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Réalisme/Historique
Evylisa : Les affluents [concours]
 Publié le 20/01/09  -  18 commentaires  -  3149 caractères  -  72 lectures    Autres textes du même auteur

Un fleuve amer


Les affluents [concours]


Ce texte est une participation au concours nº 8 : Les brèves d'eau (informations sur ce concours).




Tous les visages se tournèrent vers lui. Sa mine déconfite trahissait une angoisse farouche quand il s'agissait de prendre la parole au milieu d'une assistance dénuée de compassion. Déjà de petits ricanements se firent entendre et ils augmentèrent les palpitations de son faible cœur. Il aurait voulu se terrer ; il tremblotait perceptiblement comme un petit animal.


- Nous vous écoutons, dit la grande dame au ton moqueur et à l'impeccable chignon.


Mais aucun son ne put jaillir de sa gorge serrée comme dans un étau. Ses jambes flageolèrent quand il dut se lever. Un oiseau seul au loin distrayait le silence abrupt d'une salle aux aguets.


- Allez, vas-y, dit en chuchotant une voix complice.

- Alors, Olivier ? Nous attendons, répétait la géante.


Comment pouvait-il articuler ses mandibules ? Elles n'étaient qu'un roc et cette voix si autoritaire, comment pouvait-elle les faire s'élargir ? Un pied-de-biche n'aurait pas suffi. On pouvait entendre jusqu'aux grincements d'une table que l'on dérangeait deux étages plus haut et ce bruit sourd semblait être l'écho des rires étouffés de petits démons.

Les mains s'écorchant l'entour des ongles il demeurait debout mais fébrile. Le temps s'étirait horriblement et les secondes dansaient en piétinant le supplicié. Il jetait de brefs coups d’œil à son pupitre comme s’il pouvait y lire un soulagement à son martyre.

Puis ses yeux se fixèrent sur les rainures du bois et il y apposa sa main. La douceur du contact le rassura un peu et sa mâchoire s’ouvrait enfin. Il allait parler quand l’énorme voix reprit :


- Vous vous décidez enfin à nous faire part de votre réflexion ?

- Oui, madame, dit-il.

- Alors, je vous écoute !

- Je ne sais pas, osa-t-il, en frottant plus énergiquement le bois.

- Comment ? Vous nous faites perdre notre temps pour finalement nous dire que vous ne savez pas ?


Les derniers mots de cette phrase furent prononcés avec hystérie et un croisement de bras furieux.


- Non, madame, murmura-t-il, la tête définitivement rentrée dans ses frêles épaules, quand un filet d'urine coula le long de sa jambe.

- Fichtre ! Vous vous faites dessus désormais ? cingla la maîtresse en riant narquoisement.


Le petit bonhomme se rassit sous les pouffements et les quelques quolibets de la classe. Tout le monde s'agitait plus ou moins sauf le maudit élève qui ne savait énumérer les noms des affluents de la Seine. Dans le bruissement des spectateurs, sa plus grande blessure vint du rire moqueur de sa complice de toujours ; la belle Amandine s'amusait avec ses camarades en montrant du doigt la tâche honteuse qui s'étalait au centre du survêtement. Comme une railleuse image, un fin ruisselet serpentait avec ardeur entre les barreaux des chaises.

Olivier colla son visage contre la table et l'entoura de ses bras. De ses larmes, et dans des légers soubresauts, il but le liquide amer de l'humiliation et de la détresse.



EL Chirrel




 
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   widjet   
20/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est plutot bien écrit, et le rôle de l'eau a première vue ne semblait pas déterminant mais en fait oui, il est même plutot subtil. Symboliquement, c'est l'eau qui cause la perte, la honte et le chagrin du cancre.

Mais bon, l'auteur ne s'est pas trop creusé la tête quand même. Pas mal, néanmoins, grace à l'écriture.

Widjet

   melonels   
20/1/2009
 a aimé ce texte 
Pas
L'histoire me paraît anachronique. J'ai l'impression d'être dans une école des années 50 où rigueur et sévérité étaient des maîtres mots, mais l'enfant est en jogging, donc l'histoire se déroule aujourd'hui, et je ne voit plus d'institurice de ce style dans nos écoles. De plus l'histoire ne mène pas à grand chose, un enfant qui se fait pipi dessus, l'humiliation, pourquoi, pour rien, je ne comprends pas où veut en venir l'auteur.

   Faolan   
20/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le rôle de l'eau est en effet subtil mais finalement, on arrive au bout du texte et on se dit "tout ça pour ça ?". Enfin je dit "on" mais c'est "je".
Un oiseau seul au loin distrayait le silence abrupt d'une salle aux aguets. C'est bien dit mais je n'ai pas trouvé ça pertinent. D'autant plus que juste avant des petits ricanements se faisaient entendre. J'imaginais plutôt que ceux-ci continuaient. Enfin là je cherche la petite bête peut-être.
Ceci dit le texte m'a globalement plu. C'est bien écrit.

   dude   
20/1/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Je ne suis pas convaincu par ce texte. L'histoire tient sur un post-it, ça à la rigueur, ça peut passer... Hélas, le traitement n'apporte aucune touche particulière. Certaines phrases sont peu mélodieuses. Au rayon réussite, les personnages de la classe (hormis le cancre, bien sûr :)) apparaissent clairement antipathiques!
Pas suffisant pour susciter un réel intérêt. Au final, on se retrouve face à un petit texte trop ordinaire.

   Anonyme   
20/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour
Du côté des bonnes choses: l'écriture jolie intéressante avec des trouvailles Merci.
Aussi le rapport à 'eau peut être tiré par les cheveux mais justement original et intéressant.
Effectivement le sujet met un peu mal à l'aise
: l'humiliation très jeune , personne n'aime vraiment.
Donc Merci et à bientôt de te lire

   Menvussa   
20/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte bien écrit, un épisode dur de la vie d'un petit écolier. J'ai eu du mal à voir le rapport avec le concours mais finalement l'eau est bien présente même si de façon assez discrète.

   Anonyme   
20/1/2009
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Pas emballé du tout! L'eau est très vaguement évoquée, on retrouve les poncifs de l"l'école-sévère-des années 50". Et je n'adhère pas au style désolé.

Très moyen.

   Ephemere   
20/1/2009
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Bonjour, en accord avec plusieurs avis, j'indiquerai ce qui m'a déplu quant au style : "angoisse farouche" (pour indomptée ?), faible cœur, comment pouvait-elle les faire s'élargir (les machoires, s'ouvrir p-ê), articuler ses mandibules, grincements d'une table = ce bruit sourd, lire un soulagement, sa mâchoire s’ouvrait enfin (s'ouvrit),les quelques quolibets (si peu !).
Je n'ai pas aimé du tout.
FMR

   Anonyme   
21/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
jolie écriture, mais facile selon moi, un peu à la façon de cette vieille blague de Toto:

- Toto, où se situe le plus grand fleuve de france?
- Sous ma chaise madame!

Dommage!

   Nongag   
21/1/2009
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Le thème est respecté de façon originale: de l'urine! Mais l'histoire est simpliste et c’est du déjà vu. Désolé.

   clementine   
21/1/2009
Je suis venue lire ce texte par rapport aux avis assez défavorables lus en page d'accueil.
Histoire de me faire une idée ou peut-être par simple curiosité.
J'ai vraiment beaucoup aimé l'écriture malgré quelques petites discordances dans les verbes.
L'histoire est courte, pourquoi pas.
En tout cas, je trouve que le désarroi et l'humiliation de l'enfant sont très bien décrits.
Quelques phrases sont très jolies comme:
"Un oiseau seul au loin distrayait le silence abrupt d'une salle aux aguets. "
" Le temps s'étirait horriblement et les secondes dansaient en piétinant le supplicié."
La dernière phrase ferme le texte de façon très imagée.
Oui, décidément j'ai apprécié ma lecture.
Merci.

   Bidis   
22/1/2009
Il faudrait que je relise pour voir ce qui me gêne dans ce texte, lequel cependant, à mon avis, rend bien un de ces petits drames que sont les humiliations que chacun a connues dans son enfance… Peut-être des métaphores exagérées comme le pied de biche qui ne suffirait pas à ouvrir une mâchoire. Ou une exagération générale : les instituteurs ne sont pas aussi féroces, même quand ils sont très bêtes, en tout cas pas féroces d’emblée comme c’est le cas ici.
Le thème de l'eau pour moi est (subtilement) respecté. Ce ne sont pas seulement de l'urine et des larmes dont il est question mais du sujet central qui rejoint le titre : les affluents de la Seine.

   Flupke   
26/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bon ok c'est court, mais à part quelques légères exagérations et quelques mots qui auraient pu être plus appropriés c'est quand même bien écrit. Le récit est cohérent. Je revois les incidents et les émotions que mes enfants encouraient il y a qq années.

   marogne   
27/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Sauve-moi, joue avec moi, oiseau

Non il n’est pas descendu cette fois l’oiseau-lyre, et j’aurais préféré voir effectivement les murs de la classe s’écrouler et l’encre redevenir eau….

Une description terrible de ce que peut être une brimade, mais desservie par un style que je trouve outré. Des passages m’ont paru particulièrement lourds :
Palpitations de son faible cœur
… perceptiblement
;… mandibules
… debout mais fébrile
……

   craone   
28/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Evylisa,

C'est le premier texte du concours que je lis qui parle autant d'eau, celle d'un enfant qui se noie dans sa honte, dans son incompréhension et dans ses larmes.

Il y a trop de tes lecteurs qui ont oublié cette période de leur vie.

Simple mais émouvant.

craone

   guanaco   
1/2/2009
Aucune accroche dans ce texte.L'intrigue est beaucoup trop simpliste et les contraintes du concours ne me semblent pas toutes respectées.
Curieux, on se serait cru dans la "Guerre des Boutons"!
Merci
Guanaco

   David   
10/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Evylisa,

Une idée originale, un récit plutôt noir sur l'eau, alors qu'elle paraît plus facilement accessoire ou bien angélique.

   Ariumette   
21/2/2009
D'abord félicitation d'avoir relevé le défi de ce concours !
Mon avis : Des maladresses c'est vrai, mais je trouve ce texte pas mal ! La scène n'est certes pas très originale mais j'ai beaucoup aprécié que la présence de l'eau soit si subtile ! Et oui pas de pluis, de torents, etc... Bravo pour cette originalité.

Pas de note cause concours


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