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Réalisme/Historique
Gyver : L'incruste
 Publié le 15/01/18  -  8 commentaires  -  15439 caractères  -  67 lectures    Autres textes du même auteur

Une bande de copains dans une ville de province, des joueurs, et au final un jeu qui tourne mal...


L'incruste


Nous sommes dans une ville moyenne de province, une ville suffisamment grande pour qu’on y reste inconnu de tous, mais aussi une ville où il n’est pas rare de voir des gens se croiser et se serrer la main, échanger trois mots avant de se saluer et repartir. Une ville dont l’avantage indéniable est d’être traversée par un fleuve, et pas n’importe lequel, la Loire. Aux premiers abords la Loire semble couper cette ville en deux, séparant ses habitants dans deux grands quartiers dénommés différemment, comme à Paris par exemple, où le « Rive droite, Rive gauche » est simplissime mais d’une belle efficacité pour situer les choses. Mais au-delà de séparer, en fait elle relie, ne serait-ce que par un pont ou plusieurs selon la ville, ses ponts ont un nom comme les rues mais les gens d’ici les appellent autrement, le nouveau, l’ancien, le vieux, c’est tellement plus simple. La Loire devient un lien presque affectif entre les habitants, c’est une référence, un lieu, un mouvement perpétuel, une couleur changeante au gré des saisons, un espace inévitable, on la longe, on s’y promène, on la remonte, on la descend, on la traverse, on s’y arrête, on s’y donne rendez-vous, on s’y échange son premier baiser, on y vient pleurer ses souffrances, on y patauge, on y fait des ricochets, on y cherche son reflet, on y pique-nique, on y vient seul ou à plusieurs, on s’y construit des souvenirs… Comme partout il y a des gens qui sont nés ici ou presque, qui connaissent leur ville par cœur, les grandes rues, les petites rues, son histoire, les lieux à voir, les quartiers à éviter aussi, enfin une ville parsemée de grappes de connaissances, connaissances de quartier, de travail, d’école, qui avec le temps ne se voient plus beaucoup mais qui se reconnaissent à l’occasion.


Ce n’est pas notre cas, nous avons tous passé la quarantaine, et pourtant on ne déroge pas à la règle de se retrouver en fin de semaine, mais au début aussi, on aime être ensemble et ça se voit ! Partout où l’on se retrouve on entend dire :


« Tiens voilà le groupe », « Ah ! C’est le groupe qui arrive », « Qu’est ce qu’on vous sert le groupe ce soir ? », « Le groupe est au complet ou un couvert de plus ? », etc.


Donc le groupe c'est nous… Bien sûr nous sommes surtout connus des endroits que l’on fréquente souvent, de nos lieux de rendez-vous, quatre ou cinq bistrots stratégiques de la ville, autant de restaurants, les salles de billard, le bowling, le cinéma…


Nous ne sommes plus un groupe de jeunes non, mais on l'a été, d'ailleurs c'est quand on a été jeune qu'on a monté le groupe, un groupe de musique bien sûr, un groupe rock, moins de vingt ans et plein de hargne, notre groupe n’était composé que de débutants, la technique musicale nous était totalement inconnue, et pour éviter les reprises mal faites nous avions construit notre répertoire à nous. Pas facile à vendre pour les petits concerts et les grandes affiches, et néanmoins nous y sommes parvenus, tête d’affiche pour un concert dans une mini fête de l’humanité d’un petit village avoisinant, ils n’ont pas été déçus !


Et notre pseudo est né, « Le Groupe ». On a arrêté la musique bien avant les « Stones » et même « Téléphone », mais il faut admettre qu'on était moins bon qu'eux ! Le groupe est resté sans la musique, mais toujours avec le goût de se retrouver, de se voir, passer du temps à refaire le monde ou pas. Nous sommes cinq, et comment nous définir, disons complémentaires, très différents mais avec chacun un style bien ancré en lui, apportant à l’autre ce qui doit lui manquer un peu. Il y a le déconneur permanent, hyper actif, il ne nous laisse aucun répit, il y a l’intello, posé, réfléchi, il nous ramène à la réalité, le sans limite, capable de tout au sens propre du terme, il nous met régulièrement dans des situations inconfortables, le taiseux, il s’abreuve des autres et ne rechigne jamais, puis le joueur, le goût du challenge permanent, l’organisateur en quelque sorte.


C’est là que j’interviens, je suis souvent le précurseur de nouveaux défis que l’on se lance, et qui dit défi, dit gagnant et perdant. Alors pour chaque épreuve proposée, je tiens un tableau de résultats, participants, nombre de points attribués, cumul, classement partiel, et classement général ! Le résultat final devient souvent une bonne bouffe dans un restaurant choisi par le gagnant qui lui, ne paye pas sa part évidemment…


Et des challenges, des défis, il y en a eu plein, de toute sorte que vous ne pourriez même pas imaginer. Il y a des épreuves d’un jour bien sûr, mais plus souvent étalées dans le temps, sous forme de saisons comme dans le sport, de septembre à juin, avec ses rebondissements au classement, ses incertitudes qui font le sel de l’action. Il y a les défis permanents, les indéboulonnables, ceux qui assurent des retrouvailles routinières que chacun apprécie, faciles à faire sous forme de championnat, le tarot, la pétanque, pronostics aux courses de chevaux. Puis il y a les originaux, les incongrus, ceux qui ne durent pas et qui procurent plutôt la surdose d’adrénaline sur le moment, pas tous très intelligents et qui sont plus festifs et imprévus, le plus gros mangeur d’un produit ou le plus rapide, la traversée de la Loire à la nage une nuit d’été, se fixer un rendez-vous et y venir accompagné d’une fille inconnue à ce jour, se faire passer pour un nouveau surveillant dans un lycée ou collège et d’autres que je n’oserais même pas vous détailler ici. Mais passons sur tout cela, l'actuel défi, qui sera par ailleurs programmé sur une saison complète, c’est : « l'incruste »...


L’idée de l’incruste est née de l’annulation au dernier moment du mariage de l’un d’entre nous, ce qui n’était pas pour déplaire aux autres d’ailleurs. Mais à l’annonce de cette nouvelle et après l’effet de surprise, j’ai imaginé que nous pourrions remplacer la fiesta annulée par une équivalente. Charge à chacun de trouver un mariage qui aurait lieu à la même date et où nous aurions une chance de nous incruster, cinq points de bonus à celui qui trouverait le plus adapté, deux points pour une photo avec la mariée, un point la poignée de main à l’heureux élu, trois points la bise aux parents, etc. Depuis le challenge tient bien le coup et nous procure de belles soirées imprévues avec parfois de sévères déconvenues il faut l’admettre.


Bref, les jours s’écoulaient avec leurs occupations obligatoires, mais le temps libre était toujours mis à profit dans un but essentiel, passer de bons moments… Il se trouve que ce samedi, me rendant chez une amie rencontrée depuis peu j'ai voulu la jouer solo… Je passais dans un quartier peu habituel, il ne faisait pas bien chaud malgré le soleil généreux, la rue que j’arpentais était parfaitement alignée sur la grande porte et la façade de l’église Saint-Saturnin, et déjà j’apercevais une petite foule de gens devant le bâtiment religieux, une église de quartier qui ne manquait pas de charmes au demeurant, caractérisée par un dôme en ardoise imposant et visible du coté ville de la Loire, comme pour rappeler que la ville n’avait pas de frontières internes et qu’elle s’étendait bien de part et d’autre du fleuve. Les uns papotaient, les autres semblaient piétiner sur place, cinq ou six groupes, ensemble mais pas vraiment, environ une trentaine de personnes, alors directement, sans même vraiment réfléchir, je décidai de passer à l’action et fonçai droit devant, décidé...


C'est vrai qu'au moment où je retirais les mains de mes poches et en tendais une volontaire à la première personne devant laquelle j'arrivais, j'ai ressenti que l'ambiance n'était pas au beau fixe, et que l'évènement qui les réunissait n'avait rien d'heureux. J'ai donc pris ma mine triste de circonstance, et puisqu'on ne refuse pas une main tendue, j'ai serré de la paluche à tout-va... Dans cette situation on cogite à cent à l'heure, j'aime ça, déjà je me disais que j'avais pris un risque à me lancer seul, d'habitude on est deux ou trois, voire au complet tous les cinq, mais d'habitude on prépare, on organise, on se renseigne, et il ne nous reste plus qu'à jouer notre pièce au scénario bien ficelé. Quel pied ! Mais d'habitude on fait les mariages...


Ayant compris qu'aujourd'hui il y aurait moins de petits fours et plus de boissons chaudes, je me suis autorisé à penser que le jeu en valait la chandelle et dès lors, j'en fixais l'objectif : « Finir avec les plus proches de celui qui rassemblait tout ce petit monde... »


Je tenais à réussir ce challenge, et ramener ce trophée au groupe. Là, dans le cas présent, je pouvais faire un joli coup, j'étais seul, un enterrement, du jamais fait, et tout en impro, l’épreuve de « l’incruste » allait connaître un bouleversement dans le classement. La difficulté majeure était d’en apporter la preuve, mais notre tendance à se faire confiance est tout de même indéfectible, je m’apprêtais donc à faire un score inédit, digne d’un record !


Trente-quatre, trente-quatre, ils étaient trente-quatre, et j'arrivais à la fin du serrage de pognes, voire même quelques bises de-ci de-là, surprenant de constater à quel point certains sont déboussolés pour faire péter la bise à un total inconnu. En attendant je devais vite savoir quelle posture prendre à la fin des salutations, pas de place à la tergiversation. Évidemment les deux derniers à saluer étaient sur le haut des marches du parvis, un grand escalier de pierre semi-arrondi, aux marches douces et larges, comme invitant les futurs paroissiens à se délester de leurs soucis avant d’entrer dans l’édifice. Sans le savoir ils me mettaient en danger, isolés et perchés qu'ils étaient, je me retrouvais comme sur une scène à la vue de tous et sans personne pour m'applaudir bien sûr. Cette situation avait tout de même un avantage, la position des deux individus recelait une évidence, les intéressés étaient là, mon objectif était là !


En serrant la dernière main, j'ai gratifié d'une tape sur l'épaule ce gaillard d'une soixantaine d'années, en marmonnant quelques mots tout à fait incompréhensibles, mais ça a fait son effet, le grisonnant a émis un « orgrhhhh », puis a fondu en larmes sur l'épaule de son voisin, qui lui ressemblait d'ailleurs, ses lunettes se sont écrasées sur le col de ce dernier, et les branches déchaussées de ses oreilles se sont enfouies dans son épaisse chevelure. Dans l’immédiat je ne m’attarde pas et tout de go, je tourne les talons. En redescendant je fouille dans ma poche à la recherche de l'allié de circonstance, le paquet de clopes... Je m'isole à trois ou quatre mètres des autres et allume ma cigarette. Et maintenant...


Attendre, attendre et laisser venir, feindre les tics de nervosité, fumer compulsivement, tapoter la cigarette dont la cendre n'est pas encore formée, laisser la fumée venir jusqu’aux yeux, ça pique, ça rougit, ça marche. Ma main gauche triture le trousseau de clefs dans ma poche, et j'attends… Il ne faut pas attendre bien longtemps, ils sont trois à venir vers moi, je les vois arriver, trois quarts arrière gauche, mon angle de vision est performant, mais je suis surtout sur le qui-vive. J'entame quelques pas pour retarder le contact, je manque d'élément à ce stade pour risquer le dialogue…


Le hasard faisant bien les choses, c'est le moment opportun que choisit le fourgon gris et noir pour arriver au bas des marches… Ouf… Tout le monde se fige et regarde l'arrivée mortuaire. Le fourgon est suivi d'un petit véhicule aux mêmes couleurs, les portes claquent, des hommes en gris sortent des voitures, ils sont cinq, grands, secs, sans mines, l'un d'entre eux monte les marches en cinq enjambées, vingt-trois marches, joli ! C'est le chef, il s'entretient à voix basse avec mon objectif, les deux hommes que j'ai salués en dernier. Celui aux lunettes n’arrête pas de les enlever et les frotter dans un mouchoir qu'il replie soigneusement après chaque manœuvre avant de le remettre dans sa poche de veste, il ne répond à l’homme en gris que par des signes de tête de haut en bas ou de gauche à droite, il n’y a qu’à deux reprises où je lis sur ses lèvres « bien sûr… ».


Pendant la discussion, les autres hommes gris ont ouvert l'arrière du fourgon et sorti sur des tréteaux un cercueil, deux d'entre eux maintenant s'affairent à l'intérieur, rassemblant quelques bouquets de fleurs pas très jolis je dois dire, comme s’ils avaient pris la teneur de l’évènement en compte… Ça y est, le chef redescend, les bras tendus, paumes vers le ciel, et d'un mouvement semi-circulaire, il fait signe à la troupe de rentrer dans l’église. En petits groupes les gens obéissent, montent ou finissent de monter, et arrivent devant la grande porte en se suivant de trop près pour en finir par traîner un peu les pieds, je ferme la marche. Chacun prend place dans l'église, au final on n’occupe que les trois premières rangées devant l’autel, trente-cinq personnes ça fait vide, le silence est de mise et ça me va. Tout à coup l'orgue se met en branle, je ne vois ni le clavier ni l'organiste, ça sonne faux ce truc… Les quatre hommes en gris, cercueil sur l'épaule arrivent dans l'allée centrale à pas cadencés et se dirigent vers l'autel. Le cercueil est enfin posé là, devant tout le monde, les hommes gris s'en vont, et moi je commence à m'évaporer… je ne suis pas croyant, et même pour les miens, par principe je n'entre jamais dans une église, alors…


Le prêtre arrive, je ne veux rien voir, rien entendre, je ne veux pas participer, alors je me disperse, j'entre en moi, je quitte ces gens sans bouger, je n'entends rien à ce que le curé raconte, le son de sa voix monocorde m'envahit, mais je n’en retiens rien. Qui est dans cette boîte ? Homme, femme ? Que lui est-il arrivé ? Ce n’est pas un enfant, le cercueil est trop grand et il serait blanc. Accident, maladie ? Je n'en sais rien, mais tout mon corps se resserre. Musique, plus de musique, musique encore, plus de musique, on chante, enfin ils chantent, car là je ne me risque même pas au play-back, faut pas exagérer. J'ai froid, j'ai mal dedans, les larmes me montent aux yeux et je ne peux plus les retenir, je lâche prise, fonds en pleurs, ma gorge est nouée, bloquée, je souffre… Je ne peux même pas partir, ma voisine a passé son bras autour de mes épaules et tente de me réconforter, c'est encore pire, je redouble de spasmes et m’effondre littéralement… On s’assoit, on se lève, on s’assoit et se lève encore, je suis ce rythme insensé grâce à mon entourage, ne connaissant rien aux exercices de cette discipline. Combien de temps ? Combien de temps entre litanie et clavecin ? Combien de temps entre pause et reprise ? Je suis bien incapable d’en mesurer la durée, mais que ce fut long, long…


Les gens se lèvent, l’orgue s’est comme mis en sourdine, ma voisine me prend le bras et d'un geste tendre m'invite à me lever... je les vois tous s'engager dans l'allée centrale en direction du cercueil pour un dernier au revoir lors d’un passage furtif et qui sait, d’une flanquée d’eau bénite sur le bois brillant de la dernière demeure du défunt, je ferme encore la marche et prends la direction opposée, je sors, à la lumière aveuglante je me sens brisé, vidé, anéanti, je presse le pas comme pour m’enfuir, je n’irai même pas voir cette nouvelle amie fraîchement rencontrée, je vais aller sur les bords de Loire…


Je crois que je n'en parlerai pas au groupe…


 
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   Tadiou   
18/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
(Lu et commenté en EL)

C’est une nouvelle qui a du souffle, de la vigueur. Les répétitions, les surabondances, toute cette charge, ne me gênent en rien : ça crée un tourbillon.

C’est un texte qui plonge ses pieds dans le terroir, en l’occurrence la Loire pour le début, puis la ville. C’est peint avec réalisme et charme et cela m’est crédible.

L’histoire du groupe, des challenges, des jeux, sont rendus bien vivants, avec humour aussi. J’y crois…

Je trouve que vers la fin, au moment de la surprise de l’enterrement, il y a surabondance. Pourquoi ces pleurs gigantesques et cet écroulement ?

Dommage qu’il n’y ait pas eu une variation de rythme. On reste dans l’accumulation du début à la fin.

Cette fin qui m’est énigmatique, éclairée par l’incipit : le narrateur va-t-il donc se jeter dans la Loire ? Après avoir perçu que le trop-plein peut être frère
du vide ?

Cette fin me semble en totale queue de poisson, comme si l’auteur(e) était épuisé(e) par les abondances précédentes : dommage pour le lecteur que je suis !

Merci pour cette force, ce souffle, cette tonicité. Peut-être à ciseler, à mon sens.

Un très bon moment de lecture en tout cas, malgré la frustration de la chute. A vous relire.

Un détail : pourquoi ce choix du genre "Réalisme/Historique"?

Tadiou

   Asrya   
21/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
L'idée n'est pas originale mais la manière dont vous l'amenez a un certain charme et du coup, je trouve cette nouvelle relativement intéressante.
Le début m'a plu, je me suis laissé prendre par l'amitié racontée par votre personnage et ces "défis" ridicules qui ont ceci-dit le mérite d'être amusants (pour les protagonistes). On est entre le délire, la réalité et le fantasme. Réel ou non, beaucoup ont probablement imaginé se conduire de la sorte, qui n'y penserait pas ; d'autres se sont comportés ainsi et ils ont probablement un certain nombre de souvenirs à partager lors de rencontre entre amis, alors : j'aime bien.

Et puis, vient l'incruste de votre personnage : un enterrement.
Ce n'est pas le lieu le plus festif et le plus bénéfique pour un défi, si ce n'est les points pouvant être gagnés par votre personnage.
C'est plutôt bien amené, plutôt bien représenté ; peut-être un peu rapide. Peut-être qu'on ne sent pas assez le "stress" pouvant accompagner sa démarche, son "défi" ; vous essayez de faire naître une pointe d'anxiété à un moment mais... non, ça ne prend pas.
Au final, tout se passe de manière assez limpide, comme si votre personnage n'avait pas réellement été apeuré par ce qu'il était entrain de faire. C'est un parti pris, je pense que vous auriez pu accentuer cet aspect.

La cérémonie se passe, et finalement, il décidera de ne pas en parler à ses amis. Trop d'émotions ? Trop de scrupules ? De honte ?
Hum... c'est ce que j'ai imaginé en tout cas.
Malgré tout, je ne l'ai pas suffisamment ressenti pour me mettre à la place de votre personnage et me dire que, non, il ne faudrait pas en parler à mes amis.
Je pense avoir saisi le message (ou pas, à vous de me le dire), mais il aurait probablement pu être livré avec davantage d'aplomb.

De manière générale, j'ai apprécié l'écriture, le texte, l'ambiance ; mais je pense que certains détails auraient pu être approfondis pour que l'ensemble soit plus réaliste et plus "partagé".

Merci pour la lecture,
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Asrya.

   kreivi   
16/1/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Gyver
votre nouvelle est interessante. Amusante, vivante et bien écrite. L'histoire est très originale.
Mais j'ai été déçu par la fin. Cet enterrement avec larmes de crocodile, ce n'était pas dans la continuité de l'histoire ni de l'humour.
Je m'attendais par es à ce que vous embrassiez le mort (ce qui vous aurait valu au moins 50 points dans votre défi et une glorieuse victoire)

   hersen   
16/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Tout d'abord, je dois dire que j'ai beaucoup aimé le début quand l'auteur parle d'une ville de bord de Loire, c'est très bien dit, c'est tout à fait ça. Bon, moi, je dirais Tours mais plusieurs villes répondent au descriptif !

J'ai aimé me joindre à la bande de copains dans leurs incrustes à répétition. Un loisir qui, s'il n'est pas lucratif, en tout cas nourrit son homme. Je découvre qu'il faut beaucoup d'art pour être un pique-assiette non seulement efficace, mais reconnu par ses pairs.
Donc, je suis, joyeuse autant que la bande, le petit groupe, ça me fait sourire.

Mais mais mais. J'ai vraiment aimé le basculement du personnage quand il se lance dans 'son' incruste qui l'atteindra plus qu'il ne le pense. Je trouve quelque chose d'assez bien vu, si on replace l'histoire dans un contexte plus général, qu'il y a à un moment un piège qui se referme, à force de tirer sur la ficelle.

Il ne va pas se jeter dans la Loire, quand même ?

Je vois que tu es nouveau, auteur, alors bienvenue à toi !

Merci de cette lecture,

hersen

   Shepard   
16/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pas du tout mon type d'histoire au départ mais je dois admettre que l'écriture m'a fait accroché jusqu'au bout. Je le souligne car c'est vraiment une bonne plume que vous avez là (d'autant plus à la première personne, que je n'apprécie pas tant que ça en général), visuelle sans en faire trop, bien équilibrée. Le choix de ne pas introduire de dialogues sied à mon avis le texte et permet de se concentrer sur le narrateur, ses pensées, et son 'challenge'. L'auteur évite alors de se disperser. Donc oui, j'ai bien aimé la narration et l'écriture.

Bon ensuite, le fond... Que dire si ce n'est que ce texte est plus bizarre qu'il n y paraît...? On commence avec la déconne entre potes puis on termine en drame. On ne comprends pas ce qui se passe, visiblement le personnage s'est rappelé quelque chose ? (il ne choisit normalement de ne pas mettre un pied dans une église, fait peut-être anodin mais j'ai la sensation que l'auteur laisse en réalité un indice ici... de même avec le refus d'écouter le prêtre). Ou simplement l'enterrement est trop fort en émotions... Mais ça paraît surprenant compte tenu du caractère du narrateur.

Bonne histoire, qui aurait pu être finalement trop banale, mais l'auteur s'en sort en saccageant totalement l'ambiance...!

   MARIAJO   
16/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir. Je suis comme la ville de province de votre nouvelle- le cours d'eau de la Loire qui la partage en deux, comme la rive gauche - rive droite à Paris- partagée entre régal et déception. Je voyais déjà cette bande de copains engagés dans un nouveau jeu et puis une fin dramatique. Et puis, voilà qu'on voit le narrateur jouer cavalier seul et qui en plus s'effondre en larmes. Pourquoi je ne sais pas. Peut-être j'ai mal lu, mal compris. Pour quoi le narrateur fini à la limite du désespoir, au bord de la déprime, au marges de la Loire?
Le rythme du début donné par les répétitions, l'énumération m'a beaucoup plu. J'ai adoré l'explication de la genèse du surnommé groupe. Vraiment je me suis régalé même si je suis restée que d'un coté de la rive.
Au plaisir de vous relire!

   plumette   
17/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonsoir Gyver

le premier paragraphe de votre nouvelle est comme le chemin des écoliers. Il en a le charme, on y prend son temps et, surtout, on est ouvert à la surprise. Je ne m'attendais pas à continuer le chemin en compagnie de ce "groupe" de potaches qui ont pris un peu d'âge mais ont encore le goût des défis, par toujours de bon goût.
C'est une bonne idée de se taper l'incruste dans les mariages, je pense qu'il y a toutes sortes de stratégie et c'est plutôt inoffensif.
Qu'est-ce qui prend au narrateur de soudain se taper l'incruste dans une cérémonie d'un tout autre genre? On ne le saura pas. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance, le récit étonne, on sent bien que le narrateur est poussé là par quelque chose de plus fort que lui et qu'il est finalement dépassé par cette impulsion qui l'a conduit au bord de ce cercueil.

Un texte qui n'est pas fini car il laisse au lecteur le champ libre à toutes sortes d'interprétation sur les raisons de cet écroulement.

Un thème original et une écriture de qualité.

Merci!


Plumette

   Jano   
18/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai tout d'abord été conquis par le style de l'écriture, vif et alerte, à l'aise aussi bien dans les descriptions d'une ville que dans les situations. C'est une forme que je considère légère, sans aucune péjoration, qui passe bien avec ce type de récit. À voir maintenant si vous êtes capable de la densifier davantage et lui donner plus de profondeur.
Le sujet est suffisamment déroutant pour m'avoir capter. De défis potaches on passe à quelque chose de plus grave, de plus solennel, où le narrateur se fait prendre à son propre jeu. Il y a une distance critique entre déconner à des mariages et se retrouver à un enterrement. Rattraper par l'émotion ses résistances s'effondrent, on ne sait pas trop pourquoi mais ça n'a pas d'importance. Je vois une morale qui conclut qu'on ne peut rire de tout.


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