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ericboxfrog : Papillons, et toi ?
 Publié le 25/02/22  -  5 commentaires  -  3927 caractères  -  34 lectures    Autres textes du même auteur

Production bord de mer.


Papillons, et toi ?


J’étais sur mon vélo, j’avais longé le bord de mer. Ils ont mis une piste cyclable, c’est génial.


Quand je suis arrivé près de l’aquarium en construction – un méga projet –, bon pour l’instant il a l’air en stand-by, je n’ai vu que trois ou quatre ouvriers, je crois que, comme moi, ils s’émerveillent et regardent les surfeurs qui s’éclatent sur les vagues.


Je descends donc un peu sur la plage, je contourne la palissade du chantier et je vais là où j’aime aller pour regarder la mer.

C’est tout au bout d’un très vieux ponton en béton de chez béton, super balaise ! Il devait soutenir des wagons ou une grue à l’époque, c’est là où les bateaux déchargeaient. Ça a été le tout premier débarcadère de la ville. Aujourd’hui on ne voit que la trace où il y avait les rails. Il y a pas mal de rouille, mais ça tient bon.


Pas trop loin de là, un énorme bout de bateau (ou le bateau en entier…), une épave, qui fait partie du paysage, dans la mer. L’épave est toute rouillée, elle aussi. Quand je vais là-bas, je me mets tout au bout du vieux quai, assis, les jambes qui pendent dans le vide, je mate les petits poissons et je vois parfois une tortue qui vient respirer à la surface.


Ce matin, je ne vais pas m’asseoir à la même place, il y a un pêcheur, enfin, il y en a deux. Celui qui est à « ma place » va perdre, je crois, sa ligne tout à l’heure, il s’est accroché sérieux. Celui qui est à ma gauche a une longue ligne enroulée autour d’une boîte de conserve. Il va attraper un poisson « aiguille » (au bout de la tête de ce poisson il y a comme une grosse aiguille). Le pêcheur s’est fabriqué un truc pour pêcher avec trois bouts de polystyrène espacés et attachés entre eux, avec sur chacun un hameçon. Il m’explique que près du ponton il n’y a rien, alors il jette son bazar dans l’eau et il doit attendre le vent pour qu’il souffle sur les trois bouts de polystyrène jusqu’à peu près cinquante mètres de l’ancien quai.


Il est bien content, il me parle, il m’explique, il me dit que là-bas près de la grosse épave, à marée basse, les pêcheurs lancent leur filet et ramassent quatre-vingts poissons-aiguilles, d’un coup ! Je l’écoute, je parle très peu, je le laisse remettre des petits morceaux de crevettes sur les hameçons.


Alors, j’ouvre mon sac que j’avais posé à côté de moi. Derrière, mon vélo est couché par terre. Je prends mon bloc et un stylo et j’écris ça :


« Papillons, et toi ? »


Allez savoir pourquoi… enfin, voilà, j'écris :


« Les papillons sont arrivés, ils étaient venus par milliers

Et quand je me suis réveillé, ils s’étaient tous éparpillés,

Ils venaient butiner les fleurs qui étaient toutes à leur portée.

Ils ne savaient pas, c’est sûr, que demain, ils ne seraient plus…

Les papillons, c’est bien dommage ne vivent jamais très longtemps.

Ils sont si beaux, il y en a plein.

C’est incroyable, du jamais-vu.

Je vous assure, j’en ai même vu qui avaient recouvert un parc,

On aurait dit un océan non pas de flots,

Mais de papillons à gogo.

J’en ai même vu en haute mer,

Je me demande ce qu’ils faisaient.

Pas vraiment de fleurs dans l’atlantique,

Des poissons oui, mais pas de plantes flottant sur les vagues.

Le genre nénuphar marin, ça n’existe pas.

Papillon de mer y es-tu ?

Parce que tu aimes naviguer ?

Où penses-tu arriver comme ça ?

Demain, tu ne seras plus là.

Mais tu t’en fous, tu as peut-être raison

Et tu ne seras pas le dernier.

Il y aura toujours des papillons qui ne vivront qu’un jour ou deux.

Moi, je vous dis plantons des fleurs

Pour qu’ils viennent les déguster.

Un papillon ça ne mange pas d’pain,

Ça ne fait de mal à personne.

Ça met de la couleur partout

Et puis ça vole, ça batifole.

Moi, j’aime bien ça, les papillons,

Et vous, dites-moi, qu’en pensez-vous ? »


Puis, je lève les yeux et je vois que bientôt, il va faire nuit. Les deux pêcheurs sont partis. Je range mon bloc et mon stylo et je remonte sur mon vélo.


 
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   socque   
20/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Il y a un charme particulier selon moi à cet instantané sans queue ni tête. Il ne se passe pas grand-chose mais les sentiments sont doux et je ressens, qui traverse le texte, un sentiment d'acceptation révérencieuse du monde. Personne ne fait de mal (sauf du point de vue des "poissons-aiguilles", et encore, j'ai de gros doutes sur l'efficacité de la pêche au polystyrène).

Deux remarques de forme :
- le poème papillons m'apparaît trop long et déséquilibrant l'ensemble ;
- la trace où il y avait les rails. Il y a pas mal de rouille (même dans le style décontracté d'écriture, la répétition d'"il y avait/a" en deux occurrences aussi rapprochées se voit, je pense)

   Marite   
25/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'inspiration peut fleurir à tout moment dans des circonstances qui paraissent parfois peu favorables. La première partie de la nouvelle nous mène en bord de mer, sur les lieux désertés d'un ancien débarcadère où ne subsistent plus que quelques traces, morcelées et rouillées des anciennes activités ainsi que deux pêcheurs. C'est alors que surgissent, dans cet environnement peu propice au rêve, des papillons en nombre sous la plume de conteur. Cette seconde partie aurait pu être laissée en prose sans que cela ne me gêne mais la mise en vers inégaux a peut-être été choisie pour différencier les pensées qui traversaient l'esprit du promeneur. Cette part de rêve, traversant nos pensées à des moments inattendus, devait lui être familière car un bloc de papier et un stylo l'accompagnait ...

   Pouet   
25/2/2022
Slt,

je suis assez partagé concernant ce texte car je le trouve "frais" et décalé juste ce qu'il faut, mais en même temps un peu "léger" du côté du traitement. Il me semble qu'il ne faudrait pas grand chose pour que l'écriture passe du "langage parlé" au poétique. J'ai un peu le même sentiment par rapport au "poème papillon" dont le charme empreint d'une certaine naïveté ne parvient pas totalement à me convaincre, mais de peu.
Enfin, la forme semble originale tout en faisant "collage", comme une mise en situation venue broder après coup autour du "poème papillon".

Voilà un peu mon ressenti, dans l'entre-deux, avec un petit manque de quelque chose.

   wancyrs   
26/2/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Salut ericboxfrog,

Même si le récit en prose est bien ponctué, il reste lourd pour moi, et je me suis demandé la raison. Je crois que c'est la technique employée pour conter qui est un problème. Cette façon de raconter fait en sorte que dans trois phrases consécutives on peut utiliser trois temps différents ; et c'est étourdissant ! Pourtant j'aime l'entame du texte avec sa ponctuation si efficace que les images défilent comme dans un petit film.

Le propos accentue cette lourdeur ; par exemple, dans cette phrase : "Ça a été le tout premier débarcadère de la ville. Aujourd’hui on ne voit que la trace où il y avait les rails. Il y a pas mal de rouille, mais ça tient bon."

ça a été
il y avait
il y a pas mal
ça tient bon...
en trois courtes phrases consécutives, je trouve cela un peu moins travaillé

la partie poésie est bonne, et je l'aime bien. elle apporte comme un mystère à l'ensemble, et pousse à la réflexion aussi.

Merci pour le partage !

Wan

   AnnaPanizzi   
1/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Eric,

Une petite tranchette de vie comme on en vit toutes et tous, et qui parfois nous emporte dans l'introspection onirique, et le temps défile... Toujours important d'avoir un carnet et un crayon, le cas échéant une appli bloc-notes sur son tel, que moi j'utilise beaucoup quand ce genre de divagations romantiques me prennent. Pour vous, ce sont des papillons qui vous embarquent à tire-d'aile, mais ça peut n'importe quoi d'autre, le tout est de le retransmettre. Ce que vous avez fait. En lisant votre nouvelle, j'ai songé à la chanson d'Otis Redding, Sittin' On The Dock Of The Bay.

Sitting in the morning sun
I'll be sitting when the evening comes
Watching the ships roll in
And I watch 'em roll away again

Bien joué !

ANna


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