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Science-fiction
Estelle : Fatum - Souvenir d'un lieu cher
 Publié le 30/12/11  -  10 commentaires  -  10998 caractères  -  121 lectures    Autres textes du même auteur

Un soir, New York, le vent souffle dans les cheveux de Sam. Il contemple l'East River en contrebas... et si la solution était là ?


Fatum - Souvenir d'un lieu cher


La nuit tombait sur New York, c'était le moment que Sam préférait parce qu'alors les lumières de la ville prenaient tout leur sens. Dans la cohue et le bruit, les enseignes guidaient les pas des touristes. Les véritables habitants de la grande pomme n'y prêtaient plus attention, sauf dans les moments comme celui que Sam était en train de vivre. Sa position sur le pont de Brooklyn lui offrait une vue imprenable sur Manhattan, les mouvements bruyants de l'East River en contrebas le berçaient agréablement. Il étira le bras vers l'arrière, attrapa une des bières qu'il avait remontées et en décapsula une.


— Tu m'en offrirais une ?


Sam était en équilibre sur une des poutres porteuses, sous la structure, à plusieurs dizaines de mètres au-dessus d'un mur d'eau gelée, il savait depuis son enfance qu'on prenait de gros risques à grimper là-haut, de nombreux maladroits avaient payé cette imprudence de leur vie au fil des siècles. Néanmoins, le sursaut de surprise qui le secoua lorsqu'il entendit une voix dans le seul endroit où il était certain de ne rencontrer personne faillit le faire tomber à son tour. Quand son cœur eut repris un rythme qu'il estima convenable, il réajusta son assise et osa lever les yeux sur son visiteur improbable. L'homme semblait avoir une vingtaine d'années, il portait un costume de belle coupe et une chemise amidonnée. Les commissures de ses lèvres épaisses tombaient légèrement, et le froncement de ses sourcils lui donnait l'air triste de quelqu'un qui est monté pour sauter. Son nez était impressionnant de longueur et de pointe. Ses cheveux mi-longs volaient autour de son visage, noirs comme la nuit qui les englobaient tous les deux.


— Sers-toi !

— Merci.


Sam perçut une pointe d'accent étranger dans la voix de son vis-à-vis qui prit une chope, rota après la première gorgée avant de s'asseoir à quelques centimètres de lui, les yeux posés sur les buildings en face.


— Je m'appelle Piotr. Pierre si tu préfères.

— Sam.

— Y a rarement du monde ici.

— C'est pour ça que je suis là...

— C'est embarrassant alors de me trouver là.

— Non. C'est surprenant. Et un peu bizarre.

— Tu es là pour quoi ?


Normalement, Sam aurait répondu qu'il était venu se détendre avant de monter en scène, boire quelques bières seul et en silence avant l'euphorie qui allait suivre. Mais cet homme lui inspirait étrangement confiance. Il avait de longs doigts fins, presque féminins.


— Je suis sous pression depuis quelques temps. Je chante dans un groupe qui cartonne pas mal pour le moment. On a un concert ce soir au Carnegie Hall. Je suis venu décider si j'y allais ou non.

— Tu iras.

— Comment peux-tu dire ça ?

— Parce que ton seul autre choix se trouve là, en dessous de nos pieds suspendus.


Un silence s'installa, se prolongea, pendant lequel Sam prit conscience de ce qui l'avait amené à monter, à prendre assez de bières pour s'assommer. Il n'avait pas eu l'intention d'aller au concert. Il voulait sauter, il voulait que le monde cesse de tourner trop vite, de prendre des routes qu'il n'avait pas envie de suivre, il voulait que tout s'arrête. Et depuis sa plus tendre enfance, il savait que s'il devait un jour mettre fin à sa vie, c'était l'endroit tout réfléchi pour le faire. Il avait passé les plus beaux comme les plus horribles moments de sa vie à prendre du courage et de la force entre les poutres métalliques gigantesques qui l'entouraient. Et il voulait prendre sa décision ici, ce soir, alors que dans quelques heures il devait entrer sur scène.


— C'est polonais, Piotr ?

— Russe.

— Et toi, tu es là pour quoi ?

— Il y a très longtemps, je suis venu ici pour les mêmes raisons que toi, avec les mêmes doutes que les tiens, d'autres également. Ce soir-là, j'ai repoussé mon acte, j'ai franchi la porte du Hall et mon succès a retenti comme un tir de canon. Je viens pour dire adieu à cette ville... il est temps que je parte.

— Tu vas... ?

— Rentrer chez moi. Retrouver les miens qui m'attendent depuis longtemps. En tout cas je l'espère.


Sam se racla la gorge et échangea sa bière vide contre une pleine.


— Depuis tout à l'heure, je me demande quel âge tu as. Tu dis que tu t'es produit au Hall il y a longtemps, mais tu as l'air d'avoir à peine vingt ans...

— Je suis bien conservé. Je suis bien plus âgé que toi. Ma représentation au Hall date d'une période où les esprits étaient obtus, où les gens se divertissaient sans passion, mais ils aimaient ma musique. C'est ce qui m'a fait reprendre pied ce fameux soir, je me suis dit que ma musique devait encore donner du plaisir et du sens.

— Comme je te comprends. Je pensais que réaliser mon rêve, devenir une star, me donnerait une sensation de liberté que je ne ressens toujours pas. Les personnes que j'emploie, les gens qui m'engagent... je pense qu'aucun d'entre eux ne comprend ce que je fais, ou ce que j'y mets. Ils voient ce que je leur rapporte, ils me demandent de prendre des routes qui ne sont pas les miennes. Et je me formate à leur envie.

— Rien ne t'y oblige.

— Tu rigoles ? Tu me vois dire non aux pontes de la musique, des radios, des plateaux télé ?

— Et pourquoi pas ? Ton succès est acquis, tu n'as plus rien à prouver. Rien ne t'empêche de te donner les moyens d'être libre. Si le public te plébiscite, on t'ouvrira les portes qui se seront fermées quand tu les auras claquées. Ne fais pas comme moi, Sam, ne laisse pas ceux qui te paient dicter la manière dont tu dois vivre.


Ça devenait surréaliste, le vent soufflait de plus en plus fort, il faisait de plus en plus froid, peut-être étaient-ce les bières ou le moral défaillant de ces derniers jours, mais Sam avait l'impression que Piotr perdait de la substance, sa voix lui parvenait de plus loin, semblait s'effacer sous les rafales.


— Je crois que je vais ralentir la cadence sur les bières.

— L'idée est bonne. Ce serait dommage que tu ne sois pas en état de profiter de ton concert. Parce que tu vas y aller, n'est-ce pas ?


Il allait y aller, il le savait déjà, et si Piotr n'était pas à cent pour cent responsable de son changement d'avis, il y était pour beaucoup. Mais quelque chose lui disait qu'il ne devait pas encore le lui confier, que s'il le faisait, Piotr disparaîtrait, comme ses idées noires, en un claquement de dents.


— J'ai perdu tous mes amis... ma copine, que je comptais épouser, que je fréquentais depuis le collège, m'a quitté. Trop de fêtes, trop d'alcool, trop de drogue, trop de femmes. J'ai perdu pied avec la réalité, j'ai cru que c'était ça le bonheur que l'argent pouvait me payer. Je me suis bien planté. Qu'est-ce qui t'est arrivé, Piotr ? C'était quoi, l'intolérable pour toi ?

— Comme toi... l'amour.

— Elle t'a quitté aussi ?

— Il n'y avait pas d'elle... je faisais partie d'un groupe qui rejetait l'homosexualité. Je suppose que c'est encore le cas de nos jours. Quand je me suis arrêté ici, j'avais perdu tout espoir d'être heureux. C'était la première... c'était devenu de plus en plus compliqué à gérer. Je devais me cacher, et je ne suis pas doué pour la dissimulation. Ça s'est su. Comme toi je voulais mettre fin à l'agonie. Une vie de célébrité ça ne se supporte que si l'on se sent en sécurité, si l'on peut partager les moments de calme avec quelqu'un qui nous plaît. C'était devenu impossible pour moi. Mes faits et gestes étaient surveillés, discutés, jugés, condamnés. Ici, je me suis senti libre à nouveau. Et puis je suis rentré auprès des miens. Là-bas... les choses se sont aggravées. Je devenais de plus en plus méfiant... je pense que j'ai dû faire une dépression, on appellerait ça comme ça aujourd'hui.

— Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?

— Je pense que tu le sais.


Sam a repris une bière.


— Comment... ?

— Peu importe. J'ai commis une erreur que j'ai l'éternité pour regretter. Ma seule chance de voir les choses changer, c'est ce soir. Je n'en aurai pas d'autre. C'est à quelle heure ton concert ?

— Dans une heure. Je vais y aller, Piotr. Je vais aller chanter. Et puis je tenterai de monter ma propre boîte de prod comme Jay-Z ou P. Diddy.

— Tu m'en vois ravi.


Sam se tourna quelques secondes pour mettre la flamme de son briquet à l'abri du vent et rassembler les bouteilles dans le sac qu'il allait redescendre avec lui. Quand il reprit sa position, son compagnon avait disparu, tout comme il était arrivé, sans un bruit.



***



— Ah, ça y est ! La STAR s'est décidée à se bouger le fion et à nous rejoindre ?

— Laisse tomber Aaron, c'est pas le jour. Le public est chaud ?

— Bouillant.

— Je vais me préparer.


Sam traversa le Hall en direction de sa loge, une énorme pièce peinte en blanc, remplie de mots d'encouragements, de fleurs et de cadeaux de fans et d'amis. Il se changea, fit quelques vocalises et but un grand verre d'eau glacée. En sortant pour monter sur scène, son regard fut attiré par une série de photos anciennes encadrées le long du mur de droite. Elles dataient de la fin du 19e siècle et retraçait la construction et l'inauguration du Hall. Une des photos retint son attention plus que les autres. Un homme en costume de coupe impeccable se tenait sur scène, la commissure de ses lèvres pendait vers le bas, l'inclinaison de ses sourcils lui donnait un air triste ; et bien que la plupart de ses cheveux étaient tombés et que son visage s'était émacié, Sam fut certain que quand il était jeune, il les portait longs. Son nez était long et pointu. Ses mains fines, presque féminines.


La porte de sa loge s'ouvrit en grand et son guitariste apparut dans l'embrasure de la porte.


— Comment ça va, mec ?

— Mieux.

— Tu te sens prêt ?

— Plus prêt que jamais.

— Alors rapplique, c'est à nous dans deux minutes !

— Je te suis.


Sam emboîta le pas à son musicien et ami, l'adrénaline montant progressivement dans chaque parcelle de son corps. Alors qu'il arrivait à la porte, il fit demi-tour et déchiffra la gravure sur la plaque dorée du cadre où il avait reconnu son compagnon de beuverie en pont aérien.


« Inauguration – 1891 – Piotr Illich Tchaïkovski »



____________________


Nouvelle librement inspirée de faits réels.

Piotr Illitch Tchaïkovski est né en 1840 à Votkinsk.

À 51 ans, il donnait un concert pour l'inauguration du Carnegie Hall à New York. Deux ans plus tard, en 1893, il décédait à Saint-Pétersbourg âgé de 53 ans à peine. Selon les livres d'Histoire, il serait mort du choléra mais certaines sources non officielles penchent pour un suicide. En effet, selon la théorie de la musicologue russe Alexandra Orlova en 1979, Tchaïkovski, connu pour son homosexualité, aurait été découvert en compagnie du neveu mineur d'un membre de la noblesse russe, aurait été poussé au suicide par un tribunal d'honneur constitué d'anciens étudiants du Collège Impérial de la Jurisprudence de Saint-Pétersbourg. De plus, compte tenu des moyens médicaux de l'époque, rien ne permet encore à ce jour de confirmer ou d'infirmer la cause exacte de son décès.


© Estelle2L


 
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   socque   
7/12/2011
 a trouvé ce texte 
Moyen
Oui... ce qui me gêne, c'est que Tchaïkovski soit mort à Saint-Pétersbourg et non à New York, et que ses affres aient été tout de même bien différentes de celles de l'artiste contemporain.
En outre, le texte ne présente aucune surprise pour moi, ne m'apprend rien (à part le petit paragraphe wikipédiesque sur Tchaïkovski) ; j'ai lu une histoire de fantôme assez classique parsemée de quelques considérations que j'ai trouvées banales sur la solitude de l'artiste. Pour moi, cela ne suffit pas à faire un texte intéressant, malgré l'écriture tout à fait correcte (sans grand relief toutefois, à mon goût).

   wancyrs   
30/12/2011
 a trouvé ce texte 
Bien -
Salut Es !

Même si le texte n'est pas assez original, il renferme le capital émotionnel nécessaire à faire aimer une œuvre. J'ai bien aimé même si j'ai eu un peu de mal avec la syntaxe. Je ne sais pas si c'est le texte qui a réussi à faire vivre les scènes, ou bien si c'est mon imagination, mais j'étais bien sur ces poutres avec les acteurs et je vivais leur tragédie...

Quant à la syntaxe, je vais exposer ce qui m'a un peu bloqué.

"Sam était en équilibre sur une des poutres porteuses, sous la structure, à plusieurs dizaines de mètres au-dessus d'un mur d'eau gelée..."
Les poutres d'un pont ne font pas partis de la structure du pont ? si oui, pourquoi dire "sous la structure" et non "dans la structure" ?

"
Sam était en équilibre sur une des poutres porteuses, sous la structure, à plusieurs dizaines de mètres au-dessus d'un mur d'eau gelée, il savait depuis son enfance qu'on prenait de gros risques à grimper là-haut, de nombreux maladroits avaient payé cette imprudence de leur vie au fil des siècles. Néanmoins, le sursaut de surprise qui le secoua lorsqu'il entendit une voix dans le seul endroit où il était certain de ne rencontrer personne faillit le faire tomber à son tour."

C'est à partir du "Néanmoins..." que je ne suis plus. J'aurais attendu : "il savait que c'était dangereux, néanmoins il est monté" et non :"il savait que c'était dangereux, néanmoins le sursaut faillit le faire tomber"

"Un silence s'installa, se prolongea, pendant lequel Sam prit conscience de ce qui l'avait amené à monter, à prendre assez de bières pour s'assommer" Je ne sais pas si la concordance de temps est bonne dans ce paragraphe, mais je trouve l'expression un peu lourde. Pourquoi ne pas dire simplement : "un silence s'installa, se prolongea pendant que Sam prenait conscience de ce qui l'avait amené à monter..."

"Si le public te plébiscite, on t'ouvrira les portes qui se seront fermées quand tu les auras claquées" J'aurais vu le conditionnel ici : "portes qui se seraient, lorsque tu les aurais...", mais c'est un choix d'auteur...

Voilà, il y en a peut-être d'autres, mais je n'ai relevé que ceuses-là.

J'aimerais bien savoir ce que Piotr allait faire pour changer son sort... aider un autre à ne pas gâcher le sien ?

Wan

   Palimpseste   
30/12/2011
 a trouvé ce texte 
Moyen
J'ai bien aimé le texte en général...

Un peu léger et cousu de fil blanc, la gars qui se trouve tout en haut et qui en repart sans se faire remarquer...

J'aurais adoré si l'Histoire (avec un grand H) avait été respecté... Parce que là, on se fait à l'idée que Pior s'est suicidé depuis ce pont... Or, ce n'est pas la cas...

Une phrase permettant d'en faire non pas un fantôme attaché au lieu mais aux personnages (les musiciens au Carnegie) permettrait de passer à une histoire plus attachante.

Sinon, du on boulot d'écriture. J'adhère à la plupart des commentaires Wancrys, mais l'ensemble est de bon niveau...

   alvinabec   
30/12/2011
Bonsoir,
L'histoire, sans surprise, semble du coup un peu plate. Vous trouverez, c'est sûr, de quoi augmenter l'effet.
L'écriture est fluide, le ton est raccord avec le personnage de Sam, pt-être Piotr pourrait-il se démarquer d'un langage qui n'est pas (plus) le sien.
La description du visiteur"improbable" paraît un peu longue pour un texte où prime la réflexion sur le (s) choix artistique et personnel.
A vous lire...

   xuanvincent   
30/12/2011
 a trouvé ce texte 
Bien -
Merci à l'auteur pour cette belle histoire !

J'ai apprécié en particulier le moment de la rencontre, cette rencontre improbable entre ces deux hommes meurtris par la vie.

L'écriture m'a paru fluide, soignée. Toutefois, elle m'a un peu surprise venant de l'auteur (j'ai dû manquer des "épisodes").

Bonne continuation !

   caillouq   
30/12/2011
 a trouvé ce texte 
Moyen
Un argument somme toute classique pour une nouvelle qui se laisse lire facilement.
J'ai fortement tiqué au "Ca devenait surréaliste", que je trouve incongru dans un texte qui donne dans le surnaturel, surtout à un moment où on commence à se douter de la nature de fantôme du petit jeune qui parle comme s'il avait mille ans (l'hypothèse d'un clin d'oeil humoristique me semble peu probable).
Les dialogues à l'introspection poussée me laissent également dubitatif, mais l'ensemble est écrit de manière suffisamment fluide pour ne pas gêner la lecture. Et puis ça participe peut-être à donner une atmosphère "Nouvelle russe" au texte - impression ressentie avant l'épilogue qui mentionne Tchaïkowski.

   Jano   
31/12/2011
 a trouvé ce texte 
Faible
« de nombreux maladroits avaient payé cette imprudence de leur vie au fil des siècles. » Cette phrase est à revoir car elle suppose une mémoire générationnelle des accidents à cet endroit ce qui paraît très improbable. Le pont de Brooklin est si vieux que ça ?

«  le sursaut de surprise » Sursaut tout court aurait suffit.

Je ne suis pas emballé par cette Nouvelle qui souffre à mon avis de nombreux défauts.
La formulation des dialogues m'apparait peu naturelle, davantage langage littéraire que langage parlé («  j'ai franchi la porte du Hall et mon succès a retenti comme un tir de canon »).

Le cadre de l'action sonne faux. Ce chanteur perché sur des poutrelles en train d'ingurgiter des bières pour oublier la pression prête à sourire. Je l'aurais vu davantage sniffer de la coke dans sa loge avant de monter sur scène.

Et que dire de l'esprit de Tchaïkovski qui doit se retourner dans sa tombe ! Ses considérations oiseuses ne collent pas à ce personnage cultivé.
Penser de plus que sa rédemption pourrait passer par, je cite « Ma seule chance de voir les choses changer, c'est ce soir » est une injure à sa mémoire. C'était un grand parmi les grands, un compositeur illustre. L'accoquiner avec un obscur chanteur de rap me semble complètement farfelu. Car finalement vous lui faites dire que si le chanteur ne renonce pas à son concert alors il ne se sera pas suicidé pour rien.

Tchaïkovski méritait mieux tout de même.

   melancolique   
31/12/2011
 a trouvé ce texte 
Bien +
Bonjour Estelle,

J'ai aimé cette nouvelle, le style est fluide, et l'histoire est très bien menée, cet individu qui impose à Sam sa présence et semble influencer en quelque sorte son sort.

La phrase: "Rentrer chez moi. Retrouver les miens qui m'attendent depuis longtemps. En tout cas je l'espère", m'avait fait douter de la fin de la nouvelle.

J'ai apprécié aussi le travail de recherche élaboré pour avoir une cohérence dans les dates et les lieux avec la réalité.

Au plaisir de te relire.

   matcauth   
7/1/2012
 a trouvé ce texte 
Bien +
bonjour,

J'ai apprécié le lieu, l'ambiance. On a l'impression d'être assis à côté des personnages, de partager leur discussion, là juste devant nous.

Le côté "fantastique" plaît ou déplaît. Quoi qu'il en soit c'est amené avec sobrieté et douceur.

Ici, nul besoin de rebondissements, d'aventures folles... c'est une photographie, un moment de vie, sans fioritures, sans besoin d'en rajouter, comme souvent le cas dans le "surnaturel".

Le côté irréaliste ne m'a pas touché, je me suis concentré sur l'essentiel, ce que vous vouliez raconter. Ce morceau d'histoire(s), ce morceau de tourment. On a souvent tendance a en rajouter à la louche pour tenter de décrire ce que ressentent les personnages. Ici, en peu de mots, avec des conversations anodines, il me semble comprendre ces sentiments.

Merci.

   David   
28/1/2012
 a trouvé ce texte 
Bien
Bonjour Estelle,

(Rapidement, j'étais venu lire de la science fiction, je cherche toujours la science fictive ici, les fantômes ; c'est plutôt pour le fantastique ?)

J'aime bien le scénario, la référence à l'histoire de Tchaïkovski est judicieuse j'ai trouvé, et intéressante comme réflexion historique sur ce compositeur. C'est vrai qu'avec des russes, l'imaginaire se prête facilement au mystère et au complot. Je crois qu'il y a aussi un "pont" naturel entre New York en hiver et la Russie et ses fleuves, pour les images.

Les images justement, ça serait peut-être la faiblesse. Je vois tout juste ce pont de Brooklyn et ces coulisses du Carnégie Hall, je crois que l'écriture est plus "journalistique" que "littéraire", c'est à dire efficace mais pas aussi planante qu'elle pourrait l'être. Si on admet "planante" pour une écriture comme synonyme de "littéraire". Donc ça pourrait s'étoffer pour une meilleur atmosphère je crois. Les odeurs, les lumières dans cette nuit sont peu évoqués par exemple.


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