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Réalisme/Historique
hersen : Fracture
 Publié le 17/04/20  -  17 commentaires  -  7697 caractères  -  91 lectures    Autres textes du même auteur


Fracture


Mateus finissait de donner de l'herbe aux lapins, il fermait la dernière porte du clapier quand un homme débarqua dans sa cour. Mauvais présage, Mateus n'aime guère les importuns dans sa vie peinarde entre son jardin et son poulailler. À vivre en reclus, on perd vite le sens du monde. Surtout le monde des autres.


– Bonjour, je m'appelle Bruno et nous sommes voisins.


Mateus ne manifesta aucun signe, ni de bienvenue ni d'entendement. Il se contenta de siffler son chien, qui gambada joyeusement jusqu'à lui et que l'enfant qui accompagnait le visiteur s'empressa de venir caresser.


– Hé là, minute, gronda le maître, c'est mon chien, pas le tien.


L'enfant recula et regarda Bruno.


– C'est mon fils, Leo, il est habitué aux chiens, on en a trois.

– Ah, c'est eux que j'entends gueuler à n'en plus finir ! Ben faudrait les dresser un peu, parce qu'ils m'empêchent de dormir la nuit.


Mateus se tenait droit comme un piquet, face au nouveau venu dans la vallée, bien content de lui avoir rivé son clou. Il s'assit sur une vieille chaise qui avait dû passer dehors une grande partie de son existence, bancale mais solide, bien que gémissant sous le poids de l'occupant.


– Je vous invite pas, j'ai pas d'autres chaises. Hé toi, gamin, va pas agacer mes lapins, j'en ai une qui va bientôt faire ses petits. Je te préviens, si tu passes tes doigts au travers du grillage, ils vont te les bouffer, c'est comme ça, les lapins, c'est comme moi, ça aime pas qu'on les emmerde.


Bruno était bien un peu interloqué par l'accueil qui lui était réservé, ainsi qu'à son fils, mais on lui avait parlé de cet ermite au village. Pas qu'il soit méchant, mais solitaire.


– Bon, ben on a fait connaissance, je vous retiens pas tous les deux, j'ai de l'avance dans mon retard d'occupations. Bien le bonjour, déclara-t-il après quelques secondes, voyant que Bruno ne bougeait pas.


Leo jouait maintenant avec le chat qui passait par là. Mateus ne dit rien, pensant que la visite prenait fin et que ce n'était même pas la peine de se fatiguer avec un morveux de gamin qu'a jamais appris à obéir. Ils sont beaux, tiens, ceux qui viennent s'installer à la campagne sans rien connaître, ils croient que tout va leur tomber du ciel.


Bruno cependant ne bougeait pas, ne partait pas. Cela inquiéta Mateus, lui qui tournait en mode convivial minimum depuis soixante ans, qui réduisait la part administrative au moins possible requis, ne mettait jamais un doigt dans l'engrenage de subventions ou de ce genre de cadeau empoisonné qui t'attache bien serré. Il préférait manger ses lapins, ses œufs et boire le lait de sa chèvre. Quand une fois il était sorti de ses terres, pour visiter un frère mourant, il n'en était pas revenu du carton qu'on leur faisait manger en guise de légumes, à ces gens-là des villes. Alors maintenant, il peut bien y avoir un mort, il lui enverra son adieu en pensée.


– Bon, je veux pas être désagréable, mais si t'as la terre du début de vallée, t'es comme moi, t'as du boulot. Alors à un autre jour.


Leo s'était rempli les bras du chat, un gros bestiau qu'il avait du mal à porter, mais qui était si doux.


– Pis toi, laisse mon chat.


L'enfant, à regret, posa le chat par terre, mais celui-ci resta collé aux jambes de l'enfant, se frottant autant qu'il pouvait.


Mateus hésita, les animaux, c'est sacré, ça reconnaît ceux qui les aiment. Bruno sentit un flottement dans son attitude, et en profita pour aborder le sujet de sa venue.


– Monsieur, nous sommes voisins et avons aujourd'hui le même problème.

– J'ai pas de problème, répondit Mateus, j'ai plein de boulot.

– Si, l'interrompit Bruno, vous avez un problème, le même que nous avons tous dans la vallée. Nous sommes quatre foyers.

– Oui, bougonna le vieux, c'est ça le problème, on est déjà trop.

– Vous avez entendu parler du projet de fracturation hydraulique, monsieur ?

– Oui, ben c'est pas la peine de venir me voir avec tes grands mots, j'achète rien.

– Le gaz et le pétrole de schiste, monsieur.


Le gaz de schiste ? Tiens, il en avait entendu parler à la télé, on crève la terre pour lui pomper ce qu'elle a, il ne savait plus trop où ça se passait.


– Qu'est-ce que ça vient faire là, c'est pas chez nous. Qu'est-ce que je vais m'emmerder avec tout ça ? Si c'est pour signer une pétition, tu peux toujours courir.


Le chat avait quitté les jambes de l'enfant pour sauter sur les genoux de son maître. Leo s'approcha, pour le caresser encore.


– Vas-y mon gars, tant que c'est bon pour lui.


Puis à brûle-pourpoint, l'enfant demanda s'il pouvait aussi s'asseoir sur ses genoux.


– Non mais pis quoi encore, je suis pas ta mère.

– J'ai pas de maman.

– Ah, mes excuses, gamin, je savais pas.

– Mais j'ai deux papas.


Mateus encaissa, resta silencieux quelque temps. Bruno respecta son silence. Deux rides barraient le front du vieil homme. Il regardait Leo caresser le chat.


– Bon, finit-il par dire. Y a pas que des nouveaux, y a aussi de la nouveauté.


Une fois cette mise au point exprimée, Bruno reprit le cours de son explication.


– Il y a un projet pour notre vallée, monsieur, il faut qu'on soit tous solidaires, on va se battre et ne pas se laisser exproprier.

– Monte sur mes genoux, petit, et toi, le voisin, assieds-toi sur cette caisse et explique-moi ça.


Ils parlèrent.

Leo avait depuis longtemps quitté les genoux et le chat. Il jouait avec le chien et mangeait des tomates.


– Alors pour finir, tu me dis que chez moi c'est pas chez moi, que mon puits et mon jardin c'est de la bricole et qu'ils vont éventrer la terre pour voir ce qu'elle a dans les boyaux.

– Oui, c'est ce qu'ils vont faire ; mais on peut se battre.

– Moi, je me bats pas, je casse la gueule à personne.

– Se battre, ça veut dire faire valoir nos droits, prouver que le projet n'est pas viable, monter à Bruxelles pour défendre une zone protégée classée.

– Justement, ils peuvent rien faire, puisque c'est une zone protégée.

– Ils peuvent tout faire. Ils ont ce que nous n'avons pas : l'argent.


Mateus ne dit rien. Il réfléchissait en regardant Leo qui jouait à faire sauter le chien par-dessus un petit caillou.


– Dis voir, Leo, t'as peur, des fois.

– 0ui, des fois.

– Et tu fais quoi, quand t'as peur ?

– D'abord, je voudrais me cacher, je reste tranquille. Papa il me dit que quand on a peur, il faut réfléchir.

– T'as peur de moi ?

– J'ai eu un petit peu peur au début, mais plus maintenant.

– T'as réfléchi ?

– Oui, et t'as bien vu que j'ai caressé le chat bien comme il faut, alors tu m'as laissé continuer.


Mateus s'adossa au dossier branlant de la vieille chaise, et laissa aller son regard d'un point à un autre de la ferme.


– T'as été voir Efeginia ?


Bruno ne comprit pas.


– Ben oui, celle qui mène ses chèvres chez les Caetano, même que ça fait trois générations qu'ils sont en litige pour le champ du bas.

– Ah, la vieille dame qui marche toute penchée !

– T'y fie pas, mon gars, dans sa tête, c'est pas penché. Et si le père Caetano a pas réussi à la sortir de son champ, moi je dis qu'il faut qu'on se la mette dans notre poche. Parce que si ce que tu dis est vrai, voisin, ça va chier. On va quand à Bruxelles ?

– Il faut qu'on peaufine le dossier, déjà bien avancé, pour que des experts se déplacent. On s'attaque à gros, monsieur.

– Dis-moi tu et appelle-moi Mateus. On va se les faire. Je passe voir Efeginia demain matin. Et aussi les Caetano. Pis Leo peut venir me voir quand il veut. On causera. Il est bien, ce petit. Bon, maintenant j'ai encore du boulot. Je passe te voir demain après-midi.


Mateus se frotta les mains, tourna le dos aux visiteurs et partit vaquer à ses occupations de fin de journée.


 
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   plumette   
11/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très belle rencontre entre Matteus et ses nouveaux voisins.

Vous avez choisi un titre paradoxal, ce qui crée une accroche et une surprise.

Le récit de l'approche me rappelle des scènes vécues dans des coins reculés de montagne où les gens sont rugueux et font mine de vous ignorer tout en ne perdant pas une miette de vos faits et gestes.

Le dialogue est savoureux, il distille avec habileté des surprises comme " j'ai pas de maman" et ce qui s'en suit avec tout ce qu'englobe la phrase " Y a pas que des nouveaux, y a aussi de la nouveauté". Une économie de mots qui dit beaucoup! Bravo, vous m'avez donné le sourire car j'ai cru entendre Matteus, comme si j'y étais! Une réplique qui pourrait être culte...

Léo a un rôle majeur avec sa candeur, son naturel, son approche des animaux.

ce n'est pas si facile de réussir une nouvelle presque entièrement dialoguée !

Plumette

   ANIMAL   
14/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire de tolérance intéressante. Le revirement de Mateus est un peu rapide mais le format nouvelle contraint à la concision.

Je trouve le personnage de Bruno très antipathique, le type même du gars qui se croit investi d'une mission qui lui autorise tous les sans-gêne. Mais il est très authentique.

L'évolution de Mateus avec Léo montre bien qu'il n'est pas méchant, juste un solitaire bougon qui veut qu'on lui fiche la paix.
Au final, ce n'est pas tant cette histoire de gaz de schiste qui intéresse Mateus mais le fait de jeter Efiginia et les autres dans la bagarre. Un peu de piment dans la vie.

Cette histoire est bien menée et se lit aisément. Malgré tout, tout va trop vite à mon goût.

   cherbiacuespe   
15/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah! Le caractère facile des gens de la campagnes. J'ai connu cela côté grand-père maternel. On s'embarrasse pas avec les formules de sympathie, perte de temps, mais on aime ceux qui méritent de l'être. Ce gros ours de Mateus m'a bien fait rire mais la réaction de Bruno aussi, Sûr de vouloir s'attaquer à plus fort que lui et qui sait ce qu'il veut.

C'est une bonne histoire! Bien pensée, bien écrite. Une sorte de chronique campagne contre administration lointaine et aveugle. Les dialogues sont efficace, vraisemblables, surtout avec un dinosaure tel que Mateus.

Cherbi Acuespè
En EL

   Marite   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le titre a éveillé ma curiosité mais j'étais loin d'imaginer ce qu'était cette "Fracture". Les dialogues sont très bien équilibrés entre les deux parties que l'on pourrait penser antagonistes et qui arrivent finalement à s'entendre sur la nécessité d'une action commune. De plus, il est aisé, à travers les propos minimalistes échangés, d'imaginer la scène et les personnages sans qu'il n'y ait de longues descriptions qui auraient pu lasser le lecteur.

   Anonyme   
17/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,

J'aime bien cette histoire de vieux campagnard, bougon et solitaire.
C'était bien celà dans ma campagne où je vécus mon enfance.
Les "paysans" étaient méfiants quand de nouvelles familles s'installaient et n'étaient pas très acceuillants.

J'ai beaucoup aimé lire ces dialogues, et tout est bien qui finit bien.
Ce n'était pas gagné, même si je m'attendais à cette fin sans surprise.

   Stephane   
17/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen,

Il y a une chose que je trouve particulièrement intéressante dans cette nouvellle : la fracture ! Je ne parle pas seulement de la fracturation hydraulique (ou fracture), mais de la fracture qui existe - existait, devrais-je dire - entre un vieil homme occupé depuis longtemps à vivre en autarcie et ne supportant pas vraiment la présence des autres. Cette fracture - ce manque de communication - est tombée d'un coup face au combat commun que doivent mener les habitant du village, ou hameau, auprès de Bruxelles. Et ce que je trouve particulièrement intéressant, donc, est que la fin de cette fracture a été provoqué par une autre fracture (hydraulique), bouclant ainsi la boucle...

Bon, j'espère ne pas m'être trop embrouillé dans mes explications (les commentaires n'étant pas mon fort) mais l'idée d'une fracture mettant fin à une fracture m'a beaucoup plu, au-delà des personnages et de la situation très ancrés dans la réalité.

Bravo hersen !

Stéphane

   Luz   
17/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen,

Cette lecture m'a beaucoup intéressé. J'aime bien les nouvelles à la campagne... Peut-être un peu trop rapide la métamorphose du vieux semi-ermite. Et puis, s'ils ne sont que 4, ce n'est sans doute pas la peine qu'ils fassent le déplacement à Bruxelles... Une ZAD, peut-être, en dressant les chiens et les abeilles au combat.
J'aime bien le personnage d'Efeginia. "T'y fie pas, mon gars, dans sa tête, c'est pas penché" : j'en rigole encore ; c'est peut-être le gaz de shit ?
Merci.

Luz

   Corto   
17/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La rencontre de deux mondes est remarquablement bien décrite. Elle n'était pas gagnée cette rencontre avec "À vivre en reclus, on perd vite le sens du monde. Surtout le monde des autres." La mise en ambiance est ici réussie.

Mateus est un personnage central très crédible dans son autarcie revendiquée. Un ermite des temps modernes, et justement c'est la modernité qui vient jouer à chamboule-tout.

Le personnage de Bruno n'est pas autant décrit mais on le sent immergé dans la modernité et au courant des avatars technologiques qu'on pourrait lui imposer. Tout est prêt pour la castagne.

Mais l'enfant Leo joue superbement et innocemment la médiation. Son personnage est joué de façon astucieuse voire attendrissante.

Devant le danger qui menace la vallée, la complicité se construit entre les adultes, et l'ermite a bien des clefs dans sa main. On devine les complémentarités et les complicités qui s'ébauchent.

Les descriptions sont criantes de vérité aussi bien pour les comportements que pour le matériel :
"– Hé là, minute, gronda le maître, c'est mon chien, pas le tien."
"– Je vous invite pas, j'ai pas d'autres chaises. Hé toi, gamin, va pas agacer mes lapins".
" lui qui tournait en mode convivial minimum depuis soixante ans"

"– Ah, mes excuses, gamin, je savais pas.
– Mais j'ai deux papas."

"– T'y fie pas, mon gars, dans sa tête, c'est pas penché"
" Pis Leo peut venir me voir quand il veut. On causera. Il est bien, ce petit".

Il y a du réalisme, de la lucidité, même de la tendresse dans cette histoire que l'on a plaisir à savourer.
La mise en scène et le déroulement sont clairs et entraînent facilement l'adhésion du lecteur.

Grand bravo hersen.

   ours   
17/4/2020
Salut Hersen,

Tu nous offres à nouveau une nouvelle au titre 'tiroir' aux sens multiples, j'aime beaucoup cela, parce que ce titre résume en un seul mot tout le sens du propos et peut varier en fonction du prisme au travers duquel on lit ton récit.

'Fracture' donc pour décrire l'histoire d'une rencontre, c'est pour le moins évocateur, est-ce à dire que ces deux là ne pourront jamais être solidaires, la fracture précédant leur envie timide de solidarité pour remédier au problème de la fracture, celle-là tangible, celle qu'on inflige à la terre dans leur environnement et qui leur permettra peut-être passée cette rencontre pas très agréable de s'unir et de se 'battre' ensemble ? Personnellement j'ai peu d'espoir.

Comme souvent tu nous sers des questionnements intéressants sur un plateau de mots délicats et d'images choisies pour l'occasion. Avec la verve qui t'est propre. Tu ne nous donnes pas vraiment de réponses ni même d'opinions sur tes protagonistes, chaque personnage a son identité, pour le coup elles sont diamétralement opposées, mais pourquoi pas finalement... les enfants ne se posent pas les questions sous l'angle de la différence, alors il y a peut être un espoir de rencontre.

Merci du partage

   maria   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hersen,

Tu as gardé le franc-parler du paysan pour les transitions, cela donne une nouvelle compacte, qualité que j'apprécie.

Le rapide changement d'attitude de Matheus m'a surprise, dans un premier temps. Puis, j'ai trouvé cela cohérent avec le personnage.
N'oublions pas qu'un paysan, ça travaille avant tout.
"Bruno avait senti un léger flottement".
C'était suffisant. Matheus ne prend pas du temps pour de longues réflexions. Il va à l'essentiel.
Ce qui peut expliquer aussi sa décision d'embarquer tout le monde à Bruxelles.
Mais qui s'occupera des bêtes ? Et l'argent ?
Peu importe, il va en épater plus d'une...

Merci Hersen, c'est toujours un plaisir de te lire, mais trop court pour moi.

   Donaldo75   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour hersen,

J'ai bien aimé cette histoire; le personnage de Mateus m'a fait penser à Carmen Cru la vieille désagréable de la bande dessinée de Lelong publiée dans Fluide Glacial il y a des millénaires maintenant. Et tout au long de la narration, dialogues inclus, ce souffle narratif a été soutenu par ce personnage et la manière de le faire vivre.

C'est savoureux.

La fin est néanmoins plus faible, ce qui s'explique après un tel feu d'artifices.

J'en ris encore, quand même, de ce Mateus pas piqué des vers.

Merci pour la bonne rigolade.

Don

   plumedeplomb   
18/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Des personnages bien construits, un réalisme fort. Une critique en fond de l'exploitation du gaz de schisme : il est subtilement manié, car le lecteur est avant tout captivé par les personnages. Mais la critique est tout de même là. Et en plus tu as réussi a polarisé la résistance des ruraux et des néo-ruraux avec l'acceptation, ou du moins la tolérance du mariage pour tous. Une pierre deux coups. c'est toujours un plaisir de te lire, une belle plume, des messages forts en fond. Merci et bravo

   in-flight   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
ça sonne comme le début de quelque chose, mais en l'état, je ne saisis pas l'intention du texte: convergence des luttes entre voisins malgré des mœurs opposées? Pourquoi pas, mais les personnages manquent un peu d'épaisseur, la faute à la concision du texte (et pourtant j'aime le bref).

Sur la forme, j'ai trouvé la narration hésitante, comme si elle se cherchait un cap. voici quelques remarques pour illustrer:

- Il se contenta de siffler son chien, qui gambada joyeusement jusqu'à lui et que l'enfant qui accompagnait le visiteur s'empressa de venir caresser. --> style un peu lourd je trouve pour cette phrase.

- Il s'assit sur une vieille chaise qui avait dû passer dehors une grande partie de son existence, bancale mais solide, bien que gémissant sous le poids de l'occupant. --> Idem

- j'ai de l'avance dans mon retard d'occupations. --> Celle-là, on sent que tu voulais la placer mais l'effet produit est étrange, surtout dans un dialogue.

- en mode convivial minimum --> pas compris pourquoi ce registre est employé ici, alors que le reste de la narration est relativement neutre.

- Leo qui jouait à faire sauter le chien par-dessus un petit caillou --> une pierre plutôt? ou alors c'est un chihuahua le clebs?

Bon, je présume que tu as écris ça un peu vite, non? En tout cas, tu a écris bien mieux ;)

   tundrol   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime bien l'introduction des personages, mais le dénouement je trouve forcé, comme si j'étais sur des rails comme lecteur.

   papipoete   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour hersen
y'a des gens qu'y faut pas déranger ! tu pourrais bien amèrement le regretter ! Et l'on suit ce voisin tenace, qui ne se laisse pas impressionner par ce vieux grincheux, avec qui il ne doit pas faire bon voisiner ! Et le vieux finira par fondre comme banquise, quand le gamin qui n'a pas de mère a deux papas ! le projet contre les foreurs " fractureurs " sera désormais bien engagé !
NB qui ne connait pas ce personnage que personne n'approche, même pour lui dire bonjour ou demander son chemin ? le visiteur ne veut pas lui vendre de panneaux solaires, mais l'impliquer dans une cause noble, où il pourrait se sentir quelqu'un...
Souvent, dans la vie qui passe, chez ces gens-là on trouve une faille dans une carapace d'apparence, et l'on songe " je n'aurais jamais cru... "
Une histoire chaleureuse sur un homme du cru, vers qui se déconfinant, on irait bien s'asseoir sur sa chaise branlante, et discuter de tout, de ses lapins qui mangent les doigts des enfants...

   hersen   
19/4/2020

   thierry   
20/4/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
Je ne vois pas bien l'intérêt de ce texte qui nous est offert comme un commencement et qui s'arrête sans plus de raison qu'il n'a commencé.
Ces clichés des années 50 - franchement cette boboitude consacrée dans la condescendance des ploucs des montagnes... - ne sont pas raccord avec les fracturations de roche dans les recherches de gaz de schiste mais peu importe (moi aussi "j'en ai entendu parler à la télé")
Souvent on retrouve la fuite en avant que dessinent les nombreux dialogues pour ne pas affronter une vraie problématique.
Bon après, tout le monde est beau, tout le monde est gentil et les grosses sociétés pétrolières ont au moins la vertu de nous rassembler dans la lutte finale.
Non, franchement, ce n'est pas ma came, mais vive la liberté !


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