Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Humour/Détente
Flupke : Devine qui vient dîner ?
 Publié le 10/11/10  -  22 commentaires  -  14763 caractères  -  226 lectures    Autres textes du même auteur

Romina Montargis aime bien retrouver sa sœur, son frère et ses parents pour un repas dominical. Mais depuis quelque temps, elle file le parfait amour avec le docteur Julien Capouet, un homme bien sous tout rapport, à un détail près. Et aujourd’hui, elle a décidé d’en parler à sa famille. Sans rien lui cacher.


Devine qui vient dîner ?


La salle à manger des Montargis respire la sérénité et l’harmonie. Les bois précieux du mobilier dans des tons uniformes et l’abondance des volumes libres suggèrent à eux seuls l’opulence. Tout un mur de la pièce est occupé du sol au plafond par un meuble. Adjacente, une immense baie vitrée dispense la lumière solaire jusqu’au crépuscule. Elle donne sur un grand jardin privatif, orienté plein sud. Au centre trônent une longue table rectangulaire et six chaises. Plus loin, une table basse se trouve prise en sandwich entre un canapé d'angle et deux fauteuils.


Pas de petit bibelot attrape-poussière. De rares œuvres d’art offrent une décoration sobre, mais raffinée. Peu de livres sur les étagères. Juste une poignée d'ouvrages de référence, car les Montargis consomment en majeure partie de la lecture numérique ou des livres audio. Quelques CD et DVD, mais là aussi, ils préfèrent télécharger afin de ne pas hypothéquer leur volume de rangement. Ils détestent le désordre et ne remplissent aucun tiroir à plus de quarante pour cent.


Cet art de la simplicité serait à coup sûr approuvé par des visiteurs japonais. Élégance zen !


C’est dans ce havre de paix que Romina Montargis prend place autour de la table familiale. Nappe blanche, nourriture saine, saladiers saupoudrés de graines germées. D’habitude, elle aime bien retrouver sa sœur, son frère et ses parents pour un repas dominical. Mais depuis quelque temps, elle file le parfait amour avec le docteur Julien Capouet, un homme bien sous tout rapport, à un détail près. Et aujourd’hui, elle a décidé d’en parler à sa famille. Sans rien lui cacher.


- Bourgogne Hautes-Côtes-de-Nuits 2008.


Romina place la main au-dessus de son verre en cristal d’Arques.


- Non merci, Papa. Je vais faire l’impasse sur le vin aujourd’hui.

- Ça te ferait du bien, tu sais. Tu m’as l’air un peu pâle. Chute de tension ?

- Je me sens un peu stressée. Mais ça va passer.

- Trop d’heures supplémentaires au bureau, comme d’habitude ? Pas le meilleur moyen de rencontrer de nouveaux visages, ma chérie.

- Je n’ai vraiment pas à me plaindre en ce qui concerne les rencontres et je m’impose une discipline d’enfer pour quitter mon travail à 17 heures. Les heures sup, c’est fini.


Le loup est dans la bergerie. Le processus est désormais irréversible. Elle sent quatre regards, pour l’instant enchantés, braqués sur elle. Romina a toujours été très discrète sur sa vie sentimentale au grand désespoir de sa famille. À 28 ans, elle envisage pour la première fois de présenter quelqu’un. Mais d’abord, il faut tâter le terrain.


- Ma chérie, tu as rencontré ton prince charmant ? s’extasie madame Montargis un sourire radieux aux lèvres, les mains jointes devant la bouche.

- Eh bien, si j’avais su, j’aurais mis le champagne au frais, remarque le père sans attendre la réponse de sa fille.

- Il est beau gosse ? demande Catherine, l’aînée.

- Très, confesse Romina en fixant son assiette de salade printanière parsemée de germes de blé.

- Qu’est-ce qu’il fait comme boulot ? s’enquiert Patrick, le cadet.

- Neurochirurgien.

- Wow ! s’exclame monsieur Montargis qui a toujours rêvé d’un gendre de haut vol.

- Tu nous le présentes quand ? questionne la mère.

- Eh bien, Julien et moi aurions aimé savoir si vous seriez libre samedi proch…


Sa question est interrompue par un concert enthousiaste de réponses affirmatives.


- Papa va faire péter le champagne ! renchérit Patrick, tout excité.

- Dites-moi vers quelle heure vous comptez venir, que je le mette au frais, confirme monsieur Montargis.

- Est-ce qu’il est allergique ou ne digère pas certains aliments ? s’enquiert la mère, prête à chouchouter le nouveau venu.

- Pas de souci, Julien choisira lui-même sur le menu. En fait, nous pensions vous inviter tous les quatre au restaurant.

- Romina ! Pas de chichis entre nous, s’étonne le patriarche, venez donc à la maison vers 19 heures. On va faire ça cool et décontracté, tranquillou.

- Hum, je me demande si Julien est suffisamment éligible, de votre point de vue subjectif, pour que je prenne le risque de venir vous le présenter sur votre territoire, dit-elle sur un ton taquin en essayant de garder le sourire.


Des papillons se promènent dans son ventre et sa gorge commence à se nouer.


- Que veux-tu dire ? s’étonne le père alarmé.

- Eh bien… Mettez-vous à ma place, c’est la première fois que je vais vous présenter mon partenaire et… je ne sais pas comment vous allez réagir. J’appréhende un peu vos réactions. Je me sentirais juste un peu plus à l’aise dans un endroit neutre, en cas de tension ou de désaccord…

- Mais ma chérie, tu taquines notre ouverture d'esprit, répond monsieur Montargis inquiet. Tu sais très bien que nous n'allons pas juger ton amoureux sur son origine ethnique ou sur sa confession religieuse. Franchement, que ce soit un Péruvien catholique romain ou un Chinois qui collectionne les pare-chocs arrière des autobus soviétiques des années 50, c’est OK pour moi. Et s’il s’agit d’un extrémiste bouddhiste qui s'amuse à faire péter des boules puantes dans les églises pendant la communion en criant « Bouddha est gros », ça ne me gêne pas du tout. Du moment que tu es heureuse avec lui, c'est le principal, non ?

- Papa, ton ouverture d’esprit t’honore. Il s’appelle Julien Capouet, il est blond aux yeux bleus, costume cravate, 32 ans, il s’exprime avec un accent marseillais absolument délicieux et il est agnostique.


Le cerveau paternel phosphore dur. Il scanne l’éventail des soucis possibles et évalue. Fumeur, peu probable – drogué, impossible, Romina hait la drogue – alcoolique, non, il tremblerait et les cellules grises de ses patients seraient transformées en bouillie par son scalpel – néonazi, impossible – Front National, peu probable – nain, après tout si elle est heureuse, mais non… Il imagine un nain sur un escabeau au-dessus de la table d’opération, non, trop dangereux, il pourrait basculer sur un crâne décapsulé et réduire les neurones en compote, peu probable – marié, oh non ! Pas un homme marié, ce n’est pas vrai !!!


- Marié ?

- Bien sûr que non ! répond Romina, tout étonnée. Nous n’avons pas encore fixé de date.

- Mais alors c’est quoi son problème ?

- Mais Papa, je n’ai jamais dit qu’IL avait un problème. Toutes mes amies adorent Julien. Elles trouvent qu’il est merveilleux et que j’ai une chance incroyable.


Monsieur Montargis se tourne vers sa femme en exprimant un certain degré d’interrogation à travers son langage corporel. File not found. Abort, Retry, Fail ?


Catherine, l’alliée de toujours, sent sa sœur tendue et essaie de désamorcer la tension :


- Pour envisager de nous le présenter, j’imagine que tu dois être très heureuse avec lui ?

- Je ne me suis jamais sentie aussi épanouie de toute ma vie.

- Comment est-ce que vous vous êtes rencontrés ?

- Un refus de priorité. À un rond-point ; son véhicule bloquait la piste cyclable. Je n'ai pu l'éviter et ma bicyclette a percuté son 4x4 et...


Le père qui était en train de boire une gorgée de vin, est soufflé par le choc comme s'il avait reçu un coup de poing dans l'estomac. Le liquide rougeâtre reflue de son palais vers l'extérieur à la manière d'un parfum éjecté par un atomiseur. La nappe blanche rosit. Romina rougit. La bombe est larguée. Sa mère sort ses yeux revolver et lui lance un :


- Romina !!!


Sa fille verrouille ses yeux sur les asperges biologiques cuites à la vapeur, alignées sur le côté gauche de son assiette. La jeune femme n’ose pas affronter les regards réprobateurs. Elle déglutit, prend son courage à deux mains et continue sa phrase.


- ... Il était vraiment désolé. Il a dit que c'était de sa faute et...


Le père achève de tousser et l'interrompt d'une voix étranglée :


- Un 4x4 ?

- Oui... et qu'il allait m'offrir un nouveau vélo pour...

- C’était trop beau pour être vrai, soupire monsieur Montargis, voyant s’écrouler comme un château de cartes, ses rêves de gendre idéal et de petits-enfants politiquement corrects.


Catherine intervient pour secourir sa sœur :


- Mais, attendez un peu avant de juger un individu que vous ne connaissez pas. Peut-être qu’il vit à la campagne ? Ou qu’il est…

- Non ! Il ne vit pas à la campagne, il habite en ville, il travaille en ville et roule en 4x4, en ville, sur des routes finement asphaltées. Et comme des millions d’autres personnes, il a le droit de conduire un véhicule à quatre roues motrices, en vente libre chez la plupart des concessionnaires agréés.

- Mais c’est pas un peu ringard un 4x4, en ville, de nos jours ? attaque Patrick. S’il n’attache aucune importance à ce que les autres pensent de lui, cela ne risque-t-il pas de rejaillir sur toi ?

- Écoutez ! Je n’ai pas envie d'entendre vos blagues débiles de petit bourgeois écolo bien pensant, du style « gros 4x4 - petit pénis » ou vos inepties théoriques sur la compensation d'un sentiment d'infériorité. Je puis vous assurer qu'il s'agit là de rumeurs sans fondement et qu’il a une… une personnalité, euh… qu’il est parfaitement équilibré et bien dans sa tête.

- Combien ? demande son père sur un ton inquisiteur.

- Suffisamment pour me satis...

- Non, je voulais dire, sa voiture, rectifie monsieur Montargis.

- Trois cent quatre-vingts grammes de gaz carbonique au kilomètre. Jeep Grand Cherokee.

- Carrément ! Un gros calibre ! ironise son frère avec un sourire ambigu. Et depuis combien de temps êtes-vous ensemble ?

- Huit mois.

- Huit mois ! Oh mon Dieu ! s’écrie sa mère. Et cela ne te gêne pas de savoir que chaque fois qu’il roule dix petits kilomètres il vomit trois kilos huit cents de CO2 à la face de l’humanité ? Si ça se trouve, depuis que vous vous connaissez, il en a déjà balancé plusieurs tonnes dans l’atmosphère ! Est-ce que tu imagines la honte pour nous, si un jour nous allons pique-niquer avec un égoïste qui jette sans s’en soucier ses paquets de chips vides, ses boîtes de Coca, ses cigarettes ou autres détritus malsains dans la nature ?

- Mais enfin, mais tu dis n’importe quoi Maman. Tu ne le connais même pas et déjà tu le juges en lui attribuant un comportement imaginaire. Tu ne te rends pas compte que tu utilises un argument fallacieux.

- Je ne vois pas en quoi une analogie acceptable peut être considérée comme un argument fallacieux ! s’exclame le père. Et où sont passés tous les principes que l’on t’a inculqués ?

- Lesquels ? Ne pas porter de jugement discriminatoire à l’encontre des minorités ou des personnes qui n’ont pas les mêmes opinions ? Sans l’avoir jamais rencontré, vous avez déjà des préjugés sur Julien à cause d’un objet qu’il possède, comme s’il s’agissait d’un pestiféré. Ce genre de réaction se trouve aux antipodes des préceptes que vous m’avez enseignés. J’ai l’impression que vous êtes incapables de prendre du recul et de réaliser à quel point vous êtes incohérents avec votre propre système.

- OK ! Soyons objectifs : à part son immaturité et son sentiment d’insécurité, peut-il fournir une explication alternative valide qui puisse expliquer son choix d’un 4x4 ?

- Papa ! Je n’ai pas à juger les choix de Julien !

- Mais, es-tu consciente que cet égoïste refuse de regarder la réalité en face en crachant ses tonnes de dioxyde de carbone dans la biosphère ? Nier un problème, c’est le résoudre ? Vive la politique de l’autruche. C’est avec cette mentalité biaisée qu’il va éduquer nos petits-enfants ?

- N’oubliez pas que cet égoïste immature comme vous dites, est chirurgien. Il a soigné et sauvé des centaines de vies humaines, infiniment plus que vous n’en sauverez avec les cellules photovoltaïques installées sur votre toit ou votre prosélytisme fanatique supposé politiquement correct !

- La bonne excuse ! objecte Patrick. Il a sauvé des vies, donc il a le droit de bousiller la planète. Je vois qu’à l’instar de la mauvaise haleine, les arguments fallacieux se remarquent plus facilement chez les autres que chez soi.


Romina se sent abattue. Ce combat l’épuise. Il est beaucoup trop tôt pour parler de ses seins douloureux et de ses nausées. Elle estime qu’il vaut mieux attendre encore un peu avant d’agiter la carotte. Elle remonte sur le ring.


- Mais vous ne pouvez pas essayer de relativiser ? Remettez un peu les choses en perspective, bon sang. Je conçois que s’il avait beaucoup de défauts, vous pourriez dire « Et en plus il roule en 4x4 ! », et je comprendrais votre point de vue. Mais là, j’ai l’impression qu’il y a quelque chose de fondamental qui vous échappe. Nous ne sommes plus au 19e siècle. Vous n’avez pas à essayer d’influencer mon choix, à me suggérer d’y renoncer, ni même de me demander de réformer Julien. Je vais donc reformuler ma ligne d’horizon de manière claire et concise. J’ai, moi, Romina, rencontré un homme qui petit a) : est merveilleux ; petit b) : m'accepte telle que je suis, sans vouloir me changer. J’ai l’intention de partager avec lui : petit a) cette vie ; petit b) : un repas au restaurant La Maharani samedi prochain. Avec ou sans vous !


Elle a envie de vomir. Elle n’entend plus son frère et ses parents qui se lancent dans une discussion animée. Profitant du brouhaha, Catherine, lui prend le bras et avec un sourire chaleureux lui demande :


- Tu n’aimes plus le Bourgogne ?

- Mais si !

- Depuis combien de temps ne bois-tu plus de vin, si je puis me permettre ?

- Depuis peu, lui répond-elle l’œil pétillant avec un enjouement mutin.

- Et euh… comment dire, euh… enfin, vous tirez à blanc ?

- Non, on tire à balles réelles depuis deux mois.

- Cool ! Je suis contente pour v…

- Eh bien bravo ! interrompt le père qui a entendu cette dernière confidence. Nous voilà avec le couteau sur la gorge, probablement devant le fait accompli !


La jeune femme n’en peut plus. Elle lâche un long soupir, replie sa serviette et la pose sur la table. Elle se lève, prend son sac à main et s’excuse :


- Je ne me sens pas bien. J’ai un peu la nausée et j’ai besoin de sortir pour respirer de l’air frais. Ayez la courtoisie de me passer un petit coup de fil pour que je sache le nombre de places à réserver au restaurant.


Elle quitte la salle à manger et dans le couloir se retourne une dernière fois vers les siens pour leur dire d’une voix fatiguée :


- Et si vous choisissez de venir, ça serait sympa d’éviter certains sujets, au moins pour notre premier repas tous ensemble. Julien est un homme de compromis et quand je l’ai informé de votre problème, il a proposé de se rendre au restaurant en métro.


Catherine, d’un imperceptible mouvement de tête, envoie à sa sœur un acquiescement discret, suivi d’un clin d’œil furtif. Romina longe le couloir et avant de refermer la porte d’entrée, elle entend sa mère s’étrangler d’une voix suraiguë :


- NOTRE problème ?! Alors ça, c’est la meilleure !



 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   doianM   
4/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien.
On se moque de l'éthnie du futur époux de Romina, de sa réligion, avec un petit effort on lui passerait bien ses éventuelles convictions de néo-nazi.
Mais entrer avec une 4X4 dans une famille d'écolos trop bien convaincus, au point de devenir un mouvement quasi-révolutionnaire, ça non !!!.

Bonne lecture. Ca laisse aussi un résidu moral: notre tolérance est relative, elle cache souvent une conviction à tel point ancrée en nous qu'elle devient...intolérance.
Notre talon d'Achile

Bonne continuation

   jaimme   
5/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une nouvelle très sympa et bien écrite. J'ai bien ri et pour les gros vilains qui lisent les comms avant le texte je ne dirai rien sur le sujet. Tout ça est si possible que le décalage est réellement comique. Un léger bémol quand même: c'est justement la mise en perspective de la tolérance des parents et de leur préjugé précis qui rend l'ensemble savoureux. La fille met immédiatement le doigt dessus, elle connaît très bien ses parents: comment se laisse-t-elle aller à révéler le problème avec autant de maladresse? Quelle nouille!
J'aurais aimé que ce soit un peu plus long, que le sujet soit décliné, décortiqué un peu plus.
Bon, au final, j'ai vraiment ri. Et c'est déjà super!
Merci!

   Perle-Hingaud   
5/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Belle réussite. Le ton, presque sérieux, colle parfaitement à cette comédie dans l'air du temps. A quoi tient le qualificatif de gendre parfait !...
J'ai particulièrement apprécié la dernière phrase, un chouia moins le départ de la fille: peut-être attendais-je l'arrivée du futur père ?
Merci pour cette lecture agréable.

   Anonyme   
10/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
[et l’abondance des volumes libres] : J'ai cru qu'il s'agissait de livres et me suis demandé pourquoi ils étaient "libres'.

Le deuxième paragraphe est une mine d'informations. C'est très astucieux de dépeindre les caractères par l'entremise des objets et de la décoration. J'aime beaucoup.

[D’habitude, elle aime bien retrouver sa sœur, son frère et ses parents pour un repas dominical. Mais depuis quelque temps, elle file le parfait amour avec le docteur Julien Capouet, un homme bien sous tout rapport, à un détail près.] : il manque ici quelques mots. Le rapport entre le fait qu'elle aime se retrouver en famille le dimanche et sa relation avec le docteur est un virage en épingle. Bien sûr, on comprend, mais ça ne glisse pas.

L'humour est sous-jacent, avec juste ce qu'il faut d'ironie. Tout est laissé au plaisir et à la discrétion du lecteur. J'aime beaucoup.

Même remarque que précédemment pour [Les heures sup c'est fini.] C'est une histoire de famille, chacun des membres lit en l'autre, mais le lecteur que je suis ne fait pas partie de cette famille. Curieusement, j'ai l'impression d'être ce docteur, si celui-ci était assis à la table. Parachuté dans une histoire dont les personnages détiennent des codes qui ne me sont pas encore familiers.

[un gendre de haut vol.] : Haut vol me fait penser à cambrioleur.

[que je vais vous présenter mon partenaire] : partenaire. Qu'elle surtout, le définisse en tant que "partenaire" devant ses parents me parait trop (au vu de l'ensemble du texte) ... suggestif.

[sent sa sœur tendue et essaie de désamorcer la tension] : petite répétition.

J'aime beaucoup le confusion qui est née dans mon esprit, du fait des réactions des parents, lorsque le vélo a percuté la voiture.

Dans l'ensemble, les dialogues m'ont paru quelque peu déséquilibrés entre le français châtié, voire affecté de l'héroïne qui n'est pas toujours dans le ton ou en rapport avec certaines expressions paternelles et fraternelles (tranquillou, cool, péter le champagne). Un décalage sans doute volontaire, qui, en quelque sorte donne à penser que la famille joue un rôle, se veut "à la page " ou "dans le vent".

Un texte très plaisant à lire, vraiment bien ficelé, qui a eu le mérite de me faire sourire puis rire.

   wancyrs   
10/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Moi qui suis nul en dialogue dans mes nouvelles, me voilà bien époustouflé devant celui-ci, bien mené de bout en bout.
J'aime la façon dont l'auteur construit le suspense, l'amène peu à peu dans le discours, si bien que le lecteur ait envie de sauter quelques lignes pour aller le découvrir. Et lorsqu'on découvre le pot-aux-roses, on a envie de rire aux éclats.

Merci pour ce petit moment de détente, et j'espère que tout s'arrangera pour la belle Romina

   shanne   
10/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Une ambiance bien décrite, j'imagine bien ce repas de famille et ce père qui n'arrive même plus à avaler le verre de vin, sourire, pauvre nappe. Il existe bien souvent un vilain canard dans une famille, ici Romina semble avoir pris cette place. Pour le futur gendre, il ne lui reste plus qu'à se débarrasser de son 4x4 ou (je suis horrible) rouler sur cette famille parfaite...
Une lecture agréable et j'ai bien ri en imaginant ce futur repas.
Merci à vous

   Anonyme   
10/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Flupke ! Une petite satyre de cette société "écolo" où le 4x4 n'est pas vraiment le bienvenu, voire même "politiquement incorrect". Ceci est un autre débat et je me contenterai de t'adresser mes plus vives félicitations pour cette nouvelle fort bien tournée et, comme d'habitude, très bien écrite.
Le trop plein de CO2 n'est sans doute pas le plus grave danger qui nous menace mais c'est dans l'air du temps, sans jeu de mots, et tu l'as très bien traîté... Amicalement, Alex

   misumena   
10/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir, Flupke,

J'ai vraiment ri ! Merci beaucoup ! Même si je honnis les 4X4 et que malgré mes convictions éco-responsables je préfère les livres au numérique... et que le Nirvana consiste pour moi à ne pas remplir mes tiroirs... et aussi... enfin, voilà. Joli miroir que vous me renvoyez là, je me suis dit que je serai bien capable de réagir comme cette famille. Gasp.
J'ai relevé de petites choses qui clochaient, ou qui pouvaient être perfectionnées, mais au bout du compte, je les ai oubliées !

Merci encore pour ce bon moment, Flupke.

   littlej   
10/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Oui, très bon texte, où tout est très bien maîtrisé, d'un bout à l'autre, que cela soit du côté du dialogue très bien conduit et qui monte en puissance si je puis dire ; et d'un autre côté le style d'une fluidité et d'une maîtrise (les deux allant ensemble) exemplaire.

Vraiment remarquable à tous les points de vue.

Les défauts, que j'ai relevé, se limitent à des petites lourdeurs dans les phrases. J'ai noté :

Juste une poignée d'ouvrages de référence, car les Montargis consomment en majeure partie de la lecture numérique ou des livres audio. pour moi, cette phrase, qui mériterait à être ciselée ou découpée en deux, alourdit le rythme plutôt fluide et haché, par petites touches, qui emporte le lecteur depuis le début.

Sa question est interrompue par un concert enthousiaste de réponses affirmatives. pourrait être allégée, je pense : en enlevant notamment l'adj. "enthousiaste" ou en tout cas ne mettre au final qu'1 adj.

Et s’il s’agit d’un extrémiste bouddhiste qui s'amuse à faire péter des boules puantes dans les églises pendant la communion en criant « Bouddha est gros », ça ne me gêne pas du tout.
J'ai trouvé cette blague pourrie (humour pince-sans-rire qui n'ajoute rien).

Le reste est de qualité, fait rire, fait sourire, fait plaisir, en somme, à lire.

j

   costic   
11/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Nouvelle très agréable à lire, avec un suspens très bien entretenu jusqu'à la révélation de la tare du futur gendre. Un plaidoyer pour la tolérance, pas toujours facile à exercer en dehors de nos profondes convictions. Une image qui bouleverse les critères de l'exclusion. A chacun ses démons.
La description de l'intérieur des montargis agit comme une mise en bouche parfaite pour la suite du déroulement. La"table basse se trouve prise en sandwich entre un canapé d'angle et deux fauteuils."Seule cette image parait un peu étrange par rapport
au langage plus soutenu du récit. Un bon moment!

   Anonyme   
11/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Flupke,

J'aime beaucoup le début qui commence comme une pièce de théâtre. Nous sommes là, lecteur-spectateur face au décor en attente des acteurs. Le décor de la pièce en dit long sur les propriétaires.
Belle maîtrise de l'écriture et fluidité de la lecture.
Un moment jubilatoire lorsque le père énumère mentalement tous les gendres possibles en passant par le nain chirurgien.
Cette scène est très drôle et sa description parfaite :"Le père qui était en train de boire une gorgée de vin,....est larguée".
C'est excessif, limite caricaturale, mais je trouve que la morale sous-jacente est fort intéressante. Ces personnes très ouvertes et tolérantes, prêtes à accueillir dans leur famille une personne d'une autre nationalité ou race, se refusent à accueillir un propriétaire de4X4. Ou se niche l’intolérance ? La dernière phrase est à mourir de rire. Mais c'est bien, c'est une belle façon de nous ramener à nous même, et nous permettre de nous poser la question : et nous ? Qu'est ce que l'on ne supporte pas chez autrui ?
En bref, j'aime beaucoup car c'est drôle et il y a du fond.
Bonne continuation

   Bidis   
11/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Plaisant et bien écrit malgré un début beaucoup trop neutre à mon avis. On a là un descriptif sans aucune atmosphère, même pas celle que procurait l’ordre frigorifique des demeures du siècle dernier, ni la « zénitude », que pour ma part, je me représente comme un support très blanc et lumineux de quelques formes épurées de couleur vives. Bref, je ne suis pas parvenue à me représenter l’intérieur décrit.

Je n’ai pas regretté d'avoir passé outre et continué ma lecture. Car on entre dans un vrai petit suspense, ma foi fort amusant. On ne peut s’empêcher d’essayer de deviner ce qui peut bien encore choquer encore de nos jours et l’on y renoncerait bien en s’apercevant qu’on n’arrive pas à la cheville de l’imagination du personnage du père. Au contraire, du coup, notre curiosité est toute émoustillée et on se met à carburer ferme, comme si on entrait en compétition... Et puis, quand l’affaire est dévoilée, on se dit « Mais c’est bien sûr ! » et du suspense on passe à la jubilation.

Bref, j’ai passé un bon petit moment. Dommage que le tout début ait été si peu accrocheur.

Deux ou trois petites choses :
- « Elle sent quatre regards, » : J’aurais préféré « tous les regards » ou « quatre paire d’yeux ».
- « si vous seriez libre » : n’y a-t-il pas ici une petite faute d’orthographe ? ? Le « vous » est un « vous » pluriel, non ?
- « l'éviter et ma bicyclette » : ici j’aurais mis une virgule, la conjonction fait trop effet de répétition avec le « et » qui suit (« et... »)
- « en exprimant un certain degré d’interrogation à travers son langage corporel. » Le langage informatique adapté au quotidien, tiens, je n’y ai jamais pensé ! À retenir... Mais j’enlèverais cette partie de la phrase, inutilement explicative

   bulle   
11/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Parce que j'ai eu cette Nouvelle sous les yeux plusieurs fois, il faut que je me pose pour dire combien j'ai apprécié ce moment de détente.

La progression est bien tenue, pas un moment de relâchement, et l'expression la suit de bout en bout. Les dialogues sont savoureux.

L'intérêt est bien là, ça part en vrille au bon moment, ou du moins au moment où on ne s'y attend pas vraiment...

Et pourquoi pas une suite sur la rencontre ? Au restau finalement, ou pas ?^^

   widjet   
11/11/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le titre est probablement un petit clin d’œil au film homonyme (Guess Who's Coming to Dinner - sorti en 1967) avec Sidney Poitier comme « l’invité indésirable » et Spencer Tracy en père raciste. Sans faire injure à l’âge de notre auteur, je crois que l’hommage est volontaire, preuve du bon goût de notre Flupke.

Quelques réserves (légères) sur ce texte pour commencer, les dialogues bien que savoureux font « trop écrits » pour paraitre spontanés de la part des personnages (le passage avec le petit a), b) et c) bien qu’amusant fait récitation ce qui ne colle pas à l’état d’esprit du personnage… à moins qu’elle ait répété sa tirade présageant de la réaction de ses parents). Mais bon, si on se place d’un point de vue théâtral (car la scène qui est contée peut-être jouée sur des planches), ça passe et finalement je n’ai pas été gêné.

Dès le début, le décor est bien planté, le suspense est déjà posé en quelques lignes, mais d’un point de vue stylistique, Flupke aurait pu renforcer ses effets.

Exemple :

« Elle file le parfait amour avec le docteur Julien Capouet, un homme bien sous tout rapport, à un détail près ». Scinder cette phrase en deux cela aurait donné plus de poids au secret qui est dissimulé. Donc « Elle file le parfait amour avec le docteur Julien Capouet, un homme bien sous tout rapport. A un détail près ». D’ailleurs, Flupke applique bien procédé dans la phrase qui suit : « Et aujourd’hui, elle a décidé d’en parler à sa famille. Sans rien lui cacher. ». L’impact est tout autre… non ?

Mais, je retiendrais surtout, la seconde lecture de ce texte et le réjouissant croche-pied - qui personnellement me ravit - fait à ces c…. d’écologistes de m… qui nous cassent les c… avec leur excès de zèle. Rien que pour ça, je dis MERCI, même si que bien que politiquement incorrecte, la charge reste gentille (je n’oublie pas qu’il s’agit d’une comédie).

Rien à dire sur le reste, c’est fluide, rythmé, ça coule tout seul, la fin est certes un peu expéditive, mais le danger était justement d’en faire trop au risque de lasser. Flupke, en amuseur intelligent, l’a bien compris.

Ce n'est pas ton meilleur cru, mais c'est toujours un bon moment de passé avec toi, camarade !

W

   victhis0   
15/11/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Salut Flupke
Si je salue la forme, maline et maîtrisée comme à ton habitude, l'humour de quelques répliques amusantes (hilarantes hypothèses sur le gendre inconnu) , je ne cache pas une petite déception sur le fond : ouais c'est rigolo mais pas bouleversant.
Il eut été distributeur de boules puantes à la messe, celà m'eut davantage amusé que ce banal instrument de transport en guise de clé de la nouvelle.
Un poil facile Flupke, je t'ai connu plus exigeant sur tes nouvelles (et c'est parceque je les estime que je place volontairement la barre haut).
see u soon

   Anonyme   
17/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Nouvelle très sympa. J'ai eu le sourire aux lèvres le long de cette lecture. Laisse pas mal imaginer ce fameux défaut jusqu'à cette révélation plutôt loufoque. Du bon vocabulaire. Bien écrit. J'ai beaucoup aimé

   alifanfaron   
18/11/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Lecture agréable mais qui manque de relief à mon gout. En outre, ma lecture a été heurtée parfois, notamment au passage où il y a un excès de détails au milieu des dialogues sur la manière dont s'exprime les personnages (un à chaque ligne...)

- " [...] s’extasie madame Montargis un sourire radieux aux lèvres, les mains jointes devant la bouche.",
- " [...] remarque le père sans attendre la réponse de sa fille."
- "[...] demande Catherine, l’aînée".
- [...] confesse Romina en fixant son assiette de salade printanière parsemée de germes de blé.

Voilà. Le texte dans son ensemble reste tout de même maitrisé.

   Gief   
19/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Oui, ça fonctionne pas mal... le but du jeu étant de faire rire : on riz... euh, non, on rit.
Si je peux me permettre :
-le point culminant du récit c'est bien sur l'information du 4x4, alors peut-être mériterait-elle d'arriver un peu plus loin... parce qu'après il n'y a plus de rebondissement ;
-peut-être remonter avant l'info de la grossesse...
Et merci.

   jamesbebeart   
23/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé ce récit savoureux, très bien construit. Le suspense est garanti avec toute la famille qui se monte le bourrichon. Les allusions sont efficaces. J'aurais pourtant préféré une autre chute -c'est un point de vue personnel-. Merci pour ce joli moment de détente.

   Anonyme   
30/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Que voilà une lecture savoureuse ! On se demande longtemps quel est le vice caché de ce gendre idéal, d'autant que la famille a l'air très large d'esprit (quoique, la salle à manger fait un peu peur tout de même ...), mais, horreur et damnation ! il roule en 4x4 et ça c'est impardonnable.
J'ai bien aimé le clin d'oeil "File not found. Abort, Retry, Fail ?".
Mon seul bémol, évoqué aussi par Jaimme : Romina se fait avoir trop facilement. Le mot "4x4" devrait faire partie des mots tabous depuis toujours, or elle le prononce très spontanément ...
Pour le reste, bravo !

   Coline-Dé   
3/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Réjouissante charge contre les idées politiquement correctes, et punaise qu'on en a sans même s'en apercevoir !
Je serai toujours cliente d'un texte bien ficelé, vivant et drôle qui pourfende les penseurs en rond.
Je regrette juste le bouddha aux boules puantes qui détonne dans le texte.

   rmfl   
20/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En fait ce n'est pas si détendant que cela, parce que dans le feux de la lecture, on finit par s'énerver soi-même de tous ces préjugés écolos qui sont très bien rendus! quand j'ai lu 4/4, je les ai vus arriver! mais j'ai beaucoup souri...les noms...la situation...un petit goût de Vérone.

Cela m'a bien plu: vivant, personnages et caractères bien plantés et atmosphère palpable:


Oniris Copyright © 2007-2019