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Sentimental/Romanesque
ed2line : La lettre du cœur [concours]
 Publié le 30/08/08  -  7 commentaires  -  8454 caractères  -  165 lectures    Autres textes du même auteur

Les sœurs E2L vous présentent une histoire d'amour incroyable mais vraie... Que feriez-vous si l'amour de votre vie était condamnée à mourir?


La lettre du cœur [concours]


Ce texte est une participation au concours n°6 : Collaborations estivales (informations sur ce concours).



Note des auteures : Ce récit est inspiré de faits réels, adaptés pour les besoins de la nouvelle.



* * *



Le vent soufflait entre les arbres, faisant résonner dans le quartier tout entier le son des feuilles bruissant avec nonchalance en ce jour d'automne à peine frisquet.


Éva se tenait sur le porche, ses longs cheveux blonds volaient autour d'elle. Elle se sentait mal, mais en même temps elle ne s'était encore jamais sentie aussi bien.


Steph n'était pas là, mais elle ne ressentait pas une once de solitude.


Souriant aux éléments elle savait qu'elle ne serait plus jamais seule.



* * *



Cela devait faire un mois que Steph se creusait les méninges pour trouver le moyen de rendre possible la greffe de sa femme.


Éva âgée de vingt-cinq ans était très belle, grande avec un corps fin et musclé, des yeux noisette et de longs cheveux blonds. Il l'aimait plus que tout.


Mais, hélas, Éva était née avec le cœur fragile. Et, avec le temps son état s'était terriblement dégradé. Tant et si bien que si l'on ne trouvait pas rapidement de donneur compatible elle mourrait dans les prochaines semaines. Comme elle était du groupe AB négatif, il était difficile de rencontrer la perle qui périrait pour qu'elle puisse enfin guérir.


Steph avait été effondré quand les médecins lui avaient annoncé que sa femme allait mourir.


C'est vrai, pourquoi? pourquoi elle et pas moi? C'était cette question qui le hantait chaque matin quand il se levait.


Après tout, la vie est vraiment injuste. Éva ne mérite pas ça, disait-il tout le temps et à qui voulait l'entendre.


Tous les jours il devait affronter la souffrance de la femme qu'il aimait. Son essoufflement permanent, sa fatigue quotidienne, les vomissements incessants, les vertiges, et son accablement face à ce corps qui ne lui laissait aucun répit. Rester là, impuissant devant sa douleur, il ne pouvait plus le supporter. Les allers-retours à l'hôpital, les nuits passées sans sommeil, où le seul repos qu'il parvenait à prendre était troublé par les gémissements d'Éva.


Alors, imaginez le choc qu'il a pu recevoir à l'annonce des médecins : malgré son apparition tout en haut de la liste d'urgence, aucun donneur potentiel ne se révélait compatible.


Il allait devoir se résigner à lui dire : Adieu ! Mais il se refusait à baisser les bras aussi facilement. Quel que soit le moyen, quelle que soit la fin, il ne permettrait pas qu'elle meure ! Au marché noir, il avait pleuré quand on lui avait dit le prix de la transaction, mais il envisageait sérieusement de vendre la maison pour y parvenir. Malheureusement, son contact se fit mettre aux fers, opération de police et arrestations médiatiques, et il crut que tout avait été vain, qu'il ne restait plus aucun espoir.


Alors il se coupa les cheveux en quatre, et finit par trouver une solution. La seule chance qu'il leur restait, et ce serait la bonne ! Il ne pouvait en être autrement.



* * *



La chambre surchauffée sentait l'éther et l'eau de Cologne. Depuis trois semaines, Éva était hospitalisée, la situation s'aggravait de jour en jour, et elle n'aurait bientôt plus la force de lutter.


Steph, son mari, avait à peine vingt-huit ans. Il était grand et très carré aux épaules. Ses cheveux roux coupés court et ses yeux verts lui donnaient un certain charme. Elle ne voulait pas mourir ! Elle ne voulait pas abandonner son amour alors qu'il leur restait tellement à vivre.


Elle pensait encore à lui quand un médecin entra dans sa chambre et lui apprit, soulagé, qu'ils avaient enfin trouvé un donneur.


Il lui expliqua que pour des raisons personnelles celui-ci souhaitait rester anonyme, comme c'était souvent le cas.


Elle se sentit reconnaissante, et n'attendait qu'une chose, que Steph revienne enfin de voyage d'affaires pour fêter l'évènement avec elle.


Mais le lendemain, alors que l'opération était programmée en début de matinée et qu'on conduisait Éva au bloc, il n'était toujours pas de retour. C'est seule qu'elle se fit conduire vers la salle qui lui avait été réservée. Alors qu'elle comptait à rebours, elle ne put s'empêcher d'offrir sa dernière pensée à son mari.


L'opération se passa à merveille. À son réveil, Éva fut déçue, surprise et inquiète de n'avoir toujours aucune nouvelle de Steph. Ses parents restaient dans le vague, certainement pour la ménager pendant la période de convalescence au cours de laquelle ils seraient fixés sur le greffon. Il subsistait un risque que son corps ne le rejette. Après quelques semaines, elle se fit à l'idée que Steph n'avait pas dû supporter la pression et avait finalement décidé, comme elle le craignait depuis longtemps, de la quitter.

Puis vint le jour de rentrer chez elle...



* * *



Éva était furieuse.


« C'est sûrement l'un des moments les plus importants de ma vie, et je n'ai pas vu Steph depuis la veille de l’opération. »


Elle fulminait de colère et d'inquiétude de n'avoir toujours pas vu son mari.


Elle dut prendre un taxi pour rentrer chez elle.


Elle savourait malgré elle les quelques kilomètres de route bordée de verdure, de chants d'oiseaux, de rires d'enfants, de toutes ces choses auxquelles elle avait failli devoir dire adieu. Un pincement lancinant lui vrilla le cœur alors que la voiture pénétrait par le portail de la propriété dont Steph avait lui-même dessiné les plans.


Elle entra, espérant toujours qu'en poussant la porte elle aurait la surprise de voir Steph, un bouquet de violettes à la main, un sourire désolé mais résolument ravi aux lèvres. Une larme se fraya un chemin entre les pores hérissés de chair de poule de son cou et termina sa fuite sur le col de son chemisier.


La maison sentait le renfermé, comme si depuis son départ personne n'y avait mis les pieds. Elle s'empressa d'aérer les pièces du premier et décida qu'elle avait bien mérité une bonne tasse de thé brûlant.


Une lettre était posée sur la table, elle portait son nom.


Éva l'ouvrit et en lut le contenu, retenant à grand-peine son chagrin.


Mon amour,


Je t'écris cette lettre du cœur car tu dois être folle d'inquiétude, mais ne t'en fais pas.


Je vais bien. Je crois même que je n'ai jamais été plus heureux et sûr de moi de toute ma vie.


Quand on m'a dit que tu étais condamnée j'ai beaucoup réfléchi et j'ai pris la seule décision qui s'imposait.


Le cœur qu'on vient de te greffer t'appartient depuis que nos chemins se sont croisés, cette nuit colorée au bord de la mer.


Tu te souviens de ce rendez-vous il y a quelques mois, celui où je t'ai dit avoir revu un ancien ami de fac?


Je te prie de ne pas m'en vouloir, mais je t'ai menti. Ce jour-là, je me suis rendu à l'hôpital, j'y ai rencontré ton cardiologue. Nous avons longuement discuté de toutes les options qui s'offraient à toi, et de cette coïncidence incroyable... Nos groupes sanguins, compatibles, comme si depuis notre naissance nous étions faits pour nous rencontrer. Le destin m'a mis sur ta route, tu dois maintenant la poursuivre seule...


Ma décision n'a pas été difficile à prendre, et si les médecins ne t'en ont pas parlé c'est à ma demande exclusive. Ne leur jette pas la pierre. Tu n'aurais jamais accepté que je fasse ce que j'ai fait, si tu avais su !


Voilà, si tu lis ces lignes, c'est que tout s'est bien passé. Laisse un peu de temps à ma famille, ils comprennent mon acte, mais ils ne peuvent pas encore l'accepter. Ils t'aiment et seront là pour toi, ne t'en fais pas.


Je t'ai offert mon cœur pour pouvoir être toujours auprès de toi. C'était la seule solution pour que nous restions ensemble.


Je sais que ça sera difficile pour toi, mais je te fais confiance, je sais que tu vas continuer à nous faire vivre.


Je t'aime pour l'éternité.


Ton amour,


Steph.


Les yeux emplis de larmes, Éva s'effondra sur une chaise.


Son cœur battait un peu trop vite, mais il battait...


____________________


Auteures :

ed2line

Estelle2L


 
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   xuanvincent   
30/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Bravo les filles, pour cette histoire émouvante !

Ce récit, donc inspiré de plus d'un fait réel, m'a touchée, en particulier la lettre du compagnon à sa femme (qui a failli me faire pleurer).

La description de l'épuisement de la jeune femme, de la souffrance de son mari m'a paru bien écrite.

Je suis sensible au souci de bien écrire des auteures.

Intéressant, j'ai trouvé, le choix de dialogues au discours indirect et au discours direct libre (et l'absence de dialogue au discours direct), qui permettent une plus grande fluidité du récit) !

Certaines parties de phrase toutefois m'ont paru un peu moins bien écrites que le reste du texte ou moins me plaire, ainsi :
. "à peine frisquet" : "à peine" ne me paraît pas très bien choisi, dans cette phrase poétique.
. "Eva âgée de vingt-cinq ans (...)" : j'écrirai plutôt "Eva, âgée de vingt-cinq ans, (...)"
. "Alors il se coupa les cheveux en quatre" : expression toute faite, à éviter (les expressions toutes faites) à mon avis, si possible

Sur le fond :

J'ai senti venir le fait que l'ami allait donner son coeur, l'effet de surprise ne m'a donc pas paru très réussi. Par contre, ensuite, la lettre de l'ami m'a touchée, émue.
. "Je t'ai offert mon cœur pour pouvoir être toujours auprès de toi. C'était la seule solution pour que nous restions ensemble." : j'ai apprécié cette phrase, le mari ne dit pas explicitement qu'il lui a fait don de son coeur pour la greffe, mais on comprend parfaitement ses paroles.

. "il était difficile de rencontrer la perle qui périrait pour qu'elle puisse enfin guérir." : cette phrase m'a sur le coup intriguée même si les auteures ont sans doute pensé que le donneur serait déjà décédé au moment du don de son coeur.
. au marché noir : le récit se situe pendant une guerre ? (il m'a paru manquer un élément de compréhension pour le lecteur).

Pour finir, le paragraphe final du texte, bien qu'un peu court par rapport à la longue lettre du mari, m'a plu.

   Anonyme   
30/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La lettre est terrifique... magnifique, pardon...

Mais quelques maladresses pour y arriver, trop de lieux communs... qui affaiblissent la nouvelle (qui aurait pu en dire plus sur certains aspects-ex le marché noir à peine évoqué).

Mais que cette lettre est belle...

   Tchollos   
30/8/2008
L'idée et la chute (lettre) sont vraiment chouette. D'un potentiel romantique évident et bien maîtrisé. Mais je trouve l'idée tellement bonne, tellement pleine de possibilités, que je me sens un peu frustré. Il y a comme un petit goût de "trop peu" pour moi. J'aurais aimé que vous osiez encore plus, sur les symbôles, sur le sacrifice, etc. mais surtout, j'aurais aimé une peu plus de suspense. On comprend tout de suite ce qu'il va faire. Je crois que vous n'avez pas assez exploité la "mise en scène", mais peut-être n'en aviez vous simplement pas envie pour vous concentrer sur l'effet produit par la lettre.

Sur la forme. La lecture est agréable et aisée, assez classique. Sensible mais un tantinet timide et hésitant.
Merci ;)

   widjet   
31/8/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
En bon auteur et en bon commentateur, Tchollos a parfaitement résumé ce qui à mon sens cloche dans ce texte. Déjà il est ultra prévisible. La fin on l'anticipe et on l'a voit arriver à des kilomètres. Pourquoi ? Parce que que justement vous n'avez pas assez joué avec la "mise en scène", en d'autres termes, ça manque de manipulation. Mais peut-être n'en aviez vous pas envie et étiez plutot dans l'optique de l'aborder de façon linéaire, ce que je respecte.
Alors, bien sûr le texte est touchant et je ne remets acunement en cause la sincérité surtout s'il est tiré d'une histoire vraie.

Mais là encore, pour rebondir sur le comm de Tcho, le traitement est trop sage, presque enfantin alors que le sacrifice fait est enoooooooome, magnifique, déchirant, cruel etc....

La faute à la forme. Et là, ça ne pardonne pas. Ici le style, la façon d'écrire, trop anodine fait (désolé si je suis dur) presque injure au fond qui se veut émotionnellement puissant. Avec plus de travail, plus de méticulosité dans le choix des mots - mais aussi plus de recul, en essayant de rester froid, (ce qui n'est pas une mince affaire j'en conviens) - la force évocatrice aurait été décuplée. Le sujet en lui même est trop important pour un traitement si timoré. Prenez pas mal les filles, mais ce genre de sujet s'aborde avec peut-être plus de... maturité.

Voilà, pour résumer je dirais que l'intention est plus belle que le résultat. Je félicite néanmoins les deux soeurs, car je trouve la démarche tout à fait émouvante.

Widjet

   Max-Louis   
31/8/2008
 a aimé ce texte 
Un peu
Bon jour les filles,

Quelques remarques :

1erchapitre :
« Eva se tenait sur le porche » : Il est plus probable qu’elle se tienne : sous le porche.

« Elle se sentait mal / encore jamais sentie aussi bien / mais elle ne ressentait pas » : Sentir un tantinet trop présent. Et puis le : « encore, jamais, aussi, bien » : un peu lourd, tout de même.

2ème chapitre :
« Les allers-retours à l’hôpital » : invariable

« Alors, il se coupa les cheveux en quatre » : Pourquoi pas, mais le thème est assez dramatique, et ici, ce cela donne un aspect comique.

3ème
« Eva fut déçue, surprise et inquiète » Surprise, non, étonnée, oui.

« Rentrer chez elle » : Deux fois entre la fin du 3ème chapitre et le début du 4ème chapitre.

4ème chapitre :

« Une larme se fraya un chemin entre les pores hérissés de chair de poule de son cou . . . sur le col de son chemisier » : Cette phrase dénote avec le style de l’ensemble. Et puis : « les pores hérissés de chair de poule de son cou » : A la lecture à haute voix, cela sonne étrangement, voire limite compréhensible.

Un texte qui se tient, si ce n’est le style « un peu eau de rose ». J’ai apprécié moyennement, alors que le thème est fort : Donner sa vie pour l’être que l’on aime.

Max-Louis

   Anonyme   
31/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Ben mince alors je connaissais déjà l'histoire.
En fait j'avais reçu par mail une "chaîne" écrite en langage SMS qui la racontait. Du coup c'était pas émouvant du tout et je n'ai pas pu profiter des derniers moments de la nouvelle puisque je connaissais déjà.
Cependant c'est pas mal plutôt bien écrit même s'il m'a semblé que cela ne valait pas les textes d'Estelle2L que j'ai déjà lus (peut-être que c'est ed2line). J'ai par exemple relevé :
Éva se tenait sur le porche, ses longs cheveux blonds volaient autour d'elle. Elle se sentait mal, mais en même temps elle ne s'était encore jamais sentie aussi bien.

Steph n'était pas là, mais elle ne ressentait pas une once de solitude.

Ca fait unb peu répétition "sentir" et "ressentir", non ?
A part ça j'ai tout de même bien aimé,
Ululo

   Maëlle   
11/9/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
La lettre est plutôt belle. L'idée me parait tirée par les cheveux mais pas plus qu'une autre. Le début par contre est assez poussif, avec notamment de fréquents problèmes de temps.
Les auteurs ne nous permettent pas de découvrir qui sont les personnages, et c'est plutôt dommage. Nous précipiter directement dans le drame ne permet pas vraiment de rentrer dans l'histoire.


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