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Sentimental/Romanesque
embellie : Le chat de George
 Publié le 23/05/19  -  8 commentaires  -  13850 caractères  -  80 lectures    Autres textes du même auteur

Nouvelle imaginée d'après le tableau « Le chat sauvage » du peintre animalier Rosa Bonheur.


Le chat de George


Dans un grand atelier de peintre, deux femmes, chacune devant son chevalet. Soudain :


‒ Rosalie, tu as vu la date ?

‒ Oh ! Nathalie... si tu m'appelles encore une fois Rosalie je te quitte ! Quelle date ?

‒ Mais celle de la préfecture enfin, il faut toujours que je te la rappelle. Veux-tu remettre une robe ?

‒ Non, non bien sûr, j'y vais.


Une heure plus tard Rosa Bonheur est de retour. Elle range dans un secrétaire le fameux sésame lui rendant plus faciles ses déplacements dans les champs, aux abattoirs, dans tous ces lieux où elle peut observer les animaux. Suivant l'exemple de George Sand, elle a demandé à la préfecture l'autorisation de porter un pantalon, une permission de travestissement comme définie par les autorités du moment, renouvelable tous les six mois. Toute femme trouvée travestie, ne s'étant pas conformée aux dispositions légales, donc n'étant pas en possession du fameux papier officiel, était arrêtée et conduite à la préfecture de police.


Avec sa toile « Marché aux chevaux » présentée au Salon de 1853 Rosa Bonheur atteint la notoriété. Elle accède à une reconnaissance qui lui vaut d'effectuer des tournées en Belgique et en Angleterre, au cours desquelles elle est présentée à des personnalités telles que la reine Victoria. « Nous avons toujours professé une sincère estime pour le talent de mademoiselle Rosa Bonheur ‒ écrit Théophile Gautier cette année-là ‒, avec elle, il n'y a pas besoin de galanterie ; elle fait de l'art sérieusement et on peut la traiter en homme. La peinture n'est pas pour elle une variété de broderie au petit point. » Dans son œuvre artistique comme dans ses tenues vestimentaires transparaît donc une certaine masculinité. Toutefois, lors de la visite en sa demeure de l'impératrice Eugénie, venue elle-même lui remettre les insignes de la Légion d'honneur, Rosa avait revêtu une robe en velours rehaussée de bandes en satin broché. Sa coiffure sage et son petit col blanc lui donnaient un air de jeune fille de bonne famille. On connut ensuite l'étonnement de l'impératrice faisant remarquer, à sa suite, la forte odeur de cigare froid flottant curieusement dans cette maison où ne vivait aucun homme.


Elle est alors au sommet de sa renommée et reçoit un jour une lettre de George Sand lui demandant de venir à Nohant voir un animal particulier. Elle se dit certaine de l'intérêt suscité par cette bête pour un génial peintre animalier tel que Rosa Bonheur. En fait, la femme de lettres est très intriguée par la renommée de cette femme peintre et brûle d'impatience de la connaître.

Le « génial peintre animalier » fait attendre un peu sa réponse. On ne donne pas d'ordre à la première femme promue Officier de la Légion d'honneur, quand bien même on serait une fameuse écrivaine reconnue et amie des plus grands hommes du siècle !

Tout de même, elle se décide un jour et fait savoir à sa compagne son intention d'aller voir cet animal. Nathalie veut l'accompagner, mais elle se heurte à un refus catégorique :


‒ Je n'y resterai pas longtemps ; je ne supporterai pas son freluquet de pianiste, j'en suis sûre. Et tu n'as pas fini ce tableau qui devrait déjà être livré. Et qui s'occupera de nos bêtes si nous partons toutes deux ? Et...

‒ Si ma présence te gêne, tu n'auras qu'à me présenter comme ta cousine.

‒ Ne sois pas stupide. George est une femme intelligente, intuitive. Pas un mensonge, si bénin soit-il, ne doit résister à sa perspicacité, surtout lorsqu'il s'agit de sentiments !

‒ Bien, n'en parlons plus. Tu prendras la diligence ?

‒ Non. Trop de monde. Je vais avertir la malle-poste.

‒ Vous ne serez que trois, mais tu ne pourras pas choisir tes compagnons de voyage.

‒ Bof ! On a moins de risque d'être attaqués qu'en diligence.

‒ Le trajet va te paraître long, avec tous ces arrêts pour les dépêches...

‒ Mais vas-tu me laisser tranquille à la fin ? Je prendrai de la lecture... et je prendrai la malle-poste !


Nathalie, boudeuse, se remet à peindre et ne dit plus un mot jusqu'au soir.


Après la grande foire de printemps, d'où elle ramène un grand nombre de croquis d'animaux de ferme, Rosa Bonheur fait le voyage pour Nohant. Elle est reçue au château avec déférence, ce qui n'est pas pour lui déplaire, malgré son habitude des honneurs. On la conduit avec son bagage dans la chambre bleue. Elle remarque les meubles en marqueterie Boulle, le lit en loupe d'orme et son baldaquin à la polonaise dans le même tissu recouvrant les murs. Elle est obligée de reconnaître le goût raffiné de son hôtesse. En plein Berry, elle s'attendait à plus de rusticité. Le soir, la salle à manger doit à l'abondance de candélabres son atmosphère chaleureuse et dorée.

La maîtresse des lieux a invité pour l'occasion quelques proches notables, curieux de connaître ce génie de la peinture, ainsi que le vétérinaire qui soigne ses chevaux.

Rosa apprécie sa première soirée au château. Dans le salon Louis XVI enfumé, les discussions, axées sur les arts et la politique, sont percutantes. Hugo, Flaubert, sont souvent cités. Tout le monde félicite l'invitée pour la plus haute distinction attribuée à une femme jusqu'à ce jour.

George demande :


‒ Vous qui avez eu l'honneur de la voir de près : l'impératrice est-elle aussi petite que l'on dit ?

‒ Oh, oui ! À peine un peu plus grande que vous, mais un charisme, une distinction remarquables.


Chopin regarde George Sand, craignant sa réaction. Elle continue :


‒ C'est l'impératrice ou la femme qui vous a subjuguée ?

‒ Que tentez-vous d'insinuer ? J'aime les femmes, autant que vous les hommes, c'est entendu. Mais quelle femme aurait l'outrecuidance de chercher à séduire Son Impératrice ?

‒ Si c'est une femme ambitieuse, recherchant les honneurs, fumant cigare et portant pantalons, pourquoi pas ?


Rosa, avec un petit rire sec :


‒ Ah, ah ! Attention, ma chère, c'est un autoportrait que vous nous peignez là, et...


George l'interrompt et s'écrie, comme saisie par une idée subite :


‒ Oh ! Avez-vous eu l'opportunité de lire mon « Éclaireur de l'Indre » ?


N'écoutant pas la réponse, elle respire profondément en agitant son éventail devant son visage empourpré.

Il est ensuite beaucoup question de cette gazette créée par George Sand qui remporte un franc succès, un peu trop au goût de l'invitée. Le notaire et le sous-préfet se lancent dans un concours d'éloquence et rivalisent d'adjectifs dithyrambiques. Pour éviter de se mêler à cette conversation, Rosa quitte son fauteuil et va s'asseoir auprès de Frédéric Chopin :


‒ M'en voudrez-vous beaucoup, cher artiste, si je vous pose une question mille fois posée, je suis sûre, par vos nombreux admirateurs ?


Il redresse son buste, passe une main dans ses cheveux avec un léger soupir et un demi-sourire :


‒ Posez, madame, posez...

‒ Eh bien, si talentueux soit-il, le peintre ne fait que reproduire ce qu'il voit. De nos arts, le vôtre est sans aucun doute le plus créatif. Aucun modèle, tout dans la tête. J'aimerais savoir comment vous vient votre inspiration.


George, qui s'est approchée, dit avec empressement :


‒ Sa création est spontanée et miraculeuse. Il la trouve sans la chercher, sans la prévoir. Elle vient sur son piano, soudaine, complète, sublime, ou elle se chante dans sa tête pendant une promenade, et il a hâte de la faire entendre à lui-même en la jetant sur l’instrument.


Rosa, excédée, feint de ne pas avoir entendu :


‒ Eh bien, monsieur Chopin ?

‒ Je ne serai pas aussi catégorique que ma bien-aimée... L'inspiration... Je la trouve sans la chercher certes, mais ses origines restent un peu floues pour moi. Tout n'est pas dans la tête, cela vient du cœur, de l'âme, de rêves enfouis en moi depuis l'enfance...


La soirée se termine et, par bonheur pour l'invitée, personne ne demande à Frédéric de se mettre au piano. Elle aurait alors prétexté une migraine subite et serait allée se coucher.

Le lendemain matin, Rosa demande à voir l'animal à l'origine de son déplacement. George explique la découverte dans son domaine d'un magnifique chat sauvage qu'elle a réussi à apprivoiser. Il rôde autour du château, se chauffe au soleil sur le rebord des fenêtres. On laisse le soin au vétérinaire de le saisir. C'est « un beau chat, bien fourré, gros et gras » comme le Raminagrobis de monsieur de La Fontaine. Son pelage est brun, doré, un peu roux et noir, sa queue zébrée très fournie. C'est vraiment un très beau spécimen.

George Sand, un léger soupçon dans la voix, demande :


‒ Avez-vous déjà fait poser des chats pour les peindre ?


Rosa, interloquée :


‒ Faire poser un chat ? Mais je n'ai jamais fait poser un seul des animaux que j'ai peints ! Je les observe, je fixe leur image dans ma mémoire, je m'aide de quelques croquis faits à la sauvette...


Alors, des trémolos dans la voix, la bonne dame de Nohant explique la santé déclinante de cet animal malgré son aspect robuste, son âge approximatif d'après les affirmations du vétérinaire, le peu de temps qu'il lui reste à vivre et son souhait impérieux de le voir fixé sur une toile avant qu'il ne disparaisse à jamais.


‒ Il mérite un portrait de bonne facture. Acceptez-vous cette commande un peu spéciale ?

‒ Certainement, ma chère. Je ne vois là rien de spécial ; d'ailleurs, si vous permettez, je vais faire quelques esquisses car il n'est pas question, n'est-ce pas, que je retourne à Thomery avec ce gros matou dans mon bagage !


Les dessins exécutés, George Sand insiste pour garder son invitée une journée supplémentaire. Elle lui fait visiter son domaine, la conduit un peu plus loin, en forêt, pour lui montrer les divers lieux lui ayant inspiré « François le Champi », « La Petite Fadette », « La Mare au diable »...

Apparemment, elles sont devenues les meilleures amies du monde.


Quand, de retour en son château de By, près de Thomery, le peintre sort ses croquis de sa mallette en cuir, Nathalie fait une grimace dédaigneuse :


‒ Tout ce voyage pour un chat !...

‒ Ah, mais si tu l'avais vu, une bête extraordinaire : haute sur pattes, longue queue touffue, port de tête… de… de...

‒ De reine, sans doute !

‒ Non, un port de tête bien à lui, montrant sa personnalité affirmée, son indépendance.

‒ Un chat sauvage peut-être ?

‒ Exactement. Tu ne crois pas si bien dire. En vérité, c'est un chat sauvage apprivoisé par George, auquel elle tient tout particulièrement, et qui valait le déplacement. Je dois traduire tout ceci sur ma toile. George n'accepterait pas le portrait d'un minou ordinaire.


Nathalie maugrée entre ses dents : « George, George, George, on n'a pas fini d'entendre ce nom-là. »

Rosa se met au travail et, tout en peignant, raconte un peu son séjour, en prenant soin de ne pas trop parler de son hôtesse, afin de ne pas susciter chez sa compagne une jalousie à fleur de cœur. Le tableau n'est pas bien grand. Il est vite réalisé. Dès qu'il est totalement sec et peut supporter un emballage, Rosa le confie à la malle-poste pour Nohant.


Quelques semaines après, une lettre de George Sand confirme sa satisfaction, le tableau étant arrivé en bon état. Elle annonce le paiement, selon les modalités convenues.

Rosa Bonheur se sent frustrée par la concision et la sécheresse de ce courrier.


‒ Pas un remerciement, pas un mot sur ma peinture. Tu te rends compte, Nathalie ? Une femme à la plume aussi aisée, ne pas s'en servir quand l'occasion se présente, c'est vraiment de la mauvaise volonté. J'aimerais tout de même savoir si les couleurs sont conformes au modèle, si le portrait lui plaît... On dirait vraiment qu'on lui a livré une vulgaire marchandise. Quel manque de considération, quelle impolitesse, quel mépris, quel… quel... oh, je n'ai plus de mots !

‒ Mais ma chérie, il ne faut rien attendre de ces intellectuels, tu devrais le savoir, nous ne faisons pas partie de leur monde...

‒ De leur monde ? Ah, j'aurais voulu que tu les voies dans leur monde, imbus d'eux-mêmes, se torturant le cerveau pour essayer de définir d'où leur vient leur inspiration...

‒ Justement, tu n'as pas voulu que je les voie. Tu sais très bien que je pressens les réactions des individus ; j'aurais pu te mettre en garde.


Le temps passe, atténuant peu à peu la rancœur. Les commandes obligent à une activité ininterrompue, il faut faire des déplacements.

Au printemps de l'année suivante, munie de son carnet à croquis, Rosa prend la malle-poste pour se rendre sur un lieu de transhumance observer des troupeaux. Un voyageur précédent a laissé sur son siège un numéro de « L’Éclaireur de l'Indre ». Elle le feuillette machinalement. En page centrale, un article de George Sand sur le bon choix en matière d’œuvres d'art : intriguée, elle lit. Après une série d'astuces et de conseils pour aider les profanes à découvrir la perle rare, son article se termine ainsi :

« Et enfin, si vous voulez acquérir une peinture, allez dans des expositions, choisissez un tableau déjà fait. Gardez-vous bien de passer commande. Imaginez. Vous pourriez demander le portrait d'un animal splendide, bien proportionné, idéalement beau, et recevoir l'image d'une bête affalée au sol, la tête bizarrement relevée comme en équilibre instable, les pattes arrière de longueur différente, si bien qu'on l'imagine boiteuse, la plus longue patte ressemblant à une deuxième queue... Qu'un tel désagrément vous échoie et le tableau tant désiré finira ses jours dans une remise.

Dommage non ? »

Rosa devient rouge, des larmes troublent son regard. D'un geste vif elle froisse le journal entre ses mains rageuses et le jette par la portière.


 
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   plumette   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Voilà une scène surgie du passé à laquelle l'auteur.e donne une belle vivacité et une belle modernité.

La nouvelle met un peu de temps à démarrer. Certes, il est nécessaire de planter le décor, mais je trouve que le récit commence par nous emmener trop loin de George et de son chat sauvage.
Un petit problème de construction donc, avec peut-être un meilleur équilibre à trouver entre les différentes parties.

Ce que je trouve très bien illustré: le sentiment de jalousie de la compagne de Rosa et la rivalité de George et Rosa.

J'ai plutôt apprécié cette lecture, grâce à une plume à la fois précise et fluide, au service de l'histoire.

Plumette

   Sylvaine   
23/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Plaisante nouvelle au sujet original, qui dépeint avec délicatesse deux personnalités féminines hors normes dans un siècle conventionnel. Les sentiments sont suggérés avec finesse, en particulier la rivalité feutrée, masquée par les exigences de la courtoisie entre les deux créatrices dont chacune, en fait, souhaiterait éclipser l'autre. Leurs échanges sont des combats à fleuret moucheté, un affrontement entre deux chats qui ne sortent qu'à demi les griffes, jusqu'au moment où Rosa lit l'article de George qui, lui, lui inflige une vraie blessure. Deux petites remarques sur la forme : il me semble qu'on n'écrit pas "pour si bénin qu'il soit", mais, au choix, "pour bénin" ou "si bénin ". Il me semble aussi que dans "faisant remarquer, à sa suite," les deux virgules sont de trop.

   Corto   
27/4/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voici une nouvelle qu'on se régale à lire. La description des personnages, le déroulement des actions successives, les rapports entre individus sont très bien rendus.

On apprend bien des choses sur des personnes célèbres comme le caractère de Rosa Bonheur qui doit se rendre tous les 6 mois à la Préfecture pour pouvoir porter un pantalon ! Cette même Rosa trop franche nomme "freluquet" un certain Chopin, avant de se rendre à Nohant à l'invitation de George Sand.
On y suit la description distinguée des lieux avec "les meubles en marqueterie Boulle" avant de vivre la soirée mondaine avec les notables locaux.

Vient la gaffe succulente lorsque George Sand demande à son invitée "l'Impératrice est-elle aussi petite que l'on dit ?" et la réponse directe de Rosa:"Oh, oui ! A peine un peu plus grande que vous".

Décidément George et Rosa ne sont pas faites pour se côtoyer... Lorsque cette dernière veut s'entretenir entre artistes avec Chopin, George vient s'immiscer abusivement dans la conversation !

Mais Rosa a bon cœur et elle accepte de faire un tableau représentant le chat sauvage recueilli par l'écrivaine. La peintre aura le cœur meurtri lorsqu'elle découvrira plus tard que son oeuvre a été publiquement tournée en ridicule par George Sand dans le journal local qu'elle publie.

La morale de cette histoire pourrait être qu'un artiste (ou un poète qui sait ?) doit suivre et travailler son inspiration sans se laisser rabattre par les prétentieux qui le dénigrent. Les Impressionnistes (à peu près à la même époque d'ailleurs) ont eux aussi subi des attaques ou du mépris, un certain Van Gogh n'a pas vendu de tableaux etc.

La postérité rend parfois justice à ceux qui ont été jusqu'au bout de leurs capacités et de leur talent.

Bravo à l'auteur pour cette belle épopée.

   hersen   
23/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ou comment un écrivain n'est qu'un intellectuel, pas un artiste !

l'histoire présente peut-être un peu de longueur, mais de ce fait, je trouve le ton juste pour évoquer cette époque passée.

j'aime beaucoup tout ce que Sand ne peut comprendre des animaux, n'étant fière que des siens propres, tandis que le peintre animalier sait tirer de chacun de ses sujets l'essence de ce qui en fait sa personnalité.
Ceci dit, je trouve qu'il manque un peu, en mot, le chat peint, du point de vue de Rosa, pour contrebalancer celui de Sand;

c'est une nouvelle pleine d'imagination, car il faut se plonger dans un monde qui fut réel et broder sur une vérité possible;

merci de la lecture.

   senglar   
26/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour embellie,


Ainsi Rosa Bonheur a peint un chat sauvage mais c'est George Sand qu'elle aurait dû peindre, elle eût de la sorte croqué une tigresse.

De la rencontre de ces deux femmes avant-gardistes, libérées avant l'heure, toutes deux de caractère, ne pouvait naître qu'un combat pour savoir Quelle était l'homme.
George était certainement la plus roublarde des deux habituée aux joutes littéraires et aux articles de presse, aux coups tordus, aux critiques mais je gage que le pantalon de Rosa était aussi "couillu" (j'espère que vous me pardonnerez l'expression) que celui de Sand.
Deux femmes qui pour leur époque étaient des coqs. Leur combat n'aura pas été vain. Fut-il un prélude aux Suffragettes ?

Sand fut célébrée, boudée et réhabilitée et est aujourd'hui 'ncontournée' et quasiment incontournable.
Bonheur fut célébrée, boudée, on est en train de la réhabiliter, elle est elle-aussi 'incontournée', deviendra-t-elle pour autant incontournable ? Elle est une étape dans le réalisme animalier.
La peinture fait moins de sentiment que la littérature.

Finalement c'est Chopin qui s'en sort le mieux qui a accédé à l'immortalité, celui-là connaissait la musique.


Rivalité Sand/Bonheur bien relatée.
Chute bien amenée.

On vous lit toujours avec intérêt et profit.

Merci :)


senglar

   solo974   
15/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour embellie,
J'aime beaucoup votre nouvelle.
J'ai apprécié d'emblée que dans le titre, l'auteure si célèbre de "La Petite Fadette" et de "La Mare au diable" - que j'apprécie beaucoup par ailleurs - soit évoquée par son seul prénom. Le ton est donné : privée de son patronyme, elle va en "prendre pour son grade" !
L'usage du présent de narration est également très judicieux selon moi : la scène n'en est, en effet, que plus vivante.
Les dialogues, enfin, apportent à votre texte rythme et allant.
Une nouvelle pleine d'humour, servie par une plume alerte : bravo.
Bien à vous et excellente continuation.

   mirgaillou   
5/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est une idée curieuse de mettre en avant Rosa Bonheur, peintre de grand talent mais, je pense, peu connue du grand public. La mettre en scène avec Georges Sand est une bonne idée, elle situe bien l'époque et explique à elle seule les restrictions...costumières.
Amusante mais cruelle l'incompréhension entre deux artistes reconnues...
J'ai trouvé ce texte rafraîchissant et original, qu'importe si sa construction n'est pas rigoureuse, il offre le plaisir d'entrer dans une ambiance.

   Donaldo75   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour embellie,

Ecrire une nouvelle à partir d'un tableau, ça demande pas mal d'imagination. La rendre vivante pour ceux qui n'ont pas vu ledit tableau, c'est encore plus méritoire. Et ici, c'est réussi. Je ne suis pas un fan du sujet, de la période, et du genre, mais je reconnais que tu as réussi à m'intéresser, en tant que lecteur. Je pense que cette réussite vient surtout des dialogues qui apportent de la fraîcheur au texte - parce que certains passages explicatifs sur le contexte sont un tantinet indigestes pour qui ne se passionne pas pour la période - et le rendent incarné, au-delà de l'exercice de départ.


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