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Sentimental/Romanesque
hersen : Origami
 Publié le 09/11/16  -  25 commentaires  -  13482 caractères  -  180 lectures    Autres textes du même auteur

Le poids de l'éducation, de la tradition.


Origami


Les doigts fins et agiles de Matsuko plient délicatement la feuille rouge, ramenant les quatre coins du carré au centre de celle-ci. Puis, avec une infinie légèreté du geste, elle déplie la feuille, la retourne. Sa concentration est si intense que deux petites rides verticales se forment entre ses sourcils. Elle mettra longtemps pour mener à terme cette création qu'elle veut parfaite. Experte dans l'art de l'origami, grâce à sa grand-mère qui lui a tout appris, elle aime à la fois le défi d'une création nouvelle et la sûreté de sa technique.


– Obāsan, comme tu me manques ! murmure-t-elle. Elle appelait toujours sa grand-mère ainsi, Obāsan.


Comme à chaque fois qu'elle se lance dans une nouvelle création, Matsuko a revêtu son kimono de soie verte, celui qu'elle préfère. Le jaune pâle de l'obi atténue la teinte du kimono. Les deux couleurs associées se fondent pour donner une aura de sérénité comme on peut la vivre dans la cérémonie du thé. Elle travaille agenouillée devant une minuscule table basse laquée. Elle a apporté bien peu de choses avec elle en arrivant en France mais cette table et deux kimonos sont l'essentiel dont elle a besoin pour, chaque fois qu'elle en a envie, se retrouver dans ce qu'elle a de plus cher : l'harmonie japonaise.



*****



Une opportunité professionnelle. Traductrice, ce séjour lui offrait la chance de faire un bond prodigieux dans sa carrière. Elle s'est fort bien adaptée à son nouveau poste malgré quelque étonnement face à certaines habitudes et une grossièreté qui la choquait aussi quelquefois. Comme par exemple quand on lui passait devant à la machine à café sans même prendre la peine de s'excuser. Mais puisqu'elle savait qu'elle n'était que de passage, elle ne se formalisait pas plus que ça de ce manque de politesse dont on aurait eu honte dans sa famille.


Sa famille. Bien réduite à vrai dire. Une mère pauvre, seule pour élever sa fille et une grand-mère qui la gardait souvent, par nécessité. Elles ont fait comme elles ont pu pour l'élever. Sans quelques professeurs à l'école ayant remarqué ses aptitudes, elle serait encore probablement dans son village perdu, travaillant dans une filature artisanale.


Elle va voir sa mère, maintenant bien vieille, dès qu'elle le peut. Quant à sa grand-mère, qu'elle a adorée, elle est depuis longtemps à l'ombre d'un cerisier qui fleurit chaque année.


Les choses ont toujours été spéciales avec sa grand-mère. Petite fille, elle n'avait pas pleinement conscience d'une différence. Il a fallu qu'elle grandisse, qu'elle fréquente l'université, qu'elle s'ouvre au monde pour se rendre compte que sa grand-mère avait été mise à l'écart ; Matsuko ne saura jamais pourquoi. Mais elle se rappelle avec beaucoup de tendresse les après-midi qu'elle passait avec elle. Sa grand-mère faisait une obsession sur l'origami. Elle en était une artiste de haut vol. Elle sortait d'une simple feuille et de ses doigts ridés un papillon, un arbre, une tasse, un oiseau. Ce qu'elle voulait. Matsuko fut donc à bonne école et avait adopté cet art du papier comme une seconde nature. De fait, elle était très douée. Sa grand-mère avait su lui transmettre l'art du volume, l'art du simple qui met en valeur la pureté des formes. Matsuko trouvait étrange le comportement de sa grand-mère qui, quelquefois, avait l'air de marmonner des choses tout en enseignant à sa petite-fille. Quelquefois, elle se souvenait d'un mal-être, assise à côté de sa grand-mère qui radotait dans ses œuvres de papier. Mais il est vrai que son caractère avait une certaine réputation et rares étaient ceux qui s'y frottaient. Matsuko était l'élue, la seule qui avait droit à toute l'attention de sa grand-mère. Qui lui disait quelquefois des paroles étranges. Que l'origami ne laissera jamais personne lui faire de mal. Qu'elles avaient toutes les deux le même don.


Matsuko avait bien essayé de questionner sa mère, dans la limite permise par son éducation, mais les réponses restaient évasives : elle ne se rappelait plus, grand-mère avait toujours été différente, grand-père était mort mystérieusement… Une aura de mystère flottait.


*****


Aujourd'hui était un grand jour. Elle se rendait à son rendez-vous avec Marc. Son amoureux. Même si cette notion d'amoureux n'avait pas l'air de le chambouler plus que ça. Mais ils passaient du temps ensemble, certaines nuits, aussi. Même si Matsuko savait qu'il n'était pas un partenaire éblouissant, elle comprenait qu'il ne s'agissait pas de sa priorité à lui et qu'il avait la tête bien trop haut dans les nuages pour être toujours complètement avec elle. Malgré tout, elle l'aimait, elle aimait sa logique, sa rigueur. Elle aimait surtout sa pureté d'esprit. Un peu de légèreté de temps en temps n'aurait cependant pas fait de mal, mais c'était ainsi, il était ainsi. Astrophysicien, une obsession du précis, pour tout. Tout le temps. Mais elle trouvait aussi que c'était ça, son charme. Décalé.


Elle a été bien étonnée, mais surtout ravie, quand il l'a invitée au restaurant pour son anniversaire. Petit dîner aux chandelles. Il lui avait promis une attention totale. Ce qui prouve qu'il avait bien conscience de son comportement et elle ne l'en aima que plus de reconnaître de manière si raffinée qu'il avait certains torts dans leur relation.


Elle marchait à petits pas rapides, portant précieusement le joli paquet. Il semblait si léger dans sa main, il était si savamment emballé que tout simplement, en la voyant passer ainsi chargée légèrement de son cadeau, les gens se retournaient. Mais Matsuko ne voyait personne, gardant la plupart du temps les yeux baissés. Elle avait grand-peur d'être en retard au rendez-vous et elle imaginait déjà la honte qu'elle aurait à subir le cas échéant.


Alors elle trottinait ainsi, toute jolie, toute mignonne, toute grave. Son petit paquet se balançant à son côté. Ses cheveux relevés dans un chignon qu'elle avait voulu presque traditionnel. Pas complètement pour ne pas attirer les regards sur elle, mais suffisamment pour offrir son amour de femme japonaise.


Soupir maîtrisé. Comme elle arrivait devant le restaurant, Marc courait vers elle du bout de la rue. Elle en fut si soulagée qu'elle faillit se jeter à son cou. Mais elle se retint à temps et se contenta de le regarder, les yeux brillants, se courbant légèrement pour le saluer.


Lui se tenait là, devant elle, les bras ballants et rouge d'avoir couru. Mais l'air si heureux qu'en cet instant, elle l'aima beaucoup. Vraiment beaucoup. Marc, pataud, adorait cette façon de faire de son amie. Il ne s'était jamais très bien senti en société, toujours réagissant avec un temps de retard. Tous ceux qui le connaissaient mettaient cette attitude sur le compte de son intelligence hors normes, celles à qui on pardonne beaucoup faute de pouvoir se hisser jusqu'à elles.


Ils entrèrent dans l'établissement, s'installèrent et ne dirent rien pendant un instant. Marc semblait paralysé. Alors Matsuko, timidement, lui tendit son cadeau.


– C'est pour nous. Un chacun pour être toujours ensemble.


Sa voix était si douce.


– Moi aussi, j'ai un cadeau.


Marc sortit alors de sa poche un écrin.


– Vas-y, ouvre-le !


Un peigne japonais en écaille de tortue, magnifique et certainement très ancien. Un cadeau rare.


– Je l'ai trouvé chez un antiquaire. Et j'ai tout de suite pensé qu'il t'attendait. Je suis content d'être passé par là.


Elle le connaissait assez maintenant pour savoir qu'il était très heureux. Elle posa alors la main sur sa boîte et la poussa légèrement vers Marc.


Il entreprit de défaire le cadeau. L'emballage en lui-même était déjà une œuvre d'art. Quand le dernier pan de papier glissa de côté, alors il découvrit deux cœurs, chacun dans sa boîte. Deux cœurs rouge sang avec un petit lien pour les accrocher.


Le papier choisi, très légèrement moiré, leur donnait vie ; ils étaient façonnés de manière si précise que chaque pli, en apportant le volume, formait les facettes d'un diamant. Ces petits cœurs étaient une splendeur. Une splendeur de papier précieux.

Marc admira les objets, puis se tourna vers Matsuko. Il savait combien elle élevait l'origami au rang d'art mais jamais il ne l'avait vu faire quelque chose d'aussi joli. Ni quelque chose d'aussi élaboré. Qu'elle l'ait fait pour lui, pour cette soirée, le touchait au-delà du dicible.


Le repas se passa comme un repas en amoureux, le temps suspendu.


Ils allaient partir. Marc, maladroitement, remit les cœurs dans leur emballage. Ce faisant, il les observa de plus près. Avec une telle insistance que Matsuko commença à ressentir une certaine gêne. Marc alors prit un des origamis et l'inclina doucement à la lumière.


– Là, tu vois, dit-il, cet angle est un peu faux.


Les clients du restaurant commençaient à les observer. La position de Marc, debout scrutant le cœur en papier au-dessous de la lampe, offrait un spectacle inhabituel.


Matsuko la Japonaise fut mortifiée.



*****



La séparation fut digne et Matsuko mit toute son énergie à ne pas laisser paraître sa peine. Une impassibilité relevant de la froideur pour les Occidentaux pour de la froideur. Elle avait peu d'affaires. Elle s'installa donc rapidement dans un petit appartement de Tokyo. Elle s'engouffra dans sa vie professionnelle, se fit une carapace pour, à l'avenir, ne plus avoir à subir la honte. Jusqu'à ce que Daïsuke apparaisse dans sa vie. Attentionné, il fallut à ce nouvel ami beaucoup de patience, beaucoup de silences pour l'apprivoiser. Et la vie reprit pour Matsuko un cours soutenable. Elle eut un enfant, Hiro.


Leur vie de couple se passait sans heurts, certes, mais sans beaucoup d'attraits non plus. Même au bout de toutes ces années, Daïsuke ne comprenait pas pourquoi elle refusait souvent de sortir, elle ne voulait jamais aller au restaurant, par exemple. Elle s'arrangeait toujours pour inventer une excuse.


Quand Hiro eut cinq ans, Matsuko ressentit le besoin de l'initier à l'origami, qu'elle avait délaissé depuis si longtemps. Les doigts un peu gourds au début, elle retrouva vite cette agilité qui faisait d'elle une spécialiste de cet art. Hiro apprit bien vite à faire les grues cendrées qu'ils enfilèrent en guirlande de félicité. Matsuko, devant la joie de son fils, décida de l'initier davantage ; elle se mit à chercher ses anciennes œuvres pour s'en inspirer. Elle retrouva alors le petit cœur rouge, tapi au fond d'un tiroir.


Ce fut comme un coup de massue. Tout lui revint en mémoire si vite qu'elle-même n'en maîtrisa rien. Elle revit Marc, les bras ballants, si touchant. Elle se maudit de n'avoir pas compris alors qu'en tant que scientifique, il ne pouvait tout simplement pas s'empêcher de remarquer la disparité des choses. Que pas un instant il n'avait voulu la blesser. C'était sa seconde nature, tout comme celle de Matsuko était l'origami. Elle sentait monter en elle la nostalgie de cette époque. Pour la première fois peut-être, elle mit en doute le bien-fondé de son éducation japonaise. Et soudain, comme un vent violent s'engouffre dans un couloir, c'est la colère qui la gagna, qui la frappa de plein fouet. C'est lui, par son comportement stupide, qui l'avait éloignée. C'est lui qui avait fait naître cette honte profonde d'avoir failli. Comment pourrait-elle lui pardonner ? Pourquoi voudrait-elle lui pardonner ?


Sans comprendre sa réaction et incapable d'y réfléchir, d'un geste brusque, elle prit le petit cœur dans sa main et le broya. Cette merveille de finesse et d'équilibre ne fut plus dans sa paume qu'un bouchon de papier rouge. Rouge sang. Elle voulut se calmer mais n'y parvint pas. Elle voulut regretter ce qu'elle venait de faire, mais ce fut peine perdue. Alors, d'un geste sec, elle jeta la boulette dans la corbeille.



*****



Marc avait vieilli. Il avait toujours l'air un peu triste. Personne ne se précipitait pour rechercher sa compagnie, sa réputation d'homme ennuyeux était faite depuis longtemps. Une seule chose le maintenait motivé : ses recherches. L'astrophysique, rien d'autre ne comptait. Il s'encombrait l'esprit de calculs pour soulager son cœur de ce gâchis qu'il avait provoqué.


Il se rappelait bien souvent Matsuko.


Lui seul savait à quel point il l'avait aimée, lui seul savait à quel point elle lui manquait, après toutes ces années.


Il montait d'un pas égal les marches de l'Institut quand il fut soudain pris d'un malaise. Il porta la main à son cœur et s'écroula.

Il mourut dans la nuit. Aucun médecin n'a pu dire avec précision de quoi il est mort. Du cœur, ça c'est sûr. D'un cœur comme vidé de son sang.



*****



Matsuko ne supportait pas l'idée de l'origami rouge réduit en boulette. Elle revint dans la pièce, elle voulut frénétiquement le récupérer, ne se résolvant pas à détruire cette partie de sa vie, cet amour qu'elle avait connu avec Marc. Elle se pencha au-dessus de la corbeille, plongea sa main parmi les débris. Mais au lieu d'un toucher sec auquel elle s'attendait, elle sentit quelque chose de chaud, poisseux, lui recouvrir les doigts. Elle retira brusquement sa main et découvrit qu'elle était rouge, couverte de sang.


Un souffle glacial l'enveloppa. Son cœur dans sa poitrine se rencogna, se vida d'un coup.


Plongée dans cette horreur, elle voulut hurler mais ne put que murmurer, les traits de son visage figés par la terreur :


– Obāsan, que m'as-tu fait ?


 
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   plumette   
12/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comment venir à bout de la différence culturelle? L'amour n'y suffit pas.
C'est ce que nous raconte cette nouvelle réaliste qui évolue vers le fantastique.

je me suis attachée à Matsuko et j'ai été triste du tournant que sa vie prend parce qu'elle n'arrive pas à surmonter une humiliation qui n'a pas été voulue et échappe totalement à son amoureux.

l'écriture est précise, elle est "assortie" à ce qui est racontée! la précision et le raffinement de l'origami, la rigueur de l'astrophysique. 2 beaux personnages et une fin surprenante qui donne à cette nouvelle une vraie originalité.

Bravo!

   socque   
17/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je dois dire que je ne m'attendais pas à cette fin, à l'irruption soudaine du fantastique dans un texte jusqu'à présent bien poli, mesuré et, pour moi, quelque peu ennuyeux. J'espérais une révélation et je n'ai pas été déçue !
Très bonne histoire, je trouve, l'écriture léchée lui convient bien (peut-être un poil plus d'audace la réveillerait-elle) et la fin "boucle" à merveille sur le début puisqu'on comprend alors l'irréductible étrangeté de la grand-mère de Matsuko.

Pour moi, ce texte gagnerait tout de même à être moins languissant. Une mention pour le trajet de Matsuko jusqu'au restaurant : là, je vois le personnage dans l'action et le trouve bien dépeint.

   Robot   
24/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un récit qui m'a retenu jusqu'au bout. D'abord parce qu'il nous parle de culture et des différences qui peuvent conduire à des attitudes sources d'incompréhension. Ces ignorances des us qui rejaillissent sur toute une vie (ici sur plusieurs destinées) à partir de faits paraissant comme anodins.
La nouvelle est habilement conduite à partir de l'art pratiqué par la jeune Matsuko. Pas de heurt dans le déroulé, tout est bien dit et décrit sobrement sans vouloir faire d'effet. La fin originale et étrange achève avec brio le récit.

   Anonyme   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo hersen, une très jolie histoire.
Je dois vous avouer qu'au début, j'ai eu peur de m'ennuyer, et bien pas du tout.
L'histoire que vous racontez est douce, soyeuse, et retrace bien l'esprit orientale.
J'ai bien aimé les deux caractères complètement différents de l'un et de l'autre, qui finalement aura raison de leurs sorts. Elle a choisie quelqu'un d'égal à elle-même, et se rend compte trop tard de son erreur.
Et la fin est remarquable, elle clos parfaitement votre récit. Bref, j'ai trouvé tout ceci très bien mené.

   widjet   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Pour avoir lu quelques-uns de ses écrits, je peux le dire sans gêne aucune et même avec aplomb : des récents auteurs (c’est à dire inscrit depuis moins de deux ans), hersen est probablement l’auteur que je préfère dans le domaine de la nouvelle. Sa force principale : sa qualité indéniable de conteur. Quelques lignes et on est dedans avec l’envie d’aller au bout sans jamais sentir l’effort de lecture. Impliquer son lecteur en si peu de temps, ce n’est pas donné à tout le monde. Son style est simple (mais pas simpliste), sans fioritures (contrairement à moi, ça cherche pas à épater son monde), mais, ne vous y trompez pas, il y a de la rigueur, de la précision, de la discipline dans la forme. C’est une écriture appliquée et ça aussi, mine de rien, ça demande du talent. Ensuite, au-delà du caractère divertissant de ses textes, on peut - si on le souhaite - y trouver d’autres niveaux (voulus ou pas par l'auteur) de lectures ; et petit plus qui ne gâche rien témoigne en outre que hersen a de la suite dans les idées. Bon, après cette fellation littéraire mais néanmoins sincère et assumée (histoire de rappeler au passage que lorsque Widjet aime, il n’est pas plus réservé que lorsqu’il déteste), que vaut son dernier opus ?


Je me souviens que quelques auteurs et textes ont évoqué le Japon et sa culture sur Oniris avec souvent du succès. Hersen s’est essayé à cet exercice à son tour. Et l’ensemble est globalement une réussite...qui aurait pu devenir un p* de très bon texte. Auréolé d’une suspense diffus mis en scène rapidement, le récit - tranquille se suit, tranquille, comme une boit avec lenteur une infusion. Ce n’est pas follement excitant, soit, mais c’est reposant et - avec un peu plus d’application par moment (j’y reviendrais) - il aurait pu être ce que le cinéma japonais sait souvent être : poétique et hypnotisant.

L’ensemble est (fond et forme) de bonne tenue, soigné, respectueux (du lecteur surtout, merci !) et en dépit de ce faux rythme, l’ennui n’a pas sa place, youpi. A la limite, j’en aurais rajouté dans indolence (faire en sorte que le temps passe au ralenti, insister encore sur ce travail de patience qu'est l'origami....) car cela va avec le thème, l’héroïne, l'origami…Après, je regrette l’apparent déséquilibre quant au traitement des deux amoureux et de leur univers poétique : beaucoup sur l’origami et peu sur l’activité (un univers tout aussi porteur de poésie et aussi fascinante il me semble) de Marc, personnage essentiel aussi et hélas un peu sacrifié dans son traitement. Niveau forme, quelques facilités à déplorer comme« Ce fut comme un coup de massue » et deux autres phrases mille fois lues, y’en a d’autre, mais je ne veux pas m’y arrêter car en vrai de vrai, cela n’a pas parasité ma lecture même si un récit qui traite de l’Asie se doit d’être aussi fignolé et délicat que peut être (parfois) ce continent (et à votre décharge, j’ai lu sur Oniris des textes sur le Japon très très bien foutus). Quelques erreurs de ressenti - à mon avis - et de choix si j’ose dire comme le fait de couper le flot émotionnel de certaines phrases, un exemple comme ça « Elle se maudit de n'avoir pas compris alors qu'en tant que scientifique, il ne pouvait tout simplement pas s'empêcher de remarquer la disparité des choses. Que pas un instant il n'avait voulu la blesser. » ; j’aurai clairement laissé UNE seule phrase plus susceptible (et efficace) pour emporter le lecteur dans ce courant. Sinon « « Lui se tenait là, devant elle, les bras ballants et rouge d'avoir couru », j’aurait dit « les joues rouges ». Toujours dans la rubrique « reproches » (désolé, mais faut quand même que j’alimente mon statut d’enfoiré et ne pas décevoir certains ici), je trouve l’ellipse entre la rupture et la nouvelle relation amoureuse un peu trop brusque; il y avait moyen de basculer sur la nouvelle existante de Matsuko de manière plus douce, plus progressive.

Enfin le final. J’hésite beaucoup sur le choix du dénouement, pas sur le fond, mais la forme. Déjà, la phrase de fin est clairement a supprimer : faite le, elle sert à rien ! Le lecteur sait ce qui s’est passé, laissez le s’horrifier tout seul comme un grand sans faire intervenir son héroïne (qui peut manifestement son effroi par le regard, mais qu’elle la boucle ! mdr). Après, l’idée est excellente et bien négociée, perso, je ne l’ai pas vu venir et ce côté fantastique a parfaitement sa place, ça colle à l’univers asiatique et je m’interroge même s’il ne fallait pas faire de ce dénouement quelque chose de plus spectaculaire, empreint de cruauté comme aussi sait l’être le cinéma japonais, et donc créer de ce fait un contraste saisissant avec la douceur du début. Bref, faire de la mort de Marc un truc digne d’un final à la RING (si vous connaissez la saga de Hideo Nakata). Onirique, poétique, effroyable et sanglant. Si, si. Ca l’aurait fait, je vous l’assure. 

Bref, le texte est tout à fait bon, mais pourrait être « encore plus mieux » dans sa préciosité, son raffinement (par rapport à l’Art), formidablement contemplatif (insister davantage sur l’univers de Marc, le cosmos, les étoiles, bref tout ce bordel...euh à la réflexion j'en sais rien, peut-être après tout car le sujet porte surtout sur la fille et son histoire, bref, j'en sais foutre rien finalement...) et glaçant et terrifiant à la fois dans sa chute. Allier tradition culturelle, romantisme pudique et platonique avec l’horreur fantastique ferait un cocktail audacieux certes, mais formidable je trouve, en tout cas, c’est comme ça que je le vois. Je ne vous fais pas le procès de l’émotion, vous n’êtes pas tombé dans la mièvrerie propre à beaucoup de romance et puis ça colle pas avec la culture asiatique (en revanche, ça manque encore un peu dans les autres formes de démonstrations affectives, je pense que vous pouvez développer encore cet aspect)

Des réserves, oui, mais ne vous y trompez pas, quand un texte me fait jacter autant et manière aussi impulsive (j'ai écrit mon avis à chaud donc y'a surement pleins de conneries) c’est qu’il est soit à chier soit de qualité. 


A votre avis, je le situe où votre texte ?



Widjet

   Pouet   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr Hersen,

Je relève tout de suite une phrase où, me semble-t-il il y a un problème: " Une impassibilité relevant de la froideur pour les Occidentaux pour de la froideur." Une tite coquille non?

Un deuxième truc, un détail: "Comme à chaque fois qu'elle se lance dans une nouvelle création, Matsuko a revêtu son kimono de soie verte, celui qu'elle préfère." Pour moi le "celui qu'elle préfère" de la fin est de trop. Pour deux raisons: D'une part cela semble implicite et il inutile de le préciser et d'autre part cela me gâche un peu le côté mystérieux que pourrait revêtir la chose, pourquoi un "kimono vert", voyez-vous? Hummm on s'interroge...bon ce n'est que mon avis hein.

Sinon l'écriture est très bien.

Sur le fond donc on comprend que la grand-mère avait une fâcheuse tendance à prendre ses cocottes en papier pour des poupées Vaudou ... ;)Sacrée Obasan tiens! Bien aimé cette idée là.

Je ne suis pas assez au fait de la culture japonaise mais mon point de vue d'occidental trouve pour le moins excessive la réaction de Matsuko, mettre fin à une relation pour une histoire "d'angle", d'ailleurs un angle dans un coeur... Il doit y a voir quelque chose à creuser de ce côté là et je suis sûr que vous sous-entendez un truc là-dessous... Du style, "les courbes de l'amour peuvent aussi avoir des arêtes..." (tiens pas mal ça, vous m'en accorderez les droits d'auteur.. :))

Voilà ce que je peux dire de ce texte qui nous plonge dans une certaine douceur et qui se termine tout de même avec un palpitant sanguinolent au fond d'une poubelle!

Au plaisir.

   Vincendix   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,
Quelle belle histoire, un véritable conte !
Dans la tradition japonaise, l’origami est effectivement considéré comme un art majeur. La discrétion de Matsuko, sa fragilité de porcelaine, c’est aussi une tradition, même à notre époque. Pourtant, si les Nippones paraissent sages, ce sont des volcans en sommeil, entrant en éruption dans une situation bien particulière.

Un texte agréable à lire même s’il ne provoque pas de grandes émotions jusqu’à la chute qui, au contraire en donne, un peu à l’image de ce que j’écris plus haut concernant les femmes.

   Pepito   
9/11/2016
Bonsoir Hersen,

Ecriture sympa, j'ai bien aimé les sortes de titres en début de paragraphes. Manque juste un poil de virgoulage à mon gout.

"création nouvelle" suivi de "nouvelle création"... répétition > peut être "nouveau projet"...
"en France (pouint) Mais, chaque fois qu'elle en a envie, cette table et (ces) deux kimonos sont essentiels pour se retrouver dans ce qu'elle a de plus cher : l'harmonie japonaise." juste une idée...
"se rappelle (virgoule) avec beaucoup de tendresse (virgoule) les après-midi"
"Mais il est vrai que son caractère " on flotte un peu, pour savoir le caractère de "qui" ?
"Même si Matsuko savait qu'il n'était pas un partenaire éblouissant," ha ouais, ça j'aimerais (aussi) savoir ce que c'est... juste pour me rassurer, hein... savoir à combien de lumens j'éclaire... ;=)
"elle comprenait qu'il ne s'agissait pas de sa priorité à lui " quoi donc, son niveau d'éclairage ?
"pardonne beaucoup (virgoule) faute"
"Un chacun (virgougougoule) pour être toujours "
"d'art (,) mais"
"Qu'elle l'ait fait pour lui, pour cette soirée" c'est pas son anniversaire, à "elle" ?!
"Matsuko mit toute son énergie à ne pas laisser paraître sa peine." avoir de la peine pour "l'angle faux", ok. Pour la séparation alors qu'elle l'a voulu... c'est bien un truc de fille...
"relevant de la froideur pour les Occidentaux pour de la froideur" y'a de l'écho-ho-ho-ho... ?
"Leur vie de couple se passait sans heurts, certes, mais sans beaucoup d'attraits non plus." ha c'est sûr, avec les lampes basses consommation, ne nos jours les "éblouissants" se font rares... ;=)
"décida de l'initier davantage " comment peut-on être "initié davantage" ? c'est comme "débuter" davantage...
"C'est lui, par son comportement stupide, qui l'avait éloignée." c'est bien une fille ! ...oui, mais c'est une japonaise... oui, bien sûr,... mais c'est une fille ! ;=)
"Mais au lieu d'un (du) toucher sec auquel elle s'attendait"

Ouf ! Sauvé de sent/rom à l'eau de rose par une intrusion du fantastique. Bien vu.

Merci pour la lecture.

Pepito

   Anonyme   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Un joli texte, romantique et poétique, un final inattendu, en bouquet, très beau.
Quelques remarques qui pourront intéresser l'auteur.
-"une infinie légèreté du geste" du geste me semble superflu.
-Grand-mère est beaucoup répété, il y a quelques synonymes.
-"Marc sortit alors de sa poche un écrin". Formule lourde, le secret c'est d'aller au plus court : " marc sortit un écrin de sa poche" raisonne mieux
-"Cette agilité qui faisait une spécialité de cet art" c'est lourd ces cet à la suite.
Particulièrement dans le paragraphe : "Ce fut comme......pardonner" quelques "que, qui " qui pourraient être remplacés.
Je ne sait pas comment Matsuko a le cœur en sa possession puisqu'il y a eu échange de cadeau et que l'on voit mal la jeune japonaise récupérer son cadeau dans le restaurant , étant donné son éducation et sa nature....
Le style gagnerait a être simplifié
Une lecture agréable qui fait voyager dans la délicatesse aussi, merci pour ce moment.

   Perle-Hingaud   
10/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Du très beau travail ciselé. J'ai beaucoup aimé le rendu de l'incompréhension entre les deux amoureux.
Par contre, j'ai eu davantage de mal avec les lieux. Au départ, on se trouve en France : "Elle a apporté bien peu de choses avec elle en arrivant en France mais cette table... "
Ensuite, elle se souvient de sa grand-mère au Japon.
Puis, la scène du restaurant: je l'imagine en France, mais cette phrase me fait douter: " Elle avait peu d'affaires. Elle s'installa donc rapidement dans un petit appartement de Tokyo.": il me manque une phrase pour expliquer qu'elle est rentrée chez elle.
Sinon, la fin est excellente, à mon sens.
Bref, un moment de plaisir, merci !

   vendularge   
11/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Bon, j'arrive un peu tard, je vois que tout est déjà plié, commenté, emballé...;)

De mon point de vue, la qualité essentielle de ce texte est de restituer fidèlement et avec minutie le mode de pensée japonais. Le côté "surnaturel" m'intéresse moins, en particulier ce don qui rappelle un peu les rites vaudou (l'intention de nuire en moins pour notre héroïne ). Mais je ne sais absolument rien du Japon et nous sommes ici dans un conte très réussi..

A vous relire
Vendularge

   GillesP   
11/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hersen,

Voilà une bien jolie histoire, bien racontée, émouvante. J'ai bien aimé, notamment, l'ellipse temporelle au moment où Marc remarque l'imperfection de l'origami.

Sur le plan de la forme, de petites choses m'ont parfois gêné. De petits détails:
- le pléonasme "comme par exemple" au début du texte.
- Le passage du présent de narration (au début) au passé simple (lorsque Matsuko a rendez-vous avec Marc).
- L'alliance entre "aujourd'hui" et "était": "aujourd'hui était un grand jour": vous auriez dû dire, à mon avis, "ce jour-là était un grand jour", ou alors utiliser le présent "aujourd'hui est un grand jour".
- Des problèmes de cohérence des temps: "Elle a été bien étonnée, mais surtout ravie, quand il l'a invitée au restaurant pour son anniversaire": c'est un rappel de ce qui s'est passé avant le rendez-vous, que vous racontez au passé simple. J'aurais donc plutôt écrit: "Elle avait été bien étonnée, mais surtout ravie, quand il l'avait invitée au restaurant pour son anniversaire".
- J'ai un problème avec le passage où elle retrouve le petit cœur en origami: dans un premier temps, elle semble comprendre la remarque de Marc, et donc s'en vouloir à elle: "Elle se maudit de n'avoir pas compris alors qu'en tant que scientifique, il ne pouvait tout simplement pas s'empêcher de remarquer la disparité des choses. Que pas un instant il n'avait voulu la blesser. C'était sa seconde nature, tout comme celle de Matsuko était l'origami. Elle sentait monter en elle la nostalgie de cette époque. Pour la première fois peut-être, elle mit en doute le bien-fondé de son éducation japonaise." Et tout de suite après, elle lui en veut à lui:"Et soudain, comme un vent violent s'engouffre dans un couloir, c'est la colère qui la gagna, qui la frappa de plein fouet. C'est lui, par son comportement stupide, qui l'avait éloignée. C'est lui qui avait fait naître cette honte profonde d'avoir failli. Comment pourrait-elle lui pardonner ? Pourquoi voudrait-elle lui pardonner ?". Cela me semble contradictoire.

Je sais, je chipote un peu...

Au plaisir de vous relire.

   hersen   
12/11/2016

   Cat   
13/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Konnichiwa hersen-chan,

De si loin où je me trouve, c’est bien ainsi que j’imagine les mœurs, les ambiances nippones : délicates, spirituelles, extrêmement subtiles et complexes à comprendre pour nous occidentaux trop à l'aise dans nos gros sabots, les bouches et les pensées trop souvent obstruées de ces mots pas jolis jolis aussi prompts à fuser que l’air nous est vital.

De ta nouvelle, grâce à ton écriture soignée comme un pliage d’origami, grâce au ton zen de la narration, grâce à ton raffinement dans le choix des détails (l’harmonie des couleurs du kimono de Matsuko, par exemple), se dégage un exotisme qui fleure vrai le pays du soleil levant.

Les personnages sonnent juste et la chute à laquelle on ne s’attend pas donne tout son sel à l’histoire. Du coup le paragraphe sur Obāsan « radotant dans ses œuvres de papier » se pare d’un mystère qui donne envie d’en apprendre davantage sur l'inquiétante grand-mère.
J’ai lu quelque part, ici ou là, je ne sais plus où, que peut-être tu écrirais son histoire ? Chic, alors !

Arigato hersen-chan
A te relire bientôt ;-)


Cat

   MissNeko   
13/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour
L écriture est très belle comme à l habitude de l auteur.
J ai adoré la fin qui fait basculer le récit dans le fantastique. Bravo pour cela.
Une coquille sur la phrase suivante :

Une impassibilité relevant de la froideur pour les Occidentaux pour de la froideur.

A vous relire

   Anonyme   
13/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir,

Je reste un peu sur ma fin avec cette fin, mais en fin de compte une fin est une fin.

Une écriture délicate et raffinée, qui colle bien à l'image que nous nous faisons sur la discrétion japonaise et les conventions souvent issues de traditions ancestrales auxquelles nous ne sommes pas habitués.

Le ton est très juste ; l'histoire fidèle à certains comportements japonais où les sentiments doivent être contenus et où les hochements de tête permettent de rester poli en toutes circonstances sans dévoiler le fond de sa pensée.

Ainsi, la phrase suivante - comme bien d'autres - est très juste :

"Pour la première fois peut-être, elle mit en doute le bien-fondé de son éducation japonaise."

Même si, tout de suite après, c'est la colère qui l'emporte.

J'aurais juste aimé une fin plus heureuse...

Wall-E

   Alcirion   
14/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hersen,

J'ai bien aimé l'atmosphère japonaise de ta nouvelle et le sujet romantique. Il y a toutefois quelques options qui m'ont fait un peu tiqué dans un ensemble réussi je me permets donc quelques remarques d'ordre romanesque :

- Le portrait psychologique de l'héroïne comporte quelques longueurs. Tu as choisi de ne développer qu'un seul personnage, c'était donc nécessaire de développer son état d'esprit, mais il écrase un peu les deux personnages secondaires : j'aurai aimé avoir plus de détails sur la grand-mère, par exemple.

-L'idée principale de la différence culturelle est très intéressante, et explique l'incompréhension entre les personnages, mais la façon dont l'héroïne en prend conscience des années après aurait pu être plus puissament justifiée, l'aspect révélation impromptue m'a un peu dérangé.

-J'aurai aimé voir l'aspect fantastique plus développé (parce que j'aime ça, tout simplement !), mais ton choix fonctionne bien parce qu'il laisse à l'arrière-plan un halo mystérieux suffisament léger pour le pas rentrer en contradiction avec le style réaliste.

-J'ai beaucoup aimé l'aspect romantique, l'idée des deux coeurs en origami est très belle. Elle est subtilement renforcée par le fait que lui, en bon rationnel européen, fait un cadeau qui coûte seulement... de l'argent, alors qu'elle présente quelque chose qui ne vaut rien matériellement parlant, mais où elle a mis un morceau de son âme.

-J'ai retrouvé une forme limpide, comme dans tes autres nouvelles, et là-dessus, je pense que la précision est une vraie qualité en prose.

Au final, une lecture agréable, bonne continuation !

   Annick   
14/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Un conte tout en poésie. Le portrait de Matsuko révèle bien la mentalité japonaise, tout en retenue.
Quand je suis parvenue au coeur du récit : "là, tu vois, dit-il cet angle est un peu faux", j'aurais aimé qu'il n'y ait pas d'ellipse. J'aurais apprécié en savoir plus sur ce qui était "faux" dans leur relation. Même si le lecteur peut l'imaginer.
Ce coeur symbole, à mon avis, prend trop de place dans le récit, au détriment même de l'histoire de ce couple qu'il aurait fallu mettre en scène. En tout cas, c'est ce que j'ai ressenti et cela n'engage que moi. ;-)
La suite du récit m'a laissée un peu sur ma faim. Je n'ai pas réussi à m'intéresser à la vie somme toute banale et ennuyeuse de Matsuko, même si effectivement l'ennui, l'insatisfaction et cet amour pour Marc, enfoui en elle, légitime la chute. C'est seulement vers la fin qu'a ressurgi mon intérêt pour l'histoire quand la nouvelle a basculé dans le fantastique.
J'écrirais plutôt : faire une obsession de quelque chose ou faire une fixation sur quelque chose.
L'écriture est belle et j'ai passé un bon moment de lecture. Au plaisir de vous lire.

   Blacksad   
15/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'étais impatient de lire ce texte, de par les avis positifs et de par son titre, le Japon étant un pays qui m'est cher.
J'ai craint le pire sur les deux premières parties. Trop explicatif, trop plat...
Heureusement la suite est bien plus intéressante. J'ai aimé cette histoire joliment racontée, cette touche de fantastique, les références au Japon et à ses particularités culturelles. J'ai apprécié également le choc des cultures, des personnalités. Et la façon de décrire cette petite remarque, cet angle un peu faux, remarque insignifiante en soi mais qui détruit toute une histoire.
Très belle nouvelle avec un beau style.
S'il fallait pinailler, je chercherais un moyen de rendre les deux premières parties moins "scolaires" et de distiller ces informations dans le reste du texte.

   jfmoods   
15/11/2016
Au fur et à mesure où j'avançais dans ma lecture de votre nouvelle (délicatement ciselée, originale par le surgissement final du fantastique), une affinité secrète se levait, évidente à la vérité mais qui ne s'est révélée qu'une fois le texte achevé. J'ai tout à coup repensé à ces dix pages déchirantes, bouleversantes, pleines d'admiration pour la femme nipponne, que l'on trouve au cœur de "Stupeur et tremblements" d'Amélie Nothomb. Impossible, évidemment, de citer ces dix pages ici. Pour ceux / celles qui possèdent le roman aux éditions "Le Livre de poche", le passage se situe entre les pages 92 et 102.

Merci pour ce partage !

   matcauth   
16/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
étrange, l'opinion que l'on peut avoir de ce texte. Je vous avoue, lors de ma lecture, je n'ai pas souhaité commenter. Il y a une torpeur dans ce texte, qui joue sur l'opinion, sur la note, sur l'envie. Et j'y suis revenu, en me disant que, tout de même, ça méritait un petit commentaire.
Moi j'ai trouvé que ce texte se suffisait à lui-même, il n'en faut pas plus. alors pourquoi demander plus, pourquoi chipoter, puisqu'il ne ressortirait pas d'autre impression, d'autre impression personnelle si le texte était écrit autrement, modifié, amélioré dans sa forme ?
Peut-être que l'on peut rester sur sa faim quant aux pouvoirs supposés de la grand-mère. Bon. Mais c'est casse-binette. Vous creusez, vous creusez et puis ça n'apporte rien de plus, si ce n'est une complexité inutile et surtout dangereuse.
Alors gardons cet immense qualité que vous avez, celle de savoir ne pas trop en faire. Je vous envie.

   macaron   
18/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle histoire avant tout. Avec une part de mystère et une pointe de fantastique. On visualise très bien Matsuko, et si l'on comprend et l'on respecte les traditions japonaises, certaines failles nous apparaissent à travers cette nouvelle sentimentale. Un agréable moment passé à vous lire.

   VALLOIS   
24/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

C'est bien écrit, tout en douceur, en plié et déplié! On imagine bien les scènes et les personnages.

Je reviendrai vous lire

Jean-louis

   Raoul   
10/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une lecture qui m'a fait entrer dans un japon où la tradition, les rituels - qui montrent - ce que la pudeur tait, le sens codé des gestes murmurent les grands chamboulement hors vocabulaire.
Beaucoup aimé les notations sur le papier, sont "travail" (il faut dire que je suis un peu de la partie), les images très évocatrices / évocatristes…
Dans cette nouvelle, comme une œuvre japonaise tout est poussé, millimétré jusque dans les moindres détails, pliages, articulations, emboîtements, battement de cœur.
L'à peine incarnation des personnages, est impressionnante, ce mystère du fonctionnement touche. M'a fait penser, en cela, au "Dolls" de T. Kitano ou au "Locataire" du coréen K. Ki-Duk, avec leurs inclusions indécelable de fantastique.
C'est un très très bel objet artisanal qui m'a réservé un très bon moment de lecture.

   lucilius   
17/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le fil conducteur de cet origami est particulièrement bien tissé ; et c'est là tout l'art de ce texte, malgré une "conclusion" un peu hâtive. Je le relirai avec attention.
Je vous ai par ailleurs répondu sur "masquage des feux". A trop naviguer, la mer prend invariablement le rôle de la femme absente. Ceci est d'autant plus vrai lorsque l'insécurité (pour ne pas dire le péril) guette nuit et jour, distillant les heures de repos au compte goutte. "Trop d'ardeur tue l'ardeur, devient un vaste enfer..." confond dans ce texte résistance (face à la mer) et virilité (face à la femme). Amitiés


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