes. Chacun se sentait seul minuscule impuissant, ne voyant que le marcheur précédent sauf le premier qui ne voyait rien.


Le tonnerre ! C'est rare ça, pendant les tempêtes de neige. C'est quoi alors ? Cent mille taureaux en pantoufles lâchés dans les rues de Pampelune. « Putain ! Une avalanche ! Ça commence ! On est à combien Patrick ? » « 2070 ! Encore 30 m et c'est plat ! » Que c'était long. Chaque pas était une torture pour les cuisses qui devaient soulever des kilos de neige. Je m'étais arrêté un peu sur le côté pour être juste devant Françoise. « Françoise, ça va ? » Comme si j'allais la sauver. De quoi, au juste ? J'étais con. « Ça va, ça va. Mais que c'est pénible. Je me demande si je ne préfère pas un contrôle de maths. » « À ce point ? »


« C'est bon, les gars ! C'est plat ! » Le refuge n'était plus loin. La ligne de niveau nous y mènerait. En fait, c'est le lac que nous avons trouvé en premier. Nous étions passés près du refuge sans le voir. Demi-tour le long du lac. « Il est là ! C'est bon ! »


Ho oui, c'était bon ! Un plaisir proportionnel au nombre de ahans émis, comme toujours. Heureux. Le refuge d'hiver était accessible, une pièce exiguë avec des bat-flanc pour dix, il faudrait se serrer – ouais ! – une petite cuisine et une table, mais pas d'électricité. J'avais ma lampe de poche Wonder à pile carrée. Bernard et Patrick, toujours informés des innovations technologiques de pointe, avaient des frontales. Suivre la trajectoire du duvet de Françoise, poser le mien à côté. Mon plan fonctionnait. L'exiguïté m'allait bien. Même si la promiscuité à dix-sept favorise, en plus du contact, les mauvaises odeurs et la confusion. Quelqu'un a vu mes fruits secs ? Comment ça « on les a bouffés » ?


Comme prévu, le repas du soir a été magique et arrosé, même si le doute qui planait sur notre avenir proche bridait notre enthousiasme. Nous étions vivants, chauds de la chaleur du poêle à bois – qui ne parviendrait jamais à sécher nos vêtements –, de notre communauté de destin, de nos vingt ans débutants. C'était encore avec un léger sourire que nous envisagions la durée de la tempête, la fin du stock de bois, l'épuisement des piles de nos lampes, la fin des réserves de nourriture, même si d'autres randonneurs avaient abandonné là de quoi nous concocter un copieux repas de pâtes et de lait concentré. Dans ces conditions, c'était de la haute gastronomie.


Le sommeil a été difficile à trouver pour moi, malgré l'épuisement. Personne n'avait monté d'herbe. Il me semble même qu'aucun de nous, à part peut-être parmi les six amis d'amis, n'avait encore ces habitudes agricoles là. Bernard possédera sa propre plantation mais bien plus tard. Comment aurais-je pu m'endormir après que, au moment de m'allonger à toucher Françoise, une connasse l'a appelée, « viens à côté de moi, j'ai peur » et que Françoise a changé de place ? Comment m'endormir quand j'évaluais le temps qu'il restait avant que le plus faible ne décède et qu'on puisse une autre fois s'attabler devant un repas protéiné ?


— Tu l'aimes Françoise ?

— Ma foi…

— Je t'en ressers ?

— Merci, mais après je fais du gras et chez moi ça porte sur les hanches. Une autre fois.

— Du blanc alors ? C'est pas gras. J'ai enlevé la peau.

— Non, non, vraiment, sans façon…


Comment m'endormir quand Momo déchire le silence qu'aucun ronflement n'avait encore pollué ? J'imite très mal l'accent marocain. Il faut monter dans les aigus en fin de phrase : « Putain, vous les voyez les titres des journaux demain, pleine page ? »


IL TUE QUATORZE ÉTUDIANTS !

Le directeur de la fac est devenu fou --p.3


Et de délirer sur le contenu de l'article : « Le surmenage sans doute a fait basculer ce professeur dans la folie. Aidé de deux de ses assistants, le responsable irresponsable entraîne avec lui les pauvres malheureux dans une course en montagne impossible, sans skis, sans guêtres… » Fou rire général. Les nerfs ! La nuit a été brève, le sommeil agité.


Le dimanche a été une journée angoissante. La neige continuait de tomber, épaississant le manteau déjà lourd. La question de bouger ne se posait pas, mais d'autres : « Même si le temps se lève, est-ce que ce serait raisonnable de s'engager dans le mur avec un manteau aussi lourd ? » « Et les parents ? Ils seront morts d'angoisse ce soir. Ils ne nous verront pas, s'inquiéteront du temps. » Il n'y avait rien à faire. Nous n'avons rien fait. Rien d'autre que regarder par les carreaux la belle, la sublime salope, si séduisante, si menaçante maintenant en nous tournant autour avec la lame acérée de l'incertitude alors que la pointe du sentiment coupable nous tailladait déjà.


La chute de neige cessa en début de nuit. Le sommeil se ferait plus calme.


Le lundi matin, le plafond était plus haut, les nuages dessinés gris et blancs, laissant une bonne visibilité par endroits, et même quelques éphémères perles bleues. Quatre seulement descendraient, encordés et très espacés, pour expliquer en bas la situation des treize qui attendraient au refuge. Quatre seulement pour ne pas trop meurtrir la neige ni peser sur elle. J'étais des quatre, avec Michel, Hervé et un ami d'ami.


Trouver le chemin n'était plus un problème. Nous étions plutôt sereins, confiants dans notre choix, chacun marchant dans la trace du premier, la chaussure dans la trace de sa chaussure, pour n'ajouter aucune blessure. Lever haut les genoux. Nous pouvions voir la pente cette fois et cela me mettait en confiance, comme s'il s'agissait d'affronter un ennemi à ma portée, qui ne se cacherait plus.


Alors que nous étions bien engagés, au tiers de la descente, le bruit d'un hélico attira notre attention. Il se dirigeait vers le refuge. C'était un appareil rouge de la Sécurité civile. Il repassa quelques minutes plus tard, en sens inverse, et je faisais remarquer à mes trois compagnons de cordée qu'à chaque passage il déclenchait de belles coulées de neige de part et d'autre de la vallée. J'aurais mieux fait de me taire. À son retour, l'hélico est venu vers nous. Ceux du refuge avaient certainement informé les sauveteurs de notre décision de descendre. Il se mit en vol stationnaire, face à nous, à quelques mètres à peine. Pour communiquer, nous avons fait le geste qui dit « tout va bien » , c'est-à-dire un seul bras en l'air. Cela devait suffire. Tout allait bien sauf l'ami d'ami qui nous a fait une crise de nerfs pendant qu'on nous observait depuis l'appareil. « Barrez-vous bande d'enculés ! Vous faites chier ! Barrez-vous ! » Il avait la crainte justifiée que les vibrations des pales n'eussent un effet sur la stabilité du manteau neigeux. Moi, j'avais la crainte non moins justifiée que ses gesticulations n'eussent un effet sur la décision des sauveteurs de l'extraire le plus rapidement possible pour le mettre sous sédatif. Puissant, le sédatif ! Le gars pleurait. À Marseille, le pousser dans le Vieux-Port et s'éloigner l'air de rien eût été facile. Mais là, nous étions sur la même corde. Il a fini par se calmer quand l'hélico est reparti, et nous sommes arrivés en bas de la partie critique sans encombre.


L'hélico avait eu le temps de vider le refuge et revenait pour nous. J'apprends que l'Alouette ne peut pas transporter plus de quatre personnes, pilote compris. Hervé, qui savait compter :


— Là, ça fait six. Ça ne va pas être possible. Mais merci les gars, on a fait le plus dur, on continue à pied.

— Ha pas question. Nous avons pour mission de vous ramener et nous vous ramenons.


Je suis resté avec l'un des deux saint-bernard. Les trois autres rescapés sont montés.


Pendant la rotation de l'hélico, je restais donc avec un sauveteur aguerri. Il n'avait pas de gants. Il tapait dans ses mains pour les réchauffer. La solidarité montagnarde me commandait de venir à son secours.


— Je vous passe mes gants si vous voulez. On fait cinq minutes chacun.

— Merci mais je m'entraîne.

— Ha… alors…


Une chance, il n'était pas armé.


Pour le dernier transfert, nous étions trois. Les deux militaires et moi. Ils m'ont laissé devant, à la place du copilote. « Profitez du paysage ! » Le temps s'était levé, la montagne claire était partout autour de la bulle de l'hélico, la joyeuse, la belle montagne immaculée. J'étais comme un amant rejoignant sa mégère apprivoisée. J'étais dessus cette fois. Quelles formes ! Blanche, vierge, lisse, soyeuse, épilée ! Que c'était bon !


Ma lucidité retrouvée, je réalisais que j'avais dérangé les deux secouristes et peut-être même dépensé l'argent du contribuable.


— Pas de souci ! On a des heures de vol à faire. Quand on n'a pas de secours, on s'entraîne, alors. C'est notre quotidien. Il arrive même qu'on vole simplement pour consommer le carburant.


Bières-sandwichs. Descendre depuis l'héliport des Deux Alpes sur Bourg d'Arud par le sentier. Rejoindre le parking. L'un de ma voiturée : « Attendez les gars, j'ai fait une colo ici y a pas longtemps, je voudrais saluer des vieux au hameau, juste là, à l'Alleau. Venez, ils méritent le détour ! Ils sont adorables. »


*

* ------*


Les vieillards nous ont bien accueillis, génépi-maison et biscuits secs. La télé diffusait le JT de treize heures : « Nous sommes toujours sans nouvelles des dix-sept étudiants marseillais égarés dans le massif des Écrins, surpris sans doute par la quantité exceptionnelle de neige tombée en… » « Écoutez ! On parle de nous ! » Pendant que nous fixions l'écran, le vieux en profitait pour remplir nos verres. Des grands, des verres à limonade, pas des verres à saké. « Vous êtes cons, vous les jeunes ! Si vous vous étiez arrêtés ici avant de monter, je vous l'aurais dit, moi, de ne pas y aller ! » s'est amusé le vieux. Nous avons bu pour trinquer à la vie et faire honneur à nos hôtes. À bien y repenser, le plus grand risque que nous ayons pris a été de prendre la route à ce moment-là.


 
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   plumette   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Et dire que pendant son week-end prolongé, le narrateur n'a rien pu faire avec Françoise!
Pourtant ces longues heures d'attente confinées dans un petit refuge d'hiver sont propices à des rapprochements, surtout s'il n'y a pas de poêle à bois... et que la chaleur n'est que celle des corps!

je sais de quoi je parle! les virées en refuge propices aux fantasmes ( quand on est jeune ! car plus tard, on emporte ses boules quiès, ses aérosols d'huile essentielle à la lavande, sa taie d'oreiller et son drap cousu bien étroit!)

Ce récit d'une perdition provisoire et sans gravité est bien conduit, avec le recul du temps, car on comprends que le narrateur raconte une aventure qui se situe dans sa jeunesse, il y a quelques marqueurs de temps forts sympathiques comme l'avènement très récent des frontales et les appartenances politiques de ces étudiants!
de jolies trouvailles descriptives : très fameux portrait de Momo par exemple.
je me suis bien amusée jusqu'à la déconvenue du narrateur qui voit son plan foirer au dernier moment.
Après le récit me parait moins enlevé, comme si le narrateur dépité n'avait plus la verve du début quand la conquête était encore à sa portée.

Heureusement, encore quelques perles qui rappellent l'état d'esprit de cet amoureux déçu:
"Le temps s'était levé, la montagne claire était partout autour de la bulle de l'hélico, la joyeuse, la belle montagne immaculée. J'étais comme un amant rejoignant sa mégère apprivoisée. J'étais dessus cette fois. Quelles formes ! Blanche, vierge, lisse, soyeuse, épilée ! Que c'était bon !
Ma lucidité retrouvée, je réalisais que j'avais dérangé les deux secouristes et peut-être même dépensé l'argent du contribuable."

je ne vais pas bouder mon plaisir, mais la flèche sera en bas car la fin ne tient pas toutes les promesses du début!

Plumette

   misumena   
22/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Je suis très bon public pour ce genre d'histoire. Peu importe le scénario, la montée et la descente me suffisent. Donc, pour une lectrice assidue des récits du forum de randonner-leger.org, votre texte a quelques étoiles au Michelin version Frison-Roche.

Côté forme, je suis un peu gênée par l'alternance du passé simple et du passé composé, et quelques erreurs entre imparfait et passé simple. C'est dommage, car le récit est mené de manière alerte. On a l'impression d'être autour de la table du vieux, et de vous écouter raconter... histoires de refuges, anecdotes de montagnards du dimanche ou plus chevronnés, ceux qui aiment la montagne seront en terrain connu.
Sur le fond, vous annoncez la couleur : réalisme/ historique. J'aime à croire qu'on touche à la mémoire épisodique. Pas de suspense : vous, narrateur, spoilez gentiment l'avenir de vos copains. Tout le monde sera présent à l'arrivée, le lecteur également, s'il se laisse tranquillement balader dans la neige.

   Tadiou   
9/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
(Lu et commenté en EL)

C’est très élégamment raconté mais il ne se passe pas grand-chose d’émouvant, de palpitant.

Le deal « Françoise » tourne court très vite.

Le petit délire « Momo » est drôle.

Mais au total je reste largement sur ma faim.

   Isdanitov   
9/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poil trop de justifications diverses mais j'aime bien le style. L'histoire est simple et le texte efficace. Personnellement je me méfie toujours du ''particulier'' et j'évite de donner les adresses ou de citer les lieux-dits pour rester dans le ''général'' voire l'intemporel mais il n'y a pas de règle stricte. Le seul reproche, modéré, est qu'on reste dans la narration d'un souvenir voire d'un pseudo souvenir et j'aimerais m'en dégager.

   socque   
9/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En Espace Lecture, j'ai ouvert le texte, j'ai vu la jolie image en centré sous le titre (où est-elle passée, d'ailleurs ?), je me suis dit : "Dupark", j'ai refermé. Je ne pouvais plus commenter à l'aveugle.

Ce texte me réjouit parce qu'il conforte un préjugé que j'ai concernant l'écriture, et ça c'est toujours bon à prendre. Le préjugé en question : c'est une mauvaise idée, quand on écrit, de penser au style avant l'histoire, de chercher à mettre en avant le style avant de se préoccuper de l'histoire.

Votre nouvelle précédente, celle avec la Bruxelloise qui va s'installer après son divorce en France, près de sa fille cavalière émérite, constitue à mon sens un cas d'école de ce qui me hérisse quand (pour moi) on inverse la hiérarchie entre style et histoire.

Ce texte-ci, en revanche, me plaît parce que justement il me raconte d'abord une histoire ; pas quelque chose de monstrueusement aventureux, mais une tranche de vie solide, avec des personnages plus ou moins bien définis dans l'esprit du narrateur (comme dans la vie, on se souvient d'Untel et pas d'Untel, on ne retient pas tous les noms), de modestes aspirations... Je pourrais me dire que ce n'est pas si différent de votre texte précédent, sauf que là, je n'ai pas eu le sentiment qu'on cherchait à m'en foutre plein la vue avec des effets de style, d'élégantes ruptures chronologiques, de la cocasserie appuyée dans la description d'une descente de police en brasserie.

J'ai trouvé que le style se mettait au service de l'histoire, ce qui ne l'empêche en rien de se démarquer, bien au contraire : il apparaît, pour moi, plus fort car plus simple et sobre ; pour résumer, utile au propos.

Du coup, je me demande si la petite maladresse
le plus grand risque que nous ayons pris a été de prendre la route
("pris" suivi très vite de "prendre") était volontaire, synthétisant en quelque sorte la gaucherie du narrateur qui, en fin de compte, n'a pas saisi l'occasion de ce week-end pour se rapprocher de Françoise. Du coup, cette conclusion banale a quelque chose de touchant, je trouve.

En théorie, je ne devrais pas évaluer puisque cela se fait avec un autre texte présent à l'esprit ; comme il m'avait nettement moins plu, cela risque de gonfler la note pour celui-ci... Mais bon, dans ce sens ce n'est pas grave.

   hersen   
9/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je crois que je viens de comprendre comment lire un Dupark.

Le message, y en a pas.

C'est la vie qui va, les souvenirs qui nous remplissent. Enfin non, il y a bien un message : la vie est une cours de récré. On se prend des coups, on espère des trucs, il y a des gens qu'on aime plus que d'autres, comme ça, par affinité, et tout ça fait boule de neige.

Pour moi qui ne connait que peu la neige, j'ai aimé être plongée dans cette univers où il "neige gras" (un exemple parmi d'autres des trouvailles à la Dupark.)

J'ai beaucoup aimé comment, avec le recul, on rit du danger prétendu, qui en fait n'était qu'une petite aventure une fois que les années ont fait le tri des choses vécues dans une vie.

J'aime la fraîcheur que laisse ce texte. Pour tout dire, je me fiche un peu des petits contre temps grammaticaux ou de conjugaison. Parce que la fraîcheur de l'histoire balaie tout cela avec insouciance.

Voilà. C'est cela que je ressens et qui fait beaucoup de bien, l'insouciance que l'on éprouve lorsqu'on est plus jeune et que la vie va doucement plomber. Alors la retrouver, cette insouciance, c'est comme un cadeau.

Merci pour cette lecture,

hersen

   Acratopege   
9/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai souri de bout en bout. Pensé au Queneau de Zazie et aux Bronzés font du ski. Bien aimé le style simple, l'abondance des détails concrets, l'humour à fleur de peau. Un peu déçu par le dénouement quand même. Au fond, il ne s'est pas passé grand chose de croustillant dans cette histoire qui me laissait espérer des péripéties dramatiques ou érotiques hors du commun.
Merci pour ce bon moment de lecture.
Pierre

   Cat   
9/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup ces tranches de vie, lorsque le narrateur puise dans ses souvenirs pour le simple plaisir de laisser dériver avec bonheur sa plume.

Ici, il me convie à une sortie en montagne, dans un univers que je ne connais pas.

Magie de l'écriture qui manie la langue avec talent, je me retrouve embarquée dans l'aventure, de la neige jusqu'au cou (j'exagère à peine), sans peau, ni raquettes, ni piolet, ni crampons. Et j'aime ça !

Comme l'incipit parle de Françoise, elle aurait bien mérité un épisode un petit peu plus corsé, histoire d'apporter un peu plus de corps, de palpitant au récit. Comme une deuxième déconvenue, par exemple...

Mais bon, j'ai pris mon plaisir ailleurs. Aux caractères des divers protagonistes efficacement dépiautés. En particulier, les amis d'amis, qui en disent long et m'ont fait jubiler, et le portrait de Bernard, l'ami pour la vie. Et puis, il y a les situations décrites avec beaucoup de vivacité, de fraîcheur, de véracité.

Il fait bon se retrouver étudiant, le temps d'une lecture.

Pour tout cela, et plus encore,
Merci, Dupark.

J'aime te lire. C'est évident


Cat

   Grange   
9/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Impeccable récit !

Pas de fioritures inutiles, de l'humour bien dosé et le souffle court comme autrefois lorsque j'arrivais à la vignette finale de mes BD "à suivre" dans Spirou ou Tintin.

Et Françoise dans tout ça ? Suite ou pas ?

Bravo, j'ai aimé

   vendularge   
9/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir Dupark,

Bon moi je trouve que c'est plutôt bien écrit, j'ai bien aimé la description de la neige et de ton ami marocain. Il y a beaucoup de gens, j'aurais résumé les "6 autres" en une seule phrase courte (pour aérer)

Tout ça pour t'allonger à côté de Françoise et on a deux lignes! :)) Parce qu'on ne sait absolument rien d'elle à part la coupe au carré, le col claudine et la jupe plissée, par contre la montagne t'inspire, tu en parle comme d'un femme. Un petit transfert?

La dernière phrase mérite mieux..mais ce n'est que mon avis

Pour résumer mon ressenti, un moment de lecture assez drôle et sans fioriture, ça sent le vécu mais bon, vu que tu ne connaissais pas Bruxelles, j'ai un doute...

Merci

vendularge

   Cristale   
9/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Les satellites à pédales !
Ce que j'aime chez l'auteur, c'est son humour inné, il écrit sans le faire exprès, il envoie des images qu'il n'a pas photographiées mais qui se promènent au gré de ses souvenirs qu'il agrémente de façon parfois tendre, parfois cocasse et qu'il nous livre avec un naturel déconcertant.
Je pense que c'est la montagne qui le possède. La façon dont il en parle n'est pas que le fruit de son imagination.
" La neige nous a trouvés à 1700 m. Pas de la petite, non, de la bien nourrie, de la dodue élevée au grain. Il neigeait gras. Le blanc s'est installé partout en un instant, dessus, dessous, devant mais surtout derrière pour nous obliger à continuer vers le seul hébergement possible, le refuge."

" Les sons aussi devaient s'effacer car il n'y en avait pas. J'imaginais qu'aucun oiseau ni aucun mammifère ne pouvaient évoluer dans ce rien, faire quoi, aller où ? Aucun vent, et même aucune branche à secouer à cette altitude. Les marmottes qui n'avaient pas encore vu la neige devaient ressembler à des ours. Elles accrochaient des ex-voto dans leurs terriers pour avoir enfin réussi à y entrer."

Qui pourrait décrire cela sans l'avoir vécu ?

J'ai bien aimé aussi ce passage :
"Le tonnerre ! C'est rare ça, pendant les tempêtes de neige. C'est quoi alors ? Cent mille taureaux en pantoufles lâchés dans les rues de Pampelune. « Putain ! Une avalanche ! Ça commence ! On est à combien Patrick ? "

Et Françoise, son espoir, son fantasme au col claudine, son Everest impossible ! Une expression colle bien à la situation: pour elle je gravirais des montagnes.

J'ai bien aimé aussi Momo se faisant un film sur les gros titres des journaux du lendemain.

Personnellement, j'admire les auteurs de nouvelles. Quel travail, que de nombres d'heures d'écriture, de relectures, de corrections. Moi je dis bravo car j'avoue me sentir incapable d'en faire autant alors ma note tiendra compte de tout cela et aussi du plaisir que j'ai eu à me frayer un chemin, la neige jusqu'aux yeux dans les pages de ce récit riche d'anecdotes et de sourires attendrissants.

Ce que je n'aime "vraiment pas", c'est la longueur de mes commentaires, j'espère que l'auteur ne m'en voudra pas trop.

Cristale
et les marmottes des Pyrénées qui ne connaissent pas leurs consœurs des Alpes.

   Robot   
10/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne serai pas original. mais ce que j'aime avant tout dans un récit c'est qu'il me raconte une histoire sans qu'il soit forcément besoin d'une analyse psychologique ni d'interrogation sur le pourquoi du comment et le passé des personnages. Ils "sont" et leur seule participation à l'action m'intéresse

C'est une histoire que j'ai trouvée ici avec quelques traits d'humour non forcé et cela a suffit à mon bonheur d'autant que la simplicité du récit et l'écriture déliée m'ont retenu jusqu'au bout.

   Grifon   
10/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir,
j'ai bien aimé suivre ce groupe dans sa folle randonnée enneigée jusqu'au refuge. Cela n'est sûrement pas étranger à mes propres randonnées en montagne même si je n'ai jamais vécu une situation si critique. Mais on comprend vite, avec l'expérience, que la montagne est un milieu qui peut très vite devenir hostile.
Bravo pour ce style bien imagé avec des phrases courtes, efficaces et percutantes. Un vrai style pour moi où l'on est vite embarqué dans l'histoire.
Dommage que le soufflé retombe sur la fin et il me semble que l'on s'égare un peu sur des chemins non indispensables : l'échange avec le sauveteurs, l'arrêt chez le couple de vieux...
Mais dans l'ensemble j'ai suivi avec plaisir cette aventure.
Alors merci !
Grifon

   Thimul   
11/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une écriture imagée et pétillante comme je les aime.
À partir d'une histoire somme toute très simple où il ne se passe pas énormément de chose, le regard décalé du conteur rend l'intrigue captivante et ça, ce n'est pas donné à tout le monde.
Bref, je ne vais pas m'éterniser parce que l'auteur va finir par prendre la grosse tête.
Un très bon moment de lecture.

   JPMahe   
22/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un peu déçu, j'attendais un rebondissement à la fin. Le texte finit en plateau, on aurait aimé un pic !


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